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 [Valentina] Tic-tac

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MessageSujet: [Valentina] Tic-tac Mar 20 Sep - 21:38


Tic-tac tic-tac


Charlotte n'avait jamais réfléchi à ce qu'elle ferait si l'une de ses connaissances venait à la croiser à l'hôpital. D'ordinaire, elle rentrait, elle attendait un peu, toujours assise sur la même chaise, dans le coin vers la fenêtre, et au bout de quelques minutes son médecin venait et elle pouvait se préparer à ce qu'il ne manquerait pas de lui annoncer à la fin de la consultation. À savoir que ses reins étaient bel et bien fichus, qu'elle ne pouvait pas faire comme si elle espérait qu'ils guérissent par magie. Que la dialyse fonctionnerait pendant quelques années, mais que le mieux pour elle serait d'obtenir une greffe. Sauf qu'elle ne voulait pas en entendre parler. Penser à l'opération était déjà suffisamment effrayant, sans que se pose la question d'où viendrait ce nouveau rein. Sa famille ? Vu les rapports qu'elle entretenait avec eux, elle ne serait jamais allée demander à l'un d'entre eux de lui rendre cet immense service. Ne lui restait que l'option de s'inscrire sur une liste d'attente... mais avant qu'elle n'arrive en tête, elle avait largement le temps de mourir de vieillesse.
Pas de greffe. Rien que le petit appareil dans sa chambre qui lui permettait de continuer à mener une vie presque normale, et ses visites trop fréquentes à l'hôpital. Pas d'autre choix.

À Wellington, elle n'avait pas encore expérimenté le célèbre adage qui demandait pourquoi les médecins étaient toujours en retard, mais ce jour était arrivé. Insouciante comme elle était, elle avait oublié l'heure exacte de son entrée dans la salle d'attente, mais elle était déjà en avance pour son rendez-vous. Et à présent... à présent, l'heure était largement dépassée.
Gagnée par l'ennui, elle tapotait du pied sur le sol, se mordillait les lèvres, jetait des coups d'oeil furtifs à l'écran de son téléphone qui demeurait désespérément vide. Pas un message. Personne ne pensait à elle.
D'un autre côté, mis à part ses collègues de travail, personne ne savait non plus qu'elle était obligée de venir régulièrement à l'hôpital. Ceux-ci n'en connaissaient pas la raison, elle avait juste était forcée de les prévenir qu'il lui arriverait de s'absenter de la boutique en pleine journée pour ses visites de contrôle.
Les secondes coulaient, toutes plus lentes que les autres, frappées par une grande horloge au mur. Elles emportaient quelques minutes, trop longues à son goût, et qui ne ramenaient pas son médecin. Charlotte commençait à laisser son esprit, partagé entre colère et profond ennui, divaguer légèrement. Elle se demandait ce qu'elle ferait si l'une de ses connaissances débarquait à ce moment précis. Mettre toutes ses relations au courant de son insuffisance rénale, elle ignorait pourquoi mais elle ne le voulait surtout pas. Plutôt leur mentir droit dans les yeux. Elle était bonne pour ça.

Sur la chaise face à elle, il y avait une autre femme, d'à peu près son âge, qu'elle ne connaissait pas. C'était la première chose qu'elle avait vérifié avant de s'asseoir. Elle aussi attendait depuis un long moment, mais Charlotte devait être la plus impatiente des deux. N'en pouvant plus, elle s'adressa à elle, sans préliminaires, sans avoir réfléchit non plus à la pertinence de ce qu'elle allait dire.

« Je vous propose un marché. Je fais semblant d'avoir une attaque, une crise cardiaque, n'importe quoi, et vous criez pour appeler à l'aide. Ça les fera peut-être venir. »
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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Ven 23 Sep - 3:33

     


Tic-tac, tic-tac.

♦ Charlotte ♦


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Les salles d’attente. Elle déteste les salles d’attente. Elles ne sont pas faites pour nous faire attendre, elles sont faites pour nous faire réfléchir, nous faire douter, nous faire peur. Elles nous torturent l’esprit, nous rendent prisonniers du verdict tant redouté. Elle n’est pas comme ça, Valentina. Elle ne s’autorise que rarement l’occasion de laisser ses idées noires l’envahir. Elle préfère occulter ses souffrances, ses craintes et plus encore, ses faiblesses. C’est ce qui la rend si forte, en apparence. Elle donne l’impression que rien ne peut l’atteindre, simplement parce qu’elle ne laisse pas l’occasion à quoi que ce soit de l’atteindre. Mais est-ce vraiment de la force, ou n’est-ce pas plutôt de la faiblesse, au contraire ? Elle ne fait rien d’autre que fuir. Elle a fui toute sa vie. Elle a fui ses parents, elle a fui sa propre fille. Et elle l’a même fui, lui. Alors, elle a l’air forte, solide dans sa tête. Mais tout cela, ce n’est qu’une image pour donner le change. Et c’est pour cette raison qu’elle déteste les salles d’attente. Ici, elle n’a aucun moyen de fuir. Elle attend la cruelle, l’inéluctable vérité. Son hépatite C chronique a été diagnostiquée il y a moins d’un mois seulement. C’est ce qui explique sa présence à Wellington, c’est ce qui explique sa présence dans cette salle d’attente. Son traitement est puissant, douloureux. Un mélange de médicaments dont la liste des effets secondaires est plus longue encore que celle de son tableau de chasse. Et c’est pour ça qu’elle est là. Parce qu’un médecin lui a ordonné de se faire suivre régulièrement, « au cas où ». Au cas où quoi ? Elle sent bien cette lourde fatigue qui arrive parfois aussi violemment qu’un tsunami pour la submerger. Elle sent bien ces migraines à répétition. Et pire encore, elle sent bien que son humeur n’est plus sujette à ses émotions, mais seulement à tous ces comprimés qu’elle doit avaler chaque jour. Elle a une chance de guérir, c’est ce qui la rassure. Mais sa maladie a été diagnostiquée bien trop tard. Elle risque également de voir son état de santé empirer dramatiquement. Et c’est ce qui lui fait peur, elle, l’Italienne au caractère bien trempé que personne ne peut atteindre. C’est une putain de maladie qui l’atteint. C’est peut-être le karma, c’est peut-être simplement la vie. Elle n’épargne personne, même pas Valentina De Santis. Le regard rivé sur son téléphone portable, elle contemple cette photo d’Emilia. Elle est si belle, sa fille. Elle ressemble tant à son père que ça lui serre le cœur. Elle a peur de ne jamais pouvoir la retrouver, peur de ne jamais obtenir son pardon. Et, qu’est-ce qu’elle disait… Ces foutues salles d’attente sont des lieux de torture. Perdue dans ses pensées, la belle brune ne prête aucune attention à la présence d’une autre patiente. Elle peut être sociable, pourtant. Mais, à cet instant, sa seule envie est d’en finir au plus vite. Ce n’est qu’en entendant soudain la voix de l’inconnue assise face à elle briser ce silence que Valentina revient subitement à la réalité pour poser son regard sur le sien. Ses paroles déclenchent d’abord un regard étonné de la belle, avant qu’elle ne laisse échapper un léger sourire sur son visage. – C’est une idée. Mais vous seriez la seule dont ils s’occupent dans cette hypothèse. précise-t-elle, pragmatique. Elle jette un coup d’œil à la pendule froide et austère qui leur livre l’heure. Dix-sept heures quarante-cinq. Elle patiente depuis seulement une quarantaine de minutes, mais elle a l’impression d’y avoir passé la journée. – Vous aviez rendez-vous à quelle heure ? demande-t-elle finalement à son interlocutrice. Autant trouver une occupation.


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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Ven 23 Sep - 23:12


Tic-tac tic-tac


Le raisonnement de son interlocutrice était valable. Charlotte y répondit avec un sourire appuyé et parfaitement convenu. Si elle mimait une crise cardiaque, à supposé qu'elle soit suffisamment convaincante dans ce rôle difficile, tout le personnel médical du secteur ne se concentrerait que sur elle, oubliant l'autre femme. De toute façon, c'était un mauvais plan, destiné à échouer, inévitablement. Elle ne parviendrait pas à faire illusion bien longtemps face aux médecins ; le meilleur des acteurs ne pouvait rivaliser avec la toute puissance des machines, qui indiquerait très vite que ses constantes étaient bonnes. Elle y aurait juste gagné quelques minutes d'attention, le fait d'avoir crée un scandale dans le service et le courroux des infirmiers, médecins et autres promeneurs des couloirs aseptisés.
Rien de très réaliste, ou raisonnable, rien surtout, qu'elle ne prévoyait de mettre en œuvre. C'était tout simplement la première bêtise née de son impatience que sa bouche avait formulée, née d'un cerveau trop habitué à l'égoïsme pour se rendre compte qu'il ne servirait que ses intérêts à elle. La femme en face d'elle avait l'air de la même trempe. Tout du moins, du genre de celles desquelles on n'écrase pas les pieds, et qui savent tirer profit de n'importe quelle situation. C'était assez poussé comme analyse, sur une personne avec qui elle avait échangé deux phrases et qu'elle avait regardé deux minutes... sans doute trop. Elle jugeait et classait les gens plus vite qu'elle ne commençait à leur mentir, une sorte d'Usain Bolt des opinions.
Pourtant, sa compagne d'attente avait l'air sympathique, distingué, et même, sociable. D'un air aimable, elle avait poursuivit la discussion.

« À cinq heures moins le quart. Et vous ? Ces hôpitaux ne sont vraiment plus ce qu'ils étaient. »

Comment résister à en rajouter un peu ? C'était impossible. Par automatisme, elle avait avancé son rendez-vous d'un quart d'heure, sachant que son interlocutrice ne pourrait pas la contredire, étant arrivée après elle. Et avec ce mensonge, elle en faisait des montagnes, se plaignant des hôpitaux à la manière des personnages âgées parlant du bon vieux temps de leur jeunesse. Quand elle commençait ainsi, son cerveau cessait de réfléchir à ce qui sortait exactement de sa bouche. Tout devenait impulsif, obéissant uniquement au sentiment jouissif qui s'emparait d'elle, ce frisson vertigineux et combien excitant. Combien elle aimait cette sensation...

Elle lâcha un petit rire incontrôlé.

« Je dois vous paraître être le parfait prototype de la râleuse nostalgique. »
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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Mer 28 Sep - 2:03

     


Tic-tac, tic-tac.

♦ Charlotte ♦


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Elle ne sait même pas ce qu’elle fait dans cet endroit en réalité. Elle connait son sort, elle connait les dangers qu’elle risque, tout autant qu’elle sait qu’elle va bien. Aussi bien qu’elle peut aller avec une hépatite C qui menace à tout instant de dégénérer en une maladie bien plus grave. Aussi bien qu’elle peut aller alors qu’elle est bourrée de médicaments bien trop forts qui soignent peut-être ses soucis de santé mais qui en créent d’autres tout aussi difficiles à vivre. Clairement, Valentina est déprimée. Elle serait même tentée de dire que c’est l’un des effets secondaires de son traitement, mais cela va bien au-delà malheureusement. Bien malgré elle, elle sent la solitude la peser dans ces lieux qu’elle a en horreur. Une solitude qui se comble sans qu’elle ne s’y attende lorsqu’elle entend la voix de sa compagne d’attente qui vient briser le silence. Son attention se tourne instinctivement vers elle plutôt que sur ses idées noires alors qu’elle lance la conversation entre elles. Les paroles qui résonnent pleines de mélancolie de son interlocutrice parviennent à intriguer la belle brune. Elle n’a jamais été une habituée des hôpitaux. Jusqu’à la fin de son adolescence, elle était trop riche pour s’en contenter. Ses parents préféraient faire venir les médecins dans leur villa plutôt que rejoindre les petites gens dans ces lieux infestés de malades. Une certaine méfiance s’en est naturellement découlée chez elle, une qui l’empêche d’être totalement à l’aise dans cet endroit. Qui le serait, de toute manière ? Et pourtant, malgré ses réticences, l’Italienne va devoir apprendre à s’y habituer. S’habituer à ces murs blafards, ces éclairages monstrueux et cette attente interminable. La présence d’une âme aussi infortunée que la sienne pourrait l’y aider. C’est en entendant le rire léger de l’inconnue qu’elle se fait cette réflexion. Rien dans son attitude ne semble le dévoiler, mais ces entretiens réguliers avec son médecin traitant son toujours sources d’anxiété. Sans le savoir, la femme qui lui fait face la détend quelque peu, alors qu’elle lui adresse un sourire léger. – Vous rendez mon attente moins pénible, vous pouvez râler autant que vous le voulez. déclare-t-elle avec naturel, avant de répondre finalement à sa question. – J’avais rendez-vous à dix-sept heures, vous me détrônez. Mais je crois qu’au fond, je ne suis pas pressée de me retrouver face à mon médecin, mais simplement de partir de cet endroit. avoue-t-elle d’un ton dépité malgré elle.


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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Sam 15 Oct - 20:47


Tic-tac tic-tac


« Je ne suis pas sûre que vous faire sourire de cette manière-là soit très flatteur pour moi. »
Elle ne trouvait pas insolent ni désagréable le joli sourire qu'affichait sa compagne d'attente, mais il fallait bien qu'elle réponde quelque chose, et elle espérait que c'était une remarque spirituelle. Ou du moins, qui lui donne un tant soit peu l'air cultivé, sauf qu'elle avait tendance à tomber dans l'excès inverse : elle rendait tout trop alambiqué. Alors, personne ne comprenait rien à ce qu'elle avait voulu dire, des silences gênés s'ensuivaient et cela l'énervait. Elle était trop énergique pour ne pas réagir ; elle se drapait dans une fausse dignité en détournant les yeux. Que voulez-vous. Elle voulait jouer trop de rôles à la fois, et comme on ne peut pas exceller partout, celui de l'ironie lui allait mal. La boudeuse, en revanche, très bien.
Charlotte réfléchit un instant à ce qu'elle venait de dire. Avec la même attitude et les mêmes mots, quelqu'un d'autre que sa voisine aurait pu vouloir lui dire à mots couverts qu'elle était comme une sorte de clown, avec ses propositions burlesques. Mais elle savait que l'inconnue ne pensait pas à mal. Elle avait l'air trop naturel pour cela, trop franche. Tout son contraire.

Elle n'éprouva pas le plus petit remord pour avoir menti effrontément sur l'heure de son rendez-vous. Elle ne l'avait pas fait pour avoir l'air plus à plaindre que l'autre patiente, ni pour avoir une meilleure raison de se récriminer contre le retard de son médecin. Elle avait menti parce que le mécanisme de sa mémoire et que celui de sa langue semblaient décalés, voire même déconnectés.

« Nous sommes pareilles, alors. Je n'ai jamais compris comment est-ce qu'il pouvait y avoir des gens pour vouloir travailler dans ces endroits. »
Le mot était méprisant pour désigner quelque chose sans lequel elle se serait trouvé dans une bien mauvaise posture. Mais ce n'était pas la reconnaissance qui étouffait Charlotte.
Elle se fit la réflexion que son interlocutrice pouvait mal prendre sa remarque, si jamais elle-même ou des personnes parmi ses proches travaillaient en hôpital. Elle aurait regretté de froisser celle grâce à qui les minutes passaient un peu moins lentement.
« Enfin, je ne dis pas que ce n'est pas nécessaire ou que ce ne sont pas de beaux métiers, bien sûr. »
Frayer parmi les malades tout au long de la journée. Quelle horreur, en vérité.
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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Dim 23 Oct - 17:25

     


Tic-tac, tic-tac.

♦ Charlotte ♦


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Les paroles de son interlocutrice déclenchent un rire de la part de Valentina. Un rire timide, encore léger mais le premier depuis une éternité. Elle ne se souvient même pas de la dernière fois qu’elle a ri. Mais elle n’a pas réellement de doute sur la dernière personne qui a réussi un tel exploit. Alex, surement. Elle a oublié le bien que cela peut faire… Elle commence à l’apprécier, cette inconnue. Elle lui donne cette impression assez aérienne, celle d’une femme spontanée, énergique, légère. Tout le contraire d’elle, en l’occurrence. Si elle rejette frénétiquement toute personne susceptible d’entrer dans son cœur, il semblerait que celui-ci ait un penchant pour ceux qui sont tout l’inverse d’elle. – Non, vous vous trompez. J’apprécie votre spontanéité, c’est… Rafraîchissant. Elle vient réellement de complimenter cette inconnue. Elle paraît presque gentille, là. Quelque chose qui arrive aussi rarement qu’une éclipse solaire. Mais elle est sincère, Valentina. Elle est sincère tant qu’il n’est pas question de sentiment. Aussi, elle ne voudrait pas que la belle blonde puisse penser qu’elle se fiche effrontément d’elle. Rares sont les personnes qui lui sont agréables, alors autant profiter de celles qui le sont. Aussi, cette femme rend indéniablement son attente plus supportable. Pour cette seule raison, elle peut bien laisser sa froideur habituelle de côté, pour une fois. Avec une certaine attention, l’Italienne écoute les mots de son interlocutrice. Elle se dit en elle-même qu’elle n’a pas tout à fait tort. Il lui serait difficile de fréquenter un endroit pareil en guise de lieu de travail. Il faut dire qu’il lui est déjà difficile de travailler. Mais l’inconnue reprend rapidement la parole pour nuancer ses propos. Comme si elle avait peur de l’offusquer. Si elle savait à qui elle avait affaire, elle n’aurait pas cette crainte. Valentina n’a rien d’une personne reconnaissante envers autrui. Elle use et abuse de ceux qui portent un peu trop leur attention sur elle. Elle n’aime pas les gens, peut-être parce que les gens ne l’ont pas aimée les premiers. Elle secoue la tête avec une certaine désinvolture, comme pour balayer d’un geste les inquiétudes éventuelles de la blonde. – Ce sont des métiers dont on a besoin, c’est certain. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils rendent ceux qui les exercent agréables. Ou ponctuels. Elle paraît sans doute un peu mesquine, elle l’est sans doute un peu beaucoup. Peut-être aussi qu’elle en a assez, de ce médecin, de ce traitement, de cette maladie qui rend sa vie encore plus pénible qu’elle ne l’est déjà. – Et puis, je ne sais pas pour vous, mais en fin de compte, c’est toujours exactement le même discours que j’entends quand je viens ici.


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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Dim 23 Oct - 20:20


Tic-tac tic-tac


Spontanée ? Non, certainement pas. Elle disait juste tout ce qui lui passait par la tête, après l'avoir passé au filtre du moment : cela dépendait de l'occasion, de son humeur du moment, de son interlocuteur et de l'histoire qu'elle avait brodée auparavant. Pour l'heure, elle pouvait tout dire. Enfin, sauf la critique sur les métiers médicaux. Il fallait nuancer un peu, car la femme en face d'elle avait un air distingué et chacun sait que toute famille distinguée qui se respecte comporte un médecin au minimum. Les Dickinson eux-mêmes comptaient un chirurgien, une neurologue et au moins trois infirmiers dans les branches éloignées, ce qui faisait de toute la famille des gens comme il faut. Sauf moi. Charlotte était le mouton noir de la troupe. Un genre de paria, ou d'antithèse.
Tout comme elle n'éprouvait aucun remord à mentir sans arrêt, ça ne la gênait pas qu'on se trompe sur son compte et qu'on lui attribue des qualificatifs immérités. Cela allait de pair. Et ces deux mots-là, spontanée et rafraîchissante, étaient tout à fait délicieux. Ils la plaçaient dans un des rôles qu'elle préférait jouer, celui de la grande dame mondaine aux discours exquis, portrait si flatteur. Bien plus que celui de Charlotte-la-menteuse-compulsive. Elle appréciait, elle souriait, elle gigotait un peu en balançant ses boucles blondes d'avant en arrière. Dans sa tête, elle était comme un enfant orgueilleux qu'on complimente, comme un cheval que l'on flatte, un chat que l'on caresse. Du coup, elle appréciait encore plus sa jolie compagne d'attente. Il lui en fallait peu pour déterminer si les gens lui plaisaient ou non. Elle avança la main – ce qui était ridicule, elles étaient si loin l'une de l'autre – et annonça d'une voix claire et distincte :
« Je suis Charlotte. »
Elle donnait son vrai prénom, c'était plus sage : si on venait les chercher un jour dans cette salle d'attente, on risquait de l'appeler par son nom en entier.

Elle rit un peu à l'entente du « ponctuel » de son interlocutrice. C'était tout à fait ça. Les médecins devaient peut-être être courageux pour survivre à tant d'années d'études, mais ils y avaient perdu le sens de l'heure. Regrettable, ô combien. « Je dirai même que c'est une spécialité de la profession. »
Elle continuait dans ce registre. Elle aurait été capable de continuer encore, si sa voisine avait poursuivi sur ce sujet. Mais la suite vint la surprendre, elle ne s'y attendait pas. Elle la ramenait à la réalité, la coupait de son rôle et de l'humour facile. Elle était une malade qui patientait pour qu'on lui répète que, oui, son corps lâchait prise et que, non, ça n'irait jamais mieux. Pas sans la greffe de nouveaux reins que personne ne pouvait lui offrir.
La dépression d'humeur n'était pas loin.
« Oh, oui, c'est pareil. La médecine a ses limites. »
Ça donnait l'air qu'elle avait une grave maladie incurable, pire encore que l'insuffisance rénale. Elle n'était pas contre l'idée de se faire plaindre un peu. C'était agréable de temps à autre, mais ça ne collait pas du tout à la grande dame aux délicieux propos. Elle secoua légèrement la tête. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller à cela.
« Enfin, ils font comme ils peuvent, j'imagine. On vit avec, non ? »
C'était risqué comme remarque, elle s'avançait beaucoup. Elle ne savait rien de sa compagne, juste qu'elle venait souvent à l'hôpital et que rien ne changeait quant au diagnostic qu'on lui faisait. Cela lui donnait juste l'impression qu'elle était un peu comme elle.
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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Lun 31 Oct - 14:49

     


Tic-tac, tic-tac.

♦ Charlotte ♦


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L’inconnue ne semble nullement lui en vouloir pour ses paroles précédentes. Au contraire, elle lui paraît ravie par son compliment. Il est sincère, bien qu’il s’agisse surtout d’un moyen de s’assurer qu’elle ne lui en veut pas. La jeune femme n’est visiblement pas susceptible. C’est étrange, tout le monde lui paraît souvent susceptible sans que cela ne la touche aucunement. Et c’est lorsqu’elle s’en préoccupe finalement qu’elle tombe sur quelqu’un qui ne prend pas la mouche à la moindre de ses réactions. Ou c’est peut-être parce que, justement l’Italienne s’en préoccupe qu’elle se montre un peu, pas beaucoup, juste un peu, plus humaine que d’ordinaire. Et, peut-être aussi, un peu plus ouverte aux rencontres par la même occasion. Comme pour conforter ses pensées, l’inconnue devient quelqu’un. Charlotte Elle se le répète, dans sa tête, comme plus vraiment habituée à retenir les prénoms des autres. Elle prend conscience combien il est si rare, en fait, qu’elle fasse des rencontres féminines. Les hommes, c’est facile. Il lui suffit de sortir lorsqu’elle en a envie, pour en rencontrer. Ils quittent sa vie aussitôt qu’ils sortent de son lit, certes. Mais elle en côtoie, elle en rencontre. Alors qu’en ce qui concerne les femmes, c’est le néant. Elle n’aurait même pas eu le réflexe de se présenter la première si la blonde ne l’avait pas fait. Elle n’a aucune amie, Valentina. Elle n’en a jamais eue aucune. Cela ne lui manque pas. Cela ne l’attriste pas. Et c’est peut-être ça, le plus triste. Son cœur s’est tellement emmuré qu’elle ne laisse plus personne y entrer. Même pas une amie qui, pourtant, n’aurait pas la faculté de lui faire du mal comme un homme pourrait le faire. Ou, peut-être que cette amie, c’est elle. Charlotte. Mais l’Italienne n’est pas assez optimiste pour y songer. – Valentina, enchantée. dit-elle avec un petit sourire avant de lever la paume de sa main, comme pour la saluer de loin. Elle n’a pas perdu sa journée, elle a rencontré quelqu’un. Si elle était inscrite aux reines des glaces anonymes, elle serait félicitée. Mais l’attente s’éternise. Heureusement, Charlotte est là. Elle découvre là l’avantage d’avoir une amie. Quelqu’un à ses côtés lorsqu’on a envie de pester contre le reste du monde. Ou, en l’occurrence, contre les médecins. Elle esquisse un petit sourire en signe d’acquiescement aux paroles de la jeune femme. Et, sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, elle laisse échapper des mots qui ne laissent que peu de place au doute sur l’étendue de ses problèmes de santé. Elle n’en parle pas, Valentina. Jamais. A qui le ferait-elle ? C’est peut-être pour cette raison que sa langue se délie si vite, ou peut-être est-ce le sentiment, au fond d’elle, que cette femme peut la comprendre. Elle approuve d’ailleurs vite ses paroles, laissant apparaître à son tour l’existence d’une maladie. Mais elle se fait plutôt optimiste, finalement. Une qualité qui fait cruellement défaut à la belle brune. – J’ai davantage l’impression qu’on y survit. murmure-t-elle d’une voix un peu lointaine, comme pensive. Sa maladie n’est pas mortelle, mais peut vite dégénérer en quelque chose de bien plus grave. Mais c’est surtout son traitement qui l’affaiblit. Parfois éreintée, parfois accablée, parfois chétive et faible, les effets secondaires de ses médicaments ne l’épargnent pas. Mais elle n’a pas le choix, elle les prend. Avec la curieuse impression que les soins lui causent plus de maux, en fin de compte, que si elle poursuivait sa vie comme si elle n’avait jamais découvert l’existence de cette hépatite. Mais Charlotte n’a surement pas envie de l’entendre se plaindre alors qu’elle-même subit son propre calvaire. – Je suis navrée, je me doute que ce n’est pas le discours que vous avez envie d’entendre, surtout maintenant. A peine a-t-elle entrouvert une minuscule brèche dans le mur qu’elle recule instantanément. Elle finit même par se justifier. – En fait, c’est… La première fois que j’en parle avec quelqu’un. Mais, étant donné le résultat, je devrais peut-être m’abstenir.


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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Sam 19 Nov - 23:27


Tic-tac tic-tac


L'endroit leur était résolument hostile. Le dénuement horrible de la pièce, la fraîcheur désagréable qui exhalait des murs blancs et du carrelage, le léger courant d'air qui venait du couloir, l'éclairage cru des néons au plafond complété par l'aperçu d'un pan de ciel qui ne se décidait pas à être ou vaguement bleu ou bel et bien gris, au travers d'une petite fenêtre. Comme c'était laid, comme c'était laid cet endroit où on les faisait attendre. Et tout ça pourquoi ? Pourquoi supporter la vue de si vilaines choses, supporter la ridicule attente et la compagnie des blouses aseptisées ? Mais pour entendre des nouvelles désagréables. Si elle avait eu vingt ans et cette fougue juvénile qui fait se moquer de tout, Charlotte aurait dédaigné ce rendez-vous médical et serait sortie la tête haute et l'air méprisant. Malheureusement, elle en avait près du double, ne se trouvait pas trop mal assise et était paniquée par de possibles complications dans son cas.
Au moins, ils avaient investi dans des sièges à peu près confortables. Et elle n'était pas seule dans la salle. Avec son vécu, elle aurait du se souvenir que c'est toujours dans les pires endroits que l'on fait les rencontres les plus importantes de son existence...
Elle s'appelait Valentina. Lorsqu'elle le lui dit, Charlotte inclina légèrement la tête sur le côté et sourit doucement, un peu dans le vague. Valentina. C'était joli, ça sonnait bien : c'était quatre syllabes mélodieuses qui venaient s'entrechoquer sur la langue. Tellement plus original que son propre prénom. Elle ne lui trouvait les mérites que d'être intemporel et passe-partout.

Parler de maladie rendait l'atmosphère de la salle d'attente encore plus triste. Dans un hôpital, le sujet semblait pourtant inévitable. Quel dommage de ne pas pouvoir tout simplement badiner et brasser du vide en racontant n'importe quoi, de n'être pas capable de détourner très longtemps leurs pensées de là. La réalité l'avait saisie au ventre et clouée sur sa chaise d'un coup violent, à lui en vider les poumons. Elle étouffait. Elle essaya de se reprendre, de dire une banalité, comme si elle haletait. Mais c'était peine perdue. Valentina n'était pas gaie elle non plus.
Charlotte considéra une seconde les différentes options qui s'offraient à elle. Elle pouvait répliquer quelque chose de lugubre elle aussi, et elles auraient l'air de deux ombres sous la lumière aveuglante. Elle pouvait détourner les propos de son interlocutrice, et reprendre le numéro de Madame la bourgeoise, pour se plaindre encore et toujours du système, de l'attente, des médecins. Facile. Inépuisable.
Elle pouvait aussi laisser s'échapper un tout petit peu de sincérité hors de ses lèvres, pour une fois.
« Vous savez, je pense qu'il y a un côté positif dans le mot survivre. » Sur-vivre. C'était du détournement, mais elle aimait à se dire que cela signifiait plus que vivre. Le niveau supérieur. Appliquée à la réalité, cette définition n'avait aucun sens en vérité, mais elle n'était pas connue pour être réaliste, et ça l'aidait à tenir le coup. C'était tout ce qui comptait, non ? Tenir le coup, garder sa bouche close et n'en parler à personne. Attendre que le temps accomplisse un impossible miracle. Elle ne voulait mettre personne au courant pour son insuffisance parce qu'elle ne l'avait pas encore totalement intégrée et acceptée elle-même, et elle détestait être en position de faiblesse.
Il y eut un instant où elle fut parfaitement droite, le menton haut, et où ce fut comme si son âme était exposée sur son visage. Pendant cet instant-là, elle fut plus vraie qu'elle ne l'avait jamais été.
« C'est dur, n'est-ce pas ? »
Et puis, tout retomba. Elle se courba un peu, rentra les épaules et fronça les sourcils. Elle marmonna entre ses dents, pour personne, pour elle-même : oh oui, c'est dur. C'est tellement dur.
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ANIM' ∞ la folie douce d'AL.
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MessageSujet: Re: [Valentina] Tic-tac Sam 3 Déc - 3:00

     


Tic-tac, tic-tac.

♦ Charlotte ♦


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Elles voulaient juste passer le temps. Elles voulaient juste combler ce temps. Ce temps si capricieux qui passe parfois trop vite mais qui, aujourd’hui défile bien trop lentement. Mais la discussion s’est enchaînée sans que Valentina ne s’en rende réellement compte. Les prénoms sont échangés. Et de simple inconnue, cette femme devient quelqu’un. Charlotte. Elle qui n’a guère fait de rencontres depuis son arrivée en ville, elle peut le dire maintenant. Elle connait quelqu’un, elle connait Charlotte. C’est une sorte de point d’ancrage, comme une façon de se dire qu’elle vit vraiment ici, à Wellington. Jusque-là, elle avait simplement l’impression d’être de passage. Mais la discussion restreinte entre deux inconnues devient bien plus intimiste. Et le plus fou, c’est que c’est elle qui a changé le ton de leur conversation. Peut-être qu’elle fuit les autres depuis trop longtemps, peut-être qu’elle ne sait plus comment rester indifférente quand ils s’approchent. C’est si rare, qu’ils s’approchent. Ou peut-être qu’elle aussi, elle a besoin de parler à un quelqu’un. Peut-être qu’elle est terrorisée, au fond d’elle, de se retrouver malade et seule. Elle ne sait pas exactement à quel moment elle a laissé cette brèche s’ouvrir en elle, Valentina. Elle se sent triste en fait. Elle ne laisse jamais la tristesse la rattraper, pourtant. Seulement, ici, dans cet hôpital, elle ne peut pas la fuir aussi aisément que dans un bar ou sous les draps d’un bel inconnu. Les subterfuges n’ont pas leur place à l’hôpital. Mais, étonnamment, l’inconnue parvient à lui décrocher un sourire. Un sourire sincère, rare. – Je crois que je n’ai jamais su voir le côté positif des choses. avoue-t-elle, sans fausse nonchalance, mais sans être dramatique non plus. C’est un fait, une réalité. Elle a toujours vu le verre à moitié vide. Elle réfléchit néanmoins quelques instants aux paroles de Charlotte. Elle a peut-être raison, au fond. C’est peut-être une épreuve que leur envoie la vie pour les tester, pour les renforcer. Ou peut-être que c’est simplement un retour de karma, en tout cas pour elle. Voyez, il est déjà de retour. Cet éternel pessimisme. Mais l’Italienne sort de ses pensées lorsqu’elle entend subitement les quelques petits mots de son interlocutrice. C’est dur, n’est-ce pas ? C’est si général, si prudent. Rien n’est évoqué, et pourtant Valentina a la sensation d’en comprendre beaucoup avec une si petite phrase. Elle se rend compte que c’est peut-être aussi difficile pour sa nouvelle connaissance de supporter cette faiblesse. Mais aussi qu’elle ne semble pas davantage avoir quelqu’un à qui en parler qu’elle. Elle est seule, peut-être, ou elle se sent seule. On peut être entouré d’une foule de monde et avoir l’impression de se retrouver sur une ile déserte, isolé et abandonné. Une sensation qu’elle ne connait que trop bien, Valentina. Plongée dans ses pensées, elle ne répond pas tout de suite. Elle n’a pas conscience que ce blanc soudain dans la conversation peut générer un froid. Elle oublie quelque peu toutes ces règles de convenance. Et finalement, elle se confie. – J’ai parfois l’impression qu’il aurait mieux valu que je ne sache rien. Que je continue ma vie, quitte à la raccourcir parce que je ne me fais pas soigner. C’est un peu hypocrite, ce qu’elle dit. Elle pourrait partir, elle pourrait faire comme si. Comme si elle n’était pas malade, comme si elle ne savait pas. Mais, au fond, la réalité lui fait plus peur qu’elle ne le voudrait. La maladie l’a changée, irrémédiablement. Elle en a fait une femme faible, fragile. Peureuse. Ce ne sont pas les symptômes physiques qui la rongent en fin de compte. Ce sont toutes ces peurs qui viennent avec. La peur de la solitude, la peur de gâcher son existence si futilement, la peur de n’avoir pas su profiter de la vie. La peur de ne jamais connaitre le bonheur, le pur, le vrai. – Je crois que le plus dur, c’est que ça me force à regarder en face ce que j’ai toujours refusé de voir.


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[Valentina] Tic-tac

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