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 A Long Time Ago + Pancake.

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MessageSujet: A Long Time Ago + Pancake. Sam 1 Avr - 22:11

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A long time ago

Apple & Drake


La voiture ronronnait doucement, cahotant sur la route inégale. À son beau fixe, le temps semblait réellement de leur côté, ainsi que le soleil qui, pour une fois, ne jouait pas à cache-cache avec les nuages. C'était la journée idéale pour aller à la mer, et qui de mieux pour l'y accompagner qu'Apple ? Drake s'était énormément rapproché de ce petit ange, depuis la fameuse nuit où ils s'étaient confiés l'un à l'autre. Avaient suivi quelques jours de réflexion, durant lesquels il avait eu tout le loisir de méditer sur le fait que la vie était bien trop courte pour ne pas en profiter. C'était en partie pour cela qu'il était, en ce moment même, au volant de la voiture, jetant de temps à autres des regards attendris au petit ange qui somnolait à côté de lui, place passager. Aujourd'hui était un grand jour. Il avait décidé de révéler ses véritables sentiments à Apple, et peu importait ce qu'il y répondrait. Drake n'avait cessé de penser à chaque réponse possible, ses nuits blanches en étaient d'ailleurs les témoins silencieuses. Il avait perdu suffisamment de temps comme ça, et avait peur de passer à côté de quelque chose d'important. Qui savait, peut-être que son amant deviendrait aujourd'hui bien plus que cela ? Quelle que fût la réponse à cette question, il avait décidé de ne pas s'en préoccuper tout de suite. La seule chose qui importait pour le moment était cette après-midi, qu'il désirait parfaite. Une fois la voiture rangée dans le parking adjacent à la plage, il coupa le moteur et tourna la tête vers son amant, toujours assoupi. Il aurait aisément pu rester des heures à le contempler ainsi, tant il était magnifique. Un léger sourire satisfait était peint sur ses lèvres, preuve qu'il devait rêver. Pas une ombre n'osait troubler son visage apaisé et tranquille, si bien que Drake n'aurait pas été étonné de voir apparaître une auréole au dessus de sa tête. Se dérobant finalement à cette contemplation, il glissa doucement vers lui, et déposa un léger baiser sur ses lèvres, pour le réveiller. « On est arrivés, mon cœur... » Histoire de le laisser émerger doucement de son sommeil, il sortit de la voiture, sans claquer la portière derrière lui. Le soleil l'inonda de toute sa chaleur, et la légère brise iodée agita ses mèches rebelles. La journée promettait d'être splendide. Restant quelques secondes à contempler le paysage, il s'étira tel un félin après une longue sieste. La mer, vagues blanches et régulières, venait éclabousser la plage, qui s'étendait à perte de vue. Quelques timides baigneurs se trempaient prudemment les pieds, d'autres nageaient si loin que Drake ne distinguait que des petits points foncés. Écumant l'eau turquoise, plusieurs voiliers voguaient çà et là au gré des vagues. Tout semblait délicieusement paisible. S'arrachant finalement à ce splendide spectacle, il se dirigea vers l'arrière de la voiture, pour ouvrir le coffre. Il avait hâte d'être sur la plage et de plonger ses doigts de pieds dans le sable brûlant. Attrapant le sac qui contenait toutes leurs affaires, il le jeta sur son épaule d'un geste nonchalant. S'il paraissait plutôt calme à première vue, en réalité il était euphorique. « C'est magnifique, n'est-ce pas ? », lança-t-il à Apple, qui était finalement sorti de la voiture. « Presque autant que toi lorsque tu dors... », ajouta-t-il, avec un petit sourire. Ah, cette image n'était pas prête de lui sortir de la tête, pour son plus grand bonheur. Toujours souriant, il tendit la glacière à son amant, qui contenait des boissons fraîches et leur en-cas. Il devait être près de treize heures, et ils n'avaient eu l'occasion de s'arrêter en chemin pour déjeuner. De plus, le panorama était bien plus plaisant ici que sur une aire d'autoroute.

Tout en glissant ses lunettes de soleil sur son nez, Drake prit les devants, empruntant un petit chemin serpentant jusqu'à la plage, un peu plus en aval. Il sentait déjà la délicieuse odeur salée, propre à la mer, emplir ses narines. Quel bonheur d'être ici ! Il se retourna légèrement, pour voir si Apple suivait toujours. « Tu veux que je prenne la glacière ? » Il ne voulait surtout pas que son amant ait à traîner ça si c'était trop lourd ! Non, aujourd'hui, il allait être aux petits soins pour lui, encore plus que d'habitude. La descente ne fut pas très longue, et ils se retrouvèrent bientôt en bas, sur la promenade pavée. Des mouettes avaient laissé sur le sol de joyeux présents, au milieu des petits pâtés de sable mouillé que les enfants rapportaient jusqu'ici, dans l'espoir de dresser un château à peu près convenable. Retirant ses chaussures, il les jeta dans le sac qu'il portait à l'épaule, et attrapa celles de son amant pour en faire de même. Enfin ils allaient pouvoir plonger leurs orteils dans le sable fin ! En y réfléchissant bien, cela faisait beaucoup de temps que Drake n'était pas allé à la plage. La dernière fois devait bien remonter de l'année précédente, si ce n'était plus. Sans se préoccuper davantage de ces questions peu importantes, il lança un sourire joyeux à sa petite pomme adorée. « Allez… Trois, deux, un... » Le décompte achevé, il posa un pied nu dans le sable, qui s'y enfonça presque instantanément. Laissant chaque grain s'insinuer entre ses orteils, il déchanta bien vite en sentant la brûlure qui en découlait. Le sol était véritablement brûlant, chauffé comme il l'était par le soleil de midi. « On ferait mieux d'avancer, ça me brûle les pieds ! », dit-il presque aussitôt, avec une grimace. Joignant le geste à la parole, il engagea le pas sur quelques dizaines de mètres, avant de finalement dénicher la place parfaite, près du sable humide. En sachant que la mer ne monterait sûrement pas plus haut que la limite déjà dessinée, ils y seraient bien. De plus, la zone plate et humide permettrait d'y déposer le sac et la glacière, plutôt encombrants. « Là ? Ça m'a l'air parfait. » Il laissa le sac glisser de son épaule, pour finalement le poser au sol. Satisfait, Drake sortit une serviette pour la jeter par terre, avant de l'étaler correctement. Mieux valait délimiter son territoire tout de suite, autrement les nouveaux arrivants ne tarderaient pas à leur voler leur place de rêve. Restait maintenant à savoir par quoi ils allaient commencer. Serait-ce le déjeuner, ou une petite trempette rafraîchissante ? L'estomac de Drake penchait plus pour la première option, gargouillant bruyamment. Néanmoins, il demanda l'avis de son petit ange, qui devait sans doute avoir faim aussi : « Alors… Tu veux manger tout de suite, ou bien on se rafraîchit un peu ? » Le soleil tapait fort, à cette heure-ci, mieux valait faire attention. « À moins que tu aies une autre proposition ? », sourit-il. Oui, il connaissait désormais assez bien Apple pour savoir qu'il avait toujours de bonnes idées...





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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Lun 3 Avr - 14:35

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Drake & Apple.
I fell in love with you Long before I knew. What it meant to give everything. I was a rolling stone Rolling my way along. Till you came And made sense out of everything. But you couldn't wait. I couldn't promise you anything If it was all a mistake. Then I guess we're both to blame. I could've been So many things. But it would never be enough for you. I was the one, You counted all. But I was never good one for you. Now I know, I lost you a long time ago... City of strangers Out of danger. In your arms I was half awake, half a sleep. Grab a hold of what I've got. Regretting all that I am not. I couldn't be the one standing by your side. If it was all a mistake Then I guess we are both to blame. Now I know. I lost you a long time ago... [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


01 Juin 2015 ∞ La plage ∞ 13h.


Faisait-il jour ? Le ciel était-il étoilé ? Faisait-il beau dehors ? Etant plongé dans le monde enchanté de mes rêves utopiques, je n’en avais pas la moindre idée. Souriant inconsciemment, je me laissais bercer par mes songes et par le soleil qui irradiait chaque parcelle de ma peau blafarde. Tant j’étais bien, ma respiration se faisait même étonnement régulière, et, tandis que j’étais occupé à rêver, je ne me rendais pas compte du temps qui passait et des paysages qui défilaient inlassablement derrière la vitre de la portière de la voiture. Ainsi, dormant à poings fermés, je loupais malheureusement tout du beau voyage que je faisais avec mon âme sœur, malgré moi. Pourtant, d’ordinaire, je n’étais pas un garçon qui avait le sommeil aussi profond et facile. Bien au contraire, j’étais même de ceux qui se réveillaient dès qu’un papillon perdu venait effleurer les carreaux de la fenêtre, et qui émergeait en sursaut dès qu’une légère brise venait faire frissonner les branches des arbres environnants. Comment pouvait donc s’expliquer un tel changement de manière d’être ? La réponse était simple, mais terrifiante. À vrai dire, la veille, je n’avais pas fermé l’œil de toute la nuit, qui s’était vite métamorphosée en un véritable cauchemar. Les larmes n’avaient cessé de se répandre le long de mes joues et le sang de s’extirper douloureusement de mes poumons malades, sous les yeux horrifiés et médusés de ma bienveillante cousine, Julia, grande habituée de ces funestes et redondants spectacles. Cette morbide valse sanglante s’était ainsi répétée à plusieurs reprises et jusqu’au petit matin, m’empêchant de trouver sérénité et repos. Heureusement pour moi et pour ma vie, j’étais toujours entouré de proches aimants et dévoués, qui savaient toujours quoi faire pour me canaliser et pour combattre ces intenses crises liées à cette foutue tâche sur mon poumon. Ah... si je n’avais pas été chez moi, avec Julia, cette nuit-là, je ne serais certainement pas en train de poursuivre mon rêve, dans cette voiture, aux côtés du premier homme que j’aime sincèrement... Grand Dieu, nous avions encore une fois échappé au pire. Néanmoins, n’ayant pas osé détruire l’entrain de mon amant quant à la perspective de passer notre journée sur la plage en compagnie de l’autre, inconsciemment en amoureux, je me taisais et occultais tout de cette grave dégradation de santé. S’il avait été effrayé lorsque j’avais été au plus bas lors de cette fameuse nuit où nous nous étions ouvert nos cœurs, il aurait tout simplement été tétanisé et annihilé s’il avait assisté aux horreurs que j’avais enduré la veille. En tant que petit-ami... - Ah non, Apple ! Ressaisi-toi ! Ce beau rêve utopique n’est pas réalité ! Reprenons, en toute lucidité... – D’accord, d’accord ! Bon... En tant qu’amant dévoué, mon devoir était avant tout de protéger le petit cœur de mon doudou de nouveaux tourments, et omettre de lui révéler ce déclin de vitalité me semblait être la meilleure attitude à adopter pour son bien-être. Oui, lui faire encore une fois du mal et de la peine m’était inenvisageable, et ce fait aurait été une sentence bien plus douloureuse et cruelle que celle que le poison qui parcourait ma chair me réservait. Plus jamais de larmes sur son si beau visage, plus jamais ! Ça m’était bien trop insupportable pour que je puisse à nouveau endurer cet incommensurable supplice ! Ainsi, taisant et occultant tout ce qui pourrait lui causer du chagrin, je m’étais rendu à notre rendez-vous comme convenu et comme si de rien n’était. Souriant et euphorique, j’avais grimpé sans l’ombre d’une hésitation dans la voiture de mon amant. Et malgré le restant de douleur qui continuait de tordre mon estomac, j’étais bientôt tombé dans les bras de Morphée. C’était un fait, dès que je me retrouvais avec l’ange béni des cieux qui faisait s’accélérer les battements affolés de mon cœur, c’était comme si la maladie n’avait plus aucun effet sur moi. Drake, au final, était bien plus que l’homme dont j’étais infiniment épris. Oui, en plus d’être celui que j’aimerais en silence jusqu’à mon dernier souffle, il était également ma drogue et le remède à tous mes maux. En définitive, et sûrement malgré lui, il était mon tout, mon essentiel, et le moteur qui pouvait continuer à faire battre mon pauvre petit cœur amoureux. Qu’aurais-je fait sans lui ? Je ne préférais même pas l’imaginer puisque ma vie aurait été bien trop fade, terne et sombre sans cet arc-en-ciel qui emplissait mon cœur de ses flamboyantes couleurs. Je préférais même mourir sur le champ plutôt que d’avoir vécu une existence sans jamais l’avoir connu ! Oh... je l’aimais tant et si fort que ça finissait même par me faire du mal, au fond...

Malgré l’irrégularité des symphonies de la radio, et en dépit de certains automobilistes bruyants, rien ne semblait perturber le paisible sommeil que je me devais de rattraper. Les paysages défilaient à une vitesse folle à travers les vitres de la voiture, sans que je ne m’en rende compte. Rêvant au prince charmant qui se tenait à mes côtés, je n’émergeais de mon profond sommeil que lorsque l’objet de mes songes déposait tendrement ses lèvres contre les miennes. Tout comme dans La Belle au Bois Dormant – ah, elle n’était jamais très loin, celle-là ! -, le sort enchanté du sommeil éternel était rompu par le baiser sincère de l’être aimé. Souriant amoureusement à mon chéri inavoué, je lui rendais sa marque d’affection tout en prenant plaisir à la décupler. Ah... le goût enivrant des lèvres de Drake pour sortir d’un long et profond sommeil, il n’y avait rien de plus délicieux et de plus merveilleux au monde pour bien commencer la journée ! « Déjà ?! Tu te moques de moi ! On roule depuis à peine cinq minutes ! » Lançais-je, incrédule et enfantin, en ne me rendant absolument pas compte que nous avions roulé depuis de longues heures et que nous étions à bon port, désormais. Ce ne fut que lorsque je jetais un coup d’œil à travers la vitre de ma portière que je me rendais vraiment compte que ce n’était pas une blague. Ébloui, je fermais rapidement les yeux et sortais une paire de lunettes de soleil de mon sac, dans le but de m’acclimater au mieux à ce paysage étonnement lumineux. « Oh... je suis désolé d’avoir dormi durant tout le trajet, Doudou ! Tu méritais un meilleur copilote... » Avouais-je, sincère, d’une petite moue désolée et légèrement tristounette. Franchement, moi qui avais prévu d’être de bonne compagnie pour Drake, je commençais plutôt mal la journée ! Quoi qu’il en fût, malgré ma présence ratée lors de tout ce trajet en voiture, je descendais bientôt de cette dernière et prenais quelques instants pour admirer les environs. Pantois, je restais bouche-bée et ébloui par tant de beauté exotique. C’était si idyllique que je me serais cru plongé dans les décors merveilleux de La Petite Sirène, ou débarqué à Santa Monica. « Wow... » M’exclamais-je, complètement dépaysé et ahuri devant cette merveilleuse explosion de couleurs. Le soleil était même si flamboyant qu’il teintait ma peau d’une couleur halée – voire dorée -, qui chassait toute trace de pâleur liée à ma maladie. « On se croirait au beau milieu d’un rêve... » Ajoutais-je, si ébloui et ému que de petites étoiles vinrent à nouveau se greffer dans mes yeux. Étrangement, ce phénomène paranormal ne se produisait que lorsque j’étais avec Drake... Était-ce une simple coïncidence ou était-ce finalement mon prince charmant inavoué qui faisait naître cette magie dans mes yeux océan ? Quoi que fût la réponse à cette question, je ne m’y attardais pas plus longuement. Hypnotisé par ce magnifique paysage de carte postale, il me fallut plusieurs secondes avant de renoncer à cette divine contemplation. Et ce fut Drake, muni de notre sac de voyage et de la glacière, qui me fit revenir à la réalité. Visiblement du même avis que moi, il me faisait part de son émerveillement en me comparant à ce magnifique panorama idyllique. Ces douces flatteries me firent instantanément monter le rouge aux joues, comme seul mon doudou savait si bien le faire. Néanmoins, je ne répondais rien, estimant qu’il était plus sage de me taire plutôt que d’ouvrir ma satanée bouche pour lui dire je t’aime... Ah... si seulement ces sentiments étaient enfin sortis ! Malheureusement, il n’en fût strictement rien... Malgré ce nouveau refoulement d’amour, je m’emparais de la glacière que me tendait mon amant et m’attelais à emboîter le pas à ce dernier. La boîte réfrigérante pesait une tonne, et mes petits bras frêles ne parvenaient pas vraiment à la supporter ; on aurait dit un enfant qui tentait d’aller le plus loin possible en portant un parpaing. Néanmoins, malgré l’adorable proposition de mon amant, je continuais de porter ce lourd fardeau. « Non merci, Doudou ! C’est vrai qu’elle est un peu lourde, mais je veux t’aider ! Alors... je vais la porter jusqu’au bout ! » Assurais-je, résolu, mais déjà à bout de force et de souffle. Pour une fois dans ma vie, je ne voulais pas être un fardeau ou vu comme une petite nature. Et même si Drake était une montagne de muscles et que le poids que je portais lui paraissait aussi léger qu’une plume, je me montrais borné et déterminé : je voulais l’aider, même si je galérais clairement. Faisant comme si cette glacière était le symbole de mon amour pour lui, je m’employais à la soulever et à la porter jusqu’à l’autre bout de la planète, s’il le fallait. Faire ce transfert m’aidait à trouver la force nécessaire pour ne pas faillir, même si le tout restait bien trop lourd pour mes petites épaules fragiles. Déterminé, j’étais cependant sûr d’y arriver grâce au nouveau symbole que j’avais attribué au contenant réfrigérant. Quoi qu’il en fût, en dépit de ce bagage que je soulevais difficilement, je profitais de cet air marin revigorant et de ce décor de conte de fées surréaliste. Le rire des enfants qui barbotaient au bord de l’eau, la brise légère qui fouettait mon visage, l’odeur délicieuse de l’océan... tout, absolument tout ici emplissait mon cœur d’allégresse. Bénissant le ciel, je poussais un petit soupir de soulagement lorsque nous arrivions au bord du sable. Déposant la glacière au sol durant quelques secondes, j’imitais mon amant et retirais bientôt mes chaussures. Une fois le tout empaqueté dans le sac que Drake tenait, et après que le décompte énuméré par ce dernier soit terminé, nous plongions en même temps nos pieds dans le sable calcinant de la plage. Exactement comme le ressentait mon amant, j’avais moi-même l’impression de marcher sur de la lave. Alors, sans broncher, j’imitais sa grimace et m’empressais de le suivre jusque sur une parcelle de plage plus tempérée et agréable. « Tu as raison, c’est l’endroit parfait ! » Lançais-je, tout sourire, en déposant enfin cette foutue glacière près de la serviette que je venais d’étaler sur le sable fin. Victoire ! J’étais parvenu à atteindre mon but, même si mes bras étaient désormais à moitié en compote. Tout en me retenant d’improviser une danse de la victoire, j’écoutais maintenant mon amant me proposer d’aller nous baigner ou de manger un morceau. « Es-tu donc fou !? On ne fera rien tant que tu ne seras pas enduit de crème solaire ! » M’exclamais-je, en adoptant un air faussement autoritaire et colérique. Laissant finalement un petit rire niais reprendre le dessus, je farfouillais dans mon sac de plage et en ressortais un tube de crème. « Il est hors de question que je récupère mon trésor avec des coups de soleil ! J’y tiens beaucoup trop pour risquer de l’abîmer ! » Avouais-je, sincère, tout en sentant à nouveau mon cœur ronronner dans ma poitrine. Saisi par une énième pulsion amoureuse, je m’avançais progressivement vers l’objet de ma dépendance et lui déposais un tendre baiser sur les lèvres. C’était là un délice qui était beaucoup plus addictif que tous les autres pêchés mignons du monde, et je m’en délectais inlassablement, à l’image d’un camé avec son rail de coke. Une fois cette étreinte enivrante terminée – malgré mon envie de la prolonger jusqu’à ce que mort s’en suive -, je déposais mes mains sous le haut de mon amant, afin de le lui ôter délicatement. Il m’offrait ainsi une vue imprenable et délicieuse sur son corps musclé, qui me faisait presque me sentir mal vis-à-vis de ma silhouette beaucoup plus fine et chétive. Il était tellement beau... et moi tellement... commun... que je ne pu m’empêcher de ressentir un infime moment de peine lorsque je me faisais la réflexion que je ne méritais pas de posséder un être aussi extraordinaire. Néanmoins, ayant retenu la leçon au sujet de mon autodénigrement, je refoulais ces sombres idées et me contentais de vivre pleinement l’instant présent. Après avoir lâché Drake et m’être assis sur ma serviette de plage, j’invitais mon amant à venir en faire de même entre mes jambes. « Viens, lapin ! On ira se baigner lorsque tu seras protégé du soleil ! » Chantais-je, comblé, en attendant que mon prince charmant vienne se caler entre mes jambes. Une fois que ce fut chose faite, je m’empressais d’ouvrir le tube de crème et d’en tartiner une bonne couche dans le dos de mon ange. Tout en étalant la crème avec soin et tendresse, je regardais inlassablement le soleil danser sur la mer. Oh... c’était un spectacle si magnifique et inouï que j’avais du mal à en croire mes yeux. « C’est tellement beau... Tu sais, ça faisait longtemps que je n’avais pas revu l’océan de si près ! Et... découvrir cet endroit magique, avec toi, ça vaut vraiment tout l’or du monde... » Avouais-je, sincère, en ne parvenant pas à détourner mon regard de l’eau. Absorbé par ce spectacle fait de vagues et d’immensité, je décidais néanmoins de quitter cette contemplation pour rediriger mon regard vers ce qu’il y avait de plus merveilleux encore ; à savoir, mon Drake. « Merci de m’avoir emmené avec toi, aujourd’hui... » Susurrais-je tendrement à son oreille, avant de l’embrasser sincèrement, avec une fougue et une passion uniques. Les premières secondes de ce baiser servaient à lui dire merci, et les trente dernières à lui hurler mon amour incommensurable et éternel... Quoi qu’il en fut, une fois ce long et agréable baiser terminé, je finassais d’étaler la crème dans le dos de mon amant. Drake étant maintenant protégé des effets néfastes du soleil, je relâchais la pression et m’octroyais un moment câlin en sa compagnie. Ainsi, je nouais affectueusement mes deux bras au niveau de son torse et l’étreignais, par derrière, de toutes mes forces. « Il est juste là, devant ‘nous’, cet océan infini de possibilités... et... et je crois qu’il nous appelle ! » Lui chuchotais-je à l’oreille, après avoir déposé mon menton sur son épaule. Libérant Drake de mon emprise, je me relevais et lui tendais la main. « Tu viens ? » Lui demandais-je, tout sourire, en espérant de tout cœur qu’il allait saisir ma main et ne plus jamais la lâcher de toute sa vie...

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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Mar 4 Avr - 18:10

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Apple & Drake


La route, inlassable ligne de bitume, glissait sous les roues de la voiture. Cela fait plusieurs heures qu’ils roulaient, plusieurs heures qu’Apple dormait. De quoi pouvait-il donc bien rêver ? Il y avait ce sourire, ce si beau sourire sur ses lèvres… Drake espérait de tout cœur qu’il était heureux, même endormi. Il ne supportait pas de le voir souffrir, même si l'affreuse crise qu’il avait enduré devant lui il y avait de ça quelques temps déjà ne s’était pas encore reproduite. Du moins pas à sa connaissance. Le simple fait de songer qu’il puisse à nouveau tousser et s’écorcher les poumons ainsi lui déchirait un peu plus le cœur, qui cicatrisait lentement. Mais c’était la même chose à chaque fois. À chaque fois qu’il éternuait, il sentait à nouveau cette douleur sourde lui comprimer la poitrine, même si ça n’était qu’un simple 'atchoum' anodin. Parce qu’il avait peur de se méprendre à nouveau, de confondre un petit rhume avec une chute grave. Aussi il s’efforçait un maximum de profiter de chaque instants avec lui, et ne se lassait jamais de le voir. Même assoupi, même de loin, même juste entendre sa voix. N’importe quoi, pourvu qu’il sache que celui dont il était profondément épris était toujours en vie. Dehors, le goudron laissa place à des petits graviers, sur lesquels les pneus ne manquèrent pas de crisser. Freinant lentement et garant la voiture sur le parking, il se décida à réveiller son petit ange, d’un tendre baiser. Il n’y eut guère besoin de plus pour qu’Apple émerge de son sommeil, les yeux un peu embrumés, mais toujours aussi beau. Il s’étonna tout d’abord de leur arrivée, qui, selon lui, était prématurée. Seulement, cela faisait déjà presque quatre heures qu’ils étaient partis de Wellington. Le laissant lui-même se rendre compte que ça n’était pas une blague, il sourit simplement, ne quittant pas ses iris du regard. « Ne t’en fais pas, c’est pas grave. Tu avais l’air fatigué. Et puis, tu pourras toujours te rattraper au retour ! » Le plantant là avec un sourire pour sortir de la voiture, il se perdit quelques secondes dans l’immensité de l’océan. Bleu, turquoise, vert, doré. Les mouettes, les bateaux, le sable ; tout y était. C’était vraiment sublime. Entendant bientôt ses propres pensées interprétées par Apple, il sourit encore une fois, mettant une main en visière pour protéger ses yeux de l’éclat du soleil. Avec un temps aussi magnifique, l’après-midi se promettait parfaite. « Un rêve, oui… Rien qu’un rêve... » Rêve qui prendrait fin aussitôt la journée achevée, aussitôt le soir tombé. Le temps s’écoulait trop rapidement, poursuivant sa longue et effrayante course contre la montre. Qu’attendaient-ils, au juste ? Que le sablier soit totalement écoulé ? Qu’il n’y ait rien d’autre à faire que de partir en sens inverse, à reculons ? Drake ne voulait pas penser à ça, il ne voulait pas s’obscurcir l’esprit tout de suite. Plus tard, lorsqu’il serait seul. En attendant, il devait fixer pour de bond un sourire sur les lèvres d’Apple. Attrapant glacière et sac dans le coffre, il tendit la première à son amant, avant de se rendre compte — encore une fois, trop tard — qu’elle devait être trop lourde pour lui. Le pauvre chaton venait à peine de se réveiller qu’il lui tendait déjà une énorme pierre à soulever. Tentant de réparer sa faute en lui proposant de la porter à sa place, il ne fut pas surpris du refus de son petit ange. « Tu es sûr ? On peut échanger, autrement. » Le sac devait sans doute être moins lourd. Malgré tout ils n’échangèrent pas, et descendirent ainsi jusqu’à la plage. Sentant déjà la brise iodée pénétrer ses narines, Drake se laissa aller à quelques secondes sans bouger, juste à respirer le délicieux air marin. Cela faisait très longtemps qu’il n’était pas venu au bord de l’océan… Il lui tardait de sentir les vagues venir lécher ses pieds, ainsi que de voir l'écume embrasser le sable fin. Après un décompte aussi enfantin que ridicule, ils glissèrent en même temps leurs pieds dans les grains brûlants. Sentant très vite s'accroître la morsure de ces derniers, Drake lança l'idée d'avancer, pour aller se poser quelque part. Il n'y avait pas encore grand-monde, mais ils savaient aussi bien l'un que l'autre que ça n'était que provisoire. Vers les seize heures, la plage serait noire de parasols, de serviettes, et de gens.

Dénichant finalement la place parfaite, ni trop chaude, ni trop humide, et à distance raisonnable de la mer, ils purent déposer leurs affaires et étaler leurs serviettes sur le sol. Deux options s'offraient désormais à eux, selon Drake, mais Apple objecta immédiatement, s'exclamant qu'ils n'iraient pas se baigner sans crème solaire. Il éclata aussitôt de rire, non sans être toutefois touché par sa prévenance. Répondant à son baiser aussi inattendu qu'apprécié, il lui souleva doucement le menton pour être plus à son aise pour l'embrasser. Il n'y avait rien au monde de plus agréable que cela, sentir ses lèvres contres les siennes, ses cheveux entre ses doigts… Et même si, à chaque fois, leur étreinte devait prendre fin, il sentait encore pendant de longs instants la chaleur de son corps contre le sien, le faisant frissonner de la tête aux pieds. Ce qu'il l'aimait… il l'aimait plus que n'importe qui d'autre en ce monde… S'installant finalement entre ses jambes, il se laissa tartiner le dos de crème solaire, comme un petit enfant bien sage. Il sentait çà et là les douces caresses d'Apple, même s'il ne faisait qu'étaler le liquide protecteur dans son dos. Un rien se transformait en un instant magique, avec lui. Et Drake commençait à être habitué. « Je suis vraiment heureux d'être là, avec toi, moi aussi… » Il leva les yeux vers le ciel, avant de les rediriger vers la mer. Le bleu se confondait avec le bleu, ne formant qu'une splendide toile toute auréolée de reflets argentés. « Le temps est parfait, le paysage est parfait… et… et tu es parfait... » Et Drake de l'embrasser. Il ne pouvait tout simplement pas se retenir, la tentation était trop forte. « Merci à toi de m'avoir accompagné… ça n'aurait pas été la même chose, sans toi… Je ne serais d'ailleurs pas venu, je pense... » Nouveau baiser, initiative d'Apple, cette fois-ci. Les deux se renvoyaient mots doux et gestes tendres tant de fois qu'il était impossible de les compter. Mais quelle importance ? Ils étaient juste là, assis, serrés l'un contre l'autre comme de nombreuses fois. Comme le disait si bien son amant, l'océan les appelait, à grands renforts de vagues et d'écume. « On a juste à courir pour le rejoindre, dans ce cas... » Attrapant la main que lui tendait son petit ange, il se releva et, avec un sourire, lui retira son haut, lentement. Redécouvrant avec plaisir son torse nu, il mit un peu de crème dans la paume de sa main pour lui en mettre à son tour. Si un des deux devait correctement être protégé du soleil, c'était bien lui. Le faisant pivoter par les épaules pour lui en enduire le dos, il en profita pour se rapprocher davantage de lui, et ainsi déposer maints petits baisers dans sa nuque. Une fois que la crème fut complètement étalée, il lui fit signe que tout était bon. Ils n'avaient plus qu'à retirer leur pantalon et à courir se baigner. « Le dernier arrivé a un gage ! » Sans laisser le temps à Apple d'assimiler ce qu'il venait de dire, il défit tout de go sa ceinture pour faire glisser son bas par terre, et ainsi s'élancer sur le sable. Le sol semblait se creuser sous ses pieds, et il avançait presque à reculons. Ah… Il avait oublié à quel point il était dur de courir sur la plage ! S'encourageant en se disant que cette difficulté pimenterait leur petite course improvisée, il ralentit un peu et n'accéléra à nouveau qu'une fois le sable humide et meuble atteint. Laissant de petites empreintes légères sur le sol, il ne s'arrêta qu'une fois qu'il sentit ses orteils tremper dans l'eau, toute tiède des rayons du soleil. Apple arriva tout de suite après, mais néanmoins, après. « J'ai gagné ! » En réalité, ce n'était pas très fair-play de sa part, étant donné qu'il était parti plus tôt que son concurrent. Enfin, son amant s'en formaliserait très vite si cela le dérangeait réellement. « Bon, j'ai presque gagné… On va dire que tu as le droit de m'en donner un aussi, pour que ce soit plus équitable. », admit-il, au bout de quelques secondes. Au final, ça ne changeait pas grand-chose à la donne, de savoir qui était le véritable vainqueur. Laissant ces piètres interrogations de côté, il se pencha de plus près sur la question du gage qu'il pourrait donner à son petit ange. Il avait soudainement l'esprit très vide, et les idées ne venaient pas. Maudissant son manque flagrant d'imagination, il reprit la parole, tout en faisant un pas vers l'eau. « Bon… Tu ne veux pas commencer ? Pour que je vois un peu le niveau. » Sourire malicieux, et petit haussement de sourcil. De l'eau jusqu'aux chevilles, il laissa tranquillement ses pieds s'enfoncer dans le sable mouillé, qui se formait et reformait inlassablement, attendant avec impatience la réponse de son amant.




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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Mer 5 Avr - 15:27

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Drake & Apple.
I fell in love with you Long before I knew. What it meant to give everything. I was a rolling stone Rolling my way along. Till you came And made sense out of everything. But you couldn't wait. I couldn't promise you anything If it was all a mistake. Then I guess we're both to blame. I could've been So many things. But it would never be enough for you. I was the one, You counted all. But I was never good one for you. Now I know, I lost you a long time ago... City of strangers Out of danger. In your arms I was half awake, half a sleep. Grab a hold of what I've got. Regretting all that I am not. I couldn't be the one standing by your side. If it was all a mistake Then I guess we are both to blame. Now I know. I lost you a long time ago... [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Rêvant inlassablement au bonheur et à toutes les utopies qui berçaient mon âme d’enfant, j’étais comme plongé dans une aquarelle enchanteresse qui rappelait le pays des merveilles d’Alice. Tout y était clairement similaire, hormis le fait qu’aucune reine rouge ne souhaitait me couper la tête, et que tous les effrayants monstres imaginaires avaient été bannis de mon esprit. Vu mon paisible et souriant visage endormi, il était évident que rien ne pouvait perturber ma rêverie, qu’on aurait crue dirigée par la pure magie blanche de la plus bienveillante des fées. N’ayant aucunement conscience d’avoir délaissé l’homme qui faisait chavirer mon être, je m’enlisais plus intensément encore dans les abysses enchantés qui régissaient mon esprit. Je me retrouvais ainsi projeté dans de magnifiques décors printaniers faits de roses rouges, de forêts luxuriantes et de diverses autres fleurs chantant toutes à l’unisson. Euphorique et subjugué par un tel spectacle, je ne tardais pas à communier avec tout ce beau petit monde. Chantant avec les arbres, riant avec le vent et valsant avec les fleurs, j’étais si à l’aise et à ma place qu’on aurait dit que j’étais un habitant à part entière de ce petit royaume utopique. L’harmonie, la gaieté, l’amitié, la paix et la tendresse étaient ainsi maîtres de ce tableau de conte de fées, jusqu’à l’arrivée fortuite de l’amour, qui était le premier régisseur et le sentiment le plus développé de mon cœur. Ainsi, sous les traits divinement parfaits d’une silhouette étrangement familière, un prince charmant, accompagné d’un cheval blanc comme neige, sortait de nulle part et rentrait bientôt dans cette fresque frénétique. Tous les figurants l’accueillirent avec un enthousiasme non feint, et, après qu’il m’ait fait valser à travers la prairie de tulipes, il ne tardait pas à venir déposer ses lèvres fougueuses contres les miennes, juste au moment où, dans la vraie vie, Drake en faisait de même pour me sortir de mon profond sommeil. Prisonnier entre le monde du rêve et celui de la réalité, je clignais plusieurs fois des yeux, et, à chaque battement de mes paupières, l’image qui se formait dans ma rétine s’alternait entre le prince que j’avais vu dans mon rêve et celui qui se tenait juste devant moi, bien réel. Légèrement perturbé par ce parallèle déstabilisant, il ne me fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre que le prince de mes songes ne faisait qu’un avec celui qui avait su conquérir mon cœur. C’était donc bien lui, Drake, mon petit doudou d’amour, qui était le prince de mes rêves et de ma réalité... Décidément, et même si je n’en avais clairement pas conscience, je devais tenir bien plus que ce que j’imaginais à mon ange pour faire de lui le héros à la fois de mon quotidien, mais aussi de mes songes. Quoi qu’il en fût de l’état de mon cœur, j’étais désormais bien réveillé, même si mon rêve semblait se prolonger dans la réalité. À vrai dire, seuls les décors paradisiaques avaient changé : les prairies s’étaient métamorphosées en un sable fin et mes amies les fleurs étaient devenues des oiseaux gazouillant gaiement. Quant au contexte féerique et au prince charmant que j’aimais, ils étaient toujours là, biens présents, et peut-être même encore plus beaux et merveilleux que dans mes songes. Les rêves pouvaient-ils finalement devenir réalité ? Plus je plongeais dans les yeux azur de mon adorable chéri et plus j’en étais intimement convaincu...

Une fois tous deux sortis de la voiture après un échange tendre et affectueux, je m’octroyais quelques secondes pour m’adonner à la contemplation de cet inouï et merveilleux paysage. Tout était si beau et idyllique que mon dernier rêve enchanté me paraissait soudain presque trop fade, même s’il n’en était évidemment rien. Néanmoins, toute cette splendeur naturelle n’avait d’égale que celle de mon amant, qui ne tardait pas à me rejoindre et à me faire don, malgré lui, d’un cadeau empoisonné. Cependant, résolu et déterminé, je parvenais à braver toutes les difficultés rencontrées pour conduire ce lourd fardeau jusqu’à la terre promise. Après avoir contré moultes péripéties et attaques de sable brûlant, mon amant et moi-même décidions d’élire temporairement domicile sur un petit bout de plage tempéré et isolé. Déposant sac et glacière près de nos serviettes de plage, nous étions fin prêts à passer une délicieuse journée. D’ailleurs, grâce au baiser passionné et fougueux que nous ne tardions pas à échanger, le bonheur semblait être déjà à portée de main. Ses lèvres rebondies, sa langue taquine, son odeur enivrante... je perdais complètement la tête et c’était comme si mes pieds ne touchaient plus la terre ferme – ou plutôt le sable fin. « Doudou, tu dois absolument savoir qu’il n’y a rien de plus merveilleux au monde que le goût de tes baisers... » Soufflais-je, souriant, sincère et comblé, à quelques centimètres à peine de ses lèvres. À ces mots, je ne manquais pas de replonger vers son visage, en déposant tendrement d’infinies marques d’affection sur sa bouche. Sous ce contact enivrant, et comme si c’avait été la première fois que je l’embrassais, je ressentais d’intenses frissons parcourir vivement mon échine. Quant à mon sang, il frémissait et bouillonnait dans mes veines, à l’image d’une lave bienveillante qui brûlait et emplissait mon cœur d’amour. Putain, qu’est-ce que je l’aimais ! Ces sentiments exacerbés étaient même si intenses que j’entendais mon cœur pleurer dès que nos lèvres se séparaient. C’était malheureusement inévitable, puisqu’il fallait toujours prendre notre respiration à un moment donné, mais je consolais mon organe chagriné en étreignant davantage l’homme qui le régissait. Là, tendrement enlacés l’un contre l’autre, j’étais tout simplement au paroxysme du bonheur. Face à l’océan et au soleil, avec pour seule mélodie le bruit des vagues et le chant des mouettes, je n’aurais pu rêver d’un contexte plus merveilleux. Néanmoins, après m’être défait de notre amoureuse embrassade et après avoir anéanti l’impatience du jeune chien fou qui me faisait face, je lui demandais, avec une certaine autorité bienveillante, de venir s’installer entre mes jambes pour que je puisse l’enduire de crème solaire. Ni une ni deux, celui qui était l’incarnation d’un dieu grec s’exécutait gentiment et s’asseyait sans broncher devant moi. Dévoué et tendre, je passais alors mes mains remplies de crème dans le dos de mon amoureux, tout en faisait méticuleusement attention à ne pas oublier une seule parcelle de sa peau. Saisi par l’émotion du moment, je ne tardais pas à lui faire part de mon euphorie et de mon bonheur, tout en souriant d’un air béat lorsque mon partenaire m’avouait que mes sentiments étaient partagés. Plus encore, et pour la énième fois, Drake me faisait rougir lorsqu’il m’avouait que j’étais aussi parfait que ce paysage de conte de fées, à ses yeux. « Merci pour ce si joli compliment ! Mais... à mes yeux, c’est toi qui es parfait ! Moi, j’essaie juste d’atteindre et de te rendre ton excellence... » Avouais-je, en un demi-sourire sincère, tout en me faisant intérieurement la réflexion que je ne le méritais sûrement pas. Moi, au contraire de mon ange, je n’étais pas étincelant comme le soleil et aussi beau et profond que les flots merveilleux de l’océan. Lui, cet être si parfait, avait toutes ces caractéristiques inouïes, et ça me faisait toujours un petit pincement au cœur lorsque je me rappelais que j’étais inférieur à cette sublime créature tout droit sortie d’un conte de fées. Néanmoins, j’oubliais tout de ces remises en questions grâce au baiser que mon amant venait bientôt redéposer contre mes lèvres. Perturbant, déstabilisant et enivrant, ce doux contact avait toujours le don de me faire perdre le fil de mes pensées, qu’elles soient sombres ou roses. L’esprit désormais vidé de toute idée saugrenue, je me focalisais entièrement sur les lèvres de mon amant et sur les palpitations endiablées qu’il procurait à mon cœur. Ce dernier, qui hurlait vainement son amour en tambourinant acharnement contre les os de mon thorax, était sur le point d’imploser. Oh... quel dommage que nos oreilles soient sourdes aux paroles et aux cris du cœur ! Quoi qu’il en fût, après que mon amant m’ait remercié de l’avoir accompagné jusqu’ici, je ne cessais de sourire bêtement. « Je t’en prie ! Tu sais, je t’accompagne toujours avec un immense plaisir, Doudou ! Et... d’ailleurs, où que tu veuilles aller dans le monde, sache que tu peux compter sur moi pour y aller avec toi... » Ajoutais-je, sincère, d’une voix euphorique provenant du plus profond de mon petit cœur amoureux. Cet instant complice, tendre et romantique étant propice à un nouvel échange amoureux, nous ne tardions pas à lier notre amour en un nouveau baiser sincère et fiévreux. Y avait-il pêché plus délicieux que les lèvres brûlantes et sucrées de mon prince charmant ? Non, et, quoi qu’il puisse se passer entre nous, il n’y en aurait jamais d’autre. Ah... en effet, ce fameux ‘nous’ était irremplaçable, inégalable et insubmersible.

Une fois le corps de mon amant protégé des potentiels dangers du soleil, je me levais et invitais ce dernier à venir barboter dans l’eau en ma compagnie. Après avoir saisi la main tendue que je lui adressais, Drake se relevait et m’avouait être tout autant attiré par l’océan que moi. Euphorique à l’idée de communier avec les eaux cristallines et salées de cet endroit paradisiaque, je m’empressais de faire un pas de plus en direction de l’océan. Néanmoins, une pression sur ma main m’empêchait d’avancer et me faisait faire du surplace – ça me donnait l’air idiot de marcher dans le vide. Surpris, je me retournais brusquement et constatais rapidement que c’était Drake qui me retenait prisonnier. Pourquoi ? Tout simplement pour me défaire de mon haut et pour m’enduire de crème solaire. « Ce n’est pas nécessaire... » Soufflais-je, tel un enfant impatient de retrouver l’océan, dans le but de gagner du temps et de faire renoncer à Drake son envie de me protéger du soleil. Oui, je préférais ressembler à une écrevisse plutôt que de devoir attendre davantage, était-ce problème ? Visiblement oui, d’après le comportement de mon amant. Ce dernier sachant parfaitement comment me faire plier, je ne disais plus rien et me laissais faire, tout en profitant des milliers de baisers qu’il déposait dans le creux de mon cou. Vaincu et manipulé par un ange trop bienveillant, je déposais finalement les armes et acceptais de rester hors de l’eau le temps qu’il me barbouille de protection solaire. Ah... décidément, ces baisers avaient un pouvoir surnaturel et ensorcelant ! Fermant les yeux, je me délectais de chaque caresse que ses lèvres déposaient sur ma peau ; c’était même si agréable que j’étais prêt à renoncer à l’océan pour qu’il puisse me couvrir de ses baisers indéfiniment. Cependant, contre toute attente, mon amant profitait de mon état second et de mon étourderie pour me lancer un nouveau petit défi : le dernier arrivé dans l’eau aurait le droit à un gage. Pris de court, je rouvrais aussitôt les yeux et me retrouvais nez à nez avec un Drake en short de bain. Ce dernier, décidément aussi taquin et vil que moi, s’élançait d’ores et déjà dans la course alors que je m’attelais seulement à me défaire de mon jean. « Hey ! Tu triches ! Et j’ai des petites jambes, en plus ! » Criais-je, en riant de bon cœur, tout en jetant mon vêtement au sol avant de me mettre à courir. Vêtu d’un short de bain rouge, je m’élançais difficilement à travers la plage – on aurait dit un remake raté d’un épisode d’Alerte à Malibu. Luttant contre le sable qui était aussi traître qu’il était mouvant, je parvenais presque à talonner mon amant, qui restait néanmoins en première position avec quelques secondes d’avance. Le petit fourbe arrivait naturellement le premier au bord de l’eau, remportant ainsi la victoire. « Gagné, gagné... C’est un bien grand mot ! » Taquinais-je, en réponse au cri victorieux de Drake, une fois arrivé à mon tour à destination. « Mais... malgré la supercherie, tu as quand même le droit au baiser de la victoire. » Ajoutais-je, tout sourire, en m’avançant bientôt vers lui pour déposer amoureusement mes lèvres contre les siennes. Oui, ce n’était qu’une nouvelle excuse pour retrouver ma drogue préférée, mais c’était plus fort que moi ! Quoi qu’il en fût, une fois récompensé et chéri comme il devait l’être, je profitais pleinement de notre proximité et des vagues qui venaient s’échouer jusqu’à nos pieds. C’était si agréable, si merveilleux et si magnifique que ça me semblait presque irréel. Néanmoins, lorsque mon amant me proposait de partager sa victoire et de lui octroyer moi-aussi un gage, j’en oubliais tout de ce contexte utopique et préférais me focaliser sur notre petit jeu. « Bien entendu, mon chou, je suis d’accord pour partager la victoire ! » Lançais-je, surexcité, mais aussi agréablement surpris par le fair-play de mon partenaire. Ce dernier, visiblement masochiste, me donnait même le privilège de choisir mon gage à son encontre en premier. « D’accord, je vais ouvrir le bal des défis ! Mais... tu vas sûrement regretter d’avoir proposé le partage de ta victoire, mon trésor... » Ricanais-je, en affichant un petit air mesquin et vicieux. Tout en réfléchissant pendant quelques secondes, je prenais mon amant par la main et l’emmenais dans un endroit plus intimiste et à l’abri des regards indiscrets. Une fois seuls, j’affichais un grand sourire et prenais sa main droite dans la mienne, tout en déposant la gauche derrière mon dos. « Ton gage est le suivant : tu dois exaucer mon rêve de la dernière fois. » Avouais-je, en adressant un petit sourire malicieux et amoureux à celui qui faisait battre mon cœur. Après avoir pris l’initiative de commencer à tournoyer, je remarquais que mon amant avait effectivement besoin de quelques conseils pour améliorer ses compétences en danse. Cependant, même s’il était à des années lumières d’être prêt à concourir pour le titre de meilleur valseur, je n’en avais strictement rien à faire. Qu’il danse comme dans un ballet de Tchaïkovski ou qu’il se dandine comme un poisson hors de l’eau, ça revenait strictement au même, pour moi. L’essentiel n’était pas qu’il me fasse danser comme un professionnel, bien au contraire ! Et le simple fait de tournoyer en sa compagnie et d’être blotti contre lui suffisait à me combler totalement. C’était peut-être parfois maladroit et imparfait techniquement parlant – de son côté comme du mien, d’ailleurs -, mais j’étais tout simplement au summum du bonheur puisque mon amour secret était en train d’accomplir mon rêve. Et rien, absolument rien ne pouvait gâcher cet instant magique et ces intenses sentiments qu’il me faisait ressentir. Alors, avec toute la bonté et l’amour du monde, je plongeais mon regard bleuté au plus profond du sien. « Hey... Doudou, tu es en train de réaliser mon rêve... » Chuchotais-je, tendre et doux, avant de fermer les yeux et de déposer ma tête contre son torse. Profitant pleinement de cet instant de complicité et d’amour, je me contentais de tournoyer doucement sur la plage, blotti et serré de toutes mes forces contre l’amour de ma vie. Un bonheur plus parfait que celui que j’étais en train de vivre n’existait pas, et j’avais presque les larmes aux yeux lorsque notre slow prenait fin. Ému, j’avais tout oublié du monde pendant l’espace de quelques minutes, et le retour à la réalité fut plutôt brutal. « Merci infiniment... pour tout... » Soufflais-je, sincère, en sentant une larme de bonheur silencieuse rouler contre ma joue. Ce qu’il y avait de sûr, c’était que ce souvenir particulier resterait à jamais gravé dans ma mémoire puisqu'il était sûrement le plus beau de toute ma vie. Le cœur en ébullition, je souriais tendrement, ému, tout en sentant à nouveau ces foutus papillons chatouiller mon estomac. « Vu que tu as relevé ton défi haut la main : vas-y, c’est à ton tour ! J’attends le mien... » Ajoutais-je, en me défaisait de l’étreinte de mon amant, mais en gardant précieusement l’une de ses mains dans la mienne. Toujours autant animé par l’euphorie et secoué par l’accomplissement de mon rêve, j’entremêlais amoureusement mes doigts aux siens et attendais impatiemment l'annonce de la sentence qui m’était réservée...

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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Sam 8 Avr - 12:01

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A long time ago

Apple & Drake


Reflets miroitants et argentés, le soleil formait un fabuleux kaléidoscope sur le turquoise de la mer. La plage, infinité d’or et d’ambre, s’étendait à perte de vue de chaque côté, offrant un panorama délicieux pour les yeux et les oreilles. En plus du chant des oiseaux et des mouettes qui pépiaient à tout va, les cris et rires joyeux des enfants couvaient cet endroit d’une atmosphère pétillante et pleine de vie, on se serait vite cru dans une cour de récréation. Prévoyant déjà l’après-midi comme magnifique, Drake était bien trop occupé à embrasser Apple pour se soucier du paysage tout de suite. Rien n’était plus parfait que l’instant qu’ils étaient en train de vivre, tous deux serrés l’un contre l’autre, leurs lèvres unies pour la vie. Et l’embrasser était magique, et rien n’était plus beau que de le voir sourire. Il ignorait ce qui s’était produit pour qu’il soit aussi fou de lui. Était-ce apparu un beau matin ? D’un coup, son cœur s’était embrasé d’amour pour lui, sans prévenir ? Ou bien était-ce le fruit des longues heures qu’ils avaient passé ensemble, depuis le cinéma ? La réponse lui échappait, et il n’était même pas sûr de vouloir la connaître. N’était-ce pas beau d’aimer sans savoir comment ni pourquoi ? Simplement aimer, aimer jusqu’à la fin des temps. Et lorsqu’Apple lui confia qu’il n’y avait rien de plus merveilleux au monde que ses baisers, il sentit ses joues se teinter de rouge et son cœur cogner davantage dans sa poitrine. « Oh… merci… Tu dois savoir qu’il n’y a rien de plus merveilleux au monde que tes compliments… » Il sourit, sans pour autant s’écarter de lui. Refondant bientôt en un nouveau long et voluptueux baiser, il se fit la réflexion que rien ni personne au monde ne lui faisait tant perdre l’esprit que son amant. S’il fallait énumérer tout ce qui avait changé depuis son entrée dans sa vie, la liste n’en finirait pas… Lui-même n’aurait jamais le courage de la commencer un jour, tant elle était longue et sans fin. En effet, chaque seconde qui passait ajoutait une nouvelle merveilleuse et inoubliable chose dans cette énumération, douce représentation de leurs moments passés ensemble. Émergeant des méandres de ses pensées, il se laissa tartiner le dos de crème solaire par sa petite pomme, qui refusait qu’il attrape un coup de soleil. Encore une adorable attention de sa part, à se demander comment il faisait pour être si parfait. Drake ne manqua d’ailleurs pas de le lui dire, le comparant au magnifique paysage qui les entourait. Bleue la mer et bleus ses yeux, la brise aussi légère que son sourire ; et la dorure du soleil sur le sable, aussi lumineuse que sur sa peau. « Ne dis pas de bêtises, tu es aussi parfait que c’est humainement possible de l’être ! Je vais finir par croire que tu adores me contredire. » Quelle était cette fichue manie qu’il avait, de toujours se rabaisser ? À quoi pensait-il qu’il ressemblait ? « Et puis, je n’ai pas besoin de te rappeler ton châtiment si tu oses encore une fois te dénigrer... », lança-t-il, avec un haussement de sourcil rempli de sous-entendus. Bien sûr qu’Apple s’en rappelait… et il devait savoir qu’il n’hésiterait pas une seule seconde pour recommencer. Restant tous deux à contempler le divin paysage, plus aucun d’eux ne reprit la parole, observant un silence presque religieux. Tout ce qui les entouraient était paradisiaque, à se demander s’ils n’étaient pas au beau milieu d’un rêve. La délicieuse compagnie d’Apple ne faisait que confirmer cette illusion, quant à ses paroles… inutiles de dire qu’elles rendaient le tout réel à elles-seules. « Alors la prochaine fois que j’ai envie de partir loin, je t’appelle, promis. », sourit-il. S’exiler au bout du monde avec son amant était loin de lui déplaire, il aurait même tout donné pour partir sur le champ. Ah, ils avaient beaucoup trop de projets pour la courte vie qui se dessinait devant eux, et Drake avait cette peur immense de perdre du temps, et de ne pas pouvoir tout faire. Le baiser qu’ils échangèrent ensuite finit de le noyer inexorablement dans les profondeurs de l’amour inconditionnel qu’il vouait à son petit ange, perdant tout espoir d’un jour en sortir. Le voilà désormais prisonnier de ces sentiments impossibles à avouer et qui, pourtant, le maintenaient en vie.

Bientôt debout, Drake dut retenir Apple de force pour l’empêcher de partir en courant jusqu’à la mer, tant il était pressé. Mais il était hors de question qu’il aille se baigner sans protection solaire et, tout comme sa petite pomme l’avait fait pour lui plus tôt, il entreprit de lui étaler de la crème dans le dos. Ne résistant pas bien longtemps à l’attraction de sa peau nue, il se mit bientôt à couvrir sa nuque de légers baisers, tous plus passionnés les uns que les autres. Il se sentait totalement embrasé de l’intérieur, et ce n’était pas seulement dû à la tenace chaleur du soleil. Non, son propre astre rayonnait juste à côté de lui, faisant considérablement augmenter la température. Ayant soudainement beaucoup trop chaud, il jeta la crème dans le sac, et proposa une course. Sans attendre de réponse de son partenaire, il se défit de son pantalon et partit aussi sec vers la mer, sans se soucier si Apple partirait lui aussi ou non. Entendant bientôt son rire mélodieux et ses vaines protestations, il éclata de rire à son tour, tout en ralentissant légèrement. Le terrain n’était pas vraiment propice à une course, ses pieds n’avaient de cesse de s’enfoncer sans vouloir en sortir du sable. Tournant légèrement la tête en arrière, il s’aperçut avec surprise que son petit ange l’avait déjà presque rattrapé, malgré le fait qu’il ait — comme il l’avait si bien précisé — de plus petites jambes. En soit ça n’était pas une excuse valable, mais si ça lui plaisait de se plaindre… Ils parvinrent enfin jusqu’à l’eau, et Drake ne put réprimer un cri de victoire. Bon, il fallait bien avouer qu’il était parti légèrement plus tôt… ce que son amant ne manqua pas de souligner. Ce dernier le récompensa tout de même d’un énième baiser — décidément, il semblait que tous deux avaient du mal à s’en empêcher —, et il n’existait pas plus beau trophée que celui-ci. « Quelle récompense… Je préfère largement l’un de tes baisers à une médaille... », souffla-t-il, à quelques centimètres de ses lèvres. Si lui avait eu droit à un délicieux prix, Apple, lui, avait gagné un gage. Mais Drake eut beau prendre plusieurs secondes pour réfléchir, aucune idée ne voulait surgir de son esprit. Il lui proposa alors de partager la victoire, autant pour cacher son manque d’imagination que pour se montrer bon joueur. Son amant sembla apprécier l’idée, et Drake commença à regretter de l’avoir exposée… « Je commence déjà, je ne sais pas pourquoi... », sourit-il, même s’il savait exactement pourquoi. Se laissant entraîner vers son petit ange, il réfléchit vaguement à ce qu’il allait lui demander de faire. Le connaissant, cela pouvait être tout et son contraire et, vu l’esprit débordant d’imagination qu’il possédait, il ne serait jamais en manque d’idées. Abandonnant assez rapidement ces infructueuses recherches, il préféra attendre le moment venu pour découvrir son gage. Apple le conduit jusqu’à un endroit un peu plus à l’écart des autres baigneurs, plus intime. Bon sang, qu’est-ce qu’il allait lui demander ? Sa curiosité fut rapidement satisfaite, puisque sa petite pomme d’amour lui énonça son défi. « Ton rêve de la… Oh. » Les souvenirs lui revenaient petit à petit à l’esprit, le faisant vite déchanter. Oui, il était d’accord pour apprendre à danser, mais n’était-ce pas un peu trop imprévu ? Ils étaient sur la plage, les pieds dans l’eau, avec une bonne vingtaine de spectateurs inopportuns. Même si le regard des autres importait peu, il y avait des limites… Se laissant finalement guider par les mains connaisseuses d’Apple, Drake en plaça une dans son dos, avant de prendre celle de son amant dans l'autre. C'était sans doute la partie facile, ce qui allait suivre serait sûrement bien plus technique. Adressant un léger sourire à son professeur improvisé, il paniqua presque lorsque celui-ci se mit à tournoyer. Bon Dieu, comment était-il sensé faire cela ? Si faire quelques pas de gauche à droite pouvait encore passer, imiter les gestes gracieux d‘Apple était une toute autre histoire. Il se sentait aussi ridicule que les clowns que l'on pouvait voir au cirque, et faisait des déplacements aussi fluides et élégants que ceux d'une limace. Mais le sourire qui naissait aux commissures des lèvres de son petit ange rêveur suffit à lui faire oublier ces fâcheux détails, et il en vint même à presque apprécier danser, tout près de lui. « Ce n'est sûrement pas aussi bien que tu l'avais imaginé... », répondit-il, d'une voix si basse qu'elle était presque recouverte par le doux bruit des vagues. Ils valsèrent ainsi pendant de longs instants, avant de finalement s'arrêter. Découvrant avec émotion les petites larmes qui perlaient au coin des yeux de son amour, Drake eut un petit sourire triste, avant d'essuyer l'une d'elles à l'aide de son index. « Tu n'as à me remercier de rien du tout... Apple... Je ne sais pas comment dire... Tu fais de ma vie un véritable rêve éveillé et... Pourquoi est-ce que tu pleures ? » Même s‘il savait que ces larmes n'étaient pas dues à une tristesse quelconque, il ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi il était si ému. Ils avaient simplement dansé... et encore, il n'était pas sûr de pouvoir qualifier ses performances personnelles de "danse".

Maintenant qu'il avait réalisé tant bien que mal le rêve de son amoureux, c'était à son tour de lui donner son gage. Les idées ne se pressaient toujours pas dans son esprit et, de toute manière, il avait décidé que le moment était venu de lui faire ses révélations. Après l'instant plus que romantique qu'ils venaient de passer, c'était maintenant ou jamais. « Avant de te donner ton gage, je voudrais te parler de quelque chose. » La voix qui prononça ces mots était bien trop frêle pour être la sienne. Prenant la main d’Apple, il l'entraîna un peu plus en avant, jusqu’à avoir de l’eau jusqu’au ventre. Voilà, ils y étaient. Le moment était enfin arrivé, ce moment qu’il avait marqué en rouge sur le calendrier. Il tenta de détendre ses muscles contractés, d'alléger sa tête qui était soudain aussi lourde que du plomb. Respirer. « Voilà. » Oui, voilà, mais encore ? Pourquoi les mots ne voulaient-ils pas sortir ? « En fait… ça fait quelques temps que je me pose des questions, que j'essaie de comprendre. J’essaie… vraiment. Et… je crois qu’il y a une seule conclusion possible. C'est simple, je... » Et avec une vague partirent les "je t'aime", allant s’écraser sur le rivage, loin, très loin des oreilles d’Apple. Secoué par la force de la mer, Drake manqua de tomber, rattrapant in extremis le bras de son amant — sans savoir si c’était pour s’y accrocher ou pour l’empêcher de tomber à son tour. Si la nature elle-même se mettait en travers de ses sentiments, qu’était-il sensé faire ? C’était complètement ridicule de tout reprendre depuis le début. C’était complètement stupide de tout répéter une seconde fois. Et puis, il n’en aurait jamais le courage. Jamais. « Je ne l’avais pas vue venir ! », s’exclama-t-il, riant, même si au fond il était perdu. Bien sûr qu’Apple lui poserait des questions. Bien sûr. Mais il n’était pas obligé d’y répondre, loin de là. « Tout va bien ? », demanda-t-il finalement, inspectant de la tête aux pieds son petit chat. Heureusement que lui ne craignait pas l’eau, les voilà tout trempés… Passant les deux mains sur son front pour repousser ses cheveux mouillés en arrière, il ne put s’empêcher de rire à nouveau, d’un rire incontrôlable. Était-ce un rire amusé, hystérique, furieux ? Lui-même l’ignorait, et préférait ne pas le savoir. Et son cœur qui ne cessait de tambouriner dans sa poitrine, de battre à deux cents à l’heure ! Il avait essayé. Il avait essayé de parler. Et malgré tous ses efforts, il avait échoué, une fois encore.





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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Lun 10 Avr - 13:39

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Drake & Apple.
I fell in love with you Long before I knew. What it meant to give everything. I was a rolling stone Rolling my way along. Till you came And made sense out of everything. But you couldn't wait. I couldn't promise you anything If it was all a mistake. Then I guess we're both to blame. I could've been So many things. But it would never be enough for you. I was the one, You counted all. But I was never good one for you. Now I know, I lost you a long time ago... City of strangers Out of danger. In your arms I was half awake, half a sleep. Grab a hold of what I've got. Regretting all that I am not. I couldn't be the one standing by your side. If it was all a mistake Then I guess we are both to blame. Now I know. I lost you a long time ago... [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Mon amant et moi-même étions irrémédiablement deux enfants bercés par l’euphorie, l’insouciance, l’innocence et l’amour. Tout entre nous était si simple, naturel, complice et léger qu’il était évidemment clair que nous étions faits l’un pour l’autre, même si nous restions inlassablement et malheureusement aveugles face à cette évidence. Courant à en perdre haleine jusqu’au bord de la plage, je me focalisais exclusivement sur le défi improvisé de mon amour. Même s’il avait légèrement triché et qu’il avait franchi la ligne de départ avant que je ne sois prêt à partir, je rentrais à mon tour dans la course, bon enfant rieur et compétiteur. Difficilement, je m’élançais à travers le champ de merveilleux grains dorés, en déployant toutes mes forces pour gagner de la vitesse et pour ne pas m’embourber. Le sable était même si fin, instable, imprévisible et traître que je craignais qu’une brèche s’ouvre instantanément et m’aspire dans le néant de ses profondeurs. Cet ennemi fait de paillettes dorées fut néanmoins bientôt battu à plate couture lorsque mes pieds – semblables à ceux d’un lutin tant ils étaient petits – foulèrent l’eau salée du grand bleu. Evidemment, Drake était arrivé le premier et ressortait grand vainqueur de ce marathon improvisé. De toute manière, même si nous étions partis à intervalle égale, il aurait très certainement remporté la victoire, étant beaucoup plus sportif et en meilleure santé que moi. D’ailleurs, légèrement essoufflé après ces quelques secondes de course effrénée, je m’appuyais sur mes genoux pour reprendre ma respiration. Décidément, mes pauvres petits poumons malades ne supportaient plus rien ! Mon cœur, quant à lui, battait si fort que j’étais certain qu’il allait lâchement m’abandonner. Était-ce néanmoins dû à la fatigue ou à un trop plein d’amour ? Tous savaient que la seconde option était la plus plausible. Quoi qu’il en fût, après avoir inhalé une grande et revigorante bouffée d’air marin, je ne manquais pas de récompenser mon amant à l’aide d’un tendre baiser. Ce dernier s’éternisa plus que de raison, mais aucun de nous deux ne se plaignit de ce long et intense partage d’amour sincère. Bien au contraire, avide de ses lèvres, de son corps, de son âme, et de son être tout entier, j’aurais prolongé cette douce étreinte révélatrice jusqu’à ce qu’il comprenne enfin combien je l’aimais – et je l’aimais jusqu’aux étoiles, voire jusqu’à l’infini multiplié par l’infini... ou même plus loin encore puisque cet amour surpassait tout et était sans limite. Quoi qu’il en fût de l’état de mes sentiments et de mon cœur irrémédiablement transi d’amour, je les emprisonnais tous deux à double tour dans la prison de mon être, tout en m’adonnant à les bannir temporairement. Aurais-je plutôt dû les libérer de leur cellule et les révéler à mon amant ? Certainement, mais, ne voulant pas risquer de gâcher cet instant parfait que nous vivions, je me taisais. Et tandis que les prisonniers de mon être – sentiments et cœur - s’évertuaient à crier leur amour depuis leur cellule fictive, je m’acharnais à faire la sourde oreille et à refouler ce que j’éprouvais. Décidément, qu’est-ce que j’étais lâche et bête ! Néanmoins, en dépit de mon attitude autodestructrice et imbécile, je trouvais du réconfort grâce aux adorables paroles de mon amour. Ces dernières auraient pu m’encourager à libérer mes sentiments de leur cage, mais il n’en fut rien puisque je redoutais toujours autant de le voir fuir si cela n’était pas réciproque. « Et encore, ce n’est rien à côté de la récompense que je te réserve pour cette nuit... » Plaisantais-je, taquin, d’une voix remplie de sous-entendus et de promesses, après que mes lèvres se soient décollées de force de celles du soleil de ma vie. Pour seule réponse à cette invitation à prolonger cette journée jusqu’au petit matin, je ne désirais qu’un nouveau baiser en retour, et n’allais pas tarder à aller le chercher moi-même. Chérissant de mes lèvres ardentes et de ma langue gourmande l’être qui faisait valser mon cœur, je m’abandonnais totalement à ses bras et oubliais tout du reste du monde. Plongé dans une bulle impénétrable de bonheur et de tendresse, je sentais néanmoins que les prisonniers de la cellule de mon être – sentiments amoureux et cœur épris - s’évadaient instantanément de leur cage, vainement prêts et décidés à me faire prononcer ces sept fichues lettres. À chaque fois que mes lèvres dévoraient celles de Drake et que ma langue dansait plus intensément avec la sienne, je sentais des milliers de ‘je t’aime’ exploser vainement dans mon cœur et dans ma tête, amplifiés par l’entêtement de mes prisonniers. Malheureusement, habité par la peur et l’appréhension, je restais muet face à l’amour que j’éprouvais pour Drake. C’était pourtant bien joué, cœur et sentiments, puisque vous m’aviez presque désarmé et fait plier ! Cependant, la peur restait bien trop intense et dominante pour que je puisse enfin me résoudre à dire ‘je t’aime’ à l'homme que j'aimais...

Barbotant gaiement dans l’eau, mon amant et moi-même n’en avions pas fini de nous comporter comme des enfants. Joueurs potaches, nous ne tardions pas à nous attribuer mutuellement un gage à donner à l’autre. Fort heureusement pour moi, je bénéficiais de ce privilège grâce à la générosité de mon amour, qui avait accepté de partager sa victoire. Galant – ou démuni d’idée -, ce dernier m’octroyait même l’honneur d’ouvrir le bal des défis. Saisissant cette opportunité sans plus attendre, je prenais mon autre par la main et l’emmenais dans un endroit plus isolé. Je trouvais satisfaction derrière un mur de rochers, qui nous coupait des quelques enfants et autres badauds se baladant sur la plage. C’était un endroit calme et intime, qui aurait été le décor parfait pour n’importe quel film romantique. L’eau, qui brillait comme une montagne de diamants sous les rayons lumineux du soleil, venait s’échouer jusque sur les roches, créant ainsi une atmosphère paisible et clairement propice à l’amour. Tout brillait et étincelait, et même les vagues et le sable semblaient être heureux d’être bercés par le chant mélodieux de l’océan. L’endroit était parfait, tout simplement. Alors, sans attendre davantage, je me saisissais des mains de mon amour et commençais à accomplir mon rêve de conte de fées. Valsant tendrement avec mon doudou pendant de longues et agréables minutes, j’oubliais tout du reste du monde. Bercé par le bruit des vagues et par l’amour qui débordait de mon cœur, je fermais les yeux pour profiter pleinement de cet instant magique. Renonçant finalement à cette valse puisqu’elle me faisait demeurer trop loin de lui, je me collais plus intensément à mon partenaire, au point qu’on aurait juré qu’on ne formait plus qu’un. Désormais, plus aucun espace n’existait entre lui et moi ; nous n’avions jamais été aussi proches. Oh... j’aimais tant cette proximité et mon Drakounet que j’en perdais progressivement la tête... Et même si nous dansions maintenant un slow improvisé et maladroit, je n’en avais que faire. Oui, c’était techniquement bancal et visuellement imparfait, mais les sensations intenses qui naissaient au creux de ma poitrine me faisaient comprendre que je n’avais besoin de rien d’autre que ce que mon bébé cœur était en train de me faire vivre. Au diable ces foutus pas de danse ! Brûlons tous ces clichés de techniques et de postures parfaites ! De toute manière, qu’aurais-je fait d’une valse parfaite si elle ne me faisait rien éprouver ? Rien du tout, c’est certain ! Or, là, même si n’aurions clairement pas remporté le trophée de Danse avec Les Stars, Drake avait su gagner et complètement bouleverser mon cœur. Sincère et touchante, cette infinie harmonie entre nos corps donnait naissance à une toute nouvelle danse jamais inventée : celle de l’amour sincère – la plus belle des danses et des expressions du corps -. Imparfaite, maladroite, mais sincère, douce et tendre, elle était finalement à l’image de notre amour. « Tu as raison, ce n’est pas aussi bien que je l’avais imaginé... » Chuchotais-je à son oreille, d’une voix que je feignais triste, alors que nous continuions toujours à tournoyer amoureusement dans l’eau. Je marquais une courte pause, histoire d’accroître légèrement sa tension, avant de reprendre derechef. « Bien au contraire... c’est même largement mieux que dans mes rêves, mon bébé cœur... » Avouais-je finalement, d’une voix transpirant l’amour, tout en me décollant de notre étreinte pour nouer mes bras derrière la nuque de mon amant. Tout en plongeant mon regard débordant d’émotion et d’amour au plus profond du sien, je me rendais compte combien il m’était vital et indispensable. Bon sang, comment aurais-je pu survivre sans lui ? Je comprenais maintenant que ça me serait impossible puisqu’il était le prince de mes rêves et de ma réalité. Une vie sans lui ? Ce n’était même pas la peine de l’imaginer ; plutôt mourir ! Ah... l’amour... Quoi qu’il en fût, lorsque nos corps se séparèrent après cette danse des sentiments, je fus tellement ému que je ne manquais pas de verser quelques larmes de bonheur. Ces dernières interpellèrent instantanément mon compagnon de voyage, qui, attentionné et délicat comme s’il tenait une colombe entre ses mains, chassait les quelques gouttelettes qui s’étaient incrustées sur mon visage d’enfant. « Ce n’est rien, Doudou ! En fait, c’est juste mon corps qui est rempli de bonheur et qui finit par déborder par mes yeux... d’où ces quelques larmes... » Avouais-je, tout sourire, en finissant par sécher mes larmes. Mon rêve étant devenu réalité grâce à mon prince charmant, j’étais désormais au paroxysme de l’euphorie et comme sur un petit nuage. Finalement, je prenais conscience que l’adage qui disait que l’amour pouvait donner des ailes était bien bel et bien vrai...

Une fois remis de mes émotions déstabilisantes, je me laissais entraîner dans l’eau par mon amant, en frissonnant davantage dès que la fraîcheur de l’océan m’enveloppait un peu plus. Encore bercé par l’accomplissement de mon rêve, je souriais bêtement et tendrement à l’homme qui l’avait rendu réalité. Euphorique, je fus néanmoins interpellé par le comportement inhabituel de mon amant. Visiblement stressé et vulnérable, ce dernier s’employait à me faire part d’un tourment qui pesait lourd sur son cœur. Alors, comme tout bon petit-ami – AH NON ! Pas encore ! Arrête de te prendre pour ce que tu n’es pas, Apple ! Reprend-toi tout de suite ! - Alors, comme tout bon partenaire, je m’évertuais à être attentif et à l’écoute de ses confidences. Même si j’étais intérieurement très anxieux et stressé à l’idée que mon amour puisse avoir des problèmes, j’affichais un sourire avenant et tendre, dans le but de ne pas l’inquiéter davantage au sujet de mes propres appréhensions. Silencieux, je laissais entièrement la parole à mon doudou, qui s’exprimait avec un sérieux presque déstabilisant. À l’écouter, je comprenais bientôt que mon amant traversait une sorte de crise existentielle. Il semblait se poser beaucoup de questions, mais à quel sujet ? Il semblait avoir également compris quelque chose, mais quoi ?! Ses questions allaient demeurer sans réponse le temps que mon amant continue à m’ouvrir son cœur, ce qu’il fut incapable de faire à cause d’une violente et impromptue vague traîtresse. Coupés en pleine conversation, le mur d’eau s’abattait sur nous de plein fouet, me faisant presque tomber à la renverse. Heureusement, grâce au bras puissant qui me retenait, je ne faisais que vaciller légèrement avant de me remettre debout sur mes deux jambes. Faisant écho au rire de Drake, et même si je n’en oubliais pas pour autant ses aveux partiellement énoncés, je m’amusais à mon tour de la situation. Riant de bon cœur, je nouais mes bras au niveau du bassin de mon amour lorsqu’il s’évertuait à arranger ma chevelure désordonnée. « Tout va bien ! Rien de tel pour se rafraîchir ! » Riais-je, d’une voix respirant la joie de vivre, tout en plaquant mon front contre son visage – à hauteur de son nez, donc, puisque nous étions à hauteur égale. Néanmoins, cet instant de tendresse ne dura qu’un instant, car je ne manquais pas de m’amuser avec l’algue qui s’était entremêle à mes jambes. Après l’avoir défaite de mon corps, je la prenais entre les mains et la nouais autour du cou de mon amant. « Tu n’as jamais été aussi beau ! » Lançais-je, amusé, en admirant Drake affublé de son collier de fortune. Et c’était sincère, car même recouvert d’algues, mon amant restait toujours le plus beau trésor que la terre eut jamais porté. Après un énième petit bisou volé, je défaisais la végétation marine de son cou, qui coulait et retrouvait son habitat naturel, au fond de l’eau. Tout sourire, je lui reprenais alors la main et la serrais très fort dans la mienne. « Elle nous aura interrompus au plus mauvais moment, cette foutue vague ! » Pestais-je, en cherchant à capter le regard azur de mon amant. « Bon... et si nous reprenions là où nous nous en étions arrêtés ? » Demandais-je, en une question purement rhétorique, tout en ne laissant aucunement le choix à mon partenaire de décliner l’invitation. Je reprenais derechef pour qu’il ne puisse pas protester, s’il puisse être tenté par cette éventualité. « Alors... dis-moi, qu’est-ce qui te tracasse et te ronge autant le sang ? Quelles sont toutes ces questions que tu te poses ? » Demandais-je, très intéressé, en sentant mon cœur battre à tout rompre dans ma cage thoracique. « Si tu m’en dis un peu plus, je vais peut-être pouvoir t’aider à comprendre... » Enchérissais-je, d’une voix douce, tout en déposant ma main contre la joue de mon amant et en caressant affectueusement sa barbe humide. « Je... j’ai envie de te venir en aide ! Et... je déteste te voir aussi... perdu, bébé cœur. Allez, parle-moi... s’il te plait... » Implorais-je, de ma voix craquelée et de mes yeux larmoyants. Maintenant que je l’avais vu si vulnérable et fébrile, il était hors de question que je le laisse dans ses tourments sans rien faire pour l’en sortir ! Résolu et têtu, je m’évertuais alors à faire parler mon amant afin de lui venir en aide. Pour me montrer plus persuasif et dévoué encore, je décidais de plaquer mes lèvres contre les siennes, en un baiser fougueux et passionné. Cela suffirait-il néanmoins à le convaincre de me faire part de ses tourments ? Rien n’était sûr...

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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Mer 12 Avr - 21:12

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A long time ago

Apple & Drake


Un, deux, puis trois, trois petits pas dans l’eau qui berçait le rivage, de longues vagues régulières. Quatre, cinq, six, et six légers sourires, et sept caresses contre sa peau. Huit et neuf et dix. Dix ‘je t’aime’ envolés, perdus, refoulés. Embrasés. Embrasés dans le bûcher géant de son coeur, dont les flammes ne s’éteindraient jamais. Jamais elles ne faibliraient, jamais en présence du petit ange qui les avaient allumées. Un puis deux puis trois. Et tout recommençait, et pourtant rien n’était jamais pareil. C’était cela, la magie d’être avec Apple. Ils avaient beau refaire quatre, cinq, six, sept fois la même chose, elle semblait toujours différente au final. Était-ce grâce à l’amour innommable qu’ils se vouaient mutuellement, ou bien à cause du manque de temps qui se faisait cruellement ressentir ? Ce besoin irrépressible de chercher de nouvelles expériences là où il n’y en avait pas ? Quoi qu’il en fût, la vie était telle qu’elle était : à savoir dure, imprévisible, et dramatiquement courte. Un pas, puis deux, et encore un troisième. Drake n’était clairement pas à l’aise ainsi à valser ainsi avec son amant, même si le sourire qui naissait sur ses lèvres était assez encourageant. Il n’avait jamais été un bon danseur, et ce n’était pas aujourd’hui que ça allait changer. Un pas, encore un autre, toujours plus maladroit que le précédent. Le sol n’était pas vraiment le meilleur qui fut pour danser non plus. Mouvant, remué sans cesse par de nouveaux flots, les pieds s’y enfonçaient très rapidement. Évidemment, puisqu’Apple avait choisi le gage de le faire danser, il n’était pas mauvais joueur au point de s’y soustraire. Non, il faisait simplement un effort particulier pour ne pas trébucher sur les pierres qui environnaient le petit coin privé, ou pour éviter d’écraser les pieds de son partenaire. Cela devint même plus compliqué encore lorsque celui-ci se rapprocha davantage de lui, abandonnant la valse devenue trop formelle pour un slow romantique. Ils glissaient presque sur le sable, serrés l’un contre l’autre, unis comme jamais. Qui ou quoi aurait pu les séparer ? Sans doute rien ni personne au monde, ils ne faisaient plus qu’un. Et même si, au fil des minutes, Drake était un peu plus à l’aise et se sentait de moins en moins ridicule, il s’en voulait un peu de détruire comme ça les rêves de son petit ange. Tout devait être parfait dans ses songes ! Hélas, c’était loin d’être la réalité… Pff, quel massacre. « Je suis sûr que tu exagères un peu… », dit-il après avoir soumis l’idée que ce moment devait être bien loin de ce qu’il avait pu imaginer. Mais, toujours adorable, son amant prétendait le contraire. Bien sûr, il savait parfaitement qu’Apple était quelqu’un d’honnête et bien incapable de lui mentir très longtemps, mais il ne devait pas avoir un avis très objectif sur la question non plus. Le voilà d’ailleurs qui se mettait à pleurer de bonheur. Larmes que Drake s’évertua à essuyer délicatement, glissant un index sur sa joue humide. Pour toute réponse, ses lèvres s’empressèrent d’aller trouver les siennes, plus amoureusement que jamais. Le voir si heureux faisait baigner son coeur dans un océan infini d’amour et de douce euphorie. Ah, ce que la vie était belle lorsqu’elle était prise ainsi…

L’entraînant à son tour par la main, il le fit avancer plus avant, toujours plus proche de l’horizon qui semblait pourtant toujours aussi loin. Il était grand temps de laisser ce trop plein d’émotions et de sentiments s’échapper. Respirer, lentement. Calmer les battements effrénés de son coeur. Respirer, se calmer. Tout allait bien se passer, il n’y avait aucune raison pour qu’il en soit autrement. S’enfonçant un peu plus dans l’eau, le bassin désormais complètement immergé, il se tourna vers son amant, prit une grande inspiration. Inspirer, expirer. Parler. Il commença d’une voix timide et hésitante, voix qui li était totalement étrangère. Pourquoi était-il aussi stressé ? Il n’avait que deux mots à dire. Sept lettres. Et voilà, le tout serait joué. Après tout, qu’avait-il à perdre ? La réponse lui arriva brutalement en pleine figure, à l’image de la violente vague qui les frappa de plein fouet. Reculant sous le choc, il manqua de s’empêtrer dans le sable, et rattrapa de justesse Apple qui en faisant autant. Rire, cacher le néant intérieur. Cacher le néant qui avait pris la place de son coeur. Après s’être assuré que son petit ange ne s’était pas fait mal, ils rirent à nouveau joyeusement, sans trop savoir pourquoi au juste. Ce n’était qu’une vague, qu’une vague qui les avait interrompus au pire des moments. Serrant amoureusement son amant contre lui, il entreprit de repousser les mèches qui lui encombraient le front. L’imperturbable joueur qu’était Apple ramassa bientôt une algue qui avait eu la malchance de s’échouer sur ses pieds, pour la transformer en un collier d’un style douteux, qu’il déposa autour du cou de Drake. Celui-ci resta quelques secondes immobile, un sourcil arqué… avant de sourire, vaincu par l’air tout guilleret de son amant. « Profite bien de la vue, alors, parce que c’est la première et dernière fois que tu me verras aussi beau ! », répondit-il, amusé à son tour. Heureusement, son petit chat ne tarda pas à retirer l’horrible chose, la laissant retomber dans l’eau. Soulagé de ne plus sentir le contact frais et visqueux de l’algue, Drake frissonna légèrement, comme pour chasser autre chose de ses épaules. Un poids, plus lourd, plus dur, plus insupportable à porter. Serrant très fort la main de son amant dans la sienne, il baissa le regard, alors qu’Apple cherchait à plonger dedans. Impossible, s’il le regardait droit dans les yeux, il le verrait immédiatement, s’il mentait… D’ailleurs, le voilà qui proposait de reprendre là où la vague les avait arrêtés. Évidemment que ça n’était pas une question en attente de réponse, obstiné comme il l’était. Son petit ange en quête d’explications ne tarda pas à le questionner davantage, assurant qu’il pouvait l’aider. La seule chose qu’il pouvait encore faire pour lui était bien l’aimer. Était-ce si compliqué ? Pour le rendre le tout encore plus persuasif, Apple s’empressa de l’embrasser, d’une manière différente des autres fois. Mais Drake ne comptait pas fléchir. Tout ce qu’il pouvait faire maintenant était l’empêcher de s’inquiéter davantage, et surtout : qu’il ne pose aucune question. « Je ne sais pas si… si j’ai eu raison d’essayer de t’en parler, en fin de compte. » Il tourna la tête sur le côté, plissa les yeux à cause du soleil. « Ne t’inquiète surtout pas, d’accord ? Ça n’a pas lieu d’être. Je vais bien, je n’ai aucun problème. » Et serrer, serrer pus fort sa main dans la sienne. « Comment dire que… » Je t’aime, je t’aime, bordel ! Je t’aime. « Tu sais quoi ? Ce n’est pas important, en fait. Oublie ce que je t’ai dit. » Bien conscient qu’il n’en ferait rien, il se décida finalement à croiser son regard. « Je te jure que tout va bien et… je n’ai vraiment pas besoin que tu me poses des tas de questions. C’était une erreur, je n’aurai pas dû t’en parler… Et je comprends que tu puisses te demander ce qu’il y a ou ne pas comprendre, mais… mais vraiment. Il n’y a pas de quoi s’affoler. D’ailleurs, arrête de me regarder comme ça, je te promets que ça va. » Il sourit timidement, et, prenant la main d’Apple dans les siennes, les posa contre son torse. Là, le boum-boum, presque régulier dans sa folie remplie d’amour… « Tu veux bien oublier ce que je t’ai dit ? D’ailleurs, ce n’est même pas une question. Ce sera ton gage. Ne pas me poser de questions là-dessus, et ne pas t’inquiéter. S’il te plaît. » Il lui adressa un nouveau sourire, avant de passer une main dans ses cheveux humides, comme il aimait tant le faire. Quelle idée il avait eu, d’essayer de lui parler de tout ça ! Il n’avait jamais rien fait d’aussi stupide. « Ça te dirait de manger ? Je commence sérieusement à mourir de faim. » Changer de sujet, penser à autre chose. Ne pas obscurcir ce si joli soleil.





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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Jeu 13 Avr - 14:31

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Drake & Apple.
I fell in love with you Long before I knew. What it meant to give everything. I was a rolling stone Rolling my way along. Till you came And made sense out of everything. But you couldn't wait. I couldn't promise you anything If it was all a mistake. Then I guess we're both to blame. I could've been So many things. But it would never be enough for you. I was the one, You counted all. But I was never good one for you. Now I know, I lost you a long time ago... City of strangers Out of danger. In your arms I was half awake, half a sleep. Grab a hold of what I've got. Regretting all that I am not. I couldn't be the one standing by your side. If it was all a mistake Then I guess we are both to blame. Now I know. I lost you a long time ago... [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



L’atmosphère légère, gaie et enfantine, qui régnait en maîtresse sur cette plage, fut noyée par les aveux partiels de mon amant. Les poumons gorgés d’eau glacée, elle trépassait au bout de quelques secondes avant de se métamorphoser en une écume – blanche et propre comme de la neige fraîche - qui s’échouait silencieusement sur le ban de sable fin. Et puisque personne ne semblait avoir remarqué sa mort tragique, l’âme de l’atmosphère se vengeait en faisant progressivement noircir l’ambiance. Sujet à la détérioration infligée par cette force intangible et certainement divine, je frissonnais en me rendant compte que la température de l’eau faisait irrémédiablement baisser celle de mon corps fébrile. Bon Dieu, qu’est-ce qu’il faisait froid, soudainement ! Mais c’était certainement dû au réchauffement de mon corps qui bouillonnait d’inquiétude pour l’amour de ma vie, exactement comme s’il était subitement tombé malade et qu’il avoisinait les quarante cinq degrés. Fébrile et terriblement tracassé par les problèmes que pouvait avoir mon doudou, je me laissais consumer par l’atmosphère pessimiste qui émanait de la mort de l’utopie. Le parallèle entre les émotions que j’avais ressenti durant notre danse de l’amour et celles que j’étais en train de vivre était infini, si bien que j’en avais presque la tête qui tournait. C’était les montagnes russes émotionnelles, et mes rêves de contes de fées furent brutalement brisés pour laisser place à un angoissant cauchemar. Me rendant malade, j’étais rongé par l’angoisse et par le fait que Drake puisse avoir des problèmes ou un trop gros poids sur le cœur. J’étais même si inquiet que j’en perdais mes couleurs, devenant une pâle copie d’un cachet d’aspirine. Le fait que mon amant fuyait mon regard et esquivait chacune de mes questions n’arrangeait rien, et me contraignait même à me faire davantage de mauvais sang. Pourquoi ressentait-il le besoin d’esquiver mes yeux amoureux s’il n’avait rien à me cacher ? Était-il sur le point de me mentir ? Avait-il un secret trop lourd à m’avouer pour daigner pénétrer mon regard ? Quoi que fussent les réponses exactes à ces questions, je m’empressais de les balayer à l’aide d’un baiser sincère, destiné à mettre en confiance mon amoureux secret. Tout en restant prisonnier de l’emprise et de l’amour infini que je vouais à mon trésor, j’ouvrais grand les oreilles et écoutais silencieusement ce dernier anéantir mes espoirs. Malgré le soleil, malgré cette merveilleuse journée, malgré l’accomplissement de mon rêve, malgré l’amour qui frappait mon cœur, Drake me faisait sombrer dans une spirale infernale d’inquiétude et de tristesse. Fébrile, je restais là, passif, à encaisser chaque parole destructrice, tout en sentant mon cœur s’émietter dans ma poitrine comme on aurait pu le faire avec de la mie de pain. Baissant mon regard en direction de l’océan – qui m’arrivait au niveau du nombril alors qu’il atteignait seulement le bassin de mon prince charmant -, j’essayais de fuir celui de mon amant afin qu’il ne décèle pas l’intense part de tristesse qui s’était formée en moi. « Tu... tu n’as pas assez confiance en moi pour me parler, c’est ça ? » Demandais-je, d’une voix faible et étouffée, qui témoignait parfaitement de mon chagrin et de ma peur. Et, en dépit de tout ce que Drake se tuait à me dire pour me rassurer, mon état empirait à chaque seconde qui s’égrainait dans le sablier infini du temps. Une boule se formait dans ma gorge, une autre dans ton estomac, faisant de mon minuscule corps une sorte de marionnette obéissant aux ficelles tirées par l’angoisse et la peur personnifiées. Je tremblotais et j’avais froid alors que la température dépassait largement les trente degrés, mais je me serais cru baigner dans un lac gelé en plein hiver. Je ressentais ces sensations peut-être parce que c’était déjà cette saison dans mon cœur, à cause de l’inquiétude que me procurait mon amant. « Je me fais du souci parce que je tiens beaucoup trop à toi, et tu ne pourras pas m’en empêcher ou me le faire oublier comme par magie. Tu m’excuseras, mais je n’y peux rien si tu comptes à ce point pour moi ! » Avouais-je, sincère, d’une voix tremblante et teintée et d’amour, en retenant un énième ‘je t’aime’ de se greffer sur mes lèvres d’enfant. Malgré les boules d’angoisse qui s’étaient formées dans tous les coins et recoins de mon corps – jusqu’à des endroits où j’ignorais même qu’elles pouvaient exister -, je reprenais difficilement la parole. « Tu as beau me dire tout ce que tu veux, je ne te crois pas lorsque tu me dis qu’il n’y a rien. Tes yeux... Oh... tes yeux, tes si jolis yeux... Ils ne mentaient pas avant que la vague nous submerge... Et là, maintenant, ils me fuient... Comment expliques-tu ça ? » Soufflais-je, légèrement désespéré, en sentant toujours cette angoisse envahir mon être à l’image d’un poison dévorant la chair de sa victime. Drake avait beau tout mettre en œuvre pour tenter me rassurer, il ne parvenait pas à m’apaiser et ne faisait qu’aggraver la situation. Inquiet et dévasté par l’angoisse, je continuais d’afficher cette petite moue tristounette et de lutter contre les larmes. Yeux rougis, lèvres tremblantes, gorge serrée... il ne manquait plus qu’une infime petite goutte d’eau pour faire déborder le vase de mon chagrin. Néanmoins, grâce au doux regard que mon amant replongeait bientôt dans le mien, et grâce aux mains qu’ils serraient de toutes ses forces dans les miennes, je parvenais à trouver la force de me contrôler. « Je ne veux pas te poser un tas de questions, Drake ! » Ce fut prononcé sur ce ton si sec et autoritaire qu'on aurait presque dit un papa qui faisait des remontrances à son fils. Quant à l’absence de surnom adorable – Drake en avait toujours un dans la majorité de mes phrases -, cela s’expliquait par le caractère grave et très sérieux de la situation. « J’aimerais juste que tu te confies à moi au sujet de ce qui t’as poussé à commencer à m’ouvrir ton cœur. Si tu as fais cette démarche de venir vers moi pour m’en parler, c’est sûrement pour une bonne raison ! Et... tu n’imagines pas combien ça me ronge de savoir que quelque chose te tracasse, et de ne rien pouvoir faire pour te venir en aide ! Rester impuissant, surtout lorsqu’il s’agit de ton bien être ou de ton bonheur, ça me tue ! Je voudrais juste essayer de te soulager... » Confiais-je, en sentant mes tripes s’entremêler et se déchirer sous le poids de cette souffrance qui parcourait chaque parcelle de mon corps en feu. Ne lâchant toujours pas le morceau, j’insistais de plus belle et en rajoutais une petite couche. « Même si tu nies, je sais que ce que je dis est vrai ! Quelque chose ne va pas bien, te tracasse... Ne me mens pas, je l’ai vu et lu dans tes yeux... » Avouais-je, sincère et déterminé, dans un murmure aussi léger que le vent, tout en déposant tendrement l’une de mes mains tremblantes contre son visage. Retrouver son contact et caresser sa peau furent une bénédiction intense, à l’image d’un radeau de sauvetage qui m’empêchait de me noyer dans le tumultueux océan de l’angoisse et de la peine. Et malgré tous ces sentiments négatifs qui brûlaient mon être, c’était un bonheur infini d’avoir à nouveau le privilège de le chérir de mes doigts. Quoi qu’il en fût de cette douce euphorie éphémère, je me retrouvais bientôt touché par la réplique de mon amant au sujet de la manière que j’avais de le regarder, et laissais un petit rire étouffé se perdre dans l’air marin du large. Malgré tout, ne perdant pas mon côté taquin, je m’empressais d’accentuer ma petite moue et de plonger plus intensément mon regard larmoyant dans le sien. Essayer de le déstabiliser ? Moi ? Jamais ! « Je te regarde comme je veux ! » Lançais-je, presque autoritaire, en continuant de le fixer inlassablement de mes yeux amoureux de chien battu. Cependant, alors que je ne m’y attendais nullement, mon amant ne tardait pas à me déstabiliser à son tour en prenant ma main pour la déposer contre son cœur. L’autre de mes menottes, libre comme l’air, continuait de caresser affectueusement la joue de celui avec lequel je voulais partager le restant de ma vie. Surpris, mais ayant totalement confiance, je laissais ma main aux commande de mon partenaire. Une fois ma paume plaquée contre son torse étrangement bouillant, je ressentais tous les battements affolés de son cœur. Ces derniers, intenses et affolés, se propagèrent en une onde qui traversait ma peau, ma chair, et venaient se synchroniser à ceux que mon propre cœur émettait. Mieux encore, les battements de l’organe vital de Drake permettaient au mien de repartir, comme s’il avait été une voiture dont la batterie était à plat et que ce seul contact avec lui avait réussi à le recharger. Arquant un sourcil, je ne tardais pas à agrandir mon petit sourire tendre dès qu’un autre battement de son cœur venait faire vibrer ma main et mon être tout entier. Cependant, intrigué, je me demandais pourquoi Drake avait décidé de plaquer ma main contre son torse. C’était ma manière à moi de lui dire ‘je t’aime’ sans avoir besoin d’utiliser de mots, mais... qu’en était-il pour lui ? Malheureusement, je n’obtins pas de réponse à cette question puisque mon amant ne tardait pas à me couper dans mes réflexions. Chaque parole prononcée avait l’effet d’un coup de poignard, si bien que je laissais bientôt retomber mes mains le long de mon corps. Démuni de toute force physique et mentale, j’étais annihilé et avais l’impression de vivre l’enfer sur terre. Comment Drake pouvait-il m’ordonner d’ignorer ses problèmes ?! Comment osait-il me demander de renoncer à mes angoisses sous prétexte que nous jouions à un jeu ?! Cette cruelle injustice me dépassait. « Ce n’est pas juste ! Tu es vraiment injuste... » Marmonnais-je, brisé, tout en repoussant tout contact physique ou visuel avec mon interlocuteur. Ainsi, la main qu’il s’évertuait à passer dans mes cheveux mouillés retombait bientôt dans l’eau, défaite de mon contact par un écart que je venais d’effectuer en direction du large. Profitant de cette distance, j’avançais un peu plus dans l’eau glaciale – qui ne l’était pas tant que ça pour une personne normalement constituée -, et plongeais mon regard dans l’horizon. Faisant dos à mon amour, je profitais de cet infime moment de solitude pour laisser deux petites larmes silencieuses rouler le long de mes joues mouillées. Grâce au ciel, mes pleurs se confondaient à merveille avec l’eau salée qui s’agrippait encore à mon visage. Chagriné, j’étais tout simplement au bord de la dérive. Impuissant, j’étais dévoré par le fait d’avoir pris conscience que quelque chose tracassait le quotidien de mon amant, sans pouvoir agir pour l’aider à se sortir de cette mauvaise passe. Comment pourrais-je survivre en ayant connaissance que mon amant souffrait ? Ça m’était tout bonnement impossible, et je l’aimais bien trop pour me contenter de faire comme si de rien n’était. Cependant, même si je pleurais à chaudes larmes et que j’avais l’air de m'être avoué vaincu, j’étais bien loin d’avoir dit mon dernier mot !

Maussade, je continuais néanmoins de faire dos à mon amant afin de mieux pouvoir accepter l’horrible fait que j’allais devoir vivre avec cette angoisse sur la conscience. Bien sûr, connaissant mon caractère plutôt volcanique, ça n’était que temporaire, mais je m’efforçais pour l’instant de me calquer sur le souhait de mon amant, en vain. Séchant mes larmes, je gardais mes yeux perdus dans l’immensité de l’océan lorsque la source de mon inquiétude m’invitait à déjeuner. « Vas-y, je te rejoins dans quelques secondes. » Lançais-je, d’une voix absente et légèrement fébrile. Une fois que Drake fut parti en sens inverse, je profitais de mon moment de solitude pour pleurer silencieusement, durant de longues secondes. C’était là une obligation, pour moi, de laisser s’évacuer toute la tristesse que j’avais refoulée au plus profond de moi durant ces longs instants. Une fois toute cette eau expédiée hors de mon corps, je nageais sur une bonne dizaine de mètres pour rejoindre la plage. Les traces de mes larmes avaient été balayées par les vagues durant le trajet, et seuls mes yeux rougis pouvaient trahir ma tristesse. Fort heureusement pour moi, si jamais mon amant remarquait cette étrange lueur dans mon regard, j’avais déjà un prétexte tout trouvé pour le rassurer : le sel de la mer avait tendance à attaquer et à irriter les yeux. Quoi qu’il en fût, je regagnais bientôt la plage et partais m’asseoir sur ma serviette. D’ordinaire, étant très câlin, je me serais incrusté sur celle de mon partenaire. Cependant, à cet instant précis, je n’avais pas le cœur à étreindre celui qui faisait valser mon cœur. Je n’étais pas pour autant en colère contre lui et ne le boudais pas, mais je ne voulais tout simplement pas l’étouffer plus que de raison. Si je m’étais rapproché de lui, je me serais à nouveau mis à le questionner, et je ne voulais pas le remettre mal à l’aise vis-à-vis de cette chose qu’il refusait de m’avouer. (Toutefois, cette bonne résolution allait mourir aussi vite qu’elle était née, comme tu peux t’en douter). Néanmoins, pour l’heure, je tentais tant bien que mal de m’adapter au gage/souhait/ordre de mon amant. Respectant ce qui était convenu, je prenais sur moi et refoulais ces sentiments ardents qui effritaient mon cœur, qui n’était plus qu’une masse infime de copeaux. « Merci... » Chuchotais-je gentiment, lorsque mon amant me tendait mon casse-croûte, tout en me forçant à sourire alors que seule l’envie de pleurer m’animait. Mes zygomatiques étaient épuisés, mais je les contraignais à toujours obéir à mes souhaits, pour le bien du gage que m’avait donné mon amant. Sourire, paraître, me taire, cacher mes sentiments et mes inquiétudes ; c’était bien là tout ce que tu voulais pour ton amant robotisé, Drake ? Et bien voilà, tu l’avais, ton robot obéissant et souriant. Satisfait ? De plus, comme toute bonne machine bien programmée, je ne trouvais aucunement le besoin de me rassasier. De toute manière, je n’ai jamais aimé les sandwiches. Tout en triturant nerveusement le pain du déjeuner qui se tenait entre mes doigts, je sentais cette putain d’angoisse se faire davantage destructrice dans mon être. Malade comme un chien, je luttais contre mon envie de remettre le sujet sur le tapis, jusqu’à ce que je craque complètement et renonce au gage qui m’avait été incombé de force. « Est-ce que tu peux changer mon gage, s’il te plaît ? » Implorais-je, d’une petite voix d’enfant triste, en sentant les pièces détachées de mon cœur valdinguer dans ma poitrine. Sans vraiment lui laisser le temps de répondre, j’enchaînais immédiatement avec une nouvelle réplique, pour le faire plier. « Tu sais, un gage m’obligeant à taire mes émotions et mes craintes ne fera que les rendre plus fortes... As-tu envie de me voir devenir fou à force d’être obligé d’intérioriser tout ça ? » Demandais-je, en une question purement rhétorique, tout en redéposant le sandwich non-entamé dans la glacière. Mon appétit étant coupé à cause de mes angoisses, je n’avais vraiment pas faim. Néanmoins, ce n’était pas ce trouble alimentaire passager qui m’empêcherait d’insister lourdement auprès de mon amant pour qu’il me confie ses tourments ! Ni une ni deux, je réattaquais, inlassable. « Et si cette vague ne s’était pas imposée, qu’est-ce qui se serait passé ? » Questionnais-je, de ma voix tremblante, en me montrant légèrement moins distant qu’auparavant. Je réduisais même cette dernière à l’état de poussière puisque je ne tardais pas à me déplacer discrètement jusque sur la serviette de mon petit ange. Une fois assis à côté de lui, je posais la paume de ma main sur le dos de la sienne, tout en passant amoureusement mes doigts entre les fentes des siens. « Tu sais, tu peux avoir confiance en moi ! J’aimerais juste savoir ce qui te rend aussi vulnérable, car ça me fait du mal de te voir aussi... perdu et accablé... Crois-moi, ça me touche beaucoup plus que tu ne le penses... » Avouais-je, d’une voix beaucoup plus tendre et chaleureuse qu’elle ne l’avait été jusqu’ici. Laissant le silence s’immiscer quelques instants entre nous, je me perdais dans les méandres de ma pensée. Déstabilisé par ce trop plein d’émotions fortes qui flottait en moi, j’en venais même à mélanger songes intérieurs et réalité, d’où m’a nouvelle prise de parole incontrôlée. « Drake, je t’aime... » OH PUTAIN DE MERDE ! Avais-je pensé ça tout haut ?! Vite, vite, rattrape-toi ! « ...beaucoup... » Fais mieux que ça ! Tu es en train d’aggraver ton cas ! Décidément, quel boulet ! « ...et il est important pour moi que les personnes que j’apprécie soient heureuses... » ‘Les personnes que j’apprécie’ ? Sérieusement ?! T’es d’un ridicule affligeant, Apple ! « Alors... je veux te rendre heureux, et je suis prêt à tout. Mais... pour ça, il faut que je sache comment je peux réussir à t’aider... » Concluais-je, d’une voix aimante, en sentant mon cœur réduit à l’état de poussière s’embraser instantanément. Bon sang, après tout ce temps, je lui avais enfin dit ‘je t’aime’ ! J’espérais maintenant ne pas m’être trop ridiculisé et avoir bien rattrapé ma boulette en lui faisant croire qu’il s’agissait là d’un attachement purement amical – même s’il n’en était rien. Légèrement anxieux, déstabilisé et en proie au doute, j’attendais, le cœur battant la chamade, la réaction imminente de mon amour...

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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Ven 14 Avr - 22:13

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Apple & Drake


Ah ça… Le ciel était décidément bien trop sombre suite aux aveux partiels de Drake. Des nuages, en voulais-tu en voilà, invisibles aux yeux des autres baigneurs, et pourtant noirs d’encre pour les deux amants. Mais qu’est-ce qu’il lui était passé par la tête, de vouloir lui dire ‘je t’aime’ ? Il n’y avait aucune chance pour que tout se termine bien et pour qu’Apple réponde par le classique ‘moi aussi’, ce serait bien trop beau pour être vrai. Même si le décor prêtait à confusion, ils n’étaient pas dans un conte de fées. S’étant rendu compte de son horrible erreur, Drake faisait maintenant son possible pour essayer de passer à autre chose, et pour rassurer sa petite pomme inquiète. Apple n’était vraiment pas disposé à lâcher l’affaire — ce qui n’était guère étonnant. Têtu et obstiné comme il l’était, ils en avaient encore pour la nuit entière. Mais il ne cèderait pas. Il n’avait pas le droit de céder. Affirmer que tout allait bien était encore la meilleure option, et d’ailleurs ce n’était même pas un mensonge. Il allait merveilleusement bien, avec aucun problème à l’horizon. Si ce n’était celui-ci, assez complexe à démêler. Comment s’en défaire ? Voilà qu’Apple l’accusait de ne pas lui faire confiance, et Drake en fut presque outré. Comment osait-il prétendre cela, après tout ce qu’ils s’étaient déjà confié ? Avait-il déjà tout oublié ? Secouant nerveusement la tête, il tâcha de parler avec une voix calme et maîtrisée. « N’importe quoi, tu sais bien que ça n’a rien à voir avec ça... » Fuyant toujours son regard, il reprit, d’un ton plus affirmé. « Tu ne devrais même pas en douter, après tout ce que je t’ai déjà dit sur moi. Tu crois sérieusement que je t’aurais confié tout ça si je ne te faisais pas confiance ? » Se montrer agressif n’était pas son but, mais c’était plus fort que lui. En même temps, comment rester calme et impassible alors que son amant l’accusait de ne pas tout lui dire ? C’était tout simplement impossible, pour quelqu’un d’aussi susceptible que lui. Tentant une nouvelle fois de le rassurer, il lui promit que tout allait parfaitement bien. Apparemment, Apple semblait bloqué dans son idée que quelque chose ne tournait pas rond, ce qui n’était pas totalement faux, sans être vrai non plus. Oui, la vague l’avait un peu perturbé et complètement découragé, mais il n’était perdu à ce point tout de même ! Si ? « Je tiens énormément à toi aussi, et c’est bien pour ça que je veux que tu arrêtes de t’inquiéter. Tout va très bien, je te le promets. Qu’est-ce que tu veux entendre de plus ? » Il ignorait très sincèrement ce que son amant était allé imaginer. Il devait sans aucun doute être très loin de la vérité, à des milliards et des milliards de kilomètres de se douter de ce que Drake s’apprêtait à lui dire. Personne n’aurait pu prévoir cela… Même pas lui. Et voilà qu’il l’accusait de lui mentir. Non, la seule et unique raison pour laquelle il fuyait tant son regard était qu’il avait bien trop peur que son amant puisse y lire les sept petites lettres fatales. Ses iris étaient bien trop expressifs, et Apple trop clairvoyant sur ses émotions intérieures. « Ça n’a rien à voir, Apple… Je ne te mens pas ! D’ailleurs, est-ce que je t’ai déjà menti ? Je te jure que tout va bien, cesse de te faire un sang d’encre pour rien. » Lui répétant encore et encore qu’il ne voulait pas recevoir de questions, son amant prétendit qu’il ne souhaitait pas lui en poser. Très loin d’y croire, Drake l’écouta malgré tout poursuivre, en sentant son coeur battre de plus en plus vite, à mesure que son amour parlait. Que pouvait-il répondre à cela ? « Pour la énième fois, il n’y a rien qui me tracasse ! Je vais très bien, vraiment… Tu m’accuses de ne pas te faire confiance, mais tu fais exactement la même chose ! » Qu’est-ce qu’il voulait entendre, à la fin ? Qu’il allait mal, qu’il était malheureux ? Jamais satisfait de ses paroles qui se voulaient pourtant réconfortantes, son petit ange s’enfonçait davantage dans son idée que Drake puisse avoir un quelconque problème. Bon, il pouvait très volontiers concevoir qu’il s’était comporté de manière plutôt étrange — et Dieu savait à quel point il regrettait — mais enfin, puisqu’il lui promettait que tout allait bien ! Et ce regard qu’il lui lançait, suppliant, larmoyant, déchirant… Qu’était-il sensé faire face à cette petite bouille implorante ? Si ça n’avait tenu qu’à lui, il aurait craqué sur le champ et tout révélé d’une traite. Seulement, beaucoup trop de choses étaient en jeu pour qu’il agisse stupidement et sur un coup de tête… Choisissant finalement la solution implacable et autoritaire, il donna enfin son gage à son amant : celui de ne pas s’inquiéter et de plus poser de questions. Il savait bien que ce serait dur à tenir pour Apple, qui était trop curieux, mais c’était pour leur bien à tous les deux. Il n’aimait pas plus cette résolution que son petit chat... Oui, il était injuste, oui, il était cruel. Mais le mal était fait. Soupirant simplement, il n’osa pas répondre quoi que ce soit, de peur d’aggraver la situation. Laissant simplement ses doigts se promener dans la chevelure mouillée de son amant, qui s’écarta brutalement. Un écart, un seul petit pas. Et Drake sentit son coeur se briser en mille morceaux dans sa poitrine, chaque éclat résonnant dans sa chute libre. C’était bien la première fois qu’Apple agissait ainsi. Oh, qu’avait-il fait ? Profitant du fait qu’il avait le dos tourné, il se frotta vigoureusement les yeux, sentant ses nerfs le lâcher. Et voilà, un simple ‘je t’aime’ qui était venu tout gâcher. Bon sang, quel imbécile il faisait…

Pensant que ce n’était qu’un petit boudin destiné à le faire craquer, il proposa à son partenaire d’aller manger, prétendant qu’il avait faim. En réalité, leur petit affrontement lui avait totalement coupé l’appétit, au point qu’il se demandait s’il pourrait manger ne serait-ce qu’une miette de pain. Seulement la réponse d’Apple arriva, implacable, bruyante sur l’eau salée. Partir devant, ne pas l’attendre. Étaient-ils en train de s’éloigner ? Ils ne s’étaient pourtant jamais disputés, jamais boudés. Il secoua la tête et baissa les yeux, sentant un nœud se former dans sa gorge. « Comme tu veux. Sache juste que je n’aime pas du tout ce que tu es en train de faire. », lâcha-t-il, d’une voix blanche, avant de partir vers la plage, sans laisser le temps ni la possibilité à son amant de lui répondre quoi que ce soit. Il n’avait pas le droit, pas le droit de lui faire la tête de la sorte. Pourquoi lui en voulait-il, d’ailleurs ? Parce qu’il n’avait pas voulu lui dire ce qu’il avait sur le coeur ? C’était ridicule. Ridicule. Le mot résonna quelques secondes dans son esprit, comme s’il cherchait à s’en convaincre lui-même. D’accord, il avait sûrement sa part de responsabilité dans tout ceci, et peut-être la plus importante. Mais en aucun cas il n’avait voulu que ça se termine ainsi. Il ne voulait tout simplement pas se disputer avec lui, il l’aimait trop pour lui faire la tête ou pour ne plus lui parler. Une fois arrivé sur la plage, il prit quelques secondes pour regarder au loin, et apercevoir la silhouette de son amant se découper sur l’horizon. Que faisait-il, à quoi pensait-il ? Le soupir qui s’échappa de ses lèvres fut la seule réponse à ses questions et, sur ce, il alla s’installer sur sa serviette. N’ayant même pas la foi d’ouvrir la glacière, il attendit le retour d’Apple pour en sortir leur déjeuner. À vrai dire, s’il avait été seul, il n’aurait même pas touché à son sandwich. Mais puisqu’il ne l’était pas, il devait tenter de faire bonne figure… D’ailleurs, sa petite pomme se comportait de manière de plus en plus étrange, avec un faux sourire aux lèvres. Drake n’était pas assez stupide pour y croire, et, bien malgré lui, il ne trouva pas cette petite mise en scène à son goût. Seulement ce sentiment déchirant que son coeur se brisait, encore et encore, en d’infimes plus petits morceaux. À quoi jouait-il, à la fin ? Essayait-il de lui faire de la peine, de le faire regretter ? Félicitations, c’était réussi. Et lorsque, enfin, il prit la parole, ce fut pour lui demander de changer son gage. Très honnêtement, Drake était prêt à le faire, juste pour le voir rayonner de nouveau. « Écoute… Je sais bien que je ne pourrais jamais t’empêcher de te faire du mal à toi-même, même si c’est totalement inutile et stupide. J’ai fait une erreur, ça arrive à tout le monde, non ? Et je déteste te voir bouder et faire ton petit numéro, là. Parce que tu boudes, ne prétends pas le contraire. » Sa voix n’avait pas retrouvé les accents doux qu’il employait habituellement, et pour cause. Ce n’était pas une conversation habituelle. Lui posant maintenant une épineuse question, Apple semblait attendre sa réponse avec impatience. S’il n’y avait pas eu de vague… « Eh bien… eh bien je suppose que j’aurais continué et fais une bien belle bêtise. » Il était maintenant totalement sûr qu’avouer ses sentiments n’était pas une bonne idée, et était même une très, très mauvaise. Ça faisait au moins un point positif à tout ce désastre… « Mais sur quoi faut-il que je te le jure, à la fin ?! Je vais parfaitement bien ! Et si je ne te dis rien, c’est juste parce que… Parce que tu prends tout trop à coeur et je ne veux surtout pas que les choses changent entre nous ! Apparemment, c’est déjà trop tard... », remarqua-t-il, et quelque chose se fêla dans sa voix. Cette distance entre eux deux était juste insupportable, à point tel qu’il n’aurait pu l’imaginer. Comment quelques mètres pouvaient-ils être à ce point déchirant ? Fort heureusement, Apple s’était un peu rapproché de lui quelques instants plus tôt, mais Drake n’était pas prêt d’oublier la manière dont il l’avait rejeté tout à l’heure. « Détrompe-toi, je sais à quel point ça te touche, et c’est exactement pour ça que c’est si dur à dire. » Il leva les yeux vers les siens, chercha une lueur qu’il ne trouva pas. « Mais je suis heureux, ne t’en fais pas ! Pourquoi est-ce que tu ne veux pas me croire ? Je me suis posé pas mal de questions, c’est vrai, mais ça n’affecte en rien mon bonheur ! Alors, je t’en prie, arrête de t’inquiéter pour rien... » Sa voix était presque aussi implorante que celle d’Apple, tout à l’heure. Bon sang, dans quel état étaient-ils pour quelques paroles en l’air… Et lorsque son amant reprit la parole, il sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine. Pardon, avait-il bien entendu ? ‘Je t’aime’ ?! Un nouvel espoir naquit dans son corps tout entier, le revigorant sur le champ. ‘Je t’aime’, il avait dit ‘je t’aime’ ! Il ne cacha sans doute pas assez bien les étoiles qui traversèrent ses yeux, avant de mourir aussi vite qu’elles étaient nées. ‘Je t’aime… beaucoup.’ Boum, le coeur en miettes, une fois encore. ‘Beaucoup’. ‘BEAUCOUP’ ! Son euphorie se calma instantanément, et il dut se faire violence pour parler d’une voix à peu près normale. « Mais moi aussi, je veux que tu sois heureux. Ou alors, si tu dois vraiment t’inquiéter, que ce soit au moins pour une bonne raison ! Or, ça n’est pas le cas, là, maintenant, et ça fait dix minutes que je me tue à te le dire ! » Il soupira, rangea son sandwich dans la glacière. Non, il n’avait décidément pas faim. « Tu vois, on passait un bon moment, et j’ai encore une fois tout gâché. » Cette réplique n’attendait aucune réponse, elle s’imposait simplement, véridique. Découragé et déprimé au possible, il se laissa tomber sur le dos, et croisa les bras sur son ventre, ignorant délibérément Apple. Que pouvait-il ajouter de plus, de toute manière ? Fermant les yeux — plus à cause de l’éclat brûlant du soleil que pour autre chose — il se laissa aller quelques secondes à divaguer, perdu dans ses pensées. Ah, s’il n’avait pas voulu jouer au jeu dangereux des révélations, ils n’en seraient pas là ! Au final, c’était sûrement sa faute. Qu’est-ce qu’il était allé imaginer ? Que tout se passerait comme prévu ? Il devrait le savoir, avec le temps, que rien ne se passait jamais comme prévu. Quel boulet sans nom il faisait… Et maintenant, la situation était totalement désespérée. Tous les deux s’étaient enfermés dans leur propre bulle de pensées, coupés l’un de l’autre, du reste du monde. Non, il ne pouvait pas perdre son amant de cette manière, c’était bien trop stupide ! « Tu veux vraiment savoir ce que j’allais te dire ? » Il ouvrit les yeux, les orientant vers son interlocuteur. « Arrête de chercher, ça n’en vaut pas la peine. Je n’arriverais même pas à te le dire maintenant, tellement ça me semble stupide et dérisoire… Pour être honnête, toutes ces questions… je n’ai jamais vraiment chercher à y apporter des réponses. Tu sais pourquoi ? Parce que je savais pertinemment que ce n’était pas une bonne idée, que ça ne me mènerait à rien. Mais elles sont venues quand même. Toutes seules, sans que j’ai besoin de chercher. » Un brin de vent fit voler quelques grains de sables, en un joli tourbillon doré. « La vérité c’est que… il n’y a pas vraiment de réponse. C’est trop simple pour être compris, et trop dur pour être expliquer. Tu vois, je ne sais même plus ce que je dis… C’est totalement stupide, excuse-moi. » Il se tut, bien conscient que ce qu’il disait n’avait plus aucun sens. Se perdre dans ses pensées était très étrange. « La seule chose dont je suis parfaitement sûr, c’est que je ne veux pas te perdre à cause d’une pauvre vague. Parce que je… parce que tu es très important pour moi. Et je ne vois pas ma vie différemment, sans toi dedans. » Je t’aime, tout simplement.





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MessageSujet: Re: A Long Time Ago + Pancake. Dim 16 Avr - 12:19

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Drake & Apple.
I fell in love with you Long before I knew. What it meant to give everything. I was a rolling stone Rolling my way along. Till you came And made sense out of everything. But you couldn't wait. I couldn't promise you anything If it was all a mistake. Then I guess we're both to blame. I could've been So many things. But it would never be enough for you. I was the one, You counted all. But I was never good one for you. Now I know, I lost you a long time ago... City of strangers Out of danger. In your arms I was half awake, half a sleep. Grab a hold of what I've got. Regretting all that I am not. I couldn't be the one standing by your side. If it was all a mistake Then I guess we are both to blame. Now I know. I lost you a long time ago... [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



La terrifiante et menaçante tempête imaginaire qui tournoyait au dessus de nos têtes finissait par éclater et par complètement se déchaîner. S’infiltrant dans chaque fibre de nos deux corps en conflit, les éclairs sauvages qui découlaient de ce phénomène irréel nous foudroyaient et nous brisaient de l’intérieur. Dévasté par ce cataclysme impromptu, mon cœur subissait les conséquences de sa férocité et, à l’image d’un monument après le passage d’une quelconque catastrophe naturelle, il se retrouvait en ruines. Mes rêves de contes de fées s’en retrouvèrent instantanément annihilés, tués et réduit à l’état de poussière en même temps que mon funeste organe vital. Que resterait-il de mon pauvre petit être malmené par l’orage de l’amour ? Si la tempête ne cessait de me foudroyer inlassablement, la réponse, limpide, serait terrifiante et irrévocable. Quoi qu’il en fût de l’état de mon être abîmé, je subissais désormais les foudres de mon amant, en plus de celles qui torturaient d’ores et déjà mon cœur. Oh... il en prenait des coups, celui-là ! Néanmoins, inquiet au plus haut point, et malgré l’acharnement de Drake à me rassurer sur son état, je ne déposais pas les armes et m’évertuais à déterrer la vérité. Avide de réponses et voulant à tout prix aider l’homme qui était mon prince charmant, je me montrais implacable et m’entêtais à essayer de lui faire avouer ce qu’il me cachait. Pourquoi ne pouvait-il donc pas me confier ce qu'il avait sur le cœur ? Était-ce un problème de confiance ? À peine eussé-je fait part de cette hypothèse à mon doudou que de nouveaux éclairs s’abattirent sur moi, me foudroyant de plein fouet. Visiblement blessé et outré par le fait que je doute de la confiance qu’il me vouait, mon amant s’empressait de me contredire et de me rappeler cette soirée où nous nous étions mutuellement ouverts notre cœur. Ces intenses souvenirs défilèrent alors à une vitesse folle dans ma tête, à l’image d’un film en accéléré, tout en m’arrachant un petit sourire triste et nostalgique. Bradley, maman, la maladie, les pancakes, notre promesse de nous réveiller chaque matin à côté de l’autre jusqu’à la fin des temps... Bien sûr que je m’en souvenais ! « Par le passé, je sais que tu m’as effectivement fait assez confiance pour me révéler une lourde partie de ton enfance... D’ailleurs, je n’oublierai jamais cette nuit au cours de laquelle on s’est considérablement rapprochés... Mais... là, aujourd’hui, j’ai l’impression que tu n’arrives plus à m’ouvrir ton cœur... et... et ça me blesse et m’inquiète... trop, beaucoup trop... » Confiais-je, sincère, d’une voix si frêle et brisée qu’on aurait juré que je couvais une pharyngite depuis plusieurs semaines. Fuyant à mon tour le regard de mon petit ange, je le plongeais en direction de l’eau afin qu’il ne décèle pas toute la tristesse qui griffait progressivement mes yeux. Et plus Drake se montrait ferme et agressif et plus je ressentais ce putain de besoin de chialer comme un gamin auquel on viendrait d’apprendre que le Père Noël est une belle connerie. Toute cette merde et ces sentiments trop forts étaient difficiles à endurer, surtout que mon amant n’avait jamais été aussi dur et méchant avec moi ; il ne l’avait d’ailleurs jamais été. J’étais effectivement peut-être allé trop loin en l’ensevelissant sous une vague de questions indiscrètes, mais j’avais cruellement besoin de savoir ce qui le tracassait – ça en dépendait de la survie de mon monde, qui venait tout juste de s’écrouler. Néanmoins, ni lui ni moi n’étions prêts à céder, si bien que la conversation en devenait stérile. Ainsi, pour la énième reprise, Drake m’invitait à me détendre et à ne plus m’inquiéter, sous prétexte que tout allait bien. Ah... je commençais à mémoriser la chanson ! Mais, en dépit des paroles de mon amour, des larmes qui se cachaient derrière l’azur de mes yeux et de la tristesse qui rongeait mon cœur, je n’avais toujours pas renoncé à vouloir l’aider. Ainsi, têtu, je rebondissais sur les paroles de Drake dès lors qu’il me demandait ce que je voulais entendre de plus que ce qu’il m’avait déjà dit. « Qu’est-ce que je veux entendre de plus ?! » Je veux que tu me dises que tu m’aimes. Que ça te hante jour et nuit. Que lorsque tu fermes les yeux, c’est mon visage qui apparaît dans ton esprit... Je veux également t’entendre me dire que tu rêves de moi, toi aussi. Que tu imagines le restant de ta vie à mon côté. Que je suis l’homme de ta vie, comme toi tu es le mien... Je veux savoir que tu es dépendant de moi. Que t’es drogué à l’amour. Que tu te vois vieillir avec moi... Mais, plus que tout, je veux que tu me dises que tout ça n’est pas qu’un de mes rêves. Que ce n’est pas à sens unique. Que c’est vrai.... Et que c’est pour la vie... « Mh... Hormis ton rire ou la promesse de te réveiller chaque matin à mon côté, je voudrais simplement t’entendre terminer la phrase que l’océan a mangé tout à l’heure... » Soufflais-je, d’une voix aimante, en essayant d’être le plus doux et délicat possible. Malheureusement, comme c’était prévisible, ma nouvelle tentative de trouver des réponses tombait à l’eau. À cause de cet entêtement, je ne gagnais finalement que de nouveaux reproches, qui, à l’image de minuscules poignards aiguisés, venaient se loger au plus profond de mon cœur émietté. Tout mon corps s’en retrouvait alors chamboulé et souffrant, mais je mettais tout ce qui était en mon pouvoir pour ne pas que cela puisse se lise sur mon visage, qui continuait d’afficher dignement sa tristesse à l’aide d’une simple et classique petite moue d’enfant. Ne craque pas, Apple, ne craque pas. Courage, tu peux le faire ! Mais plus Drake enchaînait ses paroles assassines et plus cela devenait difficile à supporter. Ainsi, sous le poids de toute cette tristesse, mes larmes - traîtresses innommables et ennemies les plus redoutables -, ne tardèrent pas à se faire plus importantes au bord de mes yeux. « C’est plus fort que moi, Drake ! Et je suis désolé d’être aussi pénible – voire invivable -, mais je m’inquiète car j’ai l’impression que tu ne me dis pas tout ! » M’exclamais-je, éreinté par cette discussion éprouvante, en serrant davantage la main de Drake dans la mienne. Mes yeux, qui suivaient la danse des petits poissons multicolores qui nageaient naïvement à quelques mètres de nous, fuyaient ceux de mon amour. Désespéré, je poussais un petit soupir avant de reprendre la parole, sans laisser le temps à mon amant d’intervenir. « Honnêtement, si les rôles avaient été inversés et que j’avais refusé de terminer un aveu que j’avais commencé, comment aurais-tu réagi ? Ne te serais-tu pas inquiété pour moi, malgré mes protestations ? » Demandais-je, d’une petite voix faiblarde, en me décidant enfin à pénétrer le regard merveilleux de mon bébé cœur. Refoulant mon envie de pleurer, je préférais méditer à ma propre question pendant quelques secondes et, après avoir repensé aux moments intenses que nous avions partagés par le passé, je mettais un doigt sur les lèvres de Drake pour l’empêcher de répliquer. Monopolisant la parole, j’apportais une réponse claire et concise à ma propre interrogation. « Je suis sûr que si, car nous l’avons déjà vécu ! Tu te rappelles... lorsque je refusais de te parler de ma maladie et que j’essayais de te persuader que tout allait bien – alors que j’étais recouvert de mon propre sang - ? Tu ne t’es pas laissé faire... tu t’es inquiété... et j’ai fini par te confier la vérité... » Soufflais-je, nostalgique, d’une petite voix triste. Tout en laissant une petite larme ruisseler contre ma joue sous le poids de ces intenses souvenirs, j’essayais de capter le regard de mon amour. « Alors... comprends-moi, s’il te plaît... Tu as beau me dire que tout va bien, je sais que ce n’est pas forcément l’exacte vérité puisque j’ai fait usage du même comportement, auparavant. Aujourd’hui, il est clair que ce n’est pas une question de santé ou crachats de sang, mais je vois une lueur dans tes yeux qui en dit long... » Assurais-je, ému jusqu’aux larmes, en tremblant plus qu’un chihuahua qui se serait retrouvé dans un combat contre un rottweiler. Grâce à la poigne que Drake exerçait contre mes mains frêles et malades, je parvenais néanmoins à ne pas défaillir complètement. Sans ça, je me serais sûrement évanoui sous le poids de l’émotion. Quoi qu’il en fût, je continuais de plonger inlassablement mon regard amoureux et rougi au plus profond des prunelles brillantes de mon amant. Et, une fois que ses merveilleux iris épousèrent les miens, j’en étudiais chaque détail méticuleusement. Ils étaient si beaux... mais si torturés que je ne savais pas si les admirer était un doux spectacle ou un insoutenable supplice. Néanmoins, même si ça me faisait autant de bien que de mal, je restais inlassablement accroché aux diamants qui luisaient des deux côtés du visage de mon doudou. « Tu es peut-être heureux et tu vas peut-être bien, mais y’a quelque chose de fragile et d’incertain dans ton regard... et ce n’est pas rien... » Avouais-je, triste, en continuant toujours de soutenir le merveilleux regard de mon amant. Malheureusement, à une nouvelle reprise, je me heurtais de plein fouet à un mur. Drake, inébranlable, me reprochait maintenant mon manque de confiance en lui. Tout en levant mes yeux larmoyants vers le ciel, j’essayais de garder mon calme pour ne pas envenimer la situation. « Je t’ai toujours fait et te ferai toujours confiance, Drake ! Je me méfie simplement de ton côté trop protecteur envers moi... et... et de cette manie à toujours vouloir me préserver des saloperies que la vie peut m’infliger. Ne te méprends pas, j’aime beaucoup tout ce que tu fais pour que mon existence soit la plus belle et la plus douce possible... Mais... c’est seulement que j’aimerais que tu arrêtes de me protéger de... toi et de ce que tu as sur le cœur. » Suppliais-je, d’une voix remplie de sanglots, en analysant le comportement de mon amant vis-à-vis de ma propre personne. Avais-je tord lorsque j’affirmais qu’il me surprotégeait des cruautés dégueulasses de la vie ? Était-il idiot de penser qu’il refusait de me parler pour me protéger des effets inconnus de son évident secret ? Sûrement pas, et j’étais convaincu d’avoir raison à ce sujet. Seulement, malgré toutes les bonnes intentions de Drake, la surprotection presque maladive qu’il me donnait n’avait pas l’effet escompté. Bien au contraire, elle nous faisait nous déchirer et nous détruisait à petit feu, au final... « Tu sais, Drake, même si cela ne se voit pas tant que ça, je ne suis plus un petit garçon ! Je suis même parfaitement capable d’entendre et d’encaisser ce que tu refuses de me dire ! Qu’importe ce que c’est, je peux l’entendre ! » Affirmais-je, en essayant d’afficher une adorable et tendre petite risette. J’avais envie de me montrer rassurant, vraiment, mais le mélange larmes-sourire ne donnait pas franchement le résultat escompté. Tel un soufflé raté, ma tentative de détendre l’atmosphère retombait vainement. Pire encore, tout ce cauchemar s’aggravait davantage lorsque Drake me faisait part de mon horrible gage, qui consistait à tout oublier de ce qu’il avait commencé à me confier. Dès l’annonce de ma sentence, je sentais le sable se dérober sous pas et mon cœur s’écrouler dans ma poitrine. Pouf. Bam. Ouïe. Détruit. Réduit en cendres. Annihilé. Il n’en restait plus rien. Comment Drake pouvait-il me contraindre au silence ? Comment osait-il me demander de renoncer à mon inquiétude et à mes sentiments ? Ça me dépassait, et le chagrin occasionné par ce fait était même si incommensurable que je demandais à mon amant de partir déjeuner seul. Ayant cruellement besoin de cette distance éphémère et de me retrouver avec moi-même, je mettais une barrière invisible entre Drake et moi, à contre cœur, afin qu’il comprenne qu’il devait me laisser retrouver mes esprits, seul. Ce dernier ne tardait pas à s’exécuter, mais pas sans semer une dernière remarque toxique derrière lui. Allez, tiens, prends-toi ça dans les dents, Apple ! Ne préférant pas répondre, je continuais de lui faire dos, de pleurer, et de méditer à l’attitude que je devais adopter. Alors, après quelques intenses minutes de réflexion, je comprenais qu’il fallait que je reprenne mes esprits, que je rassemble mes forces, que je m’évertue à arrêter de m’inquiéter, et que je sois le parfait robot obéissant que Drake voulait que je sois. Mais... malheureusement, je me retrouvais dans une impasse, car, au contraire d’une machine, je ne pouvais contrôler mes sentiments...

Seul, je tentais vainement de prendre sur moi et d’accepter mon triste sort gage. Cependant, je n’y parvenais pas, et mon moment de solitude ne me permettait pas vraiment de faire de l’ordre dans mes pensées. Ayant cruellement besoin de parler de mes sentiments à quelqu’un, je décidais naïvement de me confier aux seules personnes qui ne m’avaient pas grippe et qui se collaient actuellement à moi : à savoir, une troupe de petits poissons gluants et multicolores qui venaient se frotter à mes pieds. Soupirant, je me remémorais les dernières paroles de Drake, qui m’avait craché tel un serpent qu’il désapprouvait mon comportement. « Vous l’avez entendu ? Il n’aime pas du tout ce que je suis en train de faire ! Pourtant, la seule chose que je fais à chaque seconde, c’est l’aimer... » Pleurnichais-je, en portant mes deux mains à mon visage, honteux de ne pas avoir eu la force de lui dire tout ça en face. Mes larmes s’aggravèrent lorsque, malencontreusement, je faisais fuir mes amis de fortune à cause d’un mouvement de pied trop franc. Désormais seul au monde, je n’avais plus que mes larmes pour pleurer. Oh ? Tu sens cette odeur de cochon grillé, Apple ? C’est ton cœur qui est en train de brûler et de fondre dans ta poitrine, exactement comme un marshmallow empalé au bout d’un bâton qui est en train de rôti au dessus d’un feu de camp. Et ça fait mal, très mal. « Tout ce que je voulais... c’était t’aider, Drake... T’aider parce que je t’aime comme un fou... » Chuchotais-je de plus belle, en sentant mon cœur souffrir sous le choc de cet aveu. Malheureusement, je n’eus pour seule réponse que le bruit fracassant des vagues déchaînées. Quoi qu’il en fût, après plusieurs autres minutes de méditation intensive et de conversation stérile avec l’océan, je finissais par sécher mes larmes et par me raisonner. Non, ça ne servait à rien de se morfondre et de s’apitoyer sur sort ! Pleurer comme un enfant ne mènerait nulle part et n’arrangerait pas les choses entre Drake et moi. ! Alors, plus déterminé que jamais, je prenais sur moi et rejoignais, à la nage, le bord de la plage. Une nouvelle discussion s’imposait, mais j’espérais de tout cœur qu’elle déboucherait sur quelque chose de plus productif, cette fois-ci. Fort malheureusement, c’était sans compter sur mon entêtement et sur mon incapacité à faire taire mon inquiétude. Infatigable et indomptable, je remettais inlassablement la machine en route et reproduisais bêtement les mêmes schémas, bien malgré moi. Oh... J’aurais tant voulu me comporter comme il le fallait... mais je n’y arrivais définitivement pas. Alors, quand Drake prononçait de nouveaux mots assassins et refusait d’annuler mon gage injuste, je me contentais de me faire tout petit sur ma serviette. Passif, je prenais alors de nouvelles et sages décisions : je n’allais plus protester ou envenimer les choses. J’allais tout simplement rester assis, là, dans ma peine et dans le flou de mes questions qui demeureraient irrémédiablement sans réponse. Ainsi, vidé, résigné et dépité, j’arrêtais enfin de lutter. « Je suis stupide et insupportable, je le sais bien, mais... les gens font parfois de drôles de choses et ont un comportement étrange lorsque parle leur cœur.... » Soufflais-je, au bord des larmes, en sentant mon cœur marteler ma poitrine avec une énergie phénoménale. Tout en enfouissant ma tête entre mes bras, qui étaient eux-mêmes noués autour de mes jambes pliées, je décidais de jouer franc jeu mais de ne plus m’opposer à mon amour. Acte témoignant d’une grosse passivité ou d’une sagesse bienvenue ? C’était à vous d’en décider. Moi, meurtri, je voulais simplement que cette crise s’arrête et que tout redevienne comme avant. Drake me manquait. Non, mon doudou d’amour me manquait, et mon cœur avait besoin de ses baisers, caresses et mots tendres pour pouvoir enfin redémarrer. Néanmoins, ce dernier allait devoir rester en souffrance encore pendant quelques temps puisque mon amour pensait que je le boudais ou que je jouais la comédie. Vu ma position renfermée et mon attitude lointaine qui prêtaient à confusion, je comprenais néanmoins que Drake puisse penser toutes ces choses. Cependant, il n’en était rien. « Je ne boude pas et ce n’est pas un numéro ! C’est seulement moi lorsque je suis vulnérable et inquiet, rien de plus. Mais je comprends que ça puisse t’exaspérer et te dégoûter... » Marmonnais-je, triste, de ma petite voix éteinte et sans vie. Toujours recroquevillé sur moi-même à l’image d’un nourrisson dans le ventre de sa maman, je subissais désormais les foudres de mon entêtement. Borné, je n’avais compris que trop tard que cela ne mènerait à rien de submerger Drake d’un tas de questions. Et maintenant que j’avais saisi ce fait et que je me résolvais à rester sage et passif, je me trouvais tout bonnement idiot d’avoir insisté à ce point. Malgré tout, je n’avais désormais plus qu’à assumer les conséquences de mes paroles et de mes actes. Encore une fois, je me faisais la réflexion que, dès le départ, j’aurais dû la boucler et me plier aux exigences de mon amant. Ainsi, j’aurais juste souffert, moi, et seulement moi, et c’aurait été beaucoup plus facile pour nous deux... « Si je prends autant les choses trop à cœur, c’est parce que je tiens à toi ! » ...Et que je t’aime plus que la vie elle-même. « Et... je n’ai pas envie que ça change entre toi et moi ! Du moins, pas en négatif... » Ma voix, légèrement brouillée et étouffée, était couverte de tristesse et de regret. Cependant, je n’en perdais pas pour autant l’espoir que tout finirait par s’arranger. Recroquevillé sur moi-même en position fœtale, et après lui avoir maladroitement avoué que je l’aimais, je laissais mon trésor me resservir les mêmes arguments pour répondre à mes précédentes et identiques questions. Fermant les yeux et étant enfoui dans mes bras, je n’avais malheureusement pas pu voir les quelques étoiles qui avaient animé le regard de mon amant lorsque je lui avais maladroitement fait part de mes sentiments amoureux, avant de me raviser et de les qualifier d’amicaux. Privé du sens de la vue, je m’évertuais néanmoins à prêter une oreille attentive à chaque parole que mon doudou prononçait – bien que ses mots restaient redondants, à l’image de mes questions. De peur d’envenimer la situation ou de tourner en rond encore plus longtemps, je me taisais et tentais de me faire oublier. Néanmoins, je me manifestais lorsque mon amour me confiait qu’il pensait avoir tout gâché. « Arrête... Tu n’as rien gâché. » Chuchotais-je, penaud, mais sincère. Après avoir médité quelques secondes, je décidais enfin de quitter ma position enfantine et de glisser doucement sur la serviette de Drake. Cette distance, cruelle et insupportable, devait à tout prix être abolie. Malheureusement, mon initiative n’eut pas l’effet escompté. Ignorant la main que je venais de déposer contre la sienne et allant même jusqu’à faire fi de ma présence, Drake s’allongeait de tout son long sur sa serviette, m’obligeant à me décaler et à repartir sur la mienne. Bon, ce n’était visiblement pas encore gagné ! Quoi qu’il en fût, après m’être fait rejeter, je retrouvais ma position fœtale sur ma serviette. Blessé et triste, je voulais pleurer, mais aucune larme ne sortit de mes yeux – c’était sûrement car j’avais déjà chialé plus d’eau que mon corps pouvait en contenir. Néanmoins, dès que mon amant me sortait de mes tristes pensées pour se lancer dans un long monologue explicatif, je sortais de ma tanière et orientais mes yeux rougis en direction de son visage. Drake semblait tellement perdu quant aux questions intérieures qu’il se posait que son discours en était chamboulant. Trop simple à comprendre mais tellement difficile à exprimer... Oh, je comprenais parfaitement ce qu’il pouvait traverser puisque je ressentais moi-même ces émotions contradictoires : j’aimais Drake, et c’était facile à comprendre, mais bien plus difficile à avouer... Alors, pour la première fois de cette discussion, je le comprenais et faisais enfin preuve d’empathie. En effet, si ce qu’il avait sur le cœur était aussi difficile à avouer que ce que je terrais moi-même dans le mien, je ne pouvais le contraindre davantage à parler. Déposant les armes, je le laissais terminer son discours improvisé avant de répliquer. « Moi non plus, je n’imagine plus ma vie sans toi.... Doudou. » Oh ! Et voilà le retour de la voix aimante et du surnom fétiche ! C’était plutôt bon signe, finalement ! « Je... Je... » Bégayais-je maladroitement, avant de prendre mon courage à deux mains et de déposer ma tête entre les deux pectoraux musclés de mon amant. Savourant avec ardeur le renouveau de notre proximité, je fermais les yeux, me délectais de son parfum enivrant, et me laissais complètement aller à ouvrir mon cœur. « Je... t’ai bien écouté et j’ai compris beaucoup de choses... » Débutais-je, en nouant l’une de mes mains au niveau du bassin de mon amant, et en sentant mon organe vital bondir de plaisir dans ma poitrine grâce à ce nouveau contact physique. « Je suis désolé, vraiment désolé ! Excuse-moi d’avoir été aussi insistant et pénible, s’il te plaît... Doudou... » Implorais-je, d’une petite voix d’enfant chagriné. Et, après m’être perdu dans les méandres de ma pensée durant quelques secondes, je relevais la tête et plongeais mon triste regard amoureux dans celui de Drake. Déterminé à me repentir, je faisais étalage de mes nombreuses erreurs et tentais de me faire pardonner. « J’ai... compris que ça ne servait à rien de... te forcer... à... parler de ce que tu n’as pas réussi à me dire tout à l’heure. Nous avons tous des choses sur le cœur qui sont parfois difficiles à avouer... et je le comprends totalement. Tu... Tu as déjà eu un courage immense de te lancer dans le début de cet aveu, et je trouve ça formidable. D’ailleurs, je suis flatté de savoir que tu m’avais choisi, moi, pour te confier... Vraiment, ça me touche beaucoup, mon bébé cœur. » Avouais-je, en laissant un véritable sourire se dessiner progressivement contre mes lèvres minuscules. Quant à mon cœur, il continuait inlassablement de tambouriner dans ma poitrine. « Je te crois lorsque tu me dis que tu es heureux, vraiment. Et... tant que ce... petit problème ne t’empêche pas d’aller bien et de vivre pleinement ta vie, je ne t’embêterai plus avec ça... » Confiais-je, sincère, définitivement raisonné et repenti. Et tandis que mon sourire ne cessait de s’élargir, je jouais amoureusement avec les quelques poils du torse de mon doudou, les chatouillant de mes doigts taquins. « Cependant, je veux juste que tu me promettes que, un beau jour, lorsque tu en auras l’envie, le besoin et la force, tu finiras cette phrase. Moi, de mon côté, je fais le serment que je ne t’embêterai plus avec toutes mes questions à ce sujet. C’est promis ! Tu es officiellement débarrassé de moi, quoi qu’il advienne. Et qu’importe qu’il faille attendre cent ans ou que tu décides au final de ne jamais terminer te phrase, j’arrête d’être invivable, chiant et idiot. De toute manière, l’important c’est que tu sois heureux. Le reste, je m’en fiche complètement ! » Lançais-je, presque joyeusement, d’une voix tendre et douce. Mon cœur transi d’amour était même sur le point d’exploser comme un feu d’artifice, tant il était animé par des émotions intenses. Étions-nous enfin sur un terrain d’entente ? Maintenant que j’avais compris mes erreurs et le point de vue de l’homme que j’aimais, la réponse était possiblement positive. Quoi qu’il en fût réellement, et puisque l’orage terrifiant était terrassé par les rayons lumineux du soleil de l’amour, tout semblait redevenir rose. Désormais penché au dessus du visage de mon amoureux, je le regardais, inlassablement, avec des étoiles dans les yeux et des papillons dans le ventre. « Et si tu m’embrassais, maintenant ? » Demandais-je, taquin, en affichant un petit sourire complice et tendre. Tout est bien qui finit bien ? Ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps ? Le charme est rompu ? Nous saurions bien assez tôt si ces citations de contes de fées pouvaient également s’appliquer à la vraie vie...

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A Long Time Ago + Pancake.

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