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 ft.stan - weight of love

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MessageSujet: ft.stan - weight of love Mar 6 Fév - 21:37


stanislas & poppy

weight of love


Quand tu fermes les yeux, toi, dis-moi, tu vois quoi ? Quand tu t'assieds dans les transports en commun après une journée de boulot, et que sans dormir vraiment, tes paupières se ferment malgré tout, et que tu te laisses emporter par le son de la musique dans tes oreilles – jamais sans tes écouteurs. Dis-moi, c'est quoi ta vision à ce moment-là ? Pour moi c'est une étendue désertique dont le souffle chaud me chatouille les joues. Ma peau s'assèche sous le soleil brûlant, ma respiration est saccadée car l'air et rare, en fasse de moi la route s'étend à perdre de vue et à côté de moi... Ben à côté de moi, il y a Stan.

J'ouvre les paupières, de justesse pour ne pas manquer l'arrêt de bus. Je descends sous l'air chaud et humide.J'enfonce davantage mes écouteurs dans mes oreilles et sors machinalement une clope de la poche de ma veste, l'allume sur le temps des quelques minutes de marche me séparant encore de notre immeuble. Il s'est passé quelques semaines depuis notre altercation à Stan et moi, j'avais délogé une nuit sans l'en informer, et mon retour tardif avait viré au cauchemar. Lui et moi avions l'habitude de nous brouiller pour des conneries, mais une vanne bien placée et c'était reparti. Cette fois-là, des vérités étaient apparues, et quelque chose avait eu l'air de pointer le bout de son nez. Notre relation évoluait malgré nous, notamment par le fait que nous vivions désormais ensemble. Nous avions pris cet appartement qui ne payait pas de mine lorsque ma mère m'avait finalement tranquillement foutu dehors. Depuis que cette dispute avait éclaté, et malgré qu'il y ait tous ces non-dits planant encore entre nous, nous étions plus proches que jamais, multipliant les concerts dans les bar, préparant maquettes pour d'éventuels producteurs intéressés. C'était comme si nous nous jetions à corps perdu dans notre projet commun pour nier... l'autre chose.

Parfois la nuit, lors de cauchemars trop violent, je venais me blottir contre lui dans son lit. Ou parfois même lorsque d'autres rêves trop étranges, et parfois honteux venaient me vriller la tête, je venais profiter de la chaleur naturelle de son corps assoupi. Puis le lendemain je me levais et trouvais une excuse à la con. Je n'avais pas vraiment l'impression que cela le dérangeait. Malgré cela, une inquiétude sourde sévissait constamment en moi. Ce désir et sentiment étrange que je voulais me taire et en même temps criait d'évidence. La peur le taisait. Et ce n'était pas plus mal. La relation que je vivais avec Stan était amplement suffisante que pour compliquer les choses. Que pour risquer de nous perdre.

Arrivée à l'immeuble, je lançais mon mégot dans le cendrier prévu à l'entrée. Les escaliers étaient comme toujours interminables, mais ce foutu ascenseur était en panne depuis des semaines, c'était insupportable. Lorsque j'arrivais enfin à notre étage, un détail marqua mon attention. Notre porte était visiblement entre-ouverte. Un froncement de sourcil, je ne réfléchis pourtant pas plus loin, Stan était peut-être rentré plus tôt que ce qu'il m'avait dit. Je poussais la porte et accrochais mes clés au crochet prévu au mur, retirant également mes chaussures de la pointe de mes pieds, lasse.J'arrachais mes écouteurs de mes oreilles en lançant à la cantonade « Stan, t'es là ? » puis mon regard s'attarda sur le salon ainsi que la cuisine ouverte. Mon coeur manqua un battement en remarquant les tiroirs retournés, les objets renversés. J'allais me précipiter vers ma chambre pour vérifier si mes guitares étaient toujours là quand la porte de la chambre de Stan s'ouvrit à la volée, me surprenant sur le fait. Je croisais le regard vert-doré d'un mec aux cernes plus grandes que mon visage, sans avoir le temps de faire quoique ce soit, il m'attrapa et me colla violemment contre le mur. Mon souffle se coupa et un léger cri parvint à sortir de ma gorge quand la lame froide de son couteau effleura ma jugulaire je retenais mon souffle, immobile, tétanisée. « T'es la coloc de Coleman ? » me lança une voix d'acier. Je ne répondis pas, plus parce que j'étais effrayée que par désir de ne rien lui dire. Il enfonça un peu plus sa lame contre ma peau, m'arrachant un gémissement, j’acquiesçais finalement d'un petit signe de tête. « Tu lui diras que Lenny est passé. Et qu'il veut son putain de fric. Sinon j'hésiterai pas à repasser te faire un coucou. » Aussi grande gueule j'étais, je ravalais ma fierté face à son regard, je sentais à quel point ce mec pouvait être dangereux et je n'étais pas prête à m'y frotter, surtout pas en ayant un couteau sous la gorge. Il me plaqua à nouveau plus fort contre le mur puis me lâcha et se barra en courant, laissant la porte grande ouverte. Mes jambes cédèrent et mes nerfs aussi, les larmes coulant malgré moi.

Des milliers d'idées passèrent par mon esprit, tandis que je suffoquais de terreur sur le sol. Après un temps terriblement long, je finis par me lever sur mes jambes encore tremblantes, allant refermer la porte contre, en attendant que Stan ne rentre et contacte le serrurier avec moi pour changer le verrou qui avait été forcé. Je passais mes mains sur mon visage atterré. Mon regard perdu se dispersa sur l'appartement, et je me sentis comme violée dans mon intimité, dans notre bulle, dans notre chez nous. Je savais bien entendu que l'immeuble n'était pas le plus sûr, nous n'avions pas les moyens de nous loger dans un quartier très safe, mais j'avais toujours su vivre avec, cela ne me perturbait d'ailleurs pas plus que ça. Mais aujourd'hui avait tout changé. Mon coeur battait la chamade, tandis que je me repassais la scène en boucle dans la tête. Et un doute m'envahit. Pourquoi Stan lui devait du fric au juste ? Vu la gueule qu'avait le mec, cela n'était pas pour s'acheter des sucettes qu'il avait eu besoin de thunes c'était sûr. J'avançais malgré mes jambes chancelantes jusqu'à la chambre de Stan. Le dit Lenny n'avait visiblement pas eu le temps de tout fouiller avant que je n'arrive. Je n'hésitais qu'un court instant avant de fouiner dans ce qui n'avait pas été encore retourné. C'était la première fois que je faisais ça, j'avais une confiance absolue en Stan, et partais du principe que s'il me cachait quelque chose ce n'était jamais pour longtemps. Mais aujourd'hui, je ne pouvais plus... Je savais qu'il me cachait des choses, il me l'avait avoué à demi-mot.

Puis mon coeur lâcha, tandis que ma main se posait sur un petit sachet vide accompagné d'un autre plein. Un petit sachet remplit d'une poudre blanche comme la neige. Dans ma tête une tornade si forte que je n'entendis pas Stan entrer. Dans mon coeur un ouragan dévastant tout sur son passage. Ma tête se leva à un craquement, et mes yeux percutèrent ceux de Stan, à l'embrasure de sa porte.
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Dernière édition par Poppy Hamilton le Mar 13 Fév - 20:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Mer 7 Fév - 0:01


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Comme chaque soir, je suis recroquevillé dans un coin de ma chambre. J’essaie de me faire tout petit. De ne pas me faire entendre, pas un seul bruit, je n’ose même plus respirer, de peur que mes poumons ne sifflent et me trahissent. Je tremble tellement fort que tout mon corps se tétanise. La peur se lie à mon corps comme des ronces autour d’un vieil arbre. La peur me rend vulnérable, me meurtri le corps. Mais je sais qu’il va arriver. J’aurais beau me cacher n’importe où, il me retrouvera toujours. Il a besoin de ça. Il a besoin de se déchaîner sur quelque chose, sur quelqu’un. Il a besoin de soulager le démon en lui qu’il me dit. Et qui suis-je pour lui ? Personne. Je ne suis rien. Une merde sur son passage. Un sac de riz dans lequel il aime passer ses nerfs pour éviter de taper sur sa femme. Sur sa femme qu’il aime et qu’il ne veut pas blesser. Alors pour toutes les erreurs qu’elle commet, je prends. Et parfois juste pour ma gueule… Quand ma gueule ne lui revient pas. Je prends aussi. Je ne suis rien, ni pour lui, ni pour personne. Ca y est. Il est là. J’entends le bois craquer devant la porte de la pièce qui me sert de chambre. Il n’est plus qu’à quelques mètres de moi. Je ferme les paupières, comme si tout ça pouvait empêcher le diable de me voir, de m’attraper par les cheveux pour me fracasser la tête contre le mur. J’inspire une dernière fois avant de tout bloquer. Les yeux, ma respiration, mes oreilles. Si fort que j’entends les sifflements aigus qui me vrillent la tête. Je préfère ça au son de ses pas qui s’approchent. Les coups pleuvent. Il a donné le coup d’envoi. Son poing s’abat sur mon visage, sur ma tempe, ses doigts me claquent la peau, ses ongles me griffent le visage. Sa force propulse plusieurs fois ma tête contre le mur… La douleur est assourdissante, aveuglante, me donne la nausée. Mon corps défoncé bascule sur le côté, ma tête va toucher le sol lorsque…

Je me réveille une nouvelle fois en sursaut dans mon lit, trempé de sueur, les réminiscences de la douleur de mon corps me tétanisent à nouveau. Je reste de longues secondes les bras et les jambes gainés, les poings fermement serrés. Je ne suis plus qu’un corps en souffrances. Il me faut quelques secondes pour me rappeler qui je suis et où je me trouve. Je n’ai plus huit ans. Je ne suis plus ce gamin tabassé pour être tombé dans la mauvaise famille d’accueil. Je suis dans mon appartement, notre appartement à Poppy et moi. J’inspire longuement et expire doucement, plusieurs fois d’affilée. Et je sens déjà mon coeur se calmer. La violence de ce cauchemar ne m’a pas fait hurler comme à chaque fois, je devine que Poppy dort encore à poing fermé dans sa chambre. Sinon, elle aurait accouru ici, comme à chaque fois. Combien de fois l’ai-je retrouvée dans mon lit, entre mes bras. Combien de fois son parfum a-t-il apaisé mes nuits ? Je ne saurais la remercier pour ça, pour son soutien. Elle est ma bouée de sauvetage. Mon radeau. Ma putain de lumière, la seule et l’unique. Mon corps ne réclame qu’elle, à chaque instant, et pourtant, je cède au pulsions de mon esprit. Pulsions qui me poussent à tendre la main vers le tiroir de ma table de chevet et à en retourner le contenu pour enfin attraper un petit sachet transparent quasiment vide. Les paradis artificiels. Ceux qui m’aident à me relever, à ne pas être faible, et surtout ceux qui ne m’abandonneront jamais. La main tremblante, je verse un petit tas de poudre blanche sur un livre qui traine et chope une carte et une petite paille bricolée à la va-vite. J’ai besoin d’aller mieux. J’ai besoin de me relever. Pour Poppy, pour moi.

La coke, c’est que le sommet de l’iceberg, même si je me voile la face. J’suis un putain de camé. Un foutu accroc et un jour ça va me retomber sur la gueule comme une enclume. Je sens déjà le poids de la culpabilité que je traine à la cheville mais pour l’instant je suis un foutu mec trop faible. Même si je prétends le contraire. Il faut que je parte avant que Poppy ne me voit. Elle dort encore profondément, elle ne tardera pas à se lever pour aller bosser. Je l’embrasse sur le front avant de me barrer de l’appartement.

Le jour décline doucement lorsque je gare ma bécane sur le parking au pied de l’immeuble. J’ai croisé le bus qui ramène Poppy à la baraque en rentrant. Elle doit déjà y être. Je souris. Mon corps se languit de la retrouver. Même si on passe la quasi totalité de nos journées ensemble, elle aussi est comme une drogue pour moi, certainement la plus dure d’ailleurs. Le truc, c’est que je ne peux pas lui céder. Je gravis les escaliers de l’immeuble quatre à quatre et arrive rapidement devant la porte de notre appart’. J’ai à peine entrouvert la porte que je sens que quelque chose cloche clairement. Tout est retourné. Littéralement dévasté. Ca me rappelle ces films qu’on adore regarder avec Poppy. Ces films de mafieux et tout le bordel. Où des pourritures sont à la recherche de quelque chose et retourne tout sur leur passage. Je ferme doucement la porte derrière moi. Je n’entends aucun bruit. Sur mes gardes, j’avance doucement dans notre cocon complètement ravagé et arrive sur le seuil de ma porte. Poppy se trouve dans ma chambre, face à ma table de chevet. Un craquement sous mon pas la fit sursauter et elle fit volte-face, ses yeux rougis par les larmes s’accrochant aux miens. Mon corps manque un battement, mes mâchoires se serrent. Je n’ai pas le temps de voir ce qu’elle tient dans sa main. Mes yeux s’attardent sur son visage, sur son cou. Je fais un pas de plus. Sa peau couleur de miel semble abîmée. Un pas de plus. Une légère coupure au niveau de sa jugulaire. La peau dorée rougit par le choc qu’elle a subit. Putain de merde. Mes mains enserrent son visage, je me rapproche d’elle, mon visage à quelques centimètres du sien, je peux quasiment sentir son coeur battre.  « Putain Poppy. Qu’est-ce-qui s’est passé ? C’est quoi ce bordel ?? Et ta gorge ? » Je débite les questions, impatient, affolé de savoir ce qu’il s’est passé. Soudain les cases se mettent en place. La réalité me choc, je cligne plusieurs fois rapidement des paupières, mon rythme cardiaque s’accélère. L’appartement ravagé. La blessure à son cou. Elle dans ma chambre. Elle devant mon lit. Ma table de chevet. Ce petit truc blanc qu’elle tient dans la main. Tout mon monde semble s’écrouler autour de moi. Mes mains quittent doucement son visage et mes yeux dérivent jusqu’à sa main qui tient fermement mon petit pochon de coke. J’avale difficilement ma salive. Ma gorge est tellement sèche qu’elle en est douloureuse. Je ne peux pas regarder Poppy dans les yeux. J’en ai pas les couilles. Mais il le faut bien. Je ne suis pas une putain de fiotte :  « Poppy… je… » mais même si je veux faire le bonhomme, je perds tous mes mots devant Poppy. Je me sens comme une merde.
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Mar 13 Fév - 20:42


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Toutes ces années. Toutes ces putains d'années à me persuader que tant que le corps ne cédait pas au corps, j'étais sans danger. Toutes ces années à céder petit à petit à cet homme qui défonçait mes rempart à coup de poings incessants. Premièrement, cela ne faisait rien, à part détruire ses mains et les ensanglanter, mais à mesure du temps, la fissure s'était faite, sans que je ne l'observe, car je me laissais duper, les yeux fermés à juste ressentir le soulagement, à juste sentir la solitude se résorber un peu. C'était bon et chaud, même si ça me faisait peur parfois. Ce n'était pas comme avec Jake, parce qu'avec Jake il y avait le corps. Avec lui il y avait l'embrasement de nos peaux qui se frottent, de nos lèvres qui s'entrechoquent, de nos désirs terrifiants de puissances. Jake m'aimait, mais surtout, j'aimais Jake, je touchais du bout des doigts les traits de son visage anguleux et mate. J'embrassais la ligne démarquant sa mâchoire, je riais en mordillant son lobe d'oreille, je pleurais parfois quand il était en moi, et que les sensations me surpassaient complètement. Dans les bras de Jake, je me laissais complètement aller, je n'étais que sensations, qu'amour, et surtout je n'avais aucune limite. Ce n'était pas du tout la même chose avec Stan, enfin, c'était ce que je croyais. J'avais pourtant l'impression de m'être tant préservée, j'avais pourtant l'impression de m'être tant retenue. Pourquoi alors ? Pourquoi la trahison était-elle si douloureuse ? J'avais l'impression qu'il m'arrachait le coeur avec ses ongles. J'avais mal, mal comme jamais. Et cette douleur me claquait dans la gueule en même temps que le fait que rien n'y avait fait... Malgré cette distance que j'avais cru prendre, Stan m'avait touchée plus loin à l'intérieur que Jake ne l'avait jamais fait. Sans poser les mains sur moi, sans atteindre mon corps, il avait complètement pris possession de mon coeur et de mon esprit.

Et lorsque mes yeux se confrontent à ceux de Stan, des lames de rasoirs me lacèrent de l'intérieur. Je vois en son visage celui de Jake, aux yeux vitreux, au vomi séché sur le coin de ses lèvres tant embrassées. Moi aussi j'ai envie de dégueuler. Dégueuler tout cet amour de trop. Si je suis amoureuse de Stan ? Au vu de la douleur, c'est plus que ça. Aucun mot ne définit mes sentiments pour lui. Aucun mot ne parviendrait à traduire le sentiment que j'éprouve maintenant. Un mélange acide de trahison, de tristesse, de colère, de peur. Un savant mélange me tétanisant sur place. La terreur ressentie plus tôt face à l'inconnu n'était rien par rapport à maintenant. Le bouillonnement intense, latent. Qui allait bien finir par me faire exploser.

Je n'arrive pas à bouger alors que Stan s'approche de moi, que son regard évalue la situation. Observant mon visage, mon cou, et tout ce corps qui tremble sans même que je ne m'en rende compte. Il s'accroupit près de moi, ses mains enserrant mon visage. Brûlure. J'ai l'impression que mon coeur va exploser, que je vais le lui cracher sur les genoux. Son expression en rajoute à ma souffrance, regarder cette expression de douleur et d'affolement alors qu'il est l'unique responsable de mon état en rajoute à la colère silencieuse qui gronde en moi. Et mon coeur. Ce putain de coeur qui menace d'exploser à force de battre trop fort, trop vite. « Putain Poppy. Qu’est-ce-qui s’est passé ? C’est quoi ce bordel ?? Et ta gorge ? » J'ai envie de lui hurler de la fermer. J'ai envie de lui arracher la peau, de l'arracher de mes ongles jusqu'au sang, j'ai envie de lui lacérer le coeur comme il le fait à l'instant. Comment a-t-il pu me faire ça ? Et en plus me regarder dans les yeux, maintenant ?

Stan, après avoir évalué les dégâts matériels et/ou visibles, semble prendre conscience de l'ampleur des dégâts internes à mon corps lorsqu'il pose les yeux sur le petit sachet entre mes doigts. Sachet que je serre si fort que les jointures de mes doigts en deviennent blanches. Ma mâchoire se contracte, parce que des milliers de flash me parviennent à nouveau, le corps sans vie de Jake au petit matin, et ce rayon de soleil qui plane dans la pièce, couvrant d'une chaude lumière cette peau tant aimée. J'ai mal. Parce que le corps de Jake clignote et j'y vois celui de Stan danser avec lui. Une belle et sombre danse macabre. « Poppy, je... » Mon prénom entre ses lèvres est une brûlure de trop. J'attrape ses poignets de ses mains toujours posées sur mes joues et les écarte avec force en soufflant à mi-voix : « Ne pose plus jamais les mains sur moi. » C'est une souffrance trop lourde à affronter. Le désir de ce corps qui m'a tant animé, cette trahison, cet amour qui me dévaste. Je me lève précipitamment, chancèle, contourne Stan parce qu'aucun mot ne me vient. Je suffoque, mon corps me brûle, je tire sur le col de mon t-shirt en soufflant profondément, je frôle l'évanouissement, tandis que des milliers d'insectes noirs recouvrent ma vue, je m'accroche à la porte de justesse, la nausée me prend, je manque de vomir, juste là, juste sur le putain de pas de sa porte.

« T'as le bonjour de ton pote Lenny. » Ai-je juste la force de lâcher d'un ton acéré avant de quitter la pièce. Je menace de m'effondrer à tout moment, le choc me provoquant une chute de tension. J'ai envie de pleurer et de hurler, mais rien ne sort, tout est lourd à l'intérieur de moi, j'ai l'impression que mon corps est trop petit pour tout contenir. Si seulement je pouvais simplement lui hurler dessus, mais la blessure est trop profonde cette fois-ci. Pour moi, c'est comme si Stan venait de mourir lui aussi. Alors je tombe à genoux sur le sol du salon, et je me mets à chialer. Chialer mon désir, chialer ce putain d'amour qui me donne envie de m'arracher la peau. Je commence à me frotter les bras jusqu'à l'irritation, à me tirer les cheveux en me recroquevillant sur moi même. Et je chiale putain, je chiale comme jamais Stan ne m'a jamais vu pleurer. Je ne suis pas une pleureuse putain, je suis pas une pleureuse, il le sait bien, s'il m'a vu trois fois pleurer c'est beaucoup, et je l'ai toujours fait avec beaucoup d'humilité, mais là je viens de perdre mon meilleur ami, le mec le plus important de toute ma foutue vie. Stan le sait, je ne peux plus vivre avec lui, je ne peux plus le voir, Stan le sait, il m'a perdue, on s'est perdus, il m'a prouvé toutes mes craintes, tous mes cauchemars sont devenus réalité. Je frappe le sol de mes poing en hurlant finalement un « Putain ! » . Je suffoque, je me brise, je m'échoue, c'est le choc de trop, la trahison finale, et finalement... mon arrêt de mort à la fois.
 
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Mer 14 Fév - 1:33


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C’est de l’acide que j’inhale. L’air ne semble plus passer. Je me noie dans une cuve remplie d’acide. Non. Je préférerais encore que ce soit le cas. Soudain, tous les piliers de ma vie s’effondrent les uns après les autres. Et je vois, le pilier centrale de cette vie merdique, recroquevillé face à moi, qui vacille. Mais tout ce dont j’ai conscience c’est de la bombe nucléaire qui se trouve dans sa main. C’est comme si ce foutu petit sachet prenait toute la place. C’est comme s’il aspirait tout l’air se trouvant dans cette pièce, m’en privant par la même occasion. Mon univers est réduit à néant parce que cette bombe ne s’est pas contenté de la planète Stan. Elle a tout d’abord fait éclater la planète Poppy, celle autour de laquelle gravite la Planète Stan. Ma vie était à nouveau presque complète. J’avais recollé les différents morceaux éparpillés. J’avais même retrouvé les miettes. Poppy était censé être le béton armé de mon existence. Mon rythme cardiaque s’accélère violemment. Le sachet m’obnubile. Mon corps est en manque. J’ai besoin de ma dose. Peu à peu, chaque jour, je ressens ce besoin omniprésent, ce besoin de doper mon corps pour aller mieux. Pour aller de l’avant. Mais le fait est que Poppy a découvert mon putain de secret.Je suffoque quasiment avant de cesser de respirer et de prononcer son nom. Mais ses yeux… ses yeux reflètent tout ce que je ne voulais jamais voir. La haine, la déception, le dégout, la trahison et surtout, la douleur. Mon regard lâche le sien, je sers les mâchoires lorsque ses longs doigts s’enroulent autour de mes poignées, je retiens mon souffle. L’espoir m’étreint l’espace de quelques secondes. Mais qu’est-ce-que je crois ? Poppy me sert violemment avant de rejeter mes bras en arrière. Avec force. « Ne pose plus jamais les mains sur moi. » me crache-t-elle au visage. Tout en moi cesse de fonctionner. Mes mâchoires sont tellement serrées que j’en ai mal. Mais la douleur n’est rien à côté de ce que provoque les mots de Poppy en moi. Elle m’arrache le coeur à mains nues, elle le déchiquète. Non. J’ai provoqué ma chute. Seul. Je sais pertinemment par quoi est passée Poppy. Je lui avais promis de ne jamais toucher cette merde. Et j’ai manqué à ma promesse. Toutes les merdes qui me sont tombées sur la gueule n’ont fait que me précipiter vers cette putain de solution de facilité. Rien ne m’excuse. Rien. J’ai merdé. Comme le lâche que je suis. J’ai perdu sa confiance. Tout. J’ai tout perdu.

Elle se redresse, précipitamment, elle cherche à fuir. Je ne connais que trop bien. Elle se sent coincée, prise en piège. Elle aussi elle est foutue. Elle aussi elle a l’impression de tomber dans le vide. Je ne connais que trop bien cette sensation. Et Poppy aussi. Je le sais. Je devais la protéger, je lui avais promis. C’était mon foutu devoir de faire en sorte que tout aille pour elle. Que rien ne vienne gêner son bonheur. Qu’elle vive, avec le sourire, constamment, pour ne pas repenser à son passé. Pour ne pas qu’elle souffre à nouveau. Mais au lieu d’être le rempart à sa douleur, j’en suis devenu la source. Je me rends compte soudain. Et c’est comme un coup de poignard en plein coeur. Les coups et les sévices de mon beau-père ne sont rien en comparaison de la douleur que j’éprouve. Les mots de Poppy sont d’une telle violence que j’ai l’impression qu’on m’ampute sans anesthésie. J’ai envie de crever. J’ai envie de me noyer dans cette merde qui circule dans mon sang et de me laisser crever comme le sale clébard que je suis. Je repense aux histoires qu’elle m’a raconté. A son passé. A sa vie. Et je m’imagine ce à quoi elle peut penser. « T'as le bonjour de ton pote Lenny. » Dit-elle alors soudainement, alors qu’un silence de mort planait. Mon sang ne fait qu’un tour. J’ai l’impression qu’on m’enfonce des milliards de piques dans tout le coeur. Mes points se serrent violemment. Si fort que des croissant de lune resteront gravés dans ma peau. Je sens mes ongles entailler mes paumes. L’air qui entre dans mes poumons me brule toujours autant. Et je cesse de faire quoi que ce soit. Les pas, lourds, de Poppy résonne dans ma tête et soudain je l’entends, son corps qui tombe. Ses genoux qui heurtent le sol. Je la sens. Toute sa peine et sa douleur qui s’abattent sur elle. Je ressens tout. Ca me frappe le corps comme des milliers d’insectes. Et les pleurs retentissent dans le silence. Ces pleurs qui me compriment le corps, qui me paralysent. Personne n’a jamais pleuré pour moi. Poppy n’a jamais pleuré en ma présence. Même en parlant de Jake. Chaque larme qui coule me lacère un peu plus l’âme. Au moment même où Poppy hurle un  « Putain ! » , mon poing s’enfonce dans le mur qui me fait face. Je ne ressens rien. Je ne ressens pas ma chair qui s’ouvre, ni la brulure du manque dans mes veines. Juste les pulsations de mon coeur, de mon sang, dans mes tempes. J’entends seulement les pleurs de Poppy non loin de moi. Je me relève lentement, lourdement, avant de me diriger, au radar, vers Poppy. Elle est là, seule, au milieu du salon. Recroquevillée sur elle même. Abattue. Je souffre de la voir comme ça. Je me laisse tomber face à elle, mon corps sans énergie semble vider de sa vie face à celui de celle qui l’anime d’ordinaire. Je reste quelques secondes face à elle, les yeux perdus dans le vide. Je ne sais pas quoi faire. Lorsque soudain mes bras attrapent ses épaules pour amener son corps frêle contre le mien brûlant de désespoir.  « Poppy… » Mes doigts s’enfoncent dans sa chair. Je ne veux plus, ne peux plus jamais la lâcher. Mais au fond de moi, je sais que c’est peut-être la dernière fois qu’elle me le permettra. Je l’ai détruite. Comme je me suis détruit.  « Putain Poppy… pardonne-moi. » Les mots s’échappent dans un souffle contre ses cheveux. Bien que prononcés. Je n’y crois pas. Je ne crois pas qu’un jour qu’elle me pardonnera. Et je crains de l’avoir perdue à jamais.
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Mer 14 Fév - 19:36


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Je me souviens la première fois que j'ai vu Stan, il rôdait dans la station de métro alors que je jouais de la gratte, prétendant attendre quelques pièces alors que j'étais là pour le kiff, juste le kiff. J'avais fait mine de ne pas le voir, avec sa gratte sur l'épaule, son bonnet sur le crâne pour cacher ses cheveux décoiffé, cette dégaine qui m'avait tout de suite instinctivement attirée. Je l'avais vu passer plusieurs fois, plusieurs jours différents. Puis un jour il s'était posé à côté de moi, avait sorti un paquet de clope qu'il m'avait tendu, je l'avais remercié et tandis que j'allumais ma cigarette, il avait entonné les premières notes de Hey Hey My My. J'avais souri, et en même temps que lui je m'étais mise à fredonner les paroles. Le soir même nous nous saoulions la gueule ensemble, et c'était la première fois que je riais autant depuis la disparition de Jake. Une connexion, voilà ce que j'avais ressenti dés le début. Nous avions les mêmes références musicales, les mêmes goûts en matière de film d'horreur, et parfois, quand nos avis divergeaient, nous avions pris l'habitude d'en débattre jusqu'au bout de la nuit. Aucun des deux ne réussissait à avoir le dernier mot, mais nous finissions toujours enrichit d'un autre point de vue aussi poussé que le nôtre. C'était bon de ne plus être frustré de n'avoir aucune répartie quand nous parlions musique, de n'avoir aucune personne pour comprendre « ouais c'est ça qu'elle veut dire ». Et y trouver son compte.

J'étais déjà trop attachée à Stan quand je m'en suis rendue compte. Quand je me suis posée un jour et que je me suis dit « Je ne peux plus évoluer sans ce mec ». J'avais mis cette idée terrifiante de côté, tandis que notre musique devenait notre oxygène. Deux ans après notre rencontre, j'avais appris l'overdose d'une connaissance commune, cette personne avait survécu et était partie en désintox. Cet événement m'avait bousculée, et j'avais fait promettre à Stan de ne jamais tomber dans ce cercle démoniaque. Et je lui avais expliqué pourquoi. Il m'avait fallu de longues heures pour y mettre les mots. Les aveux de nos passés respectifs nous torturaient de douleur, nous si peu enclin à parler des nous-mêmes. J'avais entendu ses mots, ressentis sa douleur, si souvent, je la ressentais jusque dans la tension de ses muscles, quand ma main se posait sur son bras, quand mes yeux se posaient sur son visage serré. Egoïstement, j'avais espéré pendant toutes ces longues années qui nous avaient réunis... J'avais espéré être un pansement suffisant. J'avais estimé m'investir assez en nous pour l'apaiser. J'avais tant désiré être la mère bienfaitrice aux bras magiques quand ses cauchemars surpassaient tout. J'avais espéré être la petite soeur suffisante pour être la motivation de sa force. J'avais espéré être l'amante platonique suffisante pour éponger ses confessions. J'avais espéré être les bras, l'oreille, et le coeur. Je n'étais rien. Rien comparé à cette merde qu'était la drogue. La ? N'y en avait-il qu'une ? Cocaïne ? Et quoi d'autre ? Je n'avais même pas vu les signes. J'était vraiment trop aveugle. Moi qui pensait être si alertée, comment ne l'avais-je seulement pas vu ?

Tandis que le sol souffrait des mes poings serrés, que ma gorge s'arrachait, que ma voix s'épuisait de mes sanglots douloureux. Des larmes lourdes tombaient sur mon visage, dans mes cheveux en vrac, défaisant cette mine que Stan connaissait si sèche et parfois si froide lorsque nous nous disputions. Là nous ne nous disputions pas, parce que je n'en avais pas la force, Stan avait trouvé ma kryptonite en s'attaquant à sa propre personne de cette manière. Je suffoquais, avec cette impression qu'un démon hurlant sévissait en moi, poussant sur les parois pour sortir. Des plaques rouges commençaient à s'étendre sur ma gorge, ma poitrine, mes bras, dans mon affolement. Je le sentais s'approcher tandis que je me recroquevillais sur moi-même, terrifiée. Comme si j'avais peur qu'il ne me détruise davantage en venant s'occuper de moi. Comme si son attention allait faire exploser mon coeur davantage. Pourtant il était là. Il tombe face à moi, à genoux, confirmant mes craintes, j'ai un mouvement de recule quand ses bras m'entourent soudainement. J'oppose une résistance, me transformant en pierre. C'est douloureux et en même temps la chose dont j'avais le plus besoin. Mes muscles se défont finalement un à un dans ses bras, tandis que je fonds comme une marionnette privée de ses fils. « Putain Poppy... Pardonne-moi. » me souffle-t-il, m'arrachant un gémissement de douleur, tandis que mes paupières se ferment davantage. Je fronce les sourcils et tente de respirer entre mes suffocations. Je lèves les mains, lâchant seulement le petit sachet de poudre blanche qui atterrit sur le sol. J'hésite à le repousser mais mes doigts finalement se glissent dans son dos pour serrer désespérément mes doigts sur son t-shirt.

Je ne sais plus mes pensées. Je ne sais plus mes sensations. Plus aucun mot, plus qu'un brouillard s'empare de moi, un désespoir profond qui me déchire. Je ne sais pas combien de minutes passent à expirer ma douleur sur son épaule. Je ne sais pas combien de minutes à lutter contre l'évanouissement, perdant parfois conscience une minute ou deux. Luttant oui, luttant à mort contre la chute de tension qui me traverse, drainée par le stress de l'altercation avec Lenny mais surtout par la découverte paralysante. J'aurais mieux fait de ne pas savoir, je ne serais pas détruite à l'idée que cette étreinte soit la dernière. Je n'arrive plus à parler, ça tombe bien, je ne sais pas quoi lui dire, comment lui faire comprendre, je ne sais plus rien du tout en vrai. A part la certitude que mon amour pour lui m'a déchirée en deux.

Je ne sais pas le temps qui passe, mais à un moment les sanglots déchirant se calment, et je reste là, apathique, dans ses bras, yeux dans le vide, transperçant l'appartement dévasté, la joue contre son épaule, les mains tombées pathétiquement sur le sol. Le premier désespoir passé, une douleur, une rage sourde gronde en moi, le retour du démon. Mes genoux me font mal, ma nuque, mon dos, mon corps entier. Et tout d'un coup, déchirant le silence pesant, ma voix revenant d'outre-tombe : « Comment t'as pu me faire ça... » Je me redresse, frotte pathétiquement mes larmes et mon nez de ma manche et porte un regard détruit au visage de cet homme qui a tout brisé. « T'as tout foutu en l'air, Stan. J'étais prête à tout pour toi. Mais t'as choisi la seule chose contre laquelle j'ai pas la force de lutter. » Je suis étonnée par la froideur de mes mots, par la distance terrifiante que je prends avec moi-même et mes sentiments. Comment est-ce que j'arrive à récupérer la tête froide à peine dix minutes après avoir menacé de m'évanouir dans ses bras ? Je vois pourtant encore ces taches noires brouiller ma vue de temps en temps, je sens le bout de mes membres tous engourdis, pourtant les mots sont clairs. « Comment je vais pouvoir te dire au revoir, maintenant ? Tu m'as laissée aller trop loin... Tu m'as laisser ressentir trop de choses... Comment t'as pu... » Les mots se perdent à nouveau. Je ramène mes cheveux en arrière en soupirant. Maintenant notre étreinte brisée, il n'y aura plus de nous... Je regrette de l'avoir brisée trop vite. De nouvelles larmes coulent, silencieuses maintenant, tandis que mon regard sonde le sien, à la recherche d'une explication, d'une chose pour m'apaiser, d'un truc qui me fasse l'aimer moins fort, d'un truc qui me fasse avoir moins peur. Mais il n'aura rien pour m'apaiser, je le sais. Et malgré moi, je ne peux vivre avec la terreur de le retrouver mort lui aussi. Plus fort que Jake, cette disparition déréglerait les derniers boulons en moi. Ma bouche s'assèche et parle sans mon cerveau : « Je t'aime putain, merde... » J'enfouis mon visage dans mes mains, désoeuvrée à l'idée que de telles paroles attendent cet instant pour sortir.
 
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Jeu 15 Fév - 16:07


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Ces émotions, qui me transpercent de part en part. Ces foutus sentiments qui me tourmentent. Jamais je ne les ai connus. Je découvre ce qu’est cette douleur sourde dans ma poitrine. J’ai l’impression de suffoquer. L’impression d’être enfermé, tout entier, dans un putain de sac en plastique. On m’empêche de sortir. L’asphyxie me guette mais pourtant, je sens encore battre mon coeur. Il tambourine dans ma poitrine. Violemment. Il tape, fort. Et ça fait mal. Ca fait mal de le sentir résonner en moi. Mais le plus dur c’est de la voir, Elle, par terre, le visage baigné de larmes. Des larmes de douleur, de haine et de rage. Des larmes qui sont à cause de moi. Qui sont pour moi. Et c’est ça qui me cause le plus de souffrance. C’est de la voir dans cet état par ma faute. Ses mots étaient simples mais d’une violence telle que je n’ai pas eu l’impression de la reconnaitre. Comment lui en vouloir alors que je suis le seul fautif, le seul coupable de sa douleur. Il y a ce monstre, cette bête enragée au fond de moi qui tente de se libérer. Qui griffe les parois de la cage que je lui ai pourtant construite, solide jusqu’ici. Mais elle est là, cette bête, elle hurle, elle mord, elle défonce tout sur son passage. Et je sens déjà les gonds qui se décrochent. Je sens déjà la faiblesse de la cage. Je l’ai maintenue en place de longues, très longues années. Je l’ai même faite taire avec la boxe et en démolissant les mecs qui me revenaient pas. Mais aujourd’hui, c’est de plus en plus dur. C’est de plus en plus compliqué. Je ne suis plus assez fort pour tout contenir. Je n’ai plus la force de l’empêcher de se rebeller. Ce monstre qui grandit en moi. Ce monstre créé par l’enfoiré qui m’a réduit en bouillie de si nombreuses fois. Et cette bête, le seul moyen que j’ai trouvé pour la contenir, c’est cette poudre blanche, ces cachets de différentes couleurs et ce beau liquide ambré. Puisque Poppy est devenue l’une des raisons principales qui font se déchainer le diable en moi. Mais putain. J’ai pas le droit. J’ai pas le droit de me laisser aller comme ça. J’ai pas le droit d’entrainer Poppy dans cette merde. Elle le mérite pas. Et j’ai cette haine qui grandit en moi à mesure que je sens le corps de Poppy se tendre contre moi lorsque je l’attrape pour la serrer contre mon torse. Putain de merde. De quel droit je lui fais endurer ça ? Pourquoi je suis cette putain de pourriture ? Je me souviens parfaitement de ce jour où elle m’a raconté. J’ai vu la douleur se peindre sur son visage et emprisonner son corps. Je l’ai écouté me raconter comment elle avait retrouvé Jake. J’ai senti toute l’horreur qu’elle a vécu lorsqu’elle a retrouvé cet amour, mort, raide, sans vie, sur le sol. Les émotions étaient si fortes que c’était comme si je m’y étais trouvé. Comme si j’avais moi même découvert ce mec sans vie. Mais non. Moi j’avais pas vécu tout ça. C’était Poppy. Cette nuit là je n’avais pas fait de cauchemar de mon tortionnaire, comme à l’accoutumée. Non, je l’avais vue, elle, morte. De l’écume coulant d’entre ses lèvres ayant perdue leur belle couleur framboise. J’avais vu le corps de Poppy, raidi par la mort, prit dans les filets de la souffrance, coincé dans une position qui n’était très certainement pas naturelle. J’avais vu ses grands yeux, pourtant si expressifs, vides et rendus blancs. Oui, je l’avais vue morte. Je l’avais sentie, froide, cadavérique, entre mes bras. Et ça avait été le pire cauchemar de ma vie. Je préférais encore revivre mes années de torture que de la voir, l’imaginer n’étant plus de ce monde et mourir comme ça. Alors, après ça, je lui avais fait la promesse de ne jamais tomber dans cette merde. De ne jamais faire les mêmes erreurs que celui qu’elle avait tant aimé. Mais j’étais qu’une pauvre merde. Et toutes les excuses du monde ne pourraient rien y faire.
Je ne suis pas le seul enfant ayant vécu de telles atrocités, je ne suis pas le seul homme à apprendre qu’il est père et à ne pas avoir la garde de son enfant. Je ne suis pas le seul à savoir que son bourreau n’a jamais été condamné et qu’il a récemment tué un pauvre gamin. Un gamin qui aurait pu être lui. Je ne suis pas le seul homme à commettre des erreurs. J’aurais dû faire autrement. J’aurais dû demander de l’aide. Mais comment aurais-je pu alors que Poppy ne sait rien de mon enfance ? Du moins, elle ne sait pas à quel point je suis détruit. A quel point ce fils de pute m’a rendu mauvais. Plongé dans la tourmente de mon passé j’ai à peine conscience de ce qu’il se passe vraiment. Les larmes de Poppy inondent mon tee-shirt, atteignant ma peau brûlante et déjà rendue moite par le manque. Son corps tendu se relâche alors parfois et je sais qu’elle tombe à moitié dans les pommes. Alors, je la serre un peu plus contre mon corps, jusqu’à sentir son coeur battre dans ma cage thoracique. Jamais de ma vie je n’ai vu Poppy dans cet état là. La tempête qui fait rage en moi est violente. La bête qui se rebelle veut me faire souffrir. Mais je souffre déjà bien assez de la voir dans cet état. De la savoir anéantie par mes décisions. Je ne suis qu’un monstre. Un putain de mec cruel. Un foutu connard.

Soudain, ses larmes semblent se tarir. Sa respiration devient un peu moins saccadée et son corps reprend plus ou moins vie. Et je l’entends, sa voix. Ce n’est plus la même. Ce n’est plus cette merveilleuse voix, profonde, qui me fout les frissons. Mais une voix éraillée qui sort d’une gorge endolorie. Mon corps reste immobile. Je n’ose plus respirer alors que mon regard reste rivé au mur décrépit en face de moi, les mâchoires serrées. « Comment t'as pu me faire ça... » Ces premiers mots provoquent une douleur aigue dans ma poitrine. Je n’arrive pas à avaler ma salive, une boule coincée dans ma gorge. Elle se désolidarise de moi, frotte ses yeux rougis par les larmes. Ses yeux, mornes et sans vie se rivent au mien. Et je me sens mourir, lentement, dans la souffrance la plus totale et la plus silencieuse. Ce regard qu’elle n’a encore jamais posé sur moi, je le sens bruler mon âme. Mais ce n’est pas la brûlure de la passion. C’est celle de la mort. Poppy me hait comme elle n’a jamais haït personne. « T'as tout foutu en l'air, Stan. J'étais prête à tout pour toi. Mais t'as choisi la seule chose contre laquelle j'ai pas la force de lutter. » Je serre et desserre à plusieurs reprises mes mâchoires sans pouvoir dire quoi que ce soit. Mes narines se dilatent, mes yeux aussi et j’ai comme du mal à garder les paupières ouvertes. Je mords l’intérieur de mes joues en me passant une main dans les cheveux. « Comment je vais pouvoir te dire au revoir, maintenant ? Tu m'as laissée aller trop loin... Tu m'as laisser ressentir trop de choses... Comment t'as pu... » Je sens mon coeur s’emballer et cette sensation bizarre qui me prend à la gorge. Je refoule un … Sanglot. Putain. Un sanglot. Je n’ai pas versé une seule larme depuis mes huit putain d’années. Mais aujourd’hui, je suis à bout. Je suis brisé. Et voir Poppy, l’entendre me dire ça me rend encore plus vulnérable que je ne le suis. Je sens mais yeux s’humidifier mais je ne peux rien laisser passer. Rapidement je plaque une main tremblante sur mes yeux et les frotte violemment pour les assécher.  « Putain de merde. » Je lâche contre ma paume avant de la laisser retomber et de fixer à nouveau Poppy. Mes larmes ne coulent pas lorsque les siennes ne tarissent jamais. Je me sens mourir à chaque larme qui roule sur ses joues rendues rouges par la souffrance. Ses yeux sondent les miens tandis que ma gorge est nouée par la peur de la perdre. Je la sens déjà s’éloigner de moi, sur son radeau de fortune et je suis bloqué sur la berge. Je voudrais sauter pour la retrouver, pour lui dire de ne jamais m’abandonner, mais je suis paralysé. Je sais que je vais me noyer, irrémédiablement, mes membres ne me porteront pas en dehors de l’eau. « Je t'aime putain, merde... » Et je saute. Je plonge dans cette eau trouble qu’est notre existence. Mon corps ne m’obéit plus. Plus rien ne m’obéit d’ailleurs. Ni mon corps, ni ma tête, ni ma vie. Je tends mes bras tremblants, raidis par la peur, et attrape son visage. Mes lèvres sont sur les siennes en moins de temps qu’il n’en faut. Ses mots ont eu raison de moi. Je suis mort au moment même où ils sont sortis de sa bouche. Je ne sais pas ce qu’est l’amour. Je n’en ai jamais eu, je ne l’ai jamais ressenti… jusqu’à ce que Poppy entre dans ma vie. Je sais que je ne suis pas capable de le dire. De le formuler. Mais ses lèvres contre les miennes, un sanglot déchire le silence et l’air entre à nouveau dans mes poumons. C’est l’air que Poppy respire. Le seul air dont j’ai besoin. Putain. Je recule le visage pour la regarder tandis qu’une putain de larme coule sur ma joue.  « Poppy… j’ai besoin d’aide. J’ai besoin de toi putain. Je suis détruit Poppy. » Ma voix est caverneuse, éraillée, rendue rauque par le silence et cette boule, toujours présente. J’attrape la main de Poppy pour la plaquer sur mon coeur. Il est prêt à exploser. Il tambourine si fort dans ma poitrine que j’en ai mal.  « Si tu m’abandonnes je meurs. » Je souffle contre son cou alors que de nouvelles gouttes d’eau s’écoulent de mes yeux. Je suis faible. Je suis un putain de monstre faible et vulnérable.
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Mer 21 Fév - 18:00


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Durant toutes ces années, j'étais pourtant persuadée. Persuadée que si Stan me faisait un truc pareil, je le planterais là tout bonnement. Que ce serait la seule solution, parce que tout ça c'est trop fort, trop grand, et que je n'ai pas la force de l'affronter encore. C'était si facile de m'auto-persuader que je me rendrais compte à temps. Je n'avais pas conscience d'à quel point je me leurrais. Parce que tout ça, oui, c'était sans compter ce petit détail. Je l'aimais. C'était sorti spontanément et ça me dégoutait que ça arrive dans cet instant fatidique où il faudrait faire des choix. J'avais l'impression que tous les choix s'offrant à moi allaient finir par me tuer. Je me sentais comme ce gosse dans Mr Nobody, perdu sur le quai de cette gare, à ne savoir comment choisir entre son père et sa mère. Mais voilà, pour la première fois, je vois les remparts de Stan céder, ses yeux s'humidifier et sa gorge se déchirer sous un sanglot refoulé. Et à mes derniers mots... Mes yeux sont restés ouverts un instant, puis mes paupières sont tombées sous le frisson inattendu parcourant mon corps en entièreté. Ses lèvres rencontrant les miennes. C'est un baiser fragile qui s'envole trop vite, même si d'instinct, ma bouche y a répondu, mon souffle s'est mêlé au sien tandis que je me brisais en entier sur les rivages de son âme. Et c'est à cet instant-là que mon coeur a choisi. Entre la peste et le choléra. Entre la peur et le désespoir. Et dans le froid dévastateur qui s'était emparé de moi, soufflant tout sur son passage, une petit chaleur s'est déclarée. Maladroite, aussi fragile que cet instant fugitif. Ses mains caleuses entourant mon visage, son souffle contre le mien et nos coeur qui s'entrechoquent. Qui es-tu, et pourquoi me fais-tu cela ?

Je n'aurais jamais cru être si triste le jour où Stan m'embrasserait, je n'aurais jamais cru avoir l'impression de le sentir mourir contre mes lèvres. Je ferme les paupières plus fort à son sanglot, le voir pleurer me détruit, et c'est comme un milliard d'épine s'écrasant dans ma poitrine. Il redresse la tête pour me regarder, tandis que je penche la tête en arrière en serrant les lèvres, les larmes brûlantes et silencieuses coulant le long de mes joues dans un flot intarissable. Mes mains mortes reposent de chaque côté de mes cuisses sur le sol, je soupire en rouvrant les yeux et regardant le plafond. « Poppy… j’ai besoin d’aide. J’ai besoin de toi putain. Je suis détruit Poppy. »  Mes yeux tombent dans les siens, ses yeux ébènes qui deviennent bleu nuit lorsque les larmes les brouillent. Je suis terrifiée de le trouver si beau en cet instant. En moi, une tempête de désir face au souvenir de ce souffle rencontrant enfin le mien. J'ai envie d'attraper sa bouche de la mienne pour l'empêcher de parler. Je ne veux plus sa voix, je ne veux plus ses mots. Je veux le tuer et lui faire l'amour en même temps. Je veux entourer sa gorge de mes mains et serrer jusqu'à ce que ces yeux magnifiques se révulsent, en même temps que je désire le serrer dans mes bras si fort que toute la souffrance sortira. Il m'est inadmissible de souffrir autant, mais il est une chose d'encore plus inadmissible, c'est de le voir souffrir à ce point sans rien ne pouvoir y faire.

Il attrape ma main glacée de ses doigts chauds et la pose sur son torse, je sens son coeur à travers son sweat. Je sens son coeur dans ma main, son coeur qui se contracte et qui a mal, son coeur qui a peur, son coeur qui est seul. Et son visage qui s'engouffre dans mon cou, tandis que mes doigts se serrent sur ce torse, cherchant la force et le courage dans ce coeur qui me hurle. « Si tu m’abandonnes je meurs. »  Ses mots soufflés contre ma peau sont comme un brûlure, je suffoque sur le coup de leur effet avant de remettre ma main à plat contre son sweat, je le repousse vivement et me lève en niant les milliers de fourmis qui traversent mes jambes endormies. « Putain, Stan, tu peux pas me dire ça ... ! » La rage prend le dessus sur le désir, sur l'amour, et mon cerveau vient de se retourner, à l'instar de mon coeur. « Tu es sérieux ? Comment tu peux, seulement... » Je secoue la tête, me la prends dans les mains, me retourne vers le mur derrière moi, inspire avant d'abattre mon bras sur le meuble où se trouvent quelques déco que je balaye d'un revers de main en hurlant. Je me retourne vers lui. « Tu peux PAS me dire ça ? TU PEUX PAS ME FAIRE SUBIR CE GENRE D'ULTIMATUM... » En vrai, je sais, tout dans le fond que je ne peux quitter Stan, mais c'est comme s'il venait de mettre des mots sur nos deux âmes. Je shoote de rage dans le fauteuil. « Putain de MERDE ! » Je n'arrive plus à pleurer, j'ai la rage qui gronde, je repense à ce fils de pute, à ma plaie ouverte sur la gorge, à la terreur vécue lorsque ses yeux ont rencontré les mains, la lame froide, l'appartement dévasté, notre cocon violé.

Mes yeux parcourent l'espace, comme si je reprenais seulement conscience du milieu dévasté. Je vois rouge, mon ventre se contracte, j'ai à nouveau envie de dégueuler, et une migraine violente qui pointe le bout de son nez. Et mes yeux rougis par les larmes, et le coeur rougis par l'amour, mon regard tombe sur le sachet blanc laissé sur le sol. Dans un hoquet de fureur, je me baisse pour le prendre, j'attrape la main de Stan et mets le sachet de coke dedans, et quand mes yeux bleus rencontrent la noirceur des siens, je souffle : « Tu sais quoi... Et bien, crève. » Je me détourne de lui et ouvre la porte de ma chambre à la volée. Cette chambre trop propre, trop rangée, alors que ma vie entière vient de basculer. J'ai tellement de haine, pas tant pour Stan que pour moi, qui n'ai pas la force de l'affronter. Je me hais de l'aimer autant sans savoir comment l'assumer. Comment faire, comment le guérir de son passé dont il n'arrive même pas à me parler ? Je suis si limpide pour lui, transparente ! Lui est incapable de me parler... Alors à quoi bon rester ? A quoi bon croire ses mots si j'ai l'impression que cet amour qui me dévaste est à sens unique ? Je hurle de désespoir et me mets à tout retourner, envoyant valser les draps, les objets, tout comme mes rêves. Et dans mes sanglots de rage et de douleur, ma main se pose finalement sur ma guitare acoustique, la toute première, ma partenaire. Je la regarde un instant avant de serrer mes deux mains sur le manches, la basculant par dessus ma tête dans l'intention de l'exploser sur le sol quand mon regard tombe sur le dernier truc intact de cette pièce. Un cadre sur ma table de nuit, une photo de Stan et moi, prise lors de notre première concert dans un bar. Je m'interromps dans mon geste et baisse les bras lentement, le souffle court, dos à la porte encore ouverte. Est-ce que je peux vraiment tirer un trait sur tout ça ? Est-ce que je peux vraiment oublier tous ces moments, toute ces fois où je me suis sentie tellement connectée à Stan... Juste pour un mauvais souvenir ? Est-ce que je peux vraiment me permettre de le laisser faire une connerie et être responsable de sa mort à lui ? Mes yeux se portent sur ma guitare entre mes mains, je glisse mes doigts sur les cordes. Et tous ces soirs à fumer des clopes, la gratte à la main, improvisant nos rêves au clair de lune... Toutes cette colère, c'est la Poppy impulsive qui a besoin d'extérioriser. Mais ça il le sait, n'est-ce pas ? Un doute me prend, un vertige.
 
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Dim 4 Mar - 15:59


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Ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait. Ce n’était pas la première fois que j’avais l’impression que tout mon corps allait céder, que tout aller rompre et que j’allais m’écrouler à terre d’une minute à l’autre. Non. La dernière fois que ça m’était arrivé, je n’étais âgé que d’une dizaine d’années. J’avais enduré pendant des heures les assauts de l’homme qui m’hébergeait sous son toit, mon « père d’accueil ». Mon corps et mon esprit avaient été dans un tel état d’épuisement que j’étais tombé plusieurs fois dans les pommes. Mais ce n’était pas la sensation de l’évanouissement qui avait persisté. Non, c’était celle que toutes les barrières que j’avais érigées allaient céder et que jamais plus je ne pourrais les reconstruire. Cette sensation que j’étais brisé en milliards de morceaux et que ce liquide sombre qui allait me ronger de l’intérieur s’infiltrer en moi insidieusement. Je m’étais promis de ne plus jamais être aussi faible, de ne plus jamais laisser les murs en béton armé que j’avais construis céder aussi facilement. Mais là, j’étais à bouts. Je pensais que je pourrais être fort. Je voulais être fort. Je voulais être ce mec que rien n’atteint. Mais en réalité j’étais tellement fracassé de l’intérieur qu’il n’avait fallu que d’une nouvelle pour me foutre à terre à nouveau. Je pouvais encaisser mon passé. Je pouvais encaisser mes cauchemars plus horribles les uns que les autres, je pouvais subir la douleur de mes blessures, mais il arrivait un moment où ma faiblesse reprenait le dessus. Je n’étais qu’un homme, malgré ce que je voulais me faire croire, malgré ce que je voulais faire croire à Poppy. J’avais promis, je lui avais juré, à genoux, de la protéger, de prendre soin d’elle et que jamais plus elle n’aurait à souffrir comme elle avait souffert ! Mais au final, je n’étais qu’un pauvre lâche. J’avais cédé à l’appel de ces paradis artificiels qui me promettaient le répit et la force dont j’avais besoin. Oui, j’avais cru en eux et j’y croyais toujours. Malgré tout ce que j’avais dit à Poppy. Malgré le fait que j’avais juré ne jamais tomber aussi bas, ne jamais goutter à cet enfer. Et pourtant… Certes, je me voilais légèrement la face en voulant me faire croire que si j’avais cédé c’était parce que je voulais être fort pour Poppy. Je savais, au fond de moi, qu’elle me donnait la force dont j’avais besoin. Mais j’avais été faible. Je n’avais plus la force de me battre, tout le temps et j’avais cherché la simplicité. Je n’avais pas voulu me prendre la tête, pour une fois. Et voilà que je me dopais comme on dope un cheval de course. Ces putains de drogues parcouraient mon corps, mes veines, me rendant plus fort mentalement et physiquement mais aussi une vraie loque une fois les substances disparaissant de mon organisme. Quel homme pouvait se vanter d’être fort alors que sa force n’était pas réelle mais simplement créée de toute pièce ?

Voilà où j’en étais. A suffoquer contre le cou de Poppy, lui avouant ma faiblesse. Lui avouant que je n’avais pas tenu parole. Lui avouant que je l’avais trahie. J’étais là, à genoux devant elle, lui demandant lâchement de ne pas m’abandonner sans quoi je mourrais… Ouais. J’avais osé. Les mots étaient sortis de ma bouche sans que je puisse les retenir, sans savoir réellement ce qu’ils allaient signifier. J’étais épuisé mentalement, à cause de ce que nous vivions Poppy et moi. Je savais que j’étais en train de perdre la femme de ma vie. J’étais conscient de ce qu’il était en train de se passer. Et j’étais épuisé physiquement. J’étais clairement en manque. Et le stress et l’angoisse provoqué par notre altercation n’avait fait qu’augmenter le manque. J’avais besoin d’une dose et rapidement. Mais j’étais incapable de tout laisser tomber et d’aller me doper dans mon coin. J’étais incapable d’attraper ce putain de paquet qui contenait la poudre blanche pourtant à quelques centimètres de moi. La douleur commence doucement à se propager dans mon corps mais c’est mon coeur qui souffre le plus. Poppy pose à nouveau sa paume contre mon torse mais cette fois, c’est pour me repousser violemment. Je n’ai ni la force ni le temps de me rattraper et je tombe en arrière, lourdement, sur mon cul. Je ne réagis plus. Comme amorphe. Putain de camé. « Putain, Stan, tu peux pas me dire ça ... ! » Elle est debout cette fois. Je la sens tremblante, je la sens fragile et pourtant, ses yeux sont deux trous béants dans lesquels je plonge, dans lesquels je m’enterre volontiers. « Tu es sérieux ? Comment tu peux, seulement... » Ouais… Comment j’ai pu ?! Je me pose la question tous les jours. Je me redresse, le corps engourdi, tremblant de douleurs. Comment j’ai pu lui dire ça, simplement ? Parce que c’est la réalité. Est-ce-que je sais comme mes mots ont pu la faire souffrir ? Là tout de suite, j’suis pas sur d’en avoir quelque chose à foutre. Je suis ce putain d’égoïste qui fait des promesses en l’air, qui se dope jusqu’à ne plus savoir ce qu’est la réalité, et qui ose demander à celle à qui il tient le plus, de ne pas le lâcher comme une grosse merde qu’il est. Le corps de Poppy se recroqueville, ses mains attrape sa tête, je sens la rage en elle plus que je ne la vois. Les ondes de sa haine ne propagent dans la pièce, elles me percutent de plein fouet mais je continue de la regarder. Soudain son bras s’abat sur le meuble près d’elle et elle balaye tout d’un seul geste. Nos objets ramenés de nos différentes soirées dans différents bars s’éclatent par terre, se brisent en milliards de morceaux à l’instar de mon coeur, de mon âme, de mon corps tout entier. J’ai beau être devenu l’esclave des drogues, je suis encore celui de Poppy. Je réagis encore trop bien à ses humeurs, à ses sentiments, à ses gestes. J’avale difficilement ma salive. Je n’ose pas bouger. Je cligne à peine des yeux, laissant de nouvelles larmes couler sur mes joues. Putain de faible. J’aurais pu lui demander ce que ça pouvait lui foutre, j’aurais pu reprendre mes sachets et claquer la porte, j’aurais pu ne plus jamais refoutre les pieds dans ce putain d’appartement. J’aurais pu être le connard que je suis normalement. Mais je n’avais jamais pu être avec Poppy comme j’avais toujours été avec les autres gonzesses. Parce que Poppy n’était pas comme les autres. Elle parlait à mon âme comme jamais personne n’avait su le faire. Elle chuchotait des choses à mon coeur que seul lui pouvait comprendre. Et j’étais rien sans Poppy. « Tu peux PAS me dire ça ? TU PEUX PAS ME FAIRE SUBIR CE GENRE D'ULTIMATUM... » Ses hurlements me font serrer les dents. Mon regard se pose sur le premier souvenir que je lui ai offert, brisé, à terre. Alors, tout ça pourrait se terminer comme ça ? Sur des hurlements, des pleurs et de la souffrance ? Et pourquoi j’ai si mal ? Pourquoi mon coeur se serre, ma poitrine se comprime ? Pourquoi j’ai mal jusqu’au tréfonds de mon âme ? Pourquoi j’ai l’impression qu’on m’arrache les entrailles ?

Je ne sais pas ce qu’il se passe entre le moments où mes yeux tombent sur le souvenir éclaté sur le sol et celui où Poppy se retrouve face à moi, ses yeux bleu azur me fixant, déversant toute la haine sur moi. Puis je le sens, ce putain de sachet qu’elle plaque dans ma paume. Il me brûle la main. J’ai envie de le jeter loin de moi et pourtant, j’ai envie d’en vider le contenu sur une table et d’inspirer un grand coup. Ce sont les mots de Poppy qui me donnent envie de tout laisser tomber : « Tu sais quoi... Et bien, crève. » J’écarquille les yeux en serrant de plus belle les mâchoires. Ca y est. Je l’ai perdue pour de bon. Je n’ai absolument pas conscience de ses hurlements dans sa chambre ni du bruit que fait sa rage. Tout ce que ressens, c’est ce sachet qui contient la poudre qui pourrait me soulager. Cette poudre que je voudrais tellement inhaler histoire de calmer la tempête qui fait rage dans mon corps. Mais… qu’est-ce-qui est le plus important ? Soulager mon corps ou mon âme et mon coeur ? Qu’est-ce-qui compte le plus au final ? Poppy ou cette putain de poudre blanche ? La vie ou la mort ? L’amour ou la haine ? Je me relève avec difficulté. Je suis faible. Pour la première fois depuis des années, je suis faible physiquement autant que mentalement. Et ça se voit totalement. La sueur commence à perler sur mon front, mon visage rendu pâle par le combat que je mène contre le manque. Je tremble de tout mon corps. Le sachet de poudre tombe sur le sol et le bruit qu’il fait résonne dans mon crâne. Pour l’instant, je n’en ai rien à foutre. Difficilement, j’arrive jusqu’à la porte de sa chambre. Je me rattrape au chambranle et le spectacle qui s’offre à moi m’arrache un tremblement plus violent. Poppy a retourné sa chambre, littéralement. Mais ce qui me choque le plus ce sont ses mains autour du manche de sa guitare. C’est de ma faute. J’ai brisé quelque chose en elle. Je sens la douleur qui irradie de son corps. Elle me percute l’âme avec violence.  « Je… je suis Papa… » je lâche alors, dans un souffle, ma tête tombant lourdement en avant.  « Sa mère est morte il y a quelques mois… Et je ne pourrais jamais approcher cet enfant… Je l’ai appris il y a quelques semaines… » Les mots ont du mal à sortir de ma bouche. Ils me font mal à la gorge. Ma voix éraillée semble résonner dans la pièce, même si je chuchote presque. Je ne sais pas si tout ça peut expliquer ma faiblesse… Et je suis sure que pour toute autre personne cela ne serait jamais la cause d’une aussi grande faiblesse… Mais moi, ça me brise.
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Jeu 8 Mar - 20:48


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Tout qui est brume, tout qui est flamme, tout qui est torrent. « Je… je suis Papa… »  Un sursaut. Un frisson. Je manque de lâcher ma guitare avant même que les mots aient percutés mon cerveau. Je lève les yeux vers le mur quand mon souffle se coupe et que tout en moi s'arrête, me laissant là, seulement capable de comprendre l'étendue de mon problème de bipolarité. Je ferme les paupières quand l'information s'assimile, que le trou dans ma poitrine se remplit. Que tout d'un coup, je me sens ridicule et hystérique. Comment ai-je pu tant faire de tout ça ? J'imagine que la réaction a été égale à toutes ces années à me dire que je ne me laisserais plus avoir. Mais maintenant que je me suis fait avoir et que j'en connais les causes, j'ai tout d'un coup moins peur des conséquences. Dans un éclair de lucidité, je me rends compte qu'aussi terrorisée j'étais, j'aime plus Stan que je n'ai aimé Jake. Pour Stan je suis prête à plus. Parce que la différence, c'est que je ne suis plus cette enfant traumatisée. Je suis l'adulte que Stan a aidé à créer. « Sa mère est morte il y a quelques mois… Et je ne pourrais jamais approcher cet enfant… Je l’ai appris il y a quelques semaines… » Même si l'idée de lui reprocher de ne m'avoir rien dit pourrait naître dans mon esprit, ce n'est pas le cas parce que je ressens. Je ressens dans sa voix tremblante et éraillé toutes les difficultés qu'il a à me le confesser. Je pose la guitare contre le lit et me retourne vers Stan. Sa vision pourrait me briser le coeur, tant sa position de faiblesse est évidente. Dans ses épaules affaissées, son air recroquevillé, j'ai mal au ventre de le voir si fragile. Je suis persuadée d'être la seule femme à avoir eu le droit de voir cette facette de lui. Stanislas, celui qui pète des gueule pour moi, qui en impose juste à son regard sombre et son assurance.

Maladroite, je fais un pas vers lui, puis deux, jusqu'à être proche de lui. Mes yeux cherchent les siens, je ne saurais deviner ce qu'il ressent en cet instant, la souffrance de l'abandon forcé de son fils. Je trouve la vie si injuste de ne pas donner la possibilité à cet homme de pouvoir être le père qu'il mérite d'être. Contrairement à ce qu'il pense, sa capacité d'amour dépasse toutes celles que j'aie pu rencontrer, on l'entend rien que lorsqu'il joue de la musique. Cette générosité démesurée dans l'âme. Ma main vient se poser sur sa joue et je ne dis rien parce que je sais que je n'ai pas les mots dans l'immédiat. Là, maintenant, il veut juste que je sois là. Et je ne peux pas le nier cette fois. Ma colère s'est envolée, la peur reste grondante dans le fond, mais j'ai beaucoup plus peur de me retrouver sans lui. J'ai beaucoup trop peur de le laisser seul sans moi. Quand je me love tout contre lui, que mes bras entourent se hanches, que mon oreille se pose sur son coeur, je ressens toute cette tension en lui, comme si un démon l'habitait. Et je comprends un peu mieux notre connexion si forte depuis que nous avons fait connaissance. Nos démons se parlent, nos démons s'expriment à travers notre musique, nos démons ne se calment qu'au contact de l'autre. Je ferme les yeux et inspire son odeur au maximum, comme si j'allais inhaler un peu de son âme au passage pour l'apaiser. Je voudrais pouvoir posséder cette magie. Je souffle doucement contre son torse « Je suis désolée, Stan. » Je me sens soudain impuissante et cruelle, quand la colère m'habite, des mots si coupants sortent de ma bouche pour me défendre, me préserver, mais ils ne me protègent en rien de ces sentiments si forts que j'éprouve envers Stan. C'est plus que de l'amour, c'est quelque chose qui est bien trop complexe à définir. Je voudrais lui dire tellement de choses, lui dire qu'on va le sortir de là, et qu'on va trouver une solution, qu'on a juste trouvé une nouvelle raison de se battre pour la vie, de se battre pour être le meilleurs de ce qu'il y a en nous. Je suis prête à tout pour apaiser ce coeur torturé que j'entends au creux de l'oreille.
Stan et moi ne serons jamais heureux, c'est le sort des personnes comme nous qui pensent trop, aiment trop, se passionnent trop, il y aura toujours cette faiblesse, cette voix sourde dans le fond pour mettre à mal nos fragiles moments de joie. Le tout c'est d'en être conscient, le tout c'est de toujours se relever. Stan, bats-toi.

Je m'écarte de son corps brûlant contre lequel je pourrais juste désirer la mort, mon regard croise difficilement le sien, sans doute à cause du poids de la culpabilité. J'attrape sa main et lâche d'une voix éraillée : « Viens. » Je le tire hors de ma chambre, la vision de notre séjour dévasté est comme un poignard de plus dans mon ventre, mais je traverse néanmoins la pièce, tire une chaise de sous notre table et pousse Stan à s'y asseoir. Je redeviens la Poppy pro-active, celle qui face à un problème, enferme son esprit quelque part derrière afin de réagir de manière la plus vive et objective possible. Le problème que Stan vient d'énoncer ne se règlera pas avec sa nouvelle et fâcheuse habitude. S'il veut être quelqu'un pour son fils, ce n'est pas en se perdant dans les drogues dures. Bien sûr que ce sera loin d'être facile comme démarches, cela va sans doute prendre du temps, et il arrivera que nous ayons l'impression d'être face à des obstacles insurmontables. Mais je serai la lionne dont Stan a besoin, je suis prête à être son pilier. Même si je dois en crever de douleur et de terreur de me lever tous les matins en craignant qu'il soit mort dans son lit. Je dépècerais ses cauchemars, j'apaiserai ses nuits, j'écraserais ses peurs de mon talon aiguille.

Je me dirige vers l'armoire de la cuisine et sors deux verres, puis une bouteille de bourbon de notre bar heureusement encore intact. Il y aura une heure pour la productivité, maintenant nous devons surtout exorciser la journée, prendre des distances avec tous ces drames que nous allons surmonter. Je sers nos deux verres généreusement et pose le sien devant Stan avant de m'asseoir à côté de lui. Je bois le mien cul sec avant de le resservir, observant la couleur ambrée du liquide s'heurter au cristal. Je plante finalement mon regard dans celui de Stan que j'ai longtemps évité, je pince les lèvres légèrement, aussi sûre dans mes certitudes, j'ai pourtant du mal à trouver les mots. « Je suis là. Mais faut que t'arrêtes cette merde. Et toutes les autres, quelles qu'elles soient. » Je soupire profondément, comme si tout cela était vraiment dur à dire, malgré tout le démon gronde toujours en moi. « Je vais t'aider, parce que je crèverais d'être séparée de toi. Mais va falloir que tu me fasses confiance. Je demande pas à ce que tu me racontes tout, parce que je sais à quel point ça a du être éprouvant pour toi... » Il doit vraiment se dire que je suis la plus bipolaire des gonzesse, quand on pense qu'il y a un quart d'heure à peine je hurlais à la mort en concluant finalement qu'il pouvait crever. Je fronce légèrement les sourcils, les fourmis dans les membres encore présentes. « ... Comment tu l'as appris, Stan ? Qui c'est qui a la garde ? » Dans le fond, une légère crainte s'allume d'un coup comme une flamme. Quelle place aurai-je encore dans sa vie, quand... quand on aura réussi ? Quand il aura cet enfant dans les bras ? Une bouffée de chaleur m'étreint, un tremblement...

 
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Sam 10 Mar - 1:35


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Tout mon être est en suspend. J’ai l’impression de flotter dans le vide, dans l’espace, à la seule différence que mon corps n’est pas aussi léger qu’une plume. Non, il pèse littéralement une tonne. J’ai presque du mal à soutenir le poids de mon propre corps tant je me sens faible. Tant mon corps est en manque. Mon organisme tout entier hurle famine. Il hurle à la mort qu’on lui donne sa putain de dose. Mais pour l’instant j’attends juste que Poppy se retourne. Cependant, contrairement à d’habitude, je ne m’attends pas à ce qu’elle se jette dans mes bras, m’enlace en me disant que tout ira bien. Je m’attends seulement à ce qu’elle fasse volte-face et que sa main vienne s’éclater sur ma joue. Telle une tornade, une cyclone qui ravage tout sur son passage. Vue l’état de sa chambre, je crains déjà qu’elle n’abatte directement sa colère et sa haine sur moi. Je sens quasiment déjà la morsure du geste sur mon visage. Mais rien ne vient. Je cesse pourtant de respirer histoire de pouvoir capter chacune de ses émotions, et aussi parce que respirer me demande beaucoup d’efforts. Tout mon corps fonctionne au ralentis. Tout ça à cause de la came. J’aurais pu tenir encore quelques heures. Mais l’angoisse, les émotions que je viens d’éprouver m’ont littéralement vidé de toute mon énergie et notamment des effets « bénéfiques » que procure la drogue sur mon corps. J’ai l’impression d’être un putain de zombie à qui on vient de retirer son cerveau et ses boyaux. Je me traine et je grogne de douleurs et de « faim ». Ca me ratatine le cerveau. Ca me le fout à zéro. Lorsque j’en ai plein le nez, tout roule, je pourrais retourner la terre entière et hurler sur le toit en me prenant pour le roi du monde. Ouais, tout va super bien dans ma vie, c’est presque si je vois les petites fées voler autour de moi, avec des arc-en-ciel et un ciel bleu putain. J’suis sur un putain de nuage avec cette merde. Ouais, quand c’est comme ça, je suis clairement l’homme à qui tout sourit. Puis quand vient le soir, que les nuages, l’obscurité remplissent ma tête, remplissent ma vi, alors je me rends compte de la connerie que je fais. Je me rends compte que je ne suis qu’une pauvre tâche qui est complètement en train de ruiner sa vie. Mais je ne peux pas m’empêcher. Je suis happé par cette impression de bonheur. Et puis… tout ça parce que je ne veux pas paraitre faible aux yeux du monde entier mais surtout aux yeux de Poppy. Je veux pas qu’elle se rende compte que je suis un putain d’imposteur, que je ne suis pas l’homme fort que je prétends être. Ou tout du moins que je ne le suis qu’en surface. Je ne veux pas qu’elle se rende compte à quel point je suis foutu, souillé, détruit. Parce que je veux être le pilier sur lequel elle se rattrape. Je veux être l’homme qui se tient à ses côtés, quoi qu’il arrive, droit comme un « i », comme de l’acier, comme un roc incassable. Je veux être celui sur lequel elle peut s’appuyer lorsqu’elle faiblit, lorsqu’elle ploie sous le poids de la douleur. Putain. J’suis pas le genre de mec qui a besoin d’aide… d’ordinaire. Mais je sais que ce soir, la balance a perdu son équilibre. Et je sais aussi que le regard de Poppy a changé. Je ne sais pas encore à quel point.

Et puis, finalement, elle se tourne vers moi et son regard, son attitude sont comme une bouffée d’air fraiche. Je tremble toujours autant mais l’air gonfle à nouveau mes poumons endoloris. Je cligne plusieurs fois des paupières comme pour chasser l’eau qui envahit mes yeux. Putain. Arrête de pleurer comme une fillette Stan. Poppy fait un pas vers moi, et je me sens revivre. Sa proximité est comme un électrochoc pour mon coeur. Mon âme répond à la sienne. Elle retrouve celle pour qui elle persiste à rester sur cette terre. Poppy est la flamme qui brûle en moi. Tout son être semble éveiller le mien, inspire le mien à être meilleur, pour le sien. Au final, je ne suis que le pantin de cette fille aux cheveux dorés. Car si elle n’est plus là, je n’ai plus aucunes raisons de vivre. « Je suis désolée, Stan. » Ses mains sur mon visage, fraiches, apaisent mon corps bouillonnant. Je serre les mâchoires, mon corps tout entier secoué d’un violent tremblement que je ne peux retenir. Je me crispe un peu. Cherchant mes mots. Je n’arrive presque pas à croire que Poppy, ma Poppy, puisse être soudainement si douce après tant de violence et de haine libérées quelques minutes plus tôt. Soit elle m’a frappé comme il faut et je suis inconscient sur le sol, soit… soit il est clair que c’est la femme de ma vie. Je n’ai plus aucun mots. Mais tout ce qui me vient est :  « Poppy… j’te mérite pas. Rien ne pourra jamais excuser tout… tout ça… Mais j’suis désolé… tellement désolé. » Je retiens un nouveau sanglot, et je me maudis intérieurement de cette nouvelle preuve de faiblesse. Je passe une main sur mes yeux, la presse contre mon visage comme un enfant se cache pour pleurer. Là, je le suis ce gosse apeuré. Je suis ce petit Stan qui ne veut pas pleurer alors qu’il souffre, qu’il a peur. Qui ne veut pas que son bourreau se rende compte qu’il l’atteint comme jamais. Et moi, je ne veux pas que Poppy se rende compte de ce que je suis vraiment, au fond. Je n’ose pas toucher Poppy, de peur de la contaminer. De peur de la briser. Son monde est déjà bien assez noir, elle n’a pas besoin de sombrer dans les abysses avec moi.

Sa main attrape la mienne, ses yeux se plongent dans les miens et sa voix résonne : « Viens. » Je n’ai pas d’autre choix que de la suivre et en quelques secondes je me retrouve assis à la table de notre cuisine. Poppy s’agitant autour de moi à l’instar d’une tornade. Sauf que cette tornade là m’évite sciemment. Elle vole autour de moi parce qu’elle a besoin de se rendre utile en situation de stress. Je la connais ma Poppy. Elle glisse un verre rempli d’une boisson que nous apprécions tous les deux devant moi et descend le sien si vite que j’ai l’impression qu’elle n’a jamais rempli son verre. J’attrape le verre pour me donner une consistance. Mais je ne peux pas le boire. Mon corps ne réclame pas ça. Il veut autre chose. Quelque chose qui ne se mélange pas avec l’alcool. Les yeux de Poppy me scrutent. Je sais qu’elle tente de me déchiffrer, de comprendre, je vais lui devoir des explications. « Je suis là. Mais faut que t'arrêtes cette merde. Et toutes les autres, quelles qu'elles soient. Je vais t'aider, parce que je crèverais d'être séparée de toi. Mais va falloir que tu me fasses confiance. Je demande pas à ce que tu me racontes tout, parce que je sais à quel point ça a du être éprouvant pour toi... Comment tu l'as appris, Stan ? Qui c'est qui a la garde ? » Ses mots sont un baume pour mon coeur. J’ai l’impression de retrouver un peu la vie. Il est venu l’heure des explications, c’est inévitable. Et je ne chercherai pas à lui cacher quoi que ce soit. Je ne veux plus rien lui cacher parce que je pourrais lui confier ma vie.  « Je te fais confiance comme je n’ai jamais fait confiance à personne Poppy. T’as ma vie entre tes doigts… » je lui confie en baissant la tête. J’inspire un grand coup, le geste m’arrache un grognement.  « Je te raconterai tout Poppy… je te dirai pourquoi… pourquoi je suis moi. Mais pas ce soir.  Et là…» parler de cet enfant et de mon second plus gros secret : la drogue, est déjà bien assez éprouvant pour moi. Je sens les perles de sueur dégouliner sur mes tempes. Je tremble de plus en plus. Ne tiens plus en place, ma jambe tressaute et mon estomac se crispe, je sens déjà des nausées me prendre. Dans quelques minutes je commencerai à halluciner, les douleurs psychiques sont parfois les plus douloureuses d’ailleurs.  « Poppy, je… hmmm… je suis désolé mais… il va falloir que… » c’est soudain, mais je suis dans l’incapacité de m’exprimer. Une main devant la bouche j’essaie de me contrôler pour ne pas gerber sur la table. Les torsions abdominales qui me prennent son si violentes que je me couche presque sur la table pour les calmer avant de me redresser :  « Je peux pas… je peux pas prendre d’alcool… j’ai besoin d’autre chose là. » Je sais que c’est risqué de lui demander ça. Mais là, tout de suite, il me faut une dose. D’urgence. Tout mon visage se crispe tandis que je serre les poings sur la table.  « Pour ce que valent encore mes promesses, je te jure que je vais me sevrer Poppy… il le faut. Mais… mais le truc c’est que… C’est que ça peut pas s’faire en un soir…Et putain, j’ai l’impression de crever… » je lui dis, les dents serrées. Je trouve le moyen de redresser la tête, sans que rien ne sorte de ma bouche à part quelques mots :  « J’ai… j’ai besoin d’une dose Poppy. » je lui dis, la douleur rendant méconnaissable ma voix. Mes yeux injectés de sang fixent les siens, attendant une nouvelle fois sa réaction.
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