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 What do you want † Austin

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MessageSujet: What do you want † Austin Mer 30 Aoû - 23:19



What do you want
Tel un tatouage sur la peau,
l'échec en amour à un âge mûr est indélébile.
Hayat Lablanti


Ce devait être un mercredi ou peut-être même un jeudi. Il m'arrivait souvent de me perdre dans le fil des jours. C'était une période étrangement calme, les jours se suivaient et se ressemblaient, comme un film remis à zéro chaque jour. Ce qu'on appelait communément le "train-train quotidien". Habitude, lassitude, ennui profond. Voilà la situation et l'état d'esprit dans lesquels je me trouvais en ce moment même, et la météo grisâtre et humide n'aidait clairement pas.

J'étais arrivée de bonne heure au Inked Packshot pour un rendez-vous. Alors exceptionnellement, c'était moi qui avait ouvert le salon à la place du patron. Ce premier client avait demandé un tatouage plutôt basique, joli, élégant et passe-partout. Mais petit, alors en moins d'une demi-heure, le dessin s'était trouvé sur le bras du monsieur un peu gringalet qui se trouvait avoir un sourcil plus haut que l'autre. Aucun rendez-vous n'était prévu pour la suite de la journée, je n'avais donc plus qu'à attendre et je sentais que j'allais m'ennuyer.

Pour tromper mon ennui, j'avais amené mon ordinateur, discrètement caché derrière le comptoir à l'abri des regards indiscrets des passants sur la rue. Complètement avachie sur la chaise, je matais une série sans grande conviction. Le fameux Shadowhunters, vampires et monstres à gogo défilaient sur l'écran mais je n'étais pas dupe. Un vrai navet pour moi, un jeu d'acteur qui laissait à désirer. On aurait dit que la série avait été écrite par une ado de 11 ans qui voulait se donner un genre... Et mon dieu, seulement 10 heure... Le temps allait être long, très long. Le patron ne devrait arriver que vers midi et tout le monde savait que les visites étaient plutôt rares en matinées exceptions faites des rendez-vous.

Je m'assommerais limite la tête sur la bureau. Je lâchais un grand soupir d'ennui, ma tête posée sur ma main accoudée au bureau. Il ne me restait plus qu'à espérer un miracle. Mon regard se perdait au plafond... J'attendais que le temps passe, inexorablement. Je ne savais pas si je devais m'attendre à voir le marchand de sable, voire même si je devais l'inviter à venir, l'attendre ou tenter de le fuir. C'était un véritable dilemme. J'imagine que dès l'instant où j'oserais fermer les yeux ou m'endormir, un client viendrait rien que pour m'ennuyer et m'agacer. Ou pire, ce serait le patron qui revient et il me verrait en train de somnoler en bavant sur le bureau de l'accueil. Charmant, je sais. On dit parfois que c'est le karma. Je pense juste que j'ai la poisse. C'est toujours moi qui accueille les boulets ici, ça me tombe toujours dessus. Genre je dois avoir un "Nana l'attrape boulets" écrit sur mon front, c'est pas possible autrement. Notez déjà le paumé avec son sourcil plus haut que l'autre. Vous voyez que je ne vous ment pas...

10h03... L'épisode de Shadowhunters touchait à sa fin et je ne trouvais toujours rien à faire. Je regardais les passants à travers les vitres de l'accueil quand soudain quelqu'un semblait s'arrêter devant les écritures de la porte d'entrée. Je retenais ma respiration, mes ongles manicurés cliquetant sur le bois du bureau comme un TIC, dans l'expectative... Oserait-il rentrer et rentrer dans la secte des tatoués dont je faisais partie?

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MessageSujet: Re: What do you want † Austin Sam 30 Sep - 23:46


what do you want ? a tattoo
Feat Nana


Une entaille à la pommette. L’arcade sourcilière amochée. Un œil qui peinait à s'ouvrir tant il était bleu et gonflé. Des courbatures, avec cette impression d’être passé sous une moissonneuse-batteuse. Les phalanges détruites, rougeâtres et dont le volume était au moins triplé.

Grimaçant, je parcourais lentement l’étendue de mes blessures. Chaque inspiration me brûlait, une douleur semblable à un boa constrictor s’enroulant autour de toi, puis finissant par te serrer de plus en plus, jusqu'à finir par ne plus faire entrer un gramme d'air dans tes poumons.
Haletant, je finis par retirer mon t-shirt avec la lenteur d'un grand père coincé par un lumbago. Je gémis en observant toutes les ecchymoses. D'énormes tâches violacées étaient présentes ici et là sur tout mon abdomen et thorax.
Je me dirigeais courbé vers la cuisine, à la recherche d'un doliprane.

Je n’avais pas menti hier soir, lorsque j'avais écrit que je m'étais pris une bonne dérouillée avant de finir par gagner le combat. Je secouai la tête, me sentant coupable. Personne n'était au courant que j'avais commencé les combats illégaux dans les cages pour gagner de l'argent… Et personne ne devait s’avoir. Je n’avais pas envie que qu'on se donne la mission de me convaincre d'arrêter, et surtout mon chirurgien ne devait pas l’apprendre sinon je pourrais être sorti de l’essai clinique. Mon seul espoir, pour qu'un jour je puisse de nouveau retrouver les images de mes journées, au lieu de ces vidéos noires et vides qui passaient en boucle.

Pourtant, je tachais cette espoir… Je devrais absolument éviter les chocs, mais on y échappait rarement dans les combats en cage. Je faisais toujours du mieux que je pouvais, mais je n’étais pas indestructible et encore moins un super héro, je dégustais donc des magnifiques droits, uppercut et autres coups plus douloureux les uns que les autres.
Si ma mémoire antérograde était bousillée, le chemin neurologique de la douleur était lui plus que performant. Peut être même sur-performant au vu de tous les signaux de détresses que m'envoyaient les différentes parties de mon corps.

Mais ce qui attirait sans cesse mon regard était ce dessin posé seul sur ma table du salon. Un dessin à la mine de plomb, noir et blanc. Sans fioriture, des aplats de noir, représentant un corbeau, sombre, obscur funeste avec ses yeux blancs, vide, sans vie, tenant fermement un cerveau. Ce volatile couleur jais qui annonçait le plus souvent la mort proche à venir avait ici une aile cassée, désaxée par rapport à l’autre.
L’encéphale, quand à lui, n'était pas dessiné avec énormément de détails et de précision mais les aimes d’ombrages et d’éclairage étaient assez explicites pour laisser la forme de l’organe apparaître.
Le cerveau était entouré par une masse noire difforme, qui se terminaient en volute…
J'avais dessiné ce dessin, je reconnaissais les traits qui caractérisaient chacun de mes travaux depuis mon adolescence. Sans me souvenir de ce que j’avais voulu représenter ce jour là en dessinant, les émotions aussi vives qu’elles devaient l’être au moment du dessin m’assaillir.

Rage. Désespoir. Tristesse. Peur. Écrasement.

Et bien d’autres émotions sombres et noires. Ici aucun esthétique n'était recherché. Juste une planche d’emotion, juste des traits, des points, des aplats. Rien de plus, rien de moins que du plomb frotter sur une feuille de papier.
À l'arrière de cette feuille, un mot. Quelques phrases écrit par Austin et pour Austin. Une habitude prise de tout annoté pour ne pas perdre le fil en perdant la mémoire.
Sauf que cette fois, il n'y avait que deux mots : « Inked Packshop ».
Intrigué, j'appris après quelques recherches sur l'ami préféré des amnésiques -Oui, oui, je parle bien de Google, que le message codé derrière l’esquisse n'était rien d'autre que le nom d'un salon de tatouage. Pas besoin d'être un génie et d'avoir fait de grande étude pour comprendre le message caché. Si dans un premier temps, l'idée me semblait folle et tout à fait saugrenue, plus j'y repensais, plus mon esprit s’amadouait et plus l'idée devenait bonne.

L'hésitation, toutefois, subsistait. Ce destin n'était-il pas trop d'ombre, trop glauque? Ne devrais-je pas plutôt me faire tatouer une licorne ou un papillon, moi qui souriait tout le temps et tentait d’apporter la bonne humeur?
La réponse à cette stupide question fut vite claire dans mon esprit. Ce dessin représentait le vrai moi. Le mec tordu, qui ne fonctionnait plus très droit. Cabossé par la vie et par les coups, mais qui continuait malgré d’avancer, l’esprit et le coeur entouré par des démons immortels, envahissants et effrayants. Ce croquis, c'était moi. Brute. Pur. Sans masque. Sans esquive. Pas de paillettes pour enjoliver la triste réalité.

C'était tout simplement le bon.
J’avais sûrement une tête à faire peur après le combat d'hier, mais je sentais que c'était le bon moment. Je sentais que je devais y aller maintenant sinon mon courage s’envolerait et je retournerais broyer du noir.
C'est donc dans un état second, un peu brumeux, que je me retrouvais devant la devanture du salon de tatouage. Un lieu qui m'était inconnu, n’ayant jamais été tatoué, ni meme rentré dans un salon. Les multiples cadres représentants différents tattoos réalisés ou d’autres juste des flashs disponible donnait l’eau à la bouche à l’artiste qui était en moi et qui voulait découvrir plus de ce monde inconnu. Mon rationalisme, quand à lui, coupa court à mon élan artistique, remettant une fois de plus en question le bien fondé de cette idée.

Après une quinzaine de minutes à tergiverser à l’extérieur du shop, je finis par prendre mon courage à deux et à entrer dans la boutique, en tintant la cloche.
Une musique rock m’enveloppa, faisant disparaître avec ma concentration, mes dernières hésitations. J’approchais donc du comptoir où une jeune femme était adossée. Cette dernière était svelte, avec des courbes bien dessinées et des tatouages encore mieux dessinés éparpillés sur son corps.
Je lançais un sourire timide à là tatoueurs aux cheveux couleur jais, avant de la saluer :

Bonjour… Je-je suis à la recherche d'une tatoueuse ou d'un tatoueur p-pour m’aider à la réalisation de m-mon projet.

Je n'étais très à l'aise. Je sortis le dessin lentement pour me poser sur le comptoir d'une main tremblotante peu sûre d’elle. C'était un exercice compliqué de poser cette esquisse devant elle. Ce genre de travail restait souvent privé ne servant qu'à exorciser mes démons, mes peurs, mes colères, mes obsession. J’avais l'impression de me mettre un, de mettre mon âme nue devant cette jeune femme, et je n'aimais pas ce sentiment de vulnérabilité, moi qui avait tendance à me protéger derrière un masque de joie et de blagueur.
Une fois l’estampe posée sur le comptoir, je repris :

Je voulais voir avec v-vous, ce qu'on p-pouvait faire à partir de ça….

J’avais l'air d'un poisson hors de l'eau. Pourtant j'étais persuadé que ce tatouage pouvait justement m’offrir une bouffée d’air fraie salvatrice avec toute cette pression que j’accumulais en me relançant dans les combats de cage.
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What do you want † Austin

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