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 ft.stan - weight of love

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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Ven 16 Mar - 15:44


stanislas & poppy

weight of love


La nuit où Jake s'est injecté sa dose de trop, nous nous étions violemment disputés. Justement parce que cela commençait à aller beaucoup trop loin pour moi, je voyais notre dégradation, je voyais notre perte. Je ne m'attendais juste pas à ce qu'elle soit aussi proche. Mais la différence c'était que moi aussi j'étais défoncée. Jake m'emmenait voir d'autres paysages, connectant nos esprits malades, créant notre bulle d'irréel. Ce soir là j'avais voulu qu'on essaye ça sobre, qu'on fasse l'amour comme des gens normaux, me rappeler ce que ça faisait d'avoir un corps nu contre le mien sans être dans un état de délire et de transcendance factice. Je ne voulais plus nous regarder en dehors de nos corps, je voulais le sentir, le sentir pour de vrai. Jake avait toujours su me convaincre, et après m'être réellement battue contre lui, il avait eu raison de moi, de nous, comme toujours. J'avais observé le bleu laissé par sa main sur mon poignet, il ne savait plus la limite à ne pas dépasser. Et alors qu'il chauffait dans sa cuillère de quoi s'injecter dans le bras, moi je m'étais simplement roulé un joint sans tabac, et m'étais laissée allée dans son lit, oubliant que mon corps demandait plus, plus, toujours plus. Pour ne fois je m'étais endormie sans problème.
Que l'on s'entende, je n'ai jamais été aussi accro que Jake. Jamais. Déjà pour m'enfoncer des trucs dans la peau il m'aurait fallu beaucoup, mais en plus j'avais cette résistance dans l'esprit, un cerveau qui me criait au secours à chaque fois que je perdais le contrôle. J'imagine que cette obsession de la maîtrise m'a sauvé la vie. Cette impression de savoir la limite. Jake ne la connaissait plus. Il résidait plusieurs problèmes dans ma relation avec lui à l'époque – outre notre auto-destruction lente il va sans dire. Le premier était était que je n'étais qu'une adolescente éperdue qui ne savait pas dire non et qui avait vu dans ses yeux tant aimé un danger potentiel si je m'interposais dans sa chute. Le deuxième était que je fermais beaucoup trop les yeux pour comprendre l'étendue de son problème à lui. Et le troisième était que j'étais défoncée non-stop. Pas à des trucs aussi dangereux, pas au point de ne pas savoir m'arrêter de moi-même une fois l'électrochoc passé. Mais assez pour au moins planer la moitié de mes journées, fumant joint sur joint, me sentant constamment à côté de la réalité.

On croit toujours que notre perception est si fiable qu'on reconnaitra les symptômes relationnels déjà rencontrés auparavant. Pourquoi avons-nous pourtant toujours cette tendance à retomber dans les mêmes pièges encore et encore ? Aujourd'hui j'étais sobre. Aujourd'hui je voyais Stan sans cette perception de l'époque, je ne savais pas reconnaître les signes, et ce que je pensais être de la détresse créée par l'annonce qu'il m'avait faite s'est soudain transformée en autre-chose, une chose que je voulais nier à tout pris. C'était simple : je ne voulais pas voir. Dans le fin fond, je savais bien qu'un bourbon ne suffirait pas dans cette situation, mais dans ma manière de vouloir prendre les choses en main, j'avais surtout envie de nier le problème principal, j'en parlais sans détour, mais c'était comme si il état hors de nous, comme s'il ne s'agissait que d'un nuisible dont il fallait se débarrasser. Le fait est que le nuisible se déchargeait dans les veines de Stan, et dans ses yeux qui hurlaient à l'aide. Je préférais nier qu'il était prêt à gerber sur la table plutôt que de lui dire « tiens, prends là ta dose de merde, et on pourra reprendre notre conversation ». J'étais une vraie pétasse en vrai, à faire genre que j'étais prête à me battre contre le problème alors que tout ce que je faisais réellement, c'était nier qu'il existait vraiment.

« Je te fais confiance comme je n’ai jamais fait confiance à personne Poppy. T’as ma vie entre tes doigts… » Mes yeux ne le libèrent pas. Ses mots m'atteignent un peu mais pas totalement, parce que je suis toujours en train de chercher ce que veulent dire ses yeux. Ses yeux explosés, ses lèvres asséchées, j'ai la réponse mais je ne veux pas. Je voudrais que le temps se fige, avant d'entendre ce « mais » qui heureusement ne vient pas. « Je te raconterai tout Poppy… je te dirai pourquoi… pourquoi je suis moi. Mais pas ce soir.  Et là…» J'ai envie de lui cracher à la gueule et de l'étreindre à la fois. Il est là, le « mais », il est là, me fait trembler dans cet instant pas assez figé, je ne suis pas prête, tais-toi... Mes yeux le sondent, mon esprit refuse de mettre des mots sur la sueur qui perle sur son front, sur son teint livide, sur ses membres qui tremblent et sa manière de se tordre quasi sur la table, tous ces mouvements tellement vus, tellement connus que mon coeur veut nier à tout prix. « Poppy, je… hmmm… je suis désolé mais… il va falloir que… ». Arrache-lui les yeux, et le coeur, et la langue avant de le laisser prononcer ça !. « Je peux pas… je peux pas prendre d’alcool… j’ai besoin d’autre chose là. »  Sans que je m'en rende compte mon genoux s'est mis à trembler violemment sous la table. Mon verre dans mes mains, mes doigts s'agitent, triturent, mais mon regard reste aussi fixe et glacial, comme si je ne voulais pas comprendre, que ses mots glissaient sur moi sans m'atteindre. « Pour ce que valent encore mes promesses, je te jure que je vais me sevrer Poppy… il le faut. Mais… mais le truc c’est que… C’est que ça peut pas s’faire en un soir…Et putain, j’ai l’impression de crever… » Un rire carnassier manque de s'échapper de ma gorge, mais juste un gémissement étrange passe la barrière de mes lèvres. Comme s'il avait vraiment besoin de me le dire. Comme si je ne savais pas. Mais putain, Poppy, tu agis comme si tu ne savais pas, tu t'en rends compte quand même ? « J’ai… j’ai besoin d’une dose Poppy. » Mes yeux se baissent, la tension dans mes épaules se défait un peu, je voudrais avoir à nouveau cette capacité que j'avais quand j'étais défoncée, de pouvoir sortir littéralement de mon corps, m'observer de loin, et cesser de prendre tous les événements trop à coeur.

Stan à ouvert la vanne dans mon esprit. Jusqu'à maintenant tout n'était qu'irréel, il consommait mais je ne m'étais pas visualisé réellement la chose, tout comme ces derniers mois où j'avais nié l'évidence de ses crises d'énergie, de sa violence accrue, de ses tics nerveux exacerbés. Stan se montrait à moi tel qu'il l'était devenu : un putain de camé. Il n'avait plus rien du Stan au visage lisse et parfait, au corps de rêve. Il se liquéfiait face à moi, dans des déformations surréalistes, je n'avais jamais vu cette expression sur son visage auparavant, ou en tout cas je n'avais jamais voulu la voir. Stan était défait, en souffrance, addict et en attente de mon autorisation pour prendre sa dose. C'était dire tout le pouvoir que j'exerçais sur lui. Je lui avais rendu son sachet, je ne savais pas où il l'avait mis, mais lui seul avait le pouvoir de ses actes maintenant. Et malgré tout, ses yeux me pleuraient de dire oui.

Est-ce que j'étais toujours amoureuse de ce Stan là ? Oui, éperdument. C'était bien une chose que mon pauvre esprit aux illusions tenaces ne pouvait plus nier.

Je soupirais profondément, j'avais tant de choses à lui dire, mais maintenant que je voyais son état, j'avais bien conscience que rien ne serait retenu ou même entendu par sa tête brune. Je secouais la tête et soufflais d'une voix rauque : « Vas-y. » C'était la seule chose qu'il entendrait de toute façon. Mais j'étais incapable de l'aider dans sa démarche, un camé trouve toujours la force de se camer, même à son stade. Je prenais son verre, le sifflais aussi vite que le mien, avant de me lever. « Mais ne m'oblige pas à te regarder. » Mes yeux confirmaient mes mots, je n'arrivais plus diriger mon regard vers lui en sachant ce qu'il allait faire. Je ne pouvais cautionner ça. Après avoir retrouvé mon paquet de clope et mon briquet, je disparus sur le balconnet la bouteille à la main. J'avais l'impression de tourner le dos à un crime qui me dépassait tandis que je m'asseyais en tailleur sur le sol, clope au bec, regard rivé sur la rue. Je ne savais plus comment agir, quelle était la bonne manière, qu'est-ce que me dictait mon instinct au juste ? J'aurais voulu rentrer après Stan ce soir, constater l'appartement défait et entendre ses mensonges pour expliquer ce qui s'était passé. J'aurais voulu ne pas savoir, finalement, ne pas mettre de mots sur nos problèmes ni sur ces sentiments que j'éprouvais à son égard et qui me dépassaient.
 
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Sam 17 Mar - 1:22


stanislas & poppy

weight of love


On pourra dire tout ce qu’on voudra, Poppy est la personne qui me correspond le plus en ce monde. Comment expliquer que je n’ai jamais essayé de coucher avec elle ? Certainement pas parce qu’elle ne m’attire pas. Bien au contraire. Mais tout simplement parce qu’elle est trop parfaite pour moi. Poppy me correspond tellement bien que je sais que je ne voudrais ni ne pourrais jamais la traiter comme je traite les autres femmes qui apparaissent - souvent très furtivement - dans ma vie. Même si je le voulais, je ne pourrais jamais lui faire du mal, volontairement, s’entend. Parce que ce soir, je sais que j’ai brisé quelque chose en elle. Quelque chose qu’elle avait longtemps à reconstruire. A l’instar du mur que j’ai érigé entre les autres et moi. Je sais aussi que j’ai rompu la confiance qu’elle avait en moi et ça me fout en l’air de savoir ça. J’ai clairement merdé, même plus que merdé, c’est indéfinissable. Et je me retrouve là, face à elle, tordu de douleur sur la table de notre petite cuisine. Table qui a pourtant vécu de nombreuses soirées mouvementées, alcoolisées mais toujours pleines de joie. Pourtant ce soir, ce n’est que douleur, souffrance et trahison qu’elle vit. Notre vie commune semble vivre un tournant important. Tout va dépendre de cette soirée. Je le sais. Et de savoir ça, ça me bouffe de l’intérieur. La souffrance de savoir ça reste mais la douleur physique et psychique du manque prend clairement le dessus. Je voudrais être plus fort que cette merde. Je voudrais être l’homme qu’elle croit que je suis. Celui qui gère toutes les situations, qui ne flanche jamais. L’homme qui est là pour la soutenir elle lorsqu’elle a besoin d’une épaule solide sur laquelle se retenir. Normalement, je suis l’homme qui est là pour elle. Toujours droit dans ses baskets. L’homme qui gère chaque problème quoi qu’il arrive. Aujourd’hui, je ne suis plus rien. J’avais beau me cacher derrière une super façade très bien travaillée, ce n’était qu’une façade. A présent, ce masque s’effrite pour enfin dévoiler le mec que je suis réellement devenu. Une loque, un putain de camé, ce genre de mec que d’ordinaire je ne supportais pas. Je suis devenu tout ce que fuyait Poppy, ce type de personne nocive et surtout l’homme qu’elle a perdu plus jeune. Merde. Qu’est-ce-que j’ai foutu ? Comment est-ce-que j’en suis arrivé là ? Non, en fait, la question ne se pose pas puisque je sais exactement ce qui m’a mené à faire ce choix. La question est plutôt : comment j’ai pu être aussi faible de me laisser convaincre que c’était le bon choix ? Moi qui savais pourtant ce que ça faisait. Ce qui me rend malade c’est de me dire que, même au courant de ce que cette merde pouvait faire, même en sachant que Poppy ne supporterait pas de savoir ça, j’ai quand même foncé tête baissée. Ca me rend dingue, je me sens pire qu’une merde. Et si Poppy venait à me haïr, si elle venait à me foutre à la porte, si elle ne voulait plus jamais me voir et même si elle voulait me frapper, je me laisserais faire. Parce que je ne mérite plus son amour. Je ne peux plus me regarder dans un miroir, parce que je ne suis qu’un monstre. Un sale monstre égoïste.

En réalité, je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre quand j’annonce à Poppy que je n’ai besoin de rien d’autre que d’une dose pour soulager le mal qui me ronge. Je n’arrive même plus à réfléchir en fait. Je suis clairement à coté de mes pompes. Tout ce que je vois c’est le visage déconfit de Poppy, ses yeux assombris par la rage qui l’anime. Je ressens tout ce qui émane d’elle, je le prends de plein fouet. Ca me fait suffoquer. J’ai juste envie que ça s’arrête en fait. Juste envie de faire le vide, que le silence prenne place et que tout devienne noir. Simple. Petit, je faisais le vide aussi, lorsque la vie était trop dure à supporter. Lorsque je n’avais plus la foi d’avancer, alors, je fermais les yeux et je ne pensais plus à rien. Aujourd’hui, je n’ai plus la force que j’avais quand j’étais merdeux. Je me laisse anéantir par mes émotions. Je suis devenu un homme faible, qui fuit les problèmes plutôt que de les affronter. Je m’en veux, même plus que Poppy m’en veut. Mon sang pulse dans mes tempes et je n’entends que le bourdonnement de la dose qui m’appelle, qui me supplie de la rejoindre au plus. Je visualise parfaitement à quel endroit j’ai laissé tomber le paquet de poudre dans le salon. Comme si j’avais des yeux derrière la tête. Non. Je suis juste un putain de junkie de merde. Je sais où se trouve ce dont j’ai envie, là, maintenant. Mais, malgré tout, malgré mon désir insupportable de me jeter à corps perdu sur ma petite poudre, je reste, presque sagement, assis à table. Mon corps se rebelle, mon ventre est à dedans de rejeter tout ce qu’il a ingurgité, mais je me retiens. Surement pour Poppy. Inconsciemment. Je lui ai déjà fait trop de mal. Et je sais que de lui demander une telle chose l’anéantie déjà. J’ai pas envie d’être ce mec qui ruine tout sur son passage, j’ai toujours tout fait pour ne pas l’être, mais au fond je crois que je le suis. Je ne maitrise rien. Soudain, les mots de celle qui fait ma pluie et mon beau temps rompent le silence : « Vas-y. » Je bloque ma respiration. Comme si j’avais eu une putain d’hallucination auditive, ce qui arrive souvent lorsqu’on est en manque. Mais il me suffit de poser les yeux sur elle pour savoir que je ne rêve pas. Elle a le visage si fermé que je sais qu’elle fait un putain d’effort sur elle même pour me dire ça. Poppy, ma lionne, ne rêve que d’une chose : m’envoyer mon paquet en pleine face et de me dégager de chez elle. Mais au fond, elle peut pas le faire. Comme moi je n’arriverais jamais à la sortir de ma vie. Elle est gravée dans ma chaire, dans ma peau, dans chaque recoin de mon âme. C’est comme si elle coulait dans mes veines. « Mais ne m'oblige pas à te regarder. » Ses yeux m’évitent, elle se détourne de moi, attrape son paquet de clope, son briquet et sa bouteille pour aller se réfugier sur notre balcon. Il fait froid, elle n’est qu’à peine vêtue, elle va attraper la mort… ces mots traversent mon esprit, une part de moi veut lui dire de ne pas sortir, de rester à l’intérieur et voudrait aller lui chercher une veste. Le vrai Stan l’aurait fait. Mais ce soir, je ne suis que l’ombre de ce mec bien. Je ne suis plus rien. Un pauvre déchet qui ne mérite pas qu’on lui prête de l’attention. Je suis le toxico, le camé, le junkie, le dépend. Et c’est le paradis artificiel qui me chuchote des mots doux au coin de l’oreille. C’est lui qui me dit qu’ensemble nous irons mieux, nous irons bien. Et malgré toute la douleur que j’éprouve. Malgré le fait que je ne ressente plus mon corps tel qu’il est réellement, je trouve la force de me lever et de me diriger vers le salon. En effet, mon petit sachet est posé au centre de la pièce et je n’ai presque d’yeux que pour lui. Le vrai Stan serait capable de défoncer à coups de latte celui que je suis aujourd’hui. Demain, lorsque je comprendrais ce qu’il s’est réellement passé, je sais pertinemment que je ne pourrais vraiment plus me voir dans un miroir. Je me hais par avance.

La fine ligne blanche sur la table de la cuisine me procure un bien fou rien qu’en la regardant. Et je sais que l’effet sera encore plus intense lorsque je l’aurais aspiré. Pourtant, une part de moi se refuse à faire ça. Pour Poppy. Parce que ce n’est pas bien de faire ça là, comme ça, aussi ouvertement. C’est mal. L’autre partie de moi par contre rue dans les brancards pour se jeter, tout nez devant, sur la farine. Dans tous les cas, c’est inévitable, on ne pourra jamais sevrer un homme si facilement, d’un coup. Je dois en passer par là, je dois prendre ma dose. Je ne pourrais pas continuer sans… Soudain, sans que je ne m’en rende compte, mon nez est déjà collé à la table, le nez dans la poudre. Je n’ai pas pris le temps de me faire une paille ou quoi que ce soit. Je suis déjà impressionné d’avoir réussi à faire une belle ligne malgré les tremblements violents qui secouent tout mon être. J’inspire un grand coup à m’en décoller les poumons, puis rejette la tête en arrière en appuyant sur la narine. Putain que c’est bon. L’effet que me provoque la drogue est indéfinissable, surtout après cette période de manque, la plus grosse et surtout la plus violente jamais vécue jusque là encore. Puis les sensations, les émotions, les sentiments, les images de la soirée me reviennent en pleine gueule, violemment. Je suis clairement déboussolé. Je me rappelle de tout, mais c’est comme si je n’avais pas été dans mon corps. Comme si j’avais pas pu tout ressentir pleinement tant le manque avait été obnubilant.

Je me lève, cette fois plus facilement. La douleur à l’estomac n’a pas encore totalement disparue mais les tremblements s’apaisent. Je ne sais pas combien de temps a passé depuis que j’ai pris ma dose, mais je continue de suer à grosse gouttes. C’est violent. Je me dirige vers l’évier et m’agrippe quelques secondes au rebord. Le temps de reprendre mes esprits. Je tourne le robinet pour faire couler l’eau froide. Je reste fixé quelques secondes sur l’eau qui coule, sans discontinuer. Puis je passe les mains sous cette eau congelée avant de m’en asperger le visage. Ca fait un bien fout. Comme si je recouvrais mes esprits. J’ai un foutu regain d’énergie, comme si je sentais la vie reprendre en moi. C’est ça les effets de la coco. Je me sens invulnérable, prêt à tout démolir sur mon passage.

Soudain, je me souviens que Poppy est dehors. Envolé la douleur du crash. Maintenant place à la douleur du crash émotionnel que j’ai vécu. Que nous avons vécu. Notre baiser me revient en mémoire et je sens mon coeur s’emballer. Merde. Je fais volte face sans prendre la peine de m’essuyer le visage et attrape une veste qui m’appartient avant de sortir sur le balcon à mon tour. Plus rien ne semble m’arrêter, pourtant, lorsque je vois la faible silhouette de Poppy assise sur le sol, une chape de plomb me tombe sur les épaules. Je me sens à nouveau merdique. Mais une merde pleine d’énergie. Je m’approche doucement d’elle et dépose ma veste sur ses épaules. Elle est gelée mais même pétrie de froid, elle a refusé de revenir à l’intérieur. A cause de moi. A cause de toute la merde que je trimballe. A cause de mon démon qui n’en fait qu’à sa tête. Je m’assois à côté d’elle sans un mot. Je suis presque redevenu le Stan normal, à la différence qu’à présent, Poppy sait ce qui me rend comme ça, elle connait mon secret. J’attrape le paquet de clope et en sort une avant de l’allumer. La nicotine ne me fait pas grand chose comparé à la dose que je viens de prendre. Mais peut importe. Ca me donne contenance.  « Pour ce que ça vaut, je suis désolé Poppy. Je vais arrêter cette merde. J’aurais jamais dû commencer. Je le sais. Je t’avais fait une promesse. Putain. Mais j’suis qu’un putain de connard. Je pensais être plus fort que tous les autres. J’étais sur que je pouvais tout contrôler, qu’une petite dose quand ça allait pas ça m’ferait pas de mal et je pourrais dire stop comme je veux… J’suis qu’un putain de connard arrogant. Je sais que tu ne me pardonneras jamais ça. Et c’est normal putain. » je lui dis d’une traite, avant de passer une main dans mes cheveux. Je suis mal. terriblement mal. Mais la drogue aidant, je peux tout lui sortir.  « Je ne me le pardonne pas moi même. J’sais même pas quoi te dire Poppy… » Je tire une longue taff sur ma clope avant de recracher doucement la fumée. Les volutes blanches dessinent des dessins dans la nuit noire avant de s’évaporer à l’instar de tout mon courage.  « Et… putain c’est ma faute. C’est moi qui ai fait entrer l’enfer dans notre petit havre de paix; Mais je te jure que je vais buter cet enculé qui a osé te toucher… » Je serre les dents et les poings tout en aspirant une nouvelle bouffée. Ma jambe se met à tressauter toute seule, comme mue par une énergie débordante. J’ai juste envie d’attraper Poppy et de la serrer tout mon soûl contre moi, quitte à la faire s’incruster dans ma peau. Je ne voudrais jamais être séparé d’elle, mais j’ai l’impression de la perdre, à chaque seconde qui passe. J’aspire une dernière fois avant de jeter ma clope, puis, cédant à mes pulsions, je me tourne vers Poppy, lui attrape les épaules et la serre contre mon torse, mes bras entourant ses épaules, mes jambes bloquant les siennes.  « Je refuse… quoi qu’il arrive, je peux pas être loin de toi bébé. Putain. Pardonne moi. Je t’en supplie Poppy. Pardonne moi. » je lui grogne dans le cou, incapable de me retenir de faire quoi que ce soit.
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Mer 21 Mar - 20:45


stanislas & poppy

weight of love


La nuit. Cette nuit qui avait été si longtemps ma maison, était tombée sur la ville. Mais je ne l'avais jamais ressentie comme ça, aussi sombre, aussi pénétrante, je la sentais entrer en moi par chacun des pores de ma peau. Ce n'était pas que le froid, non, c'était le bruit sourd que faisait une soirée au loin, c'était la lumière vacillante de cet appartement en face du nôtre. C'était un chat qui s'échappait entre deux poubelles. C'était la lune fragile qui pointait le bout de son nez. C'était moi, abandonnée au milieu, les regards vagues, l'esprit mort. Et tout qui re-défilait dans ma tête à la façon de diapositives en noir et blanc. Je ne savais plus que faire, je n'étais même plus sûre que le bourbon faisait quoique ce soit pour me guérir, il ne me faisait en tout cas guère oublier. A chaque fois que je pensais passer à autre-chose, un souvenir de la soirée se repointait et j'avais mal. Mal à crever. J'avais l'impression que Stan m'avait poignardée et que je revoyais en boucle ma main se poser sur la blessure béante, se tâcher de sang, et mon âme se perdre un peu plus à chaque fois. Les minutes étaient interminables, je visualisais malgré moi les gestes saccadés de Stan pour prendre sa dose espérée. J'avais envie de rentrer, et de le frapper à mort pour ça. Et en même temps je voulais juste être la fille forte qui le soutiens pour une fois. Ma clope se termine, j'envoie valser le mégot et en rallume une sans attendre, et de l'ongle de mon pouce, je défais lentement l'étiquette de la bouteille dont je porte régulièrement le goulot à mes lèvres. C'est une manie dont je ne peux me défaire, traduisant mon état de nerf de manière évidente.

Mes paupières se ferment tandis que le froid investit l’entièreté de mon corps, le transperçant jusqu'à l'os. J'inspire profondément, me remémorant ses lèvres désespérées sur les miennes, geste que j'ai de plus en plus de mal à comprendre avec la distance, geste qui me brûle doucement le coeur malgré tout, sans que je me l'avoue. Je préfère penser à ce moment fugace qu'à sa cause. Je ramène mes genoux contre moi et pose mon front contre mes genoux, qu'est-ce que tu fous Stan ? La distance était nécessaire et en même temps, je brûle de le retrouver, j'ai peur de son absence, j'ai peur de la solitude. Moi qui avait toujours été cette louve solitaire seule maître d'elle-même, je me surprenais à ne plus savoir vivre indépendamment de cet homme. Et ça me tue de l'imaginer, dans ses actes jusque là ignorés. Le Savoir est vraiment un cadeau empoisonné.

Alors je m'enveloppe dans cette bulle, je m'isole de l'univers, j'essaye de couper court à mes pensées, de n'analyser que ma respiration et la sensation qu'à la nuit sur la peau nue de mes bras. Son visage me hante, je revois ses pupilles... Ses yeux injectés de sang et cet air suppliant, que je ne pensais jamais voir un jour sur le visage de cet homme. Je voudrais me perdre sur une planète lointaine, disparaître, et oublier le tintamarre dans mon cerveau, le sons des cymbales, des tambours qui résonnent résonnent et me font devenir folle. Puis soudain, le silence... Juste le bruit de la porte derrière moi, mon souffle se coupe, le temps se suspend. Je rouvre les paupières, retiens un tremblement ... Pas de froid, non, de peur. J'ai l'impression d'être cet enfant qui a peur du monstre sous son lit. Son ombre omniprésente m'enveloppe toute entière. Lequel des Stan est le plus vrai ? Celui qui vient de se shooter et arrive avec son assurance légendaire ou celui que j'ai vu pleurer, suffoquer, trembler il y a si peu de temps ? Une veste se pose sur mes épaules, je me surprends à en inhaler l'odeur discrètement, gonflant mes poumons de ce parfum qui m'enflamme. La présence me réchauffe plus que le tissus.

Stan s'assied à côté de moi, je tourne à peine le visage vers lui, je ne suis pas sûre de pouvoir l'affronter, j'ai peur de ce que je pourrai lire dans son regard. Puis sa voix, celle que j'avais presque oubliée, surgit dans la nuit et son silence presque pesant :   « Pour ce que ça vaut, je suis désolé Poppy. Je vais arrêter cette merde. J’aurais jamais dû commencer. Je le sais. Je t’avais fait une promesse. Putain. Mais j’suis qu’un putain de connard. Je pensais être plus fort que tous les autres. J’étais sur que je pouvais tout contrôler, qu’une petite dose quand ça allait pas ça m’ferait pas de mal et je pourrais dire stop comme je veux… J’suis qu’un putain de connard arrogant. Je sais que tu ne me pardonneras jamais ça. Et c’est normal putain. » Ce n'est que le premier soir, et j'ai l'impression d'entendre ces mots pour la millième fois. Je soupire, tire une taffe de ma cigarette dans le plus complet des silences, je n'arrive pas à trouver les mots qu'il faut pour lui répondre. J'ai des questions, mais je sais que les réponses me feront souffrir davantage. J'ai peur de l'entendre, j'ai peur de savoir. « Je ne me le pardonne pas moi même. J’sais même pas quoi te dire Poppy… » La fumée s'échappant de nos deux bouches se croisent, crée des volutes dans le noir. Je mords ma lèvre inférieure, le coeur lourd, même si dans le fond je n'ai qu'une envie, le faire taire et me blottir dans ses bras, essayer de nier les cauchemars et faire semblant d'avoir tout oublié demain. Mais ce n'est pas possible malheureusement, je suis trop vraie pour faire semblant à ce point...    « Et… putain c’est ma faute. C’est moi qui ai fait entrer l’enfer dans notre petit havre de paix; Mais je te jure que je vais buter cet enculé qui a osé te toucher… » Je fronce les sourcils, jetant mon mégot dans le cendrier. Je m'apprête à rétorquer quand Stan m'attire dans ses bras, m'arrachant un gémissement de surprise. Pendant quelques secondes, mon corps ne forme qu'un roc dans ses bras, comme si je ne voulais pas me laisser aller, mais à son contact je ne peux que fondre, me liquéfier, perdre toute contenance, mes mains viennent s'agripper à son dos, je sens dans ses muscles cette tension factice, cette illusion de force. « Stan... » J'arrive à soupirer, enfouissant mon nez dans son cou, j'ai l'impression que même nos étreintes sont fausses à présent, je ne sais plus déceler le faux du vrai, la sincérité du mensonge, j'ai l'impression que tout ce que je connais de lui est irréel, que je suis enfermée dans les bras d'un inconnu. Son étreinte me soulage autant qu'elle me prise, et mon coeur qui suffoque, et mon coeur qui s'immole.   « Je refuse… quoi qu’il arrive, je peux pas être loin de toi bébé. Putain. Pardonne moi. Je t’en supplie Poppy. Pardonne moi. » Et mon coeur qui cesse de battre. Je n'ai plus aucune volonté à partir du moment où il m'a appelé « bébé », tout mon corps s'est embrasé, et finalement peut-être que j'ai bu plus que je ne l'imagine, que le bourbon fait d'avantage d'effet que je ne pouvais l'espérer.

Mon corps n'a plus de retenue, il agit sans l'attente de mon esprit, je lève le visage de Stan, mon regard croise le sien, je crois déceler la réponse, je crois le retrouver, là, dans le fond de ses pupilles, il est toujours là quelque part. Quand mes lèvres rencontrent les siennes pour la seconde fois de la journée, j'ai perdu toute notion de ce qui est bien ou mal, de ce que je dois ou ne dois pas faire. Mes mains encadrent son visage, mes paupière se ferment à demi, et il doit sans doute y avoir quelque chose de désespéré dans mon souffle qui se mêle au sien, dans ma poitrine qui se colle à son torse. Ce moment est à la fois ce que j'avais toujours rêvé et tant redouté. Mes bras entourent sa nuque comme pour le forcer à rester près de moi, profitant sans doute de l'effet de surprise que mon acte à sur lui. Jusqu'à ce que mon esprit cesse de de freezer que le puzzle se reconstitue, que les pensées affluent, que les flash me reviennent. Ses lèvres me brûlent à blanc, je me recule subitement, rompant tout contact avec lui, mes yeux s'accrochent aux siens un court instant avant que je ne secoue la tête et me relève précipitamment, les jambes endolories par la position précédente ainsi que par le froid. Mes coudes se posent sur la balustrade et je prends mon visage dans mes mains. « Putain, Stan, pourquoi je fais ça moi ? Je suis pas bien ... » Je lève la tête et soupire profondément, tentant de reprendre mes esprits. Je secoue légèrement la tête de gauche à droite avant de prendre mon courage à deux mains pour parler à nouveau : « ... Tu me chamboules trop. J'aurais jamais cru avoir à te dire ça un jour, mais je suis complètement larguée là. J'voudrais juste tout oublier, et être juste assez forte pour assumer avec toi, t'aider, tout ça... Ca me fait peur, Stan, et comme à chaque fois que je flippe, je fais n'importe quoi. » Je glisse mes mains dans mes cheveux pour les ramener en arrière en inspirant profondément l'air frais, histoire de me remettre les idées en place. Mes yeux se posent finalement sur Stan : « En tout cas, t'as pas intérêt à buter ce mec, si tu me fais un coup pareil, je te dégomme à coup de pelle, t'entends ? » Mon ton est très sérieux, et c'est sans doute parce que je le suis, je ne veux pas craindre à la fois qu'il finisse en prison et à la fois qu'il crève d'overdose, je ne peux pas être aussi forte. Maintenant que mon regard est dans le sien, je n'arrive plus à l'en décrocher, j'ai l'impression que cela fait six mois que je n'ai plus vu son visage, que l'on n'a plus passé un instant, juste un instant de bonheur insouciant lui et moi. Comment en est-on seulement arrivés là ?
 
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MessageSujet: Re: ft.stan - weight of love Sam 31 Mar - 23:14


stanislas & poppy

weight of love


Jamais au grand jamais je n’aurais cru que tout cela soit possible. Jamais j’aurais pensé que ça pourrait m’arriver. En réalité, je m’étais toujours éloigné des gens dans le seul but de ne pas souffrir et de ne pas faire souffrir. J’avais été élevé dans la souffrance et la douleur. Comment pourrais-je savoir ce qu’est l’amour, la douceur, la tendresse ? Toutes les relations que j’avais eu jusqu’à présent n’avaient menées à rien - surement parce que je faisais tout pour ne pas laisser les choses aller plus loin. Je faisais en sorte d’être le gros bâtard que je prétendais être. Je ne m’étais jamais attaché. Jusqu’à Poppy. Jusqu’à cette tornade blonde qui était entrée dans ma vie et qui avait littéralement tout fracassé sur son passage. Jamais je n’aurais cru possible que nous nous attachions tant l’un à l’autre. Jamais j’aurais cru qu’elle atteindrait aussi facilement mon coeur. Et pourtant, voilà où nous en étions. Elle et moi, seuls face à nos doutes, à nos souffrances sur ce minuscule balcon. Comment en étions-nous arrivés là ? La question n’était pas : comment en étions-nous venus à cette soirée catastrophique et comment j’avais fait pour en arriver à toucher la drogue. La drogue, je l’aurais touchée, quoi qu’il arrive au final. Non, la question était : comment avions-nous fait pour nous ruiner autant l’un l’autre ? Nous nous étions entrainés l’un l’autre dans nos tourments sans se rendre compte de ce qu’il se passerait. En réalité, c’était surtout moi qui étais en train de gâcher la vie de Poppy. Mais dans mon égoïsme le plus total, je m’en foutais parce que tout ce que je voulais dans ma vie, c’était elle. Ouais. Peut-être que je ne veux pas l’avouer mais elle compte beaucoup plus qu’elle ne le devrait.

Et nous voilà à nouveau face à face. Moi, à lui compter à quel point elle est importante dans ma vie. A la supplier de me pardonner pour ce que j’ai fait. Même si je sais pertinemment qu’elle m’en voudra et que le pardon ne sera pas aisé pour elle. Tout de même, je me trouve bien chanceux de l’avoir encore à mes côtés. Combien de fois aurait-elle pu claquer la porte et me dire « Ciao » ce soir ? Pourtant, Poppy, mon rayon de soleil, est toujours là pour veiller sur mes nuits.

Je m’attends à ce qu’elle me crache sa haine au visage, mais au lieu de ça, elle attrape ma tête, se rapproche de moi pour finalement coller ses lèvres aux miennes. Je suis totalement pris au dépourvu. Je n’avais clairement pas vu ce nouveau baiser arriver, et celui-ci n’est pas de mon fait. Je ne sais plus comment réagir. Est-ce bien réel ? Ouais, je suis absolument sur que je ne déconne pas. Je la sens contre moi, son corps qui tente de se blottir contre le mien, comme si elle ne voulait faire plus qu’un avec moi. Finalement, mes mains enserrent sa taille fermement pour la maintenir à sa place : contre mon torse. Ses bras enserrent ma nuque, m’obligeant à me pencher en avant, nos lèvres sont soudées les unes aux autres. Je ne respire plus l’air, seulement son parfum envoûtant. Je suis un pantin entre ses mains. Je me laisse aller à ce dont j’ai toujours rêvé. Mais c’est comme si ce n’était pas bien. Comme si nous ne devions pas faire ça, surtout après la nuit que nous venons de passer. Et ce n’est pas que j’en ai pas envie. Non loin de là. Je suis tout à fait incapable de me désolidariser de Poppy, de sa chaleur, de son goût. Je m’imprègne, car je sais que tout ceci n’est qu’un one-shot. Poppy ne veut pas de moi comme ça dans sa vie. Je la briserais. C’est sur. C’est comme si je ressens soudain ce que Poppy ressent à l’instant T. Elle se rend compte de ce qu’elle fait, de ce que nous faisons. Son corps se raidit et en quelques secondes elle est loin de moi, le visage horrifié. Comme un ressort, elle se relève et s’approche de la rambarde. Je fronce les sourcils violemment, à m’en faire mal au crâne. Je la répugne donc à ce point ? Mais je savais qu’elle faisait une connerie. Le premier baiser, je l’assume pleinement. Mais là, Poppy semble clairement regretter ce qu’elle vient de faire. Pas moi. Ou peut-être que si… J’en sais rien. Elle me retourne le cerveau comme on retourne une omelette dans une poêle. « Putain, Stan, pourquoi je fais ça moi ? Je suis pas bien ... » Je ne réponds pas. Que répondre à ça d’ailleurs.

Je me lèche les lèvres comme pour récupérer chaque particule de Poppy qui trainent encore sur moi. Son parfum m’emplit encore les narines. Je baisse les yeux, je bande déjà comme un taré. C’est moi qui ne suis pas bien. Encore une promesse de brisée. Je m’étais juré que jamais ça ne déraperait comme ça avec Poppy. Le sexe et les sentiments dans ce genre, ça casse tout et putain, j’ai pas envie de la perdre, ma Poppy. Mes yeux fixent ma clope quasi terminée qui a chuté au sol lorsque mes mains ont attrapé la taille, si fine, si parfaite, de Poppy. Je secoue légèrement la tête, passe une main dans mes cheveux en bataille puis sur mon visage toute en attrapant une nouvelle clope. Faut que je me focus sur autre chose. Le problème avec la coke, c’est qu’après je bloque sur les trucs qui me touchent, qui me travaillent et là, c’est Poppy qui occupe toutes mes pensées. Je porte ma clope à ma bouche et l’allume. Allez. Reprend toi gamin ! « ... Tu me chamboules trop. J'aurais jamais cru avoir à te dire ça un jour, mais je suis complètement larguée là. J'voudrais juste tout oublier, et être juste assez forte pour assumer avec toi, t'aider, tout ça... Ca me fait peur, Stan, et comme à chaque fois que je flippe, je fais n'importe quoi. » Je me pince l’arrête du nez, toujours sans la regarder. Ses mots me heurtent plus que je ne le voudrais. « Je fais n’importe quoi. » Je savais pertinemment que ce n’était pas ce qu’elle voulait pour nous deux. Qu’elle n’a jamais songé à ça. Et putain, ça me fait chier de l’avouer, mais moi j’y ai beaucoup trop pensé… Je relève finalement les yeux vers elle et tire une longue taff sur ma clope en calant ma tête contre le mur. « En tout cas, t'as pas intérêt à buter ce mec, si tu me fais un coup pareil, je te dégomme à coup de pelle, t'entends ?  Je ricane légèrement avant de tirer une nouvelle fois sur ma cigarette, fixant toujours Poppy, surveillant chacun de ses gestes.  « J’suis largué aussi Poppy. Et ce putain d’enculé, même les coups de pelle n’y feront rien, je vais l’éviscérer pour ce qu’il a osé te faire. » je lui dis, les mâchoires serrées en me relevant pour m’approcher d’elle avant de faire glisser mes doigts sur la peau dorée de sa joue.  « On ne touche pas à celle qui me permet de respirer… » dis-je d’une voix rauque avant de détourner le regard pour contempler les milliers de lumières allumées dans la nuit. Je termine ma clope et l’envoie valser dans le vide avant de fixer à nouveau Poppy. Je lui attrape la main avant de lui dire :  « Cette soirée a été fatigante… vaut mieux qu’on aille dormir maintenant. » Je l’entraine à ma suite dans l’appartement, ferme la porte fenêtre derrière nous puis l’emmène jusque devant la porte de la chambre.  « Bonne nuit Poppy. » Elle a besoin de repos, elle a besoin que je m’éloigne d’elle, au moins pour la nuit, que je la laisse tranquille, que je la laisse respirer normalement. Doucement, j’attrape l’arrière de sa tête et plaque mes lèvres sur son front avant de me reculer et de me détourner pour entrer dans ma chambre. Je suis vidé. Je n’ai plus aucunes forces… Je n’ai plus l’impression d’être le même homme que ce matin et encore moins le même qu’il y a quelques heures. Est-ce-que tout ceci était bien réel au final ?
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ft.stan - weight of love

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