AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
▵ posts : 215
▵ arrivé(e) le : 03/05/2017
▵ avatar : Alex O'Loughlin

MessageSujet: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Ven 15 Sep - 9:22

La soirée bat son plein et Damon n’arrête pas de bouger. Un cocktail par ci, du champagne par là. Il n’a pas eu une seule minute pour se poser, ni même respirer. Ce soir, comme tous les Vendredis soirs, beaucoup sont venus oubliés la vie, le quotidien, les problèmes avec leurs femmes, leurs maris, leurs entreprises. Il lui arrivait souvent d’observer chaque personne et de se demander ce qu’ils ou elles viennent fuir dans ce grand remue-ménage. Le travail, l’amour, les enfants ou juste un quotidien trop bien tracé. Ce soir, il ne cherche pas à savoir, il relève même à peine les yeux. Il capte des regards, d’hommes, de femmes, de tout mais il ne les voit pas. Pour une fois, c’est peut-être lui qui est venu oublier quelque chose sans s’en rendre compte. Et c’est seulement quand cette pensée lui traverse l’esprit que la grande brune aux yeux reflet océans vient s’y glisser avec un petit sourire.

Il balance la tête, un peu perdu. Cela fait bien deux semaines qu’il n’a pas eu de nouvelles, qu’il n’en a pas pris tout simplement. Pourtant, tout dans son attitude lors du départ laissait croire à des retrouvailles, laissait croire à tout autre chose que le néant qu’il a laissé dans sa vie et dans celle d’April. Le néant sentimental. Jayson n’a posé aucune question pour une fois et n’a pas précisé mille et une fois qu’April était au garage souvent. Il se pourrait qu’il est pressenti la tension, ou pas. Peut-être est-il lui-même trop occupé par ses propres états d’âme. Damon pense à Eliot et Zola. Il sait maintenant qu’il a réussi son coup mais ne se sent pas plus heureux pour autant. Finalement, ni lui, ni son ami ne sont doués pour ses choses-là. Peut-être les a-t-il jugé trop rapidement. L’un comme l’autre. Jayson et Zola. Il balance à nouveau la tête. Hors de question de se ramollir.

Après la soirée avec April, après le petit-déjeuner et le départ prometteur, elle n’a pas dû s’attendre à ce froid sibérien qui a suivi et bien malgré lui, il se demande ce qu’elle en pense. Bien malgré lui, il se demande ce qu’elle fait et si elle se moque complètement de cette distance. Lui, essaie fortement de s’en moquer, de ne pas y penser et c’est une torture de se rendre compte que tel un fantôme, elle s’immisce encore et toujours dans sa tête. C’est à ce moment qu’il se le dit pour acquis. Il sait exactement comment la sortir de sa tête, comment lui montrer la porte de sortie. Ses deux semaines ont été également marquées par le fait important qu’il n’a réussi à voir personne d’autre. Il n’a réussi à draguer personne d’autres, il n’y a même pas pensé. Il n’en a pas eu envie et c’est certainement là que ça bloque. Très certainement. Tout est dans la tête et la seule personne qui peut décider de ce qu’il fait de sa vie, de ce qu’il pense, c’est lui. Il se laisse un instant aller contre le bar, zyeute la foule, choisit rapidement sa cible. Il faut prendre les choses en main.

Il s’approche d’une jeune femme. Tout le contraire d’April pour bien se prouver que tout cela n’a absolument rien à voir avec elle. Rien du tout. Son arme en main, le cocktail bien alcoolisé, fait pour les femmes. Le fameux « sex on the beach », un sourire charmeur qui ne trompe personne, il n’a qu’une idée en tête. Elle le sait quand elle le voit s’approcher mais elle est peut-être comme lui ou elle a trop bu pour s’en soucier. La débauche des jours sans soucis, sans préoccupation. C’est ce qu’il aime, c’est ce qu’il a toujours fait. Leurs regards s’accrochent et il sait que ce sera facile, tant mieux, il n’a pas la tête à cela. Il se prouve juste quelque chose à lui-même et lorsqu’il lui tend son verre, le geste reste suspendu. Son regard se détache tout doucement, obnubilé par autre chose. La portrait craché de son fantôme se balade dans sa boîte. Celle où il bosse et il sait pertinemment que ce n’est pas possible. C’est fou. Il perd la tête, il devient complètement dingue. S’il se met même à l’apercevoir là où elle n’est pas à présent, c’est que tout va vraiment mal. Il doit discuter d’un nouveau sujet avec son psy mais comment lui expliquer cela ? Personne n’est hanté par une personne vivante. Ce n’est même plus de la folie en soi. La bouche ouverte, il n’entend même pas la blonde l’appeler pour tenter d’attirer son attention puisque sa main est posée sur le verre, en même temps que lui et qu’il ne lâche rien. Il ne voit plus rien d’autre qu’Elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AWARDSmeilleur duo/famille.
avatar
AWARDS ▵ meilleur duo/famille.

en savoir plus sur moi
▵ posts : 149
▵ arrivé(e) le : 25/02/2017
▵ avatar : Eva Green.

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Ven 15 Sep - 14:34



     

Damon
&
April
Les vieilles habitudes ont la peau dure.
Deux semaines. Cela fait seulement deux semaines qu’elle a retrouvé Damon, cette nuit-là, devant la porte de son appartement. Elle se souvient avec précision de chaque minute, chaque moment, chaque regard qu’ils ont échangé. Et tellement plus, en vérité. C’est cette nuit-là qu’ils ont franchi la limite entre l’amitié et… Et quoi, elle ne sait pas. Elle éprouve des sentiments pour lui, elle ne peut pas se voiler la face. Elle est profondément attachée à cet homme, peut-être même un peu trop. Parce que cela fait quatorze jours seulement… Quatorze petits jours, et pourtant, elle a l’impression que cela fait une éternité.

Il ne lui a plus donné signe de vie. Elle non plus, c’est un fait. A vrai dire, elle n’a pas osé tout de suite. Elle pensait, elle n’en sait rien, peut-être naïvement que… Il viendrait à elle. Il est toujours venu à elle, même involontairement. Seulement, plus de Damon dans la salle d’attente du psychologue, plus de Damon au garage de Jayson. Plus de Damon nulle part. Elle ne sait pas ce que cela signifie. Regrette-t-il ce qui s’est passé entre eux ? Craint-il d’avoir une conversation à ce sujet avec elle ? Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Elle est perdue.

Pourtant, tout semblait si parfait, cette nuit-là. Elle ne s’est jamais sentie aussi vivante qu’avec lui. Il éveille en elle une flamme qu’il ne doit même pas soupçonner. Tout était si parfait. Et ce n’est pas simplement cette union entre leurs corps qui l’était. C’est… Tout. Lui, il était si parfait. Il est resté avec elle toute la nuit, ils sont restés confinés dans cette petite bulle jusqu’au lendemain matin, à son départ. Mais la bulle a éclaté, et désormais… Désormais, il n’y a plus rien entre eux. Aucun contact, le néant. Et cette distance lui fait prendre conscience qu’elle tient à lui, plus encore qu’elle ne le croyait. Parce qu’il lui manque, indéniablement. Damon lui manque terriblement. 

C’est pour cette raison que, ce soir, elle a décidé d’aller le retrouver sur son lieu de travail. Elle ne sait pas comment il va réagir, elle ne sait même pas comment elle, elle va réagir. Mais ils sont censés être amis, à la base. Et qu’importe la nature exacte de ses sentiments pour lui, elle sait juste qu’elle veut le garder dans sa vie. Elle ne veut pas le perdre. Pas lui. Il est celui qui l’a aidée à relever la tête quand tout allait mal. C’est grâce à lui qu’elle a retrouvé un travail, c’est grâce à lui qu’elle a retrouvé le sourire surtout. Elle ne peut pas le perdre. Elle ne s’en remettrait pas. 

Elle arrive au Circle avec ce nœud dans l’estomac. Malgré elle, April appréhende énormément leur rencontre. Elle se pose des centaines de questions. Mais ce n’est plus vraiment le temps pour les questions, c’est le moment pour elle d’agir. Elle s’avance dans le bar en tentant de se frayer un chemin parmi la foule. Ce n’est pas facile, d’autant plus qu’elle n’a pas l’habitude. Ce n’est pas le genre d’endroits qu’elle a l’habitude de fréquenter, mais elle ne s’y attarde même pas dans sa réflexion, parce que tout ce qu’elle veut, c’est revoir Damon. Et c’est à cet instant que son regard croise soudain le Sien. 

Pendant quelques fractions de secondes, plus rien ne compte. La musique dans le bar, toutes les personnes autour, il n’y a plus rien. Il n’y a plus que lui et elle. Elle se souvient comme un flash de ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont partagé… Elle ne lui a pas seulement dévoilé son corps, cette nuit-là. Elle lui a ouvert la porte sur son passé douloureux, sur ces cicatrices qu’elle cache aux autres. C’est son âme qu’elle a laissé entrevoir. Et, l’espace d’une nuit, elle a eu l’impression de voir la sienne elle aussi. Tout revient, irrémédiablement, irrésistiblement. 

Et puis, elle la voit. La belle blonde, celle qui attire si facilement les regards. Celle qui porte une robe ultra sexy là où elle a enfilé un simple pantalon noir. Celle qui est tout le contraire d’elle et qui se trouve tout près de Damon, leurs mains posées l’une contre l’autre contre un cocktail. Elle sent sa gorge se nouer, elle déglutit difficilement sans savoir ce qu’elle doit faire. Elle baisse la tête, juste une seconde, avant de se détourner pour continuer son chemin jusqu’au bar. Il va bien revenir derrière le comptoir, à un moment ou à un autre. 

A la vérité, sur le moment, elle se sent terriblement mal. Comme… Trahie. Il ne lui doit rien, pourtant. Ils ne se sont rien promis, il ne lui a rien promis. Ils ne sont pas ensemble. Mais ça fait mal. Ça fait mal de se dire que, depuis deux semaines, elle ne cesse de penser à lui alors qu’il… Il semble aller parfaitement bien, loin d’elle. Mais elle tente de se ressaisir, tout de même. Elle n’est pas là pour lui demander des comptes, elle veut juste… Le retrouver. Retrouver le Damon qui est venu la voir, ce matin-là, alors qu’elle était assise toute seule dans un coin d’une salle d’attente miteuse. Elle veut juste retrouver son Damon. 



CODE BY MAY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
▵ posts : 215
▵ arrivé(e) le : 03/05/2017
▵ avatar : Alex O'Loughlin

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Sam 16 Sep - 17:44

Rien ne lui traverse l'esprit à ce moment précis. C'est le blanc total, exactement comme les relations qu'ils ont eu pendant ses deux longues semaines. Il ne ressent rien sur le moment. Il ne fait que la contempler. Il croit très franchement à une apparition mais à part cela, rien d'autre ne lui traverse l'esprit. Rien de rien. Il ne sait pas exactement combien de temps cela dure mais c'est suffisant pour que la blonde ait fini par hurler au dessus la musique pour qu'il lâche son verre. Le regard qu'elle lui lance est complètement différent à présent. Evidemment, elle le prend pour un dingue et il ne peut pas lui en vouloir. Il se demande lui-même s'il ne l'est pas un peu. Au bout donc, d'un temps indéterminé, il relâche le verre d'un coup sec en lui lâchant, d'une voix lointaine.

"Bonne dégustation."

Parce que oui, il est déjà loin et à part le regard froid et incompris qu'elle lui lance, il ne voit plus rien d'autre. Si bien qu'il ne se rend pas compte que la prise de la blonde s'est relâchée entre temps et même lorsque le verre tombe en éclat sur le bar, il ne s'en rend pas compte immédiatement. Son regard encore posé sur son magnifique fantôme au bout du comptoir, seule dans un coin. C'est maintenant que les pensées auraient pu affluer si son collègue ne lui avait pas tapé sur l'épaule en lui demandant si ça allait. Bien-sûr qu'il va bien. Evidemment. Il hoche la tête et s'excuse auprès de la cliente avant de ramasser son bordel. Enfin, il peut détourner le regard. Il le doit même ou il risque de tout casser autour de lui. Il lui sert un deuxième verre, la même mixture mais plus les même intentions. Maintenant, il laisse la place aux pensées. Les voilà qui se bousculent enfin.

Qu'est-ce qu'elle fait là? Il est clair qu'elle n'est pas venue pour lui puisqu'elle lui a à peine lancé un regard avant d'aller s'asseoir plus loin. Est-elle en train d'attendre quelqu'un? L'idée même le rend fou et pourtant, il sait qu'il n'en a pas le droit. Ce n'est pas le genre d'April de venir ici pour le narguer avec un autre homme. Ignorait-elle qu'il travaillait ce soir? Comment aurait-elle pu deviner puisqu'elle n'a plus de nouvelles de lui. Ou alors, elle est venue oublier, boire, comme tous les autres. Elle a donc des problèmes? Et finalement, une évidence qui vient se planter devant ses yeux comme par magie. Il n'en saura jamais rien s'il ne fait pas quelques pas pour aller lui demander. Cela ne lui coûte absolument rien d'aller la saluer. Il a juste l'impression qu'il pourrait perdre quelques morceaux de peaux au passage ou de règles mais l'envie est bien plus forte que lui. L'envie d'aller lui parler est plus forte que tout le reste.

Il se retourne vers son collègue lui faisant signe qu'il prend sa pause. Il restera derrière le bar. Il est hors de question d'avouer à April qu'il prend sa pause pour elle alors qu'elle est peut-être venue rejoindre un homme. Son ego en mourrait sur place mais ça ne l'empêche pas de le faire malgré tout. Il laisse son tablier noir tomber dans le coin d'un casier, jette encore un regard vers elle comme pour s'assurer qu'elle n'a pas disparu et enfin, il fait ses pas. Il franchit la distance entre eux, n'effaçant pourtant pas le comptoir parce qu'il sait qu'en la voyant de trop près, il risque de mourir d'envie de la prendre dans ses bras. C'est une mauvaise idée, sûrement la pire. L'air de rien, il s'avance. Un visage décontracté alors que dans son esprit, c'est le pure bordel, il s'avance encore un peu et lui sourit. Pour une fois, ce sourire sonne faux mais il prie pour qu'elle ne s'en rende pas compte. Il ne se voile pas la face, elle le connaît déjà trop bien.

"Ca pour une surprise. Je ne pensais pas que tu aimais fréquenter ce genre d'endroits. Que nous vaut le plaisir de ta présence dans un lieu aussi bondé et... seule?"

Il hésite un rapide moment sur le seule parce qu'il sait déjà qu'il ne veut pas réellement savoir si elle l'est ou pas. Pourtant, la question est lancée. Il n'est pas ironique, bien qu'un peu décontenancé et même ça, il essaie de le cacher. Il remonte les manches de sa chemise noir parce qu'il a chaud tout à coup, bien trop chaud. Une sorte de mélodie du bonheur lui traverse l'esprit quand elle lève les yeux vers lui et il a l'impression que son coeur bat si fort que cela se voit sur chaque recoin de ses vêtements. Heureusement, il se trompe lourdement. Il toussote alors, se redonnant une contenance qu'il est loin de ressentir.

"Je te sers quelque chose?"

Et une pensée lui traverse soudain l'esprit. S'il était quelqu'un de normal. Si April avait eu la chance de faire l'amour avec quelqu'un de sentimentalement normal. Quelqu'un qui n'est pas complètement brisé à l'intérieur et qui sait ce qu'est l'amour. Cette personne l'aurait pris dans ses bras, l'aurait embrassé et lui aurait dit combien elle lui a manqué. Parce que oui, elle lui a manqué comme ce n'est pas permis, comme il ne le dirait jamais. Il aurait sûrement envoyé son boulot au diable pour pouvoir passer du temps avec elle. Il aurait été reconnaissant que ce soit elle qui se déplace après ce qui s'est passé et ce manque de nouvelles. Il lui aurait aussi dit combien elle est belle, si naturellement et magnifiquement belle. Il aurait même osé lui avouer que rien n'est plus resplendissant ce soir même si elle est habillée, comme elle le pense si normalement, de manière si banale. Sauf qu'il n'est rien de tout cela, malheureusement pour elle. Il n'est rien de ce qui se rapproche de normal. Il est en morceau et il refuse mentalement de la briser avec lui. Sauf que voilà, puisqu'elle est là, n'est-ce pas déjà trop tard?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AWARDSmeilleur duo/famille.
avatar
AWARDS ▵ meilleur duo/famille.

en savoir plus sur moi
▵ posts : 149
▵ arrivé(e) le : 25/02/2017
▵ avatar : Eva Green.

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Dim 17 Sep - 18:06



     

Damon
&
April
Les vieilles habitudes ont la peau dure.
 Assise au comptoir du bar, April ferme les yeux durant quelques brèves secondes. Elle tente de chasser de son esprit cette scène qui l'a touchée en plein cœur. L'image de Damon si proche de cette inconnue, cette femme qui pourrait être l'incarnation même de son parfait opposé. Mais, c'est plus fort qu'elle, elle se pose des centaines de questions. Elle se remémore la nuit qu'ils ont passée, et se demande si finalement, elle a compté pour lui. Était-ce seulement un dérapage ? Une simple erreur qu'il regrette ? Mais alors... Pourquoi la fuirait-il ? Pourquoi agit-il comme si elle était une aventure d'un soir qu'il ne reverra jamais ? Est-elle... Cela, à ses yeux ? Elle ne veut pas le croire. Elle ne peut pas le croire. Ils comptent l'un pour l'autre, ils comptaient bien avant cette nuit. Les sentiments, cela ne disparaît pas. Pas pour elle.

C'est pour cette raison qu'elle a besoin de le voir. Ce n'est pas une simple visite anodine qu'elle lui fait, elle en ressent véritablement le besoin. Elle refuse de laisser une distance s'installer entre eux. Elle refuse de perdre sa rencontre la plus précieuse. Si elle a un caractère conciliant et doux, elle n'en est pas moins déterminée, April. Surtout quand il est question des personnes qu'elle aime. Et elle aime Damon. Elle l'aime, peut-être un peu trop, mais c'est trop tard pour arrêter. Elle n'offre pas son cœur à n'importe qui mais, quand elle l'a fait, elle est incapable de le reprendre. Incapable de faire semblant. Elle n'en a même pas l'envie. Elle est trop entière, et son cœur est trop pur. C'est comme ça.

Rouvrant les yeux, elle baisse machinalement le regard vers ses ongles nus, sans aucun artifice. Elle se souvient de la main de cette femme posée sur celle de Damon, cette main parfaitement manucurée d'un vernis rouge sublime. Elle ne peut pas s'empêcher de faire la comparaison, April. Encore et encore. Elle se demande ce qu'il a bien pu lui trouver, à elle, alors qu'il peut visiblement approcher les femmes les plus attrayantes. Elle se demande s'il l'a vraiment appréciée, au moins une fois, s'il a vraiment pensé tous ses mots. Et elle a mal. Et elle se déteste de penser de cette façon. Ce n'est pas son genre, ce n'est pas elle... Mais il fait naître en elle des émotions insoupçonnées. Et elle a mal, encore.

Elle est plongée dans ses pensées, dans ses doutes, dans ses craintes comme depuis deux semaines. C'est devenu si facile de s'y engouffrer qu'elle oublie presque qu'elle se trouve dans un bar, rempli de monde tout autour d'elle. Elle a l'impression d'être de nouveau dans son appartement, toute seule, en train de penser à Damon. Ce n'est que lorsqu'elle entend cette voix qu'elle reconnaîtrait entre toutes qu'elle relève soudain la tête. Elle l'observe quelques secondes, sans dire un mot, alors que lui parle sans s'interrompre un instant. Il a cet air tranquille, décontracté, mais son sourire sonne faux. Terriblement faux. Elle le connaît désormais, elle sait qu'il ne sourit pas comme ça, pas à elle.

Il n'est peut-être pas content de la voir. Ici. Sur son lieu de travail, dans son domaine. Elle s'immisce dans son univers, peut-être qu'il n'apprécie pas. Elle n'en sait rien. À ses propos, elle est surprise, presque décontenancée. Elle ne cherche d'ailleurs pas à le cacher alors qu'elle fronce légèrement les sourcils en signe d'incompréhension. Croit-il vraiment qu'elle est là par hasard ? A-t-il réellement besoin qu'elle lui explique que si elle est ici ce soir, c'est uniquement pour lui ? Il suffit d'un regard dans sa direction pour constater combien elle est loin d'être dans son élément. Elle est si peu à sa place au milieu de ces fêtards, ces personnes décomplexées qui savent croquer la vie à pleines dents. Elle n'a jamais su, elle, sauf peut-être avec Meghan. Puis, avec lui.

Mais, tandis qu'il préserve les apparences, elle joue la carte de la transparence. Elle respire de sincérité alors qu'elle lui avoue sans hésitation aucune. - Je suis venue te voir. Pas sur que ses propos lui plaisent. Mais ils sont la stricte vérité. C'est pour lui qu'elle est là, et jamais, elle ne le nierait. Elle ne cherche pas à garder contenance, encore moins à donner l'image d'une personne qu'elle n'est pas. Elle n'a jamais menti sur celle qu'elle est. Elle est juste elle, April. Et, d'ordinaire, cela suffit à Damon. Ça lui a toujours suffi. Ou, en tout cas, ça lui suffisait, avant.

Son regard croise enfin le sien. Un instant, tout s'arrête. C'est une explosion de sentiments qui submergent son ventre en une seconde. Il y a tant de choses qu'elle voudrait lui dire, là, tout de suite. Son esprit s'emmêle quelque peu, et en fin de compte, c'est lui qui reprend la parole. Avec une demande qui est si loin des pensées qui l'accaparent depuis qu'il est revenu face à elle. - Euh... Ce que tu veux... Elle balaye aussitôt cette question, parce qu'elle n'est pas venue pour ça, absolument pas. Tout ce qu'elle veut, c'est parler avec lui.

- Ça fait... Longtemps qu'on ne s'est pas vu... ose-t-elle, le ton légèrement maladroit, parce qu'elle n'a pas préparé de discours, elle laisse parler simplement son cœur, ses yeux bleus rivés sur les siens. - Je voulais m'assurer que ça allait... Que toi, tu allais bien. Elle ne le quitte pas des yeux, même si son cœur commence à s'affoler, elle continue de le fixer. Et elle avoue avec la sincérité la plus pure. - Tu me manquais, Damon. Et tant pis si ce n'est pas réciproque. Tant pis s'il s'amuse bien de son côté. Tant pis si elle passe pour une idiote.Tant pis s'il se fiche éperdument quant à lui de la revoir après tout ce temps passé loin l'un de l'autre... Il lui a manqué, il lui a terriblement manqué. Et, en fait, il lui manque encore.





CODE BY MAY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
▵ posts : 215
▵ arrivé(e) le : 03/05/2017
▵ avatar : Alex O'Loughlin

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Lun 18 Sep - 15:24

La chère et belle April. Douce, si douce et sincère, si sincère. Elle se retrouve devant lui et il ne trouve rien de mieux à lui dire que « je t’offre à boire ? ». C’est pathétique, il le sait bien. C’est une véritable trahison face à ce qu’il a vécu. C’est cruel. Cependant, rien n’y fait, rien d’autre ne vient. Sinon les mots d’un autre, d’une personne qu’il aurait pu être pour elle, d’une personne plus commune, plus normale, plus sympathique. Que pourrait-il lui inventer d’autre pour s’approcher d’elle de toute façon ? Et quand bien même il le ferait, comment être sincère après avoir pensé draguer une grande blonde juste avant qu’il ne la voie. Impossible. Il est sincèrement bloqué, au même titre qu’il est sincèrement perdu. A mesure qu’il s’approche, il ne fait que se demander comment elle va réagir et le doute subsiste encore. Est-elle venue pour lui ? Ou pas ? Comment pourrait-il croire que c’est certain, s’attribuer un mérite qu’il ne mérite pas.

La torture s’arrête pourtant rapidement. Elle lui avoue sans aucun détour, aucune mesquinerie, aucun mensonge qu’elle est là pour le voir. Douce et sincère. Exactement comme il la voit. Aucun reproche, aucune colère, juste un flot de sincérité désarmant. La bouche un moment ouvert, il la referme pour ne pas passer pour un gros idiot. Oui, elle est venue pour lui. Elle s’est déplacée dans un endroit où elle n’est pas du tout à l’aise. Le genre d’endroit qu’elle n’a sûrement pas envie de fréquenter, juste pour le voir et elle l’a retrouvé en train de draguer Barbie. Maintenant, il grimace. Quel con. Franchement, le coup du verre par la suite n’est pas non plus dans le top 5 des représentations qu’il lui a faîtes depuis. Elle n’arrive même pas à s’arrêter sur ce détail plus de 5 secondes. Il ne peut que comprendre, la question est complètement perdue au milieu de tout ce flot de retrouvailles. Il n’y a aucun lien, vraiment aucun.

« Tu aurais pu appeler au lieu de t’infliger un déplacement dans un endroit que tu n’apprécies que très peu. Tu aurais dû appeler… »

Rajoute-t-il alors doucement. Il aurait répondu et surtout, cela lui aurait évité de venir jusqu’ici. Il sait qu’April n’est pas fan de la foule, encore moins la nuit, encore moins entourée de personnes pas toujours bien intentionnées. Il n’a plus qu’a espérer que cela ne sonne pas comme un reproche parce qu’il est loin de vouloir en faire un, bien au contraire. Il se retourne pour lui faire un cocktail de fruits frais. Aucune envie de lui refourguer de l’alcool alors qu’il ne sait pas comment se passera la suite de la soirée, ni même si elle compte rentrer chez elle et comment. Il lui tend le cocktail de fruits rouges, un de ses préférés avant d’écouter, avec stupeur la suite du dialogue qu’elle tente désespérément d’implanter. Il la voit faire, il le comprend mais il n’est pas encore certain d’être prêt pour cette conversation.

Après ce déplacement de taille, il se doit de faire un effort. Il arrête donc ce qu’il fait, arrête même de s’éloigner, s’approche du comptoir en s’appuyant dessus et la regarde droit dans les yeux. Il la sent hésiter, il la sent approcher à un point qui risquerait de le faire fuir pour toujours mais il se refuse encore à s’éloigner. Il se refuse aussi à la couper. Elle veut savoir comment il va, lui aussi voudrait savoir comment elle est, comment elle se sent. Et quand elle lui dit clairement qu’il lui manquait, il manque à nouveau un battement de cœur, une inspiration profonde qui est tout à coup coupé. Les yeux de Damon se baisse enfin, c’est bien trop pour lui. Son arrivée était déjà assez forte en émotion mais le manque, c’est un sentiment qu’il ressent sans jamais le partager. Il souffle. Un moment de silence. Encore un autre. Occulter cette dernière phrase, l’occulter complètement afin de pouvoir continuer le dialogue.

« Je vais bien, comme tu le vois. Et toi ? »

Ensuite, il se rend bien compte que ce n’est pas possible, qu’il ne peut pas lui faire ça. Il ne peut pas la laisser seule, la laisser perdue. Parce qu’elle semble perdue et il sait très bien qu’il lui a affirmé qu’il serait là pour elle et il n’a pas menti. Il veut être là pour elle quand elle en a besoin. Toujours. Il attrape doucement sa main, jouant délicatement avec ses doigts avant de les entremêler aux siens.

« Je vais être sincère. Je pense que je te le dois. J’ai pour habitude d’avoir une règle censée être super stricte. Tu vas trouver ça complètement idiot et tu auras raison, au fond, mais je ne revois jamais une personne avec qui j’ai passé la nuit. En général, c’est assez prémédité et avec une inconnue alors… C’est simple et facile. Je n’ai pas su comment réagir avec toi. C’était idiot de ma part de penser que je pourrais faire de même avec toi. Si tu n’avais pas craqué, je l’aurais sûrement fait. »

Il reprend une profonde inspiration et cette fois, il la regarde, un sourire aux lèvres. Cette sincérité, il la lui doit, il se le doit également lui-même.

« Maintenant tu sais à quel point je suis tordu. Tu peux finir ton cocktail et prendre tes jambes à ton cou. Je ne sais sincèrement pas comment réagir April. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AWARDSmeilleur duo/famille.
avatar
AWARDS ▵ meilleur duo/famille.

en savoir plus sur moi
▵ posts : 149
▵ arrivé(e) le : 25/02/2017
▵ avatar : Eva Green.

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Lun 18 Sep - 17:23



     

Damon
&
April
Les vieilles habitudes ont la peau dure.
Son aveu, si évident pour elle, semble totalement surprendre Damon. Comme s’il ne s’y attendait pas, comme s’il n’avait pas eu envie d’y croire. Comme s’il était invraisemblable qu’elle ait envie de le retrouver. Il reste décontenancé plusieurs secondes, plusieurs secondes durant lesquelles ses mots paraissent flotter dans l’air. Mais elle ne dit rien, elle se contente de balayer rapidement sa proposition. Cela fait deux semaines qu’elle n’a pas eu la chance de le voir. Boire un verre n’a aucune importance. Et l’appeler n’aurait pas suffi. Elle a ressenti le besoin de plonger ses yeux dans les siens pour s’assurer que tout va bien entre eux. Qu’ils sont toujours les mêmes personnes. Mais ce n’est pas du tout ce qu’elle lit dans ce regard ténébreux.

Il lui affirme qu’elle aurait pu s’éviter de s’infliger ce déplacement. Mais ce n’est pas un souci, pourtant. Ce n’est pas le genre d’endroits qu’elle a l’habitude de fréquenter, c’est un fait. Seulement elle aurait même été ravie de connaître le lieu où il travaille en temps normal. Elle aurait été heureuse de découvrir un peu mieux son univers, son monde à lui. A la vérité, elle a davantage l’impression que c’est lui qu’il aurait préféré voir épargné par sa visite. Elle a la sensation qu’il n’était pas prêt, et en fait, qu’il n’est pas heureux de la voir. Elle ressent une petite pointe dans son cœur. Ça fait mal.

– J’en avais envie. Mais j’aurais peut-être dû t’appeler d’abord, je ne voulais pas… Paraître intrusive. Ses paroles sont sincères, dénuées de tout sous-entendu. Elle s’excuse, même, à demi-mots d’avoir pu s’immiscer en quelque sorte dans sa vie alors qu’il était… Visiblement occupé à autre chose. Le prévenir de sa visite l’aurait peut-être empêchée aussi de se retrouver face à cette scène qu’elle aurait préféré éviter de voir. Lui et cette femme. Ça fait mal, ça aussi.

Pourtant, elle continue de garder contenance. Elle veut oublier ce qu’elle a vu, elle veut oublier l’indifférence avec laquelle il l’a accueillie. Tout ce qu’elle souhaite, c’est lui avouer ce qu’elle, elle ressent, qu’importe le reste. Elle le remercie distraitement pour le cocktail aux fruits rouges qu’il lui a préparé avant de se lancer enfin. Et, plus elle parle, plus elle semble perturber le jeune homme. Il perd cet air assuré pour en adopter un beaucoup plus sincère tandis qu’il se rapproche d’elle. Le comptoir les sépare encore, il y a aussi toujours toute cette foule autour d’eux. Mais elle a enfin l’impression qu’il est vraiment avec elle cette fois. Elle lui avoue simplement ce qu’elle a sur le cœur. Il lui manque.

Il va bien. Elle a pu le constater d’elle-même. Et elle est heureuse si, pour lui, tout se passe à merveille. Mais ce n’est pas le cas pour elle. Elle ne peut pas faire abstraction de leur relation qui s’étiole peu à peu. Elle ne peut pas aller bien, si ça ne va pas entre eux. Elle s’apprête à prendre la parole mais elle sent subitement la main de Damon venir attraper la sienne. Ses doigts s’entremêlent aux siens, et naturellement, un léger trouble la submerge. Il ne peut pas faire ça. Il ne peut pas prêcher le chaud et le froid avec elle. Elle ne comprend pas ce qu’il veut, April. Et c’est pire encore quand il commence véritablement à parler.

C’est comme si elle tombait d’un immeuble de vingt étages mais que, son cœur, lui restait en haut. Elle se sent déchirée, blessée par les mots qu’il enchaîne comme une leçon qu’il a appris par cœur. Il ne revoit jamais une personne avec qui il a passé la nuit. C’est ce qu’elle est alors. C’est ce qu’ils sont pour lui, deux personnes qui ont passé une nuit ensemble. Sa gorge se noue, elle déglutit difficilement pour effacer cette boule imaginaire qui lui fait atrocement mal. Stupide, stupide April. Un homme qui couche avec toi, et ne te rappelle pas pendant deux semaines… Evidemment qu’il te voit ainsi.

Elle se sent tellement idiote. Elle a l’impression d’être une adolescente qui s’est créée un film toute seule alors que la réalité est toute autre. Mais, au fond d’elle, ce n’est même pas le fait qu’il n’envisage rien de plus pour eux qui lui fait le plus de mal. C’est surtout le fait qu’il ait préféré maintenir cette distance au profit d’une simple règle. Il a préféré cette règle à leur relation, à leur amitié toute entière. Il tente bien de lui dire qu’il aurait sûrement craqué si elle ne l’avait pas fait. Mais ce n’est même pas une certitude. Cela ressemble davantage à une tentative pour la rassurer alors que… C’est probablement trop tard.

Elle ne dit pas un mot. Plusieurs secondes durant, elle se contente d’observer fixement le cocktail dont la couleur lui rappelle de nouveau la main de la femme de tout à l’heure, celle qui avait la main posée sur celle de Damon. Quand elle s’en rend compte, elle retire instinctivement sa main de la sienne. Sans brutalité, mais assez vivement tout de même. Elle prend une profonde inspiration pour maintenir en elle l’émotion qui l’a submergée.

– Tu voulais… Tu voulais qu’on ne se voit plus jamais… dit-elle d’une voix un peu faible. Elle est chamboulée, blessée surtout. Elle n’aurait jamais été capable de maintenir une distance entre eux. Elle n’en aurait pas eu l’envie. Elle a l’impression qu’il compte bien trop pour elle à côté de ce que lui, il ressent. – Tu aurais pu me l’expliquer et je… Je n’aurais pas insisté pour obtenir quelque chose de toi que tu ne veux pas donner. J’aurais respecté tes choix, Damon. Jamais, elle n’aurait exigé quelque chose de lui, April. Elle n’est pas comme ça, il le sait. – Je suis une adulte, j’aurais pu mettre de côté la nuit qu’on a passée ensemble si tu… Si tu voulais qu’elle soit unique. Mais tu as préféré... M'ignorer ? On est amis… On est censé être amis… Tu me dis ce que je pourrais faire mais… Mais toi, de quoi as-tu envie ?




CODE BY MAY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
▵ posts : 215
▵ arrivé(e) le : 03/05/2017
▵ avatar : Alex O'Loughlin

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Mar 19 Sep - 11:37

Intrusive. Il bloque sur le mot un moment. L’a-t-elle été à son égard sans qu’il ne s’en rende compte ? Est-il en train de la repousser au même titre qu’il repousserait quelqu’un qui ferait du forcing ? Non, pas du tout. April n’est pas intrusive. Elle est adorable, touchante, d’une grande sincérité et elle a sûrement agi par instinct mais intrusive, sûrement pas. Il se rend donc compte que ses paroles ont été repoussantes au point qu’elle ait eu cette impression et il se rappelle de donner le change rapidement. Il est hors de question qu’elle se sente de trop. Ce n’est pas ce qu’il pense d’elle, alors pourquoi lui infliger cela ?

« Tu ne l’es pas April. Je dis juste que ça t’aurais épargné le déplacement. Je serais venu. »

Mais pas sûr qu’après ce qu’il vient de lui dire et l’accueil peu chaleureux, elle y croit encore. Peut-il lui-même seulement l’affirmer. Bien sûr qu’il aurait craqué mais avec quelles raisons ? Avec quelles excuses ? Et surtout, à raison de combien de temps, de quelle quantité de manque ? C’est à ce moment qu’il sent qu’il la perd. Le discours la détache complètement de lui. Il irait même plus loin en affirmant qu’il la détache complètement d’elle-même. Peut-être qu’être trop sincère n’était pas nécessaire immédiatement. Peut-être qu’il aurait d’abord dû commencer par la rassurer. En tout cas, il est clair qu’au vu de son expression, il y a quelque chose qu’il a fait de travers. Il essaie de s’expliquer mais cela ne semble pas suffire.

Il y a quelque chose de brisé. Un rêve peut-être ? Ce petit nuage sur lequel elle est vient d’être violemment percé par la même personne qui l’a entraîné sur ce nuage. En effet, c’est sûrement déjà un choc en soi. Et son excuse, qui ne semble pas en être une pour elle finit dans un souffle quand elle retire vivement sa main comme un électrochoc. Il la dégoûte ? De mieux en mieux.

« Okay… »

Murmure-t-il sans tenter de la rattraper. Bien évidemment, ce n’est pas une gifle mais c’est un peu comme et même si Damon sait qu’il l’a mérité, elle n’en est pas moins cinglante pour autant. Il attend des reproches, des cris et peut-être même une crise après un départ logique. Il n’est jamais réellement passé par là mais c’est sûrement ce que ferait n’importe quelle fille. Détail important, qu’il a pu oublier quelques secondes. April est loin d’être comme n’importe quelle fille. Elle ne crie pas et il entend au son de sa voix qu’elle est bien plus blessée qu’elle n’ose lui montrer. A sa première phrase, Damon a déjà envie de lui dire combien il est désolé et de répéter autant de fois qu’elle le souhaite qu’il aurait craqué. Bien-sûr, parce qu’il refuse de le faire souffrir.

« April… »

Essaie-t-il alors pour lui parler mais elle continue, parce qu’elle en a besoin et puisqu’il le comprend, il l’écoute. Elle lui lâche de but en blanc qu’elle aurait compris. Qu’elle aurait accepté ses conditions et il sent son cœur - Il en a donc un – se serrer en l’entendant. Elle lui rappelle qu’ils sont avant tout amis et que s’il lui avait simplement expliqué ses règles, en adulte qui se respecte, elle aurait compris. Elle l’accepte. Il lui donne encore le pire de lui et elle ne lui reproche rien, sinon de ne pas lui avoir dit la vérité sur ses règles qui lui paraissent si stupides maintenant qu’elles sortent de sa bouche à Elle. Il perd son estime, non pas parce qu’il est un con de première avec la gente féminine mais uniquement parce qu’il ne lui a pas avoué. Il rêve. Elle est parfaite et c’est encore plus effrayant qu’il ne l’avait cru déjà au premier abord.

Le danger de la nuit avec elle est encore tellement brûlant. Il le ressent dans chacune de ses veines par chacun de ses pores. Il arrive même à sentir la vanille au-delà de tous les effluves de la salle et il est presque certain que, les yeux fermés, il trouverait April dans une salle bondé. Juste à cause de sa peau, juste à cause de son odeur. Ce danger grandissant est d’autant plus effrayant quand il comprend qu’elle ne lui demande pas de changer, elle lui demande juste d’être sincère. Alors, contre toute attente, au lieu de l’être, il ment. Parce que c’est ce qu’il fait de mieux.

« On est amis, c’est vrai. Désolé. J’aurais dû être sincère dès le début. Quand je couche avec d’autres femmes, en général, c’est prémédité. Je ne passe jamais plus d’une soirée avec elles et avec toi… C’était différent, ni voulu, ni prémédité. Je me répète mais je n’avais vraiment pas d’idées sur la manière dont j’aurais pu réagir. Je ne pensais pas non plus que tu comprendrais. »

Il ment parce qu’en le faisant, il est certain de l’éloigner, de s’éloigner, de ne pas se brûler. Il est certain de la maintenir juste assez à l’écart pour qu’elle ne s’attache plus, elle ne le doit pas et lâchement, lui non plus. C’est la solution de facilité et même si, comme toute solution facile, elle sera sûrement regrettable, il est trop tard pour faire marche arrière. Alors, en espérant que ça ne sonne pas aussi faux que son sourire et que la tristesse d’April l’aveugle assez pour qu’elle avale la suite, il continue.

« Je n’ai pas envie d’une relation sérieuse. Je n’en ai jamais voulu. D’où les règles, d’où la distance. Mais si je comprends bien… Il aurait suffi que je te dise que c’était une... erreur pour qu’on mette ça de côté et qu’on redevienne amis. C’est ça ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AWARDSmeilleur duo/famille.
avatar
AWARDS ▵ meilleur duo/famille.

en savoir plus sur moi
▵ posts : 149
▵ arrivé(e) le : 25/02/2017
▵ avatar : Eva Green.

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Mer 20 Sep - 16:12



     

Damon
&
April
Les vieilles habitudes ont la peau dure.
Je serais venu. lui dit-il d’une voix qui se veut sincère. Mais quelle est la différence, au fond ? Que ce soit elle ou lui qui se déplace, cela n’importe peu. Elle est celle qui a eu envie de le voir. De ce fait, il lui paraît évident que ce soit elle qui vienne le rejoindre. Et peut-être qu’en fin de compte, c’est une bonne chose qu’elle soit venue elle. Elle a pu voir de ses propres yeux ce qu’il fait de ses soirées loin d’elle. Elle aurait été naïve de croire qu’il n’avait pas des aventures, des femmes qui l’intéressent de près ou de loin. Mais elle pensait, crédule, que la prochaine fois qu’elle le verrait après la nuit qu’ils ont passée serait bien différente. Elle se trompait.

Cela lui a permis malgré tout de voir la vérité en face. Et de comprendre, un peu violemment certes, que cette nuit n’a pas autant compté pour lui que pour elle. Elle ne sait pas à quoi elle s’attendait. Si elle pensait avoir une chance de créer quelque chose avec lui, elle a été vraiment idiote. Elle n’est pas la femme avec laquelle on a envie de vivre une histoire, April. Elle est, au mieux, l’amie sur laquelle on se repose. Mais, en apprenant ce qui s’est passé dans la tête du jeune homme, elle se dit qu’elle n’est même pas cela, en fin de compte.

Il s’est détourné d’elle. Purement et simplement. Si elle n’avait pas fait le premier pas ce soir, aurait-il réellement pris la peine de la revoir un jour ? L’aurait-il oubliée comme il oublie toutes ces filles d’un soir ? Au-delà de la désillusion qu’elle ressent, elle a cette impression douloureuse de trahison. Comme s’ils ne sont pas amis en vérité, pas vraiment. Sinon, pourquoi ne lui aurait-il pas confié tout ce qu’il lui apprend bien trop tard ?

Mais c’est peut-être la douleur en elle qui parle. Elle aveugle son propre jugement, elle fausse ses réactions. Et elle se dit, April, qu’elle est peut-être trop injuste avec lui. Il n’a pas su comment réagir, il l’a dit plusieurs fois. Il s’est perdu dans ses règles, certes vides de sens pour elle, mais qu’elle respecte. Une partie d’elle aussi se dit que, s’il les a établies, ce n’est pas sans raison. C’est pour mieux se protéger. Il n’est qu’un cœur tourmenté, peut-être même plus qu’elle, finalement.

Elle l’écoute parler sans prononcer un mot. Elle le laisse terminer ses explications, ses excuses. Cela lui fait un peu de bien, tout de même. Elle s’en veut même un peu de sa réaction. Il n’a pas envie d’une relation sérieuse. Avec elle, avec n’importe qui. Il en a tout à fait le droit. Elle se sent, certes, déçue. Et elle va avoir besoin de l’encaisser, c’est certain. Mais au moins elle sait la vérité maintenant. Pas un instant, elle ne pense qu’il pourrait lui mentir.

Elle remarque néanmoins qu’il ne répond pas clairement à sa question. Il ne lui dit pas ce dont il a envie. Et elle ne parle pas de la façon dont il mène sa vie amoureuse. Ça, elle l’a compris. Elle l’a douloureusement compris. Non… Elle parle de ce dont il a envie pour eux. Elle se demande s’il a toujours envie d’être ami avec elle. Elle a le sentiment désagréable qu’il attend d’elle qu’elle s’éloigne plutôt que de la chasser lui-même de sa vie. Mais… Pourquoi ?

Avait-il si peur de sa réaction ? Elle n’est pas une enfant, April. Et elle n’est pas non plus en sucre. Elle sait faire la part des choses. Elle sait qu’il ne lui a rien promis, elle le savait en faisant l’amour avec lui. Et cela ne l’a pas empêchée d’aller l’embrasser. C’est elle, finalement, qui a tout initié. Elle ne peut pas lui en vouloir d’avoir cédé. Surtout, jamais elle n’exigerait de lui quelque chose qu’il refuse de donner. Il la connaît pourtant. Il sait comment elle est. Elle n’est pas une personne qui juge les autres, encore moins lui.

Ce qu’il ne semble pas comprendre, et ce depuis leur rencontre, c’est qu’elle l’accepte tel qu’il est. Elle ne cherche pas à le changer, et jamais, elle ne le jugerait. Elle s’est attachée à l’homme qu’il est, elle se fiche bien qu’il ne soit pas parfait. C’est comme ça qu’elle l’apprécie, c’est comme ça qu’elle l’aime. Elle a simplement besoin qu’il soit sincère avec elle. Comme elle l’est avec lui.

A sa question, elle marque un temps d’arrêt. Elle a encore l’esprit chamboulé par tout ce qu’il vient de lui avouer. Elle a besoin de quelques secondes pour l’assimiler, et réfléchir surtout à ce qu’elle ressent. – Je préfère être ton amie que rien du tout, Damon. avoue-t-elle avec sincérité en relevant les yeux vers lui. Elle ne le dit pas clairement mais, il doit l’avoir compris, elle aurait peut-être voulu plus. Elle l’aurait surement voulu. Parce que, pour elle, c’était loin d’être une erreur. Mais, quitte à perdre cette douce illusion, elle ne veut pas le perdre, lui.

Vivre sans lui, elle n’en a aucune envie. Elle ne sait même pas si elle y arriverait. En quelques mois, Damon a pris une place si importante dans sa vie. Elle peut contrôler ses agissements, elle peut maintenir son cœur à distance, elle peut essayer en tout cas. Et se forcer à garder en tête qu’il ne se passera jamais plus rien entre eux. C’est toujours moins difficile que de se dire qu’elle ne le reverra plus jamais. Mais elle a besoin de sentir qu’il en a envie, lui aussi.

– Je ne… Je ne dis pas que ce sera facile parce que… Je ne peux pas l’oublier en quelques jours mais… J’y arriverais… Elle se forcera s’il le faut mais elle y arrivera. Elle ne veut pas tout gâcher entre eux. Elle a trop eu peur de le perdre ces derniers jours pour prendre ce risque. – Mais je veux être sure que… C’est ce dont tu as envie. Je veux dire que… Je ne veux pas te forcer à être mon ami. ajoute-t-elle d’une voix plus faible, plus vulnérable aussi, avouant ses craintes à cœur ouvert.





CODE BY MAY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
alien un jour, alien toujours
avatar
alien un jour, alien toujours

en savoir plus sur moi
▵ posts : 215
▵ arrivé(e) le : 03/05/2017
▵ avatar : Alex O'Loughlin

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Mer 20 Sep - 17:41

Même en essayant de faire ce qui semble le mieux pour elle, pour lui, il a conscience de faire du mal à April. Pourtant, il essaie justement de l'éviter mais ça semble être une cause perdue. Peut-il couper la racine pour éviter de continuer à lui faire du mal? Peut-il couper tous les liens pour qu'elle le traite d'idiot une bonne fois pour toute, qu'elle l'oublie et qu'elle trouve quelqu'un de bien mieux que lui pour être à ses côtés quand elle en a besoin. Ami et amant confondus. Puisqu'il se perd lui-même dans ses deux rôles pourtant bien distincts. Egoïstement, il se rend vite compte que non. Où est-il allé, sans même le vouloir totalement quand il était démuni? Quand il ne savait pas quoi faire? Chez April, comme un automatisme, il l'a cherché elle. Personne d'autre. Et elle l'a fait se sentir plus vivant qu'aucun être humain au monde et il en est d'autant plus effrayé. Pire qu'un gamin qui essaie pour la première fois la meilleure attraction et qui se demande s'il va réussir à s'en passer en attendant la prochaine fête foraine, pire qu'un drogué qui a besoin de sa dose, pire qu'un homme amoureux, pire que tout. Il n'a aucun mot à mettre sur ce sentiment. Aucun et presque tous à la fois et c'est une raison suffisante pour lui pour l'éloigner. C'est ce qui semble le plus logique, le plus saint, pour lui, pour elle.

Jusqu'à ce qu'elle lui avoue qu'elle préfère encore être son amie plutôt que rien, en effet, tout semble rouler dans cette logique, tout semble coller. Puis, le ton qu'elle utilise lui fait perdre l'assurance apparente qu'il a. Sa logique à elle s'emmêle à la sienne et rien ne lui paraît plus juste dans son raisonnement à lui. Elle préfère encore être son amie, rester près de lui malgré son attitude de macho, de con. Parce que franchement, il le sait, il agit comme un gros con. N'importe laquelle des filles avec qui il a couché est au courant de ses règles avant de le faire. Il a toujours fait en sorte que ce soit le cas et quand elles se réveillent seules, elles ne cherchent jamais à comprendre parce qu'il a été clair, sincère. Avec April, il s'est raté complètement depuis le départ. D'abord en étant persuadé qu'elle n'était et ne serait qu'une amie, ensuite en lui faisant l'amour sans avoir discuté de ses règles et enfin en agissant comme un prince charmant ce soir-là puis un vieux crapaux quelques semaines après. Elle ne mérite rien de cela, même pas le quart, pourtant, elle l'accepte encore. Il ne comprend rien. Ou doit-il en venir pour qu'elle le bannisse et qu'elle comprenne qu'il ne représente rien de bien? Il serre les dents, sa mâchoire se contracte et sans comprendre pourquoi, il est en colère, mais contre qui? Lui, elle? Ses règles? Son attitude à elle? Ou celle qu'il a lui, avec elle? Et c'est d'un ton sombre, d'une voix grave et un peu plus forte que prévue qu'il dit.

"Tu ne devrais pas, April. Merde, tu mérites tellement mieux que de te contenter de rien quand tu veux plus. Je ne mérite même pas le quart de ton attention, de ton amitié ou de ta bienveillance. Quand est-ce que tu vas le comprendre?"

Et elle en rajoute. Plus elle le fait, plus il se perd, plus il ne comprend pas. Elle fera en sorte d'accepter pour être son amie. Elle se sacrifierait pour la petite bestiole insignifiante qu'il est. Elle sacrifierait ses envies au dépens de ses règles. Afin qu'il puisse garder le cap, comme ce serait communément dit. Il meurt d'envie de la secouer et de lui demander de se réveiller, de le frapper au lieu de l'accepter. De lui dire qu'il a été un goujat parce qu'il l'a été.

"Arrête... Je n'ai aucune envie que tu oublies. Je n'ai jamais dit que j'oublierais non plus."

Et ce n'est pas fini. Elle s'inquiète pour lui, de ce qu'il veut, lui. De savoir si elle le dérange ou non. Elle essaie de le sonder afin de comprendre si elle n'est pas de trop dans sa vie. Elle doute d'elle-même alors que c'est lui qui ne se montre pas à la hauteur de leur relation sans nom. Il balance la tête, un sourire ironique aux lèvres. Il rêve. Il doit forcément rêver puisqu'une personne aussi parfaite qu'April ne peut pas exister. Elle ne doit pas exister. Les Anges évitent de se promener avec le commun des mortels en général. Alors que fait celui-ci à roder autour d'un monstre?

"Je rêve. Tu es en train de te demander si je... veux toujours être ton ami parce que tu penses que je veux te rayer de ma vie? Tu t'inquiètes de savoir ce dont j'ai envie alors que je réagis comme un vrai connard?"

Il lève les yeux au ciel et les résolutions sont loin de lui au moment où il contourne le comptoir pour venir se placer devant April. Elle balaie son mensonge avec une telle facilité qu'il finit par se demander s'il n'est pas un simple pantin dans ses mains à elle. Elle ferait si facilement ce qu'elle veut de lui mais elle n'essaie même pas. Elle est juste elle-même jusqu'au bout. Encore et toujours si parfaite. Il prend sa main, l'attire à lui parce qu'il ne veut pas la regarder dans les yeux pour lui avouer enfin. Elle veut de la sincérité? Il risque d'y en avoir pour une vie entière.

"Tu es la meilleure chose qui soit arrivée dans ma vie April. Tu es parfaite. Tu es un Ange et je suis si entièrement diabolique que j'ai peur de noircir ta vie, de la briser avec mes règles débiles, mon incapacité à ressentir sans fuir et ma vie de débauchée. Je ne suis pas fait pour toi. Et tu n'es certainement pas faîtes pour moi. Dis moi ce que je peux faire pour que tu l'entendes enfin? Je ne suis pas un surhomme. Je n'aurais pas la force de te repousser continuellement en te faisant souffrir."

Ils en reviennent à là. Pas à cause d'elle, parce qu'elle est plutôt claire sur ce qu'elle veut, April. Ils font un petit retour à la case départ mais si c'est le cas, c'est parce qu'il y a une raison. S'il s'évertue à le hurler sans cesse, c'est peut-être pour la prévenir. Peut-être parce qu'il tient à elle bien plus qu'il n'a jamais tenu à personne. Il s'écarte un peu d'elle avant de prendre son visage entre ses mains pour la regarder droit dans les yeux.

"J'ai envie de t'avoir dans ma vie mais je ne sais pas comment ni pourquoi. J'ai envie que tu sois heureuse mais je suis incapable de penser que ce serait grâce à moi. Je n'ai aucune envie de te faire du mal mais je suis tellement doué pour en faire finalement, que je me foire. Et je meurs d'envie de t'embrasser mais je sais que ce n'est pas ce que je DOIS faire."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AWARDSmeilleur duo/famille.
avatar
AWARDS ▵ meilleur duo/famille.

en savoir plus sur moi
▵ posts : 149
▵ arrivé(e) le : 25/02/2017
▵ avatar : Eva Green.

MessageSujet: Re: Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April] Jeu 21 Sep - 2:08



     

Damon
&
April
Les vieilles habitudes ont la peau dure.
Elle ne veut pas qu’il la protège, April. Elle ne veut pas qu’il la prive de lui sous prétexte qu’il est quelqu’un de mauvais. Elle ne veut plus l’entendre, cela. Peut-être fait-elle une grave erreur. Peut-être devrait-elle écouter ses mises en garde avec un peu plus d’attention. Mais elle le refuse. Elle ne sait pas réellement ce qu’a vécu Damon, elle ne connaît pas ce qui a pu le rendre aussi peu confiant en sa propre humanité. Mais il n’est pas quelqu’un de mauvais. Il se trompe royalement en croyant l’inverse. Elle le sait, parce qu’à elle, il a toujours su lui montrer le meilleur de lui-même, le meilleur de l’être humain tout entier. Et même s’il a pu la blesser ces derniers temps, elle se rend compte en l’écoutant, que ce n’est pas ce qu’il a voulu. Tout le monde fait des erreurs, elle en a fait elle aussi. Elle n’est pas un ange, il n’est pas un démon. Ils sont juste deux âmes tourmentées qui ont su se trouver.

Et elle voudrait qu’il le comprenne. Elle voudrait qu’il cesse de se dénigrer comme il le fait. Elle voudrait qu’un jour, il soit capable de se voir comme elle, elle le voit. C’est douloureux de voir une personne à laquelle on tient autant qu’elle tient à Damon qui se rabaisse continuellement. Il semble croire qu’il est un monstre alors qu’il est tout le contraire à ses yeux. Et, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, cela ne changera pas.

Elle aurait pu croire, au début, qu’il a peur d’aimer. Et c’est peut-être le cas, peut-être pas. Mais elle a de plus en plus la sensation que ce qui l’effraye vraiment, c’est d’être aimé. Elle s’offre à lui, elle lui offre tout d’elle, et elle voit bien qu’il est déstabilisé. Il ne sait pas de quelle façon réagir comme si c’était là quelque chose qu’il ne connaissait pas. Mais elle, elle est là. Il a beau lui dire de s’enfuir de toutes ses forces, il aura beau se mettre en colère… Il aurait beau le hurler à ses oreilles… Elle ne l’écoutera pas.

Sans ciller, elle garde son regard obstinément plongé dans le sien. Elle le voit s’irriter, elle le voit serrer la mâchoire comme agacé. Par elle, par lui-même, par cette situation ? Sa naïveté presque candide doit le rendre dingue. Mais c’est au contraire avec un calme désarmant qu’elle lui répond par une autre question. – Et toi, quand est-ce que tu vas comprendre que je ne suis pas d’accord avec toi ?

Mais que croit-il, au juste ? Pense-t-il qu’elle va sagement tourner les talons, quitter ce bar et sortir de sa vie simplement parce qu’il croit ne pas être à la hauteur ? Elle est peut-être gentille, mais elle suit son propre instinct, April. Et cet instinct l’attire vers Damon. Inexorablement. Elle se fiche bien de ce qu’elle mérite, ou non, elle s’en fiche tellement. L’amour, l’amitié, ce n’est pas une question de mérite. Il est dans son cœur maintenant. Il peut tout faire pour essayer d’en sortir, c’est lui qui en a forcé la serrure, c’est lui qui est venu tout seul jusqu’à elle. Il doit faire avec maintenant.

Elle le contemple quelques secondes sans dire un mot. Pensive suite à ses paroles. Il n’a pas envie qu’elle oublie, mais il est convaincu que c’est une erreur. Il est compliqué, Damon. Plus complexe encore qu’elle ne le croyait jusqu’alors. Elle doit avouer qu’elle a du mal à le suivre. Elle, elle est limpide sur ce qu’elle ressent, débordante de sincérité. Mais lui, de quoi a-t-il envie ? Elle ne veut rien savoir de ses mises en garde, tout ce qu’elle veut, c’est connaître son ressenti, son ressenti à lui.

A sa surprise, elle voit un sourire se dessiner sur le visage du jeune homme, un sourire amer. Il semble avoir du mal à croire qu’elle lui pose réellement la question. Mais c’est justifié, pourtant. Elle a besoin qu’il se montre clair avec elle. Elle a besoin de savoir. – Ne dis pas ça… murmure-t-elle en l’entendant s’insulter lui-même. Elle n’aime pas ça, tellement pas. En fait, elle se rend compte qu’elle ne peut même pas lui en vouloir pour son silence, pour son attitude. Parce qu’elle réalise combien il souffre lui aussi. Combien il a peur de la blesser. Mais c’est en la rejetant qu’il le fait, pas autrement.

De plus en plus étonnant, Damon se redresse subitement. Il contourne le comptoir pour venir jusqu’à elle. Elle le contemple, se demande ce qu’il est en train de faire jusqu’à ce qu’il attrape sa main pour l’attirer contre lui. Et elle se retrouve contre toute attente dans ses bras. Immédiatement, elle retrouve son odeur si familière. Elle est comme instantanément blottie dans cette bulle de douceur. Mais elle tente de se concentrer plutôt sur le ton de sa voix, sa voix qui vient lui murmurer à l’oreille les mots les plus doux, les plus déstabilisants aussi qu’il n’a jamais prononcés. Elle garde le silence, elle le laisse terminer. Et plus il parle, plus il parvient à la bouleverser.

Quand il s’écarte pour plonger son regard dans le sien, ses yeux océan sont déjà brillants. Elle ne parvient pas à cacher son émotion. Ses émotions. Elle est en train de se noyer dans ce flot de sentiments. Elle est touchée, émue, mais aussi déroutée, et complètement perdue. Elle a le cœur serré de l’entendre avouer toutes les contradictions qui l’habitent. Elle déteste le voir ainsi, Damon. Elle prend plus conscience encore de l’intensité avec laquelle la vie a dû le briser pour qu’il raisonne de cette manière. Mais comment fait-il ? S’imposer tant de barrières, avec ses propres proches qui plus est, ce n’est pas une vie. Dans un geste instinctif, elle pose délicatement sa main contre la joue du jeune homme. – Ce doit être épuisant de repousser constamment les autres…

Elle pose doucement son front contre le sien et ferme les yeux brièvement. Elle essaye d’assimiler tout ce qu’il lui a confié. Elle sait maintenant combien il est partagé entre ce que sa raison lui impose, et ses envies. Il a envie de l’embrasser, il a envie qu’elle soit heureuse. Mais il a si peur d’être incapable de lui faire autre chose que du mal. – Tout ce que tu viens de dire… Ça ne me montre pas que tu n’es pas fait pour moi… C’est tout le contraire, Damon… Relevant la tête pour le regarder de nouveau, elle caresse tendrement sa joue. – Tu crois que tu es diabolique… ? Tu es celui qui a éclairé ma vie depuis que je t’ai rencontré… Tu as une vision tellement erronée de toi Damon… Je me fiche de tes erreurs, tes défauts, et tout ce que tu crois si horrible chez toi. Tout le monde mérite une chance. L’émotion l’envahit de plus en plus. Mais elle prend une profonde inspiration pour garder le contrôle parce qu’elle n’a pas terminé. – Je peux accepter cette distance si… Si c’est ce dont tu as envie… Mais pas si c’est uniquement parce que tu as peur… Alors, peut-être que tu me feras du mal, peut-être que c’est moi qui t’en ferais… Mais, moi, je préfère prendre ce risque que celui de te perdre.





CODE BY MAY
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Les vieilles habitudes ont la peau dure. [April]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Always love ::  :: wellington central. :: the circle.-