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 River Of Tears + Pancake.

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LOVE GAME @ du mois de juin.
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MessageSujet: River Of Tears + Pancake. Jeu 13 Juil - 16:52

Apple & Drake
river of tears


Essaie encore.
Quelque chose coince, se bloque, lorsque tu attrapes encore une fois ton téléphone. Arrête, c’est stupide. Il ne s’est rien passé.
Mais c’est ce mot, ce rien, qui t’angoisse encore plus.
Il n’est pas venu.
Il n’est pas venu, ça n’est pas normal. Il n’est pas venu, mais il ne t’aurait jamais posé un lapin sans raison. Oh et cette petite voix qui te murmure que tout n’était qu’illusion, hier, lorsque vous étiez si heureux. Allons, tu as rêvé, Apple ne t’a jamais pardonné ce qu’il s’est passé, l’autre soir, dans le bar, avec cette fille dont tu ne peux même plus te rappeler le visage. Ce n’était qu’une délicate chimère pour te rappeler à quel point le ciel est noir, et qu’il ne t'inondera jamais de soleil. Tu n’as tout de même pas été assez stupide pour y croire, si ?
À force, tu devrais pourtant y être habitué, à ces belles illusions qui ont la fâcheuse manie de partir en fumée. Tu devrais savoir que rien ne sera jamais beau, dans ce monde de cendres et de poussières. Et elle rit, cette petite voix, elle rit de ta bêtise. Tu en deviens furieux, tu te laisses tomber sur le canapé, prend ton visage entre tes mains ; tes yeux sont secs.
Tu ne comprends pas.
Et c’est atroce.
C’est atroce, cette attente silencieuse pour quelque chose qui n’arrivera pas. C’est atroce, de rester impuissant, puisqu’il ne répond pas. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Voilà, occupe-toi avec cette question, le temps en sera moins long. Imagine quelque chose. Quelque chose d’horrible, de splendide, de triste ou de drôle, à toi de voir. Mais n’y pense pas trop.
Qui sait, tu pourrais tomber sur la bonne réponse.
Tu te redresses, tu essaies de réfléchir posément.
Allons, il a peut-être cassé ou égaré son téléphone, c’est pour ça qu’il ne répond plus à tes appels désespérés. La petite voix n’est pas d’accord, elle susurre que tu l’agaces, à le harceler de cette façon. Le rendez-vous, il a dû oublier ! Ou bien il a perdu ses clés, alors il ne pouvait pas sortir de chez lui. Mais quelqu’un murmure qu’il n’a pas pu venir, parce qu’il s’est retrouvé une nouvelle fois dans la salle de bain, noyé dans son propre sang, à cracher ses poumons dans le lavabo.
Oh tu voudrais qu’elle se taise, cette voix ! Tu voudrais qu’elle se taise, qu’elle te laisse garder espoir tranquillement. Mais plus tu résistes, plus tu sais que tu te voiles la face. Et les secondes s’étirent et agonisent, et tu ne sais plus ce que tu dois faire.
Essaie encore.
Tu attrapes ton téléphone, posé en évidence à côté de toi, dans le cas où il viendrait enfin à te rappeler. Jusque là, il n’a pas sonné. Il doit être en silencieux, et Apple n’a pas entendu. C’est ça. Il l’a laissé dans sa chambre, loin de lui, et il ne l’a pas entendu. Garde cet espoir quelque part, tu en auras besoin lorsqu’il ne décrochera pas encore, cette fois-ci. Tu le sélectionnes dans tes contacts, comme les trente dernières fois. « Réponds. Je t’en supplie, réponds. » Oh, tu peux bien supplier qui tu veux, personne ne t’entend, à l’autre bout du fil. Et ça sonne, ça sonne, toujours dans le vide. Les secondes s’étirent et agonisent. Imagine, s’il ne pouvait pas décrocher, mais qu’il entendait son téléphone sonner ? Il ne pourrait pas, parce qu’il serait trop faible pour se lever et l’attraper ? À moins qu’il n’en ait marre d’entendre ta voix désespérée, ta voix qui ne cesse de dérailler.
Tu te lèves d’un bond, tu fais trois fois le tour de la pièce, et te rassieds. Tu es ridicule, heureusement que personne ne te voit.
Évidemment, que personne ne te voit. Tu es tout seul.
Tout seul.
Et ton cœur bat encore plus vite que lorsqu’il est là. Qu’est-ce que tu ne donnerais pas pour qu’il soit là… Ou pour qu’il réponde au moins. Qu’il décroche, qu’il parle, qu’il dise que tout va bien.
Oh, arrête. Et tu es désespérant, et tu te fais de la peine à toi-même, tant c’est pathétique de te voir dans tous tes états. Tu t’agites, tu ne tiens pas en place, tu fermes les yeux, comme si voir le noir était mieux, au final. Tu passes les mains dans tes cheveux, tu les repousses comme tu repousses la vérité. Personne ne t’a jamais dit que ça ne servait à rien ? Personne ne t’a jamais dit que s’inquiéter était inutile ? S’énerver, s’angoisser, pleurer, voilà bien des choses futiles.
Essaie encore, plutôt.
Tu reprends ton téléphone, presque agrafé à ta main, aujourd’hui. Tu recomposes sur numéro. Et tu attends.
Oh, est-ce tu as entendu ?
Quoi donc ? Mais le silence, voyons.
C’est le seul qui te réponde, aujourd’hui. Le silence…
On t’invite à laisser un message après ce bip insupportable.
Biiiip...
« Apple… C’est moi. Encore. » Tu reprends ton souffle. « Je t’en prie… si tu as ces messages, rappelle-moi… je… je suis mort d’inquiétude. » Oh, mort est un bien doux mot, pour ce que tu ressens. « S’il s’est passé quelque chose… Appelle-moi, s’il te plaît… Je préfère savoir et m’inquiéter encore plus plutôt que de devoir attendre comme je suis en train de le faire… »  Et tes yeux sont secs, même si tu aimerais tant extérioriser toutes émotions. Si tu pouvais pleurer, est-ce que ça te soulagerait seulement ? Tu en doutes. « Je t’aime… rappelle-moi… » À ton tour de raccrocher.
Tu te rassois encore, avant de te lever. Arrête de bouger un peu, tu es insupportable. Un, deux, trois tours de la pièce, et tu retrouves inlassablement ta place sur le canapé. Ton pied s’agite nerveusement par terre, le frappe à une fréquence régulière.
Un. Deux. Trois. Quatre.
Et ça s’accélère un peu plus à chaque fois.
Un, deux, trois.
Encore, plus vite.
Un, deux. Un, deux. Un, deux, un, deux, un.
Tu te laisses tomber en arrière, fixe le plafond quelques secondes. C’est blanc ; c’est rassurant. Tu essaies de calmer les battements effrénés de ton cœur, tu inspires, expires, inspires et expires lentement. Là. Doucement. Quand bien même quelque chose de terrible lui est arrivé, à quoi bon s’inquiéter ? C’est inutile, comme essayer toutes les vingt minutes de l’appeler.
Tout ce que tu fais est inutile, tu ne sers à rien, tout seul, là, sur ton canapé, à cligner des yeux, à respirer comme si de rien n’était.
Tu es inutile. Si ça se trouve ton amour est en train de mourir quelque part, et tu n’en sais rien. Et toi, toi, tu vis, tu gaspilles les battements de ton cœur à le laisser battre trop vite. Calme-le, calme-toi. Tente de réfléchir.
Mais à chaque fois que tu te dis ça, la petite voix revient, et te murmure la même chose.
Inutile. Inu-tile. Tu es inutile, et tu ne sers à rien ici, pas plus qu’ailleurs.
Au fait, rappelle-toi, quelle est la dernière chose qu’il t’ait dite ? Réfléchis, ce ne doit pas être si dur. Lorsqu’il est parti, hier soir, après que vous vous soyez promis de vous retrouver pour manger, à midi. Comment, tu ne t’en souviens plus ? Était-ce un énième ‘je t’aime’ ? Ou autre chose ? ‘Au revoir’, peut-être ? Tu ne sais même plus.
Bravo ; quel bel exemple de ton intérêt pour lui.
Oui, tu peux bien répéter que tu l’aimes à tout va, lorsqu’il n’est plus là, tu n’es pas fichu d’aller le trouver. Tu n’es pas fichu de faire la moitié des choses qu’il fait tous les jours pour toi. Alors tu pourras bien crier, l’appeler, frapper le canapé, marteler le sol de tes pieds, ça ne changera rien aux faits.
Enfin, tu sens les larmes monter. Tes yeux qui se gorgent des pleurs tant attendus depuis tout à l’heure. Ils arrivent, tu sais ce que ça signifie.
Même ton corps sait que c’est fini.
Mais tu continues de te voiler la face, tu sembles apprécier ça. Allez, pleure. Allez, lâche-toi, tu es seul, de toute manière, qui pourrait bien se moquer de toi ? Alors tu pleures. Elles dégringolent une par une, ces splendides larmes de sel, apprécient la chute, roulent le long de tes joues. Combien de fois as-tu pleuré, pour ton amour ? Trois fois, seulement ? Tu en es sûr ? Oui, tu aimes te dire que c’est normal, parce tout était si parfait, avec lui. Tu n’avais pas besoin de pleurer, puisque lui riait. Mais que fait-il en ce moment ? Rit-il ? Pleure-t-il ? Sourit-il, mange-t-il, dort-il ? Ou bien rien de tout ça ? Jusqu’à la porte d’entrée, là, et tu te laisses glisser par terre. S’il frappe, tu ouvriras sur le champ. Et si ce n’est pas lui, tu l’enverras au diable, parce que tu en as marre d’attendre. Tu t’en souviens, de la dernière fois où tu as été assis ici-même ? Qui était à côté de toi ?
Lui. Encore et toujours lui. Et… pourquoi, déjà ?
La salle de bain, le sang, le lavabo, le sang, sa toux, le sang, le sang, tout ce sang. Et si aujourd’hui était comme l’autre nuit ? Et tu n’es même pas là pour lui… Oh oui, tu peux te répéter que ça n’est pas de ta faute, ça reviendra toujours au même. Tu n’es jamais fautif, soit, mais lui souffre alors que tu te lamentes tristement sur ton sort. Mais tu n’as que ça à faire.
C’est triste, lorsqu’on l’admet.
Tu es à bout de souffle, soudainement, et tu n’arrives plus à respirer. Tu te lèves brusquement, va jusqu’à la fenêtre, l’ouvre en grand. Et tu aspires de grandes goulées d’air, que tu expires aussitôt. Jusqu’à ce que le téléphone sonne.
Il sonne.
Il sonne, non, tu ne rêves pas.
Tu te précipites jusqu’au canapé, où tu l’as soigneusement laissé. Et le nom d’Apple est inscrit.
Tu ne réfléchis plus, tu décroches aussitôt. « Allô ? » C’est lui ; c’est lui, il est vivant, il est en vie. « Oh mon Dieu, Apple, c’est toi… » Qui d’autre, imbécile ? « Tout va bien ? Tu… Tu ne peux pas savoir à quel point j’étais inquiet… Je t’ai appelé des centaines de fois… Et… et qu’est-ce qu’il se passe ? Dis-moi que ça va… J’étais… j’étais en train de mourir d’angoisse… » Ce n’est pas fini, tu le sais, ça ? En fait, ça ne fait que commencer. « Où est-ce que tu es ? Je veux te voir… je veux te voir… Je t’aime… » Et tu as beau l’aimer, ça ne vous sauvera pas.

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MessageSujet: Re: River Of Tears + Pancake. Dim 16 Juil - 19:01

Drake & Apple.
Still got the flowers that you sent And the note you wrote that said that we were meant to be forever. I keep them all as evidence, In a drawer under the mirror filled with empty promises. I don't know why I keep letting you lie to me. Hard as I try, It seems I can't break away. I thought that you would be the hero Come and save the day... But you're a villain, Your sins unforgiven. I'm going down and you have watched me drown In a river of tears, lost beneath the stream. Under the waves I've found the strength to say, The river of tears has washed me clean. Go ahead and wish me well. I'll cry a wishing well. I'll fly before I fail. I'll set sail and drift away. So I won't need you here. Love sinks and hope floats. In a river of tears... In a river of tears...



Ma vision est floue, lointaine, déformée et pixélisée, comme si j’étais en train de regarder le monde à travers une vitre trempée ou une feuille de papier. Étourdi, vidé et fatigué, je frotte péniblement mes yeux et essaie de m’extirper de l’obscurité qui m’effraie. Mon cœur, quant à lui, est tétanisé par cette cécité, au point qu’il ne cesse de s’agiter et de crier jusqu’à se briser. Tout est brumeux, incertain, enneigé, et mes yeux cristallins apeurés semblent bien incapables de percevoir les couleurs vives de la réalité. Que s’est-il passé ? J’ai malheureusement tout oublié...
Aveuglé, il me faut encore quelques minutes pour m’accoutumer à la luminosité de la pièce dans laquelle je suis allongé. Le soleil, désagréable ami, rayonne de toutes ses forces et frappe ardemment les vitres de l’endroit où je me trouve, si bien qu’il détonne complètement de la pénombre dans laquelle je suis plongé depuis... depuis une éternité. C’est un contraste déstabilisant, éblouissant et intense, mais mes yeux combattants, même s’ils sont abusés et violés par un trop plein de clarté, finissent par s’y habituer.
Le voile est progressivement levé sur la réalité : la neige brumeuse se métamorphose en d’inquiétants murs blancs, pareils à ceux dont j’ai eu la compagnie durant ma dernière période d’alitement. Je fronce les sourcils, me redresse péniblement, et remarque rapidement qu’une silhouette vêtue de blanc se tient juste en face du lit dans lequel je me trouve. Hein ?! Quoi ?! Une infirmière ?! C’est quoi, ce cirque ?! « Jimmy ? Comment vous sentez-vous ? Vous vous souvenez de ce qui s’est passé ? » Je cligne plusieurs fois des yeux, paumé, et hoche négativement de la tête. « Euh... Euh... plutôt... m... mal... et... et non, j’ai tout oublié... » Comment pourrais-je aller bien alors que je ne me souviens de rien ?! Qu’est-ce que je fais ici, bon sang ?! « Il n’y a rien d’étonnant. Vous avez subi un choc assez important... » L’avenante petite brune arbore une voix chantante et amicale, mais cela ne suffit pas à m’apaiser ou à me rassurer. Faible, je suis le regard émeraude de l’infirmière et vois qu’il se dépose sur le haut de mon crâne. Instinctivement, j’y dépose ma main, tâtonne, et découvre avec effroi un immense bandage qui fait tout le tour de ma tête. Je ne sens néanmoins aucune douleur, sûrement grâce aux importantes doses de morphine qui coulent actuellement dans mes veines. « Qu’est-ce qui m’est arrivé ?! » Je panique, perds mon sang froid, sens mon cœur s’enflammer de terreur. Quant aux larmes, elles sont à deux doigts de me brûler les yeux. Qu’est-ce qui se passe, bordel ?!
« Je m’en occupe, Lizzie, j’ai les résultats des radios et des analyses de mon patient ! » Dit Patrick, le spécialiste qui suit mon cas depuis que je combats le cancer, qui vient d’apparaître dans l’encadrement de la porte avant même que la jeune femme ne puisse répondre à ma question. À la demande de son supérieur, l’infirmière congédiée – Lizzie, s’éclipse aussitôt. « Bonjour, Jimmy ! Vous allez mieux ? » C’est une question plutôt idiote pour un médecin quadragénaire à la renommée si excellente, mais je suppose qu’il veut se montrer bienveillant et amical, comme toujours. « Bonjour, docteur. Arrêtez de me demander sans cesse si ça va, s'il vous plaît, et dites-moi plutôt ce qui s’est passé ! » Je pourrais être plus amical avec ledit docteur, puisque, au fil du temps, nous avons noué une relation plutôt amicale, mais je suis trop impatient et effrayé pour m’encombrer de politesses et de mondanités. « D’après ce qu’a dit le gérant de la bijouterie aux urgentistes qui vous ont transporté ici, vous avez fait une crise dans son magasin et vous êtes cogné le haut du crâne en retombant sur le bord de son comptoir. » Patrick – dont j’ai oublié le nom de famille tant je n’en fais plus usage, fait le tour de mon lit et s’assoit à mes pieds. « Vous avez eu plusieurs points de suture, mais ce n’est pas le plus inquiétant... » Il prend un air grave, sa voix se fêle et se meurt légèrement. Il me fait peur, me stresse malgré lui, et je ne peux m’empêcher de penser que ça ne sent pas bon du tout. J’essaie de jeter un œil aux documents qu’il tient entre ses mains, en vain. « Vous... Vous avez été admis à l’hôpital aux alentours de dix heures, ce matin, ce qui nous a laissé tout le temps nécessaire pour effectuer de nouvelles analyses... » Mes yeux roulent instinctivement jusqu’à l’horloge noire qui trône en maîtresse sur le mur face à mon lit et qui affiche dix-huit heures. Ça faisait donc plus de huit heures que j’étais prisonnier du monde de l’inconscience ?! Bon sang ! « De... De nouvelles analyses ? Mais... Mais j’en ai déjà fait le moins dernier... » Penaud, je me mets difficilement assis, gêné par les câbles qui me relient aux machines mesurant les battements de mon cœur. Patrick semble de plus en plus miné, et j’ai l’impression que les rayons du soleil font fondre son visage comme s’il était constitué de neige. « Les secours présents nous ont assuré que la scène était plus qu’anormale, sanglante et inquiétante... Et... Et compte tenu de votre passif et de vos récents problèmes de santé, nous avons tenu à faire des recherches supplémentaires... de toute urgence... » Patrick me paraît faible, fragile, aussi fébrile que je le suis, moi aussi. Et s’il avait été fait de porcelaine, je suis certain que sa peau se serait mise à se craqueler, à l’instar de mon cœur émietté. « Et... ? » Tétanisé, j’expulse difficilement ce son pareil au cri d’un enfant éploré. L’appréhension de la vérité est colossale, me ronge les veines, me bouffe le cœur. « Jimmy... » Triste, il incline légèrement la tête, arbore une mine désolée et des yeux étoilés de larmes. Il tient cependant bon, dépose une drôle – façon de parler - de radio entre mes mains, et reprends sans plus tarder. « Votre... Votre tumeur a récidivé et s'est propagée sur votre poumon droit, ce qui est la cause de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de vos crises... » Il marque une courte pause, juste le temps de poser son doigt sur la radio de mon thorax, à l’emplacement-même de mon second poumon contaminé. Les deux jumeaux malades ont quasiment les mêmes tâches, ils me font penser à des bébés dalmatiens. « Quant à l’analyse de votre dernière prise de sang, elle révèle que le traitement que vous suivez n’a aucun impact sur la tumeur maligne qui s’est développée dans les cellules de votre... de vos poumons... » La vérité est rude, bouleversante, cruelle, difficile à encaisser. J’ai les yeux noyés de larmes, qui se déversent lentement de long de mes joues blafardes et malades. Patrick, lui, continue de lutter : c’est le quotidien annihilant de son triste métier... « Jimmy... vous... » Je lève brusquement la main, coupe mon médecin dans son nouvel élan. Il n’a pas besoin de dire à haute voix ce qu’il doit m’annoncer, puisque j’ai très bien compris tout ce que ses paroles impliquaient : je vais mourir. « Dans... Dans combien de temps ? » Je m’efforce de ne pas m’effondrer, lutte comme un lion acharné. Mais c’est extrêmement compliqué, d’autant plus que ma voix et mes yeux trahissent mon cœur brisé. « Environ trois mois. Peut-être quatre, avec de la chance... » Je vais finir six pieds sous terre, où voit-il une notion de chance, là-dedans ?! Et que ce soit un mois avant ou après l’anniversaire de mes vingt-et-un ans, le résultat final sera le même : je suis voué à un éternel et funeste trépas.
« Laissez-moi, s’il vous plaît. J’ai... J’ai besoin d’être seul, docteur... » Ma voix est inaudible, comme d’ores et déjà morte, au point que le bruit incessant du tic-tac de l’horloge la recouvre complètement. Patrick, très ému, entend et accepte néanmoins ma demande, puis s’empresse de quitter ma chambre. « Je comprends. Au revoir, Jimmy. En cas de besoin, n’hésitez pas à me demander auprès d’une infirmière... » Il semble ému et sincère, et, s’il n’était pas déjà mort, ça ferait sûrement très chaud à mon petit cœur. « Merci, docteur. Et ne vous en voulez pas... je sais que vous avez fait de votre mieux ! » Merci pour tout, docteur. Maintenant, s’il vous plaît, laissez-moi mourir en paix...

Aussi fragile, faible et fébrile qu’une feuille à la fin de l’automne, je tombe de la branche de l’arbre de la vie et sais parfaitement que je ne serai plus là pour voir l’hiver arriver. La mort est mon sol, et, même si je vole, vole, vole, il ne fait que se rapprocher, inévitable, irréversible.
Seul dans mon petit lit aux draps glacés et froissés, je laisse enfin ma tristesse s’exorciser de mon être annihilé. Et je pleure, pleure, pleure, jusqu’à en inonder mes yeux dévastés. Et je crie, crie, crie, jusqu’à ce que plus aucun son ne sorte de mes lèvres meurtries. Les minutes passent, ne changent rien. La grande faucheuse me guette, je le sais, comme si elle était une fiancée impatiente de m’épouser. Et je pleure, et j’ai peur, et je souffre du cœur, puisque j’ai compris que, désormais, c’est la mort, ma seule et unique destinée...
Ma vision est floue, lointaine, déformée, pixélisée, comme si j’étais en train de regarder le monde à travers une vitre trempée ou une feuille de papier. Étourdi, vidé et fatigué, je frotte péniblement mes yeux et essaie de chasser ces larmes qui s’accrochent à mon visage par milliers. « Apple... Arrête de pleurer ! » C’est un ordre de l’âme, mais mon cœur chagriné n’en fait qu’à sa tête. « Arrête de pleurer ! » Nouvel essai, nouvelles larmes, nouvel échec. « Arrête de pleurer ! Stop ! Arrête ! » Et je suis si sévère avec moi-même que je parviens à me canaliser, même si je suis toujours autant dévasté. De toute manière, à quoi bon s’acharner ? Ma destinée est d’ores et déjà scellée...
Et alors que je n’aspire qu’à vivre, j’attends désormais la mort...

Là, posé sur ma table de chevet de fortune, un dernier fragment de ma vie m’appelle. Il s’agit d’une petite pochette plastique, où, sur le dessus, en lettres capitales, est inscrit la mention ‘OBJETS PERSONNELS’. Je m’en empare difficilement, vide brutalement son contenu sur les draps, et manque de m’arracher, au passage, une perfusion du bras.
Les vêtements – désormais tâchés de sang - que je portais ce matin sont là, ainsi que mon téléphone portable et d’une poignée d’autres objets qui étaient en ma possession lors du drame. C’est cependant un petit écrin noir qui retient toute mon attention, et, curieux de savoir ce qu’il contient, je m’empresse de l’ouvrir. Son contenu explique alors ma présence dans la bijouterie où j’ai perdu connaissance : là, posée sur un petit coussin en satin, une bague de fiançailles en argent, magnifique, brille sous les derniers rayons du soleil.
Je m’en empare, la prends délicatement dans ma main, et l’examine plus attentivement. « Un... océan... d’amour... infini... de... possibilités... » Lis-je, après avoir tourné l’anneau suis lui-même pour en déchiffrer l’inscription. Attendez... Mais... Mais qu’est-ce que... « Oh ! Drake ! » Mon sang ne fait qu’un tour, et tout me revient subitement en mémoire : la bijouterie, la bague, le déjeuner...
Bon sang ! Si je me suis rendu dans cette bijouterie, ce matin-là, c’était pour récupérer l’alliance que je devais utiliser pour te demander de m’épouser ! Tout est enfin clair, désormais ! Est-il cependant trop tard ? Je jette un coup d’œil furtif à l’horloge accrochée au mur : il est passé dix-neuf heures, et j’ai quatre cent vingt putains de minutes de retard...
Affolé, je me jette sur mon téléphone portable, le déverrouille – tu apparais en fond d’écran, et me retrouve confronté aux multitudes de messages et d’appels manqués que tu m’as laissé. Trop pressé et ayant un besoin immédiat d’entendre ta voix, mon bien aimé, je n’ai pas le temps de les écouter. Au contraire, je file dans mes numéros abrégés et suis à deux doigts de t’appeler pour te rassurer à mon sujet et pour te demander de m’épouser... Mais... quelque chose m’en empêche... et je reste figé.
En vérité, malgré ma bonne volonté, je ne peux te rassurer, comme je ne peux t’épouser. Que vais-je pouvoir te dire, mon bébé ? Que je vais trépasser... alors que je ne voulais que t’épouser ? Que ce jour devait être le plus beau de toute ‘notre’ vie... mais que je vais mourir ? Que je t’aime de tout mon cœur, mais que je suis rattrapé et consumé par le malheur ?
Impossible ! Je veux te préserver, même si cela implique de te rejeter ou de te tenir éloigné. Et même si ce que je m’apprête à faire risque de te craqueler le cœur, je préfère que tu me haïsses plutôt que tu pleures à mes funérailles. Tu m’aimes, je le sais... mais... justement... à cause de ces intenses sentiments passionnés, tu ne te remettrais sans doute jamais de mon tragique décès...
Je dois donc te protéger, quitte à mourir esseulé.
Et même si je t’aime de tout mon cœur et que je brûle de t’épouser, il faut que je pense avant tout à ce qu’il y a de meilleur pour toi, mon amour. Et puisqu’une trahison est plus facile à encaisser qu’un décès, je n’ai que cette possibilité : te briser, t’éloigner, te quitter, même si je vais continuer à t’aimer à tout jamais, mon bébé. Oh oui, je vais t’aimer... pour l’éternité...
Après ce que je vais te dire, tu vas me détester, me haïr de toutes forces et me vouer aux flammes de l’enfer... Mais tu finiras par te relever... puis tu pourras refaire ta vie, m’oublier, et simplement me considérer comme un lointain souvenir d’une époque révolue et effacée. D’ici quelques années, je ne serai même plus cet ex qui t’a déçu, trahi, quitté... c’est promis ! D’ici là, tu auras tout oublié de mon amour, de mon visage, de notre histoire, de ma trahison... et de ma personne.... Tout sera enterré, à tes yeux, et c’est exactement ce que je veux pour toi, mon doudou.
Je sais que, si tu savais ce que je suis en train de tramer, tu désapprouverais et voudrais m’accompagner jusqu’à mon dernier soupir. Mon idée ne te conviendrait pas, j’en suis sûr, et tu serais contre mon envie de te quitter pour te préserver. Mais tu sais toi-même que je suis borné, mon chéri ! Oh oui, une vraie petite tête brûlée...
Et je t’aime, t’aime, t’aime, t’aime, et si je fais tout ça, c’est juste pour toi, mon roi.

De ma main tremblante, j’appuie enfin sur le bouton ‘appeler’ de mon téléphone. Chaque nouvelle tonalité est un véritable supplice qui chiffonne mon cœur, et, lorsque tu décroches enfin, je me retrouve complètement pétrifié. « D.... » Je n’ai même pas la force de prononcer ton surnom, tant c’est insupportable et douloureux pour mon cœur. Oh, et ta voix transpire tant l’amour et la sincérité... c’est un supplice insoutenable !
Je t’aime si fort que ça me fait pleurer comme un nouveau né. Mais j’essaie de me contrôler, car je dois aller jusqu’au bout de ce que j’ai décidé, pour toi, pour te protéger, pour te donner une chance de te relever. « J... Je... » Je... vais mourir, mon doudou. Et j’ai cruellement besoin de toi, de tes bras, de tes baisers, de ta présence et de ton amour, jusqu’à la fin... « Je... s... suis dé... désolé d... d’avoir lou... loupé le... le déjeuner... » Et je t’aime si fort que je veux t’épouser de suite, dans la première église que nous trouverons. J’ai même acheté ton alliance ! Mais je n’ai pas le droit de te la donner, car je vais mourir et que tu ne peux être fiancé à un quelqu’un dont la fleur de la vie est d’ores et déjà condamnée à faner.
Tes innombrables questions et ton inquiétude à mon sujet me touchent au plus profond de mon être, si bien qu’il m’est difficile de ne pas te répondre avec sincérité. Mais... je n’ai pas le droit de te dire la vérité, car la vérité est bien trop difficile à digérer. Stupide vérité. Horrible vérité. Morbide vérité...
« D... Drake. » C’est impersonnel, froid, distant, bien loin de ma personnalité et des surnoms que je te donne quotidiennement. C’en est presque écœurant, pour moi-même également, mais je n’ai pas le choix d’être si glaçant. « Il... Il faut que tu... que tu... arrêtes de... de m’appeler. » Je pleure comme un enfant, n’ai pas du tout réussi à me contrôler. Les larmes brûlent mes yeux comme de l’acide, à l’image de la peine qui fait fondre mon cœur. C’est horrible, insoutenable, invivable. Pitié, Seigneur, dans votre infinie clémence... je veux mourir tout de suite. Tuez-moi, maintenant ! Ne m’obligez pas à faire ça... Ne m’obligez pas à quitter le seul et unique homme que j’aime de tout mon cœur... Par pitié, je vous en conjure... Entendez-moi, répondez à ma prière... Je vous en prie, je vous en supplie, arrêtez... la torture à assez duré...
Mais Dieu n’est pas à l’écoute de mon humble appel. Et mes mots ne montent pas jusqu’au ciel.
La torture ne fait donc que commencer, petite pomme oxydée. « Tu... Tu ne peux... pas... me voir... » Et si tu savais pourtant combien j’en crève d’envie, mon amour ! Tes lèvres me manquent, tes baisers me manquent, tes câlins me manquent, tes yeux si bleus me manquent... Oh, tu me manques tellement ! Et dire que tu vas me manquer pour jusqu’à fin de ma misérable vie... « Car... Car... je... je n’en ai p... pas... l’envie... » C’est bien, Apple, c’est un bon début ! Mais... il faudra certainement que tu lui fasses plus mal encore, si tu veux l’éloigner et le protéger de ce qui t’attend dans... trois mois - voire quatre, avec un peu de ‘chance’...
Et tu as beau l’aimer, ça ne vous sauvera pas.
Et tu as beau l’aimer, ça ne doit pas vous sauver.
Et puisque tu l’aimes, tu dois le blesser... et le quitter...


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MessageSujet: Re: River Of Tears + Pancake. Lun 17 Juil - 11:37

Apple & Drake
river of tears


Et, brusquement, le soleil t’inonde, quand tu entends sa voix à l’autre bout du fil. Sa voix, sa merveilleuse voix… emplie de sanglots. Oh, que se passe-t-il ? Les nuages réapparaissent, obscurs, menaçants ; ils t’enduisent d’ombre. Mais pas que toi, la pièce tout entière semble s’obscurcir, se teinter de noir et de gris, tout comme ton cœur, à chaque fois que tu sais que ton amour pleure. Et une partie de toi pleure avec lui, tandis que tu sèches les traces des larmes qui ont roulé sur tes joues, tout à l’heure.
Tout à l’heure. Avant que le téléphone ne sonne, avant que tout ne devienne pire.
Mais ça, ça tu l’ignores encore.
Pour le moment, tu sens que ton chéri est trop affaibli pour dire quoi que se soit, alors tu dis absolument tout ce qu’il t’est passé par la tête durant ces dernières heures. Et, surtout, tu lui dis que tu l’aimes.
Il s’excuse de ne pas être venu, et son "désolé" sonne étrangement faux. Tu t’inquiètes encore plus, tu sens l’acide se répandre dans ton corps, ronger chacun de tes muscles, de tes organes, de tes os. Tu vacilles, te laisses tomber sur le canapé. Il ne va pas bien du tout, c’est flagrant, horriblement flagrant. Mais que s’est-il passé ?
À peine as-tu terminé, que c'est à son tour de prononcer quelques mots, d'une voix aussi brisée que la tienne. Ce ne sont que quelques mots, seulement quelques échardes que tu te plantes sous le pied.
Et lorsqu'il s’arrête soudainement de parler, tu restes silencieux quelques secondes, complètement confus, perdu, démantelé, brisé. « Q-Quoi ? » Tu as très bien entendu, mais ça n’empêche pas ton coeur de s’éteindre, dans ta poitrine, après un dernier cri d'agonie. Tu dois arrêter de l’appeler.
C’est fini.
Il ne t’aime plus — à supposer qu’il t’ait aimé un jour.
Et c’est à ce moment que tu te réveilles de ce long et magnifique rêve, pour émerger en plein cauchemar. Bon sang, comment la vérité peut-elle être aussi affreuse ? Tu préfèrerais mille fois te rendormir, te laisser bercer par les belles illusions que tu te faisais, putains d’illusions qui restent, au final, de simples illusions… Et c’est dur, de s’en apercevoir, et ça fait mal, atrocement mal, de l’entendre de ses lèvres.
Il y a une erreur. Il y a une terrible erreur, une méprise, quelque chose qui ne tourne plus rond ; ça ne peut être que ça. Un engrenage a rouillé, un autre s’est brisé, et tout en est perturbé. Oh, pitié, faites que ce soit simplement ça…
Mais les couteaux remuent davantage dans la plaie béante, et sa voix résonne à nouveau au plus profond de toi, sa voix, sa voix plus froide qu’un bloc de glace, malgré tous les sanglots qui l’entrecoupaient. Ces sanglots, ce sont chacun des rayons de soleil qui essaient de faire fondre cette glace beaucoup trop dure. Mais elle résiste, elle résiste, ne s'ébrèche pas, au contraire de ta voix, qui n’a jamais été aussi éraillée. « Mais… Mais pourquoi ? Apple, je… je veux juste t’aider... » Ça sonne faux, terriblement faux, et ça se fêle, se craquèle comme ton cœur, d’ores et déjà en mille morceaux. N’y a-t-il jamais de fin à un tel supplice ?
Toute la journée, tu t’es fait un sang d’encre, toute la journée, tu l’as appelé, appelé, et encore appelé, jusqu’à t’imaginer les pires scénarios.
Tu t’es imaginé les pires, mais tu n’as jamais pensé à celui-ci.
Il t’a donc ignoré, pendant toute l’après-midi ? Mais pourquoi ? Qu’as-tu fait ? Vous ne vous êtes pas vus depuis hier, et hier, tu le quittais avec un dernier je t’aime, accompagné d’un énième délicieux baiser.
Oh ses lèvres, tu aurais tant besoin de ses lèvres…
Mais quand diable ce quelque chose s’est-il brisé ? Quand est-ce qu’il s’est rendu compte que, depuis tout ce temps, il faisait une terrible erreur ? Tant de questions qui resteront à jamais sans réponse, destinées à te hanter indéfiniment, à déchirer un peu plus ton coeur déjà en piteux état…
Dans ce cas, tu n’as plus qu’à l’écouter te noyer avec ses larmes et ses paroles acides.
Tu ne peux pas le voir, parce qu’il n’en a pas envie. Envie. Non, il n’a pas envie de te voir. Oh, tu as rarement reçu de coup aussi rude de sa part ! À tout bien réfléchir, c’est la première fois, et qu’est-ce que ça fait mal ! Mais il pleure, il pleure, alors peut-il vraiment penser tout ce qu’il te dit ? Tu aimerais tant que ce ne soit qu’une technique désespérée pour t’éloigner d’une dure vérité… Mais quelle qu’elle soit, tu préfères l’entendre et l’affronter avec lui, plutôt que de te faire enfoncer ce poignard en plein cœur à chaque fois… « Ce n’est pas vrai... » Oh, est-ce par cette voix si pathétique tu tentes de t’en convaincre ? Faible tentative, et ô combien pitoyable. « Ne fais pas ça, je t’en prie… Tu… Tu ne sais pas très bien mentir… Si ton but est uniquement de… de me faire mal... » Tu t’appuies machinalement contre le mur, fixes un point imaginaire droit devant toi, essaies de reprendre tes esprits. Et tes yeux te démangent, tout à coup ; ce qu’ils voudraient pleurer ! Mais tu les en empêches. Tu ne dois pas craquer, il faut que tu restes calme, parfaitement calme. « … je n’en vois pas l’intérêt… ça ne me protégera de rien du tout... » Et puisque tu t’interdis de fondre en larmes, tu te maîtrises comme tu le peux en faisant des allers-retours dans la pièce, marchant jusqu’à la fenêtre, revenant vers le canapé. L’automatisme et en marche, tu n’as plus qu’à laisser faire la mécanique.
Fenêtre, canapé ; canapé, fenêtre ; retour au canapé.
Tu te laisses finalement choir sur ce dernier, te mets à taper le sol de ton pied.
Tu en viens presque à espérer que tout ça ne soit qu'une mauvaise, qu'une très, très mauvaise blague. Allons bon, revoilà ce stupide espoir qui revient. Qu'est-ce que tu ne comprends pas, dans le mot "fini" ? Il y a "fin", dedans. Et puis, connaissant Apple, ses pleurs sont bien trop sincères pour pouvoir être faux. Même le meilleur comédien du monde ne saurait les imiter...
Mais alors, qu'est-ce que ça signifie ?
Et tu détestes ne pas comprendre, et tu détestes de pas savoir. Ne pas savoir où est ton amour, comment il va, ce qu’il a bien pu se passer pour qu’il soit en larmes. « Tu pleures… Je l’entends… Alors, s’il te plaît, dis-moi ce qu’il s’est passé… » Tu as désespérément besoin de savoir, ou tu en mourras, c’est certain.
Oh et ce que tu aimerais le voir, là, à l’instant ! Le regarder droit dans les yeux, lui dire je t’aime, lui dire que tout ira toujours bien, qu’il n’a pas à te mentir comme ça, qu’il n’a pas à te broyer le cœur comme il est en train de le faire… Et ses intentions te semblent pourtant claires, ses paroles sont comme autant d’aiguilles s’enfonçant lentement dans ta chair, jusqu’à ce que perle une goutte de sang. Il n’y en a pas qu’une, en vérité, il y en a partout, elles suintent des pores de ta peau, se répandent au sol en une immense flaque écarlate. Tu patauges dedans, ça te dégoûte ; et tu aimerais ne plus avoir à respirer cette odeur acide et entêtante.
Ta vision se brouille de noir et de rouge, prend des teintes sanglantes.
Il n’y a plus que ce sang, de partout, tu le sentirais presque dégoutter le long de ton corps, pour tomber dans cette flaque monumentale rouge, rouge, rouge, qui s’élargit à vue d’œil. Tu as beau fermer les yeux, elle ne s’efface pas, elle empreint d’encre indélébile tes paupières, marquées à jamais de ce sang. Sang qui devient bientôt noir, si noir que tu en as le vertige. Plus tu le fixes, plus il t’aspire, plus il semble t’englober de ces ténèbres inquiétantes ; c’est comme regarder un ciel indéfiniment noir, démuni d’étoile, sans jamais cligner des yeux. Parce que battre des paupières, ce serait de soustraire pendant quelques micro-secondes à cette vision effrayante et, voyons, tu n’as tout de même pas cru que c’était le but ?
C’est aussi pour ça que tu dois écouter tout ce qu’Apple te dira, peu importe si ça te fait saigner de l’intérieur. Écoute, souffre, et tais-toi. Tu sais très bien que rien que tu ne pourras dire n’arrangera quoi que ce soit alors, à quoi bon gaspiller ta salive ? Tais-toi, ne pleure pas. Encaisse, encaisse, et s’il te faut t’effondrer, eh bien, effondre-toi.
Mais surtout, surtout ne pleure pas.

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MessageSujet: Re: River Of Tears + Pancake. Mar 18 Juil - 11:43

Drake & Apple.
Still got the flowers that you sent And the note you wrote that said that we were meant to be forever. I keep them all as evidence, In a drawer under the mirror filled with empty promises. I don't know why I keep letting you lie to me. Hard as I try, It seems I can't break away. I thought that you would be the hero Come and save the day... But you're a villain, Your sins unforgiven. I'm going down and you have watched me drown In a river of tears, lost beneath the stream. Under the waves I've found the strength to say, The river of tears has washed me clean. Go ahead and wish me well. I'll cry a wishing well. I'll fly before I fail. I'll set sail and drift away. So I won't need you here. Love sinks and hope floats. In a river of tears... In a river of tears...



Maman, pourquoi m’as-tu mis au monde ? Maman, je ne comprends pas... Toi qui étais si douce et d’une gentillesse infinie, pourquoi m’avoir donné la vie si ma seule destinée était d’engendrer un cœur brisé ?
Maman, regarde ce que t’es devenu ton fils : il détruit un cœur humain de ses propres mains. Etait-ce donc ça que tu espérais lorsque tu l’éduquais ?
Maman, pourquoi as-tu enfanté un monstre ?
Maman, pourquoi as-tu aimé et élevé le diable ?
Maman, tu n’aurais jamais dû me donner le précieux cadeau qu’est la vie.
Maman, je veux mourir, car je ne mérite plus de vivre.
Maman, avec tout le mal que j’ai commis, est-ce que les anges m’accepteront, au paradis ?
Maman, j’ai peur, je souffre, je me meurs... Et je n’en peux plus de toute cette douleur... Et je n’en peux plus de torturer le seul être que j’aie jamais aimé de tout mon cœur... Alors, Maman, s’il te plaît, demande aux anges d’arrêter de pleurer... et qu’ils viennent me chercher... sans plus tarder...

Mais mes prières restent inlassablement inexaucées...

Vivre est désormais la torture la plus intense de l’univers, car te briser, mon amour, est la pire chose qu’il m’ait été donné d’endurer sur terre. Et les larmes traîtresses ne cessent de noyer mes paroles et mon regard déboussolé, tandis que mon cœur est consumé par les flammes ardentes de mon incommensurable douleur.
Je ne veux pas te quitter, mon petit bébé, mais c’est là ma cruelle fatalité. Et même si tu aurais sans doute préféré que je te dise toute la vérité, aussi cruelle soit-elle, je ne peux pas me montrer aussi égoïste. Et puis quoi, encore ? T’obliger à rester à mon chevet, jusqu’à ce que je prenne enfin mon irrémédiable envolée ? Te demander de m’épouser, pour te rendre veuf d’ici une fraction de journées ? Te contraindre à aimer éternellement un macchabée ? Non, tout ça est insensé ! Et même si l’amour qui nous unit est plus fort encore que la mort, je me dois de te protéger... de te briser... pour te donner une infime chance de te relever...
Il faut que je sois fort, dur, glacial.
Il faut que je te blesse.
Il faut que je ne lâche rien.
Il faut que je sois l’iceberg qui fasse couler le Titanic de notre amour.
Allez... Apple ! Du nerf... tu peux le faire ! Pense à lui, pense à ce que tu ressens... Courage ! Dis-toi que c’est seulement pour son bien... « Tu... Tu ne... ne peux pas m’... m’... m’aider... Drake... » Et c’est vrai : tu ne peux pas m’aider, mon grand amour de toujours, car tu n’es malheureusement pas plus fort que la mort...
Mon cœur se meurt progressivement de douleur, s’émiette à l’idée de te trop te blesser. Il a vraiment peur, très peur, tremble de peur, et finit par se liquéfier le long de mon visage sous forme de pleurs ensanglantés.
Mais je ne dois pas être assez discret, car tu entends chaque larme désespérée rouler le long de mes joues rosées. « Oui... je... je pleure... et... et alors ? C’est... C’est juste... que... c’est... di... difficile... » ...oh oui... si difficile d’essayer de te quitter, malgré mon amour qui t’es donné pour l’éternité, mon petit ange adoré... Et tu ne me rends décidément pas la tâche plus aisée, puisque tu sembles me connaître par cœur et déceler le moindre de mes leurres...
Je suis à deux doigts de tout abandonner, tant c’est éprouvant pour mon pauvre petit cœur annihilé. Mais je n’ai pas le droit de tout laisser tomber, car je dois te sauver, mon bien aimé...
Il faut que je sois fort, dur, glacial.
Il faut que je te blesse.
Il faut que je ne lâche rien.
Il faut que je sois l’iceberg qui fasse couler le Titanic de notre amour...
« Ce... Ce qu’il s’est pa... pa... passé, c’est que.... c’est que... je... je.... » je... vais mourir, mon doudou. Et j’ai cruellement besoin de toi, de tes bras, de tes baisers, de ta présence et de ton amour, jusqu’à la fin... « ...c’est que j’ai ré... réalisé que je ne pou... pouvais pas te pa... pardonner... » Bidon. Facile. Lâche. Retour au bar et aux douloureux souvenirs de notre point de départ. « Je... J’en... J’en suis incapable... Et... Et j’en... j’en suis vrai... vraiment dé... désolé... » Et les larmes deviennent ma façon de m’exprimer, recouvrent ma voix désespérée et annihilée. « C’est... C’est... C’est fi... fi... » Putain, je n’arrive même pas à le dire tant mon cœur s’y opposé ! Allez, Apple, un effort, fais-le taire ! Prend une grande inspiration et recommence ! Ça va bien se passer... « C’est fini... Tout... Tout est... terminé... » Et je n’arrive pas à croire que je suis en train de te quitter, toi, Drake, mon doudou, mon ange, mon amour, l’homme de ma vie... celui que j’ai toujours aimé... « Je... Juste... Pro... Promets-moi que tu do... donneras ce merveilleux amour que tu as... que tu as en toi... à... quelqu’un... qui en sera... digne, s’il... s’il te plaît... » ...à quelqu’un qui ne sera pas moi, à quelqu’un qui ne sera pas mort... Et promets-moi que tu ne te laisseras pas mourir, mon ange ! Promets-moi que tu aimeras encore, mon amour, je t’en supplie ! Promets-moi que tu seras à nouveau heureux, un jour, sans moi... C’est tout ce que j’ai besoin d’entendre avant de partir...

Noyé dans la tristesse, la nostalgie et le désespoir, je pleure de plus belle et plonge dans les profondeurs de l’océan de notre belle histoire... Oh... ‘Nous’, ‘nous’, ‘nous’, ‘nous’...

On s'est connu... il y a fort peu de temps.
Tes yeux me semblaient... si éclatants...
De nos deux détresses, un bonheur est né...
Car j'ai tout de suite compris que j'allais t'aimer...

Je souris en pensant à ce qu'étaient nos étreintes d’amoureux...
Ensoleillant les douloureux jours pluvieux...
L’amour passionné... nous donnait chaud...
Comment oublier... des jours... si beaux ?

Oh... Pourquoi faut-il se quitter... alors qu'on s'est aimés ?
Mais dans mon cœur, où tu étais... tu restes.... à tout jamais...

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MessageSujet: Re: River Of Tears + Pancake. Jeu 20 Juil - 18:50

Apple & Drake
river of tears


Il le dit lui-même, tu ne peux pas l’aider. Alors quoi, tu es censé rester impuissant sur ce canapé ? Il pleure, il souffre, quelque part, et tu n’en as aucune idée. Il n’y a rien de pire que de rester sans rien faire, et ça commence réellement à te ronger. Oh peut-être qu’à force d’insister, il te dirait où il est ? Mais tu as comme l’impression que le temps vous manque, cruellement.
Et les secondes s’égrènent, plus vite qu’elles ne le devraient.
Apple, Apple, où est-il ?
Tu ne peux pas l’aider, tu peux juste écouter, écouter et essayer de comprendre. Tu te tais, tu te venges sur le canapé, saisissant un coussin que tu serres de toutes tes forces.
Tu ne dois pas pleurer.
Tu ne dois pas, parce que lui le fait. Oh ce que tu voudrais être à ses côtés ! Et tu ne penses plus qu’à ça, et tu sens l’acide courir tes veines, parvenir peu à peu à cœur, affluer, le ronger, petit à petit.
C’est difficile pour lui, mais ça l’est pour toi aussi. Écouter ses larmes, tu n’as plus qu’à essayer de compter combien y en a-t-il, deviner sur quelle joue roulent-elles. Arrête. « Qu’est-ce qui est... difficile ? » Tu as peur, tout à coup, ton cœur rate un battement.
Et c’est alors qu’Apple lâche les plus grosses bombes que tu n’aies jamais vues.
Il te quitte. C’est fini. Fini. Fini.
Elles explosent, tu restes sans bouger, à regarder le feu vaciller.
Fini. Fini.
Tu contemples cet incendie presque comme s’il était réel. Une sorte de fascination macabre t’habite, tandis que les flammes s’élèvent toujours plus haut. Elles lèchent le ciel auréolé d’or ; il prend lui aussi des couleurs de sang. Le soir, le soir tombe, mais peut-être ne verras-tu jamais les étoiles ? Abîmé dans ta funeste contemplation, tu vois à peine les braises voler tout autour de toi. Ce ne sont rien d’autre que des paillettes aux teintes du soir. Elles t’englobent de leur manteau de chaleur ; sans que tu ne sentes ton corps se consumer de l’intérieur. Quelques instants, tu te demandes quel est le bois de ce sublime bûcher. Et la réponse t’apparaît, pendant que le soleil t’inonde de son dernier rayon.
Ton amour.
Regarde, c’est ton amour qui se meurt, en ces longues plaintes déchirantes. C’est seulement à cet instant que tu saisis quelle terrible erreur tu fais. Tu meures devant un incendie, qui crépite toujours, toujours, depuis le début. Depuis le début, ça ne tenait qu’à un fil, et tu as été assez stupide pour croire que c’était là du fer. Métal froid et sans risque, tu étais sûr que ça tiendrait, toujours, que rien ne tomberait jamais.
Et voilà que c’est toi qui tombes, plus vite encore que les flammes ne s’agitent. La chute est lente, lente, tu peux regarder le soleil qui agonise doucement, laissant sa place au bleu amer du crépuscule. C’est beau ; c’est magnifique. Alors pourquoi fermes-tu les yeux ?
Tu retiens les larmes prisonnières, encore plusieurs secondes. Tu ne peux pas pleurer. Tu te dois d’être aussi sec que ce ciel trop sombre, aussi impassible que le feu qui vacille. Et même si le vent le force à ployer, il ne s’éteint pas, il tient bon.
Fais pareil.
Apple est le vent, tu es le feu. Résiste, résiste de toutes tes forces. Tu perds quelques braises, peu importe ; tu dois résister.
Sa voix est aussi déchirée qu’elle ne déchire ton cœur, et ce constat n’arrange pas les choses. D’un coup, tu ne sais plus pourquoi il pleure. Parce qu’il t’a quitté ? Peut-être ne le voulait-il pas, au final ? On peut retourner en arrière, faire comme si de rien n’était… Et ce fulgurant espoir est balayé à son tour. Non. C’est son choix. S’il a choisi de te quitter, c’est pour une bonne raison, non ?
Quelque chose te murmure que ce n’était pas à cause de ce foutu baiser que tu as eu le malheur d’échanger avec une inconnue. Il y a autre chose. Hier, il n’en avait strictement rien à faire, alors pourquoi, aujourd’hui ?
Tu restes silencieux, en dépit de ce brasier intérieur. Aucun mot ne serait assez fort pour décrire ce que tu ressens ; c’est tout bonnement indescriptible. Tu pourrais pleurer, mais tu te refuses ce soulagement. Tu pourrais crier, mais ta voix ne répond pas à tes appels désespérés. Alors tu restes de marbre, laisses simplement ton cœur se décomposer. Il explose en d’innombrables morceaux, tous faits de glace et de sang. « J-Je... » Tu ne sais même pas s’il a entendu ce petit bout de voix. Douloureusement, tu t’éclaircis la gorge, manque de mourir chaque seconde. « Je… Je ne comprends pas… Hier… tout allait bien, non ? » C’est plus une question rhétorique, tu vois mal ce que ton amour — encore ? — aurait à y répondre. « Tu… es… sûr ? » Et ça y est, ta voix est encore plus morte que ton cœur ne l’est, tout ton corps fond en cendres et poussières. Tu n’existes plus, il y a plus qu’une ombre, sans âme, sans enveloppe charnelle. Rien.
Tu n’es plus rien.
Bientôt, il te demande de garder précieusement cet amour, et de l’offrir à quelqu’un d’autre. Quel amour ? De quoi est-ce qu’il parle ? Tu n’es plus rien. Rien. Et c’est à ce moment-là que tu fonds en larmes.
Et tu te serais giflé pour avoir craqué si vite. Tu te serais giflé, si tu étais encore quelque chose. Mais tes mains restent inerte ; une accrochée au téléphone, l’autre crispée autour du coussin. Comment redevenir quelqu’un, après ça ? Après avoir perdu la seule personne que tu aies jamais aimée, la seule pour qui tu aurais tout donné, tout perdu, tout brûlé. Et voilà que c’est toi, qui t’es entièrement consumé. Il n’y a plus que ces cendres trop grises pour être celles de quelqu’un d’amoureux ; ton cœur s’est brisé en premier. « C’est… C’est impossible… Et tu… tu le sais… » Rien, tu n’es plus rien. « Il n’y a… plus rien… maintenant… Je… Je t’aime toi, et... seulement toi... » Et c’est pire encore que de le dire ! Mais voilà, seules les ombres sont restées, dressées par la lumière froide des étoiles. Elles aussi sont rudes et incolores, ce soir.
Une nouvelle larme roule sur ta joue, suit la courbe de ta mâchoire, va s’écraser tu ne sais où. En fait, tu t’en moques. Comme de tout, maintenant. Et tu ne sais plus pourquoi tu pleures.
Tu fermes les yeux, étouffes tes larmes entre tes cils. Tu te laisses tomber contre le dossier du canapé, ça pourrait tout aussi bien être du béton que tu ne sentirais pas la différence. Oh, pourquoi tout est-il si gris, et froid, et morne, tout à coup ? Le soleil s’est couché trop vite.
Et tu pleures encore, essaies de rester silencieux.
Il n’y a plus que le sang qui bat à tes tempes, le crépitement lointain d’un incendie imaginaire.
Il fait froid, non ? Tu frissonnes un peu, replies tes genoux contre ton torse, pose ta tête dessus. Là, tout est noir.
Tu ne sais plus à quel moment tu as fait tomber ton téléphone ; tu le recolles contre ton oreille, te demandes si ça en vaut vraiment la peine. « Pourquoi ? »

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MessageSujet: Re: River Of Tears + Pancake. Lun 24 Juil - 12:13

Drake & Apple.
Still got the flowers that you sent And the note you wrote that said that we were meant to be forever. I keep them all as evidence, In a drawer under the mirror filled with empty promises. I don't know why I keep letting you lie to me. Hard as I try, It seems I can't break away. I thought that you would be the hero Come and save the day... But you're a villain, Your sins unforgiven. I'm going down and you have watched me drown In a river of tears, lost beneath the stream. Under the waves I've found the strength to say, The river of tears has washed me clean. Go ahead and wish me well. I'll cry a wishing well. I'll fly before I fail. I'll set sail and drift away. So I won't need you here. Love sinks and hope floats. In a river of tears... In a river of tears...



Je t’aime, je souffre, je meurs, mais tout est encore loin d’être fini.
Désormais, tant la douleur est incommensurable, j’ai l’impression que Lucifer s’est sournoisement insinué par les pores de ma peau, avant de s’y installer et de prendre complètement possession de mon propre corps. Aidé par ses cruels et impitoyables disciples, il répand davantage l’enfer et le chaos dans chaque infime parcelle de mon être annihilé. Et le sang glissant dans mes veines ardentes devient lave, mes organes vitaux sont progressivement calcinés, et mon pauvre petit cœur endolori est allègrement poignardé par les fourches des serviteurs du plus grand démon de tous les temps. Tout ce beau petit monde prend un plaisir malsain à broyer mon âme et à réduire mon être à l’état de cendres, je le sens bien... Mais... puisque je suis le diable qui a pris possession de mon être et qui est responsable de l’enfer de souffrance qui annihile mon corps à petit feu, il ne tient qu’à moi de mettre un terme à cette brûlante douleur que j’inflige à ma propre personne.
Plus de Lucifer, plus de disciples, plus de feu, plus de souffrance, plus de pleurs, plus de douleur...
Oh... Pour être sauvé de ces limbes désespérés, il me suffirait simplement de t’avouer la vérité, mon bébé.
Mais... ça m’est impossible. Et je préfère amplement être détruit et consumé par les flammes de mon propre enfer plutôt que de t’infliger cette souffrance qu’est ma réalité d’homme prêt à trépasser.
Je dois te protéger, qu’importe ce que cela puisse me coûter. Et même si cela implique d’être damné pour l’éternité, je suis d’ores et déjà prêt à me condamner.
C’est un petit prix à payer, si cela me permet de te préserver...
« J... J’en... suis... sû... sûr : c’est... c’est f... f... f... fi... » Putain, Apple, un peu de nerf ! Tu n’es qu’une petite mauviette ! Cesse de te comporter comme le gamin pleurnichard que tu es et va jusqu’au bout ! Bats-toi ! Sois un homme, pour une fois ! Sèche tes larmes ! Occulte tes sentiments ! Renonce à ton humanité ! Fais-le ! Tu dois le sauver ! Si tu l’aimes, tu dois le faire ! N’écoute pas ton cœur ! Reste sourd à l’amour qui te consume ! FAIS-LE ! Prend une grande inspiration, respire... et vas-y : brise vos deux cœurs, à toi... et à lui. FAIS-LE ! FAIS-LE ! FAIS-LE ! « C’est... C’est... fini. » Ma voix peinée se craquelle et fini par se briser en un éclat cristallin. Putain, je n’arrive pas à y croire... j’ai quitté le maître de mon cœur, mon âme sœur, le mari que j’aurais voulu mien pour toute la vie...
J’étouffe un cri de souffrance, mais le bip-bip incessant des machines se met subitement à sonner, exactement comme si j’étais d’ores et déjà en train de décéder. Ma tension et les battements incontrôlés de mon cœur doivent êtres trop forts et anormaux, et je me lève difficilement du lit, afin d’être le plus loin possible de ce vacarme qui pourrait te mettre la puce à l’oreille quant à ma localisation.
Après avoir débranché perfusions et autres câbles reliés à mon corps, je me laisse tomber dans l’un des quatre coins de ma chambre, là où le charivari inquiétant des machines n’est plus qu’un lointain souvenir. Et je pleure de plus belle, car je t’entends désormais craquer à l’autre bout du fil. Oh, j’aimerais tant te prendre dans mes bras, mon amour, te consoler, te dire que tout ça n’est pas la réalité... mais je n’en ai pas le droit, non, toujours pas... Et même si entendre tes larmes ruisseler le long de tes joues rosées est une souffrance bien plus insupportable que de devoir endurer l’enfer qui habite mon corps malade, je n’ai toujours pas le droit de te révéler la vérité... « Je... Je t’en prie... a... arrête... de... pleurer... » Arrête, mon amour, c’est bien trop difficile de t’entendre pleurer sans avoir le droit de te prendre dans mes bras pour te consoler...
Et puisque je ne veux que ton bonheur, mon adorable cœur, je te demande de me promettre de donner tout cet amour qu’il y a en toi à quelqu’un qui le mérite, à quelqu’un qui n’est et ne sera jamais moi. Mais tu ne l’entends pas de cette oreille, puisque tu rétorques derechef qu’il n’y a que moi que tu aimes... « Mais... Mais... moi aussi je... » ...je... t’aime. Et je t’aimerai toujours, quoi qu’il advienne. Et je t’aimerai même pour l’éternité, jusqu’à en crever. Mais je n’ai plus le droit de te l’avouer... car je dois te protéger de cet amour destructeur et passionné. « ...je... non... rien... » Pfff... Sale dégonflé ! Encore une fois, tu as laissé parler ton cœur sans réfléchir ! Allez, reprends-toi, petit con ! « Tu dois... m’oublier... Et... lorsque ce sera... fait... tu... tu pourras à nouveau... ai... aimer... je... je te le pro... promets... » Noyé dans un océan tumultueux fait de larmes et de chagrin, je me recroqueville sur moi-même, à l’image d’un fœtus dans le ventre de sa maman. Oh... c’est si horrible de devoir te quitter.... alors que je t’aime... pour l’éternité...
Un gros vacarme, un bruit sourd... puis plus rien, pendant quelques fractions de secondes. Mon sang ne fait qu’un tour, mon cœur bondit dans ma poitrine, je suis mort d’inquiétude. « Drake ?! Drake ?! » J’hurle, transi par la peur et l’angoisse qu’il te soit arrivé quelque chose, mon amour. « Mon doudou ?! » Et merde ! C’est sorti si spontanément que je n’ai même pas eu le temps de me contrôler ! Heureusement, j’entends bientôt ta voix mélodieuse retentir au bout du fil, et, incommensurablement soulagé, je pousse un gros soupir. Oh... j’ai eu si peur !
« Pourquoi ? » Simple question déstabilisante, déchirante et annihilante, qui fait s’embraser et s’enflammer instantanément mon pauvre petit cœur épris. Pourquoi je fais ça ? Pourquoi suis-je en train de te quitter ? La réponse est pourtant si simple... « Pour toi. » Pourquoi je fais ça ? Pourquoi suis-je en train de te quitter ? Tout simplement car je suis amoureux de toi et que mon seul et unique dessein est de te protéger, mon bien aimé.
« Monsieur Hawkins, tout va bien ? Je vous ai entendu crier ! » Oh... putain ! C’est Lizzie, l’infirmière, qui revient à la charge ! Je plaque instantanément mes mains sur le téléphone, afin que tu ne puisses plus entendre un seul mot de la conversation qui va suivre. « Oui... oui... merci ! » Heureusement, elle n’est pas énormément intrusive et comprend d’elle-même que je suis en train de passer un coup de fil intime. Je lui confirme que j’ai bien besoin de solitude, et, bienveillante, elle accepte de s’envoler, même si elle me promet également de réapparaître dans une dizaine de minutes. Ouf, j’en suis temporairement débarrassé !
Seul et à l’aide de ma main tremblante et souillée de larmes, je recolle le combiné jusqu’à mon oreille. « Dr... Drake... Drake... oublie-moi.... s’il te plaît. Toi... Toi et moi... ce... ce n’était qu’une... qu'une illusion. Et c’est... c’est fini... » Drake, toi et moi, c’est bel et bien réel ! Drake, tu as été la plus belle chose qu’il me soit jamais arrivé ! Drake, je ne t’oublierai jamais... Drake, je t’aime, je t’aime, je t’aime... pour l’éternité...
Mais je dois te quitter...

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River Of Tears + Pancake.

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