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 DANCE IS A CONVERSATION BETWEEN BODY AND SOUL ᘚ Jude

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MessageSujet: DANCE IS A CONVERSATION BETWEEN BODY AND SOUL ᘚ Jude Sam 1 Avr - 22:16

EXPRESS YOURSELF
LA DANSE POSSÈDE UN POUVOIR DE DÉLIVRANCE PHYSIQUE, ON Y TROUVE LA FORCE DE VIVRE D'EXPULSER SES DÉMONS, DE CROIRE À SON INSTINCT. R Lannes
Comme tous les matins, enfin ce n’est pas tout à fait exact puisque en l’absence de souvenirs sur les matins de ces 6 dernières années, je ne n’étais par réellement sûre de ce que je pouvais faire de mes journées. Mais en tout cas, ce matin c’était le petit footing matinal, accompagné de merveilleux regard en coin, parents qui resserrent leur prise sur leur gosse ou mieux changent de trottoirs, ou encore des regards de pitié. Un véritable P.L.A.I.S.I.R. comment les gens pouvaient juger sur l’apparence immédiatement ! Parce que j’avais un jogging avec une capuche sur la tête et un oeil au beurre noir, ça y est j’allais attaquer tous les gens de cette ville! Putain de préjugé! J’en pouvais plus d’être passé au crible. Mon père, mon médecin, mon psy, l’assistante sociale, tous ses « amis » qui me prenait pour un demeuré parce que j’oubliais tout ! Sans savoir que dernière, je ne pouvais rien faire pour me souvenir de quelque chose, que j’étais juste un rescapé de la vie qui se contentait de survivre. Et dieu ce que je donnerais pour de nouveau pouvoir apprendre et retenir!

Mais dès que tu t’écartais des normes dans ce monde, tu étais exotique, tu étais une bête curieuse, éventuellement dangereuse et à fuir ! Le plus comique, c’est qu’avec un oeil au beurre noir, tu étais catégorisé comme quelqu’un de violent, qui s’emporte facilement et qui attaquait tout ce qui bouge. Laissez moi rire ! La plupart de ces gens n’avaient même pas du penser une seconde que j’étais la victime et non pas l’agresseur ! Parfois, je me posais de grosses questions sur le monde dans lequel on vivait. Il semblait tellement aberrant, tellement absurde, tellement pourri. On l’avait charcuté avec nos mentalité à deux balles, que même le meilleur chirurgien de Grey’s Anatomy n’arriverait pas à nous le remettre sur pieds. En tout cas, pour ma part je n’espérais plus réellement grand chose de ce monde, et des personnes. Si ce n’est de me laisser tranquille, je ne demande rien d’autre. Faites votre vie, je fais la mienne, mais ne venez pas me frapper parce que je suis un « petit con de pédé qui se frotte comme une chienne en chaleur sur un autre mec ». Comment je m’en souviens? C’est juste marqué sur mon téléphone, parce que j’avoue que quand tu te vois avec une tête comme ça dans le miroir sans se souvenir de rien, c’est jamais plaisant.

Après mon petit jogging matinal, et la douche obligatoire, c’était ma séance de danse. Seul dans mon appartement. Je regardais souvent des vidéos sur mon téléphone que j’enregistrais en allant observer les danseurs à la salle de danse. Essayant de m’instruire sur une technique ne serait-ce que le temps de quelques heures avant de l'oublier. J’avais besoin de cette exutoire. C’était un moyen d’extérioriser toute cette souffrance que je gardais constamment derrière cette façade remplie de fausse joie, et d’humour. Si je ne faisais pas ça, j’aurais surement implosé à l'heure qu’il est.
Qu’est ce que j’aimais ça… Malheureusement, je ne pouvais danser très longtemps, sans me rappeler de cette journée cauchemars, de mon connard de géniteur, et de mes agresseurs du centre pénitencier. Je finissais toujours par faire une crise d’angoisse dans mon petit appartement, me balançant d’avant en arrière en essayant tant bien que mal de revenir dans le présent. La souffrance. La solitude. Voilà à quoi, j’en étais arrivé. Souffrir seul en position foetale, essayant de se remettre d’une crise d’angoisse terrassante. Sanglotant, dans un silence pesant, sans aucune âme pour réchauffer cette pièce, pour réchauffer mon âme hanter. Rien d’autre que le vide. Un putain de vide angoissant.

Emergeant assez de sa crise d’angoisse pour reprendre pieds à terre, je me relevais les jambes tremblotantes, direction la salle de bain. J’ai du finir la fin d’un sprint digne d’Usain Bolt pour arriver au toilette, et expulser tout ce que j’avais mangé ce matin. La sensation du sang empâtant sa bouche encore fraiche dans mes souvenirs. Je frissonnais en gémissant. Bon dieu, cette crise là avait été rude.

Une fois calmé, je pris une douche bien chaude pour essayer de détendre ces muscles tremblants et tétanisés, et me réchauffer le coeur. Même si cette sensation de chaleur n’était qu’artificiel et temporelle, elle suffisait à me réconforter pour le moment.
Une fois calmé, je pris une douche bien chaude pour essayer de détendre ces muscles tremblants et tétanisés, et me réchauffer le coeur. Même si cette sensation de chaleur n’était qu’artificiel et temporelle, elle suffisait à me réconforter pour le moment. En plus, j’oublierais cette crise d’angoisse d’ici peu et tout redeviendra comme avant. YAAAY !
A raison de réussir à danser aujourd’hui, je pouvais au moins aller observer les danseurs. Je me nourrirais de leurs gestes corporelles, incapable de tenter de remettre ça aujourd’hui. Mais avant tout, un petit café s’imposait, ainsi qu’un petit casse croute! Attends, j’étais amnésique mais pas fou ! Direction, le Starbucks du centre commercial proche de chez moi, ayant l’équivalent de zéro denrée alimentaire dans mon appartement. Vive mon organisation d’amnésique. Je devrais sûrement mettre un rappel d’ailleurs tant que j’y pense.

Breeeeeef. Une fois arrivé au Starbucks, je pris ma boisson préférée. Ma boisson préférée, qu’est ce que je raconte ! Je redécouvre les boissons à chaque fois, comment je pourrais en avoir une préférée? Mais quel débile je faisais! En tout cas, aujourd’hui c’était un petit Macchiato.
Quand on me demanda mon prénom, le premier réflexe fut de regarder mon bracelet avec toutes mes coordonnées dessus avant de lancer un faible Austin. Ca me faisait toujours bizarre de me dire que je ne m’appelais plus Alexei maintenant ! Surtout que je ne pouvais pas me souvenir de ce nom, et que je le redécouvrais tout le temps. Epuisante routine amnésique à force…
Je m’installais tranquillement avec mon café dans un coin du magasin. Ecouteur aux oreilles, et concentré, je regardais des videos de danseurs prises au studio. Certains étaient impressionnants, dont une jolie brune qui revenait souvent. Sa technique était impressionnant, ses souvenaient dégageaient de la grâce et de l’émotion pur. Incroyable, j’étais transporté par ses mouvements. J’espérais qu’elle soit là aujourd’hui ! C’est des personnes comme elle qui donne envie de se jeter à corps perdu dans la danse, sans jamais s’arrêter jusqu’à être mort et transpirant de fatigue! Enfin, je m’emballais pour rien, mais la danse et moi, c’était une histoire d’amour cachée. C’était Roméo et Juliette. Aussi indispensable et magnifique que destructrice.

Ce qui était aussi magnifique que destructeur, c’était aussi le destin, puisque que quand je levais le regard, c’était pour voir cette inconnue entrée dans le Starbucks. Ok Austin, respire, baisse la tête et surtout fait le mec normal… Le mec normal ? Ca, je ne savais pas faire! Surtout quand j’étais stressé!
Comme pour changer, un geste maladroit fit renverser le Macchiato au sol avec un gros SPLACH. Ok tentative de rester discret, c’est cuit. Ne reste plus qu’à faire comme si de rien n’était et que tu n’étais pas en train de faire le voyeur sur des vidéos d’elle en train de danser.
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MessageSujet: Re: DANCE IS A CONVERSATION BETWEEN BODY AND SOUL ᘚ Jude Mer 19 Avr - 23:52


Dance is a conversation between body and soulAustin & Jude Le travail ne fait pas le bonheur. C’est ce que le père de Jude ne cessait de lui dire lorsqu’elle était plus jeune, mais c’est aussi et toujours ce qu’il ne cesse de lui dire maintenant. Elle travaille pour lui, il sait comment elle est, il sait qu’elle en veut toujours plus et que son boulot prend quatre-vingt pour cent de sa vie. Jude donne presque toute son énergie pour la communication, pour l’entreprise de M. Nightshade et ses clients. Elle a toujours essayé de leur donner le meilleur d’elle-même et si ça lui demande des heures supplémentaires, elle ne se gêne pas pour rester plus longtemps, pour reprendre des dossiers chez elle et potasser jusqu’au beau milieu de la nuit afin de rendre un résultat digne de ce nom, et surtout digne de la réputation qu’essayer de faire perdurer le père de la jolie brune. Il lui en fallait toujours plus et pourtant il ne cessait de lui dire de lever le pied et de penser à elle. De faire ce qui lui plaisait, de passer du temps avec ses proches, ses amis.

Jude avait rarement une minute à elle. Rester dans son loft à ne rien faire, elle ne connaissait pas. Une petite boule de poile était là pour lui rappeler qu’avant de penser à elle, elle devait aussi penser à son petit husky. Ces bêtes étaient connues pour ne pas pouvoir rester en place trop longtemps, c’était la raison pour laquelle sa mère venait le chercher afin de le garder chez elle lorsque Jude avait de grosses journées. Autrement, cette dernière se faisait plaisir en l’emmenant se défouler sur la plage la plus proche, ou encore dans un parc. Ca faisait partie de ses plaisirs et puis lorsqu’elle pouvait enfin penser à elle, Jude se rendait à la salle de sport, ou mieux encore à la salle de danse. La danse faisait partie de sa vie, et si elle était une passion depuis qu’elle avait l’âge de se mouvoir correctement et aisément, elle n’avait jamais voulu en faire un métier. Selon elle, la danse ne lui apporterait rien et n’était pas éternelle. Passé quarante ans, le corps ne pouvait plus suivre et après ça, elle ferait quoi ? Rien. C’est probablement la raison pour laquelle elle a préféré garder la danse comme passion et qu’aujourd’hui, son travail se résumait à mettre en avant des services ou des produits, sublimer l’image des entreprises ou simplement passer de longues soirées à dynamiser et donner un peu plus de peps à des sites internet afin de pousser le concept un peu plus loin.

Dans la salle de danse, Jude était une autre femme. Si à son travail elle était ce genre de demoiselle de vingt-huit ans tirée sur quatre épingles à toujours avoir ce besoin de tout contrôler, toujours ce besoin de frôler la perfection sans jamais rien laisser au hasard ; à la danse elle est cette jeune femme souriante, pleine de vie et très sociable. Elle s’ouvre, elle propose, elle sourit et surtout, elle est passionnée. Elle se donne tout autant pour sa passion que son travail, mais d’une façon différente. Elle prend plaisir, elle se détend, elle est dans sa bulle et rien ne peut jamais la sortir, à part peut-être la fin de la musique qui a cet unique pouvoir de la faire redescendre sur terre. Et ce jour-là, c’était encore une fois ce qui la ferait descendre de son petit nuage. Jude avait pour but de se rendre à la salle de danse. D’ici une heure, peut-être deux. Elle avait ce besoin de justement penser à elle et la danse lui donnait satisfaction. Le sport l’y aidait aussi ou encore Apple, sa petite boule de poils. Ses amis, ses proches, mais aujourd’hui ce serait la danse. Parce que ça reste sa passion avant tout.

Jude sortait tout droit d’un rendez-vous pour son travail. Une nouvelle entreprise promise, selon elle, à un joli futur si tout ce qu’ils comptaient mettre en place voyait réellement le jour. Elle n’avait pas pour habitude de faire le déplacement pour des jeunes entreprises, préférant déléguer cette tâche, mais pour une fois elle avait pris les devants et avait néanmoins apprécié ce qu’elle avait vu et entendu. Certains avaient une imagination débordante et la clé du succès, selon elle était du management, de l’organisation et beaucoup de créativité pour arriver à tirer son épingle du jeu. En passant devant le Starbucks, elle en profita pour y prendre une salade de fruit à emporter pour sa pause, mais aussi une boisson glacée qu’elle comptait consommer sur place le temps de restructurer ses notes, mais aussi et surtout le temps de se poser. Dans la boutique, seuls les talons de ses escarpins l’élevant à une dizaine de centimètres résonnent dans le creux de ses oreilles. Chacun vaque à ses occupations, et elle elle est debout, toujours habillée d’un tailleur, face au comptoir en attendant sa commande. Elle ne s’attend pas qu’une minute à l’autre ce silence si faux en viendrait à se briser par le bruit d’un gobelet heurtant le sol et son contenu se répandant sur le carrelage, à quelques pas d’elle. Alors qu’elle sentit des gouttes sur ses mollets, elle se recule par réflexe, puis s’empare d’une serviette pour essuyer sa jambe. Jude relève les yeux vers le propriétaire de la boisson quand la voix de la vendeuse l’interpelle « Attendez, je vais frotter, ne bougez pas » Pour la laisser faire, Jude se recule plus proche du jeune homme. Elle n’ajoute rien, puis ses yeux se portent sur l’écran du portable. Doucement elle fronce les sourcils reconnaissant la chorégraphie de ce qu’elle a sous les yeux. Chaque pas, chaque mouvement est rythmé, chacun d’eux correspond à un instant précis d’une musique qu’elle serait capable de chanter sans même l’entendre. Elle le sait, c’est sa propre chorégraphie. Celle qu’elle danse avec son partenaire, cette danse elle se rappelle l’avoir travaillé des heures entières pour une représentation « La version que tu regardes n’est pas de très bonne qualité. » Jude eut l’audace de s’asseoir en face du jeune homme « Je connais la fille sur la vidéo, et si elle voyait la qualité de cette vidéo, elle te dirait de plutôt venir la voir de toi-même, c’est mieux. » La serveuse vint lui apporter sa boisson à table ainsi que la salade de fruits qu’elle avait commandée « Je vais croire que je suis célèbre si tu continues à regarder mes vidéos. Ou bien un fou dangereux. Ou un pervers. Ou alors… on se connaît, mais moi je ne sais pas d’où tu sors, je n’ai aucun souvenir,… » Continua-t-elle, comme s’ils étaient soudainement les personnages principaux d’une série télévisée.

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MessageSujet: Re: DANCE IS A CONVERSATION BETWEEN BODY AND SOUL ᘚ Jude Sam 8 Juil - 3:08

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C’est dépité et honteux que je vois les gouttes au ralentis atterrir sur la jambe de la jeune femme, ne pouvant plus rien faire pour empêcher le désastre. Je lui lance un regard d’excuse, et me rapetisse sur mon siège tentant en vain de me fondre et me faire avaler par la banquette de mon fauteuil. Malheureusement, je reste bel et bien dans le Starbucks. Je reste bel et bien à la vue de tous. Et je viens bel et bien de détruire les dernières chances qu’ils me restaient pour être discret. Une serveuse arrive alors comme une balle pour nettoyer avant que je puisse esquisser le moindre geste. Je m’excuse auprès de la serveuse, avec cet air à la fois désolé, mais exaspéré d’être aussi maladroit. Je me posais de plus en plus la question de me faire tatouer. Oui, oui, me faire tatouer comme un gangster! Sauf que le tatouage que je mérite le plus serait plutôt « boulet », écrit en majuscule, gras, et souligné sur le front.

Comme le dit si bien ce vieux dicton : « Jamais un sans deux ! ». Ah non … C’était peut être « deux sans trois »? Enfin, dans tous les cas, une catastrophe, avec moi, n’arrivait jamais seule. En effet, la jeune femme que je venais d’asperger, et qui était, par ailleurs, cette même brune que j’étais en train de regarder sur mon téléphone, se rapprochait de moi pour laisser de la place pour nettoyer cette délicieuse flaque de Machiatto. Même si dans mon cerveau toutes mes alarmes hurlaient à en perdre la voix de la catastrophe imminente, mon corps restait inerte, et la vidéo continuait de tourner. Oui, oui, je suis à ce point pas doué puisque la danseuse eut l’affreuse surprise de me voir en train de faire le voyeur, pas sur n’importe qui… Non, non, sur elle …

J’eus le court espoir qu’elle ne reconnaisse pas la danse et passe à autre chose. Malheureusement, la légère contracture de ses sourcils m’indiquèrent qu’elle était bien au courant de ce que je regardais. Mortifié, je me mordais la joue commençant à me faire diverses films sur la suite des événements.
Première possibilité: elle me prenait pour un psychopathe, appelait les flics, portait plainte, m’emmenait devant le tribunal, et gagnait me prenant le peu d’argent que j’avais. Dans cette possibilité, je finissais sans toit, et à la rue.
La deuxième possibilité, c’était que je parte au courant avant qu’elle ait eu le temps de me parler, ou même de vraiment regarder mon visage. Dans cette version, je gardais mon appartement, et mon travail, me cachant à jamais pour ne plus la recroiser. Moi dramatiser? Non, à peine !

« La version que tu regardes n’est pas de très bonne qualité. »

Sa phrase me sortit de ma torpeur. C’est en face de la tête d’un poisson sorti hors de l’eau que la jeune ballerine s’assit. Je retins de peu une grimace. Merde, elle allait finalement m’attaquer en justice pour détournement de vidéo? Si ça se trouve, c’était une chorégraphie interdite de caméra, et j’étais un hors la loi?

« Je connais la fille sur la vidéo, et si elle voyait la qualité de cette vidéo, elle te dirait de plutôt venir la voir de toi-même, c’est mieux. »

Une fois de plus, elle me coupa dans mes pensées de plus en plus sordides. J’adorais l’humour que la jeune femme venait de faire mais je ne savais pas si je pouvais me permettre de rigoler. Si ça se trouvait elle voulait juste me mettre en confiance pour ensuite me faire un procès. Je lui fis donc un sourire coincé, toujours stressé de rencontrer une des personnes que je regardais souvent faute de pouvoir faire des cours de danse pour apprendre. J’étais incapable de danser quelqu’un. Rien que l’idée me donnait la nausée. La dernière fois que quelqu’un m’avait vu, on ne peut pas dire que ce fut une grande réussite, vu l’état dans lequel se retrouve mon cerveau aujourd’hui. Je n’osais pas dire le moindre mot de peur qu’il soit mal interprété. En même temps, j’avais clairement un comportement de psychopathe… Si les gens savaient ce que ça faisait de tout oublier en un claquement de doigt. De devoir recommencer sa vie à zéro à partir du jour où elle est devenue un cauchemar ! Ils comprendraient surement mieux ce comportement qui parait au premier abord d’étrange, mais qui n’est au final qu’un moyen de garder la mémoire. Pour mieux comprendre, on peut utiliser une analogie très simple ! Quand vous regardez un spectacle attentivement, vous retenez certains pas, certains enchainements, d’autant plus lorsque c’est un domaine qui vous intéresse. Tous ces souvenirs sont dans votre cerveau, vous les conservez, et pouvez les récupérer, à la suite d’une démarche bien trop compliquée pour être expliquée. Comme je ne peux pas les conserver, je fais comme vous, sauf que mon support au lieu d’être mon cortex, n’est autre que mon téléphone. Normal quoi ! Enfin non pas trop …

La danseuse continua de parler de sa voix douce, et je baissai les yeux honteux quand j’entendis le mot ‘psychopathe’. Bon, il fallait que je dise quelque chose sinon elle allait me prendre pour un muet ! Quoique que si elle pensait que j’étais aphone, peut être serait-elle plus indulgente? Non très mauvaise idée! Je relevais mon regard pour regarder la jeune femme aux traits fins et gracieux avant de lui répondre pour la première fois : « J-Je, euh Salut… Je m’appelle Al-je jetais un coup d’oeil au bracelet par réflexe avant de voir qu’il y avait marqué Austin- Austin. » Je repris mon souffle, et avalai difficilement ma salive. J’avais la gorge tellement nouer, stressé pour vraiment aucune raison puisque la ballerine semblait sympathique. Je n’aimais juste pas le sujet de la danse, mais bon j’allais lui devoir un minimum d’explication, parce que je faisais quand même pervers à regarder une vidéo comme ça. Détournant le regard et rougissent légèrement honteux, j’entamai mon explication:

« J-J’aime beaucoup la danse. Du coup, pour apprendre de nouvelles choses, j-je prends des vidéos. Comme ça, chez moi, je peux tester des enchainements inédits parce qu’il y a pleins de choses que je connais pas ou qui me sort de la tête.. »

Je m’agrippais les mains, les malaxais violemment à cause du stress. C’était la première fois depuis plusieurs année que je disais à quelqu’un que j’aimais la danse, et je n’aimais pas du tout cette sensation de panique qui me donnait l’impression de m’étouffer. Je pris donc une respiration sifflante avant de finir:

« Je ne suis pas un psychopathe, juste un passionné de danse, c’est tout »


Voila, ça y est, je l’avais dis. Les mot étaient partis. Je redressai la tête regardant la jeune femme et lui fis un sourire timide en croisant les doigts pour qu’elle ne se moque pas de moi, parce que j’étais un garçon et que j’aimais faire de la danse.
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