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 Mieux en vrai? [Rose]

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MessageSujet: Mieux en vrai? [Rose] Jeu 10 Aoû - 16:20

14h pile. Il jette un dernier coup d’œil au mail de confirmation qu’il a envoyé à Rose. Il est clair qu’à l’heure qu’il est, elle ne répondra plus et qu’elle sera sûrement au rendez-vous puisque c’était convenu. Il a eu l’idée saugrenue de lui envoyer un mail de dernière minute pour lui demander si elle était toujours disponible aujourd’hui pour ce café mais c’était une mauvaise idée. Avec un peu de logique, il se dirait tout simplement qu’elle aurait prévenu si elle avait eu un empêchement mais de la logique cet après-midi, il n’en a que très peu, voire pas du tout. Pourquoi ? Cette rencontre le met dans tous ses états. Dans le bon sens comme dans le mauvais. Ce qui le rend heureux, c’est de savoir qu’il va enfin rencontrer une personne dont il se sent proche à travers des écrits, simplement des écrits. C’est plus facile de parler de soi à quelqu’un à qui on écrit. Tout du moins, pour lui, ça avait été plus facile de lui écrire ses pensées, ses passions, ses envies. Des choses dont il ne parlerait jamais à un ou une amie finalement, au quotidien. Il est aussi heureux parce que Rose ne connaît que cette partie de lui. Rien d’autre. Le côté sombre, la vie de dealer, le danger qui existe tous les jours. Elle en ignore tous les côtés. C’est agréable, pour une fois, de rencontrer quelqu’un qui ne le jugera pas pour ses actes, même si c’est légitime. Cependant, c’est également ce qui l’effraie. Rencontrer Rose dans un café, emplis de monde, des gens qui pourraient le connaître, voir ce rendez-vous d’un œil mauvais. Ce qui serait là encore compréhensible. Il a accepté de la voir mais c’est un tourbillon de ressentiments qui l’habite. Il n’a pas envie de perdre ce recueil d’écrits qu’il a pris l’habitude de lui écrire. Ce moment où il se pose sur son ordinateur pour livrer quelques morceaux de son âme que Rose accepte toujours avec la plus grande simplicité et une ouverture d’esprit qui la caractérise. Non, décidément, elle ne va pas répondre et s’il ne veut pas être en retard, il a plutôt intérêt à filer. Sur le chemin vers le café, il repense amusé, à comment ils en sont arrivés là.

Quand il a fait sa connaissance, sur Internet, en tant que professeur, il a tout de suite senti une sympathique connexion entre eux. Le genre de connexion, qui, sur un plan littéraire ne s’explique pas. Il a aussi senti que c’était une femme gentille, à l’écoute et pleine de bonnes intentions. Lorsqu’elle a arrêté de lui donner des cours, ils ont continué à s’écrire des mails et c’est quelque chose qu’il a chéri. Secrètement bien-sûr. Comment expliquer qu’il passe son temps à discuter tantôt poésie, tantôt citations de vieux romans anglais, tantôt des sentiments qu’il a lorsqu’il se plonge dans du Austen ?Comment le dire à qui que ce soit à part elle de toute façon ? Ses amis, tous sans exception, ne feraient qu’en rire. Ensuite, Rose n’a plus donné de nouvelles et il s’est bêtement dit qu’elle avait découvert qui il était réellement, comme si elle n’avait que ça à faire. Elle connaît son nom et son prénom, tout comme il connaît les siens et il ne lui ai jamais venu à l’idée de fouiller sur sa vie. Sans avoir à le faire, il a appris, la mort dans l’âme la mort de son père et le fait que Rose ait été en plein milieu d’un braquage. Que dire ? Que pouvait-il écrire ? S’étaient-ils seulement proclamé amis une seule fois ? Pas qu’il s’en souvienne. Alors il a décidé d’écrire quotidiennement, quelques messages, espérant qu’un jour, elle finisse par répondre. Ce qu’elle a fait, longtemps plus tard. Elle ne lui a rien raconté, rien expliqué en particulier mais il était tout simplement content qu’elle revienne, alors il a décidé de ne pas l’embêter.

Aujourd’hui, enfin, ils se rencontrent. C’est avec ses sentiments mitigés, mais également cette joie plutôt indescriptible qu’il passe la porte du café des années 50. Un petit café qui lui donne parfois l’impression d’être chez lui, dans son village perdu où tout semble ne pas avoir évolué. Il demande une table pour deux, supposant que Rose n’est pas encore sur place puisqu’il est là avec quelques minutes d’avance. Il n’est pas certain de pouvoir la reconnaître. Heureusement, il a précisé qu’il aurait un sweat grenat et un jean noir. Le seul jean non destroy qu’il a dû voler à Jayson parce que lui n’en a vraiment aucun. Il essaie d’être présentable, passer pour quelqu’un d’autre n’est pas facile mais il se sent bien en le faisant, malgré tout. Il faut absolument qu’elle pense qu’il est quelqu’un de fréquentable et qu’il fasse ressortir cette image. Il sourit bêtement en pensant qu’il doit avoir le nom dealer gravé en plein milieu de son front et attend patiemment en jetant un coup d’œil aux choix sur la carte. Il se demande alors, bien contre son gré, l’a-t-elle déjà rencontré sans le savoir et va-t-elle se rendre compte immédiatement de la supercherie ? Il se tortille légèrement sur sa chaise avant de se redresser, se donnant une contenance. Ce n’est qu’une fille. Jeune de surplus et il ne peut pas se prendre la tête pour un simple détail de ce genre. Il regarde l’entrée du café. De toute façon, il ne va pas tarder à le savoir…
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Sam 12 Aoû - 20:58

Mieux en vrai ?
Damon & Rose
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On dit qu'ils barbotent et je trouve que c'est un verbe absolument exquis pour décrire cette simple façon de faire des cercles concentriques en ridant la surface de la mare. Les canards barbotent gentiment - c'est fou à quel point je peux aimer ces bêtes. C'est simple, un canard, ça cancane et fait sa ronde sans rien demander d'autre au monde que des morceaux de pain. Depuis que je suis toute petite, j'ai pris l'habitude de venir leur en jeter un sac entier à peu près chaque semaine. Il y aussi toutes les fois où j'ai besoin de prendre l'air, dans ce cas, mes pas me mènent invariablement au parc et au petit pré devant la mare.
L'herbe est mouillée car il a un peu plu. Pour ne pas me salir, pour faire bien dame, je m'asseois sagement sur un banc aujourd'hui.
Et je regarde les canards flotter sur l'eau sans souci. Certains s'approchent du bord ; parfois ils poussent des cris perçants. Je m'imagine qu'ils me reconnaissent et me saluent.

À quatre, neuf, douze, dix-sept, à vingt ans et toujours à présent. Je regarde les canards et je leur parle dans ma tête. Je leur raconte ma vie en supposant qu'ils m'entendent et comprennent. Ça doit faire partie du côté pathétique de mon personnage.
Je crois que je ne l'avouerais jamais à personne d'ailleurs.
Chers petits canards. Aujourd'hui c'est un jour très spécial, disons que quelque chose de nouveau va se produire. Je vais rencontrer Damon, le voir pour de vrai après toutes ces années et ces mails échangés, et c'est très bizarre de me dire que c'est dans quelques heures - minutes ? Oh, vous voulez toute l'histoire ?
Ce matin je me suis laissée prendre au vilain jeu de plonger dans les archives de ma boîte mail. C'est comme les albums photos : mieux vaut ne pas trop souvent y remettre le nez. On s'émeut vite devant ces genre de vestiges. Pauvres petits mots, petits souvenirs immatériels. J'ai relu le premier, tous ceux où nous parlions des cours et les autres qui transpiraient l'amour des livres. Les livres. Les mots des autres. Ce sont eux qui nous ont fait nous connaître, nous rapprocher, et ce sont eux au juste qui ont fait tout ce que nous sommes.
Je ne dirais pas des amis, et pourtant. Pendant des mois, on s'est écrit, on a montré un morceau de nos êtres à l'autre sans même nous en douter. Je me suis esquissé un portrait à l'image de la personne profonde et passionnée que je découvrais par touches.
Car on ne s'est pas vus. Jamais. Aujourd'hui, ce sera la première fois. Je sais que je me répète, mais c'est parce que c'est important, vous comprenez ?

Je me demande si ce sera pareil en mots dits qu'en mots écrits et qu'elle idée il a bien pu se faire de moi. Est-ce qu'on peut dire que j'ai triché, que devant le miroir j'ai tenté de me déguiser en cette personne que j'étais il y a trois ans ? Ce n'est pas honnête, mais j'aimerais bien. J'ai fait dans la simplicité, je parais maladroite. Image ratée. Reflet brisé. Oh, j'ai un peu peur pour être honnête. J'ai tout le temps peur de ce que les gens pensent de moi, et c'est de pire en pire depuis qu'il faut cacher les cernes, les tremblements, depuis que j'ai autant conscience de l'énergie nécessaire pour sourire. C'est ridicule de se mettre autant de pression, n'est-ce pas ? Mais je n'y peux rien. J'ai, de plus, une mauvaise impression à tenter d'effacer de l'esprit de Damon, celle que j'ai dû lui faire en stoppant nos échanges du jour au lendemain. Je ne pouvais plus écrire à cause de mes problèmes. Sauf qu'il ne le sait pas, que je ne lui ai pas dit et ne le ferait jamais.
Je lui ai fait des excuses lamentables en reprenant contact après mon retour à la maison. Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était un joli matin, assez beau pour que je sorte de ma torpeur et ne me décide à faire autre chose que regarder les murs ce jour-là. J'ai allumé l'ordinateur, geste incongru qui me semblait ancien, venu d'une autre vie. Cela faisait dix mois que je n'y avais pas touché. J'ai joué à l'ancienne moi, je me suis dit que faisait-elle ? Et j'ai ouvert ma boîte mail en pensant que c'était une mauvaise idée. Tu vas revoir un tas de vieux messages, tous de personnes disparues de ton horizon, tu vas pleurer Rosie.
Je suis restée bouche bée car tout était noyé par des mots de Damon. Paravents imprévus, imprévisibles, du baume dessus mon cœur tout fragile, tout fragile petit cœur.

J'aimerais trouver une manière de lui dire, sans en faire trop ni être sentimentale, de lui montrer à quel point découvrir ses messages m'a fait un bien immense. Le remercier, si c'est possible, car je crois que selon leur habitude, les mots fuiront ma tête le moment venu.
Coin, fait un canard, coin. Comme s'il voulait me signifier : tu n'y arriveras que mieux si tu n'es pas en retard. Oh, bon sang, quelle heure peut-il bien être ? Ce genre de torpeur songeuse peut m'engloutir pendant des heures sans que je les vois passer.
Je quitte donc précipitamment mon banc sans un geste d'adieu à mes amis de la mare qui, je le sais, ne m'en voudront pas. Pour eux, c'est la même chose. Bien évidemment, comme je presse le pas sur le chemin vers le café où nous avons rendez-vous, je manque deux fois me tromper de rue.
Félicitations.

Enfin c'est là. Devant moi, café des années 50. Remets une mèche en place derrière ton oreille, lisse un pli invisible sur ta veste. De quoi est-ce que j'ai l'air ? D'une petite chose. Une toute petite chose aux joues rouges couleur vitesse, couleur tu t'es pressée. Entre donc. Rappelle-toi, il avait dit... sweat grenat. Pantalon noir. Serait-ce lui, assis seul à cette table-là ?
« Excusez-moi... Damon ? »

Je ne le regarde pas trop en attendant qu'il ne me le confirme, bien trop occupée que je le suis à me mordre la lèvre inférieure d'une façon idiote. Le ridicule total me sera épargné, jene me suis pas trompée. Aussitôt, je me détends, me relâche, et essaie de paraître à mon aise et chaleureuse.
« Tu vas bien ? Ça me fait... plaisir, et bizarre aussi j'avoue, de te voir. »

Oh-oh. Je parle beaucoup, beaucoup, trop vite. En m'installant face à lui, j'hésite un instant avant de me décider à sortir un petit paquet rectangulaire de mon sac et de le lui tendre.
« C'est pour toi. J'espère que je ne me suis pas trompée. »

Le suspens n'est pas à son comble. On reconnaît à coup sûr la forme d'un livre. J'ai choisi l'un des premiers dont nous ayons parlé ensemble.
© ÉLISSAN.



Dernière édition par Rose H. Berry le Dim 10 Sep - 16:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Lun 14 Aoû - 8:47

Comment expliquer ce sentiment étrange qui lui dévore les tripes en ce moment alors que Rose n'a même pas une minute de retard, peut-être juste quelques secondes. Peut-être même tout simplement des montres qui ne sont pas accordés, bien que la sienne l'est à l'horloge mondiale et qu'il est quasiment certain que celle de Rose aussi. Finalement, n'aurait-elle pas reçu ce fichu mail de confirmation ? Pire encore, aurait-elle décidé de ne pas venir ? De ne pas rencontrer cet homme qui n'a aucun intérêt, car pourquoi perdre son temps pour une simple personne avec qui on échange des mails ? Il s'enfonce même dans sa bêtise en imaginant encore une fois qu'elle a pu savoir qui il est réellement, qu'elle sait ce qu'il fait officieusement de sa vie et qu'il est hors de question pour elle de fréquenter un monstre ? Comment l'en blâmer ? Il lui dirait lui-même de ne pas le faire s'il n'était pas tant impliqué ? Pourquoi se torturer autant pour une simple rencontre ? Pour une fois, il ne compte même pas la draguer. Ce n'est sûrement pas le genre de fille avec qui il pourrait avoir une aventure et encore moins qu'il draguerait sans vergogne avec ses sourires de séducteur paumé. C'est tout sauf ce genre là et il l'apprécie.

Voilà où est le problème, voilà pourquoi il s'en rend malade. C'est la seule personne qui connaît cette partie de lui, avec qui il peut en discuter sans se sentir comme le grand menteur de l'univers. La seule personne avec qui il peut parler de la littérature, lui dire quel bienfait elle a sur lui et à quelle point il l'aime. La seule fille à qui il dévoile quelques morceaux de son âme parce que finalement, c'est si facile par écrit, en lui dévoilant quelques morceaux des livres qui le font se sentir vivant, différent. Peut-être ne l'aurait-il jamais fait s'il avait pensé qu'un jour, ils décideraient de se voir ? De se rencontrer ? Il ferme les yeux un moment, il essaie d'ailleurs de se rappeler de qui est venu l'idée et il pense même que c'est de lui. L'envie et la curiosité l'ont sûrement emporté sur cette liberté d'écrits et de penser face à un ordinateur. L'envie de la connaître et d'échanger. Mais si finalement, tout était gâché par cette folie, par cette décision ? Si finalement, ils se perdaient aussi rapidement qu'ils venaient de se trouver ? Plus d'écrits, plus de mails, plus de confidence sur la littérature, plus de mots, plus rien.

Elle pense sûrement comme lui et c'est pour ça qu'elle ne vient pas. A peine une minute de retard, il se lève. Mauvaise idée. Il ferait mieux de partir et de lui envoyer un mail d'excuse pour lui dire qu'il est malade mais c'est à ce moment qu'il l'aperçoit devant le café, arrangeant adroitement une mèche, lissant même sa veste. Il ne peut retenir un rire amusé. Qui sait si elle n'est pas milles fois plus stressée qu'elle ? Il la reconnaît immédiatement parce qu'il l'a vu dans les journaux alors qu'il était persuadé que son image, il l'avait oublié. Finalement, le code vestimentaire est inutile. Il sait exactement qui elle est. Amusé et étrangement calmé, il se rassied immédiatement, l'air de rien, attendant de voir si elle vient vers lui. Il baisse les yeux sur sa carte, il n'a plus peur. Il se sent même ridicule d'avoir ressenti autant de crainte alors qu'il sait qu'ils s'apprécient, qu'ils aiment se parler. C'est une bonne chose d'enfin se rencontrer. Il l'entend alors l'appeler, retient son sourire pour la regarder droit dans les yeux et la laisse parler, hésiter, murmurer ? Elle a parlé si doucement. Est-ce le ton de sa voix, en fait ? C'est bien la seule chose qui lui apporte une surprise finalement et sur laquelle il se concentre un moment avant de hocher la tête pour ne pas la laisser dans le flou plus longtemps.

« Assieds-toi je t'en prie. »

Et elle paraît soulagée comme si elle pensait qu'elle aurait pu se tromper., comme si un autre homme aurait pu être habillé exactement comme lui dans ce petit café qu'il a choisi aussi parce qu'il n'y a pas foule. Elle s'assied en face de lui, parlant tout de suite, le laissant rapidement oublier ce malaise momentanée, fugace mais bien présent. Elle parle vite et il se mord presque la lèvre pour ne pas rire réellement cette fois. Est-ce qu'elle est ainsi quand elle est nerveuse ? C'est amusant et adorable mais il est bien hors de question. Elle lui laisse à peine le temps de répondre avant de lui tendre un paquet et de lui dire qu'elle espère sincèrement ne pas s'être trompée. Le temps se fige l'espace d'un instant, quand il tend la main, suspendu dans le vide pour attraper machinalement le cadeau. Il n'en revient pas. Elle lui a ramené un cadeau. Pour quel espèce de raison ? Un flash rapide s'impose au fond de son esprit car la dernière fois qu'il en a reçu un, c'est au dernier Noël avec sa mère. En a-t-il déjà fait depuis ? Non, au même titre qu'il n'en a plus jamais reçu non plus. Il doit cacher étonnement, au risque de passer pour un dingue ou d'inspirer une quelconque pitié s'il lui avoue un truc pareil. Elle lui a réellement fait un cadeau. Comment aurait-elle pu se tromper ? Puisque même si c'était une boîte a tricot, il en resterait bouche bée.

Il y a d'autant moins de chance qu'il réponde un jour, qu'il lui dise qu'il va bien alors qu'il est carrément sous le choc. Il la regarde un moment, confirmant seule qu'elle s'attend sûrement à ce qu'il l'ouvre pour voir si ça lui fait plaisir. Il la fixe, c'est bien ce qu'elle attend n'est-ce pas ? Il toussote, ouvre maladroitement le papier en le déchirant et découvre un livre. Il ne devrait pas être surpris, tout amenait à cette conclusion mais il était bien trop concentré sur autre chose pour y penser. Il arque un sourcil en voyant Roméo et Juliette de Shakespeare. Le premier livre dont ils ont parlé car, comment parler littérature sans commencer par le livre le plus vieux, romantique et imité de tous les temps. Il se rappelle vaguement lui avoir dit être certain que l'amour ne peut être si fort que dans les livres, ce à quoi Rose avait répliqué... ? Il sourit.

« C'est fou que tu t'en souviennes...Qu'est-ce que tu m'avais dit encore sur nos deux amants perdus ? »

Il se reprend, il le faut, au risque que la rencontre lui paraisse encore plus bizarre qu'elle ne l'est déjà.

« Je ne m'attendais pas à ce que tu me fasses un cadeau à notre première rencontre Rose. En plus, je n'ai vraiment pas l'habitude de ce genre d'attentions. Je me sens bête de n'avoir rien ramené pour toi maintenant alors je paierais la note. Merci, sincèrement. »

Et elle ne s'imagine même pas à quel point il est sincère et à quel point ce geste est précieux, le sera à tout jamais. Il glisse la carte devant elle afin de lui laisser faire son choix puisque le sien est fait depuis un moment. Il baisse à nouveau les yeux sur le cadeau, agréable surpris, touché et malgré tout étonné qu'elle se souvienne de ce détail. Les mails avaient-ils autant d'importance pour lui que pour elle ? Il pose enfin le livre dans un coin de la table, le papier déchiré avec et il concentre toute son attention sur son interlocutrice. Entendre sa voix à nouveau ne serait pas du luxe, histoire de s'y habituer.

« Si tu veux tout savoir, ça me paraît étrange aussi de t'avoir devant moi. A croire qu'internet est finalement bien un frein à la sociabilisation. Si on s'était rencontrés au détour d'une étagère de bibliothèque, ça nous semblerait tout à fait normal d'être là. En plus, tu débarques avec un cadeau et j'ai même la désagréable impression que tu as couru et que tu t'es pressée pour mes beaux yeux,ce qui n'arrange rien. »Il lui sourit sincèrement. « Et toi, comment tu vas, si on oublie le fait que tu sois essoufflée ? »
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Jeu 17 Aoû - 19:11

Mieux en vrai ?
Damon & Rose
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Tic-tac, fait ma montre. Tic-tac. Les aiguilles battent et marquent la mesure de la mélodie du temps ; elles palpitent comme le feraient des veines, juste là, à mon poignet. Tic-tac, tic-tac, tu as mieux à faire que de rester plantée là à dix mètres de ta destination, à te montrer maniaque avec ton apparence. Traverse cette fichue route - tic-tac. Je vous assure que je sens le cadran être agité de pulsations contre ma peau. Et j'entends les secondes défiler, défiler : tic-tac. Ce tout petit objet, rond et si discret, suffit à me rendre inquiète. Car je ne suis pas censée ouïr le bruit qu'il fait. Tic-tac tic-tac. Pas avec le ballet des voitures, le vacarme de la ville tout autour ; la raison m'affirme que c'est impossible. Et pourtant, encore et encore, ce même son minuscule, pareil au battement des cils contre un oreiller, me rappelle que le temps mord ma vie de ses dents acérées. Qu'il dévore et n'est pas rassasié, et qu'il me faut bouger, traverser sagement sur le passage piéton. Tic-tac. Je suis peut-être déjà en retard.
Ma montre, qui a trotté avec indifférence pendant les plus belles comme les pires de mes heures, ne peut pas faire cela : tic-tac aussi fort. Ça doit être dans ma tête seulement. Alors c'est inquiétant, car jusqu'ici je pressais simplement le pas pour arriver à l'heure. Je n'avais pas besoin de m'inventer des coups d'aiguilles.
Franchis, franchis la route, après avoir effacé cette autre chose sur ta veste qui n'existe pas non plus. Franchis la route et pousse la porte. Bien fort ; comme ça. Regarde autour. Tic-tac. Regarde bien, regarde mieux. Regarde encore. J'hésite un peu avant de me diriger vers la table où ne peut se trouver que Damon, car il n'y a pas foule au café et il m'a bien dit comment il serait vécu. Tic-tac, tic-tac résonne comme en écho avec chacun de mes pas. Je ne peux pas m'être trompée, mais ça paraît si étrange de me dire que c'est lui, c'est bien lui à seulement quelques pas.
Je ne m'étais jamais amusée à lui inventer une apparence physique ou un ton de voix.
Tic-tac, meurt le son, et la dernière syllabe, tac, s'étire et tombe decrescendo, elle agonise.

C'est la dernière fois que je l'entends. À partir de là, je suis bien trop occupée à m'asseoir sans faire racler la chaise contre le sol, à chasser l'image de timidité et de maladresse que je renvoie, et surtout à me faire à la voix de Damon. C'est donc ainsi qu'il parle, c'est comme cela qu'il se meut. Quand il écrit, c'est ce visage qui pense, ce front qui se plisse peut-être, et ces doigts actuellement posés sur la table qui courent sur le clavier.
Comme on pouvait s'y attendre et comme je le lui dis, c'est à la fois plaisant et étrange de le voir. Ce n'est rien... c'est juste le temps que nos âmes se reconnaissent derrière les personnes physiques.
Je parle vite, beaucoup trop, comme toujours dans ce genre de situation. Ça ne m'étonnerait même pas qu'il n'en ait pas compris un traître mot. Puisqu'il ne me répond pas et continue à me fixer, avec un air que je ne réussis pas à décrypter. Oh si, est-ce de la surprise à présent que je pousse doucement mon paquet devant moi ? Il paraît pris de cours et semble hésiter à le saisir.
Le papier blanc, sobre, à peine brillant, s'en va par petits bouts et découvre une couverture pâle. Papier blanc déchiré, froissé, oublié : une fois son contenu révélé, il n'a plus d'importance. Les courbes rouges des majuscules du titre du livre retiennent tout de suite l'attention. Arabesques fines, lettres de sang. C'est Roméo et Juliette, le premier livre dont nous ayons parlé ensemble. Le nom des deux amants éclipse presque celui de l'auteur, écrit plus discrètement.
Je n'aurais pas pu oublier, même si je n'avais pas relu presque tous nos mails - mais je ne vais sans doute pas le lui avouer. Il y a bien trop à dire sur Shakespeare, ses mots sont trop marquants pour qu'on ne s'en souvienne pas. En revanche quand Damon me demande ce que j'avais dit à l'époque sur la pièce, j'ai un instant d'arrêt.
Lui trouvait que c'était bien trop beau pour pouvoir paraître réel.
Que lui avais-je répondu à cela ? Je ne sais plus. En ce temps-là, j'étais tellement optimiste, et amoureuse par-dessus le marché. J'ai dû lui objecter quelque chose de fleur bleue.
« Je crois... que la littérature doit plus être un genre de traducteur de l'inconscient, plutôt qu'une représentation de la réalité. »
C'est pourquoi le couple véronais peut s'aimer à la folie en marchant à la mort, en basculant trop tôt dans la tombe, par accident, et pourquoi ce caprice du hasard émeut et touche depuis des siècles.
Roméo et Juliette. Autrefois je voyais la conjonction entre les deux prénoms comme un lien indéfectible, formant deux maillons d'une chaîne, inséparables. Mais maintenant que je revois le titre teint d'un rouge tellement vif, je me demande si ce n'est pas un gouffre qui les sépare. Et je trouve infiniment triste et laide cette fin en pathétisme : Roméo ne saura pas qu'il est mort avant Juliette, et elle n'est peut-être pas sûre qu'il y ait un paradis pour les réunir en son sein.

C'est un cadeau de pas grand chose, j'aurais même plutôt appelé ça un clin d'œil aux débuts de nos échanges, cependant Damon a l'air d'en être vraiment touché.
« Non-non, arrête... ce n'est rien du tout. Juste un genre de souvenir. Mais je suis contente que cela te plaise. »
Je m'en veux un peu de l'avoir pratiquement mis mal à l'aise en arrivant avec mon petit paquet sans crier gare, et du coup, je suis gênée aussi. L'effet papillon, ridicule ? Je baisse les yeux, rencontrant du regard la carte qu'il m'a obligeamment passée, sauf que je n'y lis rien du tout. Ça m'arrive. Les contours d'encre des mots s'écrasent et forment de grosses taches colorées. Je bats des cils une fois, deux fois, trois, quatre. Sans que cela ne s'arrange.

Damon parle avec une voix calme de choses que certainement, je ne dirais qu'en bafouillant et avec maladresse. Une sorte d'autorité naturelle émane de lui, rien de négatif, bien au contraire, c'est assez doux.
Propos clairs et très justes, de la perspicacité ajoutée à cela. Je connaissais déjà ses qualités de réflexion et d'expression mais face à face, c'est toujours différent que par écrans interposés.
« Si ça se trouve, on s'est déjà croisés plusieurs fois dans la rue sans le savoir... »
Je ne peux pas m'empêcher d'ébaucher un sourire, le visage toujours baissé - il faut croire que la table est un spectacle fascinant - lorsqu'il évoque le fait que je parais essoufflée. Relève, mais relève la tête. On regarde les gens quand ils vous parlent.
« Ils le valent bien. J'ai eu la bonne idée d'aller à l'autre bout de la ville juste avant de venir... j'ai eu peur d'être en retard. »
Je l'étais ? Ceci est ma pauvre excuse, ma justification, que je lui sers sans qu'il n'en ait demandé. C'est superflu ?
Trop tard. Il l'a eue. Bien, maintenant tentons de répondre à sa question, si difficile mais si banale, comment je vais ? Ne pense pas que tu mens. Quelqu'un qui entend des bruits qui n'existent pas, ne parvient plus à lire et est aussi fébrile n'est pas au meilleur de sa forme, et je sais que je pars peu à peu en morceaux, droit vers l'abîme. Sauf que je ne vais pas le lui dire. Pour être convaincante, ne pense pas que tu mens. Retourne plutôt les choses. Ma santé n'est pas mauvaise.
« Eh bien, ça va très bien. Et toi ? Tu ne m'as pas répondu. Qu'est-ce que tu lis ou fais en ce moment ? »
Parce que si je suis toujours réticente à y répondre, je remarque très bien lorsque les gens font mine d'avoir oublié cette fameuse question. Et quand il m'arrive de critiquer le manque d'originalité du monde, j'avoue que c'est de la pure mauvaise foi.
© ÉLISSAN.



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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Jeu 24 Aoû - 12:01

Damon réfléchit un moment, long, très long sur les paroles de Rose. Un traducteur de l’inconscient. Quelque chose qui se rapprocherait du rêve, presque. Alors, elle ne croit pas en l’amour, le vrai ? Il est étonné, il est pourtant persuadé que cette explication ne colle nullement avec celle qu’elle lui a donnée la dernière fois. Sur le papier, elle semblait enjouée, rêveuse mais sincèrement croyante. Une fervente admiratrice des amants défendus. C’est ce dont il se rappelle. Sa pensée l’aurait-elle trompé ou alors, c’est elle qui a changé. Il se souvient des journaux, des histoires et il sait mieux que personne ce que c’est que de perdre un parent. Quand il était enfant, c’était déjà une épreuve, alors à l’âge de Rose. Ce doit être pire. C’est sûrement encore plus difficile quand on a eu le temps de se créer un million de souvenirs en plus que les autres avec la personne aimée. Est-ce pour cela qu’elle a changé ? Est-ce exactement cela qui lui donne droit à une réponse aussi peu joyeuse que celle-là. Tellement terre à terre que même lui n’est pas certain d’y adhérer et pourtant. Si Rose n’aime pas l’amour, il est bien un maître en la matière pour détester ce sentiment et le dénigrer dès que possible.

Il la regarde attentivement après cette déclaration. Il ne la regarde pas comme une folle, ni même comme une personne qui serait devenue quelqu’un d’autre et qui aurait tellement changé qu’il en serait désarçonné. Même s’il l’est très légèrement, ce n’est pas suffisant pour gâcher ce bon moment. Il fait même un petit sourire, comme pour accepter sa remarque comme une des remarques les plus intelligentes qu’elle ait pu sortir depuis son arrivée. C’est peut-être même le cas, puisque le sujet de conversation n’était pas si profond, jusqu’à maintenant. Enfin, il lui dit, avec douceur et un peu d’amusement.

« C’est ce que tu penses aujourd’hui et je ne sais pas, c’est sûrement une bonne chose. C’est plus réaliste mais… Non, non, ce n’est pas ce que tu m’avais dit. Tu étais plus… Rêveuse ? Mademoiselle Berry aurait-elle avalé bien trop de livres méthodique sur la littérature pour pouvoir encore en regarder un sans en faire toute une explication littéraire entourée d’analyse profonde et dénué d’émotions ? »

Bien-sûr, il l’embête gentiment. Il n’a aucune envie d’appuyer sur le fait que ce changement n’est pas une bonne chose. Surtout, ce n’est même pas ce qu’il pense. Au contraire, il trouve cela admirable d’essayer de s’en sortir comme on le peut. C’est ce que Rose fait, avec les armes qu’elle a. Celle qu’elle a enfilée ressemble étrangement à une armure qu’elle a posé là contre l’amour, les sentiments et le monde mais elle n’en est pas moins reluisante. Cette armure.
Il remarque ensuite qu’elle se sent à son tour gênée pour le cadeau et il rit un peu en se rendant compte qu’il en a peut-être fait trop. Après tout, il ne sait plus réellement comment réagir après un cadeau. Il a oublié. Heureusement, il sait assez bien observer et il est clair qu’il a fini par la mettre mal à l’aise avec tous ses compliments autour du cadeau. Pour elle, ce n’est vraiment rien. Juste un souvenir. Pour lui, ce sera sûrement l’un des meilleurs. Il s’imagine même rentrer et annoncer à Jayson qu’il a reçu un cadeau. Il n’en reviendra pas un bon moment. Qui pourrait lui en faire ? Evidemment, il ne pourra qu’être sincère jusqu’au bout et avouer que si elle lui en a fait un, c’est bien parce qu’il n’est pas tout à fait honnête avec elle et qu’elle ne sait pas tout de lui. Sinon, serait-elle seulement là ? En face de lui ? Il a de sérieux doute. Elle baisse les yeux et il imagine qu’elle cherche quoi prendre sur la carte.

« C’est un très beau souvenir et, on va juste arrêter d’en parler parce que je suis certain que ce n’est pas la couleur de la table qui reflète sur tes joues en ce moment. Je m’en voudrais de te torturer plus longtemps. »

Elle laisse alors traîner un doute au-dessus de leur tête, lui affirmant qu’ils se sont peut-être déjà croisés dans la rue. Il réfléchit un moment. Il a l’habitude de marcher la tête bien droite et de ne pas spécialement s’occuper de ce qui se passe autour de lui, mais, oui, c’est possible. C’est même fort possible. Par contre, s’il l’avait vu, si leur regard s’étaient croisés, il l’aurait immédiatement reconnu mais il ne peut pas lui dire cela. Ce serait avoué qu’il sait un peu pourquoi elle n’a plus donné de nouvelles et également qu’il sait des choses sur sa vie qu’elle n’a pas choisi de lui raconter. Il ne trouve pas cela juste.

« Je ne suis pas certain qu’on ait exactement les même centres d’intérêt ou qu’on traîne dans les même endroits… Ni même le même quartier d’ailleurs. »

Ce n’est pas un reproche, juste une évidence. Rose est loin d’être le genre de fille avec qui il traînerait en général. C’est le genre bon chic, bon genre. La fille qu’il dirait à Jayson d’éviter par excellence parce qu’elle se prendrait de haut. Pourtant, il sait que Rose n’est pas comme ça et c’est bien pour cela qu’il est dans ce café avec elle. Lui et sa manière de toujours porter un jugement sur tout. Finalement, c’est une bonne chose qu’ils se soient rencontrés au détour d’une page d’emails.

« Et qu’est-ce qu’il y a de si intéressant à l’autre bout de la ville ? Je ne crois pas qu’une minute puisse compter comme un retard. Je n’espère pas du moins, sinon ça voudrait dire que je n’ai jamais été à l’heure de ma vie, ou très rarement. »

Il rigole encore, c’est qu’elle se met la pression la jeune demoiselle et il se demande même si ses blagues ne tombent pas dans le plat chaque fois qu’il les lance. Les rattrape-t-elle au moins au vol ? Rien n’est moins sûr, parce qu’elle ne rigole pas et elle n’a pas l’air non plus d’être complètement avec lui. Ce qui est loin de le déranger. C’est ainsi qu’il l’a connu, rêveuse et c’est ainsi qu’il espère qu’elle continuera. Néanmoins, quelque chose cloche et il n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, elle dit qu’elle va bien et elle lui repose la question. Ah oui, perdu dans sa contemplation, il a oublié d’y répondre.

« Je vais bien, je suis content d’être là. J’ai lu quelque chose de moderne pour changer. Fanny Flag, Nous irons tous au paradis. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler d’elle. Son premier livre était un peu trop fi-fille pour moi… Mais celui-ci, je me suis régalé. C’est un peu sur la mort, comme tu t’en doutes, le paradis, les traces qu’une personne laisse en partant et qu’elle emporte parfois avec elle. Je me demande si tu n’aimerais pas tiens ? Le personnage principal est une octogénaire et c’est loin d’être un livre basé sur l’amour au sens de Roméo et Juliette. C’est l’amour au sens large. Je bosse, comme barman, toujours. Et toi, qu’est-ce que tu fais ? »

Il fait signe à la serveuse d’attendre encore un moment quand il la voit s’approcher et il regarde Rose. Il lui retire délicatement la carte des mains et la regarde quand elle s’en rend enfin compte et la cherche.

« Chocolat, café ou vanille ? Chaud ou Froid ? Liquide, solide ou les deux? En option, chantilly, chocolat, caramel ou rien du tout ? »
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Jeu 31 Aoû - 20:27

Mieux en vrai ?
Damon & Rose
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Je le regarde et l’écoute en souriant doucement et pourtant, ma voix intérieure est glaciale.
Mademoiselle Berry n’a pas ouvert un livre d’analyse littéraire depuis des siècles.
Mademoiselle Berry n’a pas la moindre idée de ce qu’elle a pu lui dire sur Shakespeare, à l’époque où ils en discutaient.
Elle serait bien en peine de lui broder un commentaire intelligent dessus, là, maintenant.
Ses neurones sont gelés, sa langue, paralysée, et elle s’arrête et pour ne pas en avoir l’air, elle continue de sourire un peu bêtement.
Bon sang mais réagis. Trouve quelque chose à dire sur cette pièce que tu as tant de fois relues, que tu as tant aimé, au point d’en apprendre des passages par coeur. Puis-je aller plus loin quand mon coeur est ici ?
Oh stop, ça suffit, ça suffit les citations. Pourquoi ne lui avouerais-je pas la vérité tout simplement puisque je suis incapable d’inventer quelque chose sur le moment ?
« Honnêtement, Damon, je ne sais plus ce que j’avais bien pu te dire… mais je me souviens que tu étais plutôt dubitatif quant au réalisme de cette histoire. »
Peut-être que lui offrir un exemplaire de la pièce n’était pas une si bonne idée que cela, alors. J’espère toutefois qu’il appréciera de la relire, juste pour le plaisir des mots, sans le moindre commentaire analytique d’une jeune professeure idéaliste à côté.

J’en ai toujours la candeur. On ne se refait pas. Il faut croire que certains traits caractéristiques de sa personnalité ne s’en vont pas – dommage que ce ne soit pas les plus reluisants.
« Est-ce que tu fais toujours ça ? Je veux dire… plaisanter pour mettre les gens à l’aise. Non pas que je ne le sois pas. Mais je sais qu’on peut lire à peu près tout ce que je pense sur mon visage. »
Ce n’est pas parce que j’en suis consciente que je suis obligée de le clamer à tout va. Après ma sale habitude de rougir, ajoutons ceci à la liste des choses qui ne changeront décidément jamais chez moi, quoique je les déteste : je parle sans réfléchir. Comme je m’aperçois ensuite que ce sont des bêtises, je les corrige en accélérant le débit, ce qui ne m’aide pas vraiment à rendre l’ensemble cohérent ou sensé.

Je commence à me demander si c’était vraiment bien qu’on se rencontre pour de vrai. Face à un écran, c’est très facile, on a tout son temps devant soi pour réfléchir aux mots qu’il convient d’apposer sur les idées qu’on cherche à exprimer. Pas de problème d’intonation ou d’expression affichée. C’est simple et presque magique, car comme Damon me le fait remarquer, nous ne nous serions sans doute jamais rencontré sans cet outil numérique qui permet de ne voir que nos points communs. Il est très probable que nous n’ayons pas les mêmes centres d’intérêts en dehors des livres, pas la même façon d’occuper nos journées ni dans les mêmes endroits. Mais tout de même. Au-delà de ces inévitables différences, les mails nous ont permis de nous lier par ce qui nous rapproche.
« C’est ce qui fait toute la beauté de la chose, non ? »
Je ne sais qu’assez peu de choses sur la vie de Damon dans le fond, alors je veux bien le croire quand il me dit qu’il est plutôt improbable qu’on se soit déjà croisés sans le savoir, même si cette idée pour le moins romanesque me plaisait bien.

« Il… il y a le parc. Tu y es déjà allé ? »
J’ai failli dire la mare aux canards mais heureusement, je me suis retenue à temps. J’ai beau ne pas craindre l’hypothétique jugement qu’il pourrait porter sur mes loisirs, on ne peut quand même pas tout partager, tout avouer au bout de cinq minutes de tête à tête. Je souris encore, tout simplement. Jamais à l’heure de sa vie, vraiment ? Je crois surtout que ma première impression n’était pas fausse. Il badine un peu d’un air enjoué parce que je dois paraître complètement déphasée.

Et c’est vrai que je le suis. Pas tout à fait ici, malgré les efforts que je fais pour me concentrer sur l’instant présent ; une partie de mon esprit est captive dans la dimension invisible où les montres font autant de bruit que les plus imposantes des horloges. Et où les lettres imprimées dégoulinent, jusqu’à se mêler les unes aux autres pour ne plus former qu’une bouillie de mots désormais illisibles.
Était-ce vraiment une bonne idée que de me montrer face à lui, marchant sur le fil, oscillant entre la réalité et, ce que je sais parfaitement ne pas exister bien que je le perçoive ? Je me demande face à quel genre de fille il s’attendait à se retrouver. Parce que, si j’ai plus ou moins brossé son portrait de message en message et qu’il correspond à peu près au véritable Damon, j’ai l’avantage que lui n’a pas changé depuis le début de nos échanges. Il est resté la même personne, ce qui n’est pas mon cas.
Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Pour moi, c’est le contraire : mon nom n’a pas changé, pas plus que ma figure.
Le reste… le reste s’est fait à ce qui lui est arrivé.

C’est drôle, c’est bizarre qu’il me parle de la mort… mais non. Ce n’est qu’un livre. Un livre avec une réflexion sur l’amour universel, voilà qui est un beau sujet.
« Non… je ne connais pas du tout Fanny Flag, mais je me renseignerai. Ça a l’air intéressant. »
Fanny Flag. Je me répète mentalement le nom pour être sûre de le retenir, tout en réfléchissant à ce que je vais bien pouvoir lui dire après.
« De mon côté… je travaille dans un bar maintenant. Et j’ai honte de le dire, mais cela fait assez longtemps que je n’ai pas ouvert un livre. Je viens de déménager et ils attendent encore tous sagement dans leurs cartons. »
Mes yeux refusent de les parcourir aussi. Ça arrive de plus en plus fréquemment. Au début, j’ai cru que j’étais juste trop préoccupée pour parvenir à me concentrer sur le sens des phrases, et puis les pages sont devenues floues, salissures noires sur écrin blanc. Depuis, j’ai peur.
Je n’ose pas affronter tous les visages des couvertures qui dorment, qui dorment en attendant que je rouvre leurs boîtes.

Hey, Rosie, reviens sur Terre. Tu n’es pas à la maison, devant ces paquets bruns inoffensifs mais qui t’effraient. Il sera toujours temps de me mordre les lèvres et me ronger les ongles plus tard, à l’un de mes nombreux moments perdus, en étant terrifiée à la perspective de ne plus jamais être de nouveau capable de lire.
Que me restera-t-il, dans ce cas ?
Pas grand-chose. Mais tu auras toujours cela : bats des paupières, élève les deux extrémités de tes lèvres – tu souris ! Tu y arrives. Et tu feras semblant, pour une poignée de secondes arrachée aux pensées sombres. Et ton cerveau reconnaît encore les marques d’extrême bienveillance dont on fait preuve à ton égard.
Vas-y. On dirait que le regard de Damon m’encourage.
« Je crois… que je vais prendre un chocolat chaud, tout simplement. »
L’atterrissage se fait tout en douceur mais je sais, je suis consciente que je ne peux pas maintenir très longtemps l’illusion. C’est inutile de le prétendre. Pas plus de quelques minutes ; ensuite, je redeviens réaliste – quelle bien mauvaise interlocutrice je dois faire. Pauvre Damon.
Alors une fois que nous nous retrouvons de nouveau seuls, le sujet de nos consommations réglé, je me laisse aller à lâcher encore une de ces idioties qui me viennent tout droit du coeur, sans être passées par l’étape contrôle.
« Je ne suis pas la personne à laquelle tu t’attendais, n’est-ce pas ? »
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Dernière édition par Rose H. Berry le Dim 10 Sep - 16:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Mer 6 Sep - 15:10

Honnêtement est le mot qui le frappe parce qu’enfin elle l’est. Lui qui est un menteur professionnel, il le sait. Il est d’ailleurs plus heureux pour elle qu’il ne l’est pour lui. Il se moque qu’elle lui mente, surtout qu’elle a l’air d’y croire elle-même. Il sait ce que c’est que de vivre dans l’illusion, c’est agréable, réchauffant. Une magnifique bulle. Ce qui est moins agréable c’est quand quelqu’un vient y planter une aiguille si minuscule qu’on ne la voit pas venir et que la bulle explose. Ca, on le sent, on le voit venir et ça fait mal. C’est aussi rafraichissant qu’effrayant et libérateur que destructeur. Elle ne sait plus ce qu’elle a dit. Elle sait juste que lui n’y croyait pas. Il hoche la tête.

« Je te rassure, je n’ai pas changé d’avis. Puisque tu es honnête avec moi, je me sens obligé de l’être également. Ce n’est pas tant que je n’y crois pas… C’est surtout que ce serait plus difficile d’y croire que de se dire que ce n’est qu’une pure invention. Il faudrait sûrement un courage que je n’aurais jamais. »

En parlant de torturer, il l’a également déjà assez fait sur ce sujet. Le test est fait et la gentille Rose a bel et bien changé. Ce n’est pas une mauvaise chose. S’endurcir n’est jamais mauvais pour personne mais l’est-elle vraiment ou n’est qu’une façade. Encore cette bulle, encore cette aiguille. Il balance la tête quand elle lui demande s’il essaie toujours de mettre les gens à l’aise en plaisantant. Il réfléchit. Non. Il drague souvent mais mettre les gens à l’aise, il ne le fait pas. Si, avec April, il l’a fait. Ce n’est pas pareil. Elle en avait besoin. Elle était mal dans sa peau et il voulait l’aider. Sinon, il recherche toujours des filles bien et lumineuses afin de passer une soirée décadente et sans lendemain mais comment dire ça à Rose ? Il réfléchit encore un petit moment tout en essayant d’être le plus honnête possible. Après le mensonge énorme de ce début de relation, éviter d’en ajouter d’autres, d’enrober ce mensonge au point qu’il devienne si gros qu’il soit obligé de sortir un jour ou l’autre. Il faut qu’il le laisse dans une toute petite boîte, qu’il n’en rajoute pas et qu’elle reste fermée à clé.

« Non. Juste avec les personnes que j’apprécie et qui en ont besoin. C’est agréable de pouvoir lire ce que tu ressens sur ton visage. Enfin… Pour ton interlocuteur. Pour toi, j’imagine que c’est gênant à souhait. Je peux faire comme si je ne voyais rien si tu préfères. »

Il lui fait un clin d’œil. Pourtant, il est sérieux à souhait. Il peut l’ignorer à outrance parce qu’en effet, il ne peut que le voir, comme le nez au milieu de la figure, puisque c’est juste là sous ses yeux. Il finit par marquer la distance entre eux, lui rappeler violemment qu’ils sont si différents que c’en est presque affligeant. La princesse et le monstre. Sauf qu’elle ne sait pas à quel point. Elle l’ignore et c’est très bien comme ça. Il ne peut s’empêcher d’être ironique quand elle parle alors de la beauté de la chose. Heureusement, il n’est pas aussi expressif qu’elle et il peut hocher la tête en confirmant.

« Dans le sens où je peux te faire découvrir mon monde au même titre que tu peux me faire découvrir le tien ? » Un moment de silence. « Alors si tu devais me faire passer la meilleure journée de ma vie, que ferait-on aujourd’hui miss Berry ? »

Elle lâche alors le parc. Elle ment encore mais ce n’est pas grave. Ca lui va complètement. Il hoche la tête. Il a déjà vu le parc, avec Hannah et il soupire. Encore une histoire à éviter, une histoire idiote à ne pas raconter. Il se rappelle des enfants et de la mélancolie du moment. Qu’est-ce qui pourrait y avoir d’autres pas loin de cette idée ? Pas loin du parc ? Il ne voit rien. Il abandonne et il hoche à nouveau la tête, pensif cette fois.

« Tu avais besoin de t’y promener avant de venir ? »

Et comment gratter dans un mensonge sans en écraser la carapace en chemin. Heureusement, quand ils parlent de livres, ils ne se promènent plus sur ses œufs complètement brisés qu’ils peuvent casser à tout moment. Quand ils parlent de livres, il ne peut pas inventer, il ne peut rien embellir, ni changer. Quand Rose le tiendra entre ses mains, tout sera déjà imprimé noir sur blanc et elle s’en fera son opinion et même s’il ment, elle s’en rendra compte. Alors pourquoi le faire ? Non, aucune raison. Ils sont pourtant étrangement dans un sujet qui doit toucher Rose au plus profond de son âme mais ça, c’est quelque chose qu’elle cache bien. Comme quoi, elle n’est pas aussi transparente que ça. Elle avoue ne pas avoir touché de livres depuis longtemps et c’est d’autant plus flatteur d’imaginer qu’elle a dû se déplacer dans une librairie uniquement pour lui alors qu’elle n’a pas pensé à elle-même.

« Un bar ? Je le connais peut-être ? Niveau déménagement, je ne peux que compatir mais pas comprendre. J’ai passé ma vie à voyager très très léger. Enfin, si je me pose, ça changera peut-être. Donne-moi une idée du nombre de cartons ? »

Il la perd encore mais c’est loin d’être un problème. Il s’habitue doucement et sûrement à ce regard perdu, à ce regard rêveur. Même s’il n’est pas certain pour le côté rêve et peut facilement pencher pour le côté cauchemar. Il fait un signe au serveur pour qu’il vienne prendre les commandes, persuadé que sa technique va aider Rose à se décider mais rien n’est moins sûr. Comment être persuadé qu’elle l’ait entendu ? Il attend un moment, un long moment et quand elle revient à elle pour lui proposer le chocolat chaud, il faut un regard entendu au serveur et lui tend la carte en se commandant un capuccino. Rose ne l’a même pas vu venir mais au moins, elle le verra repartir. Il entend un discret merci du serveur quand il récupère l’autre carte. Lui aussi ne veut pas déranger les rêveries de la dame. Les moments de silence ne sont pas pesants pour lui mais il ne sait pas du tout ce que ça donne de l’extérieur. Peut-être quelque chose de terrible, d’hilarant ou même d’effrayant. Elle le surprend alors avec une question qu’il croit bien sortie de nulle part. Pourtant, c’est une des rares qui sort sans filtre depuis le début alors, sûrement une des plus sincères.

« Non, c’est vrai. Je t’imaginais enjouée, heureuse et pétillante voire un peu dominante. Je te découvre rêveuse, mélancolique et réfléchie. Je ne suis pas déçu si c’est le fond de ta pensée… Ca l’est ? »
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Dim 10 Sep - 16:06

Mieux en vrai ?
Damon & Rose
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Quand il prononce le mot courage, ça me ramène brusquement à un autre épisode datant de quelques mois, une discussion parfaitement improbable avec une agente immobilière qui a tourné plus ou moins autour des mêmes thèmes. Elle m’a avoué ne pas oser avoir confiance en les autres et je lui ai dit que pour moi, c’était l’inverse, que je m’y repose beaucoup trop, parce que quand je regarde à l’intérieur de moi-même, je n’y vois que du vide, rien de bien stable sur lequel m’appuyer. À nous deux, les plateaux de la balance s’égalisaient, l’équilibre était là. Sauf qu’on ne vit qu’en soi. Ce genre d’équation est impossible.
Courage, nom masculin. Force permettant d’affronter le danger, la douleur, ou de faire une action quelconque.
Une fois le mot posé et défini, qu’est-ce que j’en fais, où puis-je le mettre ? Pas sur mon front, cela est sûr.
« Si je comprends bien ton point de vue… tu trouves que se résigner à l’impossibilité d’une chose est plus facile que d’y croire malgré son caractère peu facile à cerner. Je… je me trompe ? »
Pourtant, pour croire, il suffit de battre rapidement des paupières, assez vite pour que la lumière entrant soit toute pareille à celle des flashs d’appareil photo. Alors, il semble que des paillettes dorées découlent de vos cils. De la poussière de fée… Le monde change, le monde en est constellé – univers magnifique, infinité du ciel rêveur percé d’étoiles. Vous élevez les lèvres… ça me semble si facile, de croire.

Mais je suppose que c’est parce que mon âme n’est pas beaucoup plus vieille que celle d’un jeune enfant. Neuf ans, je vois le chiffre neuf imprimé sur mon coeur. Une autre des mes sales facettes, c’est que je suis consciente qu’à peu près tout ce que je ressens se lit sur mon visage. Voilà pourquoi je ne mens que très mal.
Croire c’est facile, on se leurre, mais soi-même. Il suffit de ne pas être devant une glace.
De la poussière de fée…

Tiens, Damon est bien la première personne à me dire que c’est quelque chose d’appréciable. D’habitude, quand on me ressort à voix haute ce fait avéré, c’est sur un cri, et toujours pour appuyer des reproches. Qu’il me propose de faire semblant de ne rien voir me semble cocasse, et me fait rire un peu.
« Non… non, je fais avec au quotidien, écoute. »
Ce serait bien dommage, et presque ridicule, de discuter comme si de rien n’était alors que c’est là, sous ses yeux, cet amas de cellule traduisant ce qui se passe sous sa peau, et ma conscience justement située là, qui le sait et se le répète.
Le plus important, me semble-t-il, est d’être honnête entre nous. On peut ne pas savoir tout l’un de l’autre – d’ailleurs, nous en sommes loin – mais pour le reste, la sincérité vaut mieux. Il y a plus d’ombre que de lumière quand je pense son prénom et j’imagine que c’est réciproque.
« Oui, il y a cela. Je pensais aussi qu’on aurait peut-être eu peu de chances de se rencontrer, si nos mondes sont aussi différents que tu le dis. »
Attendez une seconde. S’il affirme tout cela alors que mes positions sont moins assurées et plus molles, cela veut dire qu’il m’a catégorisé quelque part, je ne sais trop où au juste, mais que je correspond à un modèle. Un genre de fille. C’est plutôt rassurant de savoir qu’on se conforme à un type prédéfini : c’est bête et simple. Ça me va. Je me demande juste s’il y met un jugement derrière. Ça m’est égal aussi mais du coup, ces réflexions me déboussolent, je ne sais pas trop que lui répondre.
« Ce serait assez prétentieux de ma part et je crois que je te décevrais… mais je veux bien te renvoyer la question. Où m’emmènerais-tu ? »
Attitude contradictoire, bonjour.

Je suis de verre. Je suis fragile, et je suis transparente. On peut tout voir au travers de ma paroi factice de chair ; un petit coup, juste un frôlement, ou quelques phrases, et je suis fendillée. L’apparence ne tient pas. De toute manière, on voyait tout à l’intérieur.
Tel un pendule, un balancier, j’oscille, je vais de gauche à droite, j’hésite. Oui, non, gauche, droite. Diras-tu, tairas-tu, l’histoire du parc.
« Si… si on veut. »
À gauche toute : c’est un non. Bon sang, mais n’étais-je pas capable de trouver une meilleure façon de garder mon secret. C’est assez pitoyable et pourrait bien gâcher rapidement l’ambiance.
Mais nous continuons, avec presque l’air de rien. Comme quoi. Il est plus évident de parler livres, et même si rapidement, je dois lui avouer que je n’en n’ai pas ouvert un depuis ce qui semble être des siècles. Aucun échappatoire entre les lignes ne paraît plus m’être possible. Je suis coincée dans ce monde-ci, plaquée contre la réalité brute du quotidien – le travail et le déménagement. Aller au travail et ranger des cartons. Essaie de ne pas penser que le ciel est très gris.
« Le CLP. Ça te dit quelque chose ? Je ne sais pas comment tu fais… je dois être beaucoup trop conservatrice. Franchement, je serais incapable de te donner un ordre de grandeur. J’ai l’impression que je n’en finirai jamais… mais j’exagère bien sûr. Alors comme ça, tu as beaucoup voyagé ? »
C’est un sujet qui attire tout de suite mon attention, car j’en ai pour ma part assez peu eu l’occasion.

Je me suis perdue. Quelque part, dans un genre de labyrinthe, quelque temps, combien, ça je l’ignore. Je me suis perdue et je refais surface. Ai-je vantée l’honnêteté plus tôt, l’ai-je vraiment prise comme principe absolu ? Ça n’était pas une raison pour discourir sans réfléchir.
« C’était par simple curiosité mais… peut-être, oui. Je m’embrouille. Ça peut sembler étrange, mais je réalise que je ne me suis jamais vraiment imaginée comment est-ce que tu pouvais être en réalité. Ce que j’ai appris sur toi en te lisant me semble… comment dire ? "Correspondre" avec la personne que je retrouve. Je suis désolée que ça ne fonctionne pas dans les deux sens. Ça aurait été plus facile. »

Mécaniquement, je frotte mes doigts entre eux. Index, majeur contre le pouce, comme pour chasser quelque chose d’invisible dans les sillons de mes empreintes digitales. De la poussière de fée…
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Ven 15 Sep - 9:18

Ils parlent de tout, de rien, sans cesse. Ils perdent la notion du temps et les absences de son interlocutrice ne les aident pas à rester accrochés à la réalité. Elles ne sont pas dérangeantes, elles sont envoûtantes mais elles les entraînent dans un tout autre monde. Ils n’ont plus aucune connexion avec celui-là. Pourtant leurs pieds touchent bien ce sol et leurs mains sont bien calés sur cette table mais leur esprit s’est envolé. Tout est de la faute de la fée rêveuse qu’il a face à lui. Quand elle s’éloigne, il ne peut s’empêcher de la sonder et de chercher dans quel pays magique elle voyage au juste afin de la rejoindre. Ce n’est pas si facile et il s’y perd lui-même en chemin. De quoi parlent-ils du coup ? De livres ? De son pays enchanté ou de Roméo et Juliette ? Parce qu’à la base, il est certain que c’était le sujet. Ensuite, elle a changé d’avis et lui aussi. D’abord ils ont été réalistes et maintenant, ils sont sincères. Il se concentre à nouveau sur le ton de sa voix quand elle lui pose sa question. De toute évidence, elle a encore dû se perdre en chemin, mais où cette fois ? Chez le magicien d’Oz ou à Vérone ? Se répéter la question pour être sûr d’avoir compris puisqu’elle-même n’en est pas certain puis répondre à l’affirmative en hochant la tête.

« … Même si je ne sais pas si on peut en faire une règle général mais dans le cas de Roméo et Juliette. Je suis certain que ça demande un courage insensé pour croire qu’un amour aussi fort puisse unir deux personnes. Ca reviendrait presque à se dire qu’on peut faire de même, que l’être humain est capable d’aimer si fort. C’est plus facile de se dire que cette histoire existe uniquement pour faire rêver les lecteurs. »

Elle a l’air surprise. Surprise que ce soit agréable pour Damon ses petits moments d’absences, ses airs, ce livre ouvert qui tourne ses pages à mesure que les expressions de son visage changent. Pourtant, qui pourrait trouver cela énervant ? Lui qui apprécie tous les livres à leur juste valeur, il en a un devant lui qui traite de tous les sujets confondus, en plus de celui qu’elle lui a ramené. Il y a le sien. Le livre de sa vie, de ses rêves, de ses pensées, de ses joies. Elle n’en dévoile que très peu, son visage en dévoile encore et tout le reste est bloqué entre les lignes. Et Damon adore ça, lire entre les lignes. C’est un de ses passe-temps favoris.

« Alors je continuerais… »

Lâche-t-il tout simplement sans rajouter qu’il ne le fera pas toujours. Il sait pourtant parfois quand elle ment et il ne risque pas de le pointer du doigt pour éviter de la faire fuir. Il ne risque pas non plus de claquer des doigts quand elle part dans ses pensées afin de la ramener sur terre et encore moins de lui préciser maintenant qu’elle est allée faire un tour assez lointain dans ses pensées en l’abandonnant un bon nombre de fois, de temps. Il se voit mal lui dire puisqu’il est loin de trouver cela désagréable. Elle lui précise ensuite ses pensées sur leurs mondes, différents et il comprend enfin le fond de la réflexion et aussitôt, elle refuse de parler d’une journée de rêve. C’est lui qui a besoin de réfléchir maintenant qu’elle lui renvoie la balle en pleine figure, refusant de se mouiller. Il lui sourit après coup.

« Finalement, on en revient à l’idée qu’internet a du bon. J’aimerais quand même entendre une journée de rêve selon miss Berry et tant pis si elle ne me plaît pas. Finalement, ce serait ce que tu aimes faire, même si je doute que ce serait décevant. Pour ma part, ce serait sans hésiter activités plage la journée pour voir si tu sais nager et bar/boîte de nuit le soir pour voir si tu tiens l’alcool, si tu sais rire et danser… Mais avec toi, je crois que je réserverais une semaine dans le monde d’Austen. Une véritable immersion et un retour dans le passé dans certains de tes livres favoris. Un lac à la place de la mer et des soirées mondaines où on peut s’enivrer quand même. Je doute que tu n’en aies jamais fait ? »

Et le sujet des déménagements est devenu bien plus dérangeant que prévu puisque Rose finit par lui demander comment il fait pour voyager si léger et bouger tout le temps. A son tour de se perdre quelques secondes, de se faire un très très court instant le film de sa vie sur avance rapide, son sac sur le dos, son meilleur allié. Le serveur apporte alors les boissons, le tirant rapidement de son film alors qu’il le remercie et se retourne vers Rose.

« Oui, j’y suis déjà allé avec une amie. Moi je bosse à « The circle », le soir. Bah j’ai surtout beaucoup déménagé. De chez ma mère en Angleterre à mon frère ici, puis seul, puis à nouveau en Angleterre, chez des amis, puis seul, puis amis, puis seul et enfin ici chez mon meilleur ami. Je ne suis ni conservateur, ni matérialiste. Je déteste avoir des attaches, c’est ce qui me permet de toujours repartir facilement, le sac quasiment vide. Pourquoi tu as déménagé alors, si tu es si conservatrice ?  »

Et par attaches, il entend aussi bien matérielle qu’humaine. A sa grande surprise, Rose lui annonce avec douceur que l’idée qu’elle se faisait de lui colle parfaitement avec celle qu’elle se faisait de lui et que ce serait plus facile s’il en était de même de son côté. Loin d’être d’accord, il se dit qu’au lieu de sourire comme un idiot, heureux que le mensonge ne se voit pas chez lui, il ferait mieux de répondre. Il reprend un air sérieux, rapidement.

« Je suppose que c’est une bonne chose puisque tu voulais rencontrer l’homme derrière l’écran. Pour ma part, je suis agréablement surpris. Ce n’est donc pas un problème que cela ne coïncide pas avec l’idée que je me faisais de toi. J’aime également l’idée de m’être trompé sur le coup. Ce serait ennuyant seulement si ça n’était pas le cas non ? »
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MessageSujet: Re: Mieux en vrai? [Rose] Dim 17 Sep - 15:00

Mieux en vrai ?
Damon & Rose
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Voici ce que nous apprennent les histoires.
Il y a toujours une fois, une fois pour entrer en matière. Ensuite, on peut placer le cadre, les objets les plus proches et les lignes d’horizon. C’est comme lorsque les yeux d’un nouveau-né s’entrouvrent avec difficulté pour la première fois sur le monde. Il voit peu, si ce n’est rien. Pas grand-chose, mais rien de grave, il peut les refermer tranquillement pour rêver : un jour, l’univers sera plus grand et à portée de main. Il verra.
Alors, il était une fois.
Un coeur brisé, un coeur battant, deux coeurs masquant leurs cicatrices.

Qu’est-ce que j’en sais au juste ? On a tous nos raisons de croire les opinions que l’on professe. Tous des parcours qui nous ont conduit à revoir ou affermir nos positions. Et parfois… parfois, peut-être que c’est inné. On arrive à en être sûr dès que la raison se stabilise et prend des mots pour s’exprimer.
Les histoires nous apprennent, à force de les entendre, qu’il ne faut pas avoir trop foi en elles. Ce ne sont que des ramassis de syllabes mis bout à bout auquel on donne un sens. Elles sont jolies, certes… tellement jolies. Mais vivre trop en elles condamne à être désillusionné d’une façon violente. Deux claques, une pour chaque joue, pas de jaloux, et un coup de poing, pour avoir le souffle bien proprement coupé.
« J’imagine que les personnes qui aiment, vraiment je veux dire, celles qui sont engagées dans des relations sérieuses, veulent bien croire qu’un lien pareil les unit. Malgré tout, ça fait rêver, et l’être humain a une nature assez particulière pour être persuadé que son cas est forcément unique. L’exception à la règle. Enfin… Shakespeare n’a pas dû écrire seulement pour les amoureux. »
Il était une fois, une fille capable d’avoir la larme à l’oeil devant certains sonnets, et qui posait la main sur sa poitrine, du côté gauche, pour signifier tout bas de se taire à la chose souffreteuse qu’elle y avait. Maintenant, une question. Supposons que cela soit possible et supposons quelqu’un, qui n’ait jamais rien ressenti. Est-ce qu’il serait capable de lire quoi que ce soit, de percevoir le beau derrière les lettres ?

Les histoires nous apprennent que le réel est souvent décevant, mais qu’elles seront toujours là, disponibles, pour nous faire voir des paysages plus saturés. Plus de couleurs, plus fortes, toujours plus et de tout. Il suffit d’ouvrir un livre et de tourner les pages pour être complètement isolé et immergé ailleurs. Là où tout n’est que lumière et r, ê, v, e, rêve… Partout où j’aurais mieux aimé vivre qu’ici.
J’étais très comme cela, étant petite. Maintenant, cette époque où j’étais capable de m’évader la plus grande part de mon temps me manque. Je voudrais être de papier plutôt que de chair, avant de l’encre colorant les lignes de mes veines et revenir en arrière en posant simplement mes yeux ailleurs.

À sa réponse, d’abord, j’éclate de rire, ça doit paraître curieux de l’extérieur, cet accès brusque et inattendu de joie. Vraiment bizarre.
« Je ne suis pas une très bonne nageuse et ne tiens pas du tout l’alcool. Toi si ? »
Danser, nager et boire ne sont pas des activités où j’excelle mais au moins, il aura vu que ma gorge a la capacité de produire un son pareil à celui du rire. Et mon coeur d’exploser brutalement, sans crier gare.
« J’adore cette idée. Mais, non… je ne crois pas que ça puisse s’appeler soirée mondaine. Je veux bien tout essayer cependant, si tu veux m’y initier. »
On pourrait regarder les autres et leur donner les noms de personnages de livres. Emma Woodhouse pour une entremetteuse typique, un homme toujours souriant et enthousiaste deviendrait Charles Bingley et un plus taciturne Mr Darcy.
Je serais sans doute Mary Bennet.
Je m’arrête une seconde.
« D’accord, alors… ma journée idéale se résumerait surtout à pas grand-chose. Aller hors de la ville vers les coins de verdure et regarder les nuages, et raconter des bêtises autour d’un feu de camps. Je ne l’ai jamais fait mais je me l’étais promis… il y a longtemps. Avec toi, je pourrais… partir à la recherche du paradis. Pour voir si c’est là-bas que nous finissons tous. »
Je suis partie. J’arrive à la fin de cette phrase en m’apercevant que je ne voulais pas le dire, que j’ignore d’où elle vient, d’ailleurs. Mais d’où… comment cette idée-là a-t-elle pu me venir.
C’est à cause de son livre. Le titre.
C’est étrange.
Trouve quelque chose pour casser cet abstrait.
« Après un certain nombre de verres. »
Pour l’ancrer dans le vrai, le rattacher au sol, le transformer en une plaisanterie. Et tenter d’occulter le fait que je me sois évadée trop loin.

« Tu as vécu en Angleterre ? »
Je suis surprise, et je l’avoue, un peu envieuse. Voir le vieux continent est un de mes rêves, et le pays d’Austen tout particulièrement.
« Je vois que tu as beaucoup bougé, en effet. Mieux doit valoir ne pas avoir trop de choses à transporter dans ce cas alors. En fait, je vivais chez des amis et… il y a un moment où il faut quitter le nid. »
Déployer ses toutes petites ailes encore fragiles. Tenter de les soulever, les abaisser, d’apprendre à s’envoler. Se débrouiller toute seule, comme une adulte. Mon âge semble me pointer du doigt d’un air accusateur.

Il était une fois… la fin.
La fin de ce tunnel où je me suis égarée – tout au bout, un cercle blanc de lumière, droit devant.
La fin du rire trop soudainement lâché et des sourires trop conscients d’être tentés.
La fin des apparences.
Ou du moins, la fin de ma tentative de prétendre.
« Je ne sais pas. Je ne crois pas vraiment qu’on puisse connaître les gens pour commencer. Je pars encore à la dérive, désolée. Ce que je voulais dire, c’est que nous avons tous de multiples facettes qu’on ne montre pas aux autres, ou pas à tout le monde. Peut-être que la façon dont je te perçois ne te correspond pas bien au final… si tu devais choisir trois mots pour te décrire, ce serait lesquels ? Trois ou… ou plus. Pardon, ça ressemble un peu à un jeu de cour d’école. »

Les histoires nous apprennent qu’il n’existe pas uniquement que les mariages et les groupements d’enfants. Il n’y en a même que très peu, seulement pour quelques uns. Elles nous confrontent assez vite au fait que certaines fins sont malheureuses.
Mais pas pour tous, n’est-ce pas ?
Pas pour nous tous.
© ÉLISSAN.

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