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 [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Sam 22 Avr - 12:42

la nuit s'est dilatée sur un matin tremblant

Rosas

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ah ça, la rancoeur, je connais bien. C’est triste à dire. Je peux l’accepter, je peux faire avec, à cause de l’habitude. Pas de trouble perçant ou de surprise énorme à cette annonce-là. En ramenant la conversation à ce qui est l’évidence même, je suis parvenue à me calmer. J’ai troqué les émotions trop fortes contre celle, si bien connue, ô triste amie, de la culpabilité. Je laisse l’atmosphère se charger de cette masse sombre et glauque. Je me laisse m’enfoncer dans cette purée de pois.
Alors vas-y, prends le coup, ramasse, ne te baisse même pas pour reprendre ton souffle, avant la prochaine gifle. J’ai tout fait pour qu’il parte… ce n’est pas vrai. Ce n’était pas intentionnel, jamais je ne l’ai voulu… mais je suppose que tout y conduisait de toute manière. C’est allé par gradation, jusqu’à l’isolement total et terrible. Lui dans les derniers à partir. Il a tenu bon si longtemps. Impossible de lui en vouloir.

Il m’a attendue ? Il pensait, en ouvrant sa porte après le coup de sonnette, que je me trouverais sur le seuil ? Est-ce qu’il avait besoin de moi ? Mon coeur se serre et se ratatine dans ma poitrine, l’indigne. Il a toujours été là pour moi quand j’en avais besoin, jusqu’à la fin… et ça n’a pas été réciproque. Dieu sait pourtant que je l’aurais voulu. Je n’aurais demandé que cela, j’aurais marché pieds nus à ces côtés jusqu’en enfer. J’aurais été le meilleur soutien qu’on puisse avoir, infaillible, toujours là, droite, solide et aimante… mais on ne m’en a pas laissé l’occasion.
Je ne pouvais pas revenir et tenter les excuses juste après coup. J’ai été enfermée neuf mois. C’est ridicule, sans doute, mais ça m’est insupportable de penser qu’il croit que je n’en n’avais juste rien à faire.
« Je ne peux pas te dire pourquoi, mais je ne pouvais pas venir te voir. Je ne pouvais pas. »
C’est à peine si j’ai vu les rues trois fois jusqu’au jour de ma sortie – dont une dans la plus totale illégalité, en m’enfuyant grâce à Apple.

Il n’y a que quelques mètres entre nous mais il pourrait aussi bien y avoir l’univers entier. C’est à cause des silences si lourds, de toute cette gravité, cette amertume insupportable… Imagine un peu tout ce que nous pensons, chacun dans nos esprits séparés, et tout ce qu’on ne se dira jamais. C’est plus que du milliard, ça touche à l’infini. L’air est saturé de quelque chose qui prend au coeur et le pince, dans tous les sens, douloureusement. Tout ce qu’on peut songer et qu’on ne dira pas, qu’il ne saura jamais. Il y a le fait, qu’encore maintenant, parfois, je tends la main la nuit à la recherche de sa chaleur – illusion délirante. Et celui que si je sors, à chaque quatorzième soir du mois de février, depuis deux ans, c’est pour oublier que ce n’est pas avec lui. Que chaque fois que je vais dans mon ancienne chambre, à la maison, je n’ose pas ouvrir mon placard. Tout en bas, relégués dans un coin, j’ai rangé dans des cartons tous les souvenirs matériels de notre histoire qui ont survécu à ma folie destructrice de l’après-rupture. Rien qu’y jeter un coup d’oeil est douloureux. J’ai l’impression, qu’à travers la paroi des boîtes, son regard se darde sur moi depuis les albums photos.
Oh, sinistres fantasmes, mensonges que je m’adresse. Chimères d’indifférence.

« Je suis désolée. »
C’est maigre, c’est faible. Sept minuscules, ridicules petites lettres : désolée. Sincèrement, profondément désolée, même si ça ne peut pas suffire. Les regrets n’effacent rien, pas plus que les excuses, et ils ne font pas avancer non plus. Qu’est-ce qu’il me reste ? Je le lui dis quand même parce que je me sens démunie, et que je veux qu’il le sache.
Vraiment, Nickolas, je suis désolée d’être allée à la banque le mauvais jour, et d’avoir laissé mon père m’accompagner. Je suis désolée d’avoir laissé les choses déraper, la douleur m’étouffer complètement jusqu’à ce que mon cerveau, privé d’oxygène, ne vire mal. Je suis désolée que tes bras n’aient pas formés un appui suffisant – si qui que ce soit avait pu me tirer de là, ça aurait été toi, sans aucun doute. Je suis encore désolée de m’être montrée méchante, taciturne, pour les crises de colère et d’angoisse, je suis désolée d’avoir tout ruiné autour et entre nous. Je suis désolée de ne pas avoir été plus forte que ça. Je suis désolée de ne pas avoir été à la hauteur, d’avoir assassiné la Rose de cette époque… je suis désolée de ne pas avoir eu le cran de te parler et encore plus de t’infliger ces scènes et ces souvenirs maintenant. Désolée d’être venue sans prévenir te déranger à ton bureau ce matin, alors que c’est pratiquement ce que je te reproche d’avoir fait hier soir.

Je suis désolée. Et ça ne suffit pas.

C’est salé, c’est amer dans ma bouche, j’ai ce goût détestable de la chose achevée, mais ratée. Tout est perdu. Tout a échouée. On n’y arrive pas. Comment allons-nous faire pour épuiser ce temps encore à nous voir dans ce bureau sans déclencher de nouvelles scènes, sans réveiller les plaies pas sèches, pas refermées ? Je le lui ai demandé avec ma voix de petite fille, ma voix de quatre ans qui supplie qu’on la persuade que vivre est très beau et très facile. Mais j’en ai vingt-six. Je sais que ça n’est pas le cas et que la plupart de nos questions n’ont pas de réponse évidente.
« Merci. »
La légère ironie sur la dernière voyelle. Merci de me promettre de ne plus me sauter dessus dans le noir, à la sortie du travail. C’est déjà ça. Nous allons le faire, comment dit-il déjà ? Décemment. Comme c’est bien formulé. Allons-y décemment sans laisser trop de prise visible à la douleur. Elle est capable de s’accrocher à tout et n’importe quoi, au premier signe de faiblesse qu’on lui laisse entrevoir.
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MessageSujet: Re: [Rosas] La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant Dim 23 Avr - 11:54

     

Rose ♦ Nickolas

La nuit s'est dilatée sur un matin tremblant
L
'incertitude et l'inconnu me font peur. J'adore tout contrôler, tout savoir, j'adore tout anticipé. Dans chaque situation je m'attendais au pire, pour ne pas être déçue, dans chaque situation j'essaye de tout contrôler. Comme si je rédigeais le livre de ma vie avant même de l'avoir vécu ; alors je peux te dire que ton arrivé je ne l'avais pas calculée, c'était pas dans mes plans tout ça, t'as tout chamboulé, tu m'as déstabilisé, j'ai perdu tout mes moyens. Oui, car l'amour est le truc le plus improbable de cette terre, ça vous tombe comme ça, que vous soyez prêt au non, au moment où vous vous y attendez le moins. L'amour ne prévient pas, l'amour ne se planifie pas, l'amour vous tombe dessus sans que vous avez le temps de réaliser. Le livre de ma vie s'est réécris, le jour où t'as débarqué sans prévenir, et que t'as décidé de me faire découvrir l'imprévu. J'ai aimé être avec toi pendant cinq années durant, à ressentir cette légèreté que tu m'apportais, l'Amour, différent de celui d'une mère, celui qui transporte, mais la chute en fut tout aussi douloureuse. J'aurai aimé que tu franchisses la porte qui séparer mon appartement, douce illusion durant deux années et quand je te demande, tu ne donnes pas d'explication, seulement que tu ne pouvais pas. Que dois-je en comprendre ? Qu'est-ce qui pouvait t'empêcher de venir si tu en avais si envie.

Je sais que ça n'avance à rien de penser tout le temps à toi, je sais que je rêve dans le vide. Mais en fait, je m'en fiche, parce que ça me fait du bien. J'ai l'impression que t'es un peu avec moi, toujours dans un coin de ma tête, un peu comme si t'étais présent. J'ai l'impression d'avoir des papillons dans le ventre, des plumes qui me chatouillent les oreilles, des nuages sous mes pieds, c'est agréable. Et tant pis si ça rime à rien. Tant pis si je me nourris de souvenir, que je me laisse plongé dans ce passé, je l'aimais ce passé, je t'aimais toi et il ne se passe pas un jour sans que je me réveille en cherchant une place demeurait vide depuis.
Je ne guérirai pas de cet amour. Tu m'as pris ma lumière, ma sève, ma confiance. Mes jours sont vides, ma vie est morte. Je fais juste semblant. De sourire, d'écouter, de répondre aux questions. Tout les jours, j'attends un signe, un geste. Que tu me délivres de ce trou noir dans lequel tu m'as laissée et que tu me dises pourquoi. Pourquoi m'as tu abandonnée ?
Je pensais que je ne pourrais pas vivre une seule journée sans ton sourire. Sans te parler et entendre ta voix. 
Et puis, ce jour arriva, et ce fût tellement difficile, mais celui d'après le fût encore plus. Et j'ai su, avec cet horrible sentiment, que ça allait empirer, et que je n'irais pas bien avant un très long moment. Parce que perdre quelqu'un n'est pas une occasion ou un événement. Cela n'arrive pas qu'une fois. Ca arrive encore et encore. Je te perd à chaque fois que je prend ton mug préféré, quand notre chanson passe à la radio, ou quand je trouve un de tes vieux tee-shirt au fond de mon armoire. 
Je te perd à chaque fois que je pense à t'embrasser, à te serrer dans mes bras et quand tu me manques. Je vais me coucher le soir et je te perd, quand j'espère pouvoir te raconter ma journée. Et le matin, quand je me réveille et trouve les draps vides à coté de moi, je commence à te perdre à nouveau.
Ce n'est pas faux de dire que le temps guérit toutes les blessures, au niveau physique la guérison commence instantanément et c'est notre corps qui fait le travail. Mais lorsqu'il s'agit des relations humaines, certaines blessures se cicatrisent en une journée d'autres restent vives pendant toute notre vie. La perte d'un père, d'une mère, c'est différent, mais c'est destructeur, tout comme t'avait perdu ton père, j'avais eu le droit à cette terrible épreuve. Sauf qu'à l'instar de toi, j'avais été présent pour cette période, un moment où je t'avais soutenu, du mieux que je le pouvais. Tu n'as rien fait, si ce n'est plongé dans ce tourbillon infernale, devenant une autre personne, me poussant jusqu'à mes limites, dès lors que je ne supporte plus ton comportement. Je ne te le dit pas qu'elle est morte … à quoi ça pourrait bien servir ? Je sais que je n'ai pas agis de la meilleure manière la veille et te promet de ne plus agir comme un fou, mais je le suis depuis que tu ne fais plus partie de ma vie, depuis que tu ne me complète plus j'ai l'impression de perdre la tête.
« bien, je ne veux pas te mettre à la porte,mais j'ai du travail. » soufflais-je, regagnant la chaise que j'avais quitté quelques minutes plus tôt. « on se revoit bientôt pour ton roman de toute façon. » déclarais-je tout en lui lançant un léger sourire avant de la voir quitter la porte et de me concentrer sur ses feuilles blanches teinté d'encre.


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