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 [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through

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MessageSujet: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Ven 12 Mai - 14:43

now I will burn you back,
I will burn you through

Rosas

Though I am damned for it we two will lie
And burn, here where the starlings fly
To these white stones from the wet sky - ;
Dear, you will say this is not I -
It would not be you, it would not be you! (C. Mew)

L’ennui, c’est qu’à chacune de nos rencontres, il trouve le moyen de me retourner et le coeur et l’estomac. C’est vraiment un sentiment étrange, je ne serais pas capable de le décomposer, ni d’y trouver un sens, d’ailleurs. Tout ce que je sais… c’est que ça fait mal. C’est que j’ai beau m’ordonner de ne pas y songer, jamais, c’est bien évidemment ce à quoi mes pensées me ramènent sans cesse. Et je me remémore ses derniers mots et gestes de manière imprécise, un peu floue, et tout ce qui me reste de bien clair, ce sont encore ces fichues sensations. Le fait que ça ne va pas, ça ne va pas, ça ne va pas et c’est sa faute.
Il y a eu la surprise désastreuse des retrouvailles accompagnées d’effroi, torture. Puis sont venus les longs mois où tout était correct, on ne peut plus distant, et j’ai cru que ça irait malgré le fait que mes jambes tremblaient toujours de façon stupide. Maintenant c’est pire que tout. À savoir qu’on s’est traîné l’un et l’autre dans la boue, que j’ai été méchante et injuste et qu’il en a fait de même. Que je le déteste plus que n’importe qui d’autre au monde et que j’ai horreur de me sentir si vide depuis que ses bras m’ont de nouveau entourée.
Je le déteste n’est-ce pas ? Il m’a mise et laissée dans une sacrée situation – c’est mauvaise foi de ma part que de lui mettre toute la faute sur le dos, mais c’est facile.
À chacune de nos rencontres, il me faut des semaines pour m’en remettre – jusqu’à la prochaine. C’est infernal. Te souviens-tu de l’époque où sa pensée te revenait sans crier gare, abruptement, un peu pâle, comme un fantôme venu d’une autre vie ? Le traitement m’assommait. C’est ma vie maintenant, passé imposé au présent, passé ressurgi, passé mêlé, présent marqué. Avenir… l’avenir mais quel concept bizarre. Je ne parierais pas un centime sur quoi que ce soit qu’il arrivera demain.

J’ai fait un rêve avant-hier. C’est le dernier dont je me souviens. J’étais devant ma fenêtre et j’observais le paysage, devenu trouble et sombre comme lors de l’ouragan, et on me martelait : quelle est la couleur du ciel la nuit ? Quelle est la couleur du ciel ? De drôle de voix susurraient dans mes oreilles et je répétais après elles. Le ciel est rouge, le ciel est rouge, rouge, le ciel est noir caillots de sang.
Était-ce une prémonition ? Je me suis réveillée en sueur et avec une sensation de malaise insoutenable. Deux heures venaient juste de sonner, l’aube était encore trop loin. Je suis allée à la salle de bain, et c’est là que le soulagement est arrivé.
Je l’avais tellement attendu que je crois que ça m’a empêché de le ressentir pleinement. Ma paume formait un appui idéal pour ma tête épuisée, mon genou pour mon coude et le mur pour mon dos. Inspire, expire et souffle, c’est terminé.
Il est possible que mon corps ait déraillé, tout comme, j’y pense seulement… il est possible qu’il y ait eu quelque chose, mais que, comme ça arrive, elle n’ait pas parvenu à s’accrocher en moi. Avec le stress, avec la colère, je l’ai poussée dehors.
Je ne saurai pas.
Je ne saurai jamais.
Et d’ailleurs, je ne veux pas savoir.

Je joue à combien-de-temps-peux-tu-tenir-sans-fermer-l’oeil. C’était un de mes grands passe-temps à l’hôpital, ou plutôt, ça m’occupait l’esprit et m’évitait les cauchemars. Le principe est très simple : boire du café, compter les heures qui se transforment en jours. Au bout d’un moment, l’épuisement devient tel qu’on s’endort sans crier gare, et c’est l’assurance d’au moins douze heures de sommeil profond et calme. Le Graal.
Mais pour cette récompense douce et chérie, il faut passer du temps, un certain temps, éveillée, et notamment quand tous les autres dorment. Et c’est absolument terrifiant.
La nuit est un grand manteau d’encre percé çà et là, parfois, de quelques clartés lointaines. Elle noie dans ses replis les contours et jusqu’à la présence des choses et elle nous y enveloppe tous. À moi elle me fait peur. J’ai l’impression d’être enfermée dans une cellule moite et opaque, au bord de la noyade.
Quand donc viendra le jour ?
Je n’ai la tête à rien. Je ne peux pas lire, je ne peux pas travailler, je ne peux que déambuler dans toute la villa sur la pointe des pieds, en me sentant poursuivie par des monstres. Quand donc viendra le jour, gris matin, lumière adorée ? Il est encore si tôt. J’ai toute la nuit à écumer, et je la finirais à me taper la tête contre les murs si je reste enfermée ici. Veste, chaussures, trousseau de clefs, referme la porte avec soin, avec délicatesse. Oh, la soirée est un peu fraîche.

Il a dû pleuvoir légèrement. Le béton est plus sombre là où les gouttes l’ont piqueté et à certains endroits, ce sont carrément de grandes flaques noires pétrole qui s’y étalent.

Mains dans les poches, je déambule sans savoir vers où je me dirige. Vers quoi ? Les réverbères forment des halos chauds de lumière sur les trottoirs. Ça m’agace de croiser des gens, surtout de ceux dont on voit qu’ils ont un peu trop profité de leur soirée. Celui-là va réveiller tout le quartier à chanter Claude François. Laissez les gens dormir, laissez-les faire des rêves stériles et idiots ; ils ont tellement de chance.
Et maintenant, où vas-tu ? Où aller ? La ville est grande. Je peux faire des ronds concentriques autour des pâtés de maison, tourner systématiquement à gauche ou à droite, peu importe, ou encore trouver un plan sous les abribus et en fermant les yeux, pointer du doigt une destination.
Je veux aller quelque part qui sois une promesse d’ailleurs et un rêve de voyage. Quelque part qui exprime en lui mon vague à l’âme. La réponse vient d’elle-même. Le port. Je veux voir les bateaux paisibles. Cette image me fascine et m’appelle, irrésistiblement, comme si j’avais quelque chose à faire là-bas, comme si quelqu’un m’y attendait. Comme si c’était écrit par avance.

Leurs silhouettes gigantesques m’impressionnent. Le silence environnant est grave et m’intimide bien que de très loin, je perçoive d’autres bruits. Bien sûr. Je ne dois pas être la seule à traîner dans les parages. Ça n’est pas forcément prudent de me promener à une heure aussi tardive dans un endroit isolé. Je me promets de ne rester que cinq minutes, oui, juste, disons huit minutes. Face à la mer qui forme une grande flaque d’huile sombre et glauque, je cherche à distinguer sa limite d’avec le ciel. Les quelques éclairages voisins font briller les petites rides de la surface. Je frissonne. On entend le faible choc des remous contre les coques.
Huit minutes et tu t’en vas. Prends dix grandes inspirations de cet air-là, poumons bien ouverts, neuf, huit, sept… Ensuite je rentrerai à la maison, je m’assiérai dans l’herbe près de l’entrée et j’écouterai l’oiseau caché dans l’arbre en face. Six, cinq, quatre. Tranquillement jusqu’au matin. Trois, deux, un. Je fais demi-tour.
J’avance à pas rapides, comme pour fuir encore les monstres de l’ombre, mais je crois que j’ai tourné trop tôt à un moment. Je regardais ailleurs. Ça n’est pas du tout ma route. Hésitante, je fais quelques pas de plus en avant… et c’est là qu’une silhouette jaillit de l’obscurité. J’ai un sursaut brutal et manque pousser un cri de surprise.
Je le reconnaitrais dans le noir total, les yeux fermés, je reconnaitrais sa marque, sa présence, n’importe où, n’importe comment.
« Nickolas ?! »
Il y aurait eu de quoi crier d’effroi, pourtant. Son visage se découvre peu à peu, comme la lune, au fur et à mesure des nuits. Et je vois.
« Mon Dieu, ça va ? Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? »
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MessageSujet: Re: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Jeu 25 Mai - 0:05

   
Comment reprendre le cours de son ancienne vie, comment continuer, lorsque dans son cœur on commence à comprendre qu’on ne peut plus retourner en arrière.
Il y a des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu’elles se sont emparées de vous.




Souvent les gens confondent le désir et l'amour. Ils se sont fourvoyés dans des histoires inutiles, ont dilué leur identité, leurs valeurs dans de stupides aventures ou dans des idées trompeuses. Ils se sont perdus et, par là même, ont corrompu cette capacité d'entendre leur âme, de distinguer l'image de leur double. Dès lors, ils se trompent de vie, de route et de personne. Ils rencontrent un homme, une femme et, pour toutes sortes de mauvaises raisons, pensent qu'il s'agit de l'être qui leur était destiné. Pour des raisons esthétiques : il est si beau, elle est si belle. Ou sociales : ça se fait, je dois me marier, former un couple, je veux faire comme les autres. Pragmatiques, même : ce sera plus facile à deux. Commerciales également : notre société présente l'amour comme un produit de consommation. Souvent, pour toutes ces raisons à la fois et d'autres encore. Et, dès le lendemain de leur première nuit, ils commencent à s'évaluer. Ah, elle a fait ça, ce n'est pas bien, un point en moins. Tiens, il ne m'a pas dit ce que j'attendais, encore un point en moins. Ils deviennent peu à peu comptables de leur relation, et quand ils font le bilan, celui-ci est déficitaire. Ce qui devait être harmonie devient désaccord, se transforme en querelles et va jusqu'à la désunion. Alors, ils ferment boutique. L'amour, je te l'ai dit, c'est autre chose. C'est une complémentarité qui se révèle immédiatement ou avec le temps. Et on s'émerveille de ce que l'autre soit différent de nous et de ce que cette différence nous apporte, nous transforme, nous rende meilleur.

J'ai cru pendant un petit moment devenir quelqu'un, être important, pas à mes yeux, non : aux yeux des gens.
C'est toujours la même chose, ça part d'une bonne attention, on sait tous secrètement qu'aujourd'hui le bonheur ne se résume qu'à être aimé par tous ces gens, aimés eux aussi. On les voit, on les observe, on les envie d'avoir toutes ces choses que nous n'avons pas. Et puis, tout doucement, on commence à passer du rêve au réel désir, et du désir à l'acte. On devient quelqu'un à qui les gens voudraient ressembler, ce quelqu'un qui a une vie parfaite, des amis qui semblent tellement dévoués, présents. Oui, ceux qu'on voyait, à qui on rêvait de ressembler ne sont plus là pour guider nos désirs, pour nous rassurer. On est là, les gens nous regardent. Alors pourquoi se sent-on aussi misérable, encore plus seul qu'avant? Pourquoi réaliser seulement après que les gens ne sont pas tous bons, qu'ils ne nous veulent pas tous du bien? Pourquoi se croire aussi important, c'est vrai, on a pas découvert l'Amérique, on a pas marché sur la Lune. Voilà, on est admiré pour quelque chose, quelqu'un que nous ne sommes pas, quelqu'un que nous ne sommes plus, puisque que ce n'est que lorsqu'on a atteint notre but qu'on réalise ce qu'on a laissé derrière, tout ce qu'on a perdu. Du temps qui s'est échappé dans ce sablier géant, j'ai cessé de les compter les heures passés enfermer derrière ce bureau, à monter les échelons pour devenir directeur avant la trentaine. La réussite professionnel, ah ça oui, mais sur le plan sentimental je suis brisé, de l'intérieur. Mon cœur n'agit que comme ce qu'il est censé être une pompe, faisant circuler l'oxygène dans mes tissus, rejetant le dioxyde de carbone et ça s'arrête-là, mais au fond il est ouvert de plusieurs blessures. Des plaies profondes par endroit, dû à la disparition d'une mère qui a toujours tout fait pour mon bonheur, travaillant plus pour me payer une paire de basket de marques. Se privant durant les premières années de ma naissance de toute vie sociale. Elle était tout ce que j'avais encore plus après ma séparation avec Rose, je la vois encore me dire lors de ses derniers jours, ses bons jours, que je ferais ma vie avec, que ça ne peut pas être autrement, mais pour l'heure il semble qu'elle se soit trompé.

Faut être fou pour tomber amoureux. C'est quoi le but ? On va où quand on aime ? Nul part. On avance mais on sait pertinemment qu'un jour ce sera fini, on sait qu'on va souffrir, qu'on aura le cœur brisé mais on continue d'avancer. On fonce dans le mur et on aime ça. On sourit, on rit, on est heureux. On est fou. Une bande d'aliénés drogués à l'affection, à l'odeur de la personne qu'on aime, à ses lèvres, ses bras, ses mains sur nous, son regard, son sourire. On est tellement accroc qu'on parvient pas à décrocher même quand on le doit, nourrissant une relation disparu par le souvenir. Craquant lorsque la situation se présente, c'est ce qu'on avait fait avant que je n'embarque à bord d'un bateau de Sea Shepard. Dès mon retour il avait fallut que je rencontre la jeune femme après une plongée dans les fonds marins, un affrontement sur une possible grossesse et son obstination à ne pas vouloir de mon aide. Elle voulait pas de moi, ni dans sa vie, ni pour l'épauler, elle avait été clair là-dessus.

Une occupation que j'avais commencé à la mort de ma mère, participer à ses combats pour combler la souffrance, une souffrance qui ne sortait pas, les coups que je supportais sans nul mal, c'était la même chose ce soir. Mon corps bouillonnant de rage pour mon première amour, j'éprouvais le besoin de me dépenser, de cogner encore et encore, toujours plus fort. C'était sans compter que ce soir n'allait pas être la même soirée, oh ça non, 1m86 une armoire à glace, plus de muscle que de gras. J'avais beau le frapper il restait stoïque, ses poings venant me cogner, sentant ce goût ferreux se mêler à ma langue. Tombant à terre, mais nous n'étions pas sur un ring de boxe légale, le match prend fin au ko. Ses jambes ce sont les dernières images qui me parviennent avant la pénombre. Relevant mes paupières contre un bâtiment du port, appuyant sur mon bras pour me relever, un t-shirt blanc caché sous un jogging rouge tâché de sang et soudain sa voix, elle me parvient si lointaine avant que son visage n'apparaisse. « Rose » étais-ce l'un de ses mirages ? Je m'avance, sous un lampadaire illuminant les rues, j'ai aucune idée des dégâts, pourtant j'ai le sourcil ouvert tout comme ma lèvre, mes pommettes sont bleus/violettes. Je n'ai pas la force de l'envoyer balader ni de me montrer horrible avec. « ça va et toi ? Rien de spécial... une soirée mouvementée. » soufflais-je, mon bras venant se perdre dans ma chevelure corbeau, légèrement embarrassé, c'était un secret connu uniquement d'une seule personne qui venait voir ses combats. « Qu'est-ce tu fais dans ce quartier … en soirée … c'est pas très fréquentable. » affirmais-je et je savais de quoi je parlais, déjà en étant un homme on se retrouve si facilement mêlé dans une bagarre, mais une femme peut se retrouver dans une situation tellement pire.
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MessageSujet: Re: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Ven 26 Mai - 22:00

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La vie au fond… c’est la répétition de schémas déjà vus avec d’infimes variations. Je veux dire par là que tout le monde tombe amoureux, tout le monde souffre à un moment ou à un autre. Et cetera.
Ceux qui prétendent le contraire mentent ou sont amnésiques.
On s’échange des regards entre parfaits inconnus ou vieilles connaissances et on se parle, les mots tombent de nos bouches comme s’ils n’avaient pas été pensés auparavant. On ébauche des figures de danse avec les autres : un coup on s’éloigne, après on se rapproche. Chassé-croisé, ballet. Et il arrive que la chorégraphie vous éloigne de certains pour toujours. La ronde vous force à saisir d’autres mains aux poignes molles ou fermes. Quelle importance aura pour vous le visage auquel elle appartient ?
Le grand mystère est là. Comment, se sachant soi-même faible et contradictoire, peut-on laisser d’autres personnes semblables prendre une telle place dans son existence ?
À croire que nous aimons souffrir. Ou que nous sommes d’incorrigibles rêveurs : nous devons tous espérer que nos histoires seront différentes des autres, exemptes de pertes et de déceptions. Que notre histoire sera la belle, le conte de fées. Celle qui donnera envie au reste du monde.
Et on se bat, on sort les griffes ou l’on implore, on joue des coudes, on poignarde dans les dos pour l’obtenir. On est capable d’à peu près tout – et qui dit du meilleur inclut également du pire.
La vie, au fond, c’est tenter de reproduire le schéma originel avec ses propres paramètres. C’est construire son histoire, et quand on touche au but, c’est parvenir à la maintenir. Ça doit être très doux. On doit se sentir comme un dieu parvenu à ce point.

Je suppose parce que pour ma part, je me suis perdue sur la route.

La nuit, il est beaucoup plus facile d’accepter l’idée de sa déchéance. C’est différent du jour, où, qu’il soit d’une clarté parfaite ou au contraire sombre et lourd, l’angoisse s’accroche dans la gorge en empêchant l’air d’y passer, mais où l’espoir persiste à hurler seul dans son coin. Ça peut aller, qu’il crie. Ça peut aller. Accroche-toi au radeau et laisse passer la vague. C’est absolument abominable d’osciller ainsi entre la franche noyade et les reprises de souffle, arrachées au mal-être. Seconde après seconde, ça va mal de toute manière. Ça va mal et il n’y a rien à faire.
Le moment le plus terrible n’arrive qu’au déclin du jour, quand le ciel se revêt de couleurs pastel. Du rose et du bleu, un peu d’orange, plus vif, à l’horizon. Le soleil plonge droit vers sa ligne, à sa mort. Je ne sais pas pourquoi ça m’est aussi insupportable. Si j’ai le malheur d’être à ma fenêtre durant son agonie… alors je me mords les doigts pour me forcer à ne penser qu’à la douleur, pour me punir aussi, d’être aussi bête et malheureuse. J’aimerais que la trace de mes dents reste imprimée sur mes phalanges pour lui donner des airs de dentelle, mais voilà, elle finit par s’estomper. Comme la douleur réelle s’en va. Pas la mentale, la pire de toutes, qui elle m’étouffera sans doute toujours.
Et la nuit vient.
Le bleu du ciel se fait imperceptiblement plus sombre. De teintes en teintes, toujours plus basses, apparaissent les premières étoiles. C’est alors que toutes les lumières s’éteignent aux fenêtres des autres que dégringoler devient de plus en plus évident. Je suis seule. Parfaitement seule ; et tant qu’il fait si noir, à l’intérieur comme au-dehors, tout ce que je vois pour l’avenir… n’est rien d’autre que l’idée de partir en flammes.
Le papier, quand vous l’approchez du feu, s’embrase immédiatement. Le bout s’en racornit et devient d’un noir de charbon, un peu gris au bord. C’est fascinant à voir. La grande langue orange le lèche et avance, et ne laisse derrière elle qu’un amas de poussière. En y touchant, on s’aperçoit que la cendre de mots colle aux doigts. Et si on souffle dessus, elle s’envole, minuscule, invisible ; les mots brûlés disparaissent.
C’est invivable.

Les quelques lampadaires parsèment la nuit de lueurs de ci-de là, tels des lucioles, sauf que bizarrement, je les trouve effrayants. Ils font luire l’asphalte humide de pluie et de petites ridules à la surface de l’eau ; certains contours des coques des bateaux, et même, il y en a un qui fait jaillir en pleine lumière un visage que je connais trop bien.
Si je m’attendais à ça.

Ça va et toi. Une soirée mouvementée. Il se fout de moi. À mesure que le halo chaud du lampadaire chasse l’obscurité de sa figure, je me tétanise. Mes yeux courent de son arcade sourcilière, de toute évidence ouverte, aux marques qui couvrent ses joues, au… mon Dieu, au sang sur son pantalon. Tout en le détaillant ainsi, effrayée, interdite, je cherche une explication possible à ces blessures, une explication qui rentre dans le concept de normalité. Quelque chose qui ne soit pas horrible.
C’est naïf de ma part parce que le doute n’a pas sa place ici. À une heure aussi avancée de la nuit, dans un endroit isolé, un homme qui se vide de son sang ne peut le faire que pour une seule raison.
Je comprends tout juste que s’il a cet air aussi étrange et cette voix pâteuse, c’est parce qu’il doit être complètement sonné.
Et je dois agir, je dois faire quelque chose. Quoi au juste ? Aucune idée. Mais on ne peut laisser personne dans un état pareil sans secours. Seulement, l’air froid de la nuit a engourdi mes muscles, le vent m’a pénétrée, il faut croire, et sa vue m’a pétrifiée. Lorsque ma bouche finit par s’ouvrir de nouveau, les mots en sortent lourdement et sans que je les entende distinctement moi-même.
« Je te retourne la question. »
Cet endroit n’est pas plus fréquentable pour lui que pour moi. L’aspect protecteur de son interrogation me glace. Visiblement, l’un d’entre nous n’aurait vraiment pas dû s’aventurer ici et ce n’est pas celui qu’on pourrait tout d’abord croire.

Au dessus de l’un de ses yeux, la lumière fait luire faiblement la blessure sanguinolente. C’est sinistre. C’est ce reflet, tout juste insupportable, qui me pousse à réagir de nouveau.
« Tu saignes. »
Le premier prix de la perspicacité est pour moi. Voilà une remarque qui doit lui en apprendre beaucoup sur son état et qui va nous permettre de faire avancer les choses. Bravo.
« Tu as été agressé ? »
Il y a des bruits de voix, pas très loin de nous. Sur le qui-vive, je tends l’oreille, mais je ne parviens pas à en déterminer la source. Est-ce qu’elles se rapprochent, elles s’éloignent, elles marchent en parallèle ? Je l’ignore. Mais il y a tout de même une évidence : il faut partir d’ici. Prise d’un élan subit, je vais pour lui prendre le bras.
« On ne peut pas rester là… est-ce que tu te sens de marcher ? Il faudrait que tu voies un médecin, à mon avis. »
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MessageSujet: Re: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Ven 9 Juin - 23:11

   
Comment reprendre le cours de son ancienne vie, comment continuer, lorsque dans son cœur on commence à comprendre qu’on ne peut plus retourner en arrière.
Il y a des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu’elles se sont emparées de vous.




On a absolument rien à faire pour mourir.
On peut passer notre vie caché derrière un placard ou sous un escalier et elle nous trouvera quand même. La mort apparaîtra vêtue d'une cape invisible et nous chassera d'un coup de baguette magique au moment où on s'y attendra le moins. Elle effacera toute trace de notre existence sur cette terre et effectuera tout ce travail gratis. Elle ne demandera rien en échange. Elle tirera sa révérence a nos obsèques puis disparaîtra.
Vivre, en revanche, C'est un peu plus compliqué. Il existe une chose qu'on doit tous faire. Respirer.
Inspirer et expirer, chaque jour. Chaque heure. Chaque minute et seconde. On doit le faire, qu'on en ai envie ou pas. Même quand on prévoit d'étouffer nos espoirs et nos rêves, on respire quand même. Même quand on dépérit et qu'on vent notre dignité à l'homme au coin de la rue, on respire. On respire quand on à tort, on respire quand on a raison. On respire même quand on glisse de la corniche vers une fin prématurée. Impossible de faire autrement.
Alors je respire.

Des erreurs, on en fait tous. En général, ça part d'un bon sentiment, on veut garder un secret pour protéger un être cher, ou prendre de la distance par rapport à la personne que l'on est devenue. Parfois on ne sait même pas comment on a fait pour en arriver là. Mais il arrive aussi que l'on se rende compte de notre erreur juste à temps pour rectifier le tir. Dans tous les cas, les erreurs ne restent jamais sans conséquences, elles nous donnent une leçon que l'on aurait pas retenu sinon. Et avec un peu de chance, on ne retombe pas dans le panneau. Pourtant il arrive qu'on continue de faire des erreurs, on essaye de s'en sortir mais comment faire ? Il n'y a pas de panneau de sortie, on s'est enlisé dans cette merde qui nous complet, on ment à tous le monde et à soi même en premier.

Y'a des gens comme ça, qui nous donnent le sourire sans le faire exprès. Des gens dont vous ne connaissez pas spécialement toute l'histoire, mais qui par leur simple présence nous englobent de bien être, parce qu'ils font partie d'une routine agréable, comme une chanson. Y'a des moments comme ça, où on se dit que finalement, la vie vaut la peine d'être vécue, juste pour les avoir connu. Juste pour penser "J'aime ces gens plus que tout au monde, ils sont devenus mes habitudes, mes sourires, mes rires, ils ont creusés des fossettes sur mes joues, ils m'ont faite pleurer, ils m'ont relevée. Et bizarrement, je ne sais pas vraiment pourquoi, je pense qu'ils m'aiment aussi." Et peu importe si les tic tac des horloges résonnent dans nos oreilles. Le temps bientôt nous volera tout ça, il se moquera de nous, il nous séparera, nous réunira, nous déchirera. Mais avoir ressenti ça, c'est une extase, un plaisir, un bonheur, c'est une explosion d'étoiles, un véritable feu d'artifice dans le coeur. C'est l'effet qu'elle a sur moi Rose, même si parfois je la déteste, le simple fait de la voir émet une chaleur dans tout mon corps, c'est étrange, inexplicable à la fois.

C'est étrange de passer à côté de quelqu'un en lui adressant juste un sourire, en se souvenant qu'avant cette lumière était multipliée par mille. C'est étrange de regarder quelqu'un marcher de loin et de se rendre compte qu'on ne reconnaît plus sa démarche, alors qu'elle nous était tellement familière quelques temps plus tôt. C'est déroutant de discuter avec une personne qu'on aimait et de réaliser que sa vie est différente, qu'on ne connaît plus rien d'elle, et que d'autres gens nous ont remplacés. Et c'est terrible de comprendre que rien de tout cela ne peut être prévu, et que chaque personne à qui l'on tient s'éloignera peut-être un jour, malgré l'évidence de sa présence. Rose avait fait comme tous les autres, j'ignore pourquoi mais j'avais pensé qu'avec elle ça serait différent, qu'elle serait la seule à ne jamais m'abandonner, j'avais tord. Elle est partie, a changé et depuis je ne la comprends plus et malgré ça mon corps entier continue de la réclamer, c'est à ne rien y comprendre.

« moi je suis un homme, je suis à mène de me défendre … on dirait pas là comme ça mais bon. » un rire cristallin qui sort entre mes ivoires, tentant de faire de l'humour, éviter les questions qu'elle tente de me poser. Il n'est pas possible qu'elle découvre mon secret, il fat trouver un mensonge et vite.
« on peut dire ça comme ça, tu sais les mecs bourrés qui cherchent la provocation y'en a de partout, mais t'en fais pas c'est rien. » oui ça c'était possible, c'est pas une nouveauté ce style de situation, les homme qui aiment se battre une fois leur sang composé d'un taux anormalement élevé d'alcool, c'était ce qui m'était venu instantanément, je n'allais pas lui dire que j'avais rendez vous dans un entrepot, miser du fric pour me faire tabasser ou remporter la victoire en mettant l'autre ko, cette part d'ombre qui était venu après notre séparation, après la mort de ma mère. Certains font du yoga, vont parler à un psy, moi, moi je me dépensais, je haïssais la vie et la provoquer.
On s'est évité une rupture déchirante et violente. Pas besoin de se haïr pour passer à la page suivante. Les belles histoires font des souvenirs et on a les nôtres. Mais aujourd'hui faut se le dire, on est défait l'un pour l'autre. L'amour est partie, on ne fait pas semblant. Tout n'est que nostalgie, je t'aime en noir et blanc. Plus besoin d'entendre ta voix. Je dis pas ça pour provoquer. Mais pourtant au fond de moi je veux juste te manquer. Quand les plaisirs se glacent et effacent les encore. Quand tous nos face à face deviennent des torts à torts. Faut savoir arrêter, je te souhaite même du bonheur. Pas envie d'pleurer, j'ai juste un chagrin d'humeur. On s'fait une double peine, l'amour était en sursis et la sentence est ferme, j'ai pris un an avec soucis. Il nous fallait un terme, l'avenir ensemble était bloqué. Mais au fond de moi quand même, je veux juste te manquer. C'est... C'est un drôle de sentiment, je suis pas sûr que ce soit bien. Mais je veux être... Un peu plus qu'un souvenir dans ton futur quotidien. En fait, j'aimerai te pincer le cœur à chaque fois que tu me revois à tes côtés. Tout comme tu le fais avec le mien, du moins ton image ancré dans ses souvenirs qui m'appartiennent.

Vous la connaissez, cette sensation ? Celle d'avoir l'impression d'être toujours le second choix, le dernier d'une grande liste. Celle de se sentir minable, de penser qu'on ne compte pas autant qu'on l'aurait voulu. Cette sensation d'épuisement et puis, celle de n'être jamais assez bien. D'avoir la sensation d'être toujours le seul à s'attacher et puis, de tomber de haut. D'être toujours mit de côté, d'être seul. Cette sensation qui ronge et puis, qui donne à penser que c'est de notre faute, que ça a toujours été de notre faute et qu'on a pas su garder ce qu'on croyait acquis. Celle qui nous poignarde dans le dos, celle qui nous fait du mal parce qu'on se rend compte qu'on a été naïf. Naïf de croire qu'on pouvait peut être manquer à quelqu'un, qu'on pouvait compter pour quelqu'un. Cette sensation de bon à rien, de songer que quoi qu'on fasse, ça n'aura jamais autant d'importance que si c'est l'autre qui le fait. Cette sensation de vide, de solitude. De ne jamais être là au bon moment, d'être toujours renfermé sur nous même. D'être fautif, de l'être toujours. Cette sensation d'être entouré mais seul. Celle de n'être qu'une pièce facultative d'un puzzle qu'elle a été toute notre vie.

« oui j'me sens, juste besoin d'anti douleur et de pansement. » peux-être aussi de points de suture pour cette arcade sourcilière dont ce liquide fluide et vif ruisselle sur mon épiderme, c'est marrant la dernière fois c'est moi qui l'avait sauvé d'une catastrophe, jouant les héros, cette fois-ci les rôles sont inversés. Je me redresse, cette douleur me lance un peu sur les côtes, mais ce ne rien comparer à celle qui danse au fond de cette cage thoracique, ma main appuie sur le côté gauche, tentant d'adoucir la douleur, c'est peine perdu. Je marche à ses côtés doucement. « On va où ? » demandais-je, la suivant les yeux fermés, alors que des pas me parviennent, deux ou trois personnes plus ou moins.


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MessageSujet: Re: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Mar 13 Juin - 18:28

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« Non, en effet… on ne dirait pas. »
Ma voix est glaciale.
J’ai déjà ressenti cela, ce fameux soir où tout a commencé à basculer d’un côté et de l’autre du comptoir du CLP. Une sorte de pincement quelque part à gauche, au-dessus des côtes – ça s’appelle le coeur. La douleur se diffuse en cercles concentriques dans tout mon corps, et dans ma bouche, elle a le goût aseptisé de l’inquiétude.
Les mots qu’on s’échangeaient se sont fait flous dans ma mémoire. Je me rappelle seulement qu’il y a eu un moment, entre deux coups de poing verbaux, où il m’a dévoilé un visage fragile crispé par la souffrance. Je n’ai pas su pourquoi. Il n’a pas voulu le dire ; mais toute mon âme s’est élancée sans réfléchir droit vers cet homme venu noyer sa peine au fond des verres. Et mes bras grands ouverts ont fini par s’abaisser et se sont refermés d’eux-mêmes. Seulement, j’ai saisi l’évidence.
Je me fais du souci pour toi, Nick. La seule façon supportable de t’imaginer hors de mon univers est le sourire aux lèvres, et puis… ce n’est pas parce qu’on ne peut plus être ensemble, que je n’ai plus le pouvoir de faire quoi que ce soit que j’ai envie de lire ta notice nécrologique dans le journal demain matin.
Bien au contraire. Reste en vie, tentons d’oublier ces relents de déprime que tu parviens à me causer et fais plus attention à l’endroit où tu traînes, la nuit.

Rien que de songer à ce qui a dû se passer il y a peu dans cet endroit obscur est épouvantable.
« Il y a rien et rien, en l’occurence… tu ne peux pas rester comme ça. »

Je parlais de la nuit. La nuit est une coupole bleue-noire au-dessus de nos têtes, quelque chose qui étrangle et pousse à se résoudre. La nuit jette ses filets sur le monde durant la moitié de nos vies. La nuit fait rejaillir nos instincts poétiques et ce qu’il y a de pire dans la nature de l’homme : les rires tonitruants et gras, l’échauffement dans les veines, les allures menaçantes. Tout ça parce que la lune n’est pas un astre et qu’elle n’est pas capable de nous éclairer quand l’autre a fini de dépérir.
La nuit, la nuit, la nuit. Il y aurait tant à dire sur ses côtés retors et cauchemardesques. Parfois la nuit vous fait faire des rencontres imprévues au coin des rues, des surprises qui se soldent par des blessures multiples ou votre bras que vous glissez sous celui de votre premier amour, pour vous faire sa béquille.
Il n’a pas besoin de moi. Je m’écarte ; un vent glacial paraît s’engouffrer dans ces quelques centimètres entre nous.
À quoi est-ce que je joue, au juste, à l’infirmière ? Il m’a sauvée une fois ; ça semble à des années d’aujourd’hui à cause de tout ce qui s’est passé entretemps, mais ces années ne sont en réalité que des semaines. Et l’insomnie, le destin malin aux desseins si curieux, semblent m’avoir attirée ici, ce soir, sur sa route, pour que je puisse payer ma dette.

Où allons-nous ? Je n’en n’ai pas la moindre idée. Je sais juste que des voix s’approchent, que le bruit de nos pas est en décalé des leurs et que ça donne l’impression que nous sommes poursuivis. Je sais que l’action d’avancer est mécanique, pied devant l’autre, l’inverse maintenant, que ça permet de fixer son attention sur les plaques des noms des rues. Pas question de me perdre une nouvelle fois, même si j’ignore vers où nous nous dirigeons, en fait.
Où allons-nous ? Pansements, antidouleur, où allons-nous ?
Et pense et réfléchis, tourner par là ou pas, pense et réfléchis pour tous les deux, et rapidement.
« Je n’habite pas très loin. »
À partir de l’instant où cette phrase est lâchée et durant toute notre marche silencieuse, je me mets à me mordre violemment la lèvre inférieure, allez comprendre pourquoi. Mes yeux dérivent sans cesse au coin des immeubles pour voir les plaques et non pas lui, alors que sa présence forme un aura chaud juste à ma droite dont je reste par trop consciente. Mais le vent froid me fait frissonner de temps à autre.

Nous voici à l’endroit où je m’imaginais revenir m’asseoir en solitaire tout à l’heure, m’asseoir et attendre que les oiseaux viennent sonner le lever du jour et la fin des terreurs. Je jette un coup d’oeil à ce qui aurait dû être ma place contre le mur de la maison et j’efface cette image hypothétique.
Ma main tremble au moment d’ouvrir la porte. C’est ridicule. Je suis forcée de me concentrer et de raffermir ma prise autour de la clef pour parvenir à la tourner dans la serrure. Mais aussitôt lâchée, les tremblements reprennent. Et ma canine se défoule encore joyeusement sur ma lèvre.

Dans la villa, on entre directement au salon ouvert sur la cuisine. Je me dirige droit vers l’interrupteur contrôlant les ampoules au-dessus du bar, qui produisent une lumière douce mais suffisante. Un halo d’éclairage au coeur du reste de la nuit.
« Sers-toi si tu veux quelque chose… je reviens tout de suite. »
Sans plus attendre, je grimpe à l’étage, montant les marches de l’escalier deux à deux. Une soudaine énergie désagréable m’habite tout à coup, j’ai besoin de l’évacuer. Tout aussi rapidement, je vais à la salle de bain… il n’est pas nécessaire d’éclairer. Le miroir reflète le portrait gris de quelqu’un d’assez laid, à l’air malade, ivoire plantée dedans la lèvre. Ce n’est pas le but, ne t’attarde pas. Je fouille l’armoire à pharmacie une bonne minute avant de rassembler antiseptique, compresses, pansements et cachets contre la douleur, et je redescends sans perdre un instant de plus.

Sous un éclairage correct, je trouve encore pire de voir son visage tuméfié. Penser qu’on a… ne pense donc pas. Arrête de toujours réfléchir. Je dépose mon chargement sur la table, et, un peu troublée, lui tourne ensuite le dos. Hé… que fait-on lorsque l’esprit s’emballe et trébuche ? On se concentre sur la première chose innocente à portée d’iris et on tente très fort de faire le vide. Élémentaire. Ça marche toujours.

Sur le bar, un bouquet de pivoines dresse fièrement ses tiges vers le plafond, alangui dans un large vase de verre. Toutes les fleurs ne sont pas ouvertes. Il y en a une encore refermée, qui ressemble à un petit poing blanc plié, un petit poing à la peau douce et plissée telle un mouchoir. C’est inutile, mais je pousse le vase à deux mains quelques centimètres en arrière, peut-être histoire de n’avoir pas besoin de réfléchir durant ce laps de temps. Au passage, je tente de saisir les effluves des boutons – leur parfum est sucré et évanescent. C’est peine perdue. Je suis trop loin.
Derrière le premier plan des fleurs, de la surface plane du bar, le salon sombre s’ouvre – plancher, canapé, autres meubles, dans ce coin, l’accès à l’escalier. Sa silhouette noire se détache sur les dernières marches. Souplement, mon chat en saute et s’avance dans la pièce. Le ballet de ses longues pattes au rythme lent, parfaitement mesuré, me fascine. Il s’arrête brusquement à quelques mètres, exactement en face de moi, et tourne la tête de mon côté. Il a deux pierres précieuses, deux onyx éblouissants au lieu de yeux, à cause de la lumière. Son regard me transperce.
Est-ce mon passage éclair à l’étage qui t’a réveillé, Pip ? Est-ce l’heure de ta collation de nuit ou sont-ce nos auras perçus depuis là-haut qui t’ont attirés ici ? Il se croit peut-être obligé de jouer les chaperons, et au vu de l’étrange symétrie qui est train de s’opérer, il a sans doute raison d’être sur ses gardes. Mais c’est une prévention inutile, Pip chéri. J’ai retenu la leçon, et puis, de toute manière, que veux-tu qu’il arrive, puisqu’on se déteste tout les deux.

Je suis déjà restée trop longtemps immobile, le vase entre les mains et le regard fixé sur celui de mon chat, l’esprit évaporé à deux univers d’ici. Beaucoup trop. Je me retourne pour ne plus regarder que Nickolas, la seconde se suspend, je ne sais ni que dire ni que faire. Et toujours je me mordille cette lèvre qui ne se décide pas à se fendre – pour que j’ai mal vraiment, autre chose que l’angoisse, pour que je saigne aussi, pour que je sois blessée, dans un moindre mesure.
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MessageSujet: Re: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Dim 18 Juin - 23:35

   
Comment reprendre le cours de son ancienne vie, comment continuer, lorsque dans son cœur on commence à comprendre qu’on ne peut plus retourner en arrière.
Il y a des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu’elles se sont emparées de vous.





Quand les gens sont mal dans leur peau, ils se raccrochent à n'importe quoi. A l'alcool, au hasch, à la coke, aux chats, aux blogs, à n'importe quoi pour ne plus rester seuls, avec quelqu'un qu'ils ne supportent plus: eux-mêmes. C'est pour cela qu'ils sont si nombreux à rechercher maladivement une façon de sortir de soi, d'échapper à ce tohu-bohu d'idées qui se bousculent dans leur tête jusqu'à les rendre fous. Pour moi ce fut les combats clandestins qui changent d'endroit à chaque fois pour ne pas être arrêté par les forces de l'ordre, taper pour sortir la haine, la rage, la colère, pour se soulager, se sentir plus léger, ou au contraire ressentir la douleur. On frappe encore et encore, parfois on gagne, parfois on perd, c'est le jeu, les candidats ne sont pas tous dans le même gabarie, on ne suit pas les règles officiels. Pas de catégorie de poids, alors des maigrichons peuvent se retrouvent avec des armoires à glace ainsi de suite vous avez comprit le schéma. Ce qui m'est arrivé ce soir, c'est fou comme dans l'adrénaline de l'instant on ne sent rien, on a beau nous casser le nez, entendre le crac des os ça ne fait rien. Seulement une fois l'excitation retombé, on les sens les douleurs, celles qui sont bien placé, les côtes et le nez, le reste passe souvent inaperçu c'est que lors d'une douche ou devant un miroir qu'on observe les hématomes. Comme en ce moment ressentant une violente sensation sur le coté gauche, mais rien ne servait d'alerter ou d'inquiéter la jeune femme qui j'ignorais pourquoi me venait en aide avec les dernières confrontations que nous avions eu … « pourquoi tu te soucis autant de moi avec le mal que j'te fait ? » soupirais-je devant l'insistance qu'elle mettait à vouloir m'aider, ne comprenant pourquoi elle agissait ainsi, je n'avais guère prit de pincette avec elle dernièrement laissant les mots dépassés ma pensée ou lui faire entendre ce qu'elle désirait.

Les tournesols, c'est comme les gens. Certains grands, certains petits. Se suivant tous têtes baissées comme des moutons au bord de la falaise. Chaque fleur est placée à la place qui est choisie pour elle et non par elle. Sans qu'elles en aient le choix. Mais parfois, un des tournesols relève sa tête, s'affirme comme s'il s'exclamait "Regardez moi bien, je vais changer votre vision du monde. Moi je veux changer ce même monde!" Pendant que ceux-ci font leurs discours, d'autres, la tête en l'air, nous dévoilent leur cœur l'air rêveur. Les deux dernières catégories que je vous ai citées sont sûrement les plus méritantes. Ce sont celles qui offrent de la couleur au monde. Qui osent montrer qu'être différent est un gros avantage.  Dés à présent je ne vois plus un champ de tournesol de la même façon qu'avant." J'ai envie de changer le monde, de permettre à des enfants de rêver par le choix des histoires que je sélectionne, je veux qu'arrivé à la fin de la dernier ligne ils se disent « c'est déjà fini ? » et qu'ils en redemandent encore, je veux que chaque enfin se retrouvent dans une histoire tout comme je l'ai fait à chaque livre que j'effleurais de mes doigts. Je suis certain que lorsque nous publierons le livre de Rose, il fera cet effet là à toutes ces petites têtes, j'aime sa façon d'écrire, le rythme qu'elle y met, son imagination qui me renvoie dans cette enfance où j'étais partiellement heureux, ou la lecture était mon échappatoire à cet enfant maltraité que j'étais. Un livre qui demandait quelques retouches par-ci par-là mais qui se rapprochait de la perfection. Mes pas résonnaient au sien dans un silence symbolique et un peu effrayant au fond, les bruits aux alentours parvenant au fond de mon tympan, des voix masculines me rendant paranoïaque quant à un compte que je n'avais pas eu dans la totalité. Je devenais peux-être parano, pour autant je ne voulais pas que la jeune femme se retrouve dans cette situation par ma faute si ça devait se passer. Mon secret serait mis à mal … et pas que. Chanceux nous parvenons jusqu'à sa villa sans entrave particulier, celle-ci me déclarant qu'elle montait en haut et que je pouvais me servir à boire si je le désiras. « Je peux fouiller pour boire donc. » affirmais-je dans un sourire, l'observant monter les marches jusqu'à l'étage. On sourit tous pour quelque chose. Pour dire bonjour ou juste merci. On sourit quand ça va bien, mais quand ça va mal aussi. A ceux qu'on aime, à ceux qu'on ne connaît pas forcément. Aux amis, aux amours, aux connaissances. On sourit bêtement, à la va-vite, quelques fois pour éviter d'éclater de rire. Parfois il est juste pour nous; comme le matin, devant la glace, ou pour nous rassurer, nous dire que tout va bien. On sourit pour offrir un peu de soi, pour rester dans le cœur des gens encore un petit moment. Illuminer leurs vies peut-être un instant.
On sourit à tout va. Au jour suivant. Aux souvenirs d'avant. Aux rayons du soleil levant.
Tous on sourit, pour quelque part donner un sens à notre vie. Seul dans la cuisine j'ouvrais les portes placards à la recherche d'un verre, sésame en poche il me fallait de l'alcool, se besoin pléonastique en cas de problèmes ou par simple habitude. Que j'obtenais avec plus ou moins de difficultés, mes lèvres se portant au bord, laissant le liquide venir me brûler la gorge. Mes doigts glissant sur mon haut pour le relever légèrement observant ses tâches violettes au niveau des côtés, un soupire s'échappant de mes lèvres alors que je voyais la jeune femme au bas des marches m'indiquant de la suivre pour me soigner.

« Rose … merci pour tout ce que tu fais. » murmurais-je dans un timbre doux avant de reprendre « et je suis désolé pour toutes les mauvaises paroles blessantes que j'ai pu te dire et que je ne songeais pas une seule seconde. » ressentant le besoin de faire tomber le masque, de faire tourner le calumet de la paix, j'étais fatigué de me battre avec elle alors que je ne souhaitais qu'une chose s'était de la serrer dans mes bras.


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MessageSujet: Re: [Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through Mer 21 Juin - 9:33

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Pourquoi ? Pourquoi donc. Je me pose cette question aussi, en vérité, je m’en pose huit mille autres. On passe notre vie à se demander pourquoi et à ne rien comprendre.
Pourquoi tout doit se dérouler ainsi. Pourquoi ce soir, pourquoi cette nuit ? Pourquoi ne puis-je pas sommeiller en paix ? Pourquoi le port, pourquoi je le retrouve partout où je mets les pieds. Quelle idée le destin a-t-il en tête ? Je ne crois pourtant pas à son existence, mais j’ai tendance à virer mystique depuis un moment. C’est plus facile d’accuser les astres, de montrer le poing au sort, quand tout semble partir en miettes, quand tout paraît aller toujours un peu plus mal.
Pourquoi, pourquoi, il y a tant de choses que j’aimerais demander à la Lune, mais c’est loin d’être l’endroit ou le moment. De toute manière, elle ne répondrait pas. Elle garde le secret sur ses configurations. Je reste avec mes points d’interrogations tombant en cascade comme des comètes dans mon esprit, avec toutes mes incertitudes dont le préfixe ne s’enlèvera jamais.
« Tu as fait la même chose pour moi. »
Il n’y a même pas, un mois, deux ? Je ne sais plus quand est-ce que c’était au juste. Pourtant, Dieu sait que je n’ai pas cessé de compter les jours qui nous séparaient de l’erreur, au temps où il était possible qu’elle ait de grosses conséquences. Mais j’ai tout oublié, j’ai égaré le compte au moment où la peur s’est évanouie dans la nuit, la nuit couleur de sang.
« Et arrête de t’auto-flageller comme ça. »
C’est bizarre, l’idée qu’il s’accuse de me faire du mal sans arrêt. C’est peut-être véridique, certes, mais plus ou moins voulu, et si on fait soupèse des deux côtés… ça n’est pas tout à fait ma faute, cependant j’ai dû le faire bien plus souffrir par le passé qu’il ne pourra jamais ne me le rendre.
C’est bizarre, cette idée, et c’est désagréable. Je déteste penser… que son image de lui-même peut être dégradée.

Nous parvenons à la villa au terme d’une marche silencieuse et cadencée dans les rues toutes désertes.

Oh, j’ai jeté ces mots… par automatisme, pour faire l’hôtesse parfaite. Sa réponse m’arrête alors que je m’apprête à monter les premières marches de l’escalier. Je me retourne une seconde et lui jette un regard, c’est comme recevoir un drôle de coup de l’estomac… ou plutôt se faire pincer à l’endroit du coeur. Parce que c’est exactement, parfaitement lui, cette façon de retourner mes phrases sans arrêt et de me les retnverser d’une manière à laquelle je n’aurais jamais songé. De tout temps, en tout lieu, en toute heure. Il est toujours parvenu à me surprendre.
Je ne parlais pas forcément d’alcool, mais après tout il est majeur et vacciné. Qu’il fasse donc ce qui lui chante. Je reprends ma course, montant les marches quatre à quatre pour évacuer un soudain trop plein d’énergie.

Quelques minutes plus tard à peine, je redescends chargée de la moitié de l’armoire à pharmacie. Il faut qu’il nettoie toutes ses vilaines blessures avant qu’elles ne s’infectent. Je déchire l’enveloppe plastique d’une compresse et l’imbibe d’antiseptique.
« Ça va piquer un peu. »
J’ai l’air très sérieux en le disant, mais je réalise de moi-même que c’est tellement idiot que je me fends d’un sourire.
« Enfin, tu as vu pire. »
Je tamponne sa plaie au sourcil, très concentrée sur le fait d’essuyer tout le sang, lorsque sa voix me parvient. Alors mes prunelles redescendent vers les siennes et j’ai un instant d’arrêt, où je suspends mon geste, où je ne pense plus. Merci, Rose. Je suis désolé ? Et comment suis-je censée faire la différence entre ce qu’il pensait et ce qu’il ne pensait pas ? Comment dois-je le savoir ?
La nuit, on a tendance à abaisser les armes, à faire couler les larmes. La nuit, on a tendance à se laisser aller parce qu’on se sent très seul dans la ville endormie. Très solitaires. Il n’y a que lui et moi dans un halo de lumière. Mon bras finit par retomber.
Je suis consciente que dans mon dos, mon chat nous fixe peut-être encore. Ou bien peut-être a-t-il rejoint de nouveau son panier. Les pivoines s’alanguissent lentement dans leur vase, et chaque seconde qui passe emporte un peu de leur fraîcheur. Les pétales déjà se racornissent et se détachent, tombant lentement, en balançant, sur le bar.
Tout comme nos vies s’écoulent mais n’emportent pas nos douleurs.
« Nick... » Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi, d’un coup, je n’arrive plus à faire semblant. Pourquoi l’illusion ne tient plus que je peux faire ma vie tout en l’ayant perdu. Ça devient trop dur, vraiment… trop dur de s’y résoudre.
« C’est moi qui suis désolée. Pour, pour tout… et pour m’être emportée la dernière fois. Toutes les fois, en fait. J’ai été injuste, infecte, et tout ce qu’on voudra de méchant avec toi. »
Depuis que quelque chose s’est cassé, quelque part dans ma tête. Quelque chose qui devait être relié à mon père, ou bien à ma croyance que le monde était très beau, la vie parfaite. Alors j’avais peur, j’avais très mal et je me sentais seule malgré ses bras. C’est drôle parce que maintenant, je me rappelle que ça a été le seul endroit sur Terre où je me suis sentie complète.
Pourquoi mentir. Pourquoi prétendre que tout va bien, quand les gens vous le demandent, avec des sourires artificiels plaqués sur le visage : oui j’ai très bien dormi. Pourquoi me fabriquer des barrages défaillants contre mes émotions. C’est inutile. Vain. Futile.
Poussières. Tout se finit par terre, en cendres, poussières.

Et mes dents relâchent ma lèvre restée intacte. Je m’écarte de lui, soudain en proie à un tourbillon trop fort, à une spirale qui me noie, à des réalités que je ne peux pas formuler. Je m’y débats. C’est peine perdue. Je suis submergée. Alors de ma panique monte lentement quelque chose d’absurde, une sorte de colère.
« Tu avais dit qu’on devait faire ça décemment. »
C’est bien le mot qu’il a employé devant moi dans son bureau, quand je lui avais demandé comment nous pouvions faire. Nous comporter décemment. Pour sauvegarder des apparences craquelées ? Et qu’est-ce que je suis en train de faire, de ruiner à nouveau. À peine que je m’excuse que je m’emporte encore, et lance ce qui ressemble à une accusation. Car jouer les danseurs à s’éloigner sans cesse, pour mieux se rapprocher subrepticement, douloureusement, je n’appelle pas ça avoir un comportement décent du tout.
Je gagne des cernes, je perds mon âme, je m’assassine.
Du tourbillon furieux se profile doucement… l’idée terrible, implacable qu’il me manque. Mais pas de cette façon-là. Ni d’aucune autre, en fait, qu’il me manque entièrement et tout court. Ah… je m’empoisonnerait donc toute seule jusqu’au bout. Il faudrait couper court tout de suite à ces sentiments-là rejaillissants, qui ne pourront que me faire du mal.
Ah… ça ne va pas. Plus. Du tout.
Et je suis bête, et je ne comprends plus rien à ce que je pense ou à ce que je fais, et d’ailleurs, je n’aurais pas envie de le saisir.
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[Rosas] Now I will burn you back, I will burn you through

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