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 Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ?

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MessageSujet: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Ven 14 Avr - 11:48

     

Rose ♦ Nickolas
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Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ?
D
eux années s'étaient écoulées dans le sablier du temps, des grains de sable dans une vie, mais qui me paraissait une éternité dans la mienne. La revoir après tout ce temps m'avait déstabilisé, aucun muscle ni mon regard ne m'avait trahi ce jour-là quand mon visage s'était relevé brusquement en entendant un toquement à la porte, observant dans un premier lieu la main blafarde d'une jeune femme brune ne laissant entrevoir que son regard. Son visage au trait parfaitement dessiné caché devant une pochette cartonnée à la couleur pourpre, seul ses noisettes croisèrent mes ébènes, un regard que j'aurai pu reconnaître entre mille, c'était impossible. Impossible n'était pas français, c'est bien son corps qui se mouvait devant moi, le tissu de sa robe virevoltant sous l'air émis par ses gestes. Douce sucrerie dont je pourrais poser sur ma langue jusqu'à en savourer la toute dernière notre fruité ou acidulé. Elle semblait tout aussi surprise que je pouvais l'être, un rendez-vous professionnel fait dans les règles de l'art, pas de démonstration de sentiments, non, seulement un directeur d'agence louant l'écriture de son ex petite amie. Le mirage d'un passé qui semblait à la fois si proche et tellement éloigné, ne sachant pas si l'individu face à moi représentait celle qu'autrefois j'avais aimé ou à l'inverse celle qui avait tout détruit avec ses sautes d'humeurs, son animosité, sa violence.
Le temps n'avait servit à rien. Je me tenais éloigné des femmes depuis des mois, espérant ainsi pouvoir panser les plaies d'un cœur foutu et d'une confiance brisée, mais ces quelques minutes en captivité m'avait fait comprendre que mes blessures étaient encore sanguinolentes.D'aucuns diraient qu'un instant de passion n'engageait à rien et qu'une étreinte n'était qu'un moment volé que l'on finissait par oublier. Mais de même que ces demoiselles qui ne m'inspiraient plus aucune confiance, je me méfiais d'un cœur sensible, aveugle et aussi impulsif que l'homme auquel il appartenait. Et j'angoissais.

Le stylo tournoyant dans entre mon pouce et mon index, j'inscrivais des notes sur la colonne de gauche du papiers ternis par l'encre d'une imprimante, des manuscrits souvent reçu de la même manière seulement diversifié par l'histoire et le style d'écriture choisi, mais parfois et c'était bien rare, on trouvait des jets sortant d'une machine à écrire, trouvé dans une brocante ou dans le grenier des grands-parents sans aucun doute. Ça fait bien longtemps qu'on ne trouve plus cette machine dans le commerce. Les yeux alignant les mots comme un train à grande vitesse avec les paysages, jusqu'à atteindre la dernière page. Le halo de la lumière cessant de grésillait, la pulpe de mon pouce appelant l’ascenseur, mes pas quittant le seuil d'entrée du bâtiment aux multiples vitres. Quelques minutes plus tard, je franchissais la porte vitré de l'établissement.

Une insidieuse chaleur irradiait mes doigts tandis qu'ils dansaient sur le clavier de mon téléphone portable. Mon pouce en caressa l'écran puis effleura la touche tactile pour lire un texto me venant de November, un mms assez suggestif, arquant mes sourcils j'envoyais des points d'interrogations auxquelles elle répondit par une série d'excuse s'étant trompé de destinataires. Cela eu le mérite de me faire rire, ne songeant pas un instant que cette amie datant du lycée puisse être ce genre de femme, à envoyer des photos érotiques à ses contacts … et qu'elle puisse avoir un corps ainsi dessiné. Une photo dont la sensualité m'aurait laissé de marbre une heure plus tôt. Mais l'alcool noyait à présent mes veines brûlantes, dans lesquelles ruisselaient en toute impunité la musique suave et latine que déversaient les hauts parleurs accrochés au plafonds. Rythmée par des notes lentes et chaudes, elle inspirait à la fois l'homme et l'artiste.  Je pris la bière à moitié pleine, demeurée près du siège que j'avais quitté, et rejoignis à nouveau le balcon pour observer ces couples qui se formaient. Avant de descendre les escaliers pour rejoindre le rez-de-chaussé, me rapprochant du bar avec mon verre désormais vide.


Mes grenat se perdant, dans les noisettes teinté d'un pigment fauve de celle-ci, que je mirais avec une certaine intensité,une émotion vrillant ces dernières, qui ne s'y trouvait auparavant, une émotion mêlant cette tristesse du passé.Les souvenirs continuaient de peser sur ma conscience. Des cheveux lâchés tombant jusqu'à effleurer ses épaules.J'en suivis la cascade malgré moi et effleurai du regard une tenue qui mettait en valeur son corps pulpeux et sauvage. « J'peux avoir un monaco. » soufflais-je dans sa direction, troquant une boisson déjà pas si alcoolisé pour un mélange de bière, de grenadine et de limonade. Il était temps de se calmer sur l'alcool si je ne voulais pas finir à l'hôpital, ou m'endormir dans un des recoins du bar. « J'ignorais que tu soûlais les hommes à longueur de soirée. » plaisantais-je, une taquinerie à double sens, rappelant les derniers instant où elle était horrible, me démoralisant.

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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Ven 14 Avr - 14:40


où vont-ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent-ils les mots jamais dits ?
Un seul coup d’oeil jeté au hasard, et me voilà prise de panique, allez comprendre pourquoi. C’est la surprise dirons nous, la surprise de tomber sur cette silhouette trop connue qui ne devrait pas se trouver ici. Si la première fois, le choc de l’avoir devant moi m’avait scié les jambes, aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse. Je me sens pousser des ailes et, sans réfléchir, je me précipite hors de la salle. Bien, où aller maintenant ? La pièce la plus proche, ce sont les toilettes, c’est mieux que rien. Je m’y enferme et me laisse tomber sur le sol, dos à la porte.

C’est devenu instinctif avec les derniers jours. Ma main se pose sur mon ventre et je cherche sous le tissu de ma robe le relief des points de suture. Du bout des doigts, je suit le tracé de la cicatrice toute fraîche. Un, deux, trois, je compte les points, il y en a treize, curieux hasard, treize petits points blancs qui ne dessinent même pas un croissant de lune, juste une forme bizarre. C’est là que le bois s’était enfoncé dans ma chair durant l’ouragan. Là, tout autour, le sang s’étalait et a fini par me faire perdre les pédales. Ils m’ont récupérée. Ils m’ont recousue. Seule cette marque restera, avec les souvenirs confus.
Ma main monte alors pour frôler mon coeur, et je me demande combien il en porte, lui, de cicatrices.

Le temps s’est suspendu. Le bruit de la salle me parvient au loin, étouffé par la porte, mais seul celui de ma respiration résonne dans la pièce. Je voudrais vraiment que le temps s’arrête et me téléporter ailleurs. Sois pas idiote. Tu ne peux pas rester enfermée là jusqu’au départ du dernier client. D’abord, il y a très peu de chance qu’il me remarque, ensuite qu’il me parle, et quand bien même qu’est-ce que ça peut faire ? Voilà plusieurs mois que nous nous voyons dans son bureau. C’est strictement professionnel, conventionnel, presque un peu froid, parfois. Ce sont des entretiens à prendre comme ils sont, et auxquels il est très mauvais de penser, surtout au moment de m’endormir. Ils font naître tellement de questions auxquelles je n’ai pas la réponse.
Allons sois brave, sois naturelle, retourne dans cette fichue salle et fais ton travail. Il y a peu de chances pour qu’on ne se dise quoi que ce soit.

Raté. Je retourne à peine près du bar que Nickolas s’y installe. Par réflexe, c’est un peu bête, je détourne la tête et fais semblant de m’occuper d’autre chose… ça ne prendra pas. Ça n’arrange rien. Le hasard encore, tourner la tête un peu trop tôt et croiser son regard. La lumière tamisée y fait y naître des lueurs ambrées.
Au ton de sa voix, on devine que le verre qu’il tient en main est loin d’être son premier. J’ai l’estomac piétiné. Je devrais simplement ne pas répondre, aller lui chercher et lui donner ce stupide… qu’a-t-il dit, déjà ? Sauf que je réalise que je n’en n’ai pas la moindre envie. Et d’ailleurs, mes pieds sont si fortement ancrés dans le sol qu’ils y ont certainement déjà pris racine.
« Non, tu ne peux pas. »
Ma voix est lente et ferme. À l’intérieur, j’ai quelque chose qui s’affole, qu’est-ce que je suis en train de faire ?

Je détourne mon visage et chasse tout l’air de mes poumons en un seul grand coup. L’ironie de sa phrase me fait mal. Il est clair que c’était le but.
« Qu’est-ce que tu fais ici ? »
La petite voix s’alarme un peu plus fort, elle me rappelle que je ne lui ai jamais dit que je travaille là. Je n’avais aucune raison de le faire. Bien, maintenant qu’il le sait, je pense qu’il est dans notre intérêt à tous les deux qu’il n’y remette plus les pieds. À moins qu’il ne prenne désormais un plaisir extrême à venir spécialement pour me lancer ce genre de petites phrases assassines. Si ça lui fait du bien, si c’est ma punition, avec tout le reste, je suppose que je le mérite.
« Oh, mais tu dois bien savoir que mon sens de l’humour n’est pas particulièrement développé. »

Tournes le dos, détends ces fichus nerfs, il y a sans doute des tonnes de choses à faire à cette heure-là. Vas voir ailleurs, il n’y sera pas. Et j’ai beau me l’ordonner intérieurement, je ne bouge pas pour autant. C’est un drôle de ballet, on dirait des aimants, mes yeux ne cessent de croiser et de s’éloigner des siens. Ça devient un peu pire encore à chaque fois. Je mets toute mon énergie à ne pas laisser apparaître mon chaos intérieur sur mon visage, au point qu’il n’en reste pas une petite once pour me faire décoller les pieds du sol.
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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Ven 14 Avr - 23:44

     

Rose ♦ Nickolas
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M
on regard ne l'avait pas de suite remarqué, ce qui ne m'avait plus que ça dérangé, me permettant de jouir de cette soirée en m'alcoolisant plus que je ne devrais, comblant un manque de luxure, virevoltant parmi cette foule jusqu'à rejoindre un petit balcon offrant à ma vue une valse d'hormone. Après la tragédie qui avait tapé le pays il y a quelques jours comment leur en vouloir ? Pas toute la ville avait été touché, bien heureusement, des endroits plus que d'autres. Ce jour-là, il était vingt-et-une heure lorsque je rejoignais l'adresse d'un entrepôt situé dans le quartier de Te Aro, troquant un costume nœud papillon pour un jogging à la couleur écarlate, le coton d'un t-shirt venant se plaquer contre mon torse j'étais fin prêt à recevoir la douleur, distribuant moi aussi des coups à mon adversaire. Les néons placés à quelques mètres du sol comme seul éclairage dans l'obscurité environnante, un cercle tracé à la bombe de peinture, les dollars verdoyant glissant d'une main à une autre, le combat approché. A l'instar des derniers combat, rien ne se passa comme prévu, un sifflement tambourinant l'acier du bâtiment et pour quelques secondes plus tard un bruit plus sourd, la toiture se soulevant, comme si le bâtiment était fait un légo, la violence de l'air faisant décrocher une pièce en acier composé de barre en fer, percutant mon corps jusqu'à l'allonger sous cette structure. J'étais prisonnier, une barre traversant mon torse et malgré ça, je ne ressentais rien, si le morceau ne dépassait pas, attirant mes yeux bronzés je me serais certainement levé l'air de rien. Pas besoin d'avoir fait médecine pour comprendre qu'il s'agissait d'une mauvaise idée, que le temps allaient tourner jusqu'à ce que les secours parviennent jusqu'ici, des services de santé et de secours médical qui en cette nuit doublerait voir triplerait leur temps de travail. Je n'en avais aucune idée à cet instant-là mais une catastrophe avait frappé toute la ville, un ouragan dont la force n'avait encore jamais été rencontré dans le pays. Seul la toile de l'univers s'offrait à mes yeux, me permettant de réfléchir à ce que ma vie avait été, à qui je manquerais si par malheur je devais perdre la vie en cet instant. La vie, elle ne tient qu'à un fil, c'est encore plus ce soir là que je m'en rend compte, verrais-je ma génitrice apparaître au bout du tunnel pour m'emmener rejoindre l'escalier de marbre et rencontrer les hautes puissantes. Et si nous n'étions rien après, que poussière s'envolant dans la stratosphère ou servant de nourriture à ses insectes vivant sous terre ?

Le « tic-tac » incessant des trotteuses, l'aiguille des secondes déroulant sur mon cadran comme une course au cent mètres pour évaluer le meilleur sprinteur. Un tempo régulier provoquant une augmentation de mon pouls et ainsi de mon cœur, dont j'ignorais si il avait été touché par cette barre logé en plein dans ma poitrine. Cessant de compter les oscillements d’aiguilles après trois cent, je n'ai aucune exactitude quand au temps mis par les secours pour arriver. L'oxygène traçant son circuit habituel, avec plus de mouvement de la cage thoracique. La chanson si reconnaissante d'un camion de pompiers se fit entendre, un voyage pour l'hôpital m'octroyant une ligne transversale sur le pectoraux gauche de cinq centimètres de long, le même résultat dans le dos. Chanceux, c'est le terme qu'avait utilisé le corps médical concernant mon cas, à quelques millimètres et c'était le cœur. Il faut croire qu'un ange gardien veille sur moi là-haut, est-ce toi maman ? Ou un autre disciple ?

« Je viens boire, c'est pas encore interdit à ce que je sache non ? » de la glace sort de ma bouche, elle n'a pas fait mieux avec son ton sec et autoritaire, bien qu'au fond de ton être ça te donne simplement envie de la plaquer contre ce bar. Quel scénario déroulait entre ses synapses ? Avait-elle sérieusement penser que je la suivais ? Si seulement, j'ignorais cet emploi, ainsi que ce bar parmi tout les établissements consommateurs d'alcools il avait fallu que je pénètre dans le sien, c'est assez drôle quand on y songe deux ans sans se croiser, errant dans la même ville fréquentant plus ou moins les mêmes lieux et se mettre à se croiser comme ça du jour au lendemain. Le destin est assez cruel quand il veut s'y mettre. Ce n'est pas assez de me voir souffrir sans rien ressentir, juste cette colère qui me consume, creusant ce trou au fond de mon être. Un billet sorti de mon pantalon que je glisse sur le comptoir, le client est encore roi et elle n'est pas en position de refuser de servir un client et même si tu ne te fais pas d'illusion. Elle frétille de l'autre côté du bar, un corps raide … un corps si désirable qu'il m'irrite la cornée quand je le regarde, repensant au teint laiteux, à ses petits grains que collectionner son anatomie sous différent endroit.

« sers moi donc un monaco, ou un bière qu'importe. »
répliquais-je, non boire ne faisait pas encore partie des crimes, les actes qu'on pouvait réaliser sous ces différentes substances peux-être, je n'avais pour l'heure pas décidé de me ranger du côté obscur de la force. Tuer ? Pour quoi faire ? La seule chose que je souhaitais c'est des réponses concernant cette barmaid qui se trouver face à moi.
« il existait une femme jadis qui en avait un, mais du jour au lendemain elle s'est transformé en une créature différente, perdant le sens de l'humour et le reste avec ça. » ma voix grave évoquant cette femme qui avait été mon premier amour, l'unique femme que j'avais aimé durant mes vingt-six années d'existence, son caractère m'avait séduit et tout ce qu'elle cachait. La vérité c'est que j'étais persuadé d'avoir rencontré celle avec qui je partagerais ma vie. Platon avait une théorie selon laquelle il existait autrefois des êtres dotés de quatre jambes, quatre bras et deux têtes. Ils étaient parfaitement indépendants, heureux et puissants. Trop puissant au goût de Zeus, qui les a coupés en deux et éparpillés aux quatre coins du monde, si bien que les humains sont maintenant condamnés à rechercher éternellement leur moitié, celle qui partageait jadis leur âme. Seuls les êtres humains les plus chanceux retrouvent leur moitié coupée, tu sais. Mythe ou réalité ? Je crois en l'âme sœur, au coup de foutre, au true love, mais comment savoir quand on l'a trouvé ? Et si elle disparaît alors qu'on l'avait sous la main ?

« mais qui ai-je en face de moi ? L'ange ou le démon ? » arquant mes sourcils, lui faisant face, je ne décrocher pas mon regard, la musique avait beau vibrer sur chaque mur, rebondir dans un écho, une bulle venait de s'installer entre ce compteur, Rose et moi, seul le tambourinement de l'organe rougeoyant, torturé résonnait à mes oreilles.



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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Sam 15 Avr - 1:32


où vont-ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent-ils les mots jamais dits ?
Pendant l’ouragan, tout a été très flou, très rapide et très lent à la fin. Je n’ai pas pensé, ou presque, à tous mes proches qui se trouvaient en ville eux aussi et risquaient leur vie à chaque seconde. Le vent hurlait. Je cherchais un abri, et puis je suis tombée. La branche m’a perforé le ventre et je me souviens qu’il a fait très sombre. C’était noir et j’avais peur. Quand j’ai rouvert les yeux, la réalité était encore une fois pire que mes cauchemars comateux. Il y avait une tache rouge qui s’étendait sur le devant de ma chemise. J’ai mis la main dessus, le sang a coulé entre mes doigts. C’est là que quelque chose s’est bloqué dans mon cerveau. Ma main, le sang, la lumière aveuglante. J’ai appelé mon père. C’était la même blessure que lui avait un peu plus haut, la même tache progressant qui a remplacé l’image de son visage dans ma mémoire. J’ai oscillé entre délire et souvenir, douleur et envie de me laisser aller à elle et instinct de survie. Fichu instinct plus fort que tout. On m’a récupérée vivante.

À présent, ma main, je la mets par réflexe pour chercher à rendre réel ce qu’il s’est passé, sans y parvenir, sur mon ventre, contre la cicatrice. Un, deux, trois, treize points de suture. Treize petits points qui me réparent, le passé a décidé de refaire surface en cascade en ce moment. D’abord lui, sur le seuil du bureau alors que rien n’aurait pu laisser envisager un hasard pareil, et puis November et tous les souvenirs qui lui sont associés, et puis la blessure qui me faisait tellement ressembler à mon père. Certains symptômes de mon ancien mal refont surface, je les refoule, je lutte contre eux ; je refuse d’y croire. Les accès de violence, verbale, physique, le mal infernal, c’est du passé maintenant, pas vrai ?

« Il y a un taux légal maximum d’alcoolémie et je crois que tu l’as dépassé. » Et ça ne te ressemble pas, non, pas que je le sache. Mais après tout, puisque j’ai changé deux fois du tout au tout en si peu de temps, pourquoi pas lui aussi ?
Il tire un billet de sa poche et le pose sur le bar, son geste m’irrite. Je ravale le plus gros de la rage qui monte en moi et prononce, encore plus lentement, plus froidement que tout à l’heure. Histoire d’être sûre de me faire bien comprendre.
« Non. Range ça. Tu as suffisamment bu comme ça. »

Cette fois c’est sûr, il a abusé de la bouteille. D’abord la petite phrase ironique, maintenant cette espèce de récit aux accents larmoyants. Je serre les lèvres. Il a passé sous silence une bonne partie de l’histoire. Je ne me suis pas transformée en une personne horrible et déprimée du jour au lendemain, comme ça, sans raison. Mon père est mort, bon sang, Papa a lâché son dernier souffle dans mes bras. Une mécanique terrible s’est mise en route dans mon cerveau, quelque chose a lâché prise. J’étais malade – c’est bien l’étiquette qu’on m’a collée partout, malade hein ? Et personne ne veut comprendre. Pas plus ma sœur que lui, s’il savait.
J’étais malade, je manque laisser sortir ces mots-là de ma bouche, mais je me retiens juste à temps. Inutile d’en parler. Cette simple déclaration entraînerait de longues explications et une discussion beaucoup trop compliquée pour que nous soyons en mesure de la tenir, dans notre état actuel à tous deux, sur le coin de ce bar.
« Par pitié, ne me fais pas un scandale ici. »
Pas ici. Ailleurs, plus tard, s’il faut vraiment que les choses éclatent alors que tout se déroulait si pacifiquement jusqu’à maintenant. Qu’est-ce que c’est, c’est l’alcool, la patience qui s’épuise au bout de quatre mois, qui le pousse à se comporter ainsi ?

Ange ou démon. C’est comme ça qu’il me résume. Ange, c’est la fille qui découvrait sans cesse ses dents quand elle souriait, cette fille persuadée que nos deux coeurs s’accordaient sur le même rythme – un peu cliché, j’avoue. Cette fille devant laquelle un grand trou s’est ouvert et qui est tombée à pieds joints dedans. Je ne connais pas le démon dont il parle. Les crises, je m’en souviens par brefs éclairs, comme si mon esprit en retrait avait observé une toute autre personne agir. C’était ça. Nous étions plusieurs dans ma tête chamboulée. Je paie pour toutes ces personnes. Il ne sait pas que quand il me parlait, sa voix était couverte par les hurlements d’autres qui me scandaient que le monde était un endroit horrible. Il ne sait pas que malgré ses étreintes, j’avais tout le temps froid, que j’étais incapable de rien ressentir d’autre que cette douleur abominable qui avait pris le pas sur tout le reste.
Mon auréole est morte et incinérée, quant à mes cornes, j’espère les avoir laissées au vestiaire pour jusqu’à la fin de mes jours. La troisième Rose, celle qui se tient trop droite devant lui avec ses jambes qui flageolent un peu, c’est juste quelqu’un de fatigué qui ne veut pas endurer cette scène.
« Et toi, tu peux me dire qui se trouve devant moi en ce moment ? Parce que je n’ai aucune idée de qui il peut s’agir. »
Ce n’est pas celui qui me prenait dans ses bras quand j’étais triste, quand j’avais peur, quand j’étais heureuse aussi – combien de fois ont-ils pu me tenir ainsi – pas celui non plus que j’enlaçais à mon tour. J’ai perdu cette personne-là il y a deux ans, par un maudit matin de mars. Ce n’est pas non celui tellement professionnel qui me parle de mon livre, qui me donne des conseils, comme si nous venions tout juste de nous rencontrer et que nous ne savions absolument rien l’un de l’autre.
C’est quelqu’un qui me fait presque peur par ce dont il pourrait être capable.

J’ai mal au ventre. C’est une douleur étrange qui remonte du bas et va jusque dans ma gorge, insinueuse, fine, mortelle. Nous sommes de vieilles amies, elle et moi, pour ainsi dire. Elle était là le jour où il m’a ouvert la porte de son bureau et que j’ai cru que le choc allait me faire défaillir. Elle est là de nouveau parce que son petit jeu de cracher sa haine à mon visage fait mal. J’ai mal au ventre, le souffle court, l’envie de me laisser tomber par terre et ramasser à la balayette, allez zou, à la poubelle, bon débarras. Au lieu de quoi, il faut faire semblant d’être impassible, insensible, et ne pas mordre ma lèvre inférieure qui me trahirait. Les garder bien serrées pour filtrer les paroles qui en sortent, rester stoïque. Mais j’ai mal. Et je n’ai jamais su mentir.
« Je vais te faire un café. Ça ne peut pas te faire de mal. »
Tourne le dos, vas-t’en, vite, vite. Laisse derrière toi ce détestable petit jeu.
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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Sam 15 Avr - 3:53

     

Rose ♦ Nickolas
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Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ?
L
a colère, elle n'avait pas quitté mon sang, prenant vie à chaque parole, à chaque violence, elle n'avait fait que s'accroître depuis que j'avais baissé les bras, l'abandonnant lâchement. J'avais tout donné, l'entourant pour faire face à cette épreuve, or, rien n'avait suffit, ma patience avait eu ses limites et c'était de sa faute, j'étais en colère contre elle, pour m'avoir repoussé, me laissant seul et désabusé et malgré tout ça. Lors de cet ouragan il avait fallut que mes pensées se tournent vers elle … se demandant si elle allait bien et si elle était en sécurité . Pas comme moi avec une barre dans le torse, on fait mieux niveau soirée.


 « Je mentirais si je répondais autrement que par je ne sais pas. » avouai-je, distrait par les émotions malignes et contradictoires qu'elle m'inspirait. Des sensations sur lesquels j'étais incapable d'apposer une étiquette, tant elles étaient floues et obscures. L'alcool ne m'y aidait pas. Il noyait mes pensées, assassinait la méfiance et échauffait un esprit fragilisé par le manque de sommeil et une obsession indésirée. Fuir Rose ne m'avait servit à rien, si ce n'est à fermer les yeux sur la réalité d'une soif primaire que le temps ne parvenait pas à tuer. Elle incendiait ma gorge, asservissait mes muscles et torturait un cœur aux battements irréguliers. Je haïssais cette faiblesse qu'elle me forçait à regarder dans les yeux, j'exécrais ce manque de contrôle qui me rendait instable et fragile. Mais, la boisson ayant abolie les faibles boucliers noirâtres d'ordinaire maintenus par un orgueil assommé, l'idée de tourner les talons ne me vint pas à l'esprit. J'étais faible lorsque mes yeux se poser sur elle et si dans le cadre professionnel il était si facile de le camoufler, la revoir se peindre dans mon paysage me ballotter d'un coin à un autre, casser mes habitudes et réveiller ce mal être, cette solitude dont je m'étais entouré depuis la fin de notre chapitre.

« j'ignorais que tu avais un éthylotest inclus dans ton nez. »
 rétorquai-je en la quittant sciemment des yeux pour m'adosser au comptoir. Embrumé, comme la plupart des clients assis sur un tabouret, sur une banque ou tout simplement stationné debout, un verre à la main, se mouvant sur une tonalité électronique, suave ou cacophonique . J'étais dans la phase où l'alcool semblait officiellement faire son effet. Je le sentais cogner contre ma tête, brûler dans mes veines, assommant, tout en étant vivifiant, une véritable contradiction ! Il nous rendait amorphe, tout en nous rendant dingue et intenable.
« si tu daignais me servir, je n'en ferais pas. » après tout, pourquoi m'interdire de boire si tel était mon choix, je n'étais plus rien de sa vie, si ce n'est son collaborateur et un nom parmi d'autres certainement qui finirait par couler en avançant dans le temps. Un personnage principal quittant la scène pour ne plus y remonter ou en tant que figurant. C'est à ça que je devrais m'habituer, être une partie de son passé. On pouvait reconnaître son professionnalisme avec son interdiction de me plonger dans un état encore plus léthargique. La fatigue était présente malgré tout, une dernière pic lui étant destiné, avant d'abandonner, j'ai bien compris qu'elle se montrerait borné, en réalité je n'avais qu'à prendre mes jambes à mon cou, quitter ce bar pour un rejoindre un autre, dès lors je pourrais continuer à fuir une réalité déplaisante. Mais non, à la place je reste assis sur ce tabouret, à contempler l'objet de tout mes désirs. Sadomasochisme. C'est ce que je dois être, qui pourrait rester-là face à ce qu'on a plus et qu'on veut toujours, mais dont on sait pertinemment qu'il n'y a pas d'issue. Il y a trop de souffrances dans notre histoire.

« les gens changent il semblerait, tu n'es pas la seule à avoir subit les coups de putes de la vie. »Mon cœur s'emballa, pulsant ainsi un sang brûlant, et ses battements résonnèrent sourdement dans mes tempes, dans ma gorge sèche et jusque dans la pulpe de mes doigts recroquevillés sur la barre en acier visé au comptoir. C'est pas la première fois qu'en mettant les pieds dans un bar je remarque ce détail, insignifiant soit, mais qui me tarauder l'esprit, pourquoi mettre une barre ? À quoi ça sert ?  Une gorge qui émit quelques sons ressemblant étrangement à des mots. A une question qui vibrait, qui replaçait une réalité déchirée par la musique et le contexte dans lequel nous étions immergés. Tout comme la jeune femme j'avais perdu ma génitrice, l'une des ses mères qui m'avait vu grandir, apprenant le respect et les valeurs, aujourd'hui, elle n'était plus là, à l'inverse de Rose je ne pouvais pas blâmer de coupable, seulement ses foutus métastases ou l'incapacité de la médecine à réussir là où on l'attend. Elle était partie, comme toi. Et je n'arrivais pas à m'en remettre. Cette sensation d'être seule, incomplet, elle ne me quittait plus.
« et c'est pour la boisson que tu dis ça je suppose ? » La provocation drapait des mots fuyants, que ma langue avait joué spontanément. Mais je n'en regrettais aucun depuis le début de cette conversation. Une conversation, si l'on pouvait appeler ça ainsi. La seule chose que je lui avais demandé c'était de me servir une nouvelle fois un verre, accroître mon alcoolémie un peu plus, pourquoi ? Pour tout oublier, le temps d'une soirée et réitérer ce style de soirée. Je n'attendais pas vraiment de réponse à une question somme toute rhétorique, car il n'y en avait aucune autre si ce n'est celle que je venais de déclamer.

« un café … bien soit fait moi un café, tu penses réellement que ça va me calmer ? C'est plutôt un excitant … et nul besoin de ça. »
lançai-je d'une voix aggravée, tout autant qu'un regard qui chercha le sien avant de s'y immerger. Je ne savais pas vraiment ce qui me poussait à jouer ainsi avec un feu que je savais pourtant dangereux en une connotation sexuelle assez lisible. Je changeais d'intonation, ravalant cette dureté à son égard pour le moment, le regard de plus d'un client sur moi m'irritait au plus haut point, la seule solution pour que chacun de son individu retour à ses occupations est de paraître normal. De baisser mon ton, en dessous du niveau sonore ambiant. A quoi elle jouait ? À discuter avec moi, tentant de me désaoûler … quand bien même j'en aurai besoin, depuis quand possédait-elle un insigne luttant contre le crime d'alcoolémie.





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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Sam 15 Avr - 12:11


où vont-ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent-ils les mots jamais dits ?
Tandis que nous attendions les secours et que je regardais ma chemise se teindre de toujours plus de rouge, la première personne sur laquelle j’ai pleuré, c’est mon chat. Je l’ai imaginé si petit, coincé à la villa, terrorisé tout seul. Puis j’ai pensé à ma sœur, j’ai pensé à ma mère, qui, malgré nos différents, je ne supporterai pas de perdre. J’ai songé à chacun de mes amis et jusqu’à la plus lointaine de mes connaissances comme si le simple fait de les faire apparaître dans mon esprit pouvait les protéger du danger. J’en ai appelé beaucoup après mon retour à la maison, pour m’assurer que mes petites idées avaient fonctionnées. Plus ou moins. Leurs voix étaient souvent blanches et encore sous le choc.
La sienne, je ne sais pas. Je n’ai pas osé.

« J’ai des oreilles et des yeux, ça me suffit. » Nul besoin d’utiliser rien que le plus basique des tests pour se rendre compte qu’il a trop forcé sur l’alcool. Pas de chance, avec tous les bars dont la ville dispose, il a fallut qu’il jette son dévolu sur mon lieu de travail, et encore moins de chance, au vu de toutes les personnes présentent ici, c’est tombé sur moi. Le destin doit être un grand malade mental.
Il me semble tout de même avoir encore suffisamment de raison pour ne pas provoquer un scandale ici. C’est vraiment la dernière chose dont nous aurions besoin, pour notre image à tout deux.
« Tu as plus besoin de rentrer te coucher que d’un nouveau verre. »
J’essaie de parler raisonnablement, comme je le ferais avec n’importe quel autre client qui ne se rendrait pas compte qu’il a outrepassé les limites, mais c’est pratiquement impossible. Si c’était un parfait inconnu qui se trouvait à ce comptoir, je ne me sentirai pas aussi touchée par chacune de ses réponses. Pas aussi démunie.

Bien sûr que les gens changent, surtout quand on les a perdu de vue pendant deux ans, mais rarement du tout au tout, si ? C’est la fin de sa phrase qui m’inquiète. C’est plus fort que moi. Il y a quelque chose de certainement très grave caché derrière cette expression pleine de ressentiment, un sous-entendu terrible. Je ne marche pas. Je lui cours littéralement après.
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
Ma tête est folle, mon coeur défaille. Pendant tout ce temps, son image n’était supportable que lorsque je l’imaginais être le plus heureux du monde. Travail, maison, je projetais sur lui seul tout ce que nous avions imaginé auparavant à deux. Il y avait une autre fille aussi, parfois, mais elle était brune avec tantôt des boucles, tantôt une cascade de cheveux raides. Alors je secouais la tête, je m’efforçais de chasser ces images-là, et je me contentais de lui souhaiter une existence parfaite. Meilleure sans moi.
C’est idiot, parce qu’en réalité, il ne faut jamais oublier que la vie c’est dur, la vie ça brise sans cesse, et qu’au final, la vie, c’est surtout beaucoup de mort. Pertes, renoncements. Tristesse. Et on s’en remet sans arrêt. Tant bien que mal.
Ma bulle imaginaire l’avait protégé utopiquement de toutes ces choses.

Je ne réponds pas à sa provocation. Ce serait inutile, si je trouvais quoi lui dire, il ne m’écoute pas vraiment. Il déverse sa haine et sa colère décuplée par les verres déjà vidés. Je cherche la première excuse plausible pour m’éloigner, pour arriver à décoller mes pieds du sol et sortir de ce cercle infernal. Ce n’était pas forcément l’idée du siècle, nous sommes d’accord. Ça lui aurait au moins permis d’avoir autre chose dans les veines que de l’alcool.
Si je m’attendais à sa réplique.
Mon corps est celui d’une poupée de chiffon, comme du verre terriblement fin qui risque de se briser à chaque seconde. Je fais un pas en arrière. Ses yeux me cherchent et me dévisagent. Je me suis noyée là-dedans. Ils me fixent, ils me dévorent, je me dissout à l’intérieur, c’est terrifiant. La tête me tourne presque, j’ai les oreilles qui bourdonnent, je crois que j’ai peur. J’ai peur… alors ce n’est pas un coup qu’il meurt d’envie de m’envoyer au visage.
Ses yeux, ses yeux horribles et magnifiques, ses yeux sont comme des aimants dont je n’arrive pas à me défaire. Ses yeux. Encore et toujours ses yeux. Est-ce que le temps s’est arrêté, est-ce que nous sommes toujours au bar, est-ce que je respire encore ?
Bras le long du corps, accuse le coup, ne plie pas trop. Inspire, expire, à chaque fois ça fait un peu plus mal. Inspire, expire. Rien à faire. J’ai le souffle court et je n’arrive pas à me sortir de ses prunelles. Ma main se crispe. Elle cherche ma chair pour y enfoncer mes ongles. Saleté de réflexe conservé depuis l’hôpital, toujours vouloir m’infliger ce genre de petites douleurs physiques pour oublier la pire, la terrible, l’incontrôlable souffrance morale.
« Je peux aussi te jeter un seau d’eau froide à la figure, à toi de voir. »
Inspire, expire, mais pas aussi vite que ça. Inspire, expire, essaie de détendre ces poumons qui se sont ratatinés à la taille d’une châtaigne. L’eau froide. Il paraît que ça remet les idées en place.
Il ne sait pas ce qu’il dit.

Alors, comme par magie, le sang se remet à circuler normalement dans tout mon organisme. Mes jambes redeviennent mobiles. Je bénis ce miracle et décide de mettre fin immédiatement à cette petite scène. D’ailleurs, elle a finit par attirer l’attention. C’est sa faute. Il parle trop fort.
Un de mes collègues s’est approché sans que je m’en rende compte. Sa présence tout à coup manque de me faire sursauter, pourvu qu’il n’ait pas entendu un seul mot de notre échange.
« Un problème, Rose ? »
Je me tourne vers lui, le visage soudain transformé, sourire aux lèvres, comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
« Pas du tout. Monsieur s’est rendu compte qu’il était temps qu’il s’arrête et de rentrer chez lui. Je vais aller m’occuper des tables du fond. »
Oh, cette phrase tellement ironique, cet ordre à peine dissimulé, rien de bon dans tout cela. Je n’aurais pas dû m’exprimer ainsi, tant pis, c’est fait. Le passage éclair de mon collègue a permis de briser notre cercle terrible. Je passe de l’autre côté du bar pour me diriger vers le fond de la salle. Au fond, qu’il s’en aille ou qu’il satisfasse ses envies de beuverie avec un autre de mes coéquipiers, ça m’est égal. La seule chose qui m’importe, en ce moment, c’est de m’éloigner le plus vide possible, le plus loin. Et de ne plus jamais recroiser ce regard ambré-là.
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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Sam 15 Avr - 22:07

     

Rose ♦ Nickolas
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Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ?
O
n ne s'y attend pas, au catastrophe, au tragédie, les professionnels ont beau déterminer une magnitude ou tout autres données scientifique, ce ne sont que des chiffres, ça ne nous parle pas. Eux-même n'ont aucune conscience de ce peut toucher les pays, ils ont une vague idée par des anciens fait. Mais on ne peut pas savoir de quoi on parle, sans y avoir été dans cette torpeur. Surprenant, la force dont est dotée la nature, un pouvoir qu'elle puisse dans toutes ses couches. Le vent, tout aussi dévastateur que le feu ou les eaux, c'est à voir cette nuit-là les dégâts qu'elle a causé, les toits arrachés, les inondations et un nombre assez important de blessé. Moi et combien d'autres ? Immédiatement les pensées se tournent vers Alejandro, November et tant d'autres. La pulpe de mon index glisse sur l'écran tactile de cette technologie, des textos envoyés pour savoir si ils allaient bien, tous. Sauf une. Rose, son nom était écrit en lettre majuscule sur ce moyen de communication, le Nicko qui était encore inquiet pour elle voulait appuyer sur l'icône symbolisant le téléphone à la couleur émeraude, mais tel un démon le Nick d'aujourd'hui referma la fenêtre aussi rapidement que cette idée avait pu taper ma tête. Je tenais encore en la jeune femme il n'y avait aucun doute à avoir là-dessus même si je tentais de prouver le contraire aux autres, il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait me trahir, son meilleur ami, le mien aussi. Une seule personne, gardienne de ce secret, qui connaît le vide qui se cache au cœur de mon buste, par toutes les manières aussi différentes soit-elles j'avais essayé de l'oublier, de l'extraire de mes souvenirs, de ma tête et de cet organe vital. Rien n'a fonctionné. Comme un virus inconnu dont on ne trouve pas les souches.

Du virus à l'addiction, il n'y guère grande différence. Fallait bien la remplacer par autre chose, les femmes avaient beau distraire tes pupilles, tu les fuyais comme la peste. Aucune n'avait le pouvoir ou la prestance d'agir sur mes cellules, mécaniquement il y avait un problème d'horlogerie, je n'étais pas devenu asexuée non. La souffrance recouvrant tout mon être, même un vulgaire muscle ne nécessitant pas de penser, ne voulait agir. Détraqué. Comme une montre à gousset, la trotteuse vibrant sur place. Le temps qui ne suit plus le rythme des saisons. Les glaciers des pôles qui fondent à toute allure. Un mot qui définissait bien ma vie depuis ses vingt-quatre derniers mois. Et un destin joueur qui remettait sur mon chemin, celle qui m'avait enlevé ce bonheur et cette confiance.
« T'inquiéterais-tu de mon sors ? Ou tu t'es prise pour ma mère ? » répliquai-je en lui coulant un regard narquois. On dit que c'est magnifique quelqu'un ayant eu le cœur brisé mais croyant encore en l'amour. Je n'en suis pas si sûre. On s'est joué de moi, on a capturé mon cœur pour le traiter comme un vulgaire chiffon. On m'a laissé me débrouiller au lieu de m'épauler. Je crois encore en la beauté de l'amour, oui. On a loupé le tournant, dérapant et virevoltant dans une boite en acier imaginaire. S'écrabouillant dans un mur, tandis que d'autres couples ont plus de chance, ils anticipent ce tournant, rabaisse la vitesse et passe le col sans difficulté. l'alcool n'était-il pas connu pour rendre con ?   J'humidifiai mon inférieure sèche d'une caresse humide d'une langue assoiffée, sans savoir si c'était l'alcool ou l'ambroisie qui me tourmentait. Les mots m'avaient échappé, une phrase laissant place à un mystère qui semblait avoir fait naître un vif intérêt. Il n'était pas trop tard pour faire machine arrière, pour éviter de ne dire un mot de plus.

«Simplement que tu n'es pas la seule à affronter la perte d'un être cher. » répliquais-je brusquement en vrillant mon regard au sien. J'en avais trop dit. D'une certaine façon comment pouvait-elle obtenir la réponse ? Je pouvais très bien parlait d'elle … d'un cousin/ d'une cousine, de l'un de mes meilleurs amis. Sauf que ce n'était pas le cas. C'était ma mère que j'avais vu une dernière fois, son corps de glace au teint laiteux, celle que jadis elle avait aimé avait tenu à lui dire au revoir, quand elles se sont séparé, Eva m'avait simplement zappé de sa vie. Il n'y avait pas beaucoup de monde, l'ancienne mère, les amis de travail et le patron, quelques relations créé avec le temps venu écouter les morceaux qu'elle avait scrupuleusement choisi avant de voir la boite ne devenir que des cendres. Des milliers de dollars échangés qui s'envoler en un rien de temps, la seconde résidence n'a pas eu le temps de gagner en investissement qu'elle vol en fumée. Mes pieds avaient quitté cette terre, mon corps s'était glissé contre un mur, une urne serré contre ma poitrine une bouteille de l'autre j'avais accusé mon chagrin ainsi. Ressentant le manque d'une tête se posant sur mon épaule, sa main venant glisser dans ma chevelure sombre, du réconfort, du soutien. Que je lui avais prodigué. Mais elle n'était plus, elle ne serait pas celui qui me l'apporterait. Seulement cet alcool qui glisse dans mon sang chaque fois que j'en ressent le besoin, c'est enivrant. Me retourne mes cellules grises, ignorant où je me trouve, s'en est même étonnant que je ne me sois pas encore retrouvé dans un lit d'une fille, mon cortex doit suivre mes directives c'est toujours ça de prit.

Un sous entendu qu'elle semble avoir déceler, sans ça elle ne m'aurait pas proposer une eau d'eau froide, il paraît que ça aide à soustraire les idées de corps à corps, mais en ce qui me concerne c'est pas sûre. Je suis en manque, en manque d'elle tout simplement. On peut bien me torturer, me la retirer que l'idée persistera encore. A cette image, un frisson me parcouru le dos. Quand bien même, l'outil de masculinité ne te servait pas, il n'était pas pour autant inutile. On ne contrôle pas ses songes, ses désirs, ni ses souvenirs, quand les trois se mélangent ça donne un regard insistant dans lequel on peut y voir des flammes danser. L'apparition d'un de ses collègues te ramène à six pied sous terre. « faut qu'en plus madame est un caniche … j'allais pas te mordre love. » J'inspirai doucement et m'adossai à ma chaise pour m'éloigner de ce visage aux prunelles hypnotiques. Elle avait un regard … captivant et il était sans doute ce qui me perturbait le plus chez elle. Je serrai les dents et, d'une pression, m’efforçai de ne pas succomber à l'ensorcellement de ses yeux dans lesquels je ne me noyai que trop aisément. Une pression. La rangée d'ivoire embrassa à nouveau sa compagne. Un surnom qui lui appartenait, un automatisme. es secondes s'écoulèrent et je n'entendais que mon cœur frapper ma cage thoracique, au rythme d'une musique de plus en plus onctueuse. Ce fut soudain. Brusque. Cet ordre prononcé avant que son corps ne disparaisse de ma vue. Laissant à sa place cet homme ridicule qui semblait se prendre pour le sauveur de la jeune femme. Appuyant sur mon avant bras, je parviens à m'extirpais de la chaise, quittant doucement le pub. L'air me saisissant dès ma sortie, l'automne s'était installé préparant l'arrivé de l'hiver dans deux mois, il allait falloir ressortir les écharpes et des hauts un peu plus chaud. Je ne les avais jamais réellement aimé, ces lumières scintillantes qui parsemaient la silhouette des établissements autour de moi, cette nature gâché par l'être humain qui souhait toujours construire plus, à en étouffer la terre. Des éclats de rire, des groupes d'amis déambulant dans les rues jusqu'à rejoindre leur domicile ou leur véhicule pour rejoindre une boite de nuit ou tout simplement rentré chez soi après une soirée bien chargé en alcool. On aurait pu penser que c'était moi, sauf que je n'avais pas d'amis autour de moi, pas ce soir. Mon dos plaquer contre le bâtiment, je regardais le dôme étoilé briller pour moi, jusqu'à entendre la jeune femme et son collègue, j'attendis patiemment qu'il circule loin d'elle, pour la rejoindre. Rattrapant au bout de quelques minutes la distance, un rictus se dessinant. « On ne t'a jamais dit qu'il pouvait être dangereux de rentrer seule chez soi. » mon souffle avait prit fin dans le creux de sa nuque, une esquive rapide devant une action inattendu de la jeune femme. « Pas de stress love, tu voulais pas qu'on discute dans TON bar, alors je suppose que je peux me permettre de te ramener, peux-être m'expliqueras-tu pourquoi tu ne m'as pas retenu ? Pourquoi tu m'as laissé partir sans rien dire, sans rien faire. » mes pas suivent les siens, je ne la regarde pas, l’amertume est présente dans mes parles. « 5 ans ça ne signifiait rien pour toi ? » murmurai-je d'une voix brisée.


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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Dim 16 Avr - 0:18


où vont-ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent-ils les mots jamais dits ?
Sa question n’est qu’hautement ironique bien sûr, mais je la prends au premier degré. Bien sûr. Bien sûr que je m’inquiète pour lui, surtout quand il débarque sur mon lieu de travail en ayant l’air d’avoir beaucoup trop abusé sur la bouteille. Ça n’était pas son genre, avant, mais cet argument-là n’a pas de poids. Je ne peux pas prétendre connaître encore quelqu’un qui m’a dit au revoir il y a déjà deux ans. Et puis, il n’y a pas que la bonne santé de son foie qui est préoccupante. Il y aussi le fait que l’endroit est on ne peut plus mal choisi pour laisser éclater les vieilles rancoeurs. Par pitié, qu’il se taise donc. Je pourrais passer l’éponge sur cet incident désagréable si cela s’arrêtait à présent. Mais non. Il continue. Je ne desserre pas les dents. Toujours un peu plus troublée, toujours avec cette sale impression de tomber un peu plus bas dans l’abîme. Comme la descente est longue.

Presque tout de suite après, l’inquiétude encore, plus importante. Sa phrase est si grave et le sous-entendu qu’elle contient… je crois que je pâlis un peu, mais ça ne doit pas se voir parce qu’il fait vraiment très chaud dans cette salle. Qu’est-ce qu’il a voulu dire par là ? Je lâche ma question, j’attends sa réponse avec un air interdit. Elle est sibylline, mais suffisante. La chose terrible se rapproche et s’affirme, ne laissant que peu de doutes. Oh non… oh non.
« Qui ? »
Je lâche ce simple mot en ne m’entendant même pas le prononcer, beaucoup trop sous le choc. Qui… qui est-ce ? Quelqu’un de son entourage que je connais, qui est sorti de ma vie en même temps que lui mais que je n’ai pas pu avoir oublié ? Dans tous les cas, c’est abominable, c’est affreux. J’attends d’entendre un nom, horrible appel, suspendue à ses lèvres.
Oh non. Oh non.

Et puis la peine se soustrait au trouble, c’est sa faute, l’alcool le fait aller trop vite pour mon esprit perturbé. À peine j’encaisse un choc que j’en reçois un autre. Que je me noie… que je me perds. C’est la pire soirée que j’ai vécu depuis bien longtemps. À l’arrivée d’un de mes collègues derrière le bar, je manque lui sauter au cou. Merci, merci mille fois de me tirer de là. C’est beaucoup trop de choses que je ne veux pas affronter. Avec un visage composé de comédienne, j’assure que tout va bien et ait l’audace d’ordonner à Nicko de quitter l’endroit. C’est tout autant dans son intérêt que dans le mien. Il se recule sur sa chaise, ses yeux se dérobent, je parviens à respirer de nouveau. Sa dernière boutade, carrément insultante, me parvient à peine. Advienne que pourra à partir de maintenant, je suis libérée. D’un mouvement souple, je contourne le comptoir et me dirige vers le fond de la salle, le plus loin possible.
Quelques minutes plus tard, malgré moi, mon regard se pose sur la place qu’il occupait. Elle est vide. Il est parti.

Les tables se suivent, je sers, je souris, je dis bonsoir, merci, au revoir, comme l’air de rien. Mes jambes flageolent encore. Le coeur tout chiffonné, je dis bonsoir, je dis que voulez-vous, je dis au revoir. Il me semble y avoir des kilomètres d’un bout à l’autre de la salle. Et je ne rêve que que toutes les conversations cessent, que la musique s’arrête et que le calme se fasse. Que la soirée s’achève. Que je rentre à la villa sur ces pauvres jambes toutes faibles, que je m’écrase dans mon lit et que j’enfouisse la tête dans mon oreiller, pour oublier tout ça.
On oublie rien, jamais. On fait juste semblant.

Et l’heure finit par tourner, lentement, mais ça arrive. La fermeture appelée de tous mes vœux se rapproche, au revoir messieurs dames, le bar se vide, il reste des dizaines de tables à débarrasser. Ça n’en finira donc jamais.
Une fois dehors, enveloppée dans l’air froid de la nuit, le poids sur ma poitrine s’allège un peu. Je ne me donne plus la peine d’esquisser des sourires, il fait noir. Encore des au revoir au collègues qui prennent des chemins différents, et enfin, voilà, je suis seule. Soupir de délivrance. Rentrons-vite.
Tout à coup, je perçois un chuchotement près de mon oreille, mon coeur rate un battement et j’étouffe un cri de surprise. Je ne reconnais pas sa voix tout de suite, mais il fait très vite apparition dans mon champs de vision.
« Tu es malade ! »
Il est resté ici, à côté du bar, depuis tout à l’heure. Il m’a attendue. Son taux d’alcoolémie doit être encore plus élevé que je ne le supposais.
« Je n’ai pas besoin d’un chevalier servant, merci. »
Je tente un pas sur le côté, c’est raté, il me suit de toute manière. Tout de suite, il m’expose ses intentions. Avoir une discussion. Quelle délicate attention, je n’en voulais pas tout à l’heure devant le comptoir, il a supposé que ça vaudrait mieux de me faire la peur de ma vie en m’attendant dans le noir. Charmant, vraiment.
Ma douleur au ventre, ô vieille amie, est revenue d’un coup, sans crier gare, à peine sa silhouette faite plus nette.
« Mais de quoi est-ce que tu parles ? »
Mon ton est excédé, et bien sûr, je mens. Je sais. Je sais. Pourquoi est-ce que je l’ai pas retenu il y a deux ans ? Ses trois mots sont restés fichés durant tout ce temps en plein dans mon coeur. C’est fini, Rose. C’était achevé. Terminé, consumé. Mon cerveau détraqué avait tout démoli jusqu’aux racines les plus profondes. J’étais malade, que voulait-il que j’y réponde ?

Tandis que les questions se formulent en cascade dans mon esprit, le plus dur finit par arriver. C’est comme recevoir un coup de poing dans l’estomac, ça me coupe le souffle, ça fait taire ma colère, pour ne plus laisser place qu’à une amertume grandissante.
« Comment peux-tu seulement avoir pensé ça. »
Vas-y, dis lui tout. Je pourrais lui expliquer qu’après son départ, je suis restée prostrée, cloîtrée à la maison avec ces voix-là dans ma tête qui y hurlaient de plus belle. Je pourrais lui raconter que je n’ai pleuré que la semaine d’après, en prenant conscience que ses mots à lui avaient été bien réels. Que je me suis déchiqueté les mains à force de me mordre les doigts. Qu’au début, dans ma chambre d’hôpital, quand son image était soudain projetée entre les quatre murs si blancs, elle suffisait à déclencher les crises. Puis mon psychologue m’a appris un nouveau concept, que j’ai traduit par le terme de résignation. En résumé, se considérer comme morte et tout ce qui était derrière soi, perdu. Une nouvelle naissance, si elle est possible.

Cinq ans, cinq longues et plus belles années de ma vie, un peu moins d’un cinquième. C’est tout ce qui nous aura été offert. Tout ce bonheur doré qui éclatait autour de nous. Piétiné. Mis en pièces. Relégué au rang des souvenirs divins. Quand bien même j’aurais été une personne tout à fait différente, moins émotive, moins nostalgique, je n’aurais jamais pu oublier cela.
« C’est tout ce qui a jamais compté pour moi. » Aïe, mon ventre, on me poignarde, on m’assassine de l’intérieur. Je ne veux pas rester ici. « Je ne sais pas ce que tu cherches au juste, mais je suis fatiguée et je n’ai pas envie d’avoir cette discussion. Si tu pouvais continuer à m’insulter sans avoir besoin que je sois là pour l’entendre, ça m’arrangerais. »
Au bout de la rue, tourner à droite, mécaniquement. Presser le pas. Bientôt la maison, mon lit, l’oreiller dans lequel enfouir le chaos de ma tête et l’étouffer. Faire semblant d’oublier.
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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Dim 16 Avr - 13:10

     

Rose ♦ Nickolas
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Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ?
Q
ui ? La question traverse la parois de chair, le timbre de sa voix ne faiblit pas, mais j'y décèle une pointe de stress. La mort, c'est devenu un sujet de conversation qui touche la femme au cheveux mordoré, ce thème qui fait partie de la vie a détruit celle que j'aimais. Il faut dire qu'on est pas préparé, on est enfant quand ça touche parfois une grand-mère ou un grand-père, on a beau nous expliquer qu'il est partie, dans le ciel parmi les nuages et que de là-haut ils veillent sur nous. On comprends pas. Ça nous fait peur. A l'inverse de l'amour, il est rare de voir la mort au centre de conte, elle est parfois imagé, entouré d'une cape, une faucheuse souvent dans les mains. C'est ainsi qu'on la connaît, dans les dessins animés connu tel que les simpsons ou encore dans Harry Potter avec le conte des trois frères, on nous montre deux styles différents de celle-ci et à la fin, le résultat est le même, qu'il soit un nom sur une liste ou que le moment est jugé opportun, elle vient prendre l'âme des êtres chers. Un père, une mère, une sœur, un frère, une tante, un oncle, un cousin, un ami, un meilleur ami, une connaissance ou encore un collègue de travail, elle est tout autour de nous tapis dans les ténèbres, se glissant dans l'obscurité quand on ne s'y attend pas. Sa main s'enroulant autour de cet organe vitale, pompe naturel qui libère l'oxygène à travers l'hémoglobine, traçant son chemin pré-défini. Réduisant les battements de cœur de sa victime, jusqu'à libéré le dernier souffle, la dernière bulle d'O2. Une âme quittant le corps de son propriétaire en rendant son entourage désabusé, lui faisait vivre les pires épreuves qu'un être humain puisse supporter. « Faire son deuil »… L’expression, que l’on entend comme une invitation à « passer à autre chose », en dit beaucoup sur le double tabou que représentent aujourd’hui la mort et le chagrin dans notre société. Or, nous dit la psychanalyse, ce travail est un processus long et complexe. Et essentiel pour redire oui à la vie. Ce travail de deuil est possible non seulement au niveau de la perte d’un proche, mais il est transposable dans le domaine sentimental, lors d’une rupture et dans le domaine professionnel, lorsqu’on arrive à la fin d’un contrat, ou lors d’un licenciement. Ces 7 étapes sont linéaires, bien qu’il soit possible de faire des retours en arrière, afin de ' tourner la page '. Etape 1 – Le Choc : les mots pénètrent notre subconscient, elle nous prend par surprise, cette annonce. Etape 2 – Le Déni : refuser l'évidence. Entraînant parfois l'isolement. Etape 3 – La colère La pensée de la personne s’alimente de fortes contradictions. Elle peut s’emporter  par ou s’enfermer dans le plus grand mutisme. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu'elle ne comprend pas elle-même. Etape 4 – La tristesse. Les perles cristallines débordent de la cornée, elle nous fait sentir faible. Etape 5 – La résignation C’est l'abandon de cette lutte au cours de laquelle la personne peut avoir le sentiment d'avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue. Etape 6 – L'acceptation : on finit par accepter la situation aussi douloureuse qu'elle puisse être. Quand un combat est perdu d'avance, il faut abandonner. Tout comme Vercingétorix avec la bataille d’Alésia. Etape 7 – La reconstruction : l’acceptation seule ne suffit pas. Il faut reconstruire progressivement. Retrouver goût en la vie et la force de se relever de cette épreuve. Mais cette étape peut s'avérer longue …

Les mots allaient dépasser mon palais, lorsque son collègue vient interrompre une discussion qui n'était pas très instructive, remplie d'amertume, de colère, les veines imbibés de cet alcool, les paroles ne filtrait plus. Que m'apportaient nos discussions houleuses et nos rencontres aussi brèves qu'explosives ? Pas grand chose en effet, juste une compagnie, une distraction éphémère qui me suffisait parfois. Je ne lui en demandais pas plus de toute façon, sauf cette simple envie de la voir. Il n'y avait que dans cette bulle de verre, parmi mon ordinateur et tout les manuscrits reçu sur lequel je travaillais, examinant scrupuleusement et jugeant lequel ferait son entré dans le monde littéraire où je parvenais à garder mes distances. Me montrer non pas aimable, mais pas aussi détestable ou exaspérant que je l'étais en cette soirée. Elle avait écourté ma soirée, refusé que mes lèvres baignent de nouveau dans un liquide blond et mousseux. M'incitant à quitter le clp. Ce que je fis non pas parce qu'elle l'avait exigé, mais à être interdit de boire mieux vaut sortir prendre l'air et attendre patiemment le gong, celui qui libérerait cendrillon de sa tenue.

« de suite les grands mots... »soufflai-je en levant un sourcil moqueur, l'attendre ainsi durant un certain temps pouvait porter à confusion. Me faire transparaître comme un fou furieux, ce n'était pas le cas. J'en avais juste marre de ne faire que de la voir et qu'elle évite soigneusement une discussion qui me pèse. « et si tu te fais agresser ? T'es inconsciente... ou stupide ? » Je suis mécaniquement vivant, puisque mes doigts bougent et que mes yeux clignent. Mais je suis rempli de vide. Comme si j'avais bu la tasse, qu'elle s'était fracassée dans ma gorge et tordait tous les points sensibles de mon corps en épargnant les organes vitaux, histoire que je reste là. Je vois bien les arbres plantés en rang à l'entrée du parking, secoués par le vent avec leurs ombres tordues, mais je n'entends rien. J'ai la sensation de rapetisser et de grandir en même temps. De ne plus tenir dans mon propre corps. Toute ses fois où j'imaginais cette conversation, l'idée paraissait tout à fait réalisable. Pourtant, je m'étais leurrais.
« je parle de notre putin d'histoire merde, ça te parle ? Celle que tu as gâché … détruite. »j'avais fuis, c'était moi qui l'avait quitté pas l'inverse, je l'avais perdu, mais je la tenais pour responsable de ce choix, de cette décision que j'avais prise du jour au lendemain. Une vie au quotidien qui avait prit des airs d'enfer, l'amour n'avait pas été le vainqueur. Et elle n'avait rien fait pour me retenir, pour nous sauver, l'un et l'autre.
«TU n'as pas envie d'avoir cette discussion ? Bien soit … et moi dans tout ça, tu sais combien de temps j'attends une explication ? » La vérité c'est que là maintenant ça va pas. La vérité c'est que j'ai une boule au ventre, un point au coeur, les poumons compressés, le poids qui me pèse depuis deux ans ne s'est toujours pas évaporé, il est là en suspens. Mes cordes vocales vibrent pour en sortir un ton rauque et froid, mon regard s'assombrit, contemplant la rue glisser sous mes pas.
« alors quoi ? Je suis censé partir comme tu le désires ou tu vas tout faire pour que je le fasse sciemment … après tout c'est dans tes cordes. » Vous vous rendez compte d'une telle absurdité. Des hommes mariés qui ont la chance de vivre auprès de celles qu'ils aiment trouvent le moyen de les tromper et moi, je suis fidèle à une femme qui a quitté ma vie, qui ne veut plus de moi. Pour qui je ne ressens que désir et colère, ce qui trouble en soi mon organisme. Mes poumons peinaient à véhiculer l'oxygène, mon cœur emballé souffrait de ses coups violents et mes muscles tendus hurlaient à l'agonie. Mais l'angoisse et la peur n'en étaient pas responsables. Le désir seul me noyait. Le désir seul me rendait dingue. Un désir oublié, enfermant à double tour dans une haute tour, tentant de fuir une réalité que je m’efforçais d'oublier. Mais elle était-là à côté de moi. Je pressai mes paupières, fortement, pour replonger avec brutalité dans le passé. Le passé qui m'échappait, excepté celui qui se dérouler dans les rues d'une ville somnolente.
« J'te déteste pas … j'suis en colère, enfin si je te déteste … d'avoir foutu ce vide en moi. »  pestai-je, les émotions se mélangeaient dans mon être, ressortant dans une demi vérité. Elle n'était pas disposé à parler, souhaitant quitter ma présence aussi vite qu'on peut dire le mot quidditch, pour cette fois-ci j'accordais son vœu. Tôt ou tard, je finirai par avoir mes réponses. Celle qui me permettrait peux-être d'enfin tourner cette page … si je souhaitais refermer ce livre pour le ranger. Il état trop tôt pour le savoir.
« Bonne soirée. » murmurai-je en fixant les lumières de la ville. Laissant son corps me dépasser, seul les courbes de sa silhouette plongeait dans mes yeux. La nuit m'enveloppait et mes pas allèrent regagner ma demeure, une nuit de sommeil ne serait pas de trop après tout ça.




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MessageSujet: Re: Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ? Lun 17 Avr - 12:53


où vont-ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent-ils les mots jamais dits ?
La surprise et la rage se mêlent dans mon esprit pour former un cocktail bizarre qui m’électrise les veines. Le seul mouvement que j’ai envie de faire, c’est mettre mes bras en avant pour repousser tout ça, et puis claquer des doigts pour me retrouver comme par magie dans ma chambre. Seule avec mon mal de tête. Un cachet, et hop, au lit. Les cauchemars viendront peut-être, sûrement en fait, mais ça n’est pas grave. Ils sont si rarement pires que la réalité.
Mais puisque je suis coincée dans cette rue avec lui pour le moment, et qu’il faut marcher pour rentrer me coucher, alors je dois me débattre avec cette scène complètement folle. Je ne retiens pas mes mots. Les grands, tout de suite. D’un autre côté, ce n’est pas vraiment normal de sa part de m’attendre comme ça à la sortie du travail.

Son petit numéro de papa inquiet pour ma sécurité à rentrer seule à pied à une heure pareille me paraît ridicule. Et même, rabaissant. Je ne suis pas une petite chose fragile qui risque forcément de faire de mauvaises rencontres. Je sais me défendre. D’accord, je ne ferais probablement pas le poids contre n’importe qui ayant une masse musculaire à peine supérieure à la mienne… mais de toute manière, je n’ai pas d’autre choix. Il faut rentrer, à cette heure-là. Alors je presse le pas, et rien ne m’est encore arrivé depuis presque un an que je le fais.
« Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? »
Juste après l’avoir sorti – trop fort, comme un cri d’exorcisation – je me rends compte que c’est injuste. Malgré les intonations ironiques qu’il prend, je ne peux pas oublier mon étrange révélation de tout à l’heure, sur le fait que je m’inquiétais pour lui. Ça n’est pas censé marcher à double sens. Je veux dire, il me déteste, on ne veut pas du bien à ses ennemis, selon toute logique. Mais quand même. Je n’aurais pas dû dire ça, et encore moins aussi fort. Je vais réveiller tout le quartier.

Oh non, je ne veux pas parler, pas là, pas maintenant, par pitié. Et l’envie ne m’en viendra pas demain, ni plus tard, ni dans un autre lieu, pas plus au bout du monde. Je ne veux plus jamais parler de tout ça. Pour quoi faire ? C’est terminé. Je ne peux rien dire, rien faire, pas même me mettre à genoux et supplier. Je suis fatiguée de remuer cette boue infâme et d’implorer des pardons, que, de toute manière, on ne peut pas m’accorder. Il y a des choses qui ne s’excusent pas, pour lesquels les mots et les regrets sont insuffisants. Le temps passe et n’effacera, jamais, rien.
Ma sœur me l’a déjà bien fait comprendre.
Si je meurs même à un âge très avancé, très honorable, il y aura des dizaines de gens qui se sentiront soulagés en en lisant l’annonce.
Notre putain d’histoire de merde. Les mots puissants, les mots rageurs. Alors que je l’encense, que je la divinise sans cesse, qu’elle m’éblouit les yeux à chacun de mes regards en arrière – tout le temps – il la jette bas. Il la piétine. Trouée, déchirée, par terre. Sale, maintenant. Comme si ça n’en n’avait pas valu le coup.

Et les accusations, encore. Toujours. Je les mérite, je courbe la tête pour les recevoir. Alors comme ça, si je récapitule, je soûle les hommes, je suis une figure démoniaque et une pourriture d’égoïste qui s’arrange pour avoir ce qu’elle veut au détriment des autres. J’en oublie sûrement. Soit. C’est fou comme cette soirée m’en aura appris sur moi-même.
Mais c’est d’accord, j’accepte et les étiquettes et sa haine. Je me le dis à moi-même, je suis une égoïste de me boucher les oreilles en refusant d’entendre son cri d’appel à l’aide. S’il en a besoin, comme il le dit… sauf que je suis persuadée que ce ne serait bon pour aucun d’entre nous. Une conversation stérile, sans fondement ni débouché, à part quelque chose de très mauvais. En pleine nuit, dans la rue, alors que nous tenons à peine sur nos jambes tous les deux.
« Il n’y a rien à expliquer et tu n’es pas en état d’avoir une discussion raisonnable. »
L’alcool, ça pousse à peu près à tout, sauf à ce qui est bien. Ça vous conseille mal. C’est moteur de regrets. S’il n’en n’avait pas une goutte dans les veines, il s’en rendrait certainement compte lui-même.
La fatigue et le mal me font le même effet, mais je ne le souligne pas. C’est plus facile de lui attribuer cette responsabilité-là. Lâche, mauvaise que je suis.

Coup de poing jamais envoyé, mais bien reçu dans le ventre, douleur qui s’y élève, toujours, étrange, muette. Je créé des vides ? Je fais du mal ? C’est réciproque, sauf que je ne le lui dirais pas. Poumons blessés, contractés, en détresse, en appel d’air. C’est la dernière gifle. Je n’y réplique pas. Alors que c’est le chaos dans mon esprit, que tout ce que je m’y imagine faire, c’est tendre encore ma main, pour le retenir... Attends... Ne me laisse pas sur ça.
Et je ne bouge pas.
Sa silhouette s’enfonce, est dévorée par la nuit.
Je ne bouge pas. Je peux encore crier. Je peux essayer ; mais à quoi bon ? Rappelle-toi. Cette sensibilité accrue et idiote ne nous conduira qu’à encore plus mauvais.
Alors je détourne la tête, et l’esprit vide, choqué, je reprends ma route.
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Rosas ♢ Où vont ils les rêves jamais réalisés ? Rejoignent ils les mots jamais dits ?

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