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 [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

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MessageSujet: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Lun 17 Avr - 12:55

la nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

Rosas

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Doigts longeant ma cicatrice, doigts dans ma bouche, mordus, blessés. Ça ne fait plus mal, avec l’habitude. Serres donc plus fort les dents. Imprimes-y leur marque. Qu’ils saignent, quelle importance est-ce que ça peut bien avoir.
Mes yeux qui scrutent la pénombre, ombre maudite, nuit qui n’en finit pas. Le soleil a dû se noyer dans l’horizon tout à l’heure. Il ne reparaîtra pas. Nous sommes ainsi condamnés à la nuit éternelle, et moi, à l’insomnie.
Ça m’arrive fréquemment, mais en général, je trouve de quoi m’occuper. J’accepte rapidement le fait de ne pas dormir, je me lève et j’apprends des poèmes, je corrige mes chapitres, je fais n’importe quoi pour passer le temps jusqu’au matin et à l’éveil des gens normaux.
Doigts sur le ventre, ma bouche, ma tempe gauche, à la racine des premiers cheveux. C’est là que battent sans fin, comme de petites folles, de minuscules veines à peine perceptibles.
Ce qu’il fait chaud dans cette chambre.
Je sors de mon lit et vais à la fenêtre pour l’ouvrir en grand. Vent dehors, il fait froid. Je la referme aussitôt. Juste un coup d’oeil sur le ciel qui s’est couvert. Pas un poinçon d’étoile.

Mes pas font un drôle de bruit sur le sol, impressionnant au vu du silence qui règne dans la villa. En passant devant sa porte, je pense à Julia, ma colocataire, qui doit dormir paisiblement derrière elle. Cette image est d’un apaisement fou. Les sommeils doux existent toujours.
Je vais à la salle de bain et soulève le bas de mon tee-shirt devant la glace, pour prendre conscience, encore une fois, de la laideur de la trace blanche qui le barre. Treize points de suture. Je n’oserai plus jamais aller à la plage. Le rabaissant, je me passe un peu d’eau fraîche sur le visage. En relevant la tête, nouvelle confrontation avec mon reflet. Teint pâle, cernes violets, affreux. Peinture vivante d’un désastre pitoyable. Je me laisse tomber adossée au mur, la tête entre les bras. Et là, seulement, je fais mon deuil de l’illusion que tout va bien. Ça ne va pas.
Une crispation au creux du ventre.

J’essaie de remettre de l’ordre dans tout ce qui s’est passé au bar, hier soir. Ça ne fait que quelques heures mais il ne me reste que le souvenir confus d’un chaos douloureux. Les mots durs. Le ton ironique en crescendo.
Les yeux magnétiques, superbes, abominables.
Ça ne va pas, non, ça ne va pas du tout. Je ne peux pas rester comme ça, et aligner les nuits blanches à cause de l’effet hautement perturbant de cet épisode. Il faut que je prenne les choses en main, sans attendre de peur de ne plus oser, et que je fasse remettre les choses à plat entre nous.
Résolution terrible. À peine l’ai-je prise qu’elle me terrifie. Tête au creux des bras, comme dans un nid protecteur, je me laisse aller à crisper mon visage, tout en tentant de ravaler cette boule énorme dans ma gorge. Ça ne passe pas. Il va falloir y aller.

La pendule fait du bruit, tic-tac tic-tac, c’est stressant, c’est infernal. Elle fait tourner les heures et s’allonger les ombres sous mes yeux. Meure, meure donc le temps. Que s’écoule la nuit. Que se réduise le filet d’heures à épuiser avant de me résoudre à y aller.
Je déambule un peu dans la maison, toujours ce bruit bizarre de mes pas, rejoins ma chambre et m’y enferme. La trace de mon corps entre les draps me paraît impressionnante. Je ne me recouche pas. Je tourne, tel un lion en cage, dans la pièce, en attendant que le jour se lève.

Je sais qu’il sera à son bureau dès le matin, parce que nous avons déjà eu rendez-vous à cet heure-là. À moins qu’il n’en s’en soit absenté pour gueule de bois, ce qui au fond, ne serait pas très étonnant, je suis sûre de l’y trouver. Nulle part ailleurs où aller pour avoir cette assurance. Il faut me préparer, longuement, mentalement, à faire le chemin vers la maison d’édition, à affronter la secrétaire, pochette sous le bras, sourire angélique, lui assurer que je n’en n’ai que pour une minute, pas la peine qu’elle se dérange pour m’annoncer. Juste une correction importante à lui donner. Ne vous donnez pas cette peine.
C’est l’audace qui paie toujours.
Je frappe deux brefs coups à sa porte, attends son autorisation pour entrer. Une grande inspiration, ne pas réfléchir plus longtemps. Je tourne la poignée. Ne pas penser, ne pas ressentir, franchis le seuil, juste. Referme la porte derrière toi.
« Il faut qu’on parle. Tu me dois une explication pour hier soir. »
Oh, mince, je n’avais pas prémédité ça. D’abord, dire bonjour, c’est toujours mieux, non ? Et puis s’excuser pour le dérangement. Ne pas prendre cette voix-là, un peu essoufflée et impérieuse. J’ai tout raté.
Et c’est trop tard.
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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Mar 18 Avr - 0:00

     

Rose ♦ Nickolas

La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant
P
arce que de nos jours, t'es toujours trop ou pas assez, en un regard t'es étiqueté. Trop coincée, pas assez bien gaulée, on estime que c'est pas la peine de creuser, pour découvrir ta personnalité. Toute la journée, tu te dois d'affronter le regard des personnes qui vont te critiquer. Remarque elles sont bien élevées, elles vont le faire une fois que t'auras le dos tourné. Alors y'a des masques que tu peux enfiler. T'as celui qui fait croire que tout va bien, celui qui fait croire au bonheur ; celui qui te fais passer pour quelqu'un que tu n'es pas ; celui qui te fait passer pour une personne heureuse. Et puis y'en a qui choisissent d'éviter d'en porter, de sortir dénudé de toute superficialité. Ceux-là préfèrent jouer la carte de la vérité en restant eux-mêmes, quitte à en baver. Parce qu'ils ont bien compris qu'une fois que tu commences à te déguiser, tu passeras ta vie à ne pas te faire démasquer. Alors autant s'y jeter, dans les griffes de cette société, on aura au moins eu la fierté de nous être montré tel qu'on est.
Mais moi, je préfère enfiler un masque, celui qui est souriant et taquin, transpirant le bonheur, une leurre parce que derrière l'aspect que je fais transparaître je suis meurtri, d'avoir perdu les deux femmes les plus importantes de ma vie et en si peu de temps d'intervalle. Cette douleur qui ne quitte pas mon thorax, foutu cerveau à la capacité d'enregistrer un lot d'images et de souvenirs importe, s'amusant à nous refaire vivre des moments qui jadis étaient si heureux, mais qui dorénavant ne cesse d'appuyer cette pointe au fin fond de cette cage thoracique. Des perles qui malgré moi dévalent le long de ma joue, une faiblesse que je prends soin de caché, laissant le flot d'émotion me prendre une fois le rideau nocturne tiré. Rarement. Seulement quand la goutte déborde du vase. Comment en suis-je arrivé-là ? Depuis quand la solitude a-t-elle enveloppé ses membres autour de mon être ? Je perds la notion du temps, des dates qui se mélangent dans un tourbillon, manquant de me faire tomber dans sa force. Tel un ouragan qui emporte tout sur son passage. On passe sa vie à mentir, pour éviter les questions bien trop indiscrète, les regards de pitié, obtenir un stage ou un emploi devant une concurrence bien trop rude. Du moins pour certain, moi, je ne mens qu'à mes collègues de travail et ses amis … sauf Alejandro et November, il n'y a qu'eux qui parviennent à voir le vrai visage.

Mon corps troque un jogging à la couleur vif pour se glisser dans un pantalon de costume, avant d'avoir prit le soin de glisser dans une cabine de douche, laissant l'eau froide glisser sur ma peau, réveillant mon cerveau et endormant ses pulsions, ce manque corporel qui m'a faisait face il y a quelques heures. Comme une piqûre de rappel de ce que je n'ai plus, ne ressens plus. Mon visage heurte le miroir, les traits d'une nuit loin d'être reposante. Mes mains se crispent sur le lavabo nacré, la tête penché dans ce vide, un soupire s'extirpe de mes lèvres. Il est temps d'aller affronter une nouvelle journée. D'oublier celle qui me complétait en me donnant à ce que je fais le mieux, l'écriture, sauf que là ce n'est pas moi le roi du stylo, mais eux, des inconnus que je lis, qui me fascinent me plongeant dans un univers, une enfance si lointaine désormais. Encore aujourd'hui, il m'arrive d'oublier que celle-ci a disparu, enterré avec celle qui m'a donné tout son amour, faisant de moi l'homme que je suis aujourd'hui. Loin d'être heureux, c'est un fait. Cependant avec des valeurs qu'elle m'a transmise. Que j'ai toujours gardé, ne pas traiter des femmes comme un objet censé combler nos désirs, la fidélité. Celle que je prônais au fond de mon esprit malgré ma solitude, je ne parvenais pas à avancer, à vouloir découvrir d'autres femmes ni seulement de m'allonger avec l'une d'entre elles. Y voyant chaque fois, cette cascade ébène venant entourer ses traits froids devenant doux lorsque ses fossettes se creusaient dans un sourire à faire tomber à la renverse n'importe quel passant.

Le liquide transparent sortant du robinet en acier, j'épongeais mon visage avec celle-ci tentant de faire taire ses songes. Une nuit que j'essayais de taire au fond de mon esprit, que m'avait-il prit ? J'avais lancé des demis-vérités, fait part de sentiments, choses dont je n'étais que peu fier. L'alcool avait beau avoir pénétrer mes veines, je me souvenais de tout, sa présence m'ayant dé-saoulé très rapidement. J'attrapais une chemise que je me passais sur le dos, fermant les boutons de celle-ci un à un, jusqu'à cette cicatrice transversale, résultat de la catastrophe ayant frappé la ville. Ironique quand on y songe. Juste au dessus du cœur. Malheureusement on ne m'avait pas opéré du cœur, anesthésié la partie comprenant son prénom. Un nœud papillon glisser autour de mon cou, je quittais mon lieu de vie pour me rendre au bureau. Attrapant une tasse à café en arrivant sur les lieux, je m'enfermais derrière ces quatre murs. Un manuscrit dans les mains lorsque la jeune femme pénètre dans la pièce, pas de bonjour rien. « Mais je t'en prie te gêne surtout pas. » soufflais-je ironiquement au vue de son entrée, levant les yeux des feuilles peintes à l'encre noir que je mettais sur le côté. J'ignore ses exigences pendant plusieurs secondes, déversant le liquide noirâtre dans mon sang, controversant la balance avec l'alcool de la veille. La poterie peinte et travaillé disposé à l'écart des documents, je glissais de ma chaise aussi vif qu'un lion attaquant sa proie, faisant le tour du bureau pour planter mes prunelles sombres au fond de son être. « Je te dois des explications ? » répétais-je, reflétant la surprise, m'adossant au bureau de bois, le corps tendu je reprends. « et en quoi au juste ? »

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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Mar 18 Avr - 12:12

la nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

Rosas

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]On dit rupture pour parler d’un adieu. Ce mot-là est tellement illustratif. Nous étions deux mais comme un seul et tout à coup, boum, cassure en plein milieu. Retour à l’avant. Deux corps voguant dans le monde chargés de quelque chose de plus, ça s’appelle la tristesse, le manque ? Je ne peux pas parler pour lui. Il est bête ce mot de rupture. Il fait trop spontané. En vérité, les choses ont commencé à aller mal bien avant ce maudit jour de mars. C’est ce fameux rapport récurrent de l’avant et de l’après ; les deux, je les vois très bien tandis que ce qui est au milieu reste flou.
Bonheur, désespoir. Papa, orpheline. Raison, maladie. En couple, coeur par terre, sanglant, piétiné, pris de convulsions folles.
L’avant, l’après. Et la déchirure au milieu, difficile à voir, à distinguer, presque impossible à comprendre. Seuls me restent les conséquences, et ces regrets terribles.

La nuit est un mauvais moment pour réfléchir. C’est silencieux et y flotte le sentiment d’être seul dans un monde désert. Une grande place à soi pour penser. On se laisse aller devant le ciel d’encre. J’ai renoncé à capturer entre mes mains froides le fantôme de Morphée ; je sais qu’il ne me tourne pas même autour. La seule à ne pas m’avoir oubliée c’est la douleur. Trop aimable de sa part.
Je m’agite et je tourne, et j’échafaude des raisonnements idiots. Les heures à combler s’étalent encore à l’avant, trop nombreuses. Ma nuit d’angoisse s’étire et me donne sa couleur, blanche. Je suis pâle. Mes yeux se sont bordés d’ombre violette. Et malgré la fatigue, le sommeil ne vient pas. Seulement la peur. La crainte devant cette résolution tremblante tout juste prise.
Et la nuit s’étale, et le jour s’apprête. Une faible lueur à l’horizon. Le ciel se teint d’un sang sombre et dilué, un peu rose, un peu orange. Je sais que l’heure arrive et j’ai dû mal à m’y résoudre.
Gestes lents mais faits trop tôt, ce qui donne un ensemble rapide, hésitant. Allons. Il faut y aller.
Mon coeur me hurle que non, il faut rester dans ma chambre et tenter d’en sortir les mauvaises ondes qui y traînent, mais mon cerveau s’est mis en pilote automatique. Il me prépare, il me fait sortir, prendre ce chemin déjà tant parcouru, jouer cette petite comédie à la secrétaire. Ouvrir la porte et là, il me lâche.

Entrée ratée, trop remarquable, précipitée. Quelle bêtise, mais quelle idiote je peux faire. Ça commence très mal. Assis derrière son bureau, il a l’air à peine surpris de me voir. C’était prévisible ? Ou alors il ne laisse rien paraître ? Quel dommage que je sois incapable de faire de même.
« Pardon, bonjour. J’espère que tu as bien dormi parce que moi pas. »
Vas-y donc, rajoutes-en une couche. Je pourrais m’envoyer une gifle. Quelle idée de faire un tel aveu de faiblesse.
« Rien à voir avec toi. Migraine. »
Maigre et stupide tentative de rattrapage. On fait difficilement pire que moi. C’est stupide de mentir à une des personnes qui m’a le mieux connue, qui sait très bien, justement, que je n’ai jamais su faire cela. Le ton de ma voix, un peu trop haut, comme essoufflé, ne suffit pas à camoufler ma faiblesse intérieure. Je veux me donner l’air sûr de moi et déterminé, au lieu de quoi, je semble n’être venue que pour me traîner moi-même dans la boue. Pitoyable.

Sa démarche souple lorsqu’il se glisse devant le bureau achève de mettre en pièce mon assurance défaillante. C’est celle du lion qui tourne un peu autour de la proie qu’il s’apprête à dévorer. Oh, je n’ai pas envie d’être une pauvre petite pièce de gibier. Et puis c’est ridicule d’avoir cette peur-là au creux du ventre. Qu’est-ce qu’il peut bien m’arriver ? Au pire, il aura des mots encore plus durs que ceux d’hier. Rien de dramatique, j’y ai survécu. Je peux enchaîner un nombre impressionnant de nuits blanches. Mes expériences passées m’ont appris qu’il est possible de vivre malgré tout un tas de circonstances défavorables. Dans un sale état, certes, mais vivre, après tout, ce n’est au sens strict que l’action mécanique des poumons qui se remplissent et se dévident.
Soutiens donc ce regard, planté si fermement droit dans le mien. Pas avec joie, certes, c’est dur et ça me remue, mais soutiens-le. Ne baisse pas les paupières pour regarder tes pieds. Gardes ton esprit vide et calme, avec la seule pensée nette à l’intérieur de ce que tu viens faire ici.
Ne la lâche pas.
« Pour avoir débarqué sur mon lieu de travail après avoir visiblement trop bu. Tu as dit des choses plutôt bizarres et tu m’as suivie quand je suis sortie. Ça te reviens ? »
Qu’il ne savait pas que je serais là-bas, soit. Qu’il s’enivre, d’accord aussi, c’est son problème. Pour le reste… rien que d’y repenser vaguement, sans entrer dans tous les petits détails gravés dans ma mémoire, ça me fiche l’estomac en vrac.
« Dis-moi que c’était l’alcool et que ça n’arrivera plus. Ça me suffit. Dis-le moi et je m’en vais. »
Ma supplique est adressée, sur un air lamentable. Oh, bon sang, juste encore quelques secondes, que ces fichues paroles lui sortent de la bouche. Ça n’est pas très compliqué. C’était l’alcool, ça n’arrivera plus. Une fois que j’aurai entendu ça, peut-être que ça ira mieux. J’arriverai à m’en remettre et tout pourra reprendre comme avant : le travail sur le livre, jamais un mot plus haut que l’autre. Tout ira bien. Il suffit qu’il le dise. Mais dis-le.
Dis-le.
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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Mer 19 Avr - 0:17

     

Rose ♦ Nickolas

La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant
L
a liberté, elle s'était offerte à moi dans cette petite maisonnette où nous vivions mère et moi, dans une colline de Wellington avec seulement l'air frais, la forêt, l'immensité de la nature à porter de main et cette vue magnifique sur l'océan. Jamais je m'étais senti aussi heureux que de cette manière là, mais la liberté j'avais fini par la perdre en rencontrant Rose, me donnant corps et âme dans cette relation en laquelle je croyais. Je l'ai aimé au premier regard, ça peut paraître idiot ou digne de grand film romantique hollywoodien néanmoins c'est la stricte vérité. Lorsque mes yeux se sont posé sur elle, j'ai senti mes jambes devenir de la compote, ces chatouillis au fond de l'estomac, cette sensation de vertige et pourtant je n'ai jamais rien dit. Jusqu'à la fin de notre terminale. Pourquoi n'ai-je jamais tenté une approche avant cet instant T ? à vrai dire malgré mes airs, au fond je suis un éternel timide et la chance d'être son genre était si infime que je préférais me perçait d'illusion plutôt que de recevoir une réponse négative qui m'aurait détruit. L'étonnant s'était glissé sur mes traits quand j'avais apprit que mes sentiments étaient réciproque, que je lui plaisais autant qu'elle me charmait. Et les années sont passé, avec des hauts et des bas les aléas d'un couple en somme. Des mois passés à ses côtés inégalables, me faisant aimer cet idylle Un Graal que je n'avais pas rechercher, dont j'avais prit possession. Il avait fallu qu'un drame se produise pour changer ce ciel ensoleillé en un orage qui allait s'abattre, progressivement, les éclairs qu'on voit se profilaient au loin et qui gagne du terrain petit à petit. Puis tout d'un coup l'orage s'abat, on tente de tenir bon, de rester là debout évitant les arbres qui tombent. Tout dégringole et je me retrouve droit dans tout ses débris. Mon corps est rempli d'une multitude de fragment tel un miroir éclatant en mille morceau, j'en crève tellement ça fait mal, mais je n'ai pas d'autres choix. Je ne laisse pas apparaître ma douleur quand je prends cette décision, la quitter, elle, celle que j'aime. Il est trop tard quand je veux faire marche arrière. Au fond j'espérais peux-être que ça lui fasse un électrochoc, qu'elle se rende compte que j'étais là, que j'étais plus important que le reste. A croire que toutes les actions, toutes les épreuves que j'aurais pu accomplir pour elle, avec, à contrario ce n'est pas réciproque. Durant un mois j'ai nourri l'espoir de recevoir un texto, après tout ce n'est pas les moyens de communications qui manque si on se sent trop honteux, lorsqu'on est trop timide ou que la peur nous prend si fort qu'on ose pas se rendre devant la porte et affronter un visage. J'avais recouvert ma liberté mais à quel prix ? Des jours remplies d'un vide si immense. Pour moi, tous les jours étaient semblables, et quand tous les jours sont ainsi semblables les uns aux autres, c'est que les gens ont cessé de s'apercevoir des bonnes choses qui se présentent dans leur vie tant que le soleil traverse le ciel.

Malgré la clarté des la nuits offrant un tableau étincelant, le ciel ne m'avait pas paru aussi noir depuis deux années. La colère avait prit possession de mon corps, libéré si facilement par un abus d'alcool et son entêtement à ne pas vouloir me donner une explication, s'en était trop. Une énième phrase déchirante avant de la laisser planter là. Mes jambes m'emmenant près de ma mer, celle-ci ayant toujours réussi à m'apaiser. Mon fessier se posant sur des rochers, j'écoutais le va et vient des vagues s'échouant sur le récif, de nuit les eaux pouvaient paraître terrifiante, pour moi c'était tout le contraire. Ces derniers temps avec mon emploi du temps, je n'avais guère eu le temps de me donner à cette passion dévorante et ce soir je décidais de me prendre une journée prochainement, aller en mer avec un bateau pour me laisser absorber par les profondeurs jusqu'à en oublier le monde autour. L'oublier elle. L'immensité pouvait être dangereuse pour un homme comme moi. Je ne quittais ma place que vers les alentours de quatre heure du matin, rentrant dans ma demeure où je tombais de fatigue. Trois heures, c'était le nombre d'heure au cadran ce matin, pas assez pour être performant, une bonne dose de café et certainement devoir user de taurine bien que je n'aime pas, il va en falloir si j'veux tenir la journée. La sonnerie du réveil resurgit, j'ai envie de jeter le boîtier contre le mur. Pas bonne idée. Je glisse dans un jogging, songeant que l'activité physique, l’énergie dépensé réveillerait mes muscles, mais aussi mon corps. Une idée qui fût la bonne, un regain de bonne humeur, une énergie regagné .

J'étais-là dans mon bureau depuis neuf heures, elle débarqua non longtemps après ça. Une tornade ne prenant pas la peine d'user de politesse, elle semblait ne pas avoir passé une bonne nuit non plus, si elle était parvenue à dormir. D'ailleurs, la jeune femme balaye mes interrogations rapidement. « dormir, si trois heures font parti de la définition certainement … mais j'en doute. » rétorquais-je, elle prend le soin de rajouter que ce n'est pas de ma faute, mais une migraine, mensonge, ses yeux la trahissent et si ce n'est pas son regard, tu sais pertinemment que c'est faux, elle n'a jamais été doué avec ça … les mensonges. Je l'affronte, sans montrer une once de tristesse, ni de haine, pourtant lorsqu'elle me reproche d'être venu sur son lieu de travail je ne peux m'empêcher de me montrer froid et blessant, encore une fois.
« Pour avoir bu dans un bar où j'ignorais que tu travaillais tu veux dire ? Des choses bizarres ? À part vouloir des explications sur notre histoire je ne vois pas. »
Les souvenirs je les ai bien ancré dans mon esprit, j'ai peux être été trop loin en l'attendant à la sortie de son service, mais après tout elle ne voulait pas discuter dans son lieu de travail. L'attendre pour discuter dans la rue ça comptait autrement ? En y réfléchissant ça fait un peu psychopathe quand on y songe, comme des séries américaines. J'étais loin d'être ainsi, juste trop prit dans ma tristesse, cette histoire avec un goût inachevé. J'y arrivais pas sans elle.
« je peux pas. Ce n'était pas que l'alcool. » mes mains se posent sur ses cuisses, un contact, que je n'avais plus eu depuis une éternité ou ce qui en ressemble, mon visage n'est qu'à quelques centimètres du sien, je le rapproche doucement, laissant mon souffle chaud frapper sa lèvre inférieur.  « mais que vas-tu faire alors ? » un regard provocateur dans un timbre joueur et ses lèvres qui me font de l'oeil, réveillant ce lion en cache. J'aurais aimé me nourrir de ce nectar, mes ivoires se plantent dans ma lèvre inférieur, réflexe pour ne pas céder tel un animal.

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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Mer 19 Avr - 12:13

la nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

Rosas

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Mignonne, allons voir si la rose. Dans les replis de la nuit, pour calmer mes angoisses, j’ouvre mes lèvres sur n’importe quel vers qui me revient en tête. Ils ne les franchissent pas. Juste le mouvement des lèvres sur lequel se concentrer, juste l’effort cérébral de se remémorer. Quand c’est en langue étrangère, c’est encore mieux. Ça force à se souvenir de la prononciation exacte – mon prénom a une intonation plus rude sur la première lettre en français. Tant que j’y pense, tant que je ne pense qu’à cela, j’essaie d’étouffer mes tremblements internes. La poésie remplit à merveilles cette fonction de catharsis.
Mignonne allons voir si la rose… À l’hôpital, on me faisait faire le même genre d’exercice. On me disait quand ça ne va pas, quand tu es sur le point de perdre pied, fais la liste de toutes les choses dont tu es absolument certaine. Ça commence par la Terre tourne autour du soleil, puis suit mon nom complet, la division en deux îles de la Nouvelle-Zélande, ma date de naissance… Une succession de faits qu'il n’est pas possible de remettre en cause – quoique j’ai quelquefois douté de mon âge. Cette nuit, je préfère substituer les poèmes à des choses qui me concernent trop. Loin dans la liste, mais beaucoup plus loin, car elle monte en gradation vers ce qui est le plus difficile à accepter, il y a je suis célibataire.
… qui ce matin avait déclose.

Stupide entrée dans le bureau. Stupide tentative de rattrapage. Stupide aveu d’avoir mal dormi, mais ce n’est pas de sa faute, bien sûr. J’avais peur qu’il n’y réplique quelque chose d’assassin, au lieu de quoi, il se laisse aller à me dire que lui non plus, n’a pas eu une fin de nuit reposante. Trois heures de sommeil. Si on m’avait proposé de le faire, je n’aurais jamais parié sur cette réponse-là.
Bien, nous sommes fatigués tous les deux alors. La conversation ne peut en être que plus facile. Ni l’un ni l’autre nous ne devons avoir envie de remuer longuement des sujets pénibles et de nous y attarder. Il va me dire ce que je suis venue entendre et tout ira bien ensuite.
J’ai tort d’être optimiste. Les sarcasmes ne sont jamais loin, visiblement. Respire, il n’y aucune raison de mal se sentir, suis le fil. Suis le fil à l’intérieur.
« D’accord, tu ne savais pas que j’y serais. Mais pour le reste, c’était bizarre, et ça l’est encore plus si tu ne t’en rends pas compte. »
M’avoir attendue. Ça devait être l’effet des verres en trop. La nuit était si fraîche, après l’atmosphère étouffante du bar, que c’en pouvait être agréable de flâner dehors. C’est ça… juste ça.

Ma supplique monte du fond de ma gorge. J’ai besoin de l’entendre dire juste cela, rien que cela, seulement cela, que c’était l’alcool et que ça n’arrivera plus. Après ça, je quitte ce fichu bureau, j’irai n’importe où marcher pour calmer mon coeur emballé. Pour enfouir tout ça profondément dans ma mémoire, avec ces milliers d’autres choses auxquelles il ne faut pas penser, jamais. Histoire de faire table rase. De pouvoir repartir sur des bases neutres, sinon plus saines, puisque de toute façon, nous sommes condamnés à nous revoir encore dans ce bâtiment.
Seulement ça. Et il ne veut pas le dire.
Sur le moment, surprise, je lâche : « Quoi, alors ? » Quoi d’autre qu’un taux d’alcoolémie suffisamment élevé pour former un cocktail explosif avec la haine qu’il me porte ?
C’est très rapide, mais dans ma tête ça dure des heures. Il se rapproche encore, toujours. L’espace entre nous n’en finit pas de diminuer. Jusqu’à ce que, soudain, je sente un contact chaud sur mes cuisses et son souffle sur mon visage.
Je perds les pédales. Le fil se casse. Ma gorge se serre, j’en perds le souffle, j’en perds la tête. Je me déteste d’avoir enfilé cette jupe au tissu tellement fin sans réfléchir ce matin. En dessous d’elle, la couche superficielle des collants, et encore en dessous, ma peau, ma chair qui s’éveille en reconnaissant quelque chose qui ne devait plus exister pour elle. Elle a si bonne mémoire. Ce ne sont que quelques centimètres qui nous séparent, peut-être seulement des millimètres… allez savoir. Je n’ai même plus la sensation d’exister, je me suis comme fondue, embrasée. Vous savez, c’est la même chose avec un tas de bois mort bien sec. Vous faites juste un geste du doigt, juste faire naître une flamme au bout d’une allumette, vous l’approchez du tas… et en une seconde, tout s’enflamme. Le feu naît et monte et brûle tout sur son passage.
Ce que j’ai à l’intérieur, ce n’est pas du feu. C’est pire que ça encore, mais il n’y a rien qui existe réellement pour en faire la comparaison.

Son regard… je croyais avoir touché le fond hier soir, mais j’étais loin du compte. En vérité j’oublie trop souvent que l’abîme est sans fin et la chute éternelle. Pas moyen de toucher le sol et s’y casser le dos, terminé, fini, rien de pire n’est possible. Non… la dégringolade est de plus en plus longue. Ils m’hypnotisent. Impossible de me détacher de ces yeux-là, de son visage si près, trop. Et ce que les miens crient est contraire à tout, la raison, la logique, tout, tout, tout. J’en aurais honte si j’en avais conscience.
Ils disent bon sang, penche-toi un peu plus, un peu plus, là, sur mes lèvres.
Soyons fous, soyons amoureux, soyons les deux ensemble, comme autrefois. Tout apparaît possible, un retour en arrière. Est-ce qu’il se souvient… je n’ai rien oublié. Les sensations s’étaient juste endormies dans mon corps en hibernation. Un si long et solitaire hiver… Mais plus rien ne peut avoir d’importance. Pas plus le temps écoulé que ces deux horribles années, que ces scènes abominables des dernières fois.
« Et toi… que vas-tu faire ? »
Sur ce murmure, l'attente.

Jusqu’à ce que l’illusion se brise. La tension de l’instant suspendu est trop forte, elle détruit tout. Une nouvelle fois, quelque chose me cède à l’intérieur. Parce que je ne suis pas folle, justement, et que deux ans ont passés quoi que je puisse en dire. J’ai changé. Lui aussi. Rien n’est pareil et aucune de mes élucubrations ne parviendra à me convaincre que ce n’est pas le cas. Ça ne devrait pas se passer comme ça. Les gens normaux n’agissent pas ainsi.
Je m’écarte d’un coup, et pour être sûre de supprimer toute tentation d’y revenir, je fais trois pas en arrière.
« Arrêtes. Ne fais pas de bêtise. Tu me détestes, ça me va, je l’ai mérité. Je veux juste que les choses soient claires entre nous. »
C’est là, à présent qu’un vide immense nous sépare, que je réalise que j’ai toujours ce feu qui se meurs en moi, mais que c’est un feu devenu froid. Que je me sens vide. C’est terrifiant.
Mignonne allons voir si la rose qui ce matin avait déclose. Sa robe de pourpre au soleil a point perdu cette vesprée.
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Dernière édition par Rose H. Berry le Mer 19 Avr - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Mer 19 Avr - 19:47

     

Rose ♦ Nickolas

La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant
J
'ai toujours cru qu'on avait un seul grand amour dans la vie. C'est vrai, comment peut-on être capable de donner sa vie pour quelqu'un, puis un jour réussir à vivre sans lui? C'est insensé. C'est pourquoi j'ai toujours cru qu'on résisterait à tout : aux assiettes qui volent dans l'appartement, à ma jalousie maladive, à ton mutisme, à la distance, aux autres et surtout à ce grand salaud, le temps. Mais ils ont tous fini par nous avoir un par un, sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit. On s'est persuadés que nous n'étions plus heureux ensemble, que les années avaient lentement démoli tout ce que l'on avait construit tous les deux. Pourtant, je continue de tourner la tête quand j'entends ton prénom, je n'arrive pas à retirer nos photos de mes murs, je pleure en les regardant, je dors toujours avec ton T-shirt Superman, je me remémore souvent nos plus beaux moments. C'est toujours àtoi que je pense quand on parle d'amour, c'est toujours pour toi que je m'inquiète, c'est toujours toi que j'ai peur et en même temps que j'espère croiser dans la rue, c'est toujours de toi que j'aimerais recevoir un message...

Quand on commence à éprouver de l'amour pour quelqu'un, je crois qu'on est fichus. Il faudrait nous prévenir que ça va faire mal, qu'on va mettre des mois voire des années à s'en remettre, que ça va laisser des cicatrices à vie. Il faudrait nous lancer des signaux d'alertes, je sais pas moi, nous envoyer une décharge électrique, qu'une alarme se déclenche dans notre tête, que l'on soit condamnés à être reclus chez nous jusqu'à ce que tout ça disparaisse. Vraiment, l'amour est bel et bien une putain de maladie. Aimer rend con, aimer fait mal au bide, à la tête, au coeur, aimer fait trembler les jambes, aimer nous coupe l'appétit, aimer provoque des crises d'angoisse, de paranoïa, de jalousie, aimer rendaveugle, idiot, asservi, dépendant, égoïste, faible... Et c'est de ça dont tout le monde parle? Ce dont tout le monde rêve? Pitié. Laisses-moi te dire une bonne chose : si un jour ça t'arrive,cours. Barres-toi, n'importe où j'en sais rien, mais ne te laisses pas embarquer là-dedans. Ça s'attrape tellement vite cette connerie: deux regards qui se croisent, un sourire charmeur, quelques mots doux murmurés à l'oreille et bam, ça y est. Tu n'es plus qu'un idiot qui va se mettre à parler au pluriel et à pleurnicher pour tout et rien, surtout pour rien. C'est toujours le même refrain : la vie est merveilleuse, elle est géniale, tu nages dans le bonheur; elle s'en va, quel enfoirée, tu veux mourir. Terminé, fin de l'histoire. Et plus tu as été heureux, plus tu souffres après. Regardes-moi, j'ai pas l'air d'en avoir bavé? Et je continu …

« je ne vais pas t'épier si telle est la question. » lâchais-je de but en blanc, si c'était ce à quoi elle pensait, je ne voyais que ça dans mon comportement de la veille assez étrange, je n'avais guère réfléchis voulant juste lui parler en savoir plus sur le pourquoi du comment ? Ça me tracassait le cerveau. Quand une histoire a tellement compté et qu'on aime réellement la personne, même si il vous quitte, on fait tout pour le rattraper ? Moi c'est ce que j'aurai fait du moins, jusqu'à éteindre la dernière étincelle d'espoir. Mes mains glissent sur ses cuisses magnifiquement douce que je peux ressentir à mon touché malgré un collant qui recouvre son épiderme, elle est toujours si attrayante, réveillant le volcan au fond de mon être, je la désirais encore plus qu'avant. J'étais dans un tel état de manque que ça en devenait presque dangereux pour la santé. Elle se lève, se recule et je m'approche doucement. On croirait un remake des dents de la mer sur la terre. Ses pas reculent jusqu'à la porte où son dos percute doucement le bois, elle est prise au piège.
« Je te hais. » murmurais-je à son oreille, mon nez vient recueillir l'essence de son parfum qui m'avait oh combien manqué, mais ça je ne peux l'avouer. Ma peau effleure la sienne, je glisse mon visage autour de son visage, ses lèvres rentrent légèrement en contact avec les miennes, jusqu'à rejoindre l'oreille opposé.
« d'avoir autant d'emprise sur moi. »rajoutais-je, mon pouls s’accélère tout comme mon cœur, j'ai l'impression que cet organe qui tambourine dans ma cage thoracique est prêt à sortir de mon corps, c'est trop d'émotion, trop depuis hier. C'est quelque chose de fantasmer et une autre de voir le fruit de ses désirs sous nos yeux, mes mains se posent de chaque côté de sa tête, mon regard brille, des étoiles dans les yeux, un grain de malice. Mes lèvres touchent doucement sa joue et la raison se perd, l'animal au fond de mon corps prend le dessus, elles sont là à quelques millimètres, sans accord de sa part je les attendre farouchement, sensuellement, avec ardeur et envie.

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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Mer 19 Avr - 22:43

la nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

Rosas

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ma tête déviait. Elle me faisait voir et entendre des choses qui n’étaient pas réelles, et ça me conduisait à avoir un comportement destructeur. On a essayé la tendresse, les mots de réconfort, les bras autour de mes épaules comme pilier pour m’y appuyer. Rien à faire – oh si, des dizaines de cachets blancs à noyer dans des verres d’eau. Des heures interminables de discussion avec des médecins auxquels je n’avais pas envie de parler. Pas le choix. J’ai tempêté, j’ai crié, j’ai boudé, j’ai un peu tout tenté. Sur ma route des enfers, j’ai égaré et le sommeil et l’appétit. Alors je refusais de me rendre aux repas et je gardais les yeux grands ouverts toute la nuit à scruter la pénombre.
Ma tête était malade et mon corps le devenait.
Je me blessais dans ma chair, doigts mordus, griffures, traces d’ongles imprimés au hasard. Ils y ont mis des pansements, ils m’ont redonné encore des cachets à n’en plus finir. Tout était fade, insupportable. J’ai cru, innocemment, qu’il ne me serait pas possible d’en supporter autant… et j’avais tort. Ils ont réparé mon corps. Ils ont guéri, miracle, ma tête. Mais ils ont oublié de vérifier mon coeur. L’essentiel.
On peut continuer à vivre stupidement, à regarder les matins naître et les soirs descendre, sans rien ressentir, sans avoir de but. Je le sais. C’est plus ou moins ce que je fais depuis tout ce temps – il y a des jours avec et des jours sans, c’est aléatoire. Facile. On prend l’air, on le recrache, pieds l’un devant l’autre. Et sans doute que c’est lâche aussi de ma part de continuer ainsi, mais j’ai essayé, vraiment. Je voulais m’en aller à un moment mais ça ne m’a pas lâchée. Maintenant je tente l’avenir, mais la vie est une sale petite garce. J’ai faillit l’oublier.

Est-ce qu’et mon souffle et mon coeur s’emballent, est-ce que je tremble vraiment de haut en bas ? Ça ne peut être qu’une illusion. Les trop grandes émotions me coupent de la réalité et j’ai toujours du mal à les gérer. J’essaie de me montrer raisonnable, de toutes mes forces. Dans l’espoir d’échapper définitivement à sa trop puissante et incompréhensible emprise, je recule, et sans l’avoir prévu, touche la porte. Sa rencontre avec mon dos fait un drôle de bruit. C’est comme si on frappait un coup à l’extérieur.
Un coup à la porte piège.

Sa voix dans mon oreille, son murmure de haine… je ne suis pas seulement capable de formuler une pensée. Trop difficile. J’ai les sens qui déraillent à le sentir si proche, l’impression d’être une poupée de chiffon. Une idée parvient à s’imposer dans mes ténèbres, elle a l’effet d’une lame tranchante. S’il me hait, qu’il me frappe, qu’il me tue plutôt que de jouer à ce jeu-là.
« Arrêtes... »
Coincée. Prisonnière. La fin de sa phrase est un deuxième coup de poignard, en plein dans le ventre. Laisses le sang imaginaire s’écouler… Mignonne allons voir si… oh non, je ne peux pas rester comme ça, avec la flamme repartie de plus belle et tout ce noir, toute cette confusion.
Si je laisse faire sans réagir, j’y perdrais la raison. Si je m’écarte, si je le repousse assez fort… je crois que je la perdrais quand même.

Mais je crois que je sombre. Le monde est flou, la réalité immédiate, c’est le contact de ses lèvres sur mon visage, la boule, encore, toujours dans ma gorge, et le fait que j’ai les yeux humides. Ça explique peut-être le manque de netteté de mon champs de vision. Je ne pleure pas, non, mais je ne me sens pas bien, et en même temps, c’est un mal différent de tous ceux qui m’ont touchée depuis… depuis plus de deux ans.

C’est un vieux souvenir, et c’est nouveau. Ce sont toutes les fois où il en a été ainsi qui rejaillissent, en cascade, en tempête, en feu d’artifice. C’est mortel…

La vague de violence qui me parcoure est subite et puissante. L’adrénaline, l’instinct de survie ? Je ne sais pas. Je tourne mon visage pour me libérer de cette emprise incroyablement douce et, relevant les bras, je le repousse d’un coup.
« Arrêtes, bon sang ! »
Maintenant qu’un nouveau vide s’est fait entre nous, je manque m’écrouler par terre. Mes genoux flanchent, mais finissent par se ressaisir. L’une de mes mains vient cacher mon visage crispé, souffrant. Je sens une larme couler entre mes doigts, dans le lit de rivière que lui forme ma paume. Juste une, à cause du choc. Pas plus. Rien qu’une seconde.
« Tu ne peux pas me faire ça. Tu ne peux pas juste souffler le chaud et le froid quand ça te chantes, et me mettre dans des états pareils. Sois clair dans tes intentions parce que, j’ai l’impression de redevenir folle. »

Le mot terrible, le gros, le vilain mot est lâché. Je le pense parfois mais je ne le dis jamais. C’est celui qui m’a été collé au front pendant un long moment. Il faut croire que sa marque a du mal à s’effacer, mais surtout, qu’il n’attend que le moment propice pour me retomber dessus.
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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Jeu 20 Avr - 16:14

     

Rose ♦ Nickolas

La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant
A
ttends, attends. J'aimerais quand même te dire une dernière chose. Ça va peut-être te paraître bizarre, mais merci. Merci pour tout. Avant toi, j'avais l'impression d'être une sorte de puzzle inachevé, et puis t'es apparu et je ne me suis jamais sentie aussi entier de toute ma vie. Ça m'a fait un bien fou, je te jure. Et puis, quand tes yeux se posaient sur moi... j'avais juste l'impression d'être un roi. Pour un homme comme moi qui manque cruellement de confiance en lui, c'est un comble. Et ça aussi, ça m'a drôlement aidé mine de rien. Tout cet amour que tu m'as apporté, toute cette tendresse, tout ce bonheur... Grâce à toi, ça a été Noël tous les jours ces années, vraiment. Tu m'as donné de la force, du courage, ça paraît tellement bête mais c'est pourtant vrai. Tu m'as montré que moi aussi je pouvais être aimé très fort, que j'en valais la peine. Et même si aujourd'hui nos chemins se sont séparé, j'oublierai jamais tout ça. Tu m'as guéri de l'intérieur, tu m'as nourri de bonheur comme personne ne l'avait jamais fait, alors vraiment, merci. Et je te souhaite toute la réussite du monde. Mais, mon côté égoïste t'en veut encore de m'avoir montré toutes ses belles choses pour me les reprendre comme ça du jour au lendemain, sans que je ne m'y attende. C'est pas parce que t'as plus de cœur que tu devais partir avec le mien. La vérité c'est que je ne ris plus, je ne sors plus, je ne vis plus. La vérité c'est que j'en peux plus. Le temps n'efface rien,surtout pas mes sentiments. Mais je reste un homme bien, j'te souhaite de trouver le bonheur, avec ou sans moi. A-t-on vraiment une chance de se retrouver ? De reprendre l'histoire où on l'a laissé ? N'est-il pas trop tard de tenter de te reconquérir ? Parviendrais-je seulement à oublier cette rancœur à ton égard. J'ai beau te trouver des excuses sur ton comportement après la mort de ton père, je comprends pas, pas tout. J'étais là, à côté de toi, ton pilier, mais comme toute infrastructure, quand on malmène les éléments importants ça finit par s’effriter, on ne voit pas la brèche qui se forme. Pourtant c'est pas comme si je t'avais pas prévenu, chaque fois je te menaçais de te quitter si tu n'arrêtais pas, si tu ne changeais pas, si tu ne redevenais pas la rose que j'avais connu avant l'accident. Des paroles en l'air, jamais je ne m'exécutais jusqu'à ce jour...

Dès l'instant où j'avais laissé ces mots terribles sortir de ma bouche, le soleil avait quitté le ciel bleu laissant place à un hiver m'enveloppant de ce froid, la vie a beau continué, le bonheur lui s'en était aller avec elle, demeurant dans un ciel obscur. L'ombre parsemait chaque recoin de mon être, m'entraînant vers cet abysse duquel je n'arrivais à me dépêtrer. Ma vie était ainsi à présent, partagée entre les soirées, entre la folie, entre les défis lancés toujours plus exagéré les uns que les autres et ce marché noir dans lequel je trempais, les combats de boxe illégaux. Un loisir si on peut appeler ça ainsi, défoulant chaque être, les billets verdâtres passer d'une main à une autre, rentrant dans la poche du vainqueur. L'argent en somme je n'en avais guère l'utilité, c'était plus pour ressentir la douleur, faire voler la rage et la haine que je cachais dans mes entrailles, la perte d'une mère, celle qu'un amour. Moi qui m'étais retrouvé ainsi, sans rien faire laissant juste les choses se passer. Balayer une douleur par une autre, qui te laissait d'autres marques mais celle-ci physique et pourtant, on avait beau me casser une côte, je ne ressentais rien, rien ne pouvait être plus intense que celle qui se cacher au fond de ma poitrine.


La réalité n'était plus qu'un sillon flou et impénétrable, le monde semblait s'être arrêter, les aiguilles noirâtres de cette montre imagée n'avançaient plus.Il n'y avait plus que la douleur physique, celle de son cœur s'effaçant le temps de quelques instants durant ce baiser échangé, cet amour qui ne s'était jamais éteint, qui avait continué à brûler au plus profond de mon être, malgré le désespoir. Elle me repoussa une énième fois, quand ce n'était pas pour parle voilà qu'elle refusait de céder à la tentation, un désir qui me transpercer de part en part et dont je ne parvenais à me soustraire, j'avais beau avoir essayer avec des filles différentes, au charme pourtant enchanteur, rien n'y faisait. Lorsque mes lèvres venaient embrasser les leurs, que mes paupières venaient se clore pour en savourer le goût c'est son visage qui s'incrustait dans mes cristallins.  Elle me manque tout le temps, c'est vraiment dur vous savez. Perdre la seule et unique femme capable de vous donner le sourire rien qu'au son de sa voix, vous savez, un amour comme ça, aussi fort, aussi long, je crois que c'est de plus en plus rare... encore plus de la recroiser après tous ces mois écoulés. Un soupire vient se perdre lorsque ses bras me pousse en arrière, m'éloignant de cette effluve qui la caractérise.
« qu'est-ce que tu veux que j'te dise rose au juste ? » demandais-je sans réellement lui poser la question, mes fesses s'installent sur le bois du bureau, je porte une main sur ma chemise au niveau de mon cœur, au niveau de cette cicatrice venant abîmer cette peau vierge. «t'aimerais que j'te dise que tu n'es plus rien pour moi et que de te voir dans la même pièce m'inspire que du dégoût, mais j'peux pas. » répondis-je d'une voix morne, inconscient de ce que pouvait songer l'objet de tout mon amour et de tout mon désir. Ça n'était déjà pas facile de travailler avec elle, voilà qu'en faisant de tel aveux la situation allait encore plus se compliquer.

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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Jeu 20 Avr - 23:35

la nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

Rosas

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]L’avant et après. C’est toujours la même chose. J’en ai assez de voir chaque épisode de ma vie fracturé par ces rapports, coupé avec un trou noir entre les deux que je n’arrive pas à comprendre.
L’avant, c’est cette chose impensable, cette flamme incontrôlable et dévorante, l’appel, irrésistible, grimpant au fond de moi… ce déchaînement de souvenirs. L’avant, il est terriblement doux, il me ramène à d’autre choses encore plus anciennes. Jusqu’à ce que quelque chose se brise ou se déclenche, ou encore se rappelle à mon bon souvenir. Parce que rien n’est plus pareil. Ça ne peut pas se passer comme ça.
Le vide, le blanc, et le geste, violent.
L’après c’est à présent. Il n’est pas meilleur. L’instant est resté tremblant sous l’effet du choc. Mon corps se remet lentement de cette vague d’émotions trop fortes, si terribles. De ce que j’en vois, son visage à lui s’est fermé également. Qu’est-ce qu’il se passe, que s’est-il exactement passé, au juste ?
Ce n’est pas le récit des évènements que je demande. C’est leur explication. Toujours tout justifier, rattacher à la logique, à une neutralité froide, pour ne pas en souffrir.
Le bout de mes doigts a gardé la sensation du tissu de sa veste qui l’électrise. D’un geste rapide, presque rageur, j’essuie du revers de la main l’oeil qui a débordé, puis l’autre qui ne demanderait que cela. Ça suffit à présent. Je dois me retenir pour ne pas aussi effleurer mes lèvres sur lesquelles, presque irréel, s’efface déjà le souvenir de la pression des siennes. Ce qui me reste dans la bouche est amer, dans la tête, désordonné. Que doit-il arriver à présent ?
Les secondes s’étirent dans un silence effrayant. Presque absente, je le regarde s’éloigner encore et s’asseoir sur son bureau.

Ce que je veux… ça n’est pas une vraie question mais ses paroles me poussent à réfléchir. Comme il est grave son air ! Mes yeux se baissent, je rentre en introspection.
Parce que c’est vrai, il a raison au fond. Il ne le dit pas comme ça, mais comme d’habitude je triche. Je joue avec la réalité et ce que je trouve plus facile qu’elle soit. Pour réussir à vivre… je fais le tri, j’enterre des choses, je sélectionne avec les interprétations qui me plaisent. Ça me déchire de m’en rendre compte… mais ça serait tellement plus évident s’il me détestait juste. J’ai voulu m’en persuader – je l’ai fait avec tout le monde. Il est en train de mettre en pièces ce voile si confortable. Ce qu’il y a derrière, je ne sais pas, sans doute quelque chose de beaucoup plus cohérent avec les faits… mais j’en ai peur.

« Mais tu m’en veux. »
Mi-question, mi-déclaration, l’évidence. Ça au moins je peux m’y raccrocher avec certitude. Il m’en veut. Tout ceux qui ont eu à me subir à cette époque-là m’en veulent ; c’est logique. Bonne, providentielle rancune. Ce que j’ai fait ne s’excuse pas, alors je me dispense de me mettre à genoux et d’implorer les pardons. Ce n’est pas tellement une question d’orgueil que l’assurance que tout est perdu de toute manière. Tout est perdu. J’essaie d’avancer ; vraiment, j’essaie, mais c’est dur. Sans lui, sans eux, sans tout ce qui faisait que la vie d’avant était d’une perfection enchanteresse. On ne se rend vraiment compte de la chance qu’on avait que quand tout est par terre. Avant je goûtais chaque instant en ayant conscience qu’il n’aurait pas pu être meilleur ; s’ils revenaient, à présent, je les userais jusqu’à la corde, j’en épuiserais l’essence.
Je n’aurais jamais imaginé l’entendre dire ces mots-là un jour – pas même rien que d’ouïr à nouveau le son de sa voix, à vrai dire. Mais c’est le cas. Il est là, j’y suis, et nous voici face à face avec nos coeurs qui ne se souviennent que trop bien de tout.
« Comment est-ce qu’on peut faire ? »
Je prie, j’implore une solution qu’il ne peut très certainement pas me donner. Y en a-t-il une, seulement ? Les fils de notre histoire se sont tant et tant emmêlés qu’il semble impossible de les dénouer proprement, en deux pelotes bien nettes qui poursuivraient leur route chacune de leur côté, sans rancoeur, sans amertume. Il y en aura. Il y aura de la douleur. Il y en a toujours eu. Aux jours si lumineux qui se sont offerts à nous sans interruption durant cinq ans se succèdent des ciels orageux. Et j’ignore combien de temps durera cette tempête-là, ni même si elle aura une fin. Il faut trouver un accord, une solution, pour tenter de passer le mieux possible ce bout de chemin que nous sommes encore forcés de faire ensemble. L’idéal… ensuite, eh bien… ne nous en préoccupons pas maintenant. Le présent est suffisamment dur à vivre et après tout, c’est d’après lui que se bâtit l’avenir.
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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Ven 21 Avr - 11:11

     

Rose ♦ Nickolas

La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant
R
osie, depuis que t'es partie, depuis que t'es plus là... C'est plus la même : j'ai perdu ma Reine. Et d'un coup mon royaume tout entier s'est vidé. Mon visage aussi s'est ridé, mon coeur lui s'est bridé. Un truc en moi ce matin-là s'est brisé. Et même si je réponds "ça va merci", j'ai dans la bouche comme un mauvais goût d'inertie. J'essaie d'le masquer mais c'est dur, je te jure ouais, putain c'est dur. J'ai l'impression qu'il y a plus rien, j'ai peur en fait. Depuis que tes yeux me regardent plus, il se passe plus rien. J'enchaîne les merdes et t'es plus là au final. Il me reste quoi à moi, à part des souvenirs, des tonnes de photos usées ? Et puis ton sourire trop longtemps figé... J'peux plus, ou plus pareil, alors chaque jour je me tue même un peu plus que la veille. Et j'tue le temps, parfois mal. Mais tu me manques bébé,tu me manques... Toi et moi on a tout fait, toujours prête à me donner ton oxygène dans les moments où tu sentais que j'étouffais. T'étais prête à tuer si on me touchait, prête à décrocher la lune même si je la voulais. On a grandi ensemble, construit ensemble, traversé les pires moments. Vieillir ensemble c'est c'est c'qu'on voulait,mais tu me manques bébé,tu me manques... Toi et moi on a tout fait, toujours prête à me donner ton oxygène dans les moments où tu sentais que j'étouffais. T'étais prête à tuer si on me touchait, prête à décrocher la lune même si je la voulais. On a grandi ensemble, construit ensemble, traversé les pires moments. Vieillir ensemble c'est c'est c'qu'on voulait.

J'ai un nombre considérable de souvenirs de toi qui tourbillonnent autour de ma tête, comme une nuée de moucherons avant l'orage. Ils me rentrent dans les yeux, dans les oreilles, le nez, j'essaie de m'en débarrasser, mais ils collent. Je suis comme un personnage comique qui tente de retirer un morceau de scotch de son doigt et le colle à son autre doigt. Cette année, c'était ma deuxième Saint-Valentin depuis que Rosie est partie. C'est la première fois en vingt-six années que je vais me retrouver seul ce soir-là. On avait cette habitude d'aller dîner sur une péniche, je lui offrais des fleurs, parfois un beau bijou, elle m'offrait une bouteille de vin ou alors une jolie chemise. Nous nous sentions toujours seuls au monde, simplement heureux de s'aimer encore comme au premier jour et de perpétuer ce rituel romantique sans jamais s'en lasser. Elle aurait eu beau m'offrir tous les cadeaux du monde, le plus beau de tous n'aurait été que son sourire. Ça peut paraître cliché, voire totalement ringard mais c'est pourtant bien vrai. On était là, sur cette magnifique péniche, à célébrer l'amour, notre amour, et je crois sincèrement que nous étions les deux personnes les plus heureuses au monde. La voir rire encore à mes blagues, qu'elle connaissait pourtant par coeur, l'entendre parler de nous, de nos souvenirs avec les yeux pétillants ou s'émerveiller encore de ce bel endroit, après cinq ans, voilà ce qu'était mon vrai cadeau. C'était ça, la magie de la Saint-Valentin. Cette sensation que plus personne n'existe autour, ce sentiment d'être juste là où il faut avec la personne qu'il faut. Et chaque fois que l'on quittait cette péniche, Elle prononçait doucement cette phrase: "Les choses les plus simples font les plus grands bonheurs". Et elle avait entièrement raison. Elle me manque. Elle me manque tout le temps, c'est vraiment dur vous savez. Perdre la seule et unique femme capable de vous donner le sourire rien qu'au son de sa voix, vous savez, un amour comme ça, aussi fort, aussi long, je crois que c'est de plus en plus rare... Et je suis fier de notre histoire à tous les deux, fier de dire que cette femme incroyable était tout simplement la mienne, fier de tout le chemin que l'on a parcouru ensemble, sans jamais se lâcher la main.. 
Et même si je dois bien dire que la vie a perdue tout son charme, tout son sens et toute sa saveur depuis que nos chemins se sont séparés. Quand on me parle d'amour, c'est ton nom que j'entends, c'est ton visage qui se dessine dans ma tête. Ma belle Rose, tu m'as piqué en pleins cœur avec tes épines diffusant ta drogue, depuis je suis comme un junkie, tremblant de manque. Aucune autre ne soigne cette addiction.

« Bien sur que je t'en veux, comment en serait-il autrement ? T'as tout fait pour que je parte... tu m'as forcé à te quitter » une teinte de colère vient animé mes paroles, dévoilant une partie que j'avais commencé la veille au bar sans en dire plus sur l'identité. Mes yeux ne lâchèrent pas les noisettes de mon ancien amour. Alors que les paroles se débitaient.
« Et quand j'avais le plus besoin de toi, t'étais plus là, t'es pas revenu … tu sais le nombre de fois que j’espérais voir ton visage derrière ma porte ? »
Qu'est-ce que je pouvais lui répondre ?
L'amour, c'est très compliqué. C'est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L'amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas tomber amoureux, car l'amour, c'est aussi très beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C'est pour ça que souvent, on pleure après. Ne jamais avoir peur de trop aimer. C'est ça, le courage. Ne sois jamais égoïste avec ton cœur. S'il est rempli d'amour, alors montre-le. Sors-le de toi et montre-le au monde. Il n'y a pas assez de cœurs courageux. Il n'y a pas assez de cœurs en dehors. J'aurai voulu lui dire qu'on y parviendrais, que mon amour, le sien, peux-être finirai par oublier. Qu'on repenserait à cette période dans plusieurs année en songeant qu'on était des idiots. La force de notre amour surmontera et détruira tout les barrages.

« si tu connais la réponse dis-moi la … en attendant essayons de nous conduire décemment, je ne ferais plus mon psychopathe en te suivant. »
Tout finit par s'oublier, de toute manière. D'abord, on oublie tout ce qu'on a appris : les dates de la guerre de Cent Ans, le théorème de Pythagore. On oublie surtout tout ce qu'on n'a pas vraiment appris mais juste mémorisé la veille au soir. On oublie les noms de pratiquement tous ses profs à part un ou deux, qu'on finira par oublier eux aussi. On oublie son emploi du temps de première, sa place dans la classe, le numéro de téléphone de son meilleur ami et les paroles de cette chanson qu'on a bien écoutée un million de fois. Pour moi, c'en est une de Travis. Qui sait laquelle ça sera pour toi ? Et finalement, mais lentement, tellement lentement, on oublie ses humiliations... même celles qui semblaient indélébiles finissent par s'effacer. On oublie qui était branché et qui ne l'était pas, qui était beau, intelligent, sportif ou pas. Qui est allé dans une bonne fac. Qui donnait les meilleures fêtes. Qui pouvait vous trouver de l'herbe. On les oublie tous. Même ceux qu'on disait aimer, et ceux qu'on aimait vraiment. Ceux-là sont les derniers à disparaître.


GleekOut!
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[Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

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