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 & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings)

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MessageSujet: & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings) Jeu 22 Fév - 23:27


samuel & iris

& subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ?


Indescriptible, est cette joie qui submerge l’ampleur de l’organe localisé dans ma cage thoracique. Ces battements sont si intenses, si violents. Violent, dans la plus belle des formes. L’impatience, les minutes qui ne passent plus à vitesse éclair, trahissent leur rituel du temps. Le temps me rit au nez, c’est un calvaire, le supplice dans toute sa splendeur. Curieuse de connaître le nombre exact de battements où mon cœur éparpillé en grains de sable donne des signes de vie, curieuse de savoir s’il en atteint sa limite, atteignant possiblement l’impossible et l’incroyable. Ce cœur, aujourd’hui, rassemble ses imperceptibles morceaux, uniquement visibles au microscope d’ordinaire, pour un seul être. Un petit être, qui en devient un grand, au fil du trajet de sa si précieuse vie. Fatalement, c’est l’une des âmes à la fois capable de me ramener parmi les vivants, à la fois, fatalement ? Ce petit garçon, à le pouvoir de me réduire au néant, simplement de sa présence, de sa voix, de son existence, désormais, la pensée de nous réunir en ce jour ; cet organe, que je méprise avec tant de force, respire le plus sublime des bonheurs ; que je pourrais en mourir. Et pour une des rares fois où cela arrive, ô que cette éventualité m’est dérangeante, ô elle est inconcevable.

Pas maintenant. Pas aujourd’hui. Pas quand il est là, pas quand je peux le prendre dans mes bras, pas quand je peux rire à ses côtés. Pas quand mon rôle perdu de maman à l’opportunité de ressusciter.
Même un court laps de temps.


14h. Trois longues heures d’attente avant de poser les yeux, sur ce visage qui m’a portée durant des années, l’un des trois hommes de ma vie. Il n’est pas ma chair, il n’est pas mon sang, il est plus important qu’un ADN, il signifie infiniment plus. Partageant cependant, le sang de ma chair et mon sang, celui de sa petite sœur. Mes deux amours. Ma princesse me manque, c’est… Indéfinissable, combien elle me manque, inimaginable, combien la souffrance de son absence est béante. Mais mon petit prince, lui, ses poumons sont encore remplis de souffle, de vivacité. Son âme est colorée, tel un arc-en-ciel, tandis que l’esprit de sa meilleure amie est à jamais dans l’obscurité. J’espère avoir tort, je veux croire en la potentialité d’une lumière en elle qui se vaut éternel.

& les heures sont interminables. Comme un purgatoire, avant de finalement pouvoir rejoindre le paradis.
Dans les bras de l’enfant, que j’ai toujours considéré comme mon fils.
Avant de retourner en enfer, là où ma fille est à jamais hors d’atteinte.


Pourtant, terrifiée, je suis. L’idée qu’il puisse rejeter mon amour. Qu’il puisse ressentir la moindre once de tristesse à mon contact, parce qu’il sait, dans mon regard ; que ce n’est plus moi. Qu’il puisse m’en vouloir, de ne plus être là. De ne plus être un centre marquant dans la vie de son père. & dans cette hypothèse, comment pourrais-je ne pas le comprendre ? Cette frayeur est robuste, et non récente. Chaque fois, que nos rires se rencontrent à nouveau, mes craintes s’envole vers mes deux étoiles. Alors je prie, sans être croyante ; pour qu’elles s’envolent une nouvelle fois.

Les étoiles sont censées briller, non ? Peut-être, après tout, qu’Elsa ne s’est pas nuancé de noir.
& en revenant, je voudrais rejoindre ma famille dans ce second univers, mais ce ne serait qu’un acte de cruauté envers Théo.
Qui paie, autant que nous.


Incapable de ralentir, je ne connais que l’accélération. Mes pieds, hors de contrôle. Notre demeure, est si proche de celle de Glenn & Kitty. Je suis si proche d’eux. De lui. De lui… J’ignore, s’il vit avec eux, j’ignore s’il y a passé la nuit. J’ignore la totalité. L’homme avec qui nous partagions autrefois nos secrets les plus confidentiels, je ne sais plus rien de lui. & je ne mérite pas de connaître quoi que ce soit de lui. Je ne mérite plus rien de lui. La seule information entre mes mains, et qu’il n’est pas chez ses parents. Nous sommes tombés de si haut, et la fois de si bat. Sans qu’il n’y aucune balance, pas la moindre stabilité.

Cette battisse que j’aime si fort, ces gens que j’aime comme des parents. Au final, je n’étais jamais seule, c’est sans doute la raison pour laquelle d’une certaine façon, j’ai su être heureuse malgré la perte de papa. Ils ont toujours était par-dessus mon épaule. Par-dessus notre épaule. Puis Elsa s’en est allé. Samuel, Théo et moi ne sommes pas les seuls à pleurer. Mon enveloppe corporelle, le sourire accroché à mon visage, un sourire excessif et presque éclatant ; celui qui te donnerait des rides. Devant la porte, mon cœur ne cesse sa course, tandis que mon index trouve la sonnette. Je tente, tant bien que mal de discerner des paroles ou des rires, en vain. Depuis le temps, le petit Théodore a passé l’âge de courir comme un hyperactif en direction de la porte en sachant que sa marraine se trouve derrière celle-ci. La porte s’ouvre, oh mon… J’ai l’impression d’être vivante. Je soupire, puis mon sourire ne fait que s’agrandir lorsque la poignée chante, et s’entrouvre.

& je tombe, en restant debout.

La fondue d’expression se dessine, le sourire laisse place à l’ébranlement. L’organe localisé dans ma cage thoracique loupe ses battements. Tétanisée, je deviens. La personne devant moi, n’est pas Théo.
Je perds ma capacité vocale. Mon estomac se noue. Que dire.
« Sam. » Murmurais-je dans ma moue d’un volume moindre qu’il n’a sûrement pas détecté.
Samuel.
Samuel …

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Dernière édition par S. Iris Pevensie-King le Sam 3 Mar - 21:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings) Lun 26 Fév - 12:36


samuel & iris

& subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ?


Tu aurais peut-être dû le voir, leur sourire en coin ; mais encore une fois, tu n’avais d’yeux que pour ton fils. Tu agitais devant lui un billet glissé entre tes doigts, un sourire de défi collé aux lèvres. « Pour la dernière fois, qu’est-ce que tu n’as pas le droit de faire, avec le pop corn ? » Théo poussa un soupir faussement agacé ; « Le coller dans les narines de papy ? » Tu retins un rire ; tu étais quand même censé être l’adulte, entre vous deux. « Aussi… Mais surtout ? » Nouveau soupir, aussitôt trahi par un sourire amusé, auquel manquait une dent. Petite souris était passée dans la nuit. « De ne pas jeter du pop corn sur les gens, même s’ils parlent pendant le film. » Satisfait, tu le laissas prendre le billet en le décoiffant affectueusement, avant de te tourner vers tes parents. « Amusez-vous bien, alors. Vous me raconterez. » Tu aurais aimé venir aussi, pour être honnête ; mais ton père t’avait laissé une liste longue comme le bras de petits travaux à faire dans la maison. Tu n’étais là que pour le week-end, tu n’aurais pas le temps de les faire à un autre moment, alors… c’était ainsi. Mais peu importait, tu étais content d’aider. Tu étais content tout court. Pour une fois, tu n’avais pas le ventre noué ; l’air qui nourrissait tes poumons ne te semblait pas douloureux ; le trou au creux de ta poitrine ne te consumait plus. C’était Théodore qui avait cet effet-là sur toi, et ça faisait un bien indescriptible.

L’évier de la cuisine était débouché, la barre d’appui dans les toilettes et au-dessus de la baignoire étaient fixées… Il ne restait plus qu’à installer le nouveau robinet dans la salle de bain, et tu avais fini.
Tu retiras ton alliance pour ne pas la la rayer, la posant délicatement sur le bord de la vasque. Précautions inutiles, presque risibles, vu ce qu’il était arrivé au mariage symbolisé par cet anneau argenté. La plupart des gens ne comprenaient même pas que tu le gardes. Pourtant pour toi, le contraire aurait été inimaginable. Tu n’arrivais pas à te faire à l’absence de Sofia, à l’absence d’Elsa, à l’absence de Sirius, de toutes ces adorables bestioles que tu avais considéré comme ta famille... Tu ne te sentais simplement pas prêt à te faire à une nouvelle absence, même aussi superficielle qu’un anneau enlaçant ton doigt.
Tu te glissais sous l’évier, tâchant de désserrer l’écrou rouillé du premier robinet ; puis, soudainement, une sonnerie te fit sursauter, te faisant de cogner à l’intérieur du meuble. « Merde... » Tu ressortais du placard, abandonnant là tes outils, t’approchant de l’entrée avec appréhension.
Cette dernière était stupide. Tes parents étaient des personnes appréciées, il y avait fort à parier qu’il s’agissait seulement d’un voisin amenant le journal, d’un membre de l’église venant prendre des nouvelles. Et pourtant, l’idée que cela puisse être les gendarmes venus t’annoncer un accident était la première à t’être passée dans l’esprit, te submergeant de terreur. Les probabilités étaient faibles, c’était ce que n’importe qui dirait pour te rassurer. Seulement, n’importe qui n’a pas perdu sa fille dans un accident de voiture. N’importe qui n’a pas reçu l’appel le plus terrible au monde. Les probabilités pouvaient être faibles, cela ne signifiait pas pour autant que la chance était de ton côté - tu avais appris cette leçon de la pire des façons.
Inspirant, tu tournais lentement la poignée.
Et puis, tu ouvris complètement la porte, révélant la personne qui attendait sur le palier.
Sofia.
Ta Sofia.
Tu eus juste le temps de voir son sourire se fâner, ses yeux perdre de son éclat ; et tu restais planté là, comme un con, incapable de comprendre.
Théo était au cinéma - la venue de Sofia n’avait donc aucun sens. Elle était en contact avec Kitty, elle l’aurait su, que tu étais là, que son filleul ne l’était pas… Alors pourquoi ?
Ton regard glissait sur ses traits fins, pendant que ton cœur se mourait encore un peu. Tu avais l’impression qu’elle s’était amincie, que sa peau avait perdu de son éclat, et pourtant, pourtant, elle était toujours d’une beauté à couper le souffle.
Tu reculais alors d'un pas, l'invitant silencieusement à entrer. Elle ne pouvait pas être là pour Théo, cela ne laissait plus qu'une raison dans ton esprit : elle était là pour toi.


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MessageSujet: Re: & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings) Lun 5 Mar - 21:56


samuel & iris

& subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ?


Depuis deux longues années maintenant, j’ai une tendance à découvrir à plusieurs diverses occasions la paralysie. Pas l’harmonieuse paralysie, la fabuleuse surprise où au moment où mes muscles prennent à nouveau le dessus sur celle-ci, mon corps reste de marbre sur ses jambes tandis que mon moi intérieur se défige en une joie proche de l’euphorie, non, ce moment, je ne l’ai vécu une seule fois dans ma vie, et sans le savoir, ce jour-ci n’était que le début du reste de notre vie, celui qui définirait l’avenir sans notre fille. Depuis, à la place et constamment, j’aspire à l’infecte paralysie, l’épouvantable sensation qu’elle procure à mon cadavre vivant, physique et psychologique. Les tripes dont je suis la propriétaire s’en arracheraient, tellement ça fait mal.

Cette fois-ci, elle est différente. Je ne l’ai jamais expérience, je ne sais comment réagir. Je ne peux réagir. Comment tenir debout, rappelez-le moi, car je ne sais plus tenir sur moi-même. Seule, une force dont j’ai conscience, mais zéro contrôle travail sur ma gravité, même si mon corps voudrait volontiers s’unir avec le sol. Comment puis-je subsister droite comme un pique ?
Devant lui.

Les traits du visage s’esquissant, face à moi, perturbe ma respiration, et m’envoie dans une bulle sans oxygène. Là où mes cordes vocales n’ont plus la moindre fonction. Je jurerai que mon crâne frissonne, et que ce frisson poursuit sa mission dans mes bras, mon ventre, mes jambes. Je pourrais m’écrouler tant les émotions qui m’envahissent sont lunatique, mais pourquoi je ne m’écroule pas ?

Des milliers de papillons de papillons font leur nid dans mon estomac, semblable à un doux nœud de souffrance et d’amour et à un coup de poignard dans le cœur qui se propage dans ce nid.
& d’une conclusion, mon esprit est assommé.
Une conclusion que j’ai toujours su reconnaître, mais qui s’affirme une nouvelle fois ; Bonheur ou malheur, l’amour fait mal. L’amour fait terriblement mal.
&, c’est ça qui est bon.

Je perds vaguement le souvenir de la raison pour laquelle je suis venu ici en premier lieu. Forcément, il serait chez ses parents, à quoi pensais-je ?

Les éléments exacts rejoignent ma mémoire.
Premier réflexe, quelle heure est-il ? Me suis-je trompée de jour ? Ou alors, Kitty a-t-elle changé les plans avant que je ne puisse en être avertie ? Peut-être mon portable à coupé, ou sans doute l’ai-je oublié à la maison, ou perdu. Tellement de possibilités. L’heure, j’ai besoin de voir l’heure, mais mes yeux sont incapables de quitter le regard bleu de l’homme de ma vie.

Ses yeux bleus. La façon dont ses traits se dessinent. Ses cheveux et sa barbe bouclés que j’aime tant. Son cou qui autrefois à connu mes montagnes de baisers. Cette si grande taille, et ce corps athlétique qui reste à ce jour mon refuge sécurisé. Ses bras, je meurs à l’idée qu’ils puissent m’entourer à nouveau. Je le savais déjà depuis ces longs mois, tous ces détails m’ont manqué. Il m’a manqué.
L’homme que j’aime par-dessus tout. L’homme qui me comprend, me complète. L’autre moitié de mon cœur mort.

Mon cœur explose.
Pas un mot ne traverse ses si ravissantes lèvres. Les miennes non plus. Sans un mot, il m’invite à l’intérieur, et pour la première fois depuis que nos regards se sont recroisés, ils se séparent.
Me réunissant à nouveau avec le vide.

L’horloge. Treize heures et cinquante-six minutes. Est-ce quatre minutes trop tôt ? L’évidence et la logique m’agressent d’un coup net ; mon après-midi avec Théo n’était que du vent, il désire se retrouver avec moi.
Quoi faire. Quoi dire. Je l’ai laissé partir, pour lui, pour son bien. Au détriment du mien. Les mots que je lui ai adressés il y a un an et demi, était pour moi les derniers que j’avais pour lui. Alors, je suis censée dire quoi ?
Comment vas-tu ? Je connais la réponse. Ou peut-être que je ne veux pas la connaître. J’ai peur de savoir qu’il va mieux, qu’il est heureux à Auckland avec une autre. Je ne veux pas savoir. Je ne supporterais pas.
L’ignorer, et prendre des nouvelles de Théo, et ainsi passer pour une peste.

Je reste silencieuse, appréhendant ce qui pourrait sortir de ma bouche. Mes pas me menant ici et là, ne payant pas attention à combien de temps s’écoulent. Sans m’en rendre compte. « Je. » Coupure instantanée. La force n’est pas présente en moi actuellement, pourtant. « Je suis heureuse de te voir. »

Tu m’as tellement manquée, mon amour. J’aimerais pouvoir te le dire.
J’aimerais ne pas être en guerre contre moi-même, pour ne pas réunir mes lèvres avec les tiennes.
J’aimerais te dire que je t’aime.


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MessageSujet: Re: & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings) Sam 10 Mar - 19:33


samuel & iris

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Le trou dans ta poitrine se remit à brûler, consumant ton être tout entier.
Qu’il était douloureux de se trouver face à la personne que tu connaissais le mieux et de réaliser que vous n’étiez devenus que deux étrangers. Vos doigts semblaient toujours faits pour s’enlacer, vos lèvres pour se retrouver, vos souffles pour se mêler, et pourtant…
Pourtant.
Il fallait s’y faire. Tu avais essayé de t’y faire.
Mais il fallait croire qu’il n’y avait pas que le deuil de votre fille, qu’il t’était impossible de faire. Les morts n’avaient peut-être pas l’apanage du chagrin et de l’absence insurmontables, finalement.

Tu l’invitais sans un mot à te suivre dans la cuisine, à y prendre place. C'était comme si le temps s'était figé, dans la petite pièce. Rien n'avait changé depuis des années. Pas même la beauté lumineuse qui y rayonnait en présence de Sofia.
« Est-ce que tu veux du thé ? » Tes parents t’avaient éduqué ainsi ; tu ne savais pas accueillir un nouveau venu sans proposer à boire. Qu’il soit invité ou pas. Qu’il soit quelqu’un pour lequel tu pouvais encore te permettre de montrer de l’affection… Ou pas. Cela ne pouvait de toute façon te faire que du bien, à toi aussi. La chaleur de l’été s’éloignait déjà, laissant vos corps à moitié morts refroidir doucement. Se fiant au mouvement de son doux visage pour toute réponse, tu allumais la bouilloire avant de te tourner vers elle, à court de souffle. A court de mots.

Sa présence inattendue t’angoissait tout autant qu’elle te réjouissait. Tu avais cessé d’espérer sa venue depuis longtemps. Trop longtemps. Tu ne comprenais pas pourquoi elle venait te voir maintenant, après plus d’un an d’un silence insupportable.
Peut-être que tu lui manquais aussi. Peut-être qu’elle voulait recoller les morceaux de vos deux coeurs brisés.
Ou peut-être… Oui, peut-être qu’elle était là pour t’achever. Peut-être qu’elle était là pour mettre fin à la promesse qu’abritait l’anneau absent de ton doigt. Divorcer.
Cette pensée te pénétra, lourde et froide, perçant ta chair comme la lame d’un couteau. Les miettes de ton coeur s’emballèrent au creu de ta poitrine, refusant farouchement cette idée. Non. Tu ne voulais pas. Tu y pensais de plus en plus souvent, c’était vrai, tu ne pouvais pas te le cacher ; mais tu refusais que ce soit elle qui le demande. Elle avait déjà mis fin à votre relation, elle avait déjà arraché ce qui restait de ton coeur froid. Quinze années d’une amitié indestructible, réduites en poussière au moment où tu pensais que ton monde ne pouvait plus s’effondrer d’avantage. Où tu pensais que rien de pire ne pourrait jamais t’atteindre. Elle en avait assez fait - elle ne pouvait pas recommencer. S’il fallait que quelqu’un dans cette pièce brise le coeur de l’autre, ce serait toi. Ton égo blessé te le soufflait avec force, c’était légitime : tu avais gagné ce droit.

Le silence fut brisé par sa voix; cette voix qui t’avais tant manqué. Si le souvenir de chacun de ses traits, de chaque pigment habitant ses pupilles, de chaque moments passés ensemble t’avaient hantés, ce son avait lentement échappé à tes souvenirs. La voix avait toujours été ce qui tombait dans l’oubli le plus vite.
Pourtant, à l’instant même où elle caressa tes oreilles, l’impression de la connaître par coeur te berça, comme si tu n’en avais jamais été privé.
Je suis heureuse de te voir.
Ton stupide coeur se réchauffait à ces mots. Pourtant, ils ne faisaient que te rendre plus méfiants. Cela ressemblait un peu trop à la pommade qu’on passait quand on s’apprêtait à faire du mal ; alors, tu décidais de prendre les devants. « Ça fait un an et dix mois, Sofia. Si tu as quelque chose à me dire, aie au moins la décence de ne pas tourner encore autour du pot, s’il te plait. »



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MessageSujet: Re: & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings) Dim 8 Avr - 22:10


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La poitrine qui tambourine promptement, l’organe situé dans la partie centrale de mon être reprend du service, me rendant finalement, et après tant de doute obstinant ; vivante. Vivante de douleur et de regrets. Ces martellements, cherchant à sortir de moi sont désolants ; parce qu’au pied du mur, la confirmation d’être une grande imbécile me frappe en pleine poire. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. J’ai laissée glisser entre mes doigts ma seule chance à une vie plus soutenable que celle que je subis jour après jour depuis la stupide décision que j’ai prise, consistant à perdre le peu d’allégresse restante. En imposant à mon séduisant et irrésistible acolyte un choix dans lequel le crayon écrivant les lignes de notre histoire n’irait pas eu delà des quinze années qu’il a écrit. L’ouïe qui m’est assignée ayant refusé d’assimiler ses paroles, l’opiniâtre de mon caractère à sa hâte.

☆ ☆ ☆

& soudainement, alors que ma dépouille se met en marche ; la distance se dessine entre nous.
& entre l’instant où nos yeux se croisent pour la dernière fois, où j’entends sa voix rauque pour la dernière fois… L’instant où je disparais, l’instant où je l’abandonne.
Il n’y a pas une nuit, pas un jour où je ne cesse de rêver une scène alternative. Faire marche arrière pour m’avancer en sa direction, prendre son visage dans la paume de mes mains, de me noyer dans son océan de bleu et de tout simplement lui dire…


Je t’aime.


☆ ☆ ☆

Je n’ai jamais planifié un contexte où je me retrouverais face à lui depuis ce mois de mai de deux mille seize. Parce que j’ai honte. Honte de ne pas avoir su me battre pour ce que je n’avais aucunement à perdre, honte d’avoir tendu la perche d’une fin aux deux personnes qui pouvaient toujours illuminer ce monde devenu ténébreux. Je me suis enfoncée à coup de massue dans le trou béant de mon existence, agrandissant le vide que la disparition d’Elsa avait rempli. Tout est de ma faute, et je n’ai qu’à assumer mes actes. J’assume, et j’assumerai quoi qu’il advienne. Parce que c’était un acte d’amour pour Samuel, qui, je savais pertinemment que je ne pourrais plus rendre heureux. Malgré cette peine immense et toutes les remises en question de ces derniers mois, je ne regretterai jamais de l’avoir libéré d’une dépressive qui n’aspire plus qu’au pessimisme et à l’obscurité.

Parce que je l’aime.
Quitte à passer le restant de ma piètre vie malheureuse.


Par conséquent, alors que ma poitrine tambourine à la perception de la présence de mon mari, je n’ai nul droit de fuser vers lui pour connecter mes lèvres aux siennes. Le goût de ses lèvres, une saveur qui me manque et qui présentement m’attire comme un aimant. La magnétique entame un combat avec moi, et mon estomac se tord. Je veux craquer, je veux m’abandonner à lui.

« Est-ce que tu veux du thé ? » … c’est ainsi, que mon cœur fut transpercé par sept simples petits mots. Sa voix, sa façon de prononcer les mots fait mal. Parce que ce n’est plus comme avant. Il ne s’adresse plus à moi comme autrefois. Le ton de sa voix ne m’est plus spécialement dédié comme il a était fut une époque. Néanmoins, c’est le son le plus sublime qui est résonné dans tout mon être depuis longtemps. De part ces sept mots, il me laisse en compagnie d’une chair de poule, qu’il a toujours facilement su faire apparaître et faire éprouver. Comme une andouille, j’attends impatiemment de me droguer de ses paroles à devenir. Mais contrairement à lui, je suis une lâche, ma tête acquiesce à sa proposition pourtant incertaine de bel et bien vouloir de ce thé, tandis qu’il guette une réponse de ma part. Mitigée entre joindre mon regard avec le sien ou bien de baisser les yeux.

Le mystère de sa présence et de la mienne dans une pièce similaire subsiste. Pour quelle raison, nous trouvons nous ici ? Ce que je sais, c’est qu’il n’était pas prévu que nos corps se retrouvent à moins de trois mètres l’un de l’autre. Bordel… Quel est ce bordel ? Le silence est une torture, cet homme a passé quinze ans à m’achever de son parfum et son piège cruel hors de son contrôle poursuit sa route à mon encontre.

& puis je me déclare. La sincérité m’habitant.

La réponse qui suit est une association de surprise et de présage. D’un coup, il me brise en mille, ce qui est légitime… Le timbre de sa voix de nature froide, et de parcelle de fierté me perce. Comme si mon mari était déjà bien loin de notre mariage. Blessée et susceptible, je ravale ma salive en ne quittant plus la trajectoire de l’homme que j’aime. Je ne sais quoi répondre, j’ai un tas de choses à lui dire, mais inapproprié dans les circonstances actuelles de nos rapports. Je revisite chaque recoin de son aspect, mémorisant ce qu’il est en me fichant des secondes qui passent et s’il me surprend, consciente que ce moment n’est pas éternel. Mon regard tombe sur ses mains, sa main. À la curieuse recherche de cet anneau que je lui ai passé au doigt quatre jours avant que tout bascule. Symbole… De nous, de notre amour. Bien que désormais endommagé.

& une seconde fois ; je tombe en restant debout.
Mon mari est loin.
& et je dois le laisser poursuivre son chemin.
Même si je ne suis plus dessus.


« Je n’ai rien à te dire, Samuel. » La maîtrise de soie à la dérive. Un mensonge, comme le dirait Indiana. Je suis une menteuse, un avantage d’être comédienne, mais je pense chaque syllabe venant de sortir de ma bouche. «Je suis venue pour venir chercher Théo, j’étais censée passer la journée avec lui. Il est là ? » Demandais-je, à la limite du glaciale, à mon ex en lui tournant le dos, son doigt nu étant une giroflée en plein cœur.


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MessageSujet: Re: & subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings) Lun 23 Avr - 12:15


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Ton regard s’accrocha au sien, s'agrippa à ses lèvres, pendant que ton coeur remontait le long de ta gorge. Tu avais peur. Tu ne ressentais plus grand chose ces derniers mois - ces dernières années - mais cette fois, tu ressentais nettement cette trouille qui te tordait le ventre alors que tu imaginais déjà le pire. Tu pensais les connaitre, les mots qui s’apprêtaient à franchir ses douces lèvres. Je veux divorcer. Trois mots qui viendraient déchirer une nouvelle fois ton coeur déjà asséché, qui viendraient mettre un point final incompréhensible et presque risible aux quinze plus belles années de ta vie. Tu refusais de les entendre, mais c’était inévitable. Bientôt deux ans que son corps ne réchauffait plus tes draps, que son âme n’éclairait plus la tienne. Vous n’étiez plus des enfants, il était temps que l’un de vous deux se rende à l’évidence : vos vies continueraient malgré le drame, oui - mais plus jamais ensemble.

Tu n’arrivais plus à prendre ton souffle. Jusqu’à ce que ses mots percent ta peau comme une balle, à la fois destructrice et salvatrice.
Rien à te dire. La surprise troubla ton regard, pendant que tu redressais la bouilloire pour ne pas te brûler. Rien à te dire. Pas de demande de divorce, donc. Mais pas de réconciliation non plus. Alors, que faisait-elle là, devant toi ? Pourquoi son fantôme gracile venait-il te hanter dans la maison de ton enfance, de tes parents ?
Mais tes questions trouvèrent vite une réponse entre ses lèvres, et tu la dévisageas un instant, perdu. « Théo ? » Tu répétais le prénom de ton fils, hébété, et la sensation de ces deux syllabes sur ta langue te ramena lentement sur terre. Bien sûr, qu’elle était venue pour Théo. Il n’était pas seulement le seul être à te maintenir en vie ; il était le seul être à maintenir à Sofia une vraie place dans la famille. Théo - et l’affection que lui portaient tes parents. « Non, il n’est pas là. » Tes sourcils s’étaient froncés, laissant apparaître des rides naissantes. Elles étaient apparues après la mort d’Elsa, comme si le chagrin, la terreur, le désespoir étaient allés plus loin que dévaster ton être de l’intérieur - laissant des cicatrices sur tous les aspects de ton être. Tu t’en fichais. Ton apparence était bien la dernière chose à te préoccuper, depuis le drame.
C’était étrange. Sofia convenait toujours de ses venues avec Kitty. Elle n’aurait pas pu oublier - les années passaient, mais la mémoire de ta mère restait aussi aiguisée qu’elle l’avait toujours été. Alors, pourquoi ?

Soudain, un rire s’évada d’entre tes lèvres.

Ton cerveau venait enfin de réunir les pièces. Tu aurais dû te douter de quelque chose, en voyant ce sourire malicieux s’accrocher aux visages burinés de tes parents. Tu aurais dû trouver ça suspect, que ton père ait insisté autant pour que tu fasses des travaux dans la maison, lui qui ne te laissait jamais aider pour quoi que ce soit. Tes parents étaient gentils - presque trop purs pour ce monde. Dans leur esprit, donner un faux rendez-vous à Iris à un moment où ils te sauraient à la maison avait dû sembler une bonne idée. Vous retrouver et vous réconcilier, voilà comment ils avaient probablement imaginé cet instant.
Avaient-ils prévus la façon dont ton coeur abîmé se tordrait de douleur, lacéré de souvenirs, en revoyant la femme de ta vie près de toi au moment où tu t’y attendais le moins ?
Probablement pas - presque trop purs pour ce monde.

Ta main glissa un instant sur ta barbe naissante, cherchant le réconfort de ta propre peau sous tes doigts. « Kitty et Glenn l’ont emmené au cinéma. » Pour une raison qui t’échappais, tu ne trahis pas la ruse de tes parents. Elle le comprendrait peut-être toute seule - elle les connaissait presque aussi bien que toi. D’une certaine façon ils avaient été ses parents aussi, après tout. Ils avaient pris ce rôle quand le destin avait arraché à l’adolescente ce qu’elle avait eu de plus précieux, et ne l’avaient jamais abandonné.
Tu la sondais un instant avant de reporter ton attention sur la bouilloire entre tes doigts. « Ça fait plus de deux heures qu’ils sont partis, ils ne devraient plus tarder à rentrer, si tu veux attendre ici. » Cette fois-ci, c’était toi qui mentais - en quelques sortes. Si tes parents avaient organisé tout ça, tu doutais qu’ils rentrent si tôt. Vous aviez du temps à rattraper et ils le savaient.
Tu versais le thé avant de faire glisser sa tasse vers elle, le coeur battant. Sa présence t’arrachait le coeur ; et pourtant, celui-ci s’embrasait de l’espoir qu’elle reste encore un peu.


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& subitement, cette âme qui t’as portée dans tes moments nuancés de noirs, de gris et de blancs, devient étrangère. L'est-elle réellement ? (Kings)

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