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 take me back to the start + Maélia

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MessageSujet: take me back to the start + Maélia Mer 12 Avr - 19:13

take me back to the start
Maélia
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Quand on est médecin on se met à la place du patient de plusieurs façons. Déjà on connaît le mal dont il souffre, et le degré de la douleur. Ensuite et bien on essaye de faire de notre mieux pour leur apprendre les nouvelles, et les guider à travers tout ça. Mais se mettre à la place de quelqu’un ça n’est pas la même chose que quand c’est à nous même qu’il arrive quelque chose. La dernière fois que j’ai été dans un lit d’hôpital c’est pour accoucher. Autant vous dire que c’est loin de me rappeler de bons souvenirs… Cependant à l’époque je n’étais qu’interne, aujourd’hui je m’occupe seule des patients que j’ai, c’est moi la responsable. J’aurais pu d’ailleurs aidé avec toute cette histoire de tempête, mais hélas j’ai été écartée du jeu dès le début. Je ne me souviens pas de tout mais pour ce que je me souviens j’étais partie chercher des fournitures quand quelque chose m’est tombé dessus. Je me suis retrouvée clouée au sol je ne sais pas combien de temps plus tard, entrain de me vider de mon sang un trou dans le ventre et un coup sur la tête. Ensuite c’est le trou noir.

Quand je me suis réveillée j’étais dans ce lit sous perfusion, et on m’a dit ce que j’avais. En fait c’est un des internes que je connais qui m’a dit ce que j’avais. Un traumatisme crânien pour le moins grave, et ensuite une perforation de l’estomac, deux côtes cassées, et ça s’arrête là. Ca pourrait être pire, des gens sont morts, moi je ne suis que blessée, mais je suis aussi coincée dans un lit d’hôpital. Ils m’ont retiré un morceau d’estomac ce n’est pas rien, et donc je ne peux pas manger pour l’instant, il faut suivre l’évolution. De toute façon je n’ai pas envie de manger, même respirer est douloureux avec les côtes dans cet état. Voilà pourquoi j’avais mal dans un moment de conscience où je me suis rappelée de quelque chose.
J’ai passé quelques heures dans un coma, et le reste n’a été que dormir. Mon père est venu me voir, Jude aussi. J’ai été heureuse de voir qu’ils étaient sains et saufs. J’ai essayé de demander après un maximum de gens, tout le monde n’est pas en bon état, mais tout le monde est vivant c’est le principal.

Mon temps est donc surtout occupé par les siestes. Mon père m’a ramené des affaires personnelles, mais je n’ai plus de portable parce qu’il s’est explosé par terre, et je n’ai pas envie de faire autre chose que dormir, toutes les positions me font mal, et puis ça m’empêche de penser. Je déteste rester allongée sans rien faire, j’ai trop de temps pour réfléchir, trop de temps à moi. En plus après m’être rassurée vis à vis de l’état des personnes proches de moi, j’ai eut le temps de revenir sur ma vie, sur les choses que j’ai faites, et dites. J’ai beaucoup repensé à Sandro, à comment faire pour m’intégrer dans sa vie, et aussi à Maéven. J’ai très bien en tête ce que nous nous sommes dit, et souvent je me dis que j’aurais préféré oublier ça aussi. Mais non. Je m’en souviens, et je rumine…
Quand je ne dors pas, quand je ne pense pas et que mon père travaille, il y a aussi le changement de pansement. Puisqu’ils sont encore surmenés c’est moi qui supervise l’interne, après tout je vois tout ce qu’il se passe sur mon ventre. C’est loin d’être une partie de plaisir… Mais me concentrer sur mon travail c’est plus simple que sur le reste.

C’est lors d’une de mes nombreuses micro siestes que j’entends taper à la porte. L’interne encore et toujours. Je mets du temps à émerger, les médicaments me mettent souvent dans un état second. Je finis par ouvrir les yeux, mais l’interne n’est pas seule il y a Maéven avec lui. Bizarrement ça me fait comme l’effet d’une douche froide. J’essaye de me redresser oubliant la perf, la douleur, mais elle me rappelle rapidement à l’ordre, et du coup je suspend mon geste en grimaçant.
“-Docteur Nickson, il dit vous connaître et m’a demandé s’il pouvait entrer.”
Je lui souris et fais un signe de la tête.
“-C’est bon je le connais.”
L’interne part, et la porte se referme sur Maéven. Je ne dis rien, me contente de le regarder. Je suis surprise… C’est la dernière personne que je m’attendais de voir maintenant. Je finis par détourner le regard. A nouveau j’ai une boule dans la gorge. Je suis excédée, dépitée, et je me sens mal. Beaucoup trop de fatigue et d’émotion pour moi.
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MessageSujet: Re: take me back to the start + Maélia Jeu 20 Avr - 14:24


take me back to the start

La vie est parfois ce qu’on n’imagine pas. Elle prend un tournant auquel on n’aurait pas pensé avant, on vit quelque chose de différent, de nouveau et parfois ça peut nous ouvrir les yeux. Vivre en Amérique, Maéven ne l’avait jamais imaginé. Il s’y était déjà rendu quand il était petit, pour voir ses cousins. Ou bien encore au décès de Djawny, le frère de Tate. Il avait demandé à ses parents pour y aller, parce qu’il ne cessait de ressentir la détresse de son cousin. Certes, Tate cachait cette même détresse, il était comme ça, à ne pas vouloir avouer ses sentiments, ni les montrer, mais il n’avait même pas besoin de faire autant d’effort pour que Maéven sache tout simplement. Rien qu’en parler lui tordait l’estomac, en rêver semblait pire que tout. Maéven en avait fait l’expérience lorsqu’ils étaient partis faire du camping entre eux. Tous ces aléas l’avaient poussé à se rendre en Amérique, mais il en revenait à chaque fois au bout d’une, deux, peut-être trois semaines. Jamais il n’était resté plus longtemps, sauf cette fois. Où il avait délibérément pris la décision de partir et de laisser cette vie-là derrière lui, quelques mois. C’était ce qu’il s’était dit.

Oxlen avait des problèmes, sa mère était décédée, son père buvait et lui il devait se débrouiller tout seul. Maéven n’avait pas vraiment hésité, il avait sauté sur l’occasion alors que Nora avait pris la décision de rentrer chez elle après ses trois ans passés à Wellington. Elle l’avait prévenu dès son arrivée et Maé ne l’avait pas prise au sérieux. Elle avait eu cette assurance dans la voix qui faisait d’elle une fille trop sûre d’elle et pourtant, si lui ne semblait pas se connaître, elle au contraire se connaissait par cœur. Elle avait conscience du charme qu’elle avait et surtout de ce qu’il pouvait avoir sur les hommes visiblement. Alors il est parti, pendant sept ans et cette nouvelle vie, il l’a vécue pleinement. Pour lui, Los Angeles est sources de renouveau. Là bas il lâche prise, il ne se pose plus de question, il avance au jour le jour, sans se poser de question. Les filles qu’il côtoie, il ne les côtoie pour un jour seulement, ou plutôt une nuit. Parfois un weekend si elle est vraiment sympathique, mais ne cherche pas plus. Il a déjà donné, il ne veut plus se bruler.

Cette fois-ci encore, Maéven est retourné pour une semaine à Los Angeles. Ca fait plusieurs mois qu’il essaie de faire venir Oxlen à Wellington, mais n’y parvient pas, alors lui il en profite pour s’y rendre, maintenant qu’il peut se le permettre. A chaque fois qu’il met un pied sur le sol californien, il a cette même impression, cette même bouffée d’air frais. L’idée de devoir retourner à Wellington lui tord les entrailles, voulant rester plus longtemps encore. Profiter et qui sait, peut-être même repartir pour sept ans ? Sauf qu’à Wellington il a au moins son centre de plongée à faire tourner. Au moins ça. Alors le dernier jour il boucle son sac et une fois à l’aéroport, on lui annonce que son vol pour la nouvelles Zélande est reporté pour cause de tempête. Dans sa tête, ça ne résonne que comme un simple vend violent, rien de bien méchant et assis sur un siège, il attend patiemment. Finalement, Maéven sort son téléphone de sa poche et y jette un œil. Des mails comme quoi il aura de quoi faire en rentrant. Certains clients lui demandaient si leur cours serait maintenu la semaine suivante, ce à quoi il s’empressait de répondre qu’il était en déplacement, mais qu’il prendrait la peine de les recontacter une fois de retour. En continuant de trainer sur le net, Maéven ne cessait de voir des articles concernant cet ouragan qui semblait bien plus sérieux qu’une simple petite tempête. D’après les médias, c’était même désastreux. Des blessés, des morts, des dégâts importants. Maé s’empressa de dégainer son téléphone. Ses parents décrochèrent, lui annonçant ce dont ils étaient au courant. Eux allaient bien, Tate était à l’hôpital et pour le reste, ils ne savaient pas trop. Jusqu’à ce qu’il puisse prendre l’avion, Maéven ne quitta ni le terminal, ni le tableau des départs des yeux.

Arrivé à Wellington, le spectacle était assez déroutant. On voyait clairement les dégâts de la tornade. A certains endroits, c’était même à se demander si les personnes présentes à l’intérieures y avaient survécu. La première chose que fit Maéven fut d’aller chez ses parents qui semblait sains et saufs. Petit à petit, il prit des nouvelles des personnes autour de lui et même de Loélia, malgré leur différend, malgré leur dernière discussion. D’après November elle était à l’hôpital, comme beaucoup d’autres ce après quoi il n’ajouta rien, se concentrant sur l’état de la brunette elle aussi, chère à ses yeux. En se rendant à l’hôpital Maéven alla passer une bonne demi heure auprès de Tate dans un premier temps, il n’avait pas été épargné par cette tempête, lui non plus et il fut probablement la première personne que le jeune homme rendit visite dans cet hôpital. Un peu comme pour s’enlever un poids. Comme pour se rassurer. Après le tour des chambres, il eut un moment d’hésitation, pas sûr que ce soit la meilleure idée du siècle, il se renseigna sur la chambre de Loélia. L’infirmière semblait devoir demander la permission à la patiente pour laisser entrer Maéven, ce qui l’étonna. Ou bien était-ce parce que son état était plus inquiétant ? Il n’en savait rien, il n’y connaissait rien en médecine.

Maéven finit par se glisser dans la chambre non sans se retourner vers l’infirmière qui ferma la porte derrière lui. Il avait bien compris qu’il ne pouvait pas s’éterniser là, en même temps il n’en avait pas l’intention non plus. Depuis leur dernière discussion, il avait eu le temps de réfléchir, de se remémorer et d’en tirer des conclusions. Il avait eu le temps de décolérer aussi, mais il y avait des choses qui lui restaient au travers de la gorge malgré tout. Cependant, il n’était pas là pour remettre ça sur le tapis, il était juste là pour voir comment elle allait et puis il s’en irait aussi vite qu’il est venu. Maéven garde ses distances malgré tout « Ne t’en fais pas je ne reste pas longtemps, je venais juste voire comment t’allais » commença-t-il sur un ton posé et calme « Tu te trouvais ici quand c’est arrivé ? »


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MessageSujet: Re: take me back to the start + Maélia Dim 23 Avr - 1:31

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Si il y avait bien une personne que je ne comptais pas revoir de sitôt et surtout pas dans cet hôpital c’est bien Maéven. Je suis littéralement sidérée de me retrouver face à lui. Après la dernière conversation que nous avons eut je pense qu’il était clair pour l’un comme pour l’autre que nous n’avions plus à rien à nous dire. J’y ai beaucoup pensé, vraiment beaucoup pensé. Je pense que je peux le dire : je me sens mal depuis cette discussion. Je n’arrive pas à passer à autre chose, ni à penser à autre chose. En plus je ne peux même pas travailler pour me changer les idées. Je suis simplement en train de ruminer mes idées noires dans un lit d’hôpital où tous mes gestes me font souffrir.
C’est d’ailleurs pour être sûr que je ne fasse rien en dehors de mes capacités que les visites sont surveillées, mon père a hurler sur l’interne en charge pour être sûr que les gens qui rentrent dans cette pièce ne me demande pas trop de parler, et surtout je ne devais rien faire en rapport avec le travail.

Si j’avais suivi les consignes de mon père je n’aurais pas dû laisser Maéven rentrer. Et pourtant je suis incapable de lutter contre ça. J’ai de la rancoeur, mais plus que tout je me rends compte que j’ai envie, besoin de le voir. Il m’a manqué toutes ses années, et je sais maintenant que je n’avais aucun droit de lui en vouloir autant. Cependant je n’arrive pas à m’en empêcher… Je suis pourtant une adulte et il faut que je me raisonne, je suis capable de faire abstraction de mes sentiments confus à son égard.

Je le regarde s’avancer dans la chambre, et la porte se referme derrière lui. J’ai une boule dans le ventre, les joues rouges, j’aimerais pouvoir me cacher, mais je ne peux rien faire d’autre que de rester allonger.
Il prend la parole, mes yeux sont fixés sur lui. Il vient voir comment je vais ? Je ne sais pas quoi dire mais mon corps réagit plus vite que moi. J’ai la gorge sèche, en quelques secondes les larmes montent à mes yeux, je porte la main à mon visage et pince l’arrête de mon nez. La perf me fait mal mais quand bien même je n’ai pas envie qu’il voit les larmes coulées… Je ne sais pas quoi faire elles coulent et je ne pourrais pas les arrêter je le sais. Ca me prends souvent, mais en général je suis seule. Je me force à garder une respiration calme tout de même j’ai déjà fait les frais des sanglots.
Il me pose sa question, j’hoche la tête comme simple réponse. Je ne sais pas quoi rajouter. Je pourrais essayer de me calmer, raconter ce qu’il s’est passé. Dire ce que j’ai, ou n’importe quoi. Non, je continue simplement de pleurer comme une fille stupide que je suis. Je suis mal en point je le sais, autant sur le plan psychologique que physique. J’ai l’impression d’être ramenée des années plutôt. Pourtant les choses sont complètement différentes maintenant, il n’y a qu’à voir d’ailleurs : Maéven est ici. Ce n’était pas le cas il y a 7 ans… Pourtant je ne sais pas si c’est mieux, j’ai tout gâché avec lui, et je ne sais pas si les dommages sont réparables.

“-Je suis désolée …”
J’ai le souffle court, et je grimace en parlant ma main se portant automatiquement sur mes côtes douloureuses. Je continue à pleurer, cependant là je ne peux plus cacher mes joues humides.
“-Je suis désolée. Je… Je sais que c’est de ma faute si on en est là…”
Cherchant à oublier ma douleur je me recroqueville sur moi même repliant mes jambes sur ma poitrine ce que je regrette aussitôt me bloquant dans mon geste. J’hoquète cherchant difficilement l’air pour qu’il puisse rentrer dans mes poumons et me permettre de respirer.
“-Tu peux partir, je sais que tu n’as pas envie d’être ici.”
Bien entendu les mots ne sont pas sortis aussi facilement que ça. J’ai complètement arrêté de le regarder, je n’ai pas envie de lire la pitié sur son visage je ne le supporterais pas.

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MessageSujet: Re: take me back to the start + Maélia Mer 26 Avr - 20:11


take me back to the start

En revenant en Nouvelle-Zélande, Maéven ne s’imaginait pas faire face à des scènes presque apocalyptiques. C’était peut-être abusé, mais c’en était pas loin à certains endroits. Les espaces verts où aimaient flâner les mamans et leurs bambins ressemblaient désormais à des parcs manquant cruellement d’entretien ou d’aménagement. Certains bâtiments étaient à refaire. Des toits étaient envolés et au beau milieu de trottoirs, on pouvait retrouver certaines chaises et tables du restaurant du coin. Heureusement dans l’entourage de Maéven, rien de trop grave en soi. Ses parents allaient bien et son entourage hospitalisé était au moins hors de danger. Le retour à la réalité avait été un peu plus compliqué que prévu et si l’appréhension était déjà au beau fixe depuis plusieurs jours avant son retour, à l’annonce de cet ouragan, ça n’avait rien arrangé. Malgré tout il n’avait pas fait marche arrière, au contraire il avait attendu plusieurs heures dans cet aéroport avec l’espoir que bientôt il pourrait monter à bord d’un avion pour rejoindre la Nouvelle-Zélande. Dans l’avion, il s’était fait plusieurs scénarios et ce, même si sa mère avait essayé de le rassurer du mieux qu’elle pouvait au bout du fil avant de pouvoir espérer rentrer chez lui. Chez lui, c’était resté intacte et concernant son centre de plongée, il savait qu’il devrait faire revérifier la sécurité de l’endroit pour assurer au mieux le confort et limiter les risques de ses clients. Ils venaient pour apprendre et pour passer du bon temps et non pas pour prendre des risques. Néanmoins, il avait remarqué sans trop de difficultés que la ville semblait à l’arrêt, alors pour lui aussi. Maéven savait qu’il devrait s’occuper de ça rapidement, mais il avait au moins l’ordre des priorités. Ou du moins, il connaissait SES priorités.

En se rendant à l’hôpital, il avait eu vent de l’état de Loélia. Et si une semaine auparavant ils en avaient convenu qu’il valait mieux ne plus faire partie de la vie de l’autre et de, définitivement couper les ponts, il avait murement réfléchi à la décision d’aller la voir. La Californie avait le don de l’aider à oublier certaines choses et à l’aider à y voir plus clair. C’est d’ailleurs de cette façon qu’il avait réussi à mettre de côté son histoire avec Nora. L’éloignement faisait du bien, mais pas seulement. Son cousin l’aidait à y voir plus claire. Son avis comptait, tout comme l’avis de Tate. Il n’avait pas fallu beaucoup de temps à Oxlen pour se rendre compte que tout n’était pas rose dans la vie de Maéven et pour cause, Loélia prenait un peu trop de place dans cette vie, ou encore dans son cœur pour arriver à la mettre de côté aussi facilement. C’était de la prétention bien trop prometteuse que de penser qu’il arriverait à l’en sortir sans ressentir un quelconque malaise. Sans qu’elle n’y laisse un vide. Cette fille avait longtemps fait partie de sa vie, de ses pensées. Avec elle il était passé par tous les sentiments au point qu’aujourd’hui il ne savait plus trop ce qu’il devait en penser, ni où il en était. Il avait toujours essayé de préserver leur amitié aux dépens de ses sentiments pour elle et pourtant, aujourd’hui le résultat était quand même ce dont il redoutait si un jour il avait fait le choix de l’aimer comme une femme et non pas comme une meilleure amie. A cette pensée, Maéven soupira. Comment avaient-ils pu en arriver à ce stade alors que pendant de longues années, ils avaient été inséparables ? Devaient-ils s’en vouloir d’avoir eu une vie avant, que ce soit l’un ou l’autre ? Pouvaient-ils vraiment en vouloir à l’autre d’avoir vécu, d’avoir essayé de trouver un tournant à sa vie alors qu’aucun des deux n’avait trouvé le courage de vraiment avouer les sentiments éprouvés pour l’autre ? Ces questions-là, Maéven les avait posées aux personnes en qui il avait le plus confiance, et ces mêmes personnes leur avait tout simplement répondu « mais si tu te poses la question, c’est que t’as déjà ta réponse ». Il n’avait jamais vu ça de cette façon avant. Cette réflexion il se l’était passée en boucle, et c’est sans doute ce qui a fait que là, maintenant, il se trouvait dans la chambre d’hôpital de la blondinette.

Il n’avait rien de particulier à lui dire, bien que revenir sur leur discussion d’il y a une semaine était presque inévitable. Mais ce n’était pas ce à quoi il avait pensé en venant la voir. Au fond il voulait s’assurer qu’elle allait bien et puis probablement qu’il avait trop de respect pour leur amitié, même passée, pour ne pas venir la voir au moins une fois. Maéven ne s’attendait pas à des excuses, parce que probablement que des deux c’est lui qui avait exagéré le plus, ou bien qui avait poussé cette dispute trop loin. Il la regarda pendant plusieurs secondes, lisant sur son visage la souffrance. Son état était critique, il semblait l’être en tout cas. Les bras croisés sur le torse, il se contenta dans un premier temps de la regarder quand elle voulut donner plus de détails. Il aurait aimé soulager sa douleur, mais même ça il ne pouvait pas le faire. Maéven s’approcha d’un pas lent du lit alors que les joues de la jeune femme s’humidifiaient sous son regard rempli de tendresse. Toute la colère qu’il avait éprouvée il y a une semaine, s’était évaporée, bien que certains mots et certaines paroles lui restaient au travers de la gorge. En s’approchant encore, il la fixa plusieurs secondes et continua de l’écouter alors qu’il n’ajoutait rien. Personne ne l’avait forcé à venir, il était venu tout seul et il ne décomptait pas les secondes « Arrête de t’excuser, c’est pas de ta faute. Je pense qu’on a été trop loin. J’ai été con » Il marqua une pause en repensant à la discussion qu’il avait eue avec son cousin « J’aurais pas dû me braquer sur le fait que t’as dit ou pas à Tate ou à November ou à qui que ce soit d’autres. J’aurais dû le comprendre, mais la seule chose que j’ai retenu c’est que tu m’avais totalement écarté et ça m’a monté à la tête. C’était égoïste et puéril parce que c’est pas le plus important ni le plus grave » Le plus grave c’était qu’elle avait été violée, et au lieu de lui hurler dessus comme il l’avait fait, il aurait surement dû essayer de la réconforter, ou essayer de trouver les mots qu’il aurait trouvé s’il avait été là « Je suis désolé et je suis désolé de ne pas avoir été présent pour toi. J’ai été con parce que j’ai sauté sur l’occasion pour partir le plus loin de cette ville à l’époque plutôt que d’affronter et de passer au-dessus » Il baissa légèrement la tête, pendant plusieurs secondes et soupira avant de la relever vers elle. Délicatement, il décroisa ses bras et passa tendrement sa main sur les joues de la jolie blonde dans le but de lui sécher ses larmes.

« Et pour ta gouverne, je suis venu de mon plein gré, donc ne me renvoie pas directement »
termina-t-il avec une touche d’humour.



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MessageSujet: Re: take me back to the start + Maélia Mer 26 Avr - 22:44

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La vie est parfois cruelle et nous joue de drôle de tour. Je l’ai appris à mes dépends, et je m’en suis rendu compte plusieurs fois en fait. La rerencontre avec Maéven je ne sais pas si je la mettrais dans la première partie ou la deuxième. C’était cruel de le rencontrer à nouveau et que les choses se passe si mal, mais c’est recevoir un drôle de tour que de le revoir une seconde fois si vite après. Est ce que c’était notre chance de nous réconcilier et donc la dernière ? Je ne sais pas, mais en tout cas à nouveau nous nous croisons dans cette chambre d’hôpital. Et clairement je ne m’attendais pas à sa visite, encore moins à ma propre réaction. Me mettre à m’excuser et à pleurer ? J’aurais vu mieux, mais ça a le mérite d’être sincère, c’était peut être ce qui nous manquait le plus dans notre dernière conversation. Nous avons laissé nos émotions parler la dernière fois, et depuis tout c’est calmé. Et maintenant je suis dans ce lit d’hôpital pouvant à peine me recroqueviller sur moi même tant j’ai mal partout.

J’ai besoin de m’excuser ça sort tout seul sans que je puisse faire autrement, je ne sais pas si ça me fais du bien, mais c’est comme ça que ma tête, et mon corps réagissent. Je ne veux pas le regarder, je ne veux pas voir sur son visage l’expression qu’il doit avoir en me regardant à cet instant. Je sais que je dois ressembler à l’ombre de moi même, je perds du poids puisque je ne peux pas m’alimenter correctement, et mes muscles perdent en tonicité du fait que je ne puisse pas bouger. Il en va de même de mon teint blafard de par le manque de soleil, et mes cheveux sont comme de la paille. Je n’ai jamais été la fille à être trop regardante sur mon apparence, mais je ne me suis jamais laissée aller pour autant, à part pendant la grossesse.
Il dit que ce n’est pas de ma faute mais j’ai du mal à penser autrement, je lui en veux d’être parti mais c’était dans son bon droit, et ce n’est pas à cause des sentiments que j’ai refoulé pendant toutes ses années que j’ai le droit de lui en vouloir. Il ne me devait rien, je le sais maintenant même si j’ai du mal à l’accepter.
Il continue de parler, et moi je l’écoute en silence, essayant de ne pas sangloter parce que ça fait mal, au coeur et au ventre. Pourquoi je continue à pleurer alors qu’il ne dit absolument rien de méchant cette fois ci ? Parce que ses mots me font du biens. Je ne le pensais pas capable de s’excuser pour ça, je pensais que ses mots il les pensait vraiment.

Je m’autorise à le regarder alors qu’il s’approche de moi et continue à parler. Je le laisse faire, pour ne pas l'interrompre cette fois. Je n’ai pas oublié ce qu’il m’a dit, je sais aussi que si il me dit ça aujourd’hui c’est qu’il a réfléchi à la question. Je suis heureuse dans le fond que ça ne lui ai pas rien fait, et qu’il se soit remis en question. Mon état l’aide sans doute à ne pas me parler comme la dernière fois, mais j’espère au moins que c’est vraiment sincère et que ce n’est pas juste pour m’épargner. Cependant dans ses yeux il n’y a pas la même fureur froide, il n’y a pas ce même sentiment de recul, je n’ai plus l’impression d’être une étrangère. Ce soulagement que je ne pensais pas ressentir accentue le flot des larmes sur mes joues et maintenant je me sens idiote de pleurer.

Et finalement les mots que j’attendais arrivent. C’est égoïste, mais je voulais simplement entendre qu’il était désolé de ne pas avoir été là pour moi quand j’avais besoin de lui. Je ne sais pas si ça aurait changé grand chose, mais il a toujours été la personne sur laquelle je me reposais le plus jusqu’à son départ. Peut être que si il en avait fait autant pour le viol et la grossesse aujourd’hui je n’en serais pas là. Mais je ne le saurais jamais.
Il baisse la tête penaud. Je sais ce qu’il ressent. J’ai fait pareil que lui, je suis parti, j’ai fui, j’ai voulu tout laisser derrière moi mais je n’ai pas été courageuse bien longtemps, je suis revenue au premier rappel à l’ordre de la vie. Alors qu’il relève la tête sa main vient poser sur ma joue pour essuyer mes larmes qui continuent de ruisseler en silence.
“-Je sais ce que c’est.”
Wellington nous rappelle à tous les deux de mauvais souvenirs, mais c’est normal, c’est ici que nous avons passé le plus de temps, et la vie n’est pas toujours rose.
J’attrape sa main dans la mienne avant qu’elle ne reparte et la serre quelques secondes avant de la lui rendre.

Ses derniers mots auraient pu me faire sourire, mais j’ai du mal à me dérider même si ça va mieux.
“-Comment en est on arrivé là ?”
Je le regarde dans les yeux, l’air désolé sans doute, je n’arbore plus que celui là. Des années de gâchis. J’essaie de prendre une grande inspiration pour me calmer mais je me bloque alors que mes poumons sont entrain de se remplir d’air, ça me fait souffrir.
“-Je ne voulais pas te narguer en te disant que les autres étaient au courant et que je ne voulais pas que tu le sois.”
Je pense que c’est important que je le lui dise, ça fait parti des choses que je voulais qu’il sache.
“-Ne leur en veut pas, mais ils ont été au courant sans que je sois d’accord. Si j’avais pu je serais restée enfermée seule chez moi jusqu’à l’accouchement, mais je n’ai pas eu le choix. Tate a prit ma plainte donc il était lié au secret professionnel, et November… Tu la connais, elle est pas du genre à lâcher le morceau, alors elle découvert la vérité toute seule.”
Je détourne les yeux. Je n’aime pas me souvenir de tout ça, mais au moins pour qu’il comprenne il le faut.
“-Je n’aurais pas dû t’accuser, si tu n’étais pas au courant, c’est parce que je ne voulais pas. Donc tu n’avais aucun moyen de savoir, aucun moyen de deviner. Je pensais juste que j’arriverais ça te sortir de ma vie comme ça, que ça ferait moins mal, et puis tu n’aurais jamais eu à voir ce que je suis devenue.”
Je sais que ce n’est pas ce qu’il a envie d’entendre.
“-Cependant je sais que j’ai tout mélangé et je n’aurais pas dû. J’ai rejeté sur toi toute ma colère parce que c’était plus facile que d’aimer un fantôme du passé, mais tu avais tes propres raisons de partir et ça n’a rien à voir avec moi. Je le savais aussi mais disons qu’entre ce que je sais et ce que j’éprouve il y a un fossé parfois.”
Souvent même.
“-Je suis vraiment désolée. Je me répète mais…”
Je ne sais pas vraiment quoi rajouter. Ou plutôt si, mais je ne sais pas comment mettre des mots sur mes pensées.
“-C’est juste que tu me manquais, et tu n’as plus donné signe de vie alors je pensais que ça ne comptait pas.”
Je préfère dire ça, que plutôt “je”. J’ai appris à être égoïste pendant ces dernières années c’est vrai, mais ça n’a pas été pour le meilleur.
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MessageSujet: Re: take me back to the start + Maélia Mar 2 Mai - 18:18


take me back to the start

La situation avec Loélia était assez étrange. En fait c’était même pire que ça, c’était totalement déstabilisant. Maéven ne savait pas trop ce qui l’avait poussé à sa chambre d’hôpital, si ce n’est le sentiment d’avoir mal fait la dernière fois qu’ils avaient discuté. Tout avait été trop vite, trop fort, trop dur. Ils auraient dû rester calmes et s’écouter. Dire les choses comme elles devaient être dites et ne pas se hurler dessus afin de protéger son égo. Maé avait repensé à cette conversation et clairement, au lieu de penser à ce qu’elle avait vécu, il n’avait pensé qu’à lui. Après tout, qu’importe qui connait cette histoire, non ? Tate était comme son frère, Nov était sa meilleure amie, ce n’était même pas comme si un étranger ou une étrangère l’avait su avant. Et puis qu’est-ce que ça pouvait faire, ils n’étaient plus dans la cours de récré. Malgré tout, il avait eu l’impression d’avoir été écarté, ce qui avait à ses yeux réduit leur amitié à … rien ? Alors s’excuser était déjà un bon début. Ca ne suffirait pas, probablement que les deux auraient un travail à faire, qu’ils devraient prendre le temps de se faire confiance à nouveau, d’essayer de démêler toutes ces histoires qui les concernent et arriver à danser sur le même rythme de la même danse. Trouver une harmonie, une cohésion, quelque chose qui ferait que l’un comme l’autre saurait où ils en sont réellement, mais tout ça prenait du tout. C’était un peu comme s’il fallait reconstruire une partie de leur amitié, peut-être même la solidifier de sorte à ne plus avoir à faire face à ce genre de crise « Peut-être qu’on n’avait pas trop le choix de passer par là. Ca faisait sept ans qu’on ne s’était pas vu, ça allait forcément devoir éclater. Maintenant qu’on a brisé la glace, peut-être que ça ira déjà un peu mieux » Rien ne le garantissait, mais lui restait serein et avait envie d’y croire. Il était calme et cherchait la conversation de façon posée sans chercher à hausser le ton, sans chercher à blesser quelqu’un. La façon dont il était parti avant sans doute engendré le conflit, après ça, était-ce possible d’éviter un conflit tel que celui-là ? Pas vraiment.

Maéven l’écouta parler de Tate et de November. Il connaissait bien son cousin, tout comme il connaissait bien son amie et savait qu’elle arrivait toujours à ses fins tant elle était chiante. Elle était un peu trop perspicace pour ne pas comprendre la situation même si on tentait de la cacher ou de la voiler. Quant à Tate, peut-être qu’au fond il était bien content que ce soit lui qui s’en soit occupé, il avait une confiance aveugle en son cousin et à ses yeux Loélia n’aurait pas pu tomber sur mieux. Toujours en l’écoutant parler, Maéven ne la quittait pas des yeux soupirant légèrement. Il n’était pas exaspéré, mais il n’avait jamais pensé que son départ serait pris autant au sérieux. Il n’était pas parti dans le but de changer sa vie du tout au tout, il était parti pour se ressourcer et vivre autre chose. Il n’avait jamais eu en tête de passer sa vie en Amérique, juste quelques mois qui ont fini par se transformer en quelques années « Je n’étais pas parti dans l’optique de zapper tout ce que j’avais vécu ici. A la base ce n’était que pour un mois, peut-être deux puis ça s’est transformer en années et finalement c’est passé vite jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’il était temps de revenir en arrière et de revenir là où était vraiment ma place. J’ai juste été égoïste dans cette histoire » Il la laissa parler à nouveau. Il avait même l’impression qu’on ne pouvait l’arrêter, qu’elle se forçait à parler aussi vite en disant autant de chose malgré les blessures et ses difficultés à respirer. « Respire Loélia, je ne vais pas m’envoler » Il essayait comme il pouvait de la détendre, ou du moins de la pousser à se détendre. Ils avaient le temps de discuter, elle pouvait donc prendre son temps et aller à son rythme « La raison pour laquelle je suis parti, c’est parce que c’était vital. J’avais tellement misé sur ma relation avec Nora que quand elle est retournée dans son pays je me demandais pourquoi moi je restais là. Toi t’avais ta vie, Loélia. J’ai juste pensé qu’à moi. A la base je me disais que j’allais rester un mois, peut-être deux et puis les mois se sont transformés en années et j’avais pas le courage de revenir, justement parce que je savais que j’allais devoir me justifier. Mais si j’avais su je serais forcément revenu et j’aurais été là pour toi. Ou du moins j’aurais fait en sorte de l’être. » Il ne la quitta pas du regard, caressant sa joue avec son pouce, puis repris « Pour moi t’es la même fille qu’avant. Ce qui t’es arrivé n’entrave pas dans ce que je pensais de toi et ce que je pense encore aujourd’hui, ni en mes sentiments. Et même sans donner signe de vie, t’as toujours compté et je pense que quoi que je fasse, tu compteras toujours. » Il lui adressa un sourire, puis finalement s’écarta pour s’appuyer le long de l’appui de fenêtre. Il n’avait pas envie de lui parler de son viol, préférant la savoir plus en forme pour aborder le sujet « Je pense qu’une fois que tu seras en forme, on devrait peut-être se poser et reparler de tout calmement. Mais là tu devrais arrêter de te torturer et te reposer. Il n’y a pas le feu, je compte pas repartir tout de suite » ajouta-t-il avec un sourire. Certes, il repartait de temps en temps aux USA, mais jamais plus de deux ou trois semaines maintenant « Tu sais pour combien de temps t’en as ici ? »

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MessageSujet: Re: take me back to the start + Maélia Jeu 4 Mai - 0:37

take me back to the start
Maélia
nobody it was easy, it’s such a shame for us to part


Il n’a pas tout à fait tort. Ca fait tellement longtemps que nous nous sommes pas vu que la rancoeur à eut le temps de s’installer entre nous. Surtout de mon côté je suppose, je lui en veux énormément d’être parti en laissant derrière notre amitié comme si elle n’avait jamais existé. Et pourtant maintenant que je suis là face à lui, même si ça me fait toujours mal, même si je n’ai pas oublié, je sais que ça pourrait être peut être aller mieux. Je pourrais peut être guérir de son absence. Mais ça sera le mal par le mal comme on dit. En fait je n’arriverais à passer son absence que parce qu’il est de retour. Ca n’a rien de glorieux c’est clair. Ne voulant pas revenir sur ce qu’il s’est dit plutôt je me contente d’éluder en ne répondant pas. Je n’ai pas la force de faire un sourire, même factice. L’envie de pleurer est trop présente et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Je ne sais faire que ça par moment, je passe pour une fontaine qui n’arrive jamais à apaiser ses larmes mais je fais de mon mieux parfois. Là je dois avouer que ça n’est pas le cas.

Je parle vite pas seulement parce que j’ai beaucoup de choses à dire, sinon parce que j’ai l’impression que je n’aurais plus jamais le courage de le faire. Mais il faut bien qu’il réponde je le sais. Je l’écoute dire qu’il est parti par choix égoïste. Je sais ce que c’est finalement, je l’ai même fait deux fois : en partant à New York et en revenant. Deux fois j’ai laissé ma vie derrière et je sais qu’il y a des pots cassés que je finirais par payer un jour où l’autre. Ca n’empêche que c’est dur à vivre, même si je le comprends.
Qu’il soit aussi proche de moi ne me rends pas les choses plus faciles. Au contraire.
“-Je sais ce que c’est. Finalement on est toujours obligé de revenir ici…”
J’ai bien dit obligé parce que ça a marché comme ça pour moi. J’ai été obligée de partir, obligée de revenir. Bien sûr j’aurais pu commencé par rester à Wellington, mais c’était dur ça aussi, plus que de partir. Maéven et moi nous avons pris les solutions de facilité pour nous préserver. Ce n’est que maintenant que je me rends compte de cette version de l’histoire. Je le remercie du regard d’essayer de détendre un peu l’atmosphère mais je lui aurais été plus reconnaissante si il avait choisi de dire autre chose que ça. Je suis soulagée de l’avoir à côté de moi mais ça ne veut pas dire que je lui fasse confiance quant au combien de temps il va encore le rester.

Si mes larmes avaient fini par se tarir quand il était venu les essuyer elles recommencent à couler au moment où mon cerveau enregistre ses dernières paroles. Elles raisonnent dans ma tête en fait. Si il avait su il serait revenu. Je ne bouge pas cette fois, épargnant à mon corps des douleurs inutiles. Puisque sa main est sur moi je ne peux pas lui échapper. Est ce que si j’avais su ça j’aurais agis différemment ? Je me suis toujours dit que si il était parti comme ça c’est qu’il ne comptait pas revenir de son plein gré. Et je ne voulais pas qu’il revienne pour moi. Peut être que quelque part je savais que c’était pour ça que je ne lui ai rien dit. Il serait revenu pour moi, mais la peur qu’il ne revienne pas pour les mêmes motifs que moi j’aurais voulu. Je n’aurais pas supporter qu’il revienne soutenir une amie. Ca aurait été trop dur ça aussi. Trop blessant d’être encore considérée comme une amie quand je m’en voulais de n’avoir jamais tenté ma chance d’être plus que ça pour lui. Au final je pense que je m’en voulais autant que je lui en voulais à lui. C’est bien malheureux parce que ça ne m’a mené nul part. Je ne réponds pas, me contentant de pleurer en silence, évitant de sangloter pour le bien être de mon corps meurtri. Sauf qu’il ne s’arrête pas là. Il continue à parler et ça n’arrange rien aux larmes qui brouillent complètement ma vue maintenant. C’est pire que tout à l’heure. Maintenant j’ai une bonne raison de pleurer. Je vois à peine son sourire à travers les larmes, j’essaye de me reprendre. Parce qu’il faut que je réponde à ça.
“-Je ne suis plus cette fille.”
Pause vitale pour arriver à respirer et parler en même temps.
“-Cette fille là aurait été incapable de dire ce que je t’ai dit là dernière fois qu’on s’est vu. Et elle ne serait pas entrain de pleurer comme une madeleine sur les choses qu’elle regrette de sa vie.”
Parce que la fille que j’étais avant n’avait pas de regret parce qu’elle faisait encore ce qu’elle voulait. Mais ça c’est quelqu’un que je n’ai pas vu depuis longtemps.

Il s’éloigne et je respire un peu plus facilement. A nouveau je tente de sécher mes larmes. Il ne faudrait pas que quelqu’un entre dans la chambre parce que clairement Maéven se retrouverait rapidement dehors. Mais pour l’instant nous sommes encore seul.
Il me fait une proposition que je ne peux pas refuser. Reparler de ça plus tard. J’espère qu’il n’est pas en train de m’inventer une histoire en me disant que cette fois ci il est de retour de bon. J’ai toujours du mal à y croire. En fait je ne sais pas vraiment pourquoi il est revenu ici alors qu’il pourrait très bien continuer sa vie en Amérique, et revenir ici pour les vacances. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il pouvait bien faire la bas, quand à lui poser la question c’est pas mieux.
“-Tu vas repartir ?”
Même si il y a des choses que je ne veux pas savoir, je ne peux pas m’empêcher de poser cette question. Il a dit qu’il ne comptait pas repartir tout de suite, pas qu’il compte rester. J’ai du mal à me défaire de mes réticences.

“-Une semaine sans doute peut être un peu moins, ça dépend comment évolue le trou que j’ai dans le ventre.”
Je finis de sécher mes joues avec un bout de drap. Finalement je repose mes mains sur mes cuisses et je les regarde torturer le bout de drap qu’elles tiennent toujours.
“-J’ai un morceau de bois qui m’a perforé l’estomac et cassé des côtes. J’aurais sans doute une cicatrice en plein milieu du ventre mais pas de séquelles.”
Je ne sais pas pourquoi je lui raconte ça, mais je crois que je préfère parler de mes blessures plutôt que du reste.
“-Tu as été voir Tate ?”
Moi même je n’ai pas pu aller le voir puisque je ne peux pas me lever seule et je n’ai pas trouvé le courage de demander à quelqu’un de m’accompagner. Cependant connaissant Maéven je sais qu’il a sans doute été voir son cousin. J’ai été soulagée d’entendre qu’il allait s’en sortir malgré tout ce qui lui est tombé sur la tête au sens propre comme au sens figuré. C’est Jude qui m’en a parlé, en même temps elle passe beaucoup de temps entre nos deux chambres en ce moment.
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