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 [Emilia] Sous la peau des ténèbres

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MessageSujet: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Lun 21 Aoû - 9:33

Sous la peau des ténèbres
Emilia & Rose
Le sang épars au rire atroce ∞ Encore frissonnant Sous la peau des ténèbres Tous les matins je dois Recomposer un homme Avec tout ce mélange De mes jours précédents Et le peu qui me reste De mes jours à venir. Me voici tout entier, Je vais vers la fenêtre. Lumière de ce jour, Je viens du fond des temps, Respecte avec douceur Mes minutes obscures, Épargne encore un peu Ce que j’ai de nocturne, D’étoilé en dedans Et de prêt à mourir Sous le soleil montant Qui ne sait que grandir. (L. Aragon & J. Supervielle) © code by ÉLISSAN
Bat et s’emballe mon coeur, cette petite pompe idiote, au rythme de mes pas. Chaque rencontre de mes pieds avec le béton du trottoir semble produire un grand coup, boum, et mon coeur lui répond en écho, boum encore. Je suis consciente que ça n’est pas réel, dans le fond, c’est inscrit quelque part tout au fond de moi. La logique le veut, ceci est impossible. C’est simplement parce que je suis déboussolée.
Si j’inventais une échelle de valeurs, qu’est-ce qui se trouverait m’ébahir, me terrifier le plus, avoir refait une crise ou la réaction de mon ancien psychiatre ? Oh-oh, il ne faut pas que je le sorte comme ça, en pensée, aussi fort, ça rend les choses tellement brutales et crues. Il ne faudrait même pas que j’y songe tout court. Prenons l’air naturel, les épaules en arrière, la tête droite. Je suis dans la rue et j’avance parmi tant d’autres de mes honnêtes concitoyens.
Plus je leur jette des coups d’oeil furtifs et plus j’ai l’impression que tous me dévisagent également, que leurs regards me dissèquent jusqu’à la moelle. Ça ne fonctionne pas. Je peux m’efforcer de paraître aussi banale que je le veux, ça ne marchera pas. Avec leurs yeux perçants, ils ont déjà compris que je n’ai rien à faire parmi les gens normaux. Bientôt, très vite, ils me pointeront du doigt et j’aurais le vertige au milieu de leur cercle, prisonnière de leur cercle accusateur.
Oh-oh, ne commence pas. Tu sais très bien comment cela fonctionne depuis le temps – le temps ? Le temps est une fichue notion qui ne signifie rien : il y a trois ans mon père est mort, il y a trois ans que j’agonise, l’année dernière on m’a déclarée guérie, et il y a quelques heures j’ai fait une crise, il doit y avoir quelques minutes que la porte du cabinet s’est refermée derrière moi. Mais c’est comme si tout cela venait de se produire, qu’il demeurait juste sous ma peau, tout proche.
Tu sais comment cela arrive depuis le temps : tu paniques, tu t’affoles, et le monde te paraît si menaçant et tu ne comprends tellement plus rien que tu passes à l’attaque, si on peut le dire comme cela. Si tu poursuis sur ce terrain en pente, il est hautement probable que dans une poignée de minutes tu aies envie de défigurer tous les passants.
C’est impossible parce qu’on m’a dit, m’avait jurée que j’étais guérie.

À moins que je ne me contente de faire demi-tour, de retourner au cabinet et d’assommer ce maudit psychiatre avec l’une de ses babioles décoratives de mauvais goût. Il le mérite, non, personne ne prétendra le contraire ? Il n’a pas ri mais s’est moqué de ma détresse. J’ai tellement pris sur moi pour me faire à l’idée de l’appeler, d’aller le voir et de tout lui dire et je voulais qu’il me rassure. Mais cet imbécile a appelé mes symptômes de la simple fatigue, non, pire que cela, du surmenage.
Reposez-vous. J’étais prête à prendre tous les médicaments qu’il me prescrirait, je le jure. Au lieu de quoi… il m’a recommandé des tisanes. Des tisanes et tout un tas d’autres bêtises aux plantes. Je le déteste.

Oh-oh, on avait dit : pas de sujet qui fâche, autrement tu vas exploser, en quoi, comment, je ne sais pas mais c’est certain. Marche doucement et écoute les bruits de la ville tout autour.
Ils font une drôle de bouillie infâme dans mon esprit. Ce n’est pas possible. Ça ne fonctionne pas, et j’ignore combien de temps je vais encore tenir sur mes jambes.
Alors assied-toi sur ce banc. Assied-toi, tiens-toi droite, n’aies pas l’air au bord du malaise si tu veux qu’on te laisse tranquille.
Le problème, c’est que si je me mêle à la foule, je vais sûrement craquer et que si je reste seule, ça risque encore d’être pire.
Oh non, je n’ai pas envie d’être seule. Je vais finir de m’engloutir moi-même.

À peine consciente de ce que je fais, je tire mon téléphone de mon sac et déverrouille l’écran, avant de faire défiler ma liste de contact sans réussir à m’arrêter sur aucun. Qui appeler, appeler à l’aide ? Est-ce que j’ai vraiment le droit de faire cela ? Le monde serait tellement tranquille sans mes soucis.
Mon doigt s’approche du nom d’Emilia et mon cerveau crie en même temps que je ne dois pas le faire. Mais c’est trop tard.
« A… allô, Emilia ? C’est… c’est moi, tu… tu vas bien ? Je… est-ce… qu’on… pourrait… se voir ? »
Ma voix, limitée trop longtemps à l’intérieur de ma tête, se brise et s’étrangle, c’est ridicule.



Dernière édition par Rose H. Berry le Sam 9 Sep - 21:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Mer 23 Aoû - 17:47





Rose
&
Emilia
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La nuit s’était abattue sur Wellington, et Emilia était chez elle, bien au chaud dans son appartement. Cela pouvait paraître le plus banal qui soit, pour une personne banale. Mais pour Emilia, c’était bien différent, c’était rare, même. Elle travaillait de nuit, alors elle n’était jamais chez elle si tôt. En général elle était plutôt à l’hôtel, ou chez un client. Rien de bien valorisant. Et pourtant c’était sa vie et elle l’assumait, même si elle se passerait plutôt bien des clients un peu trop entreprenants ou insistants. Ils n’étaient pas tous comme Ambrose, la brunette en avait bien conscience, ils ne pouvaient pas être tous aussi doux. Ils ne pouvaient pas tous lui faire ressentir ce que lui pouvait lui faire ressentir. Mais ce n’était pas plus mal. Elle n’avait pas le droit de commencer à ressentir quoi que ce soit pour qui que ce soit. Avec la vie qu’elle avait, ce serait trop dangereux de s’attacher. Elle n’en avait pas le droit. Comme elle n’avait pas le droit de faire espérer quelque chose à quelqu’un, comme elle n’avait pas le droit de laisser quelqu’un avoir des sentiments pour elle, parce qu’elle était une prostituée, et elle le blesserait. Très certainement.

Peu de gens pouvaient réellement entrer dans sa vie, au final. Elle était sauvage, Emilia, elle l’avait toujours été. Alors rare étaient ceux qui avait cette opportunité. Keira, c’était sa meilleure amie, alors bien évidemment elle comptait pour elle et savait tout d’elle. Valentina, sa mère, aussi. La jeune étudiante lui avait laissé une seconde chance et aujourd’hui elle s’attachait de plus en plus à elle. Mais il y avait aussi Rose. Rose qui était dans la vie de la belle Emilia depuis bien longtemps, même avant qu’elle n’emménage à Wellington. Elle savait tout d’elle, Rose. Elle savait tout puisqu’à l’époque elle était sa correspondante, et qu’Emilia lui racontait sa vie sans aucune gêne. Mais maintenant elles étaient là, elles s’étaient vues en vrai, retrouvées toutes les deux dans la même ville. Et Rose savait par quoi elle était passée, ce qu’elle avait traversée, tout comme Emilia savait également que Rose avait souffert de son côté. Elle tenait à elle, elle tiendrait toujours à elle.

Voilà pourquoi, en voyant son téléphone s’allumer ce soir, en l’entendant sonner avec la jolie photo de Rose affichée sur l’écran, elle avait répondu sans aucunes hésitations. Mais contre toute attente, c’était une Rose plutôt paniquée et bouleversée qu’elle avait eu au téléphone. Une Rose qui voulait la voir, et à qui Emilia avait promis de la retrouver immédiatement chez elle. Alors ni une ni deux, elle avait enfilé un jean et était partie en direction de chez elle.

Elle était inquiète, vraiment inquiète. Elle ne savait pas ce qui pouvait bien être arrivée à son amie, mais elle ne la laisserait jamais tombée si elle avait besoin d’elle. Devant la porte, elle frappa avant de dire d’une douce voix qui ne lui ressemblait pas. Rose… C’est moi, c’est Emilia…

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Dernière édition par Emilia Stone le Dim 3 Sep - 21:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Ven 25 Aoû - 8:58

Sous la peau des ténèbres
Emilia & Rose
Le sang épars au rire atroce ∞ Encore frissonnant Sous la peau des ténèbres Tous les matins je dois Recomposer un homme Avec tout ce mélange De mes jours précédents Et le peu qui me reste De mes jours à venir. Me voici tout entier, Je vais vers la fenêtre. Lumière de ce jour, Je viens du fond des temps, Respecte avec douceur Mes minutes obscures, Épargne encore un peu Ce que j’ai de nocturne, D’étoilé en dedans Et de prêt à mourir Sous le soleil montant Qui ne sait que grandir. (L. Aragon & J. Supervielle) © code by ÉLISSAN
Je laisse retomber ma main au creux de mes genoux, manquant lâcher mon téléphone. Elle va venir. Elle a dit qu’elle viendrait. Emilia va venir alors, maintenant, il va falloir que je me calme.
Je me demande si c’est possible, alors que mes poumons me brûlent. Ils se consument. Et j’ai brusquement du mal à respirer, ma gorge et ma poitrine, tout est bien trop serré. Je ne peux pas. Mes os tremblent sous ma peau. Malgré moi, malgré ma peur terrible, je me surprends à l’attendre, immobile. J’attends qu’elle m’effleure de nouveau avec ses doigts glacés, que sa voix me murmure à l’oreille, son horrible voix…
Et ça, c’est de la fatigue peut-être ? De la nervosité, du surmenage dû au déménagement ? Bon sang, mais qu’est-ce qui m’a pris d’aller parler à cet imbécile. Ce n’est pas comme si, un jour ou l’autre, je lui avais fait confiance.

J’avais l’espoir qu’entretiennent les enfants quand ils tombent, qu’on me dise que ça n’était rien. Pas grand-chose ; une grosse égratignure ou un gros hématome. Mais ne t’en fais pas. Tu vas prendre ceci – des cachets, j’en veux bien si ça marche, un pansement pour mon coeur – et ensuite tout ira bien. Tout s’arrangera.
Quelle utopiste je fais.
Mon espoir, il est mort, il a agonisé aux commissures de mes lèvres qui ne parvenaient plus rien à dire, il s’est fondu dans leurs gerçures. Je n’en n’ai, pas un, plus aucun à présent. Plus que la constatation de mes symptômes pour meubler les secondes.

J’ignore par quel espèce de miracle je réussis à rentrer chez moi. Mon coeur bat tellement fort que je pourrais me croire au bord du malaise, de l’arrêt total, que mes tempes en bourdonnent et que ma tête tourne – mais ça, c’est aussi autre chose. Toutes les silhouettes me terrifient et me semblent s’allonger au rythme de leurs pas. Elles grandissent, elles vont s’étendre, se refermer sur moi. Et je serai noyée dans leur mélasse obscure.
Le bruit de la porte d’entrée se refermant dans mon dos marque la fin de cette véritable crise de paranoïa. Je sais que plus rien ne peut m’atteindre, que je suis à l’abri, mais aussi presque seule. Mon chat doit être enfoui sous une pile de linge dans un des placards et ça lui est bien égal qu’on me menace ; quant à Drake, mon colocataire, il ne répond pas à mon appel.
Je suis seule et je me suis trompée. Je suis encore plus vulnérable que dans la rue.
C’est son moment fétiche pour venir me chercher.

Emilia. Emilia va venir, pense à elle, pense à elle ! Pense à elle, représente-toi l’éclat doux de ses yeux, sa voix de miel. Emilia, Emilia arrive, je ne suis pas seule et les coups d’ongle sur mes épaules ne sont pas réels ! Regarde ta peau. Dénude-la. Tu vois…
J’y vois les petites fentes que laissent les ongles en s’enfonçant, mes paupières se referment et quand je les réouvre, je ne vois plus rien du tout.
Ce n’est pas vrai.
On frappe à la porte.

Comme j’y étais adossée, ça va très vite. D’un seul élan, je me relève, l’ouvre malgré l’agitation de mes mains et laisse pénétrer Emilia à l’intérieur. Elle est là.
Si j’avais un instant songé à faire comme si tout était parfaitement normal, je me rends très vite compte que ça n’est pas possible.
« Je… j’suis désolée… de t’a… t’avoir dé… dérangée m… mais ça va… ça ne va pas… pas du tout… je ne… pouvais pas… rester… rester seule… »
Parler est tellement dur à cause de tout ce qui frissonne en moi que je me mets à sangloter nerveusement, plaquant ma main contre ma bouche. Il me reste tout juste assez de lucidité pour penser que je suis une pourriture d’égoïste de l’avoir appelée, car cette situation doit être épouvantable pour elle.



Dernière édition par Rose H. Berry le Sam 9 Sep - 21:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Dim 3 Sep - 21:50





Rose
&
Emilia
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La porte s’ouvre, et c’était une Rose qu’Emilia ne connaissait pas qui se trouvait là, devant elle. Une Rose qu’elle n’avait jamais vu auparavant. C’était comme si… Elle n’était plus elle-même. Elle était comme brisée, ravagée. A un tel point qu’Emilia en avait presque peur de la voir comme cela, alors qu’elle était devant elle depuis quelques secondes à peine. Et la jolie brune avait le cœur brisé, de voir son amie dans un tel état. Elle savait que Rose avait une santé plutôt fragile, elle l’avait toujours su, mais le savoir et le voir c’était différent. C’était même à des années lumières l’un de l’autre. Peu importe. Elle était forte, Emilia. Et ce soir, elle devait donner sa force à son amie, elle devait se concentrer sur elle pour l’aider à aller mieux et ce peu importe ce qui avait causé son état. Elle s’avança alors, entrant dans l’appartement, s’approchant de Rose, avant de finalement la prendre immédiatement dans ses bras. Ses bras l’entouraient alors, une de ses mains venant se glisser en haut du dos de la jeune femme, le caressant d’une manière protectrice. Je suis là… Ne t’en fais pas tu ne me déranges pas, tu as bien fais de m’appeler… Avant de répéter une nouvelle fois. Je suis là. Son ton était assuré. Décidé à ne pas abandonner la belle Rose. Ni ce soir, ni jamais. Elle avait peu d’amis, Emilia. Peu de personne qui comptait sincèrement pour elle. Peu de personnes qui étaient entrées dans son cœur. Mais Rose, elle y avait fait sa place. Elle était entrée, doucement, sans crier gare. Elle était entrée dans son cœur sans laisser le choix à sa propriétaire. Elle était entrée, un point c’est tout.

Alors Emilia la gardait dans ses bras, de longs instants. Laissant Rose se reprendre, évacuer un peu toutes ses émotions. Ses émotions qui semblaient la submerger à un point tel qu’elle aurait pu se noyer de l’intérieur. Et puis une fois ces instants passés, la jeune journaliste se décida à reprendre la parole. Qu’est-ce qui se passe Rose… ? Elle se détacha alors légèrement de son amie pour prendre ses mains dans les siennes. Elle les serrait, fort. Elle les serrait pour lui donner quelque chose, quelque chose de concret, de rassurant, à quoi s’agripper. Quelque chose pour la maintenir, pour maintenir sa tête hors de l’eau. Et elle pouvait tout entendre, Emilia. Tout. Quoi qui puisse la mettre dans cet état, elle pouvait lui en parler, se confier sans avoir peur d’être jugée. Tout comme elle avait pu le faire par écrit il y avait des années de cela. Rose et Emilia, c’était une longue histoire. Une histoire qui continuait de s’écrire au fur et à mesure du temps. Et ce soir, s’en était une nouvelle preuve.

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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Mar 5 Sep - 19:47

Sous la peau des ténèbres
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Elle ne doit pas me reconnaître malgré les années de relation que nous comptons, elle et moi – ça forme comme une dizaine de petites boules de papier qu’on alignerait, une dizaine de boules bien en rang, une pour chaque an. Mais Emilia ne sait pas tout. Elle n’est pas au courant des problèmes qui me rongent la cervelle depuis, déjà, longtemps. Je ne lui avais montré qu’une écriture scolaire s’étalant sur des lignes et des pages, tachant du papier blanc, et ensuite que le visage de la personne normale que j’ai essayé d’être.
J’ai essayé. Très fort. Mais vous voyez, ça ne sert à rien : j’ai été rattrapée.
De penser qu’elle ne m’a jamais vue dans un état pareil, aussi fébrile et aussi proche de basculer, c’est stupide mais ça me donne encore plus envie de pleurer. J’ai l’impression que mes yeux sont une réserve inépuisable de larmes et que mes os ne se craquèleront jamais à force de trembloter autant – ma gorge, ma cage thoracique ne se briseront-elles pas, alors que je hoquette si fort ? Tout va tomber. C’est la débâcle, le désespoir complet et à son point culminant. C’est bien. Ça ne pourra jamais être pire, dans ce cas-là.
Oh si seulement.
Mais c’est dur à passer, c’est pire que tout.

Elle me prend dans ses bras en me répétant qu’elle est là, elle est là. Sa voix douce chantonne presque ces trois mots rassurants comme une berceuse, sauf que je ne me calme pas. Elle est là, elle et non pas elle. Je crois sentir sa main se poser dans mon dos et mes épaules sont secouées d’un sursaut, alors que je reconnais qu’elle n’y est pas. Alors, elle va venir, c’est qu’elle n’y est pas encore. Je l’attends. J’attends terrorisée qu’elle me touche pendant plusieurs secondes.
Mais je suis folle. Seule Emilia est là.

Je n’aurais jamais dû l’appeler. C’était faire preuve d’un égoïsme monstrueux que de décider de faire irruption dans sa soirée tranquille avec mes problèmes, et je suis encore juste assez humaine pour m’en rendre compte et me désapprouver franchement. C’est trop tard, elle m’a vue, c’est sa voix qui apaise peu à peu les battements désordonnés de mon coeur. Elle sait que je vais mal, il n’y a plus moyen de prétendre le contraire avec elle, et elle me demande ce qu’il se passe.
Il semble que des kilomètres s’étendent entre nous depuis la fin de notre étreinte. Et ses mains ont beau serrer les miennes, j’ai l’impression qu’elles sont gelées et mortes.
Ce qu’il se passe, Emi, c’est que j’entends des choses qui ne sont pas réelles, que j’en vois d’autres qui ne le sont pas plus et en perçois encore que mon cerveau invente. Qu’il ne peut qu’inventer. Je vais devenir dangereuse, je vais tomber, de nouveau, retomber là-dedans, en plein dans un cauchemar boueux dont je t’ai tout caché.
Bon sang, mais je ne peux pas l’avouer. Je ne peux pas le lui raconter, et devenir cette petite fleur fanée à l’esprit perturbé pour elle aussi.
« Je… je peux pas te le dire… ça… tu ne me verrais… plus jamais comme avant. »
Et mes yeux n’osent même pas la regarder en face et fuient vers le plancher. Je dois faire peur.

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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Ven 15 Sep - 19:13





Rose
&
Emilia
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Elle savait ce que c'était, la détresse. Elle-même avait été en grande détresse alors qu'elle avait à peine dix huit ans, qu'elle s'était retrouvée à la rue sans toit et sans argent. Et elle se rappelait ce que c'était, que d'être seule. Que de n’avoir personne sur qui compter. Que de penser qu'on ne s'en sortira jamais. Elle l'avait vécu, elle avait était tellement mal, et elle ne voulait pas que cela arrive à sa belle Rose maintenant. Non pas elle. Elle ne méritait pas cela, c'était une personne tellement extraordinaire. Et la belle brune ne comptait pas la laisser tomber. C'était même hors de question. Mais en entendant les paroles de son amie, la jeune journaliste ne parvenait pas à comprendre. Serrant ses mains dans les siennes, elle se demandait pourquoi Rose pensait qu'elle ne la verrait plus comme avant. Avait-elle fait quelque chose ? Quelque chose de mal ? Non, pas Rose, c'était impossible. Alors que voulait-elle dire par là. Rose... Tu peux tout me dire, je ne jugerai jamais. Fais moi confiance. Elle était mal placée pour juger qui que ce soit. Pas elle. Pas elle qui se prostituait depuis déjà quatre ans pour payer ses études, pour payer son loyer, pour vivre simplement. Alors non, elle n'allait pas juger Rose. Peut-être que c'était elle, qui ne la verrait plus jamais comme avant, si elle savait. Si elle savait qu'elle n'était pas la jeune femme si respectable qu'elle en avait l'air. Je suis là pour toi, d'accord, je veux que tu le saches ma belle... Elle l'avait appelé ce soir, c'était déjà une preuve de confiance entre elles. Alors elle voulait savoir. Elle voulait savoir ce qui mettait Rose dans un tel état, dans un état qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Mais pour pouvoir l'aider, il fallait qu'elle comprenne. Elle savait qu'elle n'était pas forcément la meilleure personne pour aider Rose, elle savait qu'elle n'était pas la plus douée avec les gens, mais pour elle elle voulait faire de son mieux. Pour Rose elle voulait tout donner. Après tout, elle avait été une de ses seules amies à l'époque où elle vivait l'enfer chez ses grands parents. Plus encore elle avait été son seul soutient. La seule personne à Emilia pouvait parler et se confier. Et cette aide qu'elle lui avait apporté dans le savoir, elle ne l'oublierait jamais.

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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Sam 23 Sep - 18:36

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À cet instant où elle termine sa phrase, où l’écho en finit de résonner et que ces mots ne restent qu’un souvenir, souvenir glissant et s’en allant dans mon esprit ; à cet instant où je dois lui répondre mais ne peux m’y résoudre, que dire, que dire, quand ma gorge est serrée et que c’est inavouable ; à cet instant où le temps me semble me faire la grâce de se suspendre. Il s’arrête. Je regarde le sol. Je m’imagine que des milliers d’insecte font irruption des rainures du plancher, des araignées, des fourmis et des cafards tous noirs, et qu’ils me grimpent sur les pieds, m’escaladent et finissent par m’entraîner sous terre. Je me demande si ça ferait mal qu’ils mordent et me dévorent la peau.
Et je regarde ses yeux. Ils sont illuminés de deux points blancs, ô lueur étincelant sur son visage doux et confiant.
Pardonne-moi.

Je sais ce que je devrais lui dire : merci, oh merci Emilia, d’être venue si vite, et pour ces paroles tellement réconfortantes, qu’est-ce que c’est bon que de t’avoir, que de te savoir là. Merci de faire sans l’ombre d’une hésitation toutes ces jolies promesses. Et merci de garder mes mains entre les tiennes – serre-les encore plus fort, si cela t’est possible, s’il te plaît, ne me laisse jamais m’en aller – merci aussi pour les lettres et ces années de bonheur à te connaître, à te parler, même si c’était de loin.
Merci, Emilia, et pardonne-moi.

« Il… » J’entrouvre la bouche, force mes cordes vocales à vibrer, à s’agiter, à former quelques sons, mais au bout d’un, toute mon énergie semble s’être épuisée. Je ne peux rien dire. Je suis devenue muette.
« J’ai des problèmes. »
Ça crise ; ma phrase s’en va trop rapidement, et ensuite je n’ai plus de souffle. Mes poumons sont vides d’air. Je ne peux pas continuer.
« Il… il y a des choses… que… que je vois, ou… que j’entends… qui ne sont pas… réelles. »
J’ai poursuivi et j’ai parlé, j’ai pourtant cru que j’en serais incapable, mais j’ai tout dit, ou presque. Est-ce qu’elle comprend ? Je fouille, terrifiée, ses prunelles brunes. A-t-elle saisi ?

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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Dim 1 Oct - 19:40


Rose & Emilia
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Elle voyait qu’elle avait mal, Emilia, elle voyait que Rose souffrait au plus haut point. Cela pouvait se sentir dans sa voix, à travers les mots qu’elle prononçait. Mais aussi dans son regard. Il y avait quelque chose qu’elle n’avait jamais vu auparavant et qui semblait la hanter. Rose était fragile, certes, mais c’était comme si cette fois elle ne se relèverait pas. Et elle avait peur, Emilia. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur. De ne pas parvenir à réparer son petit cœur abîmé. Pourtant elle le méritait. Elle méritait tellement mieux que ça. Elle méritait la paix, elle méritait le bonheur. Elle méritait simplement d’aller bien parce qu’elle était une femme en or, toujours présente pour les personnes qu’elle aimait. Mais en entendant les paroles de son amie de toujours, elle était interpellée. Elle allait vraiment mal, Rose, et ce n’était pas particulièrement qu’elle avait des soucis… Non… Quelque chose avait déclenché une sorte d’état second, chez elle. Et Emilia devait comprendre. Elle devait identifier le déclencheur pour pouvoir rassurer Rose, et finalement l’aider à aller mieux.

Alors la belle brune emmena Rose s’asseoir sur le canapé, et une fois à ses côtés, elle se décida à reprendre la parole, d’une voix douce et compréhensive. Qu’est-ce que tu vois et entends ma belle… ? Elle avait peur de la brusquer. Elle avait peur d’y aller trop fort avec elle. Parce qu’elle savait qu’elle était loin d’être une fille délicate, Emilia. Le tact n’était pas vraiment sa qualité première. Mais elle y mettait toutes les bonnes intentions du monde, parce que même si elle parvenait sans mal à le cacher, elle avait un petit cœur beaucoup plus sensible qu’on ne pourrait le croire. Et surtout, depuis quand… ? Elle ne la jugeait pas. Elle ne la prenait pas pour une folle. Non jamais, pas sa Rose. Elle aussi avait eu des manières particulières de gérer ses problèmes. Alors oui, elle pouvait la comprendre. Et surtout, elle savait que cette situation la faisait souffrir. Et qu’elle, elle devait être là pour elle et pour l’apaiser. La dernière chose qu’elle voulait c’était que Rose voit quelque de négatif dans ses yeux. Elle voulait garder la confiance de son amie, celle qu’elle lui avait donnée en faisant appel à elle ce soir dans ce moment de détresse. A elle, et pas à quelqu’un d’autre.

c élissan.

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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Sam 7 Oct - 17:49

Sous la peau des ténèbres
Emilia & Rose
Le sang épars au rire atroce ∞ Encore frissonnant Sous la peau des ténèbres Tous les matins je dois Recomposer un homme Avec tout ce mélange De mes jours précédents Et le peu qui me reste De mes jours à venir. Me voici tout entier, Je vais vers la fenêtre. Lumière de ce jour, Je viens du fond des temps, Respecte avec douceur Mes minutes obscures, Épargne encore un peu Ce que j’ai de nocturne, D’étoilé en dedans Et de prêt à mourir Sous le soleil montant Qui ne sait que grandir. (L. Aragon & J. Supervielle) © code by ÉLISSAN
Il n’est plus temps de faire marche arrière.
C’est trop tard. Je l’ai appelée, elle est venue, je lui fais peur et elle s’inquiète, et j’ai commencé à parler sans le vouloir vraiment. Tout mon reste de raison s’écriait, hurlait en moi : non, ne dis rien. Est-ce que je vais la perdre quand elle découvrira quel monstre loge sous ma peau ? Qui a envie d’une amitié couleur ténèbres, qui la mérite, franchement ?
Est-ce qu’elle va m’en vouloir, me repousser, partir ?
Pas Emilia.
Emilia ne ferait pas cela.
J’ai du mal à l’imaginer mais je sais que si cela arrivait dans, deux minutes, une minute, trente et maintenant dix secondes, je lui en voudrais pas. Je comprendrais.
Les réponses successives à mes questions sont sans doute et personne.

« C’est… ça dépend… »
Les coups d’ongle, les voix, diverses, changeantes, du sang, des objets qui bougent, la sensation de sa présence glacée, de son toucher de givre et de son souffle brûlant, là, dans mon cou, qui me font paniquer et perdre l’esprit, bien que je reste consciente que ça ne peut pas être vrai.
La logique le veut, l’oblige.
Mais ça me vient, ça vient de moi et se projette à l’extérieur, ça tente de s’imprimer dans ma réalité.
« Ça… ça me veut du mal… »
Entre toutes les choses que j’ai pu expérimenter, c’est bien le point commun : c’est là pour me détruire. Cette phrase, on dirait que c’est un enfant qui la sort, tellement sa formulation semble naïve, et pourtant… ma peur me mord, est logée dans mon ventre.

On s’est assises et elle me tient les mains. Ne les lâche pas, jamais. Pas tout de suite.
Depuis quand ? C’est difficile de m’en souvenir. À force, j’ai presque l’impression qu’il en a toute ma vie été ainsi, de cohabiter avec des fantômes. Que tout le reste était un rêve. À quand remonte les premiers symptômes, le premier basculement ?
Trois ans, à peu près, maintenant.
Trois ans.
« Tu… tu te souviens quand… quand on avait arrêté de… de s’écrire ? »
J’ai osé relever les yeux, cherché les siens, les ai trouvé. Ils n’ont pas l’air terrifié. Pourtant, c’est horrible ce que je dis, Emilia, comment peux-tu écouter cela ?
« J’ai… j’ai peur ! »

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MessageSujet: Re: [Emilia] Sous la peau des ténèbres Dim 29 Oct - 19:58



tell me your secrets
Rose & Emilia

« Tell me your secrets, and ask me your questions. Oh, let's go back to the start. »
Rose semblait complètement ailleurs. Presque hors d’atteinte. Emilia aurait pu penser qu’elle était littéralement dans un délire, mais pourtant, pourtant en l’écoutant elle avait ce sentiment que tout ce que lui racontait son amie était totalement vrai. Mais cela ne pouvait pas être vrai. C’était forcément Rose, c’était obligatoirement Rose qui allait très mal et c’était le rôle d’une amie de s’occuper d’elle et de la sortir de cette terreur. Au moins pour ce soir. Mais qu’est-ce qui pouvait bien la mettre dans un tel état ? Qu’est-ce qui pouvait bien rendre Rose si malheureuse ? La belle brune écoutait bien attentivement ce que pouvait lui dire Rose, et elle fût surprise d’apprendre que cela faisait des années maintenant qu’elle était dans cet état en réalité. Une partie d’elle s’en voulait de la situation, elle s’en voulait de ne pas avoir su voir que Rose allait peut-être mal. Elle s’en voulait de ne pas avoir été une assez bonne amie pour qu’elle lui confie sa détresse. Mais elle le faisait ce soir, elle le faisait et Emilia avait l’occasion de se rattraper, pour de bon.

Serrant ses mains bien dans les siennes, elle les lâcha finalement pour la prendre totalement dans ses bras avant de finalement prendre la parole. Rose, écoute moi ma belle… Il n’y a que moi ici. Et je ne laisserai personne te faire du mal, d’accord ? Elle avait une voix volontairement rassurante, espérant de tout cœur pouvoir l’aider à aller mieux et comprendre le vrai problème. Tu dois me faire confiance… Elle n’avait jamais souffert comme Rose souffrait actuellement. Alors peut-être qu’elle s’y prenait mal. Peut-être qu’elle s’ y prenait maladroitement. Mais elle faisait de son mieux pour la rassurer et la consoler quant à son état ce soir. Elle ne la jugeait pas, elle voulait juste l’aider. Comme Rose l’avait aidé elle, à l’époque où elles correspondaient lorsqu’elles étaient plus jeunes. Rose tu… Tu en as parlé à quelqu’un d’autre qu’à moi… ? Elle voulait avant tout savoir si elle avait été aidée à ce sujet.
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