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 tendre la main vers de beaux jours (maon)

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MessageSujet: tendre la main vers de beaux jours (maon) Sam 7 Oct - 20:46

Tendre la main
Maon & Rose
Vers de beaux jours ∞ Quand je repense à ces jours-là, je les vois impeccablement divisés en larges plages d'ombre - la lumière correspondant aux joies de la recherche dans de somptueuses bibliothèques, l'ombre à mes désirs et à mes insomnies insoutenables dont il n'a été que trop question. (V. Nabokov) © code by ÉLISSAN
Ce n’est qu’une fois sur la route que les souvenirs me reviennent. Lorsque la ville est passée derrière moi ; disparue, enfuie. Les kilomètres l’ont engloutie et j’ai dans le coeur un sentiment qui se rapproche de la légèreté guillerette à faire l’école buissonnière, quelque chose de très jeune. Non pas que je sois en train de m’en aller pour échapper à quoi que ce soit, sinon à l’ennui d’une journée passée à la maison, à ne rien faire ni voir personne.
J’aurais pu proposer à ma mère de rester avec elle au lieu de passer en coup de vent à la maison lui demander si elle avait besoin de sa voiture. Ç’aurait été plus sympathique. Des heures coulées entre mère et fille. Mais je ne peux pas ; dans ses yeux bruns dont les miens sont les copies exactes, je ne peux pas m’empêcher de lire son inquiétude, pas faire semblant de l’ignorer, ce contrôle monstrueux qu’elle opère sur elle-même. Elle ne me pose aucune question sur mon état général. C’est à peine si elle ose un ça va convenu. Elle n’a rien dit, Maman, pourtant je sais qu’elle est consciente que non, ça ne va pas fort. Elle va me perdre. Elle a peur que de nouveau, je glisse entre ses doigts qui ont déjà fait tant d’efforts pour me retenir, depuis longtemps.
Tes doigts bénis, Maman, je fais tout pour m’y raccrocher, pour m’y tenir, referme-les sur les miens – elle m’a tendu son trousseau : non vas-y, sois prudente – et je te jure que j’emploie toutes mes forces pour que les tiennes n’aient pas été perdues.
Il fait beau aujourd’hui. Le soleil semble promettre de laisser passer de plus en plus de rayons parmi la fine couche des nuages, disparate dans le bleu pâle du ciel.

C’est donc une fois une bonne partie de la route derrière moi, qu’en voyant ces nuages, je me rappelle mon rêve.
J’ai fais un rêve la nuit dernière.
Ça n’arrive pas souvent. Ou plutôt, j’ai du mal à m’en souvenir, mais il peut survenir qu’en voyant quelque chose, un détail accroché au hasard de la journée, ils me reviennent comme c’est le cas maintenant.
Ce bras cotonneux du nuage, on dirait celui d’un valseur qui le tendrait pour emmener sa partenaire au centre de la piste. Accordez-moi cette danse. La salle était très noire, dans mon rêve, et le bras glauque et sombre – comme celui d’un démon.
Oh bon sang. Mais de quoi mon cerveau est-il capable… lorsque ma volonté n’a plus de prise sur lui, lorsque je laisse le sommeil nécessaire me saisir, que je ne peux plus rien y faire sur les images qu’il crée.

Ce regain de mémoire me contraire tellement que je manque rater le refuge, et continuer à rouler jusque, sans doute, arriver à la mer. Peut-être qu’à ce moment-là, je me serais rendue compte qu’il y avait un souci.
En garant la voiture, il me semble percevoir la voix doucereuse du diable souffler à mon oreille : accordez-moi cette danse. Je secoue faiblement la tête. Ce n’est pas ça qu’il faut te dire. Pas ça du tout ; il faut interroger : accordez-moi de vivre un jour aussi paisible que le ciel l’est ?
S’il vous plaît.

« Maon ? »
Lorsque je pénètre dans le bâtiment, c’est pour le découvrir désert. Pas même un chat en vue. Je me maudis d’avoir décidé brusquement de débarquer à l’improviste, comme si c’était une bonne idée. D’abord, rien ne me dit que mon ancien cavalier du bal masqué sera heureux de me revoir, et même si c’est lui qui m’a invitée à venir au refuge. Ensuite, comment savoir s’il est bien là aujourd’hui et s’il s’y trouve, où donc ? Ça a l’air grand. Je suis certaine que je pourrais passer des heures à tourner en rond sans trouver la sortie.
Mais quelle idée, vraiment…
Je me mords nerveusement la lèvre inférieure en jetant des coups d’oeil de part et d’autre, lorsqu’une personne fait irruption dans mon champs de vision, et il se trouve que c’est Maon. Oh, je ne sais pas qui, mais merci. Je fais un pas vers lui, sourire plaqué sur mon visage, un peu gênée dans le fond.
« Bon… bonjour. En fait, j’avais ma journée et comme tu m’avais proposée de venir te donner un coup de main j’ai pensé… tu vas bien ? »

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MessageSujet: Re: tendre la main vers de beaux jours (maon) Jeu 12 Oct - 19:15

tendre la main vers de beaux jours.
Rose & Maon.
LUCKYRED
Tes yeux fixent l’horizon, le cœur léger, un sourire vint à se peindre sur ton visage. Tu te sens mieux, pas le meilleur au monde, mais tu es bien mieux qu’auparavant et c’est déjà une réussite en soit. La brise venant happer ton intention te fait sourire ou alors c’est cette tortue venant de disparaître dans les profondeurs de l’eau claire. Tu adores cet endroit, il te fera toujours penser à Janae. Une rêveuse, une petite fille au sourire te faisant survoler le monde, un rire cristallin te perçant le cœur. Tu n’as pas que des brides de souvenir de cette femme, ta femme. Non, elle est ancrée à ton cœur, tu te demandes toujours comment on peut oublier, mais tu te forces à ne pas réaliser que certaines chose ne sont plus clair dans ton esprit. Comme sa voix, tu l’entends douce, mais tu ne parviens pas à réentendre parfaitement, clairement sa voix. Tu ne veux pas te concentrer sur les choses que tu oublies, car tu serais capable de t’étendre de tout ton long. Les femmes dans ta vie sa passe et ça trépasse. Ta mère se tuant sous tes yeux, ta femme mourant à quelques pas de votre chez vous, sans que tu n’es même pu prononcer ces mots que tu aimerais lui chantonner au creux de l’oreille à présent.
C’est le cœur lourd que tu finis par quitter la plage. Mais tu as bien d’autre chose à faire que flâner sur cette plage privé, petite et cosy, mais parfaite pour pouvoir relâcher des animaux tels que des tortues , des pieuvres ou encore des raies. Tu as déjà aidé sur quelques dauphins échoués, fait rare et heureusement. Tu n’as pas l’emplacement pour justement pouvoir les aider, tu penses depuis que tu as les idées claires, sans alcool à tenter l’agrandissement, mais tu ne veux pas viser trop haut au dépend des animaux. Tu passes par le petit sentier repérant des choses à repérer, cet endroit et sans cesse une source de travail. Et c’est grâce au bénévole et aux personnes payés, très peu, que tu peux avancer. Tu le vois bien que tes deux pères sont très fiers de toi, à vouloir parfois t’aider, mais tu aimes te débrouiller par toi-même même si l’apport même que tu as eu fût une surprise pour toi. Un compte à ton nom qui était ouvert à ta personne pour tes études, même tes pères n’avaient pas été mis au courant. Alors tu avais déjà tout prévu pour tes études, bosser dans un ranch en Californie avec Janae et faire tes études de vétérinaire, combo parfait.
Je m’arrête devant Olhia. Une jolie jument, victime de l’atrocité des humains. Ça te blesse, te laisse les larmes aux yeux, le monde n’a jamais tourné en rond et ce n’est pas maintenant qu’il va commencer à le faire. Brûle par de l’acide par des jeunes, un propriétaire voulant la tuer. Tu l’as acheté pour la sauver de la boucherie. Tu le fais rarement, mais l’éleveur avait sonné à ta clinique, impossible de faire autrement. Dire qu’elle était bonne pour l’alimentation. La viande. Tu aimes ça et parfois tu te sens hypocrite, mais tu n’en mange pas tous les jours, mais tu as envie d’arrête, car ça te répugne de plus en plus. Même un veau a des sentiments. Quelques caresse, tu l’as laisse aller galopé au loin avec sa robé ébène te faisant de l’œil.
La course de l’Olhia t’a fait penser à un coup de fil important. Direction le bureau. La logique de cela ? Sans doute aucune. Tu presses le pas, tout en répondant à certaines questions des intervenants bénévoles qui ont souvent une kyrielle de question, des peurs de mal faire. Mais pour toi, tant qu’on fait avec amour les choses aucunes raisons que ce soit le cas. Les erreurs font avancer, tant qu’elles ne font pas non plus de mal à un animal. Tu rentres dans le bâtiment de la clinique, qui jonche le ranch, alors que tu peux déposer tes pupilles sur la jolie Rose. Tu lui offres un sourire presque surpris de la voir. Tu la vois faire un pas vers elle et tu en fais autant, comme une promesse de l’invité à danser dans un bal. Étrange vu votre première rencontre. Ton sourire illumine ton visage, alors que tu es heureux d’entendre les mots de la jeune femme. « Je ne pensais pas que tu viendrais ! » Idiot. Tu fronces un peu les sourcils. « Désolé en ce moment toutes mes pensées sortent instantanément de ma bouche et ça sonne pas toujours très bien ! » Tu t’approches d’elle lui ouvrant tes bras, un peu hésitant à lui offrir une accolade amicale. « Enfin je suis vraiment content que tu sois là et que tu es pris mon invitation au sérieux ! » Tu souris. « Sinon, je vais bien et toi ? » Que tu lances un peu gêné sans même savoir. Ta langue se délie sans doute moins bien sans alcool ? Faudrait que tu y songe à ça.
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