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 Symphony. ☆ Pancake. ღ

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MessageSujet: Symphony. ☆ Pancake. ღ Mar 2 Mai - 18:09

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Drake & Apple.
I've been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me, And every melody is timeless. Life was stringing me along, Then you came and you cut me loose. Was solo singing on my own, Now I can't find the key without you. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? I’m sorry if it’s all too much. Every day you’re here, I’m healing And I was runnin' out of luck. I never thought I’d find this feeling. 'Cause I’ve been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me And every melody is timeless. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? SYMPHONY.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


07 août 2015 ∞ Librairy Bar ∞ 22h.


Entraîné par l’exaltation de la foule en délire, je me laissais facilement convaincre, par une amie, de rejoindre la piste de danse. Et malgré une musique assourdissante – qui me perçait littéralement les tympans, je m’imprégnais de cette ambiance festive qui berçait mon cœur d’euphorie. Transcendé par cette atmosphère bon enfant et insouciante, je me trémoussais et me laisser embarquer dans toutes les aventures que me proposait ma folle amie d’enfance, que je venais tout juste de retrouver, par hasard, dans ce bar à ambiance. Ainsi, je me retrouvais bientôt debout sur une table, à chanter à tue-tête toutes les chansons que le jukebox passait en boucle, inlassablement. « I’M ON THE HIIIIIIIGHWAYYY TO HEEEELLL ! » Hurlais-je, en même temps que tous mes autres compères d’un soir, si bien qu’on aurait cru qu’une seule et même voix s’était multipliée à l’infini. L’hystérie et la joie de vivre étaient mêmes si communicatives qu’on se serait presque crus en discothèque, dans cette petite partie du bar où l’on pouvait danser. Tout en m’abandonnant partiellement à la fête, je riais, me déhanchais et chantais comme un joyeux luron... jusqu’à ce que le fameux client - dont j’attendais impatiemment l’arrivée - fasse irruption dans le commerce. Etant plongé dans la pénombre et camouflé par la foule en délire, ledit homme, qui venait juste de s’asseoir au bar, ne m’avait très certainement pas repéré. Moi, bien au contraire, je n’avais d’yeux que pour lui, et ne le lâchais plus du regard. Et alors que je me stoppais net dans mes pas de danse frénétiques, je sentais mon cœur ronronner de plaisir dans ma cage thoracique, rien que grâce au simple fait de sa présence dans le même espace que moi. Des étoiles traversèrent bientôt mes yeux émus, tandis que mon cœur filait à toute vitesse sur l’autoroute de l’amour. Oh...Drake... mon bébé cœur... tu étais là, enfin ! Souriant de toutes mes dents, je m’empressais de descendre au plus vite de la table sur laquelle je dansais, dans l’optique de rejoindre l’homme que j’aimais. Cependant, à peine eussé-je touché le sol que mon amie d’enfance, une belle jeune femme aux cheveux d’or, faisait de même et m’agrippait par le bras. « Eh ?! Appy, où est-ce que tu vas ? J’ai programmé une chanson rien pour nous, dans le Jukebox ! Elle va arriver juste après celle-ci ! Allez, reste encore un peu ! » S’exclamait la jeune fêtarde, visiblement intriguée et un tantinet déçue par mon envie de partir aussi prématurément. Touché par son adorable manière d’être, je laissais un petit sourire fendre mes lèvres, et m’évertuais à lui expliquer les raisons de mon départ précipité. Pour le faire convenablement, je la prenais par la main et l’emmenais un peu plus loin dans le bar, là où nous pouvions avoir une conversation sans être coupés par la musique tonitruante. « Tu vois le beau jeune homme, là-bas, assis au bar ? » Lui demandais-je, tout en désignait Drake du doigt. La magnifique blonde m’offrait un hochement de tête positif en guise d’acquiescement. « Et bien... j’en suis amoureux-fou depuis que je l’ai rencontré, et... et je compte tout lui dire, ce soir. » Poursuivais-je, soudainement surexcité, mais à la fois tétanisé par l’hypothèse que mon doudou puisse ne pas éprouver les mêmes sentiments que moi. Néanmoins, même si je tremblais de peur et d’excitation – tout ça à la fois, je rebondissais derechef. Oui, comme toujours, j’étais un infatigable moulin à paroles ! « En fait... pour tout te dire, c’est pour lui ouvrir mon cœur que je suis venu spécialement dans ce bar ! Et... ça fait peut-être un peu psychopathe, mais je savais que je le trouverais ici... car il s’y rend tous les vendredis soirs. » Ajoutais-je, ému, tout en laissant un petit rire s’échapper de mes lèvres, qui brûlaient de désir de retrouver celles de mon amour. Légèrement gêné face à cette confession, je baissais légèrement le regard et rougissais. Néanmoins, avec douceur et bienveillance, mon amie s’évertuait à me redonner foi en moi. « C’est tout simplement adorable ! Et je suis de tout cœur avec toi ! Allez, Appy, tout va bien se passer ! Fonce le retrouver ! » Lançait amicalement le parfait sosie de Cendrillon, avant de me déposer un petit baiser contre la joue – sûrement pour me donner davantage de courage. Souriant face à tant de tendresse et de soutien, je reprenais progressivement confiance en moi. Et, pour montrer ma grande reconnaissance à mon amie, je la prenais tendrement dans mes bras et la serrais très fort contre moi. « Merci infiniment, Elektra ! Et puisque mon amour a déjà bien trop attendu, je file l’exprimer de suite ! » M’exclamais-je, définitivement résolu et déterminé à avouer mes sentiments à l’homme de ma vie. Alors, après une dernière étreinte offerte à mon amie d’enfance – désormais devenue nouvelle copine de beuverie, je m’élançais à travers la foule, fin prêt à retrouver Drake et à lui ouvrir mon petit cœur amoureux...

Tout en courant à travers une mer humaine jusqu’à en perdre haleine, je sentais mon organe vital cogner de plus en plus fort dans ma poitrine. Et comme s’il s’était agi d’une question de vie ou de mort, je bousculais chaque badaud gênant qui se mettait en travers de mon chemin. Résolu à confier mon amour dévorant et passionnel à Drake, je ne pouvais patienter une seconde de plus, et, tant l’attente de le retrouver était insoutenable, je m’imaginais d’ores et déjà son visage lorsqu’il lirait enfin ce fameux ‘je t’aime’ sur mes lèvres. La scène idyllique que je me représentais était clairement utopique, mais j’étais convaincu que nous pouvions nous-aussi avoir droit à notre conte de fées. « Je t’aime, Drake ! » Me répétais-je sans cesse à moi-même, tout en courant encore plus vite à travers la foule qui dansait sur la piste, afin de réduire ce temps cruel et cet espace déchirant qui nous séparaient. C’était insoutenable, clairement, et je ne voulais plus jamais qu’il y ait à nouveau autant de distance entre ‘nous’. À vrai dire, je ne voulais plus jamais le quitter de toute ma vie. Et si mes sentiments étaient partagés, je comptais bien lui proposer de prendre derechef un appartement avec moi, de nous y installer, et d’y faire notre vie. Après tout, nous avions déjà assez perdu de temps comme ça ! Et s’il m’aimait vraiment autant que moi, il serait certainement partant pour ce projet de relier nos vies l’une à l’autre, lui-aussi. Avec du temps, nous pourrions peut-être même nous marier et avoir des enfants ? Oh, ça serait un rêve qui deviendrait réalité ! Oh oui, une famille, nous aimer jusqu’à la fin des temps... quel bel avenir et quels merveilleux projets ! Souriant davantage grâce à ces délicieuses images de mon hypothétique futur, je continuais néanmoins de courir aussi vite que j’aimais Drake – quasiment à cent à l’heure, donc. Et après avoir bataillé durant quelques fractions secondes supplémentaires, j’arrivais enfin à m’extirper de la foule oppressante. Victorieux et bercé par mes intenses songes amoureux, je m’empressais de poursuivre ma quête, qui était de me rendre au plus vite auprès de Drake, mon seul amour. Avec des étoiles dans les yeux et des papillons dans le ventre, je marchais d’un pas décidé vers celui qui animait mon cœur, avant de me stopper net. Pétrifié face à l’horrible spectacle qui me faisait face, je sentais mon cœur s’assécher et se craqueler comme une parcelle de terre aride. Les larmes, quant à elles, vinrent chasser les étoiles de mes yeux, tandis que de fictives lames aiguisées et tranchantes tuaient les papillons qui virevoltaient dans mon ventre, avant de venir se planter dans chacun de mes organes. Démoli, impuissant et passif, je restais bêtement planté là, à regarder l’homme que j’aimais embrasser une autre personne. Comme paralysé par le choc, j’étais pareil à une statue dans un musée. Et même si j’étais en plein milieu de la pièce, je ne bougeais pas d’un centimètre. « Drake... non... » Chuchotais-je, dépité, d’une voix si faible et déchirée que moi seul pouvait l’entendre. Malheureusement, malgré le fait que j’étais encore dans le déni, l’homme que j’aimais de tout mon cœur était bien en train de s’abandonner à quelqu’un d’autre. Bon sang, était-ce donc réel ?! Putain, oui, et j’avais beau me pincer pour essayer de me sortir de ce cauchemar, la réalité ne changeait pas. Enraciné au sol, je le regardais alors fermer les yeux, ouvrir sa bouche... et titiller la langue de cette inconnue. Ils semblaient apprécier leur échange, mais plus ils éternisaient ce baiser et plus je me sentais mourir de l’intérieur. Et à cause de la ‘trahison’ de mon amant, j’étais maintenant désillusionné au sujet de cette potentielle histoire d’amour que je m’étais imaginé. Quant à mon organe vital, il souffrait tellement qu’il était en train de s’autodétruire ; il préférait finir en cendres plutôt que de continuer à battre dans ce piteux état. Avais-je déjà autant souffert qu’à cet instant précis ? Y avait-il quelque chose de plus douloureux que de voir son amour batifoler dans les bras d’une autre personne ? Certainement pas, et j’en mourais moi-même progressivement, à l’instar de mon cœur annihilé. Quoi qu’il en fût de l’état de mon incommensurable souffrance, des cascades de larmes se répandirent bientôt le long de mes joues, témoignant de l’état critique de mon cœur à l’agonie. Je me sentais tristement vide, exactement comme si l’on m’avait arraché une partie de moi-même – c’était sûrement dû à ce fragment de mon cœur que Drake avait toujours détenu, et qui venait de se briser en mille morceaux par sa trahison. Et, désormais à deux doigts de faillir, je comprenais bientôt que ma place n’était pas ici, avec lui, et qu’elle ne l’avait sans doute jamais été. Décidément, j’étais bien trop con ! J’aurais dû partir, mais une force supérieure me statufiait et me forçait à assister au restant de la scène. Est-ce que ce baiser avait duré trente secondes ? Une minute ? Je n’en savais strictement rien, mais j’avais l’impression que cet échange annihilant avait duré une éternité... une éternité faite de souffrance. C’avait été l’enfer sur terre, tout bonnement, et mon cœur amoureux ne résistait pas à l’attaque des flammes dévastatrices et impitoyables de Lucifer. Vide, dépité, dévasté, brisé, annihilé, détruit - ce n’étaient pas les qualitatifs qui manquaient -, je m’arrachais enfin à la contemplation de cet horrible tableau, lorsque les deux protagonistes cessèrent leur embrasse écœurante. Cependant, lorsque Drake rouvrait les yeux, il tombait nez-à-nez avec mon visage déformé et ravagé par la tristesse. Croiser brièvement ce regard océan était le coup de grâce qui m’anéantissait définitivement, et je me cachais instinctivement le visage pour camoufler toutes ces larmes qui s’étaient accumulées contre mon visage d’enfant. Ces yeux... oh, ce putain de bleu ensorcelant, il ranimait tant de bons moments... Le cinéma, la plage, nos journées dans son appartement... et toutes les autres images des souvenirs que nous avions partagés défilaient dans mon esprit, exactement comme un film en accéléré. Malheureusement, tout était triste, maintenant, et même son sourire me donnait envie de pleurer davantage. Son sourire, ses mots doux, ses surnoms, ses promesses, ses regards, ses compliments... tout n’était désormais plus que tristesse et souffrance, au point que le simple fait de penser à lui me déchiquetait davantage de l’intérieur. Ne supportant plus tout ce qui s’imposait à moi – y compris le regard de certains badauds médusés, je parvenais à me défaire in extremis de ma paralysie et m’enfuyais derechef en direction de la porte de sortie. Tout en sanglotant toujours entre mes mains tremblantes, j’errais bientôt, brisé, dans la nuit noire. Sans savoir où aller ni quoi faire pour apaiser la peine qui s’était installée dans mon cœur, je marchais sans but, tout en semant des larmes sur mon passage, à l’instar du Petit Poucet. Putain, qu’est-ce que j’avas pu être con de croire qu’il pouvait m’aimer ! Et ça faisait mal, très mal, de découvrir le fait qu’on n’était qu’un putain de jouet dans la vie de l’être aimé. Et là, sous la faible luminosité qu’offraient les réverbères, la lune et les étoiles, je me faisais la promesse solennelle de ne plus jamais laisser quiconque s’emparer de mon cœur. Pourquoi ? Car c’était bien trop douloureux, surtout lorsque la personne à qui vous l’aviez confié s’amusait à le triturer de ses propres mains. Putain, voilà où j’en étais arrivé, par amour : au comble du pitoyable et pris dans une sorte de dépression ! Et dire que je n’étais, au fond, qu’un enfant naïf qui avait eu la mauvaise idée de suivre son cœur et de vivre ses rêves... Et voyez le résultat : ce qui aurait dû être l’accomplissement de mon rêve était devenu mon pire cauchemar... Parfois, l’amour, vu le mal que ça procure, ça ne devrait même pas exister ! Mais je continue de lutter, d’essayer de tenir bon, de ne pas craquer plus que de raison, de ne pas en faire toute une histoire... Et je marche, toujours plus en avant, toujours sans but, toujours en pleurant, toujours en souffrant...

Et je marche... Et je marche, et je pleure, et je souffre, et je meurs... encore et encore, inlassablement... sans vraiment savoir ce qui me retient de vivre, maintenant que mon cœur ivre d’amour s’est fait détruire. Et je marche, et je pleure, et je souffre, et je meurs... encore et encore, inlassablement... sans vraiment savoir ce qui me retient de vivre, maintenant que mon cœur ivre d’amour s’est fait détruire. Et je marche... et je pleure... et je souffre, et je meurs... [..]

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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Mer 3 Mai - 11:04

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Apple & Drake


Mais ses yeux, ses yeux étaient baignés de larmes.


Il n’y avait rien de pire qu’une routine. Parce qu’au fil des jours, on aurait beau tout faire pour qu’elle reste une routine, au final, il y aurait toujours quelque chose pour venir la perturber. Là, ce feu, qui aurait dû passer au vert une minute plutôt ; ce couple, qui ne devrait pas encombrer le passage en se criant des insultes à la figure ; cette petite fille, qui n’aurait pas dû tomber de son vélo. Tant de choses qui pouvaient perturber une simple routine. Un simple vendredi soir, qui se voulait être comme tous les autres. C’était aussi fragile que cela, une habitude. Pourtant Drake continuait à avoir les siennes, comme celle de se rendre dans ce bar, le Librairy, chaque vendredi soir. Voir tous ces gens danser, rire, chanter et crier avait quelque chose de relativement apaisant. Ça pouvait paraître curieux, mais il aimait bien boire un verre en les regardant s’amuser, après une longue semaine de travail. Accoudé au comptoir, il avait depuis quelques minutes déjà perdu son regard dans la foule, sans savoir s’il cherchait quelqu’un en particulier. Des gens, il y en avait des dizaines ici. Il aurait certainement pu en reconnaître une ou deux, d’ailleurs, parmi les habitués, s’il y avait mis plus d’attention. « Tu me payes à boire ? » Il tourna la tête sur le côté. Yeux de chat et longs cheveux ondulés, la jeune femme qui le regardait avait cette expression qu'il avait déjà maintes fois vue. Le sourcil arqué, le léger sourire... Oui, il la connaissait bien, cette expression. Assez pour ne plus être dupe, au fil du temps. Et pourtant, le voilà qui faisait signe au barman de leur servir deux verres. Bien, la voilà satisfaite. Et ensuite ? Il pouvait juste se la jouer gentleman sans qu'il n'y est d'"ensuite". Visiblement elle ne se satisferait pas du verre seul, puisqu'elle commença à lui parler. Voix langoureuse, traînante. Qui se voulait séduisante. Un petit jeu qui aurait rapidement pris sur un autre homme, mais Drake avait déjà quelqu'un. Cela ne l'empêcha pas pour autant d'écouter ce qu'elle disait, sans en capturer l'essence. Ses mots ne signifiaient pas grand-chose. Vides de sens et de logique, ils étaient loin, très loin de ce que pouvait lui dire son petit ange. Mais il écoutait tout de même, lui répondait. Elle avait l'air de s'en satisfaire. Juste parler. Qu'il y avait-il de mal à cela ? Sa main impeccablement manucurée alla se poser sur son torse, laissant son empreinte glaciale. Frisson. Cela faisait longtemps que personne d'autre qu'Apple n'avait déposé sa main ici. Il trouva ce contact gênant, tout à coup, d'autant plus qu'elle rapprochait son tabouret du sien. Une seconde. Que faisait-elle ? Que faisait-il ? Il ne bougea pas, la regarda faire. Elle devait sans doute le trouver bien peu engageant, et elle se sentait presque obligée de prendre les devants elle-même. Ce n'était pas nécessaire. Vraiment pas. Ombres portées sur le bar, dansantes sous l'éclat des néons. Elles ne représentaient personne, et pourtant tout le monde à la fois. Cette femme, là, aurait pu être n'importe quelle autre femme, tout comme cet homme aurait pu en être un tout autre. Pourtant, c'était bien elle qui avançait son corps vers le sien, et c'était bien lui qui ne bougeait toujours pas ; c'était bien elle qui penchait son visage sur le côté, et c'était bien lui qui plissaient les yeux ; c'étaient bien leurs lèvres qui s'entrechoquaient, maintenant, comme si elles ne correspondaient pas ?

Ne plus réfléchir, ou ça faisait trop mal. Fermer les yeux, imaginer être ailleurs, avec quelqu’un d’autre. Pourquoi ce visage, là, toujours dans son esprit ? À chaque fois qu’il fermait les yeux. Cheveux bruns, petit nez retroussé, lèvres enivrantes qui ne donnaient qu’une envie : les embrasser. Et l’azur de son regard, comment l’oublier ? Il n’y pouvait rien, c’était à chaque fois la même chose. Le noir ne restait jamais noir très longtemps, à chaque fois son visage s’imprimait dans cette obscurité de glace. Il prolongea le baiser. Éteindre cette image, l’effacer. Elle était trop douloureuse à contempler. Pourquoi ces mots étaient-ils si durs à prononcer, face à lui ? En quoi leur sens changeait-il ? Avait-il une définition différente du verbe aimer, lorsqu’il le conjuguait avec Apple ? Sûrement, et pas pour son plus grand bien. Que faisait-il, bon sang ? Qu’était-il en train de faire, là, une main dans les cheveux de cette femme qu’il ne connaissait que depuis cinq minutes, sa langue dansant avec la sienne ? S’écarter. Effacer ce qu’il venait de se passer, vite, avant que ça n’empire. Il se sépara d’elle brusquement, un peu trop peut-être, car elle le regarda bizarrement. N’osant pas croiser son regard tout de suite, il le posa aussi loin que possible, à l’opposé, là, dans la foule derrière eux, qui dansait, qui criait, qui chantait. Et le hasard, ce hasard qui faisait si mal les choses, le fit déposer ses yeux sur la seule personne qui ni ne dansait, ni ne criait, ni ne chantait. En vérité, elle pleurait. Une micro-seconde pour la reconnaître, dans les jets électriques que projetaient les néons. Apple. « C’est qui ce mec ? » Ce mec ? C’était la personne qu’il aimait le plus au monde, celle qui faisait battre son cœur à un rythme incontrôlable, celle à qui il aurait déjà dû dire ‘je t’aime’ depuis longtemps. Celle qu’il venait de trahir, de blesser, de détruire, comme un imbécile. « Putain. » À peine le juron sorti qu’Apple prenait la fuite, s’échappant du bar. Mais ses yeux, ses yeux étaient baignés de larmes. Sans réfléchir, Drake se releva d’un bond, et s’élança à sa poursuite. Du moins essaya-t-il, alors qu’elle le retenait par la manche. « Hey, mais qu’est-ce que tu fous ?! » Pas envie de répondre, pas envie d’expliquer. Le rattraper, vite, vite, avant qu’il ne soit trop tard. « Faut vraiment que j’y aille. », répondit-il en se dégageant le bras, sortant en trombe du bar. Elle devait sans doute le prendre pour un bel enfoiré maintenant — mais il s’en fichait pas mal. Tout ce qu’il voulait, c’était que ce ne soit pas ce qu’Apple pense de lui. Et autant dire que c’était mal parti. Bon sang, bon sang, bon sang. Qu’est-ce qu’il lui était passé par la tête ? « Apple ! » Dehors, la nuit de poix, les lampadaires tout à coup traîtres. Une silhouette ressemblait si facilement à une autre ! De quel côté était-il parti ? Coup d’œil à droite — rien. À gauche — était-ce lui, les cheveux désordonnés, qui s’efforçait d’avancer calmement ? Même à cette distance il pouvait voir ses jambes trembler. Bon sang. Il s’engagea à sa poursuite, jouant des coudes pour le rejoindre. C’était comme si le monde s’était ligué contre lui pour remplir ces trottoirs habituellement vides. Routine, routine, maudite routine. « Apple, attends ! » Et crier avait beau être inutile, il continuait, dans l’infime espoir de le voir finalement se retourner. C’était comme ça que ça se passait toujours dans les films, non ? Là, Apple était censé s’arrêter, et Drake le rattraperait ; il lui dirait ‘je t’aime’, et tout serait oublié. Ridicule. Ridicule scénario pour une mauvaise série télévisée. Rien, absolument rien ne se passait comme dans les films. Ils servaient juste à te rappeler combien la vie était plus cruelle. « S’il te plaît ! » Les gens lui jetaient des regards interrogateurs, d’autres ne relevaient pas le nez de leur téléphone, trop habitués à ce genre de comédie. Se glissant entre un retraité et une fille aux cheveux roses vifs, il parvint enfin juste derrière son bien-aimé. Sans réfléchir, il l’attrapa par les épaules et l’entraîna contre le mur d’un bâtiment, à leur gauche, où il le fit pivoter pour lui faire face. « Écoute-moi, s’il te plaît… » Ses yeux paraissaient si sombres, dans la nuit noire ! Et ce chagrin, ce chagrin qu’il s’était promis de ne plus jamais lui causer ! Pour un peu il se tapait la tête contre le mur. Tout était de sa faute, il s’était comporté comme un imbécile. Un imbécile, un parfait imbécile. Qu’est-ce qu’il s’était passé ? Pourquoi la routine avait-elle été brisée ? Routine, maudite routine. Un rien te brise, et, pourtant, on t’appelle toujours routine ! Il pourrait prétendre qu’il n’était pas responsable de ce qu’il avait fait, que c’était entièrement sa faute à elle. Félicitations, comportement d’enfant de maternelle. Non, il était un adulte, maintenant, il devait assumer ses actes. Peu importait ce qu’il avait bien pu faire, il devait y trouver une explication claire et logique. Pourquoi, pourquoi s’était-il emporté ? Pourquoi ? « Je… Je vais t’expliquer... » Qu’il y avait-il à expliquer ? Rien du tout. Il avait embrassé cette femme devant les yeux d’Apple, c’était impardonnable. Et même l’ange qu’était son amant ne parviendrait pas à le lui pardonner. Une gifle, c’était tout ce qu’il méritait. « Si… Si tu as besoin de te défouler, je te comprendrais, mais laisse-moi t’expliquer avant, je t’en prie... » Et supplier, supplier, s’enfoncer, s’enfoncer. Parle, Apple, dis quelque chose ! Crie-moi dessus, frappe-moi, tout ce que tu veux mais fais quelque chose ! « Je… J’ai déconné, d’accord, mais... » Quelque chose se fêla dans sa voix, il eut le souffle coupé quelques secondes. Essoufflé, les yeux brûlants, le cœur battant. Mais… ? Mais pardonne-moi, s’il te plaît ?




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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Jeu 4 Mai - 18:55

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Aveuglé par les torrents de larmes qui brouillaient ma vision, je ne distinguais quasiment plus rien. Mes yeux n’étaient plus qu’on océan de cécité, et je ne voyais plus que quelques formes incertaines et teintes colorées, sans relief. Tout était devenu flou et vague, dans ce monde cruel, au point que je ne parvenais même plus à distinguer les contours d’un banc, auprès duquel je me cognais violemment la jambe sans vraiment le remarquer ou le ressentir. J’étais peut-être blessé, mais je n’éprouvais plus de douleur physique tant ma tristesse était infinie. À l’intérieur, c’était le chaos : mon cœur incommensurablement dévasté n’était plus que ruines et cendres, à l’instar de Bagdad après avoir subi le feu des blindés ennemis. En définitive, il ne restait plus rien de mon être, qui avait été annihilé par la trahison de mon amour, et j’en venais même à ma demander comment est-ce que je pouvais encore vivre et tenir debout, sur ces jambes frêles et pareilles à des baguettes chinoises, alors que j’étais d’ores et déjà mort de l’intérieur. Quoi qu’il en fût de la réponse à cette question existentielle, j’errais seul, sans but, dans la rue et dans la nuit, tel un zombie de mauvais film d’épouvante. Ignorant tout du monde extérieur et des badauds qui me jugeaient allègrement, je restais prisonnier de mes pensées noires, avec la peine, le vide, la peur et l’amour brisé pour seules compagnes. Et je marchais, encore et encore, inlassablement, difficilement, tout en pleurant et mourant à petit feu, jusqu’à ce que je sois interpellé par une voix qui m’était malheureusement devenue vitale. Oh... Drake... cette voix, cette douce et enivrante voix de sirène... elle déchirait mon cœur et me détruisait un peu plus à chaque syllabe, maintenant. Pleurant de plus belle, j’essayais de faire fi de ces sons mélodieux et de fuir mon amant, puisque chaque imploration qu’il me lançait n’avait pour effet que de me briser davantage. C’était néanmoins peine perdue, et je ne parvenais pas à lui échapper, puisque Drake courrait aussi vite qu’un guépard, alors que j’avais à peine le rythme d’une petite souris. Et, sans vraiment avoir le temps de comprendre ce qui était en train de m’arriver, je me retrouvais plaqué dos à un mur, face à l’homme responsable de ma destruction. Légèrement étourdi par ce retournement de situation impromptu, je mettais un court instant à assimiler tout ce qui était en train de m’arriver. Drake était là, juste devant moi, à me demander de l’écouter. Et même si je ne voyais toujours rien à cause de ma vision brouillée par cet océan de larmes, j’étais sûr que la personne qui me faisait face était bel et bien l’homme que j’aimais. Pourquoi ? Car tous mes sens étaient en éveil lorsqu’il se trouvait à proximité de moi : un frisson parcourait mon échine dès qu’il posait sa main sur ma peau ; mon nez hurlait de plaisir dès que son haleine fraîche venait effleurer mes narines ; et mes oreilles devenaient folles dès que la mélodie de sa voix les berçait. Quant à mon cœur, oh, mon pauvre petit cœur esseulé, il s’affolait et battait à tout rompre dès qu’il sentait que celui de Drake était à proximité. Mon amour était donc bien présent, et je n’avais aucunement besoin de mes yeux pour en être certain, puisque tous mes autres sens étaient d’ores et déjà en ébullition. « Re... Retire tes... tes mains... Drake, je... je t’en prie... Ne me touche pas... » Suppliais-je, d’une voix cassée et remplie de sanglots, avant de me dégager moi-même de ce toucher qui m’était devenu insupportable. Honnêtement, comment aurais-je pu accepter le contact de ces mains traîtresses alors qu’elles avaient caressé, quelques secondes plus tôt, les cheveux et le visage de cette inconnue ? Ça m’était impossible, ça me dégoûtait, et je rejetais derechef ces menottes sales. Franchement, c’était bien plus que ce que je pouvais encore endurer ! « Il... Il n’y a rien à expliquer... Tout est... parfaitement... clair... » Sanglotais-je, une fois défait des ces mains infidèles, après que Drake m’ait informé qu’il allait me raconter l’histoire de ce baiser destructeur. Penaud, je baissais la tête et fuyais tout contact visuel avec l’homme qui me causait tout ce chagrin. Et même si j’avais toujours la même vision qu’une personne grisée par l’alcool, le simple fait d’apercevoir ces deux magnifiques tâches topaze briller dans la nuit me brisait irrémédiablement. Déboussolé, je relevais cependant mes yeux gorgés de larmes, lorsque mon amour m’invitait à me défouler si j’en ressentais le besoin. « Je... Je n’ai pas envie de me défouler contre toi, Drake ! Je tiens beaucoup trop à toi pour te faire du mal... » M’offensais-je, d’une voix légèrement moins entrecoupée de sanglots. Cependant, mes yeux restaient rougis et noyés dans cet océan de tristesse. Quant à mon cœur noirci et en détresse, il continuait de suffoquer sous l’épaisse fumée de la trahison. « Et arrête de vouloir te justifier pour ce que tu as fait ! Tu n’as pas à t’excuser ou à me rassurer... pas plus que tu as de comptes à me rendre... » Lançais-je, catégorique, tout en coupant net la parole à mon amant. « En fait... la vérité, c’est que le problème vient de moi... » Finissais-je par avouer, penaud, avant de pousser un gros soupir tristounet et de reprendre derechef. « ...c’est moi, le fautif, car j’ai laissé mes sentiments pour toi dévorer et consumer mon cœur, au point que je m’en suis persuadé, à tort, que je pouvais être ton petit-ami... Du coup, comme un parfait idiot, je me suis comporté comme tel... Ah... j’excelle vraiment dans l’art de prendre mes rêves et fantasmes pour des réalités ! » Soupirais-je, d’une voix et d’un comportement aussi tristes et maussades que la pluie qui commençait à nous tomber dessus. Décidément, même le temps, qui venait tout juste de tourner et de s’assombrir, semblait pleurer avec moi... « Pff... Mais regarde-moi, je suis clairement en train de faire une crise de jalousie pour un homme pour qui je ne suis qu’une distraction ! C’est tellement pathétique, je suis pitoyable ! » M’emportais-je, après une brève méditation intérieure, tandis que mes yeux demeuraient aux abonnés absents et que mes larmes s’intensifiaient. « Ne me coupe pas, s’il te plaît, et laisse-moi finir ! J’ai encore tellement de choses à te dire... » Demandais-je derechef, d’un air faussement autoritaire, lorsque je voyais que mon interlocuteur voulait rebondir sur mes précédentes paroles. Dévasté, je tentais néanmoins de rassembler mes pensées et d’accomplir, malgré tout, la mission que je m’étais confiée : ouvrir mon cœur et avouer mes sentiments amoureux à Drake, ce soir. Alors, après avoir inspiré une grande bouffée d’air frais, je prenais mon courage à deux mains et me lançais enfin dans mon ultime confession... « Tu étais mon rêve, Drake. Tu étais même l’arc-en-ciel dans l’obscurité de ma vie... et j’avais espéré de tout cœur qu’il puisse en être de même de ton côté... Mais... j’ai fini par apprendre à mes dépends que ce n’est pas le cas... et que ce ‘nous’, que je croyais si merveilleux et invincible, ne signifie finalement rien à tes yeux... » Avouais-je, penaud, tout en sentant mon cœur se déchiqueter davantage dans ma poitrine. La pluie, quant à elle, venait me fouetter le visage avec intensité, si bien qu’on ne parvenait plus à l’en distinguer de mes larmes. Grelottant, je passais ma main contre mon visage mouillé, avant de poursuivre de plus belle. « En vérité, si je suis venu dans ce bar, ce soir, c’était pour te dire que je t’aime depuis notre toute première fois, au cinéma, et... que tu as été mon premier et seul véritable amour... Mais... je n’imaginais pas que les événements tourneraient ainsi... » Ma voix déchirée et imprégnée de sanglots n’était plus qu’un murmure à peine audible, comme si elle nous venait d’une quinzaine de mètres. Quant à mes sentiments et à ma peine, ils étaient si colossaux que je me demandais comment ils pouvaient encore tenir dans mon corps si petit et bousillé. Néanmoins, en dépit de ce mystère non élucidé, je ne me posais pas davantage de questions et m’évertuais plutôt à faire perdurer ce monologue de la sincérité. « Au final, l’amour que j’ai pour toi est bien trop néfaste... et ça m’a déjà fait beaucoup trop souffrir... Je sature, Drake, vraiment... je suis brisé, je n’en peux plus... » Ma voix torturée, à demi éteinte et remplie de sanglots, témoignait à la perfection de toute cette souffrance intérieure qui me déchiquetait le cœur, les tripes et tous les autres organes vitaux. Voyant cependant que Drake s’apprêtait à intervenir pour me consoler ou pour me calmer, je m’empressais de l’arrêter et de le faire taire à l’aide d’un geste de la main. Maintenant que j’étais si près du but et de ma conclusion finale, il était hors de question je me stoppe dans mes aveux et réflexions ! « Alors... je pense qu’il est temps d’arrêter le massacre ! J’ai déjà bien trop souffert ! Le mieux que je puisse faire, maintenant, c’est de m’en aller et de disparaître totalement de ta vie. » Concluais-je, complètement dévasté, tout en laissant une dernière larme dégringoler contre mes joues frigorifiées. Les derniers fragments de mon petit cœur amoureux, quant à eux, volèrent en éclats, avant d’être balayés et chassées par une rafale de vent imaginaire. Putain, ça y était, je n’avais plus de cœur. Et je m’en retrouvais complètement détruit et annihilé, par la seule faute de l’amour, qui n’était décidément qu’une souffrance innommable, un calvaire insupportable et un supplice destructeur. Toute cette douleur me métamorphosait bientôt en un dragon colérique et maléfique, crachant feu, rage et tonnerre. « J’espère néanmoins avoir été un vide-couilles à la hauteur de tes espérances ! » Crachais-je, acide, d’une voix pareille au venin d’un serpent. Mes yeux embués de larmes devinrent subitement rouge comme le sang, lorsque je me remémorais le baiser que Drake avait échangé avec cette femme. L’amour m’avait fait devenir fou, et la peine incommensurable que je ressentais réveillait en moi un instinct de survie diabolique et insoupçonné – c’était une sorte de carapace naturelle pour éviter de souffrir davantage. Colérique et énervé, à cause de la trahison destructrice de Drake, j’essayais maintenant de m’en aller avant d’empirer les choses. C’était sans compter sur mon amant, qui ne tardait pas à se mettre en travers de mon chemin. « Alleeeeez, Draaake, laisse-moi partir ! Retourne auprès de ta poule... ou va t’en taper une autre, mais laisse-moi m’en aller ! Je t’en prie, je n’en peux plus, je suis à bout... Je... je veux juste rentrer chez moi... » Au début de ma phrase, de la fumée me sortait des oreilles, et des flammes s’extirpaient de mes lèvres tant j’étais furieux. Cependant, sur la fin, c’était le retour des larmes et du désespoir qui primait sur le reste. Quel cocktail d’émotions paradoxales ! Cependant, au fond, cela n’avait pas d’importance que je sois violent comme un assassin ou éploré comme une veuve, puisque, qu’importe mon comportement, le résultat final restait toujours le même : j’étais annihilé...

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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Dim 7 Mai - 19:11

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Apple & Drake


Parce que le regarder était comme contempler une cascade, cascade où se déversaient larmes et déception, chagrin et désespoir. Le pire était encore de se dire que c’était lui, la cause de toute cette tristesse, et non pas quelqu’un d’autre. C’était tellement plus simple, de se dire qu’on y était pour rien, et que tout ce qu’on avait à faire était de le rassurer, pour que les choses aillent mieux ! Il aurait suffit de quelques mots doux, un ou deux baisers, et l’affaire serait sans doute oubliée pour de bon. Seulement dans le cas présent, tout ce qu’il pouvait encore faire était se faire pardonner l’impardonnable, et convaincre celui qu’il aimait à la folie que ce qu’il avait fait n’avait pas du tout était intentionnel. Mais c’était difficile, lorsque son amour lui demandait de retirer les mains qu’il avait posées sur lui... Brisé au plus au point, il obtempéra malgré tout, levant les mains doucement et s’écartant d’un pas. Qu’Apple ait à lui demander de mettre de la distance lui déchirait tout bonnement le cœur, pour ensuite le broyer afin qu’il n’y ait plus de chance de pouvoir le réparer un jour. C’était dur, très dur, de l'entendre. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir, après ce qu’il avait fait devant ses yeux. Pour se donner une contenance, il lui proposa de lui expliquer ce qu’il s’était passé, même s’il ignorait lui-même le pourquoi du comment. Ce qu’il s’était passé cinq minutes plus tôt n’était plus qu’un épais brouillard dans son esprit, et il n’osait même pas essayer d’y voir plus clair. Les détails le dégoûtaient rien que d’y penser, aussi préféra-t-il se focaliser sur son amant, qui semblait dévasté. La culpabilité le rongea alors davantage une fois ce constat fait. Lui qui s’était promis de ne plus rien faire qui pourrait rendre triste son amour ! Il allait finir par croire que c’était une seconde nature, chez lui, que de faire du mal à ceux qu’il aimait. « Non, tu ne comprends pas… Ce… Ce n’est pas du tout ce que tu crois… » Et se justifier avait beau être inutile, il en ressentait presque le besoin. Comme si Apple allait lui faire confiance, après ce qu’il venait de voir. Il tenta une autre approche, dans le but de le soulager de sa peine ; visiblement, son amant n’avait pas perdu son cœur d’or pour autant et refusait catégoriquement de se défouler sur lui. Ç’aurait pu le calmer, peut-être, ou bien n’avait-il pas besoin de ça. Tandis que ses pensées s’entrechoquaient dans son esprit, aussi bruyantes que les battements de son cœur étaient rapides, son petit ange reprit la parole, d’une voix brisée par les sanglots. Drake avait l’impression que ses oreilles saignaient, rien que de l’entendre s’exprimer de cette voix si triste et dévastée. Si tout ceci n’avait pas été de sa faute, il l’aurait enlacé sur le champ, et l’aurait couvert de baisers. Malheureusement Apple s’offensait du moindre contact, ce qui était totalement compréhensible, bien qu’horriblement douloureux à respecter. Tout en s’efforçant de se concentrer sur ce que disait son amant, il respira un grand coup pour chasser les larmes qui montaient. Il entendait déjà tonner l’orage, signe que la pluie n’allait pas tarder à arriver. Décidément, quand rien n’avait décidé d’aller… Ce n’est que lorsque son amour reprit la parole qu’il se rendit compte de ce qu’il était en train de lui dire. Le souffle lui manqua pendant plusieurs secondes, à mesure que les mots résonnaient dans son esprit, prenaient tout leur sens. Des bribes parvenaient lentement à son cerveau, d’autres perdaient leur chemin entre ses oreilles et son cœur. C’était dur d’entendre tout ceci maintenant, alors que tout était perdu. Et ces mots qui ne s’arrêtaient jamais de hurler et de le déchirer de l’intérieur... Bientôt tout s’embrouillait, ne formait plus qu’un amas de mots dépourvus de sens, qui ne faisaient que crier, encore, et encore, jusqu’à n’en plus pouvoir. Sentiments pour toi ; distraction ; seul véritable amour ; brisé ; consumer mon cœur ; pour te dire que je t’aime ; souffrir. Sentiments, distraction, amour, briser, consumer, aimer, souffrir. Briser, consumer, aimer, souffrir. Aimer, souffrir. Et à la fin, il n’y avait plus que ça, souffrir, parce que c’était bien le seul mot qui résonnait encore lorsqu’ils se regardaient dans les yeux. Souffrir. Voilà, c’était tout ce qu’il avait réussi à faire, depuis les longs mois qu’il l’aimait. Il ne l’aura fait que souffrir au final. Même si ses mots étaient terriblement douloureux à entendre, il savait que c’était la vérité. Et quand bien même il parviendrait à réparer cette erreur-ci il y en aurait encore des centaines d’autres à combler, se renouvelant sans cesse, jusqu’à l’infini. À croire qu’il n’était bon qu’à ça, tout détruire. Mais il ne fallait surtout pas qu’Apple pense que c’était volontaire, car jamais il n’avait voulu lui faire du mal. « Ce n'est pas vrai, ne dis pas ça… » Faux, c’était totalement faux. Comment pouvait-il penser une chose pareille ? Il devait pourtant savoir que Drake n’était pas comme ça, non ? Mais après ce qu’il venait de faire, il y avait de quoi se poser des questions. Essayant de refouler son désespoir, il leva les yeux vers le ciel, noir d’encre, orageux. Comme si la pluie pouvait absorber tout son chagrin, effacer ce qu’il s’était passé ce soir… Malheureusement rien ne se produisit, comme il aurait pu le prévoir. Les choses étaient ce qu’elles étaient, les erreurs aussi. Et c’était bien la première fois qu’il en commettait une aussi grosse avec son amant. Une grosse erreur, énorme erreur… impardonnable. Que pouvait-il faire maintenant ? C’était trop tard pour les excuses, Apple le lui avait très bien fait comprendre. Tout ce qu’il pouvait faire était encore tenter de s’expliquer, même si ça n’allait pas servir à grand-chose. Qu’avait-il à expliquer au juste ? Il lui avait déjà dit, il ne savait pas ce qu’il s’était passé, ni ce qui lui était passé par la tête. La seule chose dont il était parfaitement sûr était qu’il regrettait, à un point qu’Apple ne devait même pas concevoir. Et c’était sans doute ce manque de compréhension qui était en train de les tuer, tous les deux. On aurait presque pu voir les vapeurs toxiques flotter dans l’air ; longues volutes de fumées acides, qui formaient un épais brouillard autour d’eux. Drake n’osait pas bouger, ni même croiser les yeux accusateurs de celui qu’il aimait de tout son cœur ; il se contentait de rester face à lui, sans trop savoir quoi faire de ses mains. Son trouble fut bientôt interrompu par les nouvelles paroles d’Apple, aussi assassines que véridiques, malheureusement. Il essaya bien de trouver quelque chose à répondre alors qu’il lui demandait de le laisser partir, mais tout ce qu’il fut capable de dire ne fut pas à la hauteur de ses espérances. « Reste… » Sa voix n’était plus qu’un murmure quasiment inaudible, à l’agonie sous la pluie battante. Et pourtant, il ne pouvait pas le laisser disparaître pour toujours, il n’y survivrait pas ! Mais le retenir, là, pour voir toute cette tristesse et ce dégoût dans ces yeux… c’était beaucoup plus qu’il ne pouvait supporter non plus. Il s’écarta malgré tout, sentant d’ores et déjà une larme perler au coin de son œil, en plus de l’atroce brûlure de son cœur. Quelle importance, désormais ? Cette larme s'effacerait avec la pluie, perdrait son chemin parmi l'eau qui ruisselait déjà sur son visage. Et Apple commençait à faire quelques pas, à s’éloigner, définitivement et irrémédiablement de lui... Non ! « Tu sais quoi ? Je t’avais promis que je terminerais cette phrase un jour. Voilà, c’est le moment. », se lança-t-il finalement, du plus fort qu’il pût, la voix brisée par les larmes. Voyant qu’Apple s’était arrêté, il prit une grande inspiration, grande inspiration pour ces sept petites lettres qu’il avait tant de fois dû se retenir de crier. « Je t’aime, Apple. C’est tout. Et… et je sais que j’ai totalement merdé ce soir, et que c’est impardonnable… D’ailleurs, je n’oserai jamais te demander de me pardonner mais… mais… J’aurais dû te le dire il y a trop longtemps déjà… Je ne suis qu’un lâche et… le seul soir où je suis capable de te le dire, c’est trop tard… » Trop tard. C’est trop tard. « Je voulais juste que tu saches que je… je ne sais absolument pas ce qu’il s’est passé, tout à l’heure et... je ne cherche pas du tout à me justifier, parce que je sais bien que ça ne sert à rien, mais… Mais sache juste que si c’était à recommencer, je ne serais jamais entré dans ce bar ; je t’aurais juste appelé pour entendre ta voix, je t’aurais cherché pour te voir et pour te dire ce que je suis en train de te dire là. » Il reprit son souffle, le cœur battant à tout rompre, inlassable tambour dans sa cage thoracique. « Mais voilà, c’est trop tard. »




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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Lun 8 Mai - 15:41

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Drake & Apple.
I've been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me, And every melody is timeless. Life was stringing me along, Then you came and you cut me loose. Was solo singing on my own, Now I can't find the key without you. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? I’m sorry if it’s all too much. Every day you’re here, I’m healing And I was runnin' out of luck. I never thought I’d find this feeling. 'Cause I’ve been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me And every melody is timeless. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? SYMPHONY.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Résolu, et ayant déjà bien trop souffert par amour, je décidais de prendre la fuite et de m’extirper lâchement de cette conversation volcanique, avant qu’elle ne s’aggrave et nous détruise davantage. C’était sans doute l’idée la plus sage de la soirée, quand bien même elle était difficile, insupportable et dévastatrice. Maintenant, il ne me restait plus qu’un seul problème à régler : comment réussir à m’éloigner et à vivre sans cet être qui avait bouleversé ma vie et conquis – brisé – mon cœur ? Vu combien Drake m’était devenu vital et essentiel, ça me semblait tout bonnement impossible et improbable. En effet, comment pourrais-je renoncer à cette flemme délicieuse qui brûlait en moi et qui me maintenait en vie ? Comment pourrais-je me résoudre à occulter ce soleil qui réchauffait et faisait sourire mon cœur ? Comment pourrais-je réussir à bannir cet ange qui berçait mon existence de ses ailes protectrices et enchantées ? Comment pourrais-je supporter l’absence de mon prince charmant ? Comment pourrais-je vraiment me détacher de celui qui était mon tout, mon autre, ma moitié et ma raison d’être ? C’étaient là des questions claires et rhétoriques qui n’amenaient qu’une seule réponse : il m’était impossible de faire complètement disparaître Drake de mon cœur et de ma vie, puisqu’il comptait bien trop pour moi pour en être banni. Et même si je le haïssais de toutes mes forces pour son ignoble trahison, cela ne m’empêchait pas de l’aimer, encore et encore, toujours plus fort, inlassablement. Décidément, quelle galère, tous ces foutus sentiments contraires ! Confus, à cause de ce cocktail explosif d’émotions contraires, et annihilé, à cause de ma tristesse et de mon amour, je m’enfonçais toujours plus dangereusement dans la pénombre inquiétante de la nuit. Et même si les larmes altéraient inlassablement ma vue, je continuais toujours d’avancer péniblement et maladroitement sur un chemin incertain. D’ailleurs, tant j’étais déboussolé et encore sous le choc des événements récents, je ne savais même pas où aller ni quoi faire. J’allais sûrement faire quelques mètres, histoire de préserver ma dignité en sortant du champ de vision de l’homme que j’aimais, avant de m’écrouler sur l’asphalte et de me laisser mourir. Là, allongé sur le sol, mon corps sans vie aussi froid que le bitume, oh... je m’y voyais déjà ! Enfin, ma tête et mon cœur qui éclataient auraient cessé de me torturer, et c’aurait été une délivrance. Je n’aurais voulu aucun secours, hormis si c’était pour m’abattre afin de m’empêcher de souffrir davantage. C’était fou, mais je voulais juste m’endormir, trouver la paix, et arrêter de souffrir ; était-ce trop demander ? Visiblement oui, puisque mon amour n’était pas résolu à me laisser partir – de quelque manière que ce fut. Tout en faisant fi de sa demande de rester auprès de lui, qui me déchirait davantage le cœur, je continuais d’entreprendre ma marche incertaine en direction des chants mélodieux des sirènes de la mort. Faible, je songeais de plus en plus à l’irréparable ; et un rapide coup d’œil sur les veines de mon avant-bras me donnait l’issue la plus envisageable à toute cette histoire. Plutôt que de rester passif à attendre la mort sur l’asphalte, je pouvais agir, pour une fois, et j’en prenais pleinement conscience à cet instant précis. Un bon bain chaud, une lame de rasoir, un peu de courage... et tout serait fini, pour toujours et à jamais. Plus de peines de cœur, plus d’amour annihilant, plus de tristesse... Juste le néant, l’absolution, la délivrance, le repos. Et puisque j’étais déjà balayé du cœur de Drake – si j’y avais réellement eu ma place un jour, au fond - autant disparaître irrémédiablement de sa vie, non ? Quelle différence, au fond ? Aucune. Néanmoins, en dépit de ces inquiétantes idées morbides qui traversaient mon esprit, je me stoppais net dès que mon amant reprenait la parole, en criant si fort que la terre entière l’avait sûrement entendu. Pétrifié, exactement comme si j’avais été un enfant qui jouait à ‘un, deux, trois, soleil’, j’en oubliais tout de mes pensées macabres, qui s’envolèrent éphémèrement dans le néant, afin de me focaliser uniquement sur le discours poignant de l’homme que j’aimais... Toum-toum... Mon cœur agonisait déjà.

La plage, les vagues, l’océan... tout me revenait immédiatement en mémoire dès lors que Drake mentionnait cette fameuse phrase qu’il n’avait jamais terminée. Le cœur battant à tout rompre, je sentais tout mon corps être saisi d’une vague impressionnante d’anxiété et de peur, face à l’arrivée imminente de la révélation du secret de mon amant. Fort heureusement pour moi, j’étais désormais trop loin pour qu’il puisse voir que je tremblais de tous mes membres, mais il devait sûrement encore m’entendre sangloter. Cependant, même si je m’étais stoppé dans ma fuite, je continuais de lui tourner le dos, jusqu’à ce qu’il se lance dans son discours de repentance et qu’il prononce les sept lettres magiques qui auraient pu tout changer. À nouveau submergé par un tsunami d’émotions trop fortes et contraires, je me retournais et lui faisais face ; une petite poignée de mètres nous séparaient – à peine trois, mais j’avais cette horrible impression qu’il était d’ores et déjà à l’autre bout du monde. Et dire que je voulais davantage m’en éloigner... Quel imbécile ! Quoi qu’il en fût, sous l’aveu impromptu de la réciprocité de mes sentiments amoureux, je restais pantois et bouche-bée. De nouvelles larmes ne tardèrent pas à naître dans mes yeux – j’ignorais si elles témoignaient de mon bonheur ou de ma tristesse – et les miettes de mon cœur se mirent à s’agiter frénétiquement dans ma cage thoracique. Ma tête et mon organe vital, eux, éclatèrent encore, et j’étais si désorienté et déboussolé que je ne savais pas du tout comment réagir. Figé et fébrile, j’accusais le coup et le laissais à mon amant le temps de finir de m’ouvrir son cœur. Il refaisait alors le monde avec des ‘si’, dans une tentative minable pour apaiser ma colère, mais ça ne prenait pas. Bien au contraire, le fait de me remémorer sa trahison et de renfoncer le couteau dans la plaie ne faisait qu’aggraver les choses, et ces belles étoiles qui étaient apparues dans mes yeux furent instantanément détruites... Finalement, puisqu’il avait trop parlé, il ne restait plus qu’un goût amer et annihilant de son ‘je t’aime’, qui aurait pourtant pu arranger les choses... Dommage ! Surtout que, de mon point de vue, il n’est jamais vraiment trop tard pour réparer les pots cassés... « Ca... Caresser les amygdales de cette fille avec ta langue est une drôle de manière de me montrer que tu m’aimes ! » Lançais-je, amer, tout en pleurant davantage, depuis l’autre bout de la route. Tremblant sur mes jambes trop fragiles, j’étais à deux doigts de m’effondrer au sol. Néanmoins, je luttais, et laissais bientôt parler mon cœur. « Tu sais... j’ai juste envie de te croire, de traverser la route, de courir vers toi, de t’embrasser, de te prendre dans mes bras... et de ne plus jamais te lâcher de toute ma vie... mais je n’y arrive pas, je n’ai plus la force, c’est trop dur... » Et tandis que les sanglots déchiraient ma voix, mes rivières de larmes se faisaient toujours plus intensives et destructrices, contre mes joues. Quant à mon cœur réduit à l’état de poussière, il était toujours tiraillé entre l’amour et la haine. Décidément, quel foutoir sans nom ! Quelle souffrance innommable ! « Je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerai comme personne n’a pu, ne peut et ne pourra jamais le faire, Drake... mais... » Avouais-je, avec une authenticité entière, tout en laissant volontairement ma phrase en suspens, le temps de trouver les mots justes. Tout en essuyant mes larmes à l’aide du revers de la manche de ma veste, je réfléchissais quelques secondes à mes sentiments et à ce que j’éprouvais pour Drake. Après avoir brièvement fait le point, je m’empressais de conclure ma précédente prise de parole. « ...mais... après la scène de ce soir, je n’arrive même plus à croire en ‘nous’ ! Pire encore, je ne crois plus à rien ! En fait, je crois que tout est fini... Mes rêves, les contes de fées... je n’y crois plus ; ils sont détruits... » Désillusion. Ma voix était si brisée et dévastée que je fus contraint de faire une pause, histoire de reprendre et rassembler mes émotions. Enraciné au sol, je manquais presque de tomber lorsque je sentais un vertige s’emparer de ma boîte crânienne. Je me rattrapais cependant maladroitement à un poteau, m’évitant ainsi une humiliation supplémentaire. Si la situation n’avait pas été aussi dramatique, je me serais sûrement moqué de moi-même... Mais je n’avais pas le cœur à rire ; je n’aurais d’ailleurs plus jamais envie de rire maintenant que le soleil infidèle de ma vie s’était éteint. « Et... même si je t’aime de tout mon cœur... et sans doute pour l’éternité, je ne vois plus que cette fille et votre baiser, lorsque je te regarde... Et tu n’imagines pas comment c’est devenu difficile et annihilant pour moi de t’aimer, maintenant... » Et les fragments de mon cœur d’ores et déjà brisé se désintègrent à nouveau, pour former une sorte de puzzle géant et microscopique. Quand à mes larmes, elles dansent sur mon visage et jouent à cache-cache avec la pluie. Moi, à cet instant, j’suis comme une marionnette à qui on a coupé les ficelles, et je reste là, pendant de longues secondes, inerte, semblable à un épouvantail perdu dans un champ de maïs. J’suis débile, j’fais pitié, et j’me dégoûte moi-même. Et si je ne l’avais pas ramené encore une fois, j’aurais juré que mon humanité s’était envolée. « Tous ces sentiments que j’ai pour toi ne sont plus que souffrance et torture... et ils me tuent à petit feu, c’est horrible ! » Confiais-je, tout en pleurant et en m’époumonant depuis le trottoir qui faisait face au sien. Encore une fois, tant je souffrais, je n’avais pas la force de bouger, et m’en retrouvais comme paralysé. Oui, c’était sûrement ça : j’étais paralysé et détruit à l’amour. « Tu sais, c’est au moment où l’on prend sa décision qu’on choisi son avenir... » Ma voix, bien que toujours dévastée, se faisait étrangement et dangereusement plus calme. Ce n’était effectivement pas dans mon tempérament d’être subitement aussi serein, mais c’était sûrement dû au fait que ma décision, que ma tragique et irréparable décision, était d’ores et déjà prise. Pour brouiller les pistes, je reprenais derechef. « Toi, tu as pris la décision de l’embrasser et de la choisir, elle, et je peux le comprendre... Mais ça ne sert plus à rien de lutter ou de me dire que tu m’aimes... car tu as déjà fait ton choix : ton avenir, ce n’est pas moi... De toute manière, tu as bien eu raison, car tu n’as pas besoin d’un gamin tel que moi dans ta vie... » Et c’était redondant et hyper chiant, mais je chialais encore, comme un gamin, au point que j’avais juste l’envie de me cogner et de me secouer pour arrêter de m’épancher autant. Brisé, annihilé, détruit... ouais, j’peux passer les autres verbes, tu dois les connaître par cœur, à force... « Maintenant, c’est à mon tour de prendre ma décision et de choisir mon avenir : je... je n’ai plus qu’à m’en aller, qu'à disparaître... » Et c’était valable dans tous les sens du terme, et bien moins anodin qu’il n’y paraissait. « Allez, retourne à l’intérieur du bar, avec cette fille, Drake ! Sauve-toi, la vie t’attend et t’appelle ! » Enchérissais-je, en luttant contre mon envie de traverser la route, de me jeter au cou de Drake, et de l’embrasser jusqu’à l’asphyxie. Putain, j’étais bien trop paradoxal, mais c’était tellement le bordel dans ma tête, dans mes sentiments et dans mon cœur que j’avais l’impression que mes neurones étaient en train de griller. Oh oui... l’hôpital psychiatrique de la ville n’allait pas tarder à accueillir un nouveau patient, si j’me loupais avec mes putains de lames de rasoir...

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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Mer 10 Mai - 18:06

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Apple & Drake


La pluie se déchaînait, désormais, tout comme les émotions qui affluaient progressivement en Drake. Il avait d’abord cru mourir de bonheur lorsqu’Apple lui avait dit qu’il l’aimait, puis de désespoir lorsqu’il lui avait à son tour avoué ses sentiments, et maintenant de chagrin, suite à la réaction de son amour. Qu’avait-il dit de mal ? Il avait pensé que ça adoucirait la situation, s’il lui disait "je t’aime"… Mais visiblement, c’était même pire. Comment avait-il pu croire que tout pourrait aller mieux ? Le pardon n’existait pas, ce soir, il en avait pris conscience, et ça faisait mal, très mal. Plus mal encore que s’il lui avait crié qu’il le détestait, qu’il ne voulait plus jamais le revoir. Au moins les choses auraient été claires ; et il n’y aurait pas eu cette foutue impression de chute. Lente, lente chute, interminable chute… Et tu tombes, et tu tombes, et tu n’en vois pas le bout… Peut-être que ce n’est pas grave, peut-être qu’il n’y a pas de bout… Et tu tombes, et tu tombes, et tu n’en vois pas le bout… « Écoute... Crois-le ou non mais si j'ai fait ça... c'est en partie parce que je t'aime... » C’était encore pire de le dire à haute voix. « C'est complètement contradictoire, je sais... » Si ce qui l’avait poussé tout à l’heure à embrasser cette femme restait une énigme, il était parfaitement sûr de ce qu’il voulait, à présent. Réussir à raisonner son amour, à lui faire comprendre qu’il ne pouvait tout simplement pas vivre sans lui. Plus le temps passait et plus sa dépendance s’était accentuée, maintenant elle était trop parfaitement ancrée en lui pour qu’il parvienne à s’en débarrasser. Encore aurait-il fallu qu’il en ait envie, ce qui n’était absolument pas le cas. Et encore moins lorsqu’il entendait son amant dire qu’il avait juste envie de l’embrasser et de le serrer dans ses bras. « Mais… Cette fille... Je n'en ai rien à foutre d’elle, c’est toi que j’aime... Sans toi... Il n’y a pas de moi "sans toi", en fait, parce que j’ai besoin de toi... Il faut que tu me croies, je t’en prie... » Sa voix était si implorante qu’elle en fut brisée, et résonna douloureusement dans la nuit. La route qui les séparaient semblait s’agrandir au fil des minutes, d’abord d’un mètre, puis deux, trois, quatre, jusqu’à n’en plus finir. Drake ne sentit même pas la larme rouler sur sa joue ; elle fut immédiatement mêlée à la pluie qui battait son plein, comme si elle n’avait jamais existé. Elle s’effaça simplement, balayée par d’autres gouttes qui tombaient du ciel pluvieux. Même le temps s’accordait à merveille avec leur confrontation pour le moins orageuse ; cris, larmes, tonnerre et pluie. Mais Apple n’était pas le seul à souffrir de cette situation, comme il pouvait le penser. Chaque mot qu’il prononçait était plus dur à encaisser que le premier, et lui faisait l’effet d’un coup de poing dans l’estomac à chaque fois — il aurait peut-être même préféré se prendre des vrais coups plutôt que d’entendre ces paroles. Rattraper la situation était assez désespéré, à présent. Maintenant que ses rêves sont détruits. « Je suis tellement désolé… Tu n’imagines même pas à quel point… mais… tu as raison. Je ne te mérite pas, toi qui a toujours été un véritable amour avec moi alors que j’enchaînais — que j’enchaîne connerie sur connerie… Excuse-moi d’avoir mis autant de temps à le comprendre, alors que ça crève les yeux depuis le début… » Il se sentait vide, maintenant. Comme si, un à un, on avait retiré chacun des organes de son corps, pour le laisser là, béant, sur le trottoir. Il n’y avait plus que la pluie qui battait à ses oreilles, couvrant les battements de son cœur mort. Mort, mort, mort. Encore et encore, toujours la même chanson qui résonnait dans son esprit. « Alors arrête, arrête de m’aimer ! Ce sera plus simple pour nous deux… C’est voué à l’échec, de toute façon, tu le sais aussi bien que moi ! » Comme si c’était aussi simple, comme si on pouvait tout arrêter juste en y pensant ! Il savait pertinemment que ses conseils s’appliquaient aussi à lui-même, mais là, sur le moment, ça lui semblait tout simplement impossible de tirer un trait sur sa petite pomme d’amour, de l’oublier, comme si elle n’avait jamais été dans sa vie. Impossible. Rien que de l’imaginer, il entendait son cœur battre à nouveau, à mesure qu’il prenait conscience de ce qu’il venait de demander à Apple. C’était ridicule d’exiger quelque chose qu’il était lui-même incapable de faire, non ? Sûrement, mais quelque chose en lui était convaincu que c’était la meilleure des choses à faire malgré tout. Dans une grande inspiration, il refoula ses larmes, sans pour autant chasser la brûlure qu'elles laissaient dans ses yeux. « Je ne veux pas… je ne veux pas que ça te fasse du mal, alors… peut-être que la solution… c’est de mettre un point final à tout ça… » Et ça le tuait rien que de le dire. Mais voir son petit ange souffrir par sa faute, l’entendre dire que ses sentiments étaient en train d’avoir raison de lui, c’était trop, beaucoup trop. Parfois il valait mieux briser totalement quelque chose plutôt que de s’évertuer à le réparer avec des pièces détachées… « C’est dur à dire mais… s’il n’y a que ça pour te soulager… » S’il n’y avait que ça, alors il ferait le bon choix, il aiderait Apple à aller mieux, au lieu de s’évertuer à lui expliquer l’inexplicable. Comme il commençait à le dire, la vie était faite de choix. Tous plus difficiles les uns que les autres, mais il fallait les prendre tout de même. Mais les décisions dont parlait son amour n’avait rien à voir avec celles auxquelles il pensait. Dans celles de son amant, il était question de la jeune femme qu’il avait embrassée et de lui-même. Pour Drake, il n’y avait plus que ce "lui". Apple, son amour, son ange, sa petite pomme chérie, son petit chat, son petit poulpe. Lui, et rien que lui, pour toujours. « Arrête, tu ne peux pas choisir pour moi ! Tu ne peux pas faire comme si tu comprenais ce qu’il s’est passé ! Arrête. S’il te plaît. Tu te fais du mal, et j’en n’ai pas envie… » Il lui lança un regard suppliant, avant de prendre son courage à deux mains, et de traverser cette putain de route qui les séparait. Ses poings étaient si fermement serrés que les jointures de ses doigts en étaient blanches ; il n’aurait pas été étonné de voir du sang perler là où ses ongles transperçaient la chair de sa paume. « Je te choisis toi, dans tous les cas. Si tu veux partir, je ne te retiens pas. Si tu veux me crier à la figure ce que tu as sur le cœur, vas-y, ne t’en prive pas. Si tu veux me faire culpabiliser pour ce que j’ai fait, pas la peine, je culpabilise déjà. Fais ce que tu veux. Choisis, toi aussi. Mais avant, sache que je te choisis toi, peu importe la décision tu prendras. » Ses paroles avaient un goût amer sur sa langue. « C’est à ton tour. Choisis. » Et ce n’était pas les possibilités qui manquaient. Drake avait beau tout faire pour se contenir, il mourrait d’envie de l’embrasser, d’effacer toute cette histoire ; il mourrait d’envie de retourner en arrière, de ne pas faire tous ces choix improbables ; il mourrait d’envie de lui crier une nouvelle fois "je t’aime" du plus fort dont il était capable. Malheureusement aucune de ces choses-là n'étaient réalisables. D’une part parce qu’Apple ne le laisserait jamais l’embrasser, d’autre part parce qu’il avait abandonné tout ce qu’il restait de sa voix dans ses dernières paroles. Choisis. Ah, si la vie ne se résumait qu’à ça ! Un flot de choix, comme une poignée de grains de sable que l’on aurait jetée au gré du vent, et tant pis pour celui qui ne saurait pas la saisir ! Drake avait comme l’impression d’avoir raté cette passe-là. « Il faut savoir s’arrêter, quand ça ne va plus… », reprit-il, la voix brisée, après quelques secondes de silence, comme si c’était une évidence. « … parce que ça ne va plus… » Il fallait descendre de son petit nuage, même si la chute était brutale. Très brutale… Maintenant, saute, fracasse-toi la tête contre ce trottoir. Tu vois comment ça fait mal ? Et ce n’est que le début. La suite, la suite est mille fois pire encore. « … et je sais que ça n’ira jamais plus… Regarde-moi dans les yeux et ose prétendre le contraire… » Même l’homme le plus optimiste du monde n’apercevrait pas la lumière au bout de ce tunnel. Il était bien trop sombre, bien trop profond ; et ses murs étaient tapissés de mots aux significations oubliées, de photos aux couleurs défraîchies. « C’est entièrement de ma faute, je le sais bien, ça aussi. Ne va pas croire que je te blâme de quoi que ce soit ! Tu as toujours été… parfait, dans n’importe quelle situation… Là encore, tu réagis de la meilleure manière qui soit, alors que j’essaie vainement d’arranger ce qui ne s’arrangera pas… » Il soupira, secoua nerveusement la tête. Ses pensées étaient aussi sombres que la nuit était noire. « Dis-moi juste que ce "nous" n’était pas juste une erreur… »




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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Jeu 11 Mai - 20:37

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Drake & Apple.
I've been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me, And every melody is timeless. Life was stringing me along, Then you came and you cut me loose. Was solo singing on my own, Now I can't find the key without you. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? I’m sorry if it’s all too much. Every day you’re here, I’m healing And I was runnin' out of luck. I never thought I’d find this feeling. 'Cause I’ve been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me And every melody is timeless. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? SYMPHONY.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Plus celui que j’aimais s’épanchait et plus l’incertitude s’infiltrait sournoisement dans mon esprit et dans mon cœur, au point que je me retrouvais complètement dans le flou, à l’instar de mes yeux d’ores et déjà embués de larmes. Ainsi, complètement perdu et brouillé, je ne savais plus quoi penser de ce spectacle écœurant auquel j’avais assisté, à peine quelques minutes auparavant, et me retrouvais bientôt submergé par un flot impressionnant de questions existentielles. Si Drake m’aimait vraiment autant qu’il le prétendait, pourquoi avait-il ressenti le besoin d’embrasser cette femme ? Étais-je donc si insuffisant à ses yeux et insignifiant à son cœur pour qu’il ressente la nécessité de combler ses besoins en écumant les bars, tel un pirate sanguinaire, grâce à de nouvelles conquêtes ? M’avait-il fait part de ses sentiments uniquement parce qu’il sentait que j’étais en train de lui glisser entre les doigts ? Devais-je le croire, lui pardonner sa faute, et tout oublier derechef, en à peine un claquement de doigts ? Toutes ces interrogations s’entremêlaient malicieusement dans ma tête, à l’image d’un plat de spaghetti. Malheureusement, je ne trouvais pour l’heure aucune réponse, même infime. De ce fait, malgré la pluie et les larmes qui s’abattaient en torrents monstrueux contre mon visage suintant la souffrance, j’écoutais attentivement ce que l’élu de mon cœur bousillé avait à me dire. Bien que fébrile, l’écho lointain de la voix déchirée de mon amour, qui me parvenait du trottoir d’en face, transpirait la sincérité. Il m’aimait, j’en étais désormais certain, mais cela n’effaçait pas pour autant les images de son ignoble trahison, qui s’étaient gravées sur mon cœur endolori et dans la partie noire de mes souvenirs. Pourquoi, mais pourquoi tu avais fait ça, bordel, si tu m’aimais ?! Pourquoi, Drake ?! Mais pourquoi, putain ?! Malheureusement, je n’insistais pas davantage, puisque la réponse à cette question ne viendrait sans doute jamais... « Moi aussi, je t’aime de tout mon cœur ! Et... Et j’ai besoin de toi... » Criais-je, tout en pleurant plus intensément, alors que je sentais les miettes de mon cœur s’agiter frénétiquement dans ma poitrine. Oh que oui, je t’aimais, Drake, et ça faisait maintenant des mois que c’en était une certitude ! « Et... j’ai envie de te croire, Doud... Drake, vraiment... Mais... entre tes actions et tes mots, je ne sais plus du tout quoi penser ! » Avouais-je, tout en ayant l’impression d’être poignardé en plein cœur, lorsque je me remémorais la scène insoutenable de son baiser avec cette pétasse. Grimaçant sous l’effet néfaste de cette image, j’essayais vainement de l’effacer de mon esprit – tentative ratée, avant de reprendre derechef. « Je... J’suis complètement perdu... Et... Et j’en suis tellement déso... désolé... » Pleurnichais-je, d’une voix dévastée, tout en enfouissant mon visage dans mes mains durant quelques secondes. « Calme-toi, Apple... Inspire, expire... Ce n’est pas en chialant comme un môme que tu vas arranger les choses ! Alors... arrête immédiatement de te comporter comme une loque, et reprends-toi ! » Mais, malgré les conseils et ordres de cette petite voix autoritaire – ma conscience ? - qui criait dans ma tête, je ne pouvais m’empêcher de pleurer, encore et encore, jusqu’à épuiser toute l’eau que contenait mon petit corps d’enfant fébrile. Je ne me reprenais en main que lorsque mon amant me présentait de nouvelles excuses, qui étaient malheureusement agrémentées d’une satire insupportable et inconcevable de sa propre personne. « Arrête de dire autant de bêtises sur toi-même ! » Rétorquais-je derechef, d’une voix qu’on aurait pu qualifier de sévère si elle n’avait pas encore été teintée de sanglots. Furibond face à tant d’autocritique infondée, je m’empressais alors de le contredire et de lui faire voir ma propre vision de lui-même. « Ce que tu dis n’est pas vrai ! Tu es quelqu’un de bien, Drake, et ça me fait du mal que tu penses le contraire ! Je veux dire... qu’en dehors de ta connerie de ce soir, tu as toujours été un homme formidable et parfait, avec moi ! Crois-moi, tu m’as mérité à chaque instant, et je suis plutôt bien placé pour en juger... » Et tandis que ma voix était brisée et remplie d’affection j’avais l’impression d’être une brebis prise au piège au beau milieu d’une meute de loups féroces, qui était l’incarnation fictive et métaphorique de l’amour que je ressentais pour Drake. En détresse, l’animal chétif et perdu que j’étais ne tardait pas à dépérir davantage, dès lors que le chef des loups lançait sa nouvelle offensive, en me disant que notre histoire était vouée à mourir. Et BAM ! Nouveau coup de poignard dans mon pauvre petit cœur à l’agonie, qui ne comptait désormais plus ses plaies et cicatrices, tant il en était recouvert. De toute manière, autant laisser ce fardeau aux médecins qui seraient bientôt en charge de mon autopsie ! Quoi qu’il en fût, je n’étais pas encore arrivé au bout de mes surprises et souffrances, puisque l’amour de ma vie me demandait maintenant d’arrêter de l’aimer, comme si c’était dans mes cordes et qu’il me suffisait de claquer des doigts pour le faire... Pff... Quelle belle connerie ! « Même si tu penses que c’est voué à l’échec, je ne peux pas arrêter de t’aimer ! Tu ne comprends donc rien ?! Mon amour pour toi ne se commande et ne se contrôle pas ! Je t’aime à en crever, et je ne peux rien y faire, quand bien même tu puisses m’infliger les pires souffrances et tortures du monde ! Je suis imprégné de toi, asservi à toi, et c’est plus fort que moi ! C’est même plus fort que tout ! Je t’aime, je t’aime, je t’aime ! Tu entends ?! Je t’aime, bordel, et ça ne changera pas ! » Et mes larmes se mélangèrent à ma colère, à ma outrance et à mon amour, en un cocktail d’émotions explosif et déstabilisant. Quant aux rares badauds qui passaient par là, ils devaient me prendre pour un échappé de l’asile, mais, puisqu’ils étaient transparents à mes yeux, je m’en contrefichais royalement. Prisonnier de ma bulle d’amour, je me focalisais donc uniquement sur celui que j’aimais et sur tout ce qu’il exprimait. Et je ne tardais pas à tomber des nues, lorsqu’il m’avouait que l’issue la plus satisfaisante à notre problème, selon lui, était de mettre un terme définitif à notre relation. Sous le poids incommensurable de cette révélation destructrice, les larmes roulèrent de plus belle contre mes joues, tandis que tout mon être se retrouvait annihilé par cette nouvelle bombe que Drake venait de larguer sur le territoire de mon cœur en perdition. Tout était irrémédiablement brisé, voire irrécupérable, et cela ne m’aurait même pas surpris d’apprendre que je commençais à pourrir de l’intérieur. De toute manière, puisqu’il n’y avait quasiment plus rien à récupérer de mon corps fébrile et de mon âme en perdition, qui s’en retrouvaient tous deux détruits par l’amour, autant tout jeter aux ordures ! « Non... ce n’est pas la bonne solution ! Ça ne me soulagera pas si tu me quittes, bien au contraire ! En fait, je ne peux pas survivre s’il y à un point final à ce ‘nous’... tout comme je ne peux pas vivre sans... toi... » Criais-je, du plus fort que je le pouvais, d’une voix cassée. Épuisé par tout ce chagrin et cette douleur, j’étais à deux doigts de craquer et de me laisser tomber au sol. Quant aux deux spaghetti tremblants qui me servaient de jambes, ils étaient à deux doigts de céder, mais je m’efforçais de lutter et de tenir bon. « Aller, Apple, courage ! Ne baisse pas les bras ! Pas maintenant ! Avec un peu de persévérance, d’amour et de compréhension, la lumière finira par briller au bout du tunnel ! Aie confiance ! » Et cette petite voix sévère qui m’accompagnait finissait par me redonner espoir. À tord ou à raison ? Nous allions être fixés très vite... « Mais je m’en fous de me faire du mal ou non ! Je ne demande qu’à comprendre ton comportement et tes choix, Drake ! Et c’est pour ça que je suis autant déboussolé, détruit et dans le flou, c’est parce que je ne comprends pas tes agissements ! Explique-moi, je t’en prie, je veux juste te comprendre ! » M’emportais-je, décontenancé, lorsque Drake me reprochait de ne pas comprendre son geste – le fameux baiser. Bon sang, je ne demandais pourtant que des réponses pour pouvoir bien interpréter son comportement ! Était-ce si inconcevable que ça que de vouloir se faire expliquer ces agissements troublants ? Était-ce donc si abusé que ça que de vouloir comprendre le faux pas de l’homme que j’aimais éperdument ? Oui, visiblement...

Contre toute attente, l’homme qui régissait mon cœur ne tardait pas à traverser cette foutue route, réduisant à néant cette insupportable distance qui nous séparait. De plus, dés qu’il fut enfin en face de moi, je sentais un nouveau frisson parcourir mon échine, et je m’en retrouvais complètement vulnérable. Cependant, même si je luttais encore contre ma folle envie de le prendre dans mes bras et de l’embrasser, je l’écoutais attentivement me faire part de son ‘choix’ définitif. Et... malgré tout, malgré elle, malgré leur baiser, malgré notre dispute... j’apprenais alors que c’était moi, qu’il choisissait, et l’entendre me dire ces belles paroles réchauffait considérablement les miettes de mon pauvre petit cœur déboussolé. Néanmoins, alors que mon ange me demandait d’en faire de même, en choisissant à mon tour mon avenir, je prenais quelques secondes pour méditer à ses dernières paroles. Malheureusement, je dû être long, puisque mon interlocuteur reprenait la parole avant que j’aie eu le temps de lui confier ma décision – à savoir : lui, bien sûr. Surpris, je me retrouvais même bientôt estomaqué, lorsque Drake me disait qu’il fallait savoir s’arrêter quand ça ne fonctionnait plus entre deux personnes. Mettre un terme définitif à ce ‘nous’ était alors sa solution ? Vu le sérieux glaçant dont il faisait part, c’était certain... Complètement déchiré par ce qu’il me proposait, je sentais mon chagrin se traduire dans les tremblements de mon corps possédé par l’anxiété. Stressé, tétanisé, chagriné, blessé et perdu... je fuyais le regard de mon amant, même lorsqu’il m’ordonnait de le regarder dans les yeux. C’était plus que je ne pouvais encore en supporter, et vu combien mes prunelles étaient ravagées par les larmes, j’imaginais aisément que Drake puisse ne pas apprécier ce contact non plus... « Ça ne va pas, je... je ne vais pas prétendre le contraire ! Mais... rien n’est figé dans la pierre ! On... Tu... Si... Si on s’aime, on peut surmonter toutes les épreuves de la vie... non ? Ce n’est pas ce qu’on s’était promis ? Toi et moi contre le reste du monde ? Pour toujours et à jamais ? Tu te rappelles ? » Implorais-je, nostalgique, d’une voix si brisée qu’elle n’était plus qu’un murmure fait de désespoir. Est-ce que ces promesses que je venais de citer comptaient encore à ses yeux, comme c’était toujours le cas pour moi ? Je n’allais pas tarder à le savoir ! Cependant, pour l’heure, Drake reprenait la parole et s’entêtait à se dénigrer – à cause de sa faute - et à m’idolâtrer. Son entêtement à se blâmer sans ménagement me faisait mal au cœur, et, après avoir poussé un grand soupir désespéré, je m’empressais de lui exposer ma vision des choses. « Oui, c’est de ta faute ! Mais... Mais c’est aussi de la mienne, car, contrairement à ce que tu as dit, je réagis mal, moi aussi ! Ben oui... je devrais être capable de tout accepter, par amour... et je n’y arrive pas ! Je suis nul, mais c’est vraiment trop dur... pour l’instant... Et j’en suis désolé... » Petite pause, quelques microsecondes, histoire de reprendre une grande bouffée d’air frais. « Regarde, tu vois, je suis loin d’être aussi parfait que tu le prétends ! C’est même tout le contraire ! » Enchérissais-je, d’une voix fébrile, tandis que mes yeux rougis par les larmes essayaient vainement de capter l’océan merveilleux de son regard. Mon cœur, quant à lui, se mettait à rebattre la chamade, dès que mon amour me demandait si ce ‘nous’ qui nous définissait avait été une erreur. Instinctivement et naturellement, une pulsion s’emparait alors de mon être fébrile et me faisait déposer mes lèvres contre celles de mon doudou, en première réponse à sa question. Ainsi, soumis à mes sentiments, je m’abandonnais totalement à lui et laissais ma bouche dévorer tendrement la sienne, tout en sentant des litres de lave en fusion parcourir mes veines à chaque instant. Ce baiser mouillé de larmes me faisait perdre la tête, mais j’étais encore assez lucide pour profiter pleinement de ce contact tant refoulé durant ces vingt dernières minutes. La chaleur de sa langue, la douceur de ses lèvres, les picotements de sa barbe, la tendresse de sa peau, le délice de ses doigts parcourant mon corps... tout en lui me rendait fou et emplissait mon être d’euphorie, jusqu’à ce que je fus contraint de le laisser se dégager de cette étreinte impromptue, à contre cœur. C’était là la première fois que nous nous embrassions depuis que nous nous étions avoué la réciprocité de nos sentiments, et, tant il était magique et sincère, cet échange fougueux et passionné aurait très bien pu trouver sa place dans le livre des plus beaux records. Quoi qu’il en fût, toujours sonné et surpris par mon initiative de l’embrasser, je reprenais difficilement la parole, après m’être décollé de son corps brûlant, et répondais enfin à sa question à l’aide de mots. « Ce ‘nous’ n’a jamais été, n’est pas... et ne sera jamais une erreur, tu m’entends ?! » Affirmais-je, ému, en collant tendrement mon front contre le sien. Après avoir fermé les yeux, je reprenais de plus belle. « Bien au contraire, ce ‘nous’, c’est ma plus belle histoire... et ça me fait me sentir vivant... » Avouais-je, d’une voix tendre et veloutée, tout en passant tendrement mes doigts entre les délicats cheveux ondulés de mon amant. « Je t’aime... et je te choisis, Drake ! Mais... je suis perdu ! À vrai dire, je ressens le besoin de te comprendre... mais... pour ce faire, j’ai besoin de réponses ! Et j’ai aussi besoin de temps, pour accepter et digérer tous ces événements récents... » Avouais-je, penaud, comme si j’étais le seul fautif. « Je... J’espère que tu comprends et ne m’en veux pas... » Et vivre me semblait tout à coup beaucoup plus facile, grâce à cette possibilité que tout puisse finir par s’arranger...

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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Sam 13 Mai - 12:29

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Apple & Drake


Les larmes se mélangeaient à la pluie, il n’y avait plus aucune distinction possible. Ce n’était plus que de l’eau ; et les nuages pleuraient, eux aussi. Bientôt un éclair zèbrerait le ciel, dans son aveuglant éclat de lumière, et le tonnerre rugirait, au loin. La foudre, le tonnerre, la pluie. Et les nuages pleuraient, eux aussi. Les trottoirs étaient entièrement recouverts de ces larmes désormais ; il faisait lourd et froid à la fois. Le monde n’avait ni queue ni tête, tout se mélangeait au rythme que la pluie battait le bitume noir dans la nuit de poix. Apple, Drake ; Drake, Apple, ils étaient plus perdus encore dans ce labyrinthe sombre qu’était cette soirée. Plusieurs chemins qui s’offraient à eux, mais aucun ne semblait être le bon. La repentance, le pardon, la colère, l’amour, la haine ? Et si rien n’avait plus d’importance, dans le fond ? Drake aimait Apple ; Apple aimait Drake. Et ensuite ? Ils ne s’en faisaient pas moins souffrir, à cause de ce fichu amour incompris. Ils avaient besoin l’un de l’autre, mais cette dépendance allait leur coûter beaucoup trop cher, au final. « C’est vrai, je te le promets… Je ne te mentirais pas, tu le sais bien… » Et encore moins sur un sujet aussi sensible. Si la pluie formait un fin rideau entre eux-deux, il pouvait tout de même sentir qu’Apple n’avait pas cessé de pleurer ; une nouvelle fissure craquela son cœur immédiatement. Le voir souffrir était définitivement bien au-dessus de ses forces, et il y était encore plus sensible ce soir alors que c’était de sa faute. Alors un dans énième élan désespéré, il s’excusa, encore et encore, ne pas être à la hauteur. Il savait déjà qu’Apple répondrait, comme à chaque fois, qu’il disait des bêtises, que ce n’était pas vrai. Mais c’était plus fort que lui ; il était convaincu que ce qu’il disait était parfaitement véridique. Alors, si ce qu’il disait était vrai, ce qu’avançait son amant était forcément faux, non ? « Tu ne penses pas ce que tu dis, tu sais que ce n’est pas vrai… On a déjà eu cette conversation, ça n’est pas pour rien… » La plage, oui, il s’en souvenait bien. Ils s’étaient dit à peu près les mêmes choses, sauf qu’à ce moment-là Drake avait au moins la certitude ne pas être le seul fautif dans cette histoire. La dernière fois, Apple y était pour quelque chose aussi, même si ce n’était pas grand-chose — maintenant il était le seul responsable. La dernière fois il était plus agacé que triste — maintenant il n’y avait plus que cela, de la tristesse. Au fond, si tout devait toujours recommencer, mieux valait arrêter ce cercle vicieux une bonne fois pour toutes. À quoi cela servait, de se prendre la tête tous les deux mois ? À quoi cela servait, de se dire et redire la même chose en boucle pour ensuite l’oublier ? À rien du tout. À quoi cela servait qu’Apple l’aime si ça ne le faisait que souffrir ? Il se rendait bien compte que ce qu’il lui demandait était absurde ; même si c’était la meilleure chose à faire. Et tandis que son amant refusait ardemment de cesser de l’aimer, il eut tout le loisir de prendre en compte ce qu’il lui disait. Cela ne fit que confirmer ce qu’il pensait déjà. « Mais je ne veux pas que tu m’aimes si ça te fait du mal ! C’est ça que tu ne comprends pas. Ça ne se voit peut-être pas, mais je déteste te voir souffrir, être triste, en colère ou désespéré, et c’est encore pire si c’est à cause de moi ! Alors si tu dois m’aimer et souffrir en même temps ça n’en vaut pas le coup, et ça ne le vaudra jamais ! Je t’aime, moi aussi, je t’aime. Mais si ça signifie te faire du mal c’est hors de question que ça continue. » Et il ne restait plus que son incompréhension, après ce flot de paroles incontrôlées. Aimer n’était pas forcé d’être synonyme de souffrir ; il le refusait catégoriquement. « Sur ce point-là tu ne pourras pas me faire changer d’avis. » Non, et rien ne le pourrait. Et si pour ce faire il fallait tout arrêter entre eux, il en était capable, même si ça lui briserait le cœur définitivement. Pour une fois il pouvait aider son amour à aller mieux, pourquoi s’en priverait-il ? Pour une fois il pouvait réparer son erreur, pourquoi s’en s’y soustraire simplement parce que ça lui faisait du mal, à lui ? Maintenant qu’il s’était persuadé que ce sacrifice serait nécessaire, il en fit part à son amant, qui pleura de plus belle. Sèche tes larmes, je t’en prie… Il n’allait pas tarder à craquer lui aussi, sinon… Et ils n’avaient pas besoin de ça, oh que non… « Mais tu vois bien que… que c’est en train de nous détruire, Apple… On n’est pas obligés de souffrir tous les deux à chaque fois… » Refoulant une énième fois ses larmes, il s’éclaircit la voix avant de continuer. « … je ne veux pas que ça se termine non plus… mais je ne vois que ça… » Il avait l’impression d’être au bord d’un précipice, condamné à rester en équilibre pour toujours, et que la seule délivrance serait de se laisser tomber. Pour palier à la douleur il fallait souffrir, quelques fois… Même si c’était mille fois pire. S’il commençait à en être sûr au plus profond de lui, Apple revenait mettre le doute, en lui demandant des explications. Explications qu’il aurait été bien en peine de lui fournir. « Et… et si je te dis qu’il n’y a rien à comprendre ? Parce que je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je ne sais pas ce qu’il m’a pris… » Sa voix mourut en fin de phrase, complètement brisée. Alors il devait essayer d’y voir plus clair, rien que pour son amant. « Je... » Il avala sa salive, remit de l’ordre dans ces pensées. « Je vais t’expliquer, mais avant… il faut que tu saches que c’est la première — et dernière — fois que ça se produit… Je te le jure… » Et faites qu’il le croit sur parole ! Reprenant lentement sa respiration, il réfléchit quelques secondes avant d’ajouter, le plus calmement possible. « J’étais en train de penser à toi, au ‘nous’, lorsqu’elle est arrivée. Honnêtement, je ne sais pas trop pourquoi je l’ai écoutée lorsqu’elle a commencé à me parler. Enfin, ce n’est pas vraiment un problème, ça, si ? Et puis… j’ai eu une drôle d’impression… C’est venu comme ça, d’un coup. Je ne me souviens plus ce à quoi je pensais à ce moment là... » Tout était devenu vague, flou — il ne se rappelait pourtant pas avoir commencé son verre. Comme si… Comme si le temps s’était mis au ralenti, tout à coup. Plus il y repensait et plus il trouvait ça étrange. « Et lorsqu’elle… lorsqu’on s’est… embrassés... » Le mot sorti difficilement de sa bouche. « Je me dégoûtais moi-même en le faisant… Je ne sais vraiment pas pourquoi j’ai continué. Pendant tout ce baiser, je n’ai pensé qu’à toi, pourtant. J’aurais dû arrêter, chercher à te voir… Mais… Je crois que j’en avais marre, de devoir faire semblant. De devoir faire semblant que je n’éprouvais rien de spécial pour toi… juste… de l’amitié… » Dire tout ce qu’il avait sur le cœur depuis si longtemps fut un véritable soulagement, et il put presque sentir des ailes lui pousser. Il se sentait vraisemblablement beaucoup plus léger, prêt à dire tout ce qu’il lui passerait par la tête, et quand bien même c’était fou et absurde. « J’aurais bien du mal à t’expliquer ce que j’ai fait, parce que je ne comprends pas moi-même ce qu’il s’est passé. J’en avais juste assez, de ne pas pouvoir te dire que je t’aime. » Il se doutait bien que cette explication ne serait pas satisfaisante ; elle ne représentait rien, et ne pourrait jamais justifier ce qu’il avait fait. Mais pourrait-il se justifier, un jour ? Y avait-il quoi que ce soit qui se fut passé ce soir-là qui ait un quelconque sens ? Sûrement pas, car Drake avait l’impression de nager dans de la vase depuis tout à l’heure. Embourbé jusqu’au cou, la vue obstruée par la boue qui s’amassait devant lui… C’était difficile de se diriger, d’y voir clair et de comprendre la situation. Et même si Apple formait un repère vers lequel se tourner, ça lui semblait impossible de l’atteindre. À chaque nouvelle parole prononcée il paraissait s’éloigner, toujours plus loin, là où il ne pourrait plus jamais l’atteindre.

Dans un brusque élan, il traversa la route, réduisant à néant les quelques mètres qui les séparaient. Prêt de lui, il se sentait mieux, presque rassuré. Tant qu’il pouvait le voir, alors ça voudrait dire que rien n’était perdu… Du moins essayait-il de s’en convaincre, de la manière la plus désespérée qui soit. Mais il voyait bien que, dans les yeux de son amant, quelque chose avait changé, quelque chose de sûrement irrémédiable. Alors, même s’il aurait beau le choisir à chaque fois, envers et contre tout, il fallait bien se rendre à l’évidence : ce n’était certainement pas le cas de son amour, qui avait dû être bien trop brisé par la scène de ce soir. Drake n’était pas aveugle au point de ne pas s’en apercevoir… Il se décida à reprendre la parole, en essayant de maîtriser sa voix tremblante ; et c’était si dur de rester calme alors que le monde s’effondrait petit à petit autour lui… Mais il tint bon, et énonça le plus sérieusement du monde ce qu’il pensait être la bonne solution. Arrêter le massacre, comme l’avait si bien dit Apple plus tôt. Arrêter de s’acharner à réparer ce qui était définitivement brisé, ça ne ferait que le fragiliser davantage. Mais alors qu’il attendait l’approbation de son amant, ce fut tout le contraire qu’il entendit, et il resta silencieux plusieurs secondes. Ces promesses, bien sûr qu’il s’en souvenait, et mieux que personne. Mais avaient-elles encore un quelconque sens, ce soir ? « C’est bien beau, ce que tu dis, mais ça n’arrange strictement rien ! Bien sûr que oui, j’aimerais qu’on reste ensemble pour la vie, que rien ni personne ne puisse jamais nous séparer, mais… mais tu vois bien que c’est impossible… Rien que ce soir… Tu as failli partir… » Sa voix était difficilement audible, même s’ils n’étaient pas à un mètre de distance. Le nœud qui s’était formé dans son estomac s’emmêlait davantage, au fur et à mesure que les minutes passaient. Et il ne voyait qu’un seul moyen de le dénouer : mettre à plat tout ce qu’il ressentait, dire tout ce qu’il lui passait par la tête. Alors il se confondit à nouveau en excuses, certaines justifiées, d’autres pas. À vrai dire, il s’en fichait pas mal de savoir si ce qu’il disait était vrai ou faux, tant qu’il les laissait sortir de son cœur pour de bon. Comme d’habitude lorsqu’il disait ce genre de choses, Apple n’était pas d’accord, et le contredit immédiatement. « Tu n’as pas à être capable d’accepter tout et n’importe quoi sous prétexte que tu m’aimes ! C’est… c’est ridicule, Apple… Je t’ai fait du mal, c’est normal que tu ne veuilles pas me pardonner ou que tu me détestes… » Mal, il se sentait mal. Parce qu’il ne parvenait plus à comprendre Apple, qui devait, comme lui, être en proie à de nombreux sentiments contradictoires. Amour, haine, colère, tristesse, désespoir… Lequel était réel ? Et si c’était tous à la fois ? Toutes ces émotions étaient comme une bombe dangereusement amorcée, prête à exploser. Et elle explosa, lorsque ses lèvres touchèrent les siennes. Immédiatement, un feu brûlant se déversa dans ses veines, et parcourut son corps, lui-même partagé entre chaleur et frissons. Ses doigts mirent plusieurs secondes avant d’aller trouver leur place dans les cheveux d’Apple, là où ils auraient toujours dû être, et pas dans la chevelure de quelqu'un d’autre. Maintenant qu’il goûtait à nouveau avec délice à l’enivrante passion de ses baisers, il était parfaitement sûr qu’il n’y avait rien de meilleur en ce monde. Et bientôt il ne sentit plus que ça, plus que le contact fiévreux de ses lèvres contre les siennes, contact glacé par la pluie qui s’abattait autour d’eux. L’écho des gouttes s’écrasant sur le sol résonnait à ses oreilles, à l’unisson avec les battements fous de son cœur. Tout son être n’était plus que feu et larmes, et plus rien n’avait de sens. Il aurait voulu ce moment infini, cependant son amour y mit fin, après de longs instants d’étreinte passionnée. Encore grisé par son baiser inattendu, il fallut plusieurs secondes supplémentaires à Drake pour se remettre totalement de ses émotions et pour retrouver sa voix. Apple reprenait déjà la parole, pour répondre à la question que leur baiser lui avait presque fait oublier. Une erreur ? Définitivement, non, car il n’y avait rien eu de plus beau au monde que les moments qu’ils avaient passés ensemble. C’était ce que son amant s’évertuait à lui faire comprendre, de sa voix délicieusement mélodieuse et douce, et ce peu importait ce qu’il pouvait bien dire. Décidément, il n’avait pas les idées en place, ce soir ! Il voyait et prenait tout de travers ; et la pluie qui embrouillait sa vue n’y était absolument pour rien. Cependant il y eut un rai de lumière lorsqu’Apple lui annonça enfin qu’il le choisissait lui, parce qu’il l’aimait. Ces mots-là… Il ne se lasserait jamais de les entendre, tant ils paraissaient nouveaux et inconnus à chaque fois. Oh oui, dis-moi que tu m’aimes, juste encore une fois… Et puis une fois encore, encore, encore et toujours plus jusqu’à la fin ! « Je… Je comprends… C’est tout à fait normal, et je… je suis content qu’on ait pu s’expliquer quand même… Je te l’ai déjà dit, Apple, mais c’est insupportable pour moi de me disputer avec toi… » Même si cette fois-ci la faute lui revenait exclusivement. Sans y penser davantage, il resta bras ballants à regarder son amour dans les yeux, sans trop savoir quoi faire. Si Apple avait besoin de temps, est-ce que cela signifiait qu’ils faisaient officiellement une pause ? Ou bien était-ce juste une virgule dans leur histoire, qui n’était pas prête de finir ? Il se posait toujours la question, sans oser la formuler tout haut. Quelque chose le retenait ; peut-être la réponse elle-même. Ses pensées étaient aussi confuses que le ciel était noir, et il avait peur de mal interpréter le comportement de son amant. Son baiser, d’abord, que signifiait-il ? Était-ce le symbole d’un nouveau départ, d’une nouvelle page blanche qui commençait ? Ou bien un baiser d’adieux, lourd de significations et d’amertume ? Perdu, il était totalement perdu. « Je dois quand même savoir si… si ce qu’on s’apprête à faire est… définitif… », se risqua-t-il finalement, ne supportant plus d’être dans le brouillard. Et quand bien même la réponse ne lui convenait pas, il l’aurait bien mérité. « Je ne sais pas si j’arriverai à tenir sur du long terme parce que… maintenant qu’on s’est tout dit, ça risque d’être encore plus difficile… » ... mais… car il y avait toujours un ‘mais’. « … mais si c’est ce que tu souhaites, je respecte ça… Si tu as besoin de mettre de la distance, je comprends, ne t’en fais pas… » Même si sa voix avait retrouvé un timbre normal, il n’en souffrait pas moins de devoir dire ces choses-là. Mettre de la distance entre eux, est-ce que ça avait un quelconque sens ? Jamais il n’aurait pensé dire ça un jour à Apple. Mais rien n’allait ce soir, rien n’allait plus. « Alors, sache que même si tu décides ne plus jamais me revoir… je t’aime, et je… je ne t’oublierai jamais. Tu peux en être certain. » Était-ce cette odeur de fin qu’il sentait se répandre dans l’air ? Était-ce ce sentiment de boucle bouclée qu’il ressentait lorsqu’il entendait le tonnerre rugir ? Il avait fait leur première fois sous un temps identique, et les voilà qui étaient à deux doigts de se dire adieu… Et les nuages pleuraient, eux aussi.




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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Lun 15 Mai - 20:32

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Drake & Apple.
I've been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me, And every melody is timeless. Life was stringing me along, Then you came and you cut me loose. Was solo singing on my own, Now I can't find the key without you. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? I’m sorry if it’s all too much. Every day you’re here, I’m healing And I was runnin' out of luck. I never thought I’d find this feeling. 'Cause I’ve been hearing symphonies, Before all I heard was silence. A rhapsody for you and me And every melody is timeless. And now your song is on repeat. And I'm dancin' on to your heartbeat. And when you're gone, I feel incomplete... So if you want the truth : I just wanna be part of your symphony. Will you hold me tight and not let go? Symphony. Like a love song on the radio. Will you hold me tight and not let go? SYMPHONY.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Têtu comme une mule, et d’une humeur aussi maussade que la pluie qui nous tombait dessus, Drake balayait catégoriquement toutes mes paroles réconfortantes à son égard. Il ne voulait effectivement rien entendre au sujet de mon éloge sincère, qu’il qualifiait, à tort, d’erroné. Oh, si seulement il avait su lire dans mon cœur et voir combien tout ce que je lui confiais était authentique... Malheureusement, puisqu’il était sourd aux battements de mon organe vital et allergique à toutes mes formes de compliments, je n’insistais pas davantage, afin d’éviter une énième dispute stérile. Néanmoins, fidèle à moi-même, je ne pouvais m’empêcher de rebondir une dernière fois, sans pour autant rajouter de l’huile sur le feu. « Quoi que tu puisses en penser, tout ce que je dis à ton sujet est toujours vrai et sincère ! Crois-moi, et arrête de douter... » Suppliais-je, d’une sincérité déchirante, et d’une voix aussi légère qu’une brise d’été. Quant à mes yeux dévastés et gorgés de larmes, ils continuaient inlassablement de se liquéfier dans l’océan de la peine qu’était mon regard. Malheureusement, cette triste et morose valse du désespoir ne tardait pas à s’intensifier, dès lors que mon doudou me confiait qu’il ne voulait pas de mon amour, si j’en souffrais en retour. Rejeté, je sentais désormais mon organe vital déchiqueté et émietté se tordre davantage de douleur dans ma poitrine, jusqu’à l’agonie. Oh, qu’est-ce que ça faisait mal ! Néanmoins, tous les ‘je t’aime’ de mon ange aidait mon cœur à survivre et à ne pas se désintégrer totalement... Décidément, quel bordel, tous ces sentiments ! Bientôt complètement perdu, à cause de toutes ces informations contradictoires, je me retrouvais happé dans une valse déstabilisante de sentiments opposés - constitués principalement de tristesse et d’amour -, et ne savais même plus sur quel pied danser... « Que tu le veuilles ou non, je t’aime ! Et... même si ça me fait actuellement souffrir, à cause de ce baiser, ce n’est pas irrémédiablement figé ou définitif ! Sincèrement, je crois en toi et moi ! Je crois en ‘nous’ ! » Criais-je, depuis l’autre bout du monde où je me trouvais – mon trottoir était décidément bien trop loin de mon âme sœur, en ne sachant nullement si ma voix laissait plus transparaître ma tristesse que mon amour – ou inversement. Quoi qu’il en fût réellement, et malgré les larmes et la bombe que le terroriste venait de lâcher sur mon cœur, je ne baissais pas les bras et m’empressais de contrer chacune de ses attaques. Ah... si le soleil de ma vie croyait que me quitter était la meilleure des solutions pour m’empêcher de souffrir, il allait vite déchanter... « Cette souffrance que je ressens, là, à cet instant précis, n’est rien, comparée à l’intense torture qui rongerait mon âme et mon cœur... si jamais tu venais à me quitter. Ce serait un supplice destructeur mille fois plus annihilant que tout ce que j’ai pu éprouver jusqu’ici... Alors... au final, t’aimer et être auprès de toi sont bien les deux seules choses au monde qui me feront le moins souffrir... Te quitter... en revanche, causerait ma perte... » Et pleurer fut un doux euphémisme, tant les larmes se faisaient torrents et cascades le long de mes joues ; et souffrir fut un doux euphémisme, tant mon cœur brisé mourait et saignait d’amour dans ma poitrine ; et aimer fut un doux euphémisme, tant ce sentiment paraissait insipide pour décrire ce feu transcendant que je ressentais pour Drake... « Si c’est ‘hors de question que ça continue’, comme tu le dis, et que tu me laisses... tu vas... tu vas tout simplement me... me tuer... » Et malgré cet air mélodramatique digne des plus grandes pièces shakespeariennes, j’étais on ne peut plus sincère et sérieux ; je ne survivrais pas, s’il m’abandonnait. Néanmoins, en dépit de la tragédie et de la sincérité de mon discours, mon bébé cœur restait inlassablement ancré dans ses positions. « Je me moque de souffrir ou d’être détruit ! Je m’en fou royalement, même ! Je t’aime... et... j’ai... juste besoin... de toi... » Ma voix n’était plus qu’un frêle cri du cœur ; un appel à l’aide désespéré et déchirant. Mais Drake ne semblait pas l’entendre, et je continuais alors de me noyer dans cet océan de sentiments, avant d’y être englouti jusque dans ses abysses noirs et inquiétants. Cependant, tout cela n’était rien comparé à la peur que j’avais de perdre mon amour... « Non, arrête ! La solution n’est pas de mettre un terme à notre histoire ! Tu dis n’importe quoi ! » M’offensais-je, catégorique, avant de lui demander, quelques secondes plus tard, de plus amples explications au sujet du baiser qu’il avait échangé avec cette inconnue. Sans plus attendre, depuis l’autre bout du monde, Drake s’efforçait alors de m’expliquer et de me faire comprendre son comportement. Très attentif, j’écoutais méticuleusement chaque parole qu’il prononçait, tout en sentant mon cœur valdinguer dans ma poitrine, exactement comme s’il venait d’embarquer sur des montagnes russes. Malgré mes larmes, je me sentais progressivement soulagé, parce que je comprenais bientôt que ce baiser n’avait été rien de plus qu’une grossière erreur. Et, pour une fois, je ne répliquais même pas derechef, laissant même le loisir à Drake d’aller jusqu’au bout de ses explications – c’était une première ! Quoi qu’il en fût, j’étais désormais convaincu que mon doudou m’ouvrait son cœur et qu’il regrettait sincèrement son geste, d’où sa repentance. D’ailleurs, il ne manquait pas de préciser qu’il avait pensé à moi durant tout ce temps où il avait été avec cette jeune femme, ce qui ne manquait pas de me faire sourire intérieurement. Ces merveilleuses paroles authentiques et persuasives effaçaient-elles pour autant son faux pas ? La réponse demeurait cependant incertaine... « Je suis soulagé de savoir que cette erreur ne s’est produite qu’une seule fois... et que tu la regrettes sincèrement... » Finissais-je par avouer, d’une voix fragile, après que mon amant eut terminé sa longue tirade. Méditant maintenant aux paroles de ce dernier, je profitais d’un court instant de calme afin d’essuyer mes larmes ; ce fut une tentative nulle, puisqu’elles réapparurent aussi vite qu’elles furent chassées. Quoi qu’il en fût, après avoir assez réfléchi et abandonné l’idée d’être défait de mes pleurs, je reprenais derechef. « Merci pour tes explications, je... comprends un peu mieux ce qui t’a poussé à agir ainsi... Mais... la prochaine fois que tu veux m’embrasser ou me dire ‘je t’aime’, tu n’as qu’à venir me voir directement... ça nous évitera bien des problèmes... » Enchérissais-je, d’une petite voix toujours aussi triste et bourrée d’affection. « Je comprends mieux, vraiment... Maintenant, il ne me reste plus qu’à accepter... » Et c’était sans doute la partie la plus délicate de toute l’histoire ! Mais... même si ça me serait sans doute difficile de me faire à cette infidélité éphémère, j’étais sincèrement prêt à essayer et à lui pardonner. Oh oui, de toute mon âme et de tout mon petit cœur épris, j’étais prêt à tout, de toute manière, pour l’amour de ma vie...

Désormais tout près de Drake, après qu’il ait traversé cette route insupportable qui nous séparait, je me sentais revivre et pousser des ailes. Malheureusement, le soulagement et l’euphorie que j’éprouvais vis-à-vis de ce rapprochement physique s’estompaient aussitôt, puisque mon amour ne tardait pas à prôner, pour la énième fois, que le mieux pour ‘nous’ était d’y mettre un terme. Non, cette solution était définitivement inconcevable, et je m’empressais de la contredire derechef. Néanmoins, tous les arguments que j’énonçais ne semblèrent avoir aucun impact sur Drake, qui continuait de croire inlassablement que notre potentielle histoire d’amour était d’ores et déjà vouée à l’échec. « IMPOSSIBLE ?! MAIS POURQUOI ?! On peut surmonter toutes les épreuves qui se mettront en travers de notre route ! Et ça ne tient qu’à nous de nous aimer pour la vie ! Alors... arrête de condamner notre histoire, s’il te plaît, car c’est des conneries, ce que tu me dis ! » Criais-je, en sentant des sentiments tels que la colère, l’amour et la tristesse prendre possession de mon corps ; oui, ce fameux cocktail explosif d’émotions contraires n’était jamais bien loin ! Quoi qu’il en fût, je me retrouvais complètement décontenancé par toute la négativité dont faisait part mon bébé cœur. Lui qui disait m’aimer, comment pouvait-il baisser les bras aussi facilement ? Le mystère restait malheureusement non élucidé... « Mais je ne suis pas parti ! Et qu’aurais-tu voulu que je fasse, au juste, quand je t’ai vu l’embrasser ? Tu aurais préféré que je me joigne à vous ?! » Rétorquais-je derechef, d’une voix colérique et acide. Furieux comme un chien enragé, je n’avais effectivement pas supporté cette remarque sur le fait que j’avais failli partir. Quelle attitude aurais-je donc du adopter, selon lui ? Rester planté là, à les regarder se galocher ? Me joindre à eux pour une joyeuse partie à trois ? Haha, la bonne blague ! Néanmoins, et quoi qu’il en fût de la réponse à cette question, je ne restais pas énervé très longtemps, puisque Drake ne tardait pas à me faire part de nouvelles excuses. Je les appréciais, sincèrement, et ça m’apaisait considérablement, mais je ne supportais pas son acharnement à se dénigrer lui-même. Bon sang, quel entêtement ! Et s’il croyait vraiment que j’allais un jour le détester pour un motif quelconque, c’était sûrement à cause du fait qu’il n’avait pas encore su lire dans mon cœur ! Jamais, ô grand jamais, je ne pourrai le détester ! « Arrête de dire des bêtises ! Je ne te déteste pas, et ça ne sera jamais le cas ! Pour... Pour ce qui est du pardon et de l’acceptation, je sais que je peux y arriver ! Je veux y arriver ! Il me faudra juste un peu de temps... » Avouais-je, sincère, d’une voix redevenue attendrissante et aimante. Et, alors que je me retrouvais saisi par des sentiments bien trop puissants et contraires, je finissais par déposer amoureusement mes lèvres sur celles de l’homme qui faisait battre mon cœur. Contre toute attente, l’objet de mon amour inconditionnel s’évertuait à prolonger ce baiser inespéré, en le rendant même beaucoup plus fiévreux et passionné. C’était le nirvana, tout simplement, et je m’en retrouvais complètement déboussolé ; j’avais chaud, au point que j’aurais juré que chaque parcelle de peau de mon corps prenait feu ; et je tremblais si fort qu’on aurait dit que j’étais possédé par des centaines de convulsions. Quant à mon cœur paumé, il battait tel un éclair frappant le ciel. Les larmes, elles, coulaient toujours, infatigables et inlassables, en ne sachant même plus si c’était de bonheur ou de chagrin. J’étais pris de vertiges, je ne tenais quasiment plus sur mes jambes, et je devenais même si fou que j’aurais juré que des ailes étaient en train de pousser dans mes dos. Brûlant de désir, de folie, de passion et d’amour, je m’abandonnais alors corps et âme à ce baiser on ne peut plus sincère et révélateur. Malheureusement, même si chérir mon prince charmant était mon activité favorite, je me résolvais, malgré moi, à mettre fin à notre embrassade, afin que nous puissions terminer notre conversation à cœur ouvert. Une fois défait de son étreinte, je ne manquais pas de plonger mon regard brouillé par l’émotion au plus profond de ses deux magnifiques émeraudes. « Ça m’avait vraiment trop manqué ! Et... si jamais tu es perdu et que tu te demandes ce que veux signifie ce baiser... sache qu'il veut tout simplement dire ‘je t’aime’... » Avouais-je, pour briser la glace, avant d’essuyer mes nouvelles larmes à l’aide du revers de la manche de ma veste. Certes, ce baiser avait été pareil à un feu d’artifice réparateur, mais est-ce qu’une seule étreinte pouvait vraiment recoller les mille morceaux de nos cœurs brisés ? Certainement pas... Alors, après m’être davantage détaché de mon amant, je lui répétais que j’avais besoin d’un peu de temps, pour réfléchir à la situation. Cependant, visiblement égaré parmi toutes les informations contradictoires que je lui donnais, Drake ne tardait pas à me demander si cette distance que je mettais entre nous était définitive. « Bien sûr que non ! Ce n’est pas définitif ! Je vais simplement retourner chez moi... et... réfléchir un peu à tout ça, pendant quelques jours... Je suis vraiment trop confus, Drake, et... et je pense que j’ai besoin de faire le point... » Confiais-je, le cœur déchiré et en proie au doute, tout en sentant une nouvelle larme rouler contre ma joue. Cependant, à l’inverse du restant de toute la soirée, je ne cherchais pas à l’essuyer ou à détourner mon regard de celui de Drake. Bien au contraire, je l’ancrais encore plus profondément dans les merveilleuses prunelles de mon amour.« Arrête ça ! Je t’interdis de faire celui qui me dit adieu ! Ce n’est – et ne sera - jamais fini ! » Lançais-je, catégorique, tout en donnant une petite tape sur le bras de Drake, lorsqu’il commençait à se comporter comme si nous ne nous reverrions plus jamais. « Et... moi aussi, je t’aime, au cas où tu en douterais encore... » Avouais-je, en parvenant même à esquisser un petit sourire sincère, après qu’il m’ait à nouveau fait part de ses sentiments. « Je t’aime même plus que Walt Disney ! » Ajoutais-je, histoire de détendre légèrement cette atmosphère pesante, même si cette révélation était on ne peut plus vraie... Et pourtant, il fallait se lever de bonne heure pour trouver quelqu’un que j’aimais plus que l’homme qui avait donné naissance à mes rêves ! Mais Drake... Oh, Drake, cet être si unique et merveilleux... il était bien plus fort que le créateur de Mickey, parce que lui seul avait fait de ma vie un véritable conte de fées... « Pff... Je n’ai même plus envie de partir ! C’est trop dur d’être loin de l’homme qu’on aime, doudou, vraiment... » Me lamentais-je, triste, en sentant mon cœur se briser dans ma cage thoracique. Et, sans même m’être rendu compte du surnom adorable que je venais d’employer à nouveau, je blottissais ma tête contre le torse de mon amant. Ce doux contact me fit frissonner, et je fermais les yeux, afin de profiter au mieux de cet instant de pure complicité. « Mais... je dois prendre un peu de recul... je n’ai pas le choix... » Finissais-je par avouer, avant de me détacher, à contre cœur, du torse musclé sur lequel je venais de me réfugier. Oh... ça me faisait bien trop de mal et de peine de devoir me séparer de Drake... Mais c’était là une douleur nécessaire, si je voulais vraiment faire le point et y voir plus clair... À nouveau penaud et dévasté, je luttais maintenant pour empêcher de nouvelles larmes de couler. « Dis... est-ce que j’ai quand même le droit de te demander au moins un dernier baiser, pour ce soir ? Un... ou deux petits, peut-être ? » Demandais-je, adorable et implorant, en plongeant mon regard amoureux au plus profond de celui de mon homme. Oh... s’il savait combien ma vie en dépendait, de ce putain de baiser !

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MessageSujet: Re: Symphony. ☆ Pancake. ღ Sam 20 Mai - 10:38

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Apple & Drake


Même si cette manie qu’il avait de le contredire à chaque fois qu’il disait une parole dénigrante était très touchante, Drake souhaitait entendre la vérité, ce soir, et ne dire que cela de son côté aussi. C’était sûrement aussi dur à entendre que c’était dur à prononcer, mais, bon sang, il avait besoin de libérer tout le poids qui reposait sur son cœur fragilisé. Apple aurait beau s’acharner à lui démontrer le contraire, il y aurait toujours une parcelle de lui qui croirait en cette vérité-ci. Ne préférant rien ajouter aux paroles de son amant, il se tut simplement, comme un petit garçon qu’on aurait disputé. Parfois le silence en disait plus que de longs monologues, comme dans l’instant présent. Et, de toute manière, rabâcher sans relâche encore et encore la même chose était parfaitement inutile. Son amant était presque plus têtu qu’il ne l’était ; c’était peine perdue que de vouloir le faire changer d’avis. Même si ça le démangeait plus que tout sur un point : celui de souffrir à cause de l’amour qu’il éprouvait pour lui. Si Drake était fermement persuadé que c’était inutile que de continuer à s’aimer dans de pareilles conditions, son chaton n'en pensait pas la même chose. Se confronter sur un sujet aussi sensible que celui-ci était difficile, très difficile. Le cœur était bien trop impliqué ; ça allait leur faire mal, au final ; pour échapper à la douleur, ils allaient s’en infliger une toute autre, mille fois pire, sûrement. Et tout ça pour quoi ? Pour tout recommencer, deux mois plus tard. « Ça va me tuer aussi, Apple… Mais rester avec toi et te torturer comme je le fais est juste insoutenable aussi ! C’est injuste de ma part, peut-être que je suis égoïste ou que je ne vois pas les choses comme tu les vois mais… je n’ose même pas imaginer combien tu dois souffrir de tout ce que je fais ! Alors peut-être que, même si ça nous fait du mal à tous les deux, la meilleure solution reste de nous séparer pour de bon… » Il reprit une goulée d’air, remit ses idées en place. Tout n’était plus qu’un brouillard opaque ; il n’arrivait plus à discerner le vrai du faux, l’euphémisme de l’hyperbole. « C’est un mal pour un bien, au fond… » Plus un mal qu’un bien, il en était persuadé. Mais comment, en une seule phrase, défendre deux idées contradictoires ? Il risquait de perdre le peu d’assurance qu’il avait réussi à se forger malgré la dangerosité de leur conversation. Le point de non-retour semblait si proche ! Peut-être était-il dépassé, depuis longtemps déjà… Un frisson parcourut sa colonne vertébrale, et la fraîcheur de la pluie n’était pas la seule responsable. Et c’était encore pire lorsque son amant s’évertuait à le contredire, à répéter sans relâche qu’il avait tort. Ne voyait-il pas qu’il n’y avait plus rien à faire ? Que si ce n’était pas lui la prochaine fois, ce serait Apple lui-même ? Était-il le seul à avoir cette vision des choses ? Visiblement, oui. Et le convaincre qu’il avait raison allait être difficile. « Mais je ne m’en fous pas, moi, loin de là ! Je t’aime trop pour que tu en souffres ! » Chaque fois qu’il prenait la parole, il avait l’impression de faire un pas en sens arrière. Apple était sourd à chacun de ses arguments, et les rejetait les uns après les autres. Aucun mot n’était assez fort pour exprimer toutes les émotions qui se pressaient en lui. Subtil mélange de désespoir, de colère, d’amour et de chagrin, rehaussé par une furieuse incompréhension. Bon sang, tout serait plus facile s’ils acceptaient chacun la seule solution à leur souffrance : se séparer ! Même s’ils risquaient d’avoir mal quelques temps, c’était le prix à payer… Mais évidemment, son amant n’était pas de son avis, et le contredit une nouvelle fois ; Drake connaissait la chanson, maintenant. « Alors donne-moi une seule bonne raison de changer d’avis ! En quoi est-ce que tu crois pour ne pas voir ce que je vois ? Et ne me réponds pas l’amour ou quelque chose dans ce genre, je t’en prie. » Il en avait assez de ces histoires dans lesquelles l’amour était le plus fort, dans lesquelles il suffisait d’y croire dur comme fer pour que tout se réalise. C’était complètement ridicule, ça ne marchait pas comme ça, dans la vraie vie. Il était vraiment temps qu’Apple s’en rende compte. Mais le convaincre que la vie n’était pas un conte de fée était compliqué. Vraiment. « Ça ne marche pas comme ça… » Non, décidément pas. Et même si lui expliquer ce qu’il s’était passé semblait assez désespéré, il crut bien faire en le faisant tout de même. Tout lui paraissait embrouillé, il doutait même que son amour ait pu comprendre ne serait-ce qu’un traître mot de ce qu’il avait dit. Mais heureusement il n’eut pas à répéter les choses deux fois, la première étant assez douloureuse comme ça. À son plus grand étonnement, sa petite pomme ne tarda pas à reprendre la parole, d’une voix qui trahissait son soulagement. Immédiatement, une bouffée d’air frais s’insinua dans les poumons de Drake, libéré d’un grand poids. Si Apple comprenait, si Apple parvenait à imaginer ce qu’il avait ressenti à ce moment-là, peut-être était-ce un petit pas vers le pardon ? Il ne l’espérait plus, ce pardon, plus depuis longtemps. En avait-il seulement besoin ? Depuis toute à l’heure, il était résolument décidé à laisser son amant partir, mais maintenant ? Est-ce que quelque chose avait changé ? Une nouvelle cassure fêla son cœur lorsqu’il se rendit compte que non. Non, rien n’avait changé, au final. Et tout serait toujours pareil, et tout recommencerait toujours de la même manière, indéfiniment, irrémédiablement, pour toujours et à jamais. « Je suis si désolé… » La prochaine fois, oui, il irait l'embrasser jusqu'à l'asphyxie, s’il y avait une prochaine fois. « Ce n’est pas facile, de dire ‘je t’aime’, tu peux le comprendre, je pense… » Ô combien difficile, oui ! Encore maintenant, il avait du mal à croire qu’il avait eu le courage de le faire ; à se demander s’il n’avait pas rêvé ces dernières minutes. Que ce fut un simple songe ou la réalité, il était assez soulagé de la tournure qu’avaient pris les événements. Les choses étaient plus claires entre eux — dans la mesure du possible —, et peut-être s’éclaircissaient-elles davantage au fil du temps. Drake n’avait réellement pas envie de cette tache noire sur le ‘nous’. 


Il était si beau, ce ‘nous’ ! Du moins le fut-il, avant que la dangereuse idée de l’arrêter lui était venue à l’esprit. C’était pire que n’importe quel poison : elle s’insinuait partout, répandant son venin dans tout son corps, dans chacun des recoins de son âme. Arrêter, arrêter, maintenant, ou il sera trop tard… Et cette idée était insupportable, et cette idée le détruisait complètement et pourtant, il ne pouvait l’empêcher de monter, monter, monter progressivement, rampant comme un serpent vicieux… Traverser la route fut la meilleure chose qu’il trouva à faire pour stopper sa progression, hélas pour une durée bien courte. À peine fut-il de l’autre côté, face à son amour, que sa lente et dangereuse montée reprenait, et prenait bientôt complètement possession de son corps. Il ne pensait plus qu’à ça, désormais, plus qu’à cette horrible et cruelle idée. « J’essaie d’être aussi optimiste que toi, vraiment ! J’essaie de voir la vie comme tu la vois, mais c’est de plus en plus dur ! Et même si aucun de nous deux n’a raison, tu ne peux pas nier les faits ! Tu vois bien où nous sommes, là, et c’est si… désespéré que je me demande comment tu peux avoir ne serait-ce qu’une once d’espoir ! » Cette lumière, là, au bout du tunnel, il ne la voyait pas ; à contrario d’Apple. Comment faisait-il, pour ne pas être défaitiste, dans cette situation ? Comment faisait-il, pour voir le verre à moitié plein, alors que tout ce que voyait Drake était le vide ? Et il se creusait davantage, à mesure que les secondes s’égrenaient, pour qu’il n’y ait plus que ça, au final. Le vide, le néant. Ce noir total. Ce noir aussi noir que le ciel, qui continuait à pleurer sur eux. Pleurer toutes les larmes de son corps n’était plus ce qu’il lui fallait ; il avait juste besoin de comprendre le raisonnement de son amant. Et il fut bientôt à court d’exemples, lorsqu’il lui rappela qu’il avait bien failli partir, lorsqu’il avait essayé de lui expliquer les faits, quelques instants plus tôt. Il ne dut pas être assez clair, puisque son amour partit au quart de tour, outré par sa remarque. « Je ne parlais pas de ça et, d’ailleurs, jamais je t’aurais demandé une telle chose ! Calme-toi, je t’en prie… On est tous les deux sur les nerfs, je comprends et je ne t’en veux pas, mais je n’ai pas envie que ça parte comme tout à l’heure… » Il l’aurait volontiers pris dans ses bras sur le champ, mais il n’osa pas reposer une main sur lui, de peur qu’il ne le repousse comme la fois précédente. Finalement, il n’était pas sûr que la situation ait réellement évolué, depuis qu’ils étaient tous deux sortis du bar en trombe. Il l’avait d’abord espéré très fort, avant de totalement abandonner l’idée, vaincu par les pensées négatives qui s'insinuaient en lui. Si Apple voulait le détester, qu’il le fasse ; ça ne changerait pas grand-chose. Mais son amant était décidé à ne pas flancher comme lui, et tenait toujours bon malgré le désespéré de la situation. Quelque part, Drake lui enviait cette force. « Et… et si je te dis qu’on ne l’a pas, ce temps… Je ne te demande pas de me pardonner, si tu n’y arrives pas… » Non, il n’avait plus besoin de tout ça. Le pardon était dérisoire, maintenant ; maintenant qu’il savait que c’était la fin. Et la pluie s’acharnait de plus belle, battant le bitume avec force. Ils étaient pratiquement seuls, dehors ; tout le monde était intelligemment rentré chez soi, avant de tomber malade. Mais Drake n’en avait plus rien à faire, d’être malade ; il l’était déjà. D’une maladie incurable, pire que toutes les autres. L’amour. Cet amour destructeur qui ravageait tout sur son passage, ne laissant que des décombres fumantes dans son cœur, passifs vestiges de ce que le ‘nous’ avait été, était, et serait à jamais pour lui. ‘Je t’aime’, aurait-il dû crier une dernière fois ; mais ses lèvres restèrent closes, muettes à jamais. Peut-être qu’Apple réussit à lire à travers ses yeux qui, eux, restaient bien trop expressifs, et il déposa ses lèvres contre les siennes, comme il ne l’avait jamais fait. Aussitôt une décharge électrique parcourut son corps, et son cœur battit à nouveau, comme sous l’effet d’un défibrillateur. Et voilà que son amour devenait le seul remède à son propre mal, avec un baiser aussi fiévreux que délicat. Plus les secondes s’écoulaient dans leur étreinte passionnée, et plus il se sentait vidé de toute autre émotion. La colère, la peur, la tristesse ; tout était résolument parti voir ailleurs, et il ne s’en sentait que mieux. Une douce chaleur irradiait maintenant de son corps, mêlée à quelques frissons de plaisir. Malgré tout, Apple mit fin à leur baiser, après plusieurs secondes — ou bien étaient-ce des minutes ? — supplémentaires. Se détachant de lui avec peine, il plongea son regard dans ses beaux yeux océan, cherchant à y lire quelque chose de particulier. Son amant se rendit bien vite compte qu’il était totalement perdu, et ne tarda pas à mettre fin à ses interrogations quant au sens de ce baiser. « Je ne me lasserai jamais de te l’entendre dire... » Je t’aime… N’était-ce pas la plus belle chose que l’on puisse entendre ? Oh que oui ; et maintenant qu’il avait goûté à ces magnifiques paroles prononcées par la voix douce et mélodieuse de son amour, il allait être difficile de s’en passer. Malheureusement, il ne pensa à ça que peu de temps, et ses pensées noires remontèrent bientôt à la surface, encore plus désespérées qu’auparavant. Cette scène prenait un air d’adieu, même s’il s’évertuait à se convaincre que non. C’était presque une guerre contre lui-même, à l’intérieur. Parfois son pessimisme prenait le dessus, d’autres il parvenait à le contenir, pour ne laisser sortir que tout son amour. Hélas lorsque les deux se combinaient, cela donnait un discours à pleurer ; et Apple aurait pu sortir les violons sans aucun problème. Mais fidèle à son caractère d’ange, il le réconfortait à nouveau — ils avaient arrêté de compter —, et lui assurait que ce n’était pas une séparation définitive. Brièvement soulagé, il ne tarda pas cependant à repartir de plus belle dans ses lamentations. Il se demandait bien comment son amant faisait pour réussir à le supporter ! « Tu as raison… Je vais essayer… Essayer de voir les choses de cette manière. » Et même si [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] lui revint en mémoire à ce moment précis, il n’y prêta pas attention, doutant fort qu’Apple le lui sorte à ce moment précis. Ah, il avait bien besoin de ça maintenant ! Complètement confus face à toutes les pensées qui couraient dans son esprit, il se focalisa sur ce que disait son petit ange — à savoir qu’il l’aimait, et même plus que Disney. Le compliment le fit presque sourire, mais d’un sourire triste, peu habituel. « Je le prends comme un compliment… » Après un court silence de réflexion, il fronça légèrement les sourcils et se mordilla la lèvre inférieure. « Je t’aime plus que quiconque, Apple… je ne sais même plus comment te le dire… » Et pourtant il n’y avait pas de mots plus simples pour qualifier le sentiment résolument complexe et indescriptible qu'était l’amour. C’était dur de s’y retrouver, parmi ce flot de sensations différentes et complètement folles… Son amant aussi avait besoin de temps pour y voir plus clair, et pour faire le tri dans ses pensées. Même si Drake en éprouvait une profonde tristesse, il ne pouvait que comprendre le comportement d’Apple. « Bien sûr… Prends le temps qu’il te faut... » Il serait toujours là à son retour, peu importait si c’était deux, dix, onze, ou cent-trente jours plus tard. Il attendrait. Patiemment, comme il ne l’avait jamais fait. Mais dès lors qu’il s’agissait de sa petite pomme d’amour, il perdait tous ses repères, et deux secondes pourraient tout aussi bien lui en paraître quatre qu’une seule. Ah… C’était si difficile d’être raisonnable lorsque l’on aimait ! Et ce baiser qu’il lui demandait, bien sûr, qu’il allait lui en donner, pas la peine de réfléchir pour en être certain. « Autant que tu voudras, quand tu voudras, où tu voudras… » Il se baissa aussitôt pour l’embrasser, encadrant son visage de ses mains. Un, deux, trois, quatre baisers, il avait immédiatement perdu le compte. « Je t’aime... », murmura-t-il entre décollant à peine ses lèvres des siennes, le visage a quelques millimètres du sien. « Je t’aime, je t’aime, je t’aime... » Et ça devenait une drogue, ces deux mots aussi, presque aussi addictive que ses baisers. Je t’aime ; il n’arriverait jamais à s’en lasser.

Un éclair déchira le ciel, étouffa la nuit quelques micro-secondes. On entendit un cri au loin, suivi du grondement du tonnerre. Si Drake avait complètement oublié la pluie pendant qu'il était occupé à embrasser son amant, la météo s'était sérieusement dégradée et il s'en rendait bien compte maintenant. Rester dehors était complètement stupide, ils allaient se rendre malades. Se détachant finalement de son amour, il le prit par la main et, doucement, l'entraîna quelques mètres plus loin, pour se mettre au sec sous un abri-bus. Maintenant qu'ils étaient trempés jusqu'aux os, ça ne servait plus à grand chose ; mais l'écho des gouttes sur le toit de l'abri était plutôt agréable à entendre. Plic, ploc, plic, ploc, plic. Sans un mot, Drake se laissa choir sur le banc, et repoussa ses cheveux mouillés en arrière. Apple avait dit vouloir partir, rentrer chez lui pour réfléchir. Mais pourtant, aucun des deux ne semblaient réellement décidé à se séparer, ne serait-ce que pour ce soir. « Tu... tu promets de me donner des nouvelles ? » C'était assez pitoyable comme approche. Et ça trahissait trop cette impression de fin qu'il avait depuis le début de leur conversation. « La vérité c'est que... Je n'ai pas envie que tu t'en ailles, même si je sais que c'est normal et que tu as besoin de réfléchir. Je crois... je crois que... j'ai peur... » Mais peur de quoi, telle était la question. Peur de ne plus jamais le revoir ? Peur que rien ne soit plus comme avant ? Peur ne plus être à la hauteur ? Un peu des trois à la fois, sûrement.





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