AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 299
∞ arrivé(e) le : 12/04/2017
∞ avatar : ed westwick

MessageSujet: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mar 2 Mai - 19:51

 [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant. » - Marcel Proust. -





L'hiver ne tardera pas à être là, mais pour le moment il faisait encore assez bon pour profiter des dernières hausses de températures avant de troquer short et bermuda pour des jeans, jogging et pantalon de costumes. Fini les corsages offrant une vue délicieuse, les jambes lisses que l'on voit déambuler dans les rues, troublant notre vision lorsque le voie de la jupe s'envole légèrement en un déhanchement parmi une foule. Présente dans une discothèque, ou dans un bar, mettant en torture une prolongation masculine ne désirant que se choir dans une luxure sans nom.  Une ombre voilée mes traits froids et fermés, projeté par la visière d'une casquette noire reflétant celle de mon âme. Les bandoulières d'un sac de sport renfermant mes affaires de plongée se posant sur mon épaule, tandis que l'autre comportant des habits s'appliquer contre mes dorsales, je quittais ce bateau dont j'avais élu domicile ces trois dernières semaines. Un coup de tête, une envie de m'éloigner le plus loin possible de Wellington, d'elle surtout. Ce qui s'était produit quelques jours plus tôt m'avait convaincu, ou du moins poussé à disparaître, sa réaction ayant joué très largement dans la balance. Des vacances que je n'avais prise depuis un moment tomber à point nommé. Faire des dons pour permettre à l'association d'agrandir leurs flottes, des frais liés à ces missions, sachant que tout hommes ou femmes présents sur un bateau ne sont pas salarié, ce sont des bénévoles qui viennent sur leur repos, vacances, demandant de long congé sans salaire, des hommes et femmes qui utilisent leurs temps pour empêcher le massacre de plusieurs espèces tel que les phoques, les baleines, les requins et aussi les dauphins qui sont fortement prisés par ces chasseurs illégaux se situant le plus souvent au japon. La direction que j'avais pris, trois semaines intenses à bord du bateau à tenter des abordages, détruisant leurs outils de travail, des méthodes peu orthodoxe empêchant pourtant la chasse ce jour-là et ceux qui suivirent également. Depuis bien longtemps je n'avais pas eu la sensation de me sentir utile, le jogging sombre assorti par un sweat au logo de l'organisation je quittais avec une pointe de tristesse le SSS Steve Irwin et ses compagnons devenus des amis, gravant au fond de ma mémoire des souvenirs magnifiques, que j'avais immortalisé sur un appareil photo. Longeant le port durant plusieurs minutes avant de regagner la plage, demeurant vide de toute présence en ce jour, une serviette déposer sur le sable fin je quittais mes vêtements pour me vêtir de cette combinaison, le néoprène collant ma chair, compressant chacun de mes muscles une fois le zip remonté j'étais presque prêt à aller admirer les profondeurs de la mer Tasman, enfilant une bouteille dans mon dos détendeur à la bouche, masque prenant mon visage j'attrapais dans mes mains les palmes à la couleur turquoise que j'allais enfiler dans l'eau avant de laisser mes affaires à l'abandon. La matière isothermique de la combinaison aux couleurs blanches et cyan me protégeant de la température de l'eau, seul mes pieds rentrant en contact avec celle-ci m'indiqua qu'elle avait baisser après tout ce temps. Pas étonnant puisqu'on allait entrer dans l'hiver,mais qu'importe la saison, rien ne m'empêchera de plonger, un loisir que j'affectionnais grandement. L’apesanteur le plus total, un bleu toujours plus profond, un monde entier à découvrir. Ce monde me faisant oublier la cruauté de l'être humain sur le sol ferme, l'immensité, la pureté, un univers qu'il fallait protéger et dont j'étais fier de participer grâce à sea shepherd. La surconsommation, mais surtout cette cruauté, cette manière dont ils tuent ses cétacés, pas du premier coup, ça serait trop facile, une torture, les harpons fendant leur épiderme, la souffrance sortant de leur gueule. Dès l'instant où j'ai ouvert les yeux sous la mer, il m'a plus était possible de voir, de penser et de vivre comme avant, la beauté des coraux. Longtemps j'ai contemplé les eaux sans comprendre, je ressentais l'énergie immense de ces eaux, m'étonnant  de la profondeur de ses bleues, je respirais l'air du large,mais en réalité je ne voyais rien. Les falaises me murmurant les secrets de ce pays, ce n'était pas que des roches sortant de terre. Je voyais des puissantes marées creusant des sillons de sable ,mais je ne voyais pas que ce brassage était la source de la vie, je voyais les vents sculpter des dunes ,mais je ne voyais pas le mariage de la terre et de la mer. Je voyais le sel blanchir les terres arides, mais je ne voyais pas que les océans ou la mer apporter la vie au continent. Je voyais d'immenses prairies coloniser  le fond des mers comme je n'en voyais pas sur Terre et à Wellington il y avait bien plus encore, il y avait l'origine de ma propre histoire. Pendant trois milliards d'années la vie à évoluer ici, dans ses prairies marines, certaines espèces très ancienne ne se sont développer que dans l'océan. La nature ne supporte pas les excès. Mon corps s'éloigne de la plage, descendant dans les profondeurs, jusqu'à en oublier le temps, fasciné par cette faune et cette flore si diversifié. La chaîne alimentaire se dévoilant sous mon regard, la parure variante des différentes espèces permettant de se camoufler dans ses récifs, essayant d'éviter les prédateurs, c'est un ballet magistral qui s'offre à mes yeux, des poissons arc-en-ciel en groupe se promenant dans ses eaux. Les planctons se faisant chasse. Je flirte avec les récifs, là où tout se passe, un refuge et aussi une pouponnière. Il fait sombre sous cette immensité. Loin de représenter les ténèbres malgré tout, mes prunelles rencontrent le niveau d'oxygène assez bas, le signe de repartir sur la terre ferme. M'éloignant des fonds marins avec lenteur. La journée est bien avancé quand je regagne ma serviette, déposant la bouteille au fond du sac avec masque, palmes et détendeur, la fermeture glisse jusqu'à mon bassin, descendant la combinaison jusqu'à cette partie quand  je vois une silhouette qui ne me semble pas inconnue se diriger vers moi. Ses jambes s'allongent sur le sable fin, trois mètres, deux, un et voilà que cette distance devient des centimètres, celle qui me fasse n'est personne d'autre que Rose. « Hey, tu profites des dernières chaleurs ? » demandais-je quand à sa présence sur les lieux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 6825
∞ arrivé(e) le : 13/07/2015
∞ avatar : Leighton Meester ღ

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mar 2 Mai - 22:39

the world will never
ever be the same

Rosas

And you're to blame.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]En sortant de chez lui, la dernière fois, la porte a claqué dans mon dos comme elle l’avait fait le jour de notre rupture, seulement moins violemment. J’en ai eu un frisson terrible qui m’a paralysée, une demi-seconde, et j’ai entendu à nouveau ces mots prononcés sur le ton amer de l’ironie, c’était une erreur. Oh, gifle, coup de poing invisible. Une erreur, l’insulte, mais si nous avions su à quel point.

La vie a suivi son cours, triste mécanique. Lever de soleil, à l’ascension du ciel ; même ses rayons ne parviennent plus à m’arracher des sourires. Je ne sais pas ce qui m’arrive. La descente brutale de l’après-midi et puis les soirs, les horizons saignantes. On sent que l’hiver se rapproche à petits pas. L’air est plus frais et il arrive que le vent m’atteigne jusqu’aux os et me les fouette à en avoir la chair de poule.
Les jours s’enchaînent et déclinent tous. Je les compte, addition affolante, et tout en me mordant la lèvre inférieure je me dis que non, c’est impossible. C’est impossible.

Ma fierté m’interdirait de le faire mais la panique me guide seule. J’ai appelé à la maison d’édition, disant que c’était une affaire urgente, et la secrétaire, que je déteste parce qu’elle m’intimide, m’a dit que Mr Wilde ne se trouvait pas au bureau. J’ai laissé passer du temps, torture de ne pas savoir, j’ai retenté ma chance. Même réponse. Quand revient-il ? Elle ne le sait pas, ou, à mon avis, elle ne veut pas me le dire.
Je l’ai cherché du regard en marchant dans la rue, en allant faire les courses, au bar le soir, partout. Bien des fois mes yeux fatigués m’ont fabriqué de faux espoirs. J’ai même failli sauter à la gorge d’un parfait inconnu qui, une fois retourné, s’est révélé être âgé d’au moins vingt ans de plus que lui.
Il y a des jours où je me promettais de l’étrangler dès que je l’apercevrai et d’autres où je sentais seulement que je n’aurai que la force de m’effondrer par terre.

Je suis passée voir ma mère à la maison hier, et c’est à cause de cette visite imprévue que je me retrouve là maintenant. Rosie, tu n’as pas l’air très bien, dis tu ne travaille pas demain ? Une excursion, venir avec elle, s’il te plaît Rose, cela fait longtemps qu’on n’a pas bougé d’ici. Tu te rappelles on montait là-haut pique-niquer au printemps quand tu étais petite ?
J’aurais pu prétexter n’importe quoi – pas le temps Maman, des choses à faire, et puis faire toute cette route pour n’y rester qu’un seul jour… mais je n’ai pas réfléchis sur le moment. J’ai acquiescé d’un mouvement de tête et je me suis entendue dire d’accord d’une voix blanche. Quand j’y repense, je crois que c’est seulement parce que je voudrais redevenir une petite fille en ce moment. De tout mon coeur.
Nous sommes parties presque à l’aube. C’était plutôt bizarre, ce long trajet en voiture à côté de ma mère. Nous n’avons plus l’habitude des têtes à têtes dans ce genre. Dans l’espace clos, avec la route qui défilait devant nous et la lumière du soleil qui peu à peu s’élevait, tout paraissait irréel. J’ai dû dormir, un peu. Après ça a été mon tour de conduire, nous avons allumé la radio et échangé des propos plutôt communs et futiles. Mais c’était reposant. Je commence à croire que cette escapade paisible me fera du bien, au final.
Aussi loin que je me souvienne, nous nous posons toujours au même endroit sur la plage à chaque fois que nous venons ici. C’est un petit recoin dissimulé à moitié par quelques rochers, là où personne ne vient jamais nous perturber. Quand j’étais enfant, ça m’ennuyais parce que je devais rester isolée là avec mes parents et faire des pâtés de sable toute seule, comme l’asociale que j’étais, au fond.
Après le déjeuner, ma mère préfère rester tranquillement sur sa serviette avec un roman en main tandis que je ne tiens plus en place. L’étendue de sable chaud m’appelle. Je l’abandonne donc et décide de marcher jusqu’au bout, tout autre bout de la plage, tête courbée sous le soleil.

Ça n’était pas forcément une idée glorieuse. Que voulez-vous faire en avançant en ligne droite ainsi, à part ressasser encore et toujours les mêmes idées ? J’essaie de me concentrer sur la douce sensation des grains de sable sous mes pieds nus, sur la caresse de l’air iodé, qui semble me former une seconde peau sur le visage. C’est peine perdue. Je marche, petit point perdu au milieu de tout, jambe droite avant la gauche et puis tout recommence, petite chose perdue dans le chaos de son existence.
Depuis que les premiers doutes ont frayé leur chemin insidieux dans mon esprit, c’est la même question que je tourne et retourne, et que je me pose dans tous les sens : qu’est-ce que je vais faire ? Mais qu’est-ce que je peux bien faire ?

Je ne sais pas, mon coeur se serre et mes jambes se dérobent, je voudrais avoir plus de chance ou que rien ne soit arrivé. Je voudrais que le pire arrête de toujours s’abattre sur ma nuque par derrière, en traître – quelle vision optimiste des choses. Je voudrais me tromper mais l’angoisse, terrible, raffermit en moi la certitude à peine ébauchée tandis que j’attends, et que rien ne survient pour me contredire.
Des enfants jouent, ils ont envoyé leur ballon dans les vagues, je ne voudrais pas être le garçon qui va le chercher, l’eau doit être si froide. Une famille s’est installée avec tout l’attirail des pique-niqueurs, chaises pliantes et parasols, oui même. Un peu plus loin deux amoureux sont assis sur le sable… peut-être sont-ils juste frère et sœur. Ou amis.
Peut-être que demain, l’un des deux va abandonner l’autre, et la marée aura chassé la trace de leur passage.
Un jeune couple est avec un bébé au bord de l’eau.
Je détourne la tête. Ils sont fous. Même au plus fort de l’été l’eau a du mal à dépasser une température supportable par ici.

Toujours des enfants, des familles et des couples. Quel ennui. La marche est monotone et j’ai l’impression que ma tête va voler en éclats sous la pression des pensées obsédantes. Qu’est-ce que je vais faire si c’est le cas ? Qu’est-ce que je vais faire, ce soir, en rentrant ? Oh, ce serait pourtant facile de mettre fin à ce doute insupportable. Ça prendrait dix minutes, mettons quinze, le temps de bien lire la notice. Mais je ne peux pas. Je m’en sens incapable, pas tant que la suite paraît aussi incertaine. Qu’est-ce qu’il se passera si jamais… Je ne suis qu’une lâche. J’ai trop peur de ce que pourrais apprendre.

Ça paraît irréel. Je marche, pied l’un devant l’autre, droite gauche, gauche droite, et tout à coup sa silhouette que je reconnaîtrais entre mille se détache sur l’étendue infinie de sable. Les contours s’en font plus net à mesure que j’avance. Je dois cligner des yeux pour m’assurer que non, je ne rêve pas. Je lui cours après depuis deux semaines. Et il est là.
Ma progression me semble lente, mais ça doit juste être une illusion créée par mon cerveau bizarre.
« Salut. » On se croirait dans un rêve. Est-ce le reflet blanc du soleil sur la plage, est-ce la surprise de le retrouver là qui forme cette atmosphère onirique ? « Tu aurais deux minutes ? »
Ma voix est plus grave que je ne le voudrais, un peu tragique, reflet de mes effrois intérieurs. Et puis tout à coup tout explose en moi. Je n’en peux plus, plus d’avoir peur, plus d’être rongée ainsi en continu, plus d’avoir trop voulu cet entretien. Tout ce qui ressort c’est la colère.
« Ça fait des semaines que je te cherche partout. »
Made by Neon Demon
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 299
∞ arrivé(e) le : 12/04/2017
∞ avatar : ed westwick

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mer 3 Mai - 17:43

 [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant. » - Marcel Proust. -




La vie est faite de changements, que vous le vouliez ou non. Des êtres chers vous seront arrachés par la vie et des rencontres insoupçonnables les remplaceront. Mais quand on perd une personne vraiment vraiment importante? Ça se passe comment ? On doit faire comment pour réapprendre à vivre sans elle ? Quand deux chemins prennent des directions radicalement différentes. Quand cette personne, qui vous réchauffait le cœur en un simple sourire, décide de prendre le large en compagnie d'une présence probablement plus apaisante. Je vous parle de ce vide, de cette douleur qui vous transperce le cœur à chaque photo que vous croisez. De ces souvenirs qui bien que magnifiques, arrivent encore et toujours à vous décrocher une touche de nostalgie. Même après le temps, même après la distance. Je vous parle de cette personne qui, lorsque vous êtes au plus bas, est la seule à pouvoir redonner des couleurs à votre quotidien. Je vous parle de cet ami, qui vous colle à la peau, qui vous suit depuis toujours. Oui, comment fait-on quand le destin prévoit deux tracés qui ne se rejoignent jamais ? Comment fait on quand on la voit s'éloigner, s'éloigner et même finir par s'effacer. Cette personne qui semblait pourtant comme gravée dans votre routine. Dites moi qu'il est possible de recommencer à sourire, qu'il est possible de retrouver la force de se lever. 

Une grande quantité de déchets et polluants est rejetée chaque année dans les océans. Beaucoup n'existent que depuis une cinquantaine d'années. La pollution des océans, et plus particulièrement celle des eaux côtières, est due aux activités terrestres aussi bien que marines.

Les engrais et les pesticides utilisés dans les exploitations agricoles, les déchets industriels et nucléaires, les gaz d'échappement émis dans les rues et sur les axes routiers, les eaux usées et les détritus, se répandent dans les cours d'eau, et finissent dans l'océan. Les rejets dans l'atmosphère par les industries ou les transports sont une autre source importante de pollution venue des terres. Une fois émis, beaucoup de composés chimiques (cuivre, nickel, mercure, cadmium, plomb, zinc et composés organiques synthétiques) restent dans l'air durant des semaines, voir plus. C'est principalement par le biais des vents qu'ils voyagent et retombent dans les océans. Tous ces polluants et déchets sont ensuite redistribués autour du monde par les courants marins.

Les activités marines telles que les exploitations minières, le transport, la pêche et les navires de croisière rejettent de grandes quantités de substances toxiques dans l'océan. La pollution par le bruit, qui perturbe fortement le comportement de certaines espèces animales comme les grands mammifères marins, est également un problème croissant. La pollution pétrolière résultant d'échouages et de collisions entre navires est depuis longtemps un problème international majeur. A celui-ci se sont récemment ajoutés ceux des substances à risques et nocives.
Une fois écoulés dans le milieu marin, beaucoup de ces polluants, d'origine terrestre ou marine, s'accumulent dans la chaîne trophique et menacent grandement les écosystèmes, aussi bien côtiers que de haute mer. Les débris de plastique s'accumulent dans les environnements terrestres et marins du monde entier, se décomposant lentement en petites pièces toxiques qui peuvent être consommées par les êtres vivants à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.
Les plastiques peuvent être confondus avec les aliments par de nombreux animaux, y compris les mammifères marins, les oiseaux, les poissons et les tortues. Les tortues de mer, en particulier, peuvent confondre les sacs de plastique flottants avec des méduses, l'un de leurs plats préférés. Une enquête de cinq ans sur les fulmars dans la région de la mer du Nord a révélé que 95 pour cent de ces oiseaux de mer contiennent du plastique dans leur estomac.
Chaque année, les êtres humains utilisent des centaines des milliards de sacs plastiques (100 milliards rien qu'aux Etats-Unis, selon le World Watch Institute). Un petit pourcentage seulement est recyclé, alors que la plupart ne servent que quelques instants (le plus souvent du magasin à la maison). Et pourtant dans la nature, ils survivent des milliers d'années...Entremêlés à d autres déchets, ils peuvent former de gigantesques nappes de déchets, véritables décharges flottantes. La plus célèbre d'entre elles, connue sous le nom de "Trash Vortex" (tourbillon de déchets) est grande comme le Texas. Il s'agit d'une poubelle géante générée par les courants marins entre Hawaï et le Pacifique nord. Sa triste célébrité en a fait une destination touristique.... grand bien leur fasse pour se baigner là-dedans, mais aucun de ses dirigeants ne se soucie de l'écologie et de ce qu'engendre une telle pollution, la fonte des glaces en Arctiques et en Antarctique, depuis quelques années déjà les scientifiques ont fait part de leurs inquiétudes, du détachement des plaques, des ours polaires qui disparaissent. Mais non, continuons, à consommer encore plus et puis surtout à ne pas prendre soin dans cette Terre si précieuse, gâchons là, détruisons sa faune et sa flore jusqu'à ne plus rien laisser, de laisser la planète reprendre le dessus en supprimant les infrastructures créaient par la race humaine , les dérivations de sources. Enlevant au passage plusieurs vies humaines ou de tirer un trait définitif sur cette espèce. 
Et parmi tout ces êtres humains, je gardais encore fois à l'humanité grâce à ses hommes et femmes qui rejoignait des associations comme celle qui avait conquit mon cœur, par ces personnes ayant l'idée de fondé des principes avec des valeurs. Souhaitant vivre encore plusieurs années sur cette planète. J'aimais partir avec eux, pour des missions de plusieurs semaines, apprendre les uns sur les autres, avoir la sensation d'être utile. Un monde qui émerveillait mes émeraudes, je pourrais passer ma vie sous cette couche de liquide si le besoin d'oxygène ne me rappelait pas à l'ordre.

"Le temps passe et emporte les gens avec lui".
Nous avons beau avoir entendu cette phrase des centaines de fois, conjuguées à tous les temps, elle n'a jamais vraiment eu de sens propre. On m'a souvent dit qu'il fallait la vivre pour la comprendre, et je ne m'étais peut être pas assez préparée. Je devais être encore assez naïve pour croire que chaque personne s'en allait avec un petit bout de nous qu'elle aimerait et qu'elle n'oublierait pas. Mais souvent, la réalité n'est pas aussi belle que ce que l'on a pu imaginer. Un jour, les gens partent sans rien emporter de nous, à part peut être nos souvenirs. Mais après ça, la plupart du temps, ils ne se retournent plus. Ils effacent le passé pour aller vers la page blanche qu'est l'avenir. Ce n'est pas parce que c'est fini qu'ils ne t'auront pas aimé, ce n'est pas parce qu'ils partent qu'ils vont tout oublier, non. Simplement, ils s'en iront sans réellement penser à toi qui est perdu, abandonné. Mais le départ est aussi le signe d'un changement, l'annonce de quelque chose de nouveau. Oui, le temps passe, les feuilles tombent puis finissent par s'envoler, les saisons se succèdent une à une. Et chaque année de plus te fera regretter la précédente.

Mon premier amour m'a apporté tout ce dont j'avais besoin, tout ce dont je rêvais. Cet amour là, on ne lui tourne jamais le dos. On essaie même pas. On en a pas envie. C'est un amour si grand, si fort, qu'il ne peut pas mourir. Il ne faiblit jamais et ne connaît jamais d'éclipse. Pour un amour comme ça, on se bat. Pour une fille comme ça, on se bat.
Elle m'affole, me rend dingue, mais qu'est-ce que j'y peux, même occupé à des milliers de kilomètres c'est son visage que je vois dans l'horizon, c'est étrange, seulement lorsque j'immerge mon corps dans la profondeur des océans qu'elle disparaît. Temporairement. Je ne m'attendais pas à revoir son image, pas aujourd'hui et encore moins à cette plage, il y a énormément à Wellington, mais non il faut qu'elle choisisse celle-ci encore, le destin se met-il encore sur notre passage ? Courtois je lui dis bonjour, notre dernière rencontre ne s'est pas terminé de la meilleure des façons. Elle veut me parler, de quoi ? Ma curiosité est mis à dur épreuve. « Oui bien sûre, j'en ai plusieurs devant moi. » répondis-je de mon timbre rauque, il y a pas mal de monde aujourd'hui sur cette plage, pourtant l'été n'est plus-là et je dois être le seul fou à avoir mis mon corps dans cette eau. Je ressens une pointe de colère dans sa dernière phrase, ça m'amuse je dois dire de savoir qu'elle m'a cherché, après c'est moi qui passe pour le fou qui l'attendait devant son bar. « Tu me cours derrière maintenant? » rétorquais-je levant un sourcil « t'aurais eu du mal, je n'étais pas ici, mais maintenant que je le suis dis moi donc ce que tu me veux. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 6825
∞ arrivé(e) le : 13/07/2015
∞ avatar : Leighton Meester ღ

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mer 3 Mai - 21:15

the world will never
ever be the same

Rosas

And you're to blame.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]La mer, je ne l’aimais pas tellement que ça, avant. Ça n’était qu’une surface plane brisée par le roulis des vagues, tantôt bleue, tantôt sombre, le plus souvent d’une sorte de vert étrange. Je suis frileuse. Elle était tellement froide. Je restait sur le bord et sentais l’écume se glisser entre mes doigts de pieds, caresse glaciale – je l’appelais dentelle, pour faire poétique. La mer, c’est sale aussi, ça n’a rien à voir avec les eaux claires des piscines municipales. On s’imagine à la surface qu’elle est profonde, et on est encore loin du compte. Quand j’y nage, j’essaie de m’imaginer tout un monde dans l’immensité trouble, tout un monde que je ne peux pas voir mais qui lui, me regarde. J’aime mieux ne pas savoir combien de mètres séparent mon corps flottant de la couche de sable au fond. Ceci donne le vertige.
Vous franchissez la ligne floue de la surface et plongez dans ce qui semble être un tout autre univers. Les bruits parviennent mal, de loin en loin, étouffés, et tout ce que les yeux attrapent paraît être légèrement déformé.
La mer laisse sur la peau un filet de sel qui donne l’impression d’être sale. Sur les lèvres, le goût de l’amertume, prenant.

Pour moi, elle l’aura toujours tout particulièrement, car en fait, c’est lui qui me l’a faite aimer. Nicko a une relation toute particulière avec le monde marin. Je crois qu’il l’a dans le sang depuis sa naissance. Quand il en parle, en étant attentif et si on le connaît bien, on remarque que sa voix n’a plus tout à fait la même tonalité. Pour rire parfois, avant, je prétendais être jalouse.
Nous avons passé peut-être des centaines d’heures sur l’une ou l’autre des nombreuses plages de la ville, ou parfois en dehors. Plutôt que de rester comme une peureuse à attendre de prendre des coups de soleil sur ma serviette, je le suivais dans l’eau. Il m’a fait voir la couleur, là-dessous, voir la beauté là où je ne trouvais, à la limite, que quelque chose d’un peu morbide. Exit mes fantasmes de vaisseaux pirates coulés lors de nuits de tempête. La vraie richesse, les vraies merveilles, ne s’y découvrent pas sous forme d’épaves ou de trésors engloutis. Les serpents de mer, la petite sirène ? Imagerie d’enfant. Le monde, le vrai, a un charme plus réel et implacablement logique, mais un charme fascinant tout de même.
Ce monde est toujours là, à portée de main, et c’est sans doute la seule chose que ma mémoire n’a pas édulcoré. Mais je n’ose plus. Ça ne peut plus avoir la même saveur, ça ne peut plus être la même chose, maintenant.

Dans un premier temps, je ne peux pas m’empêcher d’être submergée par la colère. Peut-être est-ce l’effet de la fatigue nerveuse, peut-être une drôle de manifestation du soulagement. Il a l’air on ne peut plus naturel et ça m’agace. Je prends la mouche. Ah, je donne l’impression de lui courir après avec mes reproches ? Je fais pitoyable, pas vrai ? Mais quel idiot, s’il croit vraiment que je n’ai que ça à faire, écumer les rues avec le coeur battant et me montrer aimable jusqu’à l’écoeurement avec sa sorcière de secrétaire.
« Ne vas rien t’imaginer. »
Comme si j’étais bizarre au point que, quand il me gifle une joue avec ses insultes – une erreur, n’est-ce pas ? – j’allais le poursuivre pour qu’il me frappe l’autre. Je voudrais les lui faire ravaler, ses réponses ironiques avec son lever de sourcil… merci bien, j’avais compris que tu n’étais pas là.
Seulement voilà. Ma colère n’a pas le temps d’exploser, elle est montée, comme une grosse vague se prépare, et elle est retombée tout à coup. Il me dit de parler. Je reste un instant interdite.

Le moment est venu. Il est vraiment là, devant moi, et c’est tellement imprévu, c’est tellement incroyable. Le moment que j’ai appelé de tous mes vœux depuis deux semaines est venu, et comme une lâche, j’oscille de trop. Je n’y arrive pas. Comment le dire ?
Alors pour me donner le temps, je jette un regard ailleurs, sur le ciel, les vagues au loin. Je remets une mèche de cheveux derrière mon oreille d’un geste très lent et mes yeux tombent sur ses affaires.
« Tu as plongé ? »
Retarder l’instant, retarder. Parler d’autre chose, un sujet sans risque, détourner son attention de mon air grave.
Mais ça ne va pas. L’illusion est de mauvaise facture, et d’ailleurs, je ne peux pas faire ça. Me connaissant trop bien, je vais enchaîner les banalités d’un air distant, avant de prendre la fuite. Et je ne lui aurais rien dit, et mon problème restera le même. Je ne peux pas continuer avec cette peur-là.
C’est comme à la piscine, lorsqu’on se tient sur le plongeoir, prêt à sauter, tout au bord. L’eau bleue s’étale juste en dessous, il faut sauter mais tout à coup, ça ne dit plus rien.
Dans la mer au moins on peut rentrer petit à petit.
« À propos de la dernière fois. »
Oh non, il va croire je ne sais quoi, que je veux des explications, une discussion inutile. Pas du tout. C’est arrivé, il a appelé ça une erreur et j’évite de trop y penser – mais je ne fais que ça – parce qu’au fond, je n’arrive pas à avoir de regrets. Avant qu’il ne me coupe, j’enchaîne très vite.
« Il est possible que… »
Que quoi, comment vas-tu lui dire ? Formulation académique. Ça ne va pas. Je ferme les yeux une demi-seconde, j’en ébauche treize autres mentalement, toutes des variations mauvaises.
« Que je sois... »
Ça ne marche pas non plus. C’est détestable, cette intrusion de ma seule personne dans quelque chose qui nous regarde pourtant tout les deux. Que je sois, que je suis, que j’attende. On pourrait mettre n’importe quoi à la suite. Désolée, diplômée, malade. À l’agonie, hop, c’est fini pour moi, problème réglé, soulagement. À cet instant, j’aimerais que ce soit le cas.
Je lève timidement les yeux vers son visage, dans l’attente d’y lire une réaction, s’il a compris. Sans m’en rendre compte je retiens même mon souffle. Quelque chose dégringole et s’effondre douloureusement dans ma poitrine, comme un château de cartes, comme un palais de sable.
Made by Neon Demon
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 299
∞ arrivé(e) le : 12/04/2017
∞ avatar : ed westwick

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Dim 7 Mai - 1:53

 [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant. » - Marcel Proust. -




Il y a la plage. Et la mer. 
Un monde de sable et d'eau, sans âge. Un univers, la présence muette des choses. Il y a, c'est tout. 
Il y a. 
Les existences silencieuses, la plage illimitée, l'océan sans fin. 
Tu es debout, bien droite. Seule ligne verticale, petit segment fini, dans un monde de surfaces planes aux lignes qui se poursuivent à l'infini. 
Tu te dresses droite sur le sable, à côté de l'oblique d'une ombre, de ton ombre. 
A te voir de loin, tu es semblable à un trait noir tiré dans l'espace immense, que tu partages en deux parties égales, par ce pouvoir humain que tu détiens, silhouette noire face à l'océan. 
Ainsi tu apparais : petit trait sur la page du monde, marque lisible d'une écriture mystérieuse, barre tracée dans l'espace saturé des choses pour corriger l'imperfection du tout, un supplément de vérité. Tu es un trait tiré dans la géométrie naturelle.
Tu as devant toi l'océan, toi fente noire au loin, fissure dans cette réalité de sable et de vent, déchirure dans ces lieux de brume et de lumière, ciel, terre et mer, toi, ouverture sur un autre univers, aux intensités vibrantes, aux forces émouvantes, aux âmes frissonnantes. Une lucarne par où s'engouffre la vie.
Au-dessus de toi le ciel ému de ton existence, les nuages te tirent une révérence. 
L'océan souffle sur tes cheveux noirs qui ondulent en de longues vagues, il se prolonge dans ta chevelure et dans les plis de ta robe où naissent des vagues dans le vent, qui vient du large, du très large, là bas, du fond de l'horizon, en voyage sur l'onde, jusqu'à ce trait étroit, ouverture, passage vers d'autre larges, vers des horizons sans fond.
L'océan te regarde. Il te regarde, de ses yeux étincelants, miroitants. Il décompose la lumière, il fragmente le soleil en petits éclats scintillants pour composer un regard. Sur toi, il jette son regard, et son souffle, et sa rumeur grondante, douce, permanente. Et dans tes yeux, il y a du bleu, il y a des vagues, il y a du vent. 
Rien ne devrait pouvoir troubler cette harmonie, cette perfection, cet équilibre, toi et la lumière, toi et le vent, toi et l'océan.
Pourtant s'avancent sur la plage, en direction de la mer, trois ombres, trois formes penchées en avant qui suspendent, par leur irruption, un ordre, une perfection, une vérité. Trois exceptions dans l'immuable, trois taches sombres, trois hommes.
Le trio avance vers les flots, sans te voir, sans un regard pour toi. Près de l'eau, à la stricte frontière entre terre et mer cessent leurs pas, l'élan qui pousse ces êtres-là jusqu'à l'océan. Ils restent figés, dans une longue immobilité.
Il y a tes yeux tournés vers l'océan qui te regarde infiniment, le ciel et le vent, des points de lumière qui scintillent sur la mer, et trois virgules noires sur le sable, où se marque grain par grain le temps qui passe, depuis des milliers d'années, de ce sablier renversé par le mouvement d'où tout a commencé. 
Un trait noir et des virgules, un espace déséquilibré, une harmonie rompue. Un début de texte. Après le silence. Un balbutiement du monde. La fin des regards muets. 
Une virgule se redresse, point d'exclamation. Ponctuation d'un silence ému. Face à la clameur de l'océan qui déroule ses vagues, chaque instant, par delà les heures, chaque éternité. L'interjection se courbe à nouveau, pareille à une note de musique. Pour donner au monde son la, sur la grande portée de sable et d'eau. Et son si, et son sol, fondation mélodieuse d'un monde recommencé. L'homme a dans ses mains un violon. Il jouera une musique douce et déchirante. Il avait lancé à l'ouïe profonde de la mer, aux jours de la parole « J'ai l'instrument qu'il faut. Tu me comprendras, tu me répondras, vieil océan ». Il dresse son violon dans le vent. Son archet va et vient, les gestes épousent le mouvement des flots, la baguette droite et rigide se fait fluide qui flue et reflue, comme une vague qui danse, légère, sur les cordes de l'existence. Le musicien n'a pas d'âge, ses cheveux sont blancs, son visage a plus de rides que l'océan. De temps en temps, il se baisse et effleure de son archet, avec des gestes pareils à un rituel sacré, la surface ridée de l'eau écumante. Sur la corde des flots, comme si l'océan était son nouvel instrument. Il cherche la mélodie de l'étendue bleue, une langue musicale, par delà sa rumeur, au-delà de son grondement incessant. Il guette les sons venus du plus profond des temps immémoriaux de son existence remuante, il attend un chant venu du plus loin de son immensité grondante, une réponse à ses appels.
A écouter pourtant le violon dans le vent, il n'y a qu'un air plaintif et gémissant, à peine audible, que recouvre le tumulte de la mer.
Il y a tes yeux tournés vers l'océan qui te regarde infiniment, le ciel et le vent, les sons graves d'un instrument. Et un silence grondant.
Se dresse une autre virgule, trait d'encre noire sur le livre de sable. C'est un homme au visage très pâle, ravagé par les ans. C'est l'outrage vivant du temps qui passe. Il a planté un chevalet dans la plage. Sa toile est blanche. Il ne veut pas qu'elle reste blanche. Il a trempé un rectangle immaculé, de blancheur éclatante, dans les eaux écumeuses de l'océan. Il passera ses pinceaux lentement sur la toile, il n'a pas de palette de couleurs. Il avait déclaré, un jour, il y a longtemps, en ces mêmes lieux, quand déjà il répétait les mêmes gestes lentement. «La mer est rouge». Cette révélation, il l'avait eue, un soir, au soleil couchant, alors qu'il contemplait longuement, fixement, intensément, les flots de l'immense tache liquide, sur la surface de la terre solide : la mer est une grande flaque de sang. Elle est rouge, la mer. Oui, rouge. Rouge sang. C'est la poussière bleue du ciel, tombée au fil des ans, qui lui donne cette teinte d'azur. Non, la mer n'est pas bleue. Il y a le rouge sous le bleu. Il y a le sang versé par tous les vivants, hommes et bêtes, qui ont formé l'océan ; il y a le sang originel qui a donné vie. La mer, la grande matrice, la grande mère. Là d'où vient le sang, là où il va, l'océan. « Mes pinceaux ! Des brosses pour épousseter la poussière du ciel » avait-il clamé. Sous les grains bleus célestes, il y a la couleur authentique. Il voue le temps qui lui reste à la trouver, avant que la mort ne l'emporte, avant qu'il ne perde le sang de ses veines, fleuves qui iront, un jour, grandir l'océan. Un jour, quand il verra le rouge, quand chacun pourra le contempler sur sa toile, tableau d'un réalisme saisissant, alors l'oeuvre sera accomplie, la vérité sera vivante. Lui pourra bien mourir. 
A observer pourtant, avec des yeux scrutant le fond des choses, cet espace délimité par le rectangle sur le chevalet du peintre, on ne voit que du blanc. Pas de bleu, pas de rouge. Du blanc. 
Il y a tes yeux tournés vers l'océan qui te regarde infiniment, le ciel et le vent, les sons graves d'un violon, et un rectangle tout blanc. 
Le troisième homme virgule le sable. Il marque le sol, il trace des repères, arpenteur des grandes rives. Il cherche un point de vue. Un appareil photo est fixé sur un trépied. D'autres, reliés par un long cordon, sont posés sur la plage et forment une figure géométrique compliquée, avec courbes, angles et spirales. Il fera des images de la mer. Il la reproduira encore et encore, et, un jour, il en est convaincu, elle lui livrera ses secrets. Il saura capturer sur le papier, à jamais, ce qu'elle garde pour elle, ce qu'elle ne livre jamais au regard des hommes. Il rendra présente, et manifeste, ce que la mer dérobe toujours, ce que nul jamais n'a pu voir. Il prendra à la mer, cette présence absente qui l'habite, toujours, partout. Il trouvera, le révélateur révélera. Il faut une pellicule, il faut du papier. Ce qui manque à la vue, quand l'homme contemple l'océan, de tous les bords, des bords des îles, des bords du vent, ou des grands navires, ne peut être présent, mais représenté seulement. L'océan de papier sera plus vrai que la masse immense des eaux répandues partout sur la sphère terrestre. Il faut surprendre la mer. Il faut multiplier les points de vue. Il faut une multiplicité d'objectifs tournés vers elle. Il faut au même instant, de tous côtés, la mer représentée. L'homme étale sur la plage les images déjà volées à l'étendue d'eau salée. Des petites, des grandes. La plage est envahie d'une mer de papier qui prolonge l'océan d'eau. La rive de l'océan est un grand damier, bleu du papier, jaune du sable. Une mosaïque bleutée..La mer reflue de la troisième à la deuxième dimension. 
A voir pourtant tous les clichés étalés, toutes ces images de la mer sur le sable, il n'y a que le regard de toujours. On ne voit qu'un même regard. Toujours le même regard que l'homme porte à la mer. 
Il y a tes yeux tournés vers l'océan qui te regarde infiniment, le ciel et le vent, les sons graves d'un violon, un rectangle tout blanc et la mer en image sur la vaste plage. 
Un trouble dans la perfection de la scène première, un recul aussi. Tout s'est éloigné dans un lointain. Un espace s'est ouvert pour l'écriture des textes du monde. 
Toi, tu es une lettre, une belle lettre, une lettre isolée dans les phrases de sable, d'eau et d'humanité. 
 Tu as tout oublié des vies étroites, ton esprit est au large. Tu as tout oublié des ruptures et des cassures, des liens limités et des fêlures, tu es face à la continuité illimitée des vagues et des flots. Tu as tout oublié des coeurs étroits, le tien est dilaté aux dimensions de l'océan. 
A la marée montante, ils s'en sont allés, trois virgules, têtes baissées, mais quelques photos oubliées flottent encore sur les eaux. La mer emporte la mer. 
A la lumière descendante, toutes les formes se sont effacées. Il n' y a plus que les vagues et le vague. Il n'y a plus de géométrie.
Tu es restée. Face à la mer, yeux dans les yeux. 
La mer toujours bleue, l'océan toujours présent, et sa rumeur d'aujourd'hui et d'antan. 
Tu es restée. Il ne reste que la beauté. 

Depuis les récifs subtropicaux jusqu'aux plages de l'île du Nord, à la topographie unique, en passant par les eaux tempérées de l'île du Sud, il faudrait une vie entière pour couvrir tous les sites de plongée qui longent les 14,000 kilomètres/8700 miles du littoral néo-zélandais. La plupart des points touristiques sont facilement accessibles à partir du continent. C'est également une terre d'histoire, où la culture Māori est omniprésente. Les tangata whenua, (le peuple indigène), s'y sont installés il y a plus de 1000 ans et représentent 14% de la population. Certains termes et des expressions courantes sont tirés du Māori et font partie du dialecte local: kia ora (hello) est un début utile pour le visiteur. Les plages elles sont nombreuses, diversifiés, j'en ai fait pas mal au cours de ma vie, la plongée c'est plus qu'un loisir, j'en suis amoureux de cette nature, de ces beaux lagons bleus, de cette nature si merveilleuse et riche que l'Homme salit, dégrade, si il prenait le temps de regarder, de venir se perdre dans ses profondeurs, il y verrait un monde entier qui vie sous cette ligne horizontale, derrière ce bleu qui parfois se teinte dans l'obscur, la beauté s'y cache lorsqu'elle n'est pas dégradé par l'incivisme d'une population qui pollue ce liquide azur né bien avant que l'humanité existe.

En plongeant dans les eaux de la plage karekare je me dirige vers une de ces arches qui abritent souvent des milliers de maomaos bleus sur un côté et des demoiselles à deux ocelles sur l'autre. A une profondeur comprise entre 8-14 mètres/26-46 pieds, la lumière du soleil donne une qualité de plongée qui semble irréelle. Les plongeurs peuvent observer des murènes, des poissons-scorpions, des labres, des nudibranches et peut-être même un timide mérou de toadstool.  Vous pouvez plonger sur des fjords, des épaves, des récifs subtropicaux, explorer des forêts de kelp ou nager au milieu de vastes bancs de poissons. La Nouvelle-Zélande est vraiment une île au paysage maritime extraordinaire.

L'avidité matérielle attise la motivation de détruire la vie dans nos océans. Rejoindre l'organisation fondé par Paul Watson,c'est compléter le rang d'individus qui brûlent de rage contre les injustices perpétrées à l'encontre les baleines, les dauphins, les phoques, les tortues de mer, les oiseaux marins, les poissons et toute forme de vie dans les océans du monde entier. Toute la faune marine et les écosystèmes dans lesquels elle évolue valent la peine qu'on se batte pour eux. C'est avec eux que je suis parti durant deux longues semaines, revenant un peu fatigué c'est vrai, mais fier de ce que j'ai accompli, une compagne qui continuait sans moi et dont j'allais suivre les aboutissements.

Savoir qu'elle me cherchait m'intrigue et à la fois me force à la taquiner, je ne pouvais m'empêcher de croire que la jeune femme inversait la situation qu'elle m'avait reprocher quelques semaines plus tôt, j'avais eu plusieurs appel provenant d'elle ainsi que ma secrétaire m'ayant prévenu que la brunette était venu à plusieurs reprises. J'ignorais pour quelle raison, mais pour qu'elle insiste ainsi ça semblait grave. Il était presque sûre qu'elle ne soit pas venu pour me faire une déclaration d'amour au vu des mots que j'avais laissé sortir sous la colère … non ce n'était pas possible qu'il en soit ainsi. Elle me demanda alors si j'avais plongé, ce à quoi je répondis « oui, j'en sors-là, c'est toujours aussi beau. » m'exclamais-je, j'avais initié rose pour cette passion, l'avais emmené dans les profondeurs observer ce qui me poussait à y aller si souvent, ce qui me permettait d'oublier un passé difficile. Je me demandais d'ailleurs si elle y était retourné depuis notre rupture, ou si ça aussi elle en avait mis un point final. Puis soudain elle se mit à parler, du moins essayer, ne terminant pas ses phrases mais j'en comprend le but, il n'y a pas trente milles solutions à ce qu'elle veut me dire. Mes traits se durcissent, mon regarde plonge sur elle et les mots tombent. « Et donc ? Qui te dit que c'est moi ? » trop facile de nier l'évidence, de la faire passer pour une femme s'envoyant en l'air avec d'autres hommes, c'est dur et cruel, tout comme mon ton sec.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 6825
∞ arrivé(e) le : 13/07/2015
∞ avatar : Leighton Meester ღ

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Dim 7 Mai - 22:03

the world will never
ever be the same

Rosas

And you're to blame.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Il était une fois un oisillon, frêle, et au plumage encore humide, car il n’était né que depuis peu. Son univers se résumait aux restes des coquilles desquelles étaient sortis lui et sa fratrie, blancs, crème, tachetés, aux branchages qui formaient le nid, et quand il relevait la tête, à la cime des arbres environnants qui occultait une grande partie du ciel. L’oisillon n’avait jamais que deux pensées en tête : être nourri, du bec même de sa mère, et se serrer contre les autres petits pour dormir bien au chaud. Il y avait des bruits et bien des choses qui survenaient autour d’eux, mais rien qui ne bouleverse son petit monde et qui aurait pu donc, par conséquence, l’intéresser.
Or, un matin, l’oisillon s’éveilla comme de coutume, mais parce qu’il avait froid ; il se trouvait seul dans le nid. Ses frères et sœurs avaient disparu ; quant à sa mère, les heures passant et la journée s’écoulant, elle ne revenait pas comme elle en avait l’habitude, le bec rempli de choses délicieuses pour leur repas. Quelle bien triste journée ! L’oisillon attendit et eut beau pépier de sa petite voix au secours, qu’il avait faim, seul il était, seul il resta. Et de la même façon passa le lendemain, et la journée d’après encore. Désespéré, le coeur gros de chagrin et d’inquiétude, l’oisillon se sentait également de plus en plus faible. Oh, il n’avait jamais été très robuste – il était si jeune – mais cette fois, quelque chose le savait au fond de lui, c’était grave, et s’il continuait à jeuner, sa fin était certaine. Il lui fallait grandir d’un coup et sortir du cocon protecteur qu’il avait toujours connu.
Malgré son peu de forces, l’oisillon parvint à se hisser au bord du nid et regarda l’abîme qui s’ouvrait dessous lui. Il y avait peut-être… au moins un millier de petits oiseaux comme lui empilés les uns sur les autres du sol jusqu’à sa position. Il savait que, comme il avait vu faire sa mère, il lui fallait déplier ses jeunes ailes et s’envoler… mais comment faire, une fois les pattes en l’air ? Ne risquait-il pas d’être emporté à des kilomètres de là au moindre souffle du vent ? Ou encore d’être précipité contre un arbre avec violence et de s’y briser les os ?
Hésitant, l’oisillon regardait le vide sous lui.
Cette histoire pourrait se terminer de bien des manières. Comme c’est un mauvais jour, je pourrais dire : l’oisillon déplia ses ailes et retomba par terre, sans même avoir entretenu l’illusion qu’il parviendrait à s’envoler. Il retomba par terre et les feuilles mortes, à l’automne, recouvrirent son cadavre que la terre finit par engloutir. Mais c’est triste, c’est sinistre, et ceci est un conte pour enfants. Choisissons autre chose.
Hésitant, l’oisillon regardait le vide, n’osant se décider à s’élancer, quand, tout à coup, une chouette – figure de la sagesse, lieu commun – passa près de lui. « Hola mon petit, s’écria-t-elle à sa vue, prend garde ! On ne peut pas s’envoler du premier coup.
- Mais, madame la chouette, répondit l’oisillon, il faut bien que je quitte ce nid. J’y suis seul depuis des jours et j’ai si faim ! »
La chouette, haussant les sourcils – après tout, pourquoi pas ? – déclara que l’entreprise était périlleuse et qu’il valait mieux qu’il prenne des forces et s’entraîne un peu avant de se hasarder à voler. Elle lui offrit de le porter sur son dos et de l’amener avec elle, au creux du tronc où elle logeait. L’oisillon accepta avec reconnaissance et désormais, je suppose qu’il est sain et sauf. L’histoire peut s’arrêter là, la grosse chouette à sourcils lui servira de mère.

Il était une fois, il était une fois, il était une fois.
Il était une fois une petite fille – appelons-la Rosie, Rosie B. Rosie B. était une enfant solitaire qui, comme l’oisillon, croyait qu’elle pouvait faire son chemin seule dans la vie. Souvent elle avait l’impression que son âme reculait, hors de son corps, et qu’elle se transformait en quelque chose de transparent et fragile, du verre. Dans ces moments-là, il lui semblait qu’elle assistait à des scènes sans que les autres, en revanche, ne puissent la voir, ce qui lui épargnait d’avoir à leur répondre et à manifester de l’intérêt ou des émotions. Mais cela n’était possible que dans son imagination. Les gens la voyait bien, et ils se disaient que c’était une enfant bizarrement désagréable.
Rosie B. dut grandir, comme tout un chacun. Et arriva le jour où les pattes au bord du nid, l’abîme juste en dessous, elle dut se décider à se jeter à l’eau. Il fallait parler, s’adresser aux autres, les aborder parfois même – perspective terrifiante.
Ce n’est pas une chouette qui sauva Rosie B., pas plus que sa mère. Ce fut un concours de circonstance, ce fut tout un essaim d’abeilles, si j’ose dire. Et le verre dont elle pensait être constituée devint opaque, se colora, et pour finir, se fit matière réelle, chair vivante. Peut-être lui en restait-il un peu encore dans les veines, car elle cria si bien qu’elle adorait la vie que tout en elle se fracassa, pire qu’un miroir. Sept ans de malheur. Condamnée, Rosie B. C’est une tragédie grecque, c’est le destin, méchant et implacable, que je substitue au hasard pour expliquer tout ce qui m’arrive. C’est, comment dire, autrement romanesque.
Un jour, Rosie B. en oisillon perché sur sa branche regardait le grand vide entre le sol et elle en craignant de s’élancer. Elle demanda à côté d’elle : et si je tombe ? Mais la place était vide. Ceux qui auraient pu lui répondre s’étaient volatilisés. Et elle resta là, vacillante, parce qu’aucune de leurs voix familières ne pouvaient lui susurrer, rassurantes : et si tu voles ?

Il était une fois… Je peux ébaucher contes et rêveries, je peux broder des histoires sans queue ni tête mentalement. C’est gymnastique. Je peux m’évader du monde, mais lui me retient, au fond, captive. Malgré moi. Malgré la formule magique : il était une fois.

Ce que je ne dis pas n’existe pas.
Nommer c’est limiter les choses aux contours de leurs mots, c’est les réduire, les assigner à une seule tâche. C’est leur donner une forme, un contenant, fixe, précis, à l’encre noire. C’est un pouvoir immense et consolateur, mais aussi, terrible. Nommer, c’est rendre réel. Écrire, c’est rendre palpable. Parler… parler, c’est confronter d’autres pensées à ses idées abstraites. De simples concepts, un ensemble de syllabes, un peu de sucre ou sel sur le palais, et tout doit être réel. Et tout peut basculer.
Mais ce que je ne dis pas peut aussi bien ne pas exister.
J’étais très fière, pas vrai, à l’hôpital, de réussir à dominer mon stylo ? Candeur imbécile, gloire de polichinelle. J’ai aplatis les mots, je les ai couchés avec effort sur les pages dont la blancheur m’effrayais. J’ai sali ces fichus feuilles de leur essence, de ratures, d’un ensemble de symboles. Et tout ça, cette graphie laide, signifiait quelque chose.
C’est vain et drôle, au fond.
Si je n’y étais pas parvenue, peut-être aurais-je perdu définitivement la raison ; ils m’auraient engloutis, les mots. Mais comme je les ai domptés et que cela a débouché sur tout ce que l’on sait, peut-être que je vais quand même sombrer à nouveau, en fait.
Ils m’ont fuis, ces traîtres, mes délices d’encre, substance de mon existence. Ils se sont dérobés devant une hypothèse que j’ébauche, mais que je ne peux pas formuler entièrement à voix haute. Ce que je ne dis pas n’existe pas ? Ça s’appelle l’omission, ça s’appelle le mensonge, ou le déni, et dans le cas présent, ça va seulement m’apporter plus de problèmes que je n’en n’ai déjà.
Les mots trop lourds se sont échappés de mon corps comme des oiseaux d’une volière, brusquement, créant un appel d’air, un vide monstrueux.
Oh, ça n’est pas grave, parfois le silence réussit à être tout aussi éloquent qu’eux. Il a compris.

Retenir mon souffle commence à devenir douloureux mais je n’arrive pas à tout relâcher. Il a compris et il me jette un coup d’oeil d’un air que je déteste immédiatement. À quoi est-ce que je m’attendais au juste ?

Il était une fois, une imbécile qui portait le nom des fleurs préférées de sa mère. Elle était indécise et avait la tête retournée, qui marchait de travers, et à l’envers. Quand la plupart des gens se seraient d’abord assurés que leurs doutes sont justifiés avant d’en faire part à l’autre principal intéressé, elle, elle avait besoin de connaître d’avance toutes les issues possibles avant d’oser franchir le pas. Elle savait qu’elle ne pourrait laisser le sort s’abattre que lorsqu’elle aurait au moins une vague idée de tout ce qui pourrait advenir par la suite. Que voulait-elle entendre en réalité ? Elle l’ignorait elle-même, car comme nous l’avons dit, elle était assez bête. Cette suite s’écrit maintenant, tout de suite, à quatre mains.

Pardon ? Oh, cette réponse-là, ce ton, cette façon méprisante qui veut me signifier clairement… qu’il n’en n’a rien à faire. J’accuse le choc sans, je l’espère, laisser trop apparaître mes sentiments sur mon visage. Il a lancé le départ d’une course rapide pour mon sang, qui m’échauffe, qui m’énerve de nouveau.
« Pardon ?! » Mon corps se penche un peu en avant, mimique spontanée, comme pour tendre l’oreille, pour être sûre que d’avoir bien entendu… « Tu ne devrais même pas poser cette question. Ça ne peut être que toi. »
Est-ce que c’est triste si j’avoue qu’il a été la seule personne dans ma vie ?
Est-ce qu’on trouvera que c’est faire preuve d’une fidélité touchante, ou ridicule ?
Ça n’a rien à voir avec ça. Avant lui, j’étais trop jeune. Après lui, maintenant toujours, mon coeur est hors-service, je n’en n’ai plus envie.

Ma gorge se resserre et se contracte. Je vais avoir du mal à parler, encore, mais il faut que ça sorte. Il faut se diriger jusqu’au bout de ce tunnel sombre et long, vers quoi ? Une sorte de clarté ? Des réponses du moins. J’ai peur qu’elles soient insultantes. Je redoute sa verve, son ironie, sa mauvaise foi et cette apparente insouciance que je ne lui connaissais pas.
Si je m’attarde trop, je prends le risque de ne pas parler du tout, ou de lui envoyer une gifle dans un instant d’égarement, qui peut savoir. Ravale la haine, ravale, ravale, mais ça fait mal.
Ravale.
J’intériorise et je perçois, faibles et beaucoup trop rapides, les tambourinades de mon coeur effrayé.
« Je n’ai pas dit que c’était sûr. Mais c’est possible. »

Il était une fois, il était une fois, il était une fois.
Il était une fois quelqu’un qui détenait le pouvoir de me faire oublier le monde tout autour, qui m’emprisonnait dans une bulle où lui seul existait, ce narcissique, dès que je lui adressait la parole. Je me concentrais sur les gens autour et maintenant, je les ai oubliés, la mer s’est effacée, et même le bruit des vagues semble ne pas être réel. Par quel tour de magie noire… comment peut-il sans cesse, faire disparaître et chambouler mon univers fragile ?
Et il est là juste devant moi, et je le déteste d’être capable de cela. Je le déteste tout entier en fait, chacun de ses atomes, chaque chose sur laquelle il a posé son terrible et tout-puissant regard. Je le hais autant que je l’ai trop aimé, quelle symétrie étrange. Où se trouve l’axe, entre les deux ? La barre noire qui fend et coupe la figure, c’est ces deux ans d’absence. C’est un gouffre qui sépare, qui éjecte chaque moitié aux deux pôles, aux extrémités de l’univers. Séparés, scindés. Divisibles, et divisés.
Il était une fois, une fin pardon, il est une fin que je rêve d’apposer, de sceller au bout de notre histoire. Maintenant.
Je brûle de colère.
Quand cette conversation sera terminée, je jure de ne plus jamais lui adresser la parole de moi-même. Quand le livre sera paru, je crois que je préférerais m’interdire d’écrire pour le restant de mes jours, plutôt que de risquer de retomber une nouvelle fois sur lui comme éditeur.

Va jusqu’au bout du tunnel, va chercher ta réponse, quoi qu’il en coûte. Car qu’elle soit claire ou sombre, au moins… au moins tu en seras sortie.
« Qu’est-ce qu’il se passera si c’est le cas ? »
Made by Neon Demon
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 299
∞ arrivé(e) le : 12/04/2017
∞ avatar : ed westwick

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Lun 8 Mai - 19:05

 [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant. » - Marcel Proust. -




La vie est un combat, dont nous en sortirons jamais vainqueur. C'est un fait. C'est comme ça. Nous ne pouvons pas choisir la manière de partir, mais nous pouvons choisir la vie qu'on mènera. Quoi que nous fassions, nous aurons toujours une décision à prendre et qui impactera notre vie à long terme. Oui. Non. Notre futur se construira sur l'un de ces deux mots.
C'est pourquoi il est important de comprendre, ce qu'il faut retenir, c'est qu'il faut profiter du moment présent. Seul ce moment compte. Demain n'est pas encore arrivé, et hier est deja passé. Ne cherchez pas à modifier votre passé. Il a permit à devenir les personnes que vous êtes aujourd'hui. Battez vous chaque seconde, chaque minute pour que votre vie soit merveilleuse, pour qu'à vos yeux, elle soit celle que vous voulez vivre. 

N'oubliez pas, la vie est un combat, on ne sera jamais les vainqueurs. Mais on peut être un merveilleux adversaire. Elle arrivera à vous mettre à terre. Elle arrivera même à vous humilier parfois. La seul question qu'il faut vous poser à ce moment la précis est : Est ce que je vais la laisser faire, est ce que je vais la laisser me briser, ou est ce que je vais me relever pour reprendre le combat ? 
Dans la vie, rien nous attend sur un plateau d'argent, rien n'est acquis et rien n'est donné. C'est à nous d'aller chercher ce qu'on veux, c'est à nous de se battre pour garder les choses qui nous tiennent plus à coeur au près de nous. 

Et si vous êtes fatigués ? 
Alors on se repose, on panse ses plaies et on repart au combat.

J'aimerais laisser ma trace sur le sable du temps, savoir qu'il y avait quelque chose, que j'ai laissé quelque chose derrière moi. Que quand je quitterai ce monde, je le quitterai sans regrets. Que je laisserai quelque chose en souvenir, pour qu'ils ne m'oublient pas. Qu'ils se souviennent que j'étais là, que j'ai vécu et que j'ai aimé. Que j'ai fait, et accompli tout ce que je voulais, et que c'était plus que je ne l'aurais imaginé... Je laisserais ma trace, et tout le monde saurait que j'étais là. J'aurais envie de dire que j'ai vécu chaque jour de ma vie jusqu'au dernier, que j'ai représenté quelque chose dans la vie de quelqu'un. Et les coeurs que j'aurais touché seront la preuve que j'ai vécu... C'est ce qui fera la différence, et le monde verra que je veux juste qu'ils sachent que j'ai tout donné, fait de mon mieux pour amener à quelqu'un un peu de bonheur... Et quitter ce monde un tout petit meilleur, parce que j'aurais été là. 

Nombre de fois dans ma vie j'ai trébuché.
Nombre de fois j'ai bien cru me perdre.

Puis soudain au détour d'un regard complice, j'ai découvert un timide sourire. Un fou-rire inattendu dans une conversation, au détour d'un mot mal prononcé. Des étoiles de bonheur léger dans l'évocation d'un souvenir joyeux. Et j'ai ré-ouvert les yeux.

Nombre de fois j'ai eu mal à en crever.
Nombre de fois j'ai douté qu'on puisse me comprendre.

Puis tout à coup dans l'obscurité, est apparu un ami. Quelqu'un qui est réellement présent, au lieu de juste le promettre. Un être capable de tenir ma main,    et de ne plus jamais la lâcher.    La    personnification   du pour le meilleur et pour le pire . Et j'ai ré-ouvert mon cœur.

Nombre de lames ont glissées sur ma peau déjà bien écorchée.
Nombre de cris et de pleurs, que personnes ne pouvaient entendre.

Puis sans un bruit est arrivée la lumière. D'abord petite bougie d'espérance, chancelante et livrée aux vents violents de la vie. Ensuite flamme légère de force se battant contre la fatalité. Pour finir, feu grandissant de confiance amenant la chaleur. Et j'ai redécouvert la joie. Mais la flamme a vacillé, légèrement au début comme un souffle, puis la tempête est arrivé et le feu s'est éteint. J'avais songé qu'on y arriverait, que chaque fois que l'un tomberait on se relèverait, j'avais tord. T'es parti et tes pas ce sont envolé comme les vagues chassant les dessins inscrit sur le bord de mer.

Quand je la voyais, c'était comme si toutes les émotions que l'on pouvais ressentir se réunissaient. C'était de l'amour, du désir, de la passion, de l'admiration. Des regrets, des remords, de la nostalgie, de la mélancolie. De la tristesse, de la haine, de la pitié, et même du mépris, par simple contradiction je pense. Et pourtant, je ne m'en lassais pas; jamais. J'atteignais les extrêmes. Elle dégageait quelque chose de spécial, et ça lui donnait tellement de charme, ça la rendait unique. Elle avait laissé en moi une marque indélébile, le genre de marque qu'il faut effacer avec un gant, mais que plus on essaye d'effacer, plus ça fait mal. Alors je la garde en moi, et souvent je pense à elle, je rêve d'elle. Alors je souris, ou je pleure. Et le pire dans tout ça, c'est que je ne sais même pas ce que je veux vraiment; l'oublier, ou continuer d'espérer.
L'espoir c'est cette chose qui fait que l'on prend aussi le risque d'être malheureux. De désirer des choses qui n'arriveront peut être jamais, ou qui ne se passeront pas comme on l'attendait, de vouloir garder des personnes sans avoir la conviction qu'elle ne partiront pas un jour. Mais l'espoir c'est aussi cette chose incroyable, cette force intérieur nous permettant de nous battre pour obtenir ce que nous souhaitons le plus.D'y arriver et être heureux de se dire que c'est parce que nous y avons cru jusqu'au bout.
«  ça ne peux être que moi ? J'ai pas un listing des hommes avec qui tu couches. » interrogatif, je ne connaissais plus la femme que j'aimais et ça depuis la mort de son père, elle s'était transformée devenant un être désagréable. Je ne savais rien de la vie qu'elle menait dorénavant, j'ignorais tout, découvrant même qu'elle travaillait dans un bar quand je me suis rendu sur place, tombant sur elle par hasard. Le timbre de ma voix rauque, montrant un doute dans ses paroles je rétorquais
« j'ai donc bien le droit de poser la question. »
Depuis notre plus tendre enfance, on nous répète à quel point on est chanceux. Chanceux d'être en vie, en bonne santé, d'avoir la chance d'être entouré de personnes qu'on aime et qui nous aime aussi. De ne connaître la misère ni la guerre. Mais pourtant, j'ai l'impression de la subir tous les jours. Même en sachant que je ne suis pas seul, je n'arrive pas à me sentir en paix, parce que c'est comme si on était tous en combat permanent avec les gens. Puisque aujourd'hui une vie en paix n'existe pas, alors rentre en guerre contre les autres et parfois même contre nous-mêmes. On se compare, on se guette, on s'empêche de vivre notre propre vie et de rester nous-mêmes à cause de cette lutte qu'on pense au début passagère. Parce qu'on fait parti de cette triste génération, celle qui pourrait vivre en harmonie mais qui ne s'empêchera jamais de tout gâcher et de briser le calme dans lequel nous aurions dû vivre heureux.
Me demandant ce que je comptais faire si j'étais bien le coupable, je pris une inspiration, tentant de chasser mon trouble et essayant de ne pas m'emporter, chose qui ne servait à rien.
« si c'est le cas, si je suis le géniteur … je ferais ce que je dois faire. » les mots coulent, simplement, je comprends mieux pourquoi elle avait cherché à me voir durant mon absence, le stress gagnait-il les cellules de son corps ? Les miennes oui et je tentais de le masquer à la perfection, mettre un masque c'était si facile pour moi. Depuis toujours, ni les professeurs ni mes mères n'avaient vu ma détresse quand on s'en prenait à moi, lorsque j'étais le souffre douleur, j'intériorisais tout … sauf que parfois le vase déborde et on explose tel un volcan trop longtemps endormi, faisant des ravages.
« te soutenir si tu veux avorter … et participer financièrement dans l'autre cas. » ajoutais-je, le plus sincèrement du monde, il n'y avait pas de remord à ce moment précis, seulement me montrer comme je le devais. Je ne voulais pas être comme mon géniteur, jamais je ne pourrais faire ce qu'il avait fait, abandonner une femme, ne pas assumer. Elle m'avait éduqué avec des valeurs cette mère que j'avais perdu et aujourd'hui je tentais de me montrer à la hauteur. Quand bien même nous n'étions pas ensemble.
« je vois même pas pourquoi tu me poses la question en fait … tu me connais, moi je n'ai pas changé. » Un jour arrivera où tu comprendras qu'en réalité, tu es seul. Totalement seul. Tu vas te rendre compte que les gens partent sans se retourner... Tu vas te rendre compte, non sans dégoût, que les promesses ne veulent rien dire, qu'elles ne sont que du vent et que les gens les oublient aussi simplement qu'ils oublient leur cours lors d'un examen. Tu vas réaliser que tes amis ne resteront pas avec toi pour toujours, car eux aussi vont finir par grandir... Et tout le monde grandit différemment. Tout le monde part et change. Tu vas te rendre compte que ton unique et véritable ami n'est autre que toi-même. J'insiste sur la fin de ma phrase, bien qu'elle ne soit pas vraiment vrai, j'ai changé oui, dans mes habitudes, plongeant ma détresse dans l'alcool, devenant plus solitaire. Seulement parce que je me sens si vide sans elle.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 6825
∞ arrivé(e) le : 13/07/2015
∞ avatar : Leighton Meester ღ

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mar 9 Mai - 21:02

the world will never
ever be the same

Rosas

And you're to blame.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]À propos de l’idiote au cerveau retourné de tout à l’heure… elle était aussi faible. Parce que sa tête était étrange, l’ensemble ne fonctionnait pas très bien, ce qui la rendait toujours hésitante, toujours vacillante, souvent contradictoire. Il y avait quelqu’un qui avait beaucoup compté pour elle – utilisons l’euphémisme – et avec qui elle avait tenté d’être froide, de paraître indifférente, ô effort, suprême torture. Toutes les glaces fondent exposées à une trop forte chaleur. Elle s’était pratiquement jetée à sa tête, ce qu’elle ne reconnaîtra jamais bien sûr, mais comme nous racontons soyons honnête, sans trop savoir comment, sans trop savoir pourquoi… sans chercher même à prédire ce qui pourrait arriver ensuite, pour une fois.
C’était égaré, ça n’était pas malin. L’erreur était monumentale, mais voilà, la leçon fut apprise. Elle découvrit alors que contrairement à tout ce qu’ils pensaient, elle n’était peut-être pas celle qui avait le plus changé parmi les deux au final.

Je m’échauffe, bien sûr, il a juste eu cette phrase en trop, cette remarque déplacée. Et ça suffit. Ce n’est plus du sang qui court dans mes veines, c’est du vinaigre ; il en irrite les parois, et moi par la même occasion.
Si je ne m’emportais pas déjà et si j’étais juste et impartiale, peut-être reconnaîtrais-je qu’il a raison. Il ne peut pas deviner que la liste de mes partenaires se résume à son seul nom. C’est court, ça laisse peu de place au doute. Pour quelle genre de femme me prend-t-il au juste ? Même s’il a l’impression d’être face à une étrangère, ça ne le mettait pas dans l’obligation de me traiter pratiquement de traînée.
« Tu peux réfléchir, par contre, si je suis là ce n’est pas par plaisir. » Simplement parce que l’autre morceau de l’équation ne peut être que lui, lui, lui, lui enfin.
Lui, lui, lui. La terre s’ouvre tout à coup sous mes pieds – mais ça n’est pas réel, ma tête seule s’invente ça. Yeux baissés, perdus entre le sable et ailleurs, on ne sait pas où, je prends conscience, une nouvelle fois… je réalise qu’il y a peut-être quelque chose d’imperceptible dissimulé en moi. C’est minuscule – combien déjà, une tête d’épingle à peu près, non ? Et c’est formé de nos deux caryotypes, d’une bouillie de nos gênes, un peu de lui, un peu de moi. Moitié moitié. Partage équitable.

C’en serait presque tragiquement drôle, ce terme-là, équitable… C’est tout sauf ça en vérité. Ça n’est pas juste, pas juste du tout. C’est une erreur qu’on fait à deux, pas vrai ? Mais monsieur, lui, peut disparaître du paysage pendant trois semaines. Monsieur peut s’en aller avec l’esprit tranquille, ne plus jamais y repenser, même. Il ne s’est pas réveillé en pleine nuit en étant malade, et il n’a pas compté cent fois les jours en angoissant, en suppliant que non… Ça n’est pas juste. Il peut décider de tourner le dos et s’en aller, maintenant. Je sais qu’il ne le fera pas – il me l’assure – mais quand même, il le pourrait.
Je suis possiblement coincée avec la conséquence d’un acte irréfléchi en bas du ventre, et je ne sais pas quoi faire.
C’est très facile d’être en colère, il suffit de se laisser porter, zioup ! Tout en haut de la vague. Jusqu’au moment où la tension devient trop forte, où les nuages se font trop sombres, trop lourds. Il n’a pas fallut longtemps. C’est très facile de m’en prendre à lui, parce qu’il est là, que c’est aussi sa faute, et que vraiment, cette situation est injuste.

Oh, il déclare d’un ton très calme, très comme il faut, qu’il prendra ses responsabilités. Comme ça, c’est moi qui passerais pour une hystérique en comparaison. J’ai posé une question, il m’offre la réponse, et ensuite ? Je devrais m’en satisfaire ? Je suppose que beaucoup le ferait à ma place.
Mais je l’écoute, et j’ai des mots très durs qui déferlent de ma tête à ma bouche, sur lesquels je referme mes dents. Écoute, écoute bon sang.
Déjà, rien que son emploi du mot géniteur m’excède. Difficile de faire plus technique ; c’est froid, c’est restrictif, ça me transformerait presque en sujet d’une expérience scientifique.
D’un autre côté, est-ce que j’ai déjà employé le mot maman en parlant de moi-même dans le futur ? Certainement pas. Maman, Papa, même leurs équivalents un peu plus stricts, père et mère, ça ne peut désigner que nos parents à nous. La génération du dessus. Pas nous, pas nous.
Vous vous imaginez un peu ? Est-ce que j’ai des bras à porter un bébé, est-ce que je récupérerais jamais le mental pour assumer un évènement pareil ? Aucun enfant au monde ne mériterait de m’avoir dans son ascendance. Même les plus gentils, ou les plus optimistes, ne pourraient prétendre le contraire.

Je rêve, ou je cauchemarde, est-ce qu’il se voit en train de m’envoyer un chèque par la poste tous les mois ? C’est ridicule, je ne veux pas de son argent, j’y déchirerai en tous petits morceaux avant de me désinfecter les doigts pour l’avoir simplement touché.
Est-ce qu’il se figure un peu la scène, il croit vraiment qu’il va me tenir la main jusque dans le cabinet du médecin ? Et qu’est-ce que ça changerait, au juste ? Rien qu’à y penser j’en ai le coeur qui s’accélère. Je m’imagine la lumière crue du plafonnier, la table d’examen avec cette horripilante feuille de papier la recouvrant, les cachets ou la salle d’opération.
Deux solutions. Si c’est le cas, il n’y aura qu’elles. Comme un carrefour, deux chemins qui s’en vont parallèlement, et pas moyen de s’arrêter, il faut choisir.
Il n’y a qu’une chose dont je peux être sûre, c’est qu’ils seront tout aussi douloureux l’un que l’autre.

Je suis injuste, je suis mauvaise, je suis vraiment, très méchante. C’est le besoin de briser sa façade imperturbable, intouchable, de lui faire mal aussi, puisque mon plateau de balance penche tellement plus que le sien. Puisque ma vitre à moi est déjà cassée, en morceaux, par terre.
« Ça te serait terrible, pas vrai, qu’on se retrouve liés comme ça à cause d’une erreur ? »
J’appuie sur le dernier mot, celui que je n’ai toujours pas réussi à digérer. Yeux brûlants, yeux qui lancent des éclairs, voix qui joue le tonnerre, voix acerbe, voix de méchante.

« Comment est-ce que je suis censée le savoir ? »
Puisque je peux coucher avec tout ce qui bouge dans son esprit, pourquoi est-ce qu’il ne me laisserait pas choir dans le mien ? Puisqu’il peut m’insulter et déclarer me haïr et m’embrasser la seconde d’après, pourquoi pas, après tout ?

Machinalement, je joue avec ma médaille de baptême autour de mon cou. Je tourne et retourne la petite plaque dont, je le sais sans le voir, l’éclat s’est terni avec les années. Mon prénom et ma date de naissance sont gravés sur une face, mais les contours des lettres s’estompent. Tout s’efface toujours.
Tout doit mourir. Tout s’en va.
C’est pareil pour les inscriptions des pierres tombales, c’est la même chose pour les messages d’amour qu’on trace, quand on est jeune, dans le sable humide en attendant que la marée l’emporte pour les conduire magiquement à leur destinataire. En fait, elle les fait juste disparaître.
Je me décide très vite, lâchant la chaîne entortillée.
« Je n’en veux pas. Surtout pas comme ça. »
Oh oui la marée monte, elle finit toujours par remonter. Elle lèche la plage, elle l’engloutit, et elle la laisse mouillée, parsemée de coquillages abandonnés. À marée basse, c’est ennuyant, il faut marcher longtemps pour pouvoir se baigner, si loin qu’on en voit plus tous ceux restés sur leurs serviettes.
Vous vous baignez et à un moment, une vague plus forte que les autres vous prend par surprise – traîtresse. Vous buvez la tasse et l’eau salée vous envahit et la bouche et les yeux. Le sel pique, le sel brûle, le sel ne veut pas s’en aller.
Vous avez les yeux rouges et la gorge douloureusement en feu.
Le monde entier n’est que répétitions. Encore une fois, c’est la même chose, c’est exactement pareil pour la tristesse. Ou les regrets.
Made by Neon Demon
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 299
∞ arrivé(e) le : 12/04/2017
∞ avatar : ed westwick

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mar 9 Mai - 23:58

 [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
« Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant. » - Marcel Proust. -




Tu me manque, tu me manque tellement que ce n'est même plus drôle. Je ne sais pas comment tu as fais pour me retourner la tête mais tu l'as fait. Je veux que tu reviennes, je vais pas te mentir je suis vraiment égoïste mais je veux que tu reviennes parce que j'ai besoin de toi pour être moi même. J'ai besoin que tu fasses revenir comme avant où c'était toi et moi seulement. Tu es à moi, rien qu'a moi ! Et je suis prêt à tout faire pour ravoir ce sourire qui m'étais destiner à moi seul. Je ne me suis pas senti comme ça depuis longtemps et j'ai besoin que tu fasses revenir ce sentiment. S'il te plait reviens moi et laisse moi revoir ces yeux et ce sourire que j'aime tant regarder, je ferais n'importe quoi pour ça. Pourtant à te voir si différente, je ne veux pas de cette Rose là, je te veux toi comme avant, sans ce carcan de froideur, sans ces mots aiguisés par des lames imaginaires.
L'espoir à fuit autant que ton amour. On croit que tout est éternelle, que rien n'est destructible et un jour on se retrouve seul et pour seul réconfort nos larmes. On nous berce d'illusion, on nous fait croire qu'il faut se battre de toute notre force pour obtenir l'objet de notre désir mais quand celui ci est inaccessible notre seul réconfort est notre désillusion   
Pourquoi même après 2 ans c'est toujours aussi douloureux ? Pourquoi hantes-tu encore mes pensées ? Pourtant j'ai tout fait pour t'oublier. J'ai imaginé tes pires défauts, remémoré nos moments les plus bas, effacer toute trace de toi, t'oublier avec une autre ou du moins essayer. Mais pourtant rien y fait je pense toujours à toi. Combien de temps faut-il pour oublier les sentiments que l'on ressens envers quelqu'un ? 1 ans ? 10 ans ? une vie ? J'ai tout fait je te le jure mais c'est trop dur, à chaque fois, je t'imagine avec un autre, mon cœur saigne. Mon ange te souviens-tu de nos moments ? De tes " Je t'aime " droit dans les yeux, de tes bras m'enlaçant avec force avec cette peur constante de me perdre ? Et pourtant c'est toi qui es partie. Le jour où je t'ai dis que je t'aimais encore mais tout ce que je voulais c'était ton bonheur, c'était que du vent ! C'est juste une phrase stupide que tout le monde sort pour ne pas souffrir, pour se protéger de ce sentiment qui s'appelle l'amour. Je te voulais heureuse oui ! mais avec moi. On peut me traiter d'égoïste si on veut, me dire que si je t'aimais vraiment, je devais te laisser partir mais je m'en fou. Quand on aime une personne avec une telle force on fait tout pour la garder près de sois. J'aurais du continuer à me battre encore plus mais vous connaissez beaucoup de personnes qui continue même si on leur dit que c'est impossible ? J'ai essayé, je te le jure mais parfois la douleur est trop forte que l'on préfère avancer et tourner la page et continuer de faire semblant jusqu'au moment où tout ira pour le mieux. 
« et comment savais-tu que je serais là alors ? Si ce n'est pas par plaisir. »
Le passé me manque autant que tu me manques. Je n'arrive pas à tourner la page. J'ai beau essayer de t'oublier, ça revient à la charge constamment. Ton sourire me manque, c'est fou comme il m'était indispensable. Te voir sourire était la chose la plus belle que j'ai vu dans ma vie. Te voir heureuse me comblait de joie. J'arrive plus à faire semblant. Je pensais qu'avec le temps, tu serais de moins en moins présente. On m'a toujours dis que le temps efface les blessures mais c'est faux ! Ce n'est que des conneries. Des putains d'espoir ! Malgré le temps qui passe, je pense toujours à toi autant, j'ai toujours aussi mal quand je repense à nous. Tu me manque à m'en déchiré les tripes. J'aimerais tellement redevenir le garçon qui comblait ton monde. Etre l'homme qui a le droit à ces sourires, à ces baisers, à ces câlins. Je sombre dans ce monde qui nous appartenait. La nostalgie m'entoure et je ne sais même plus comment m'en défaire. Mais la vraie question est : est-ce que j'ai vraiment envie de t'oublier ? Oublier ce « nous » d'autrefois ? Je suis perdu, tout s'embrouille dans ma tête, c'est un vrai tourbillon, je m'essouffle, j'étouffe. J'arrive plus à respirer normalement quand je pense à toi. Tu m'as hypnotisé, et rien ne peut m'enlever de ton emprise. Tu me possède corps et âme. Malgré tout. Tu resteras mon premier amour et rien ni personne ne pourra enlever les sentiments que j'éprouve pour ta personne. Que le ciel m'apporte, je partirais heureux d'avoir pu un instant profiter de la douceur de tes bras, et de tes lèvres sur les miennes.
« soit pas idiote, très facile de me renvoyer des paroles … que je ne pensais pas en pleine poire. Mais soit, fait ça. Je ne veux pas d'un enfant. »
Beaucoup trop de choses se sont passées en un instant, ça tourne trop vite je ne sais plus où donner de la tête. Je n'ai jamais reçu le mode d'emploi des sentiments et ça me fait peur, beaucoup trop peur. J'aurais aimé que cette peur n'existe pas, que le monde ne soit pas rempli de peur constamment. Foncé dans un mur sans avoir à se dire qu'il y a un risque, qu'on ne laissera aucune blessure, qu'on n'aura pas mal et qu'on ira de l'avant sans n'avoir rien espéré ou attendu. Tu me fait perdre la tête, tu me chamboules toi et tes paroles si saignantes.
« pas comme ça dans cette situation, ce n'est pas que je n'ai jamais rêvé d'en avoir avec toi bien au contraire. » continuais-je en me cachant derrière ce bouclier, je ne veux pas qu'elle la voit cette faiblesse, cette facilité qu'elle a avec des mots à me blessé, il n'y a que ses mots qui me font souffrir, pourtant il m'arrive de me faire passer à tabac par des armoires à glace, mais à ce moment-là aucune douleur. Rien ne me fait éprouver des sentiments, qu'il soit joyeux ou triste, seulement elle. Comme si elle avait une télécommande planqué sous sa veste, ré-allumant mon être, seulement quand elle est à côté. Je ne peux pas participer à une joie collective. J'aimerais, mais je ne peux pas. Je ne peux pas dépasser ma petite vie, son calvaire, je ne peux pas aller au-delà, être touchée par ce qui se passe à l'extérieur. Je suis emprisonnée à l'intérieur de moi
« mais soyons réaliste, on est jeune encore la vie devant nous et faire un enfant ça se prévoit. » repris-je, mon timbre est monotone, comme un discours bien tissé. On est encore jeune c'est bien vrai, j'ai mon travail, elle a son roman qui pourra devenir un best seller et entre … nous n'avons plus de relation, si ce n'est professionnel. A qui la faute ? Équitablement l'un comme l'autre. Être père, je ne suis pas sûre de pouvoir l'être un jour, il faut être réaliste, je n'ai pas eu de modèle, comment je pourrais m'en sortir ? J'ai même pas réussi à tenir avec une femme qui partait en vrille après la mort de son père, alors un enfant c'est encore plus important, il faut l'élever, l'éduquer, lui apprendre la vie, se montrer autoritaire quand il dépasse les bornes.

« Comment t'es censé le savoir ? Parce que tu devrais me connaître, tu devrais savoir ce que je suis et ce que je ne serais jamais, je me suis livré à toi, raconté ce que j'ai vécu, penses-tu un seul instant que j'agirais comme mon ordure de géniteur ? » l'amertume, elle est vive, douloureuse, pique, elle avait toujours tout su de moi jusqu'à mes plus sombres secrets, mes plus vives douleurs, celle d'un père absent, d'un père qui avait abandonné sa copine et son fils pour un avenir prometteur. Je lui avais tout dit de a à z et aujourd'hui elle se permettait de douter de ma parole, moi qui avait toujours été sincère avec elle. C'était le monde à l'envers, on avait changé de dimension, je ne voyais que ça. Faut dire que j'avais été assez dur avec elle, insinuant qu'elle faisait partie de ses filles qui virevoltent d'hommes en hommes, se faisant plaisir. Elle devait peux-être penser de même pour moi, mais non je n'étais pas ce genre d'hommes, j'aimerai parfois ça en serait moins douloureux de cette façon. La haine que j'ai pour ce père ne disparaît pas avec les années et le simple fait qu'elle puisse imaginer ma ressemblance avec lui me met en colère, me détruit de l'intérieur.

« bien, comme tu veux. » Il y a une vérité universelle à laquelle nous sommes tous et toutes confronté, que nous le voulions ou non, tout à toujours une fin. J'ai toujours détesté les fins. Le dernier jour de l'été, le dernier chapitre d'un livre génial, la séparation d'un ami proche. Mais les fins sont inévitables. Les feuilles tombent, on ferme le livre, on se dit au revoir... Au revoir à tout ce qui nous était familier, à tout ce qui était confortable pour aller de l'avant. Et même si nous partons, même si ça fait mal, il y a des personnes qui font tellement partie de nous qu'elles nous accompagnerons toujours, quoi qu'il arrive. Elles sont la terre sur laquelle nous marchons, l'étoile vers laquelle nous nous dirigeons et ces petites voix claires qui raisonnent pour toujours dans notre cœur. Toujours.
« tu veux que je t'accompagne , fin je sais pas comment ça se passe … mais si t'as besoin de moi je serais là. » Le silence s'était installé entre eux comme une évidence, un mur de Jéricho que nulle trompette ne ferait jamais tomber puisqu'ils ne criaient pas, ne claquaient pas les portes, ne haussaient jamais la voix.  Tout est plus facile après une bonne dispute. On s'époumone, on s'épuise, on se jette dans les bras de l'autre. Un temps de répit où les armes tombent, où les baisers adoucissent les rancœurs, effacent les reproches, signant un bref armistice.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
∞ posts : 6825
∞ arrivé(e) le : 13/07/2015
∞ avatar : Leighton Meester ღ

MessageSujet: Re: Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame Mer 10 Mai - 18:41

the world will never
ever be the same

Rosas

And you're to blame.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Je ne savais pas. C’est un hasard. »
Fichu hasard, maudit soit-il. Sournois de hasard qui ne nous a pas fait nous entrevoir rien qu’une fois, une seule fois, en l’espace de deux ans, et qui maintenant… qui maintenant le place sans cesse sur ma route. Si c’est censé être drôle, si la vie est un jeu, j’aimerais qu’on m’en explique les règles. C’est la moindre des choses si on veut que j’y participe. Une fois qu’on m’aura fait comprendre, peut-être que je cesserai de me plaindre et que j’accepterai l’hilarité tragique de cette vaste blague ; plus de questions, plus de torture mentale. Plus besoin d’y réfléchir ; tu sais que sur le plateau, il faut avancer, point final.
Je vois que ma petite pique a fait mouche et je ne résiste pas à cette vague de noirceur qui me pousse à river le clou. C’est bas et mesquin mais bon sang, comme j’ai pu recevoir pire de sa part les dernières fois.
« Oh, je t’ai vexé ? Désolée. »

Je suis au courant à propos de son père, et je sais à quel point il en a souffert. J’ai toujours trouvé ça assez horrible. Mais les gens sont capables de changer du tout au tout en un éclair. Regardez-moi. L’exemple est assez éloquent, n’est-ce pas ? Deux ans c’est si long, et ceux-là se sont étirés jusqu’à me donner l’impression qu’ils dureraient toujours… qu’ils s’étaient dilatés dedans l’éternité.
Comment alors, comment suis-je censée prévoir ses réactions, moi qui suis sortie de sa vie depuis tout ce temps ?
« Tu sautes sur n’importe quel prétexte pour me faire des reproches. »
Hystérie, paranoïa. Je ne le pense même pas, en vérité.

Je ne me rappelle pas qu’on ait jamais vraiment parlé d’avoir des enfants un jour. Nous étions très jeunes, et tout allait en suivant son cours très naturellement, sans qu’on fasse trop de projets. Tant qu’on s’aime, quelle importance ? Ça serait peut-être arrivé à un moment, tout comme j’aurais peut-être porté son nom, ou qu’on aurait pu… je ne sais pas, ce que font tous les autres. Ce que nous ne vivront pas.
J’assemble les mots, je tisse des phrases, je jongle avec, et ça donne des récits plus ou moins idiots, plus ou moins cohérents. Il n’y a qu’une seule histoire que j’ai déjà ébauchée sans jamais réussir à la rendre crédible. Ça commence par il était une fois, deux personnes que nous dirons être folles l’une de l’autre. Leurs jours étaient tous beaux et les années s’enchaînaient, côte à côte, toujours aussi heureuses. Rien de grave n’arriva. Quatre ans, cinq ans, six ans, sept, huit, neuf… Ils poursuivaient leurs rêves et construisaient le leur.
Dix, onze, comptons, avançons dans le temps. Or, il advint que les matins n’étaient plus aussi clairs, sans doute parce que le soir descendait lentement sur eux. L’amour c’est comme une maladie, ça s’attrape, on en souffre beaucoup et parfois, parfois ça finit par passer. Ne restent que des séquelles, un peu de langueur. Des souvenirs.
Dans mon esprit cette histoire ne fonctionne pas. Ça paraît logique, pourtant, c’est possible, mais ça ne marche pas.
S’il n’y avait pas eu le braquage et les soucis d’après, qu’est-ce qui nous dit que nous serions toujours ensemble ? Il y aurait pu y avoir autre chose, n’importe quoi, ça aurait pu s’en aller. Mais je persiste à fantasmer sur cette vie parallèle, cette vie idéale que nous aurions continué à mener ensemble.
Car tant qu’on s’aime, n’est-ce pas, tant qu’on s’aime.

J’ai le sang infecté, j’ai eu mal, mal, mal si souvent… Je suis atteinte et ce virus sans antidote porte son nom.
Mal, mal, mal trop souvent… c’est plus facile à présent, parce que je sens très fort que je le déteste.

La chose est dans mon corps, c’est donc à moi qu’on demande de faire le choix. Ironique, n’est-ce pas ? Moi qui oscille sans arrêt et ne me décide jamais. En réalité, est-ce que j’ai vraiment plusieurs options ? Tout porte à croire que non, tout va dans le même sens : nous n’en sommes pas capables. Pourquoi gâcher trois vies parce que je n’en n’ai pas le courage ? C’est la seule solution sensée.
Je m’y résous, et bien qu’il ne puisse pas vraiment y redire quoi que ce soit, son acceptation laconique m’énerve. Comme tu veux, mais quelle blague ! Je veux me réveiller et que rien ne soit réel, je veux prendre une éponge et effacer le tableau désastreux du passé.
C’est un faux choix qu’on me donne. Il joue à l’hypocrite, il joue le jeu des autres.

Dresse ce portrait mentalement. Lumière crue et froide, feuille de papier, deux sièges inconfortables en face du bureau, lui sur l’un, à moi l’autre. L’image est insupportable, elle me dégoûte profondément. Il va falloir en passer par là. Il va falloir… encore des choses terribles à supporter, toujours dans ces odeurs de cabinet médical. Je m’enfonce dans ma colère, je me débats avec ma terreur. C’est une révolte stérile. Et pour garder la tête en-dehors de l’eau je deviens plus méchante encore, comme si ça allait tout arranger ou me faire du bien.
« Je n’ai pas besoin de toi. »

Tu mens, tu mens. Je l’ai toujours fait depuis que les problèmes ont commencé, mais là, c’est tout particulièrement remarquable. Dire que je ne sais pas jurer bleu en pensant rouge, pour ça j’ai dû développer une compétence spéciale. Ma voix n’a pas tremblé, je n’ai pas hésité, pas réfléchi non plus, avant de cracher mon venin cousu de fils blancs.
Tu mens, tu as menti. Tu peux prétendre que ta vie te satisfait, que tu avances d’un pas allègre sur le chemin de l’existence, tu peux prétendre que c’est très bien comme ça et que tu n’as pas un regret. Il suffit de travailler le ton et de s’élever au-dessus de son corps lorsque sa bouche s’ouvre et prononce. On peut raconter n’importe quoi. Ça n’a jamais brûlé la langue de personne. Les mots perdent leur essence tandis qu’ils sont moulés, qu’ils s’écoulent en dehors en résonnant un peu. Vaguement. Ce qui me pousse à penser, ô paradoxe, qu’au fond, les mots n’ont aucun sens.
Tu-mens-tu-as-menti, et on m’a toujours dit que c’était mal. Je… faisons simple, restons classique d’accord ? Et même si ça sonne déjà vu. J’ai toujours eu besoin de lui, toujours. Depuis les jours obscurs de mon enfance où je me sentais seule, où j’étais si timide, où je rêvassais, un peu, à découvrir cette personne particulière. C’était magique et irréel, un peu brumeux, et j’ai mis tellement de temps à comprendre quand je l’ai enfin trouvée. Et il me donnait l’impression d’être toute puissante, de pouvoir tendre la main pour saisir et toujours agrandit notre bonheur. Si je tombais, ça n’étais pas grave, il était là. Si j’étais perdue… ça ne pouvait pas et ça n’est jamais arrivé. J’avais un point d’ancrage, un repère, une constante dans ma vie, quelque chose qui devait durer toujours.
Il me donnait l’impression d’avoir trouvé une voie. Car j’étais là, pour lui, et pour n’importe quoi, ça n’était pas important. Peu importe quoi… car j’étais là pour lui et je ne voulais que ça.

Pourquoi remuer ces souvenirs, pourquoi passer son temps à les écumer dans l’espoir qu’il en sorte, comme par miracle, quelque chose de nouveau… Un espoir pour l’avenir ? Ce n’est pas vrai. Il n’y en n’a pas une lueur quand on agit ainsi. Le pire dans tout ça, c’est que sur le moment, on se sent bien… mais ça ne dure pas. Juste une seconde noyée dans le coton doré des flashbacks. Après c’est encore pire.
Se rappeler, c’est prendre une pelle et creuser sa propre tombe toujours au plus profond. J’ai dû traverser la Terre en l’espace de deux ans, et je ne trouve pas l’autre bout. Je n’arrive pas à toucher le fond.

J’ai toujours eu besoin de lui, toujours.
Maintenant je sens que je le déteste, je le déteste, et ça tombe très bien car nous ne sommes plus destinés à rien avoir ensemble. Je le déteste, et si je le répète huit cent fois, peut-être que j’arriverais à m’en convaincre.
Tu-mens-tu-as-menti.

« Tu peux reprendre le cours de ta petite vie tranquille. Je ne t’embêterai plus. »
Dans quelques mois, bientôt déjà, le livre. À la fin de l’année, sans doute, une poignée de main sur le seuil de la maison d’édition. Une autre porte qu’il faudra prendre garde à ne pas claquer, à refermer tout doucement.
On se dira au revoir mais ça signifiera, en vérité, adieu.
Tout s’efface, tout doit mourir, tout s’en va. Tout a une fin.

Made by Neon Demon
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Rosas ♢The world will never ever be the same and you're to blame

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Always love ::  :: archives rp.-