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 Quiet mind (Roselas)

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MessageSujet: Quiet mind (Roselas) Dim 1 Avr - 20:20


Rose & Nickolas

Quiet mind


Sa vie avait changé et pas seulement la sienne. Voilà maintenant une bonne semaine que Rose vivait avec lui. C'était nouveau. Un peu étrange pour tous les deux au début. Mais personnellement, il se sentait vraiment très bien. Il appréciait avoir la jeune femme avec lui, la voir chaque jour, même s'il continuait à travailler. Il avait pas mal aménager son temps afin de pouvoir bosser chez lui. Alors il passait du temps avec Rose. Il lui faisait la lecture des livres qu'il appréciait. Il lui parlait des nouveaux auteurs. Parfois il jouait un peu de guitare quand la jeune femme en avait envie. C'était donc une tout autre routine qui s'était installée pour lui, pour eux. Mais une routine qu'il appréciait. Il voyait déjà les changements chez la jeune femme. Elle était beaucoup plus détendue. Et c'était agréable à voir. Pas une seule seconde, il regrettait de lui avoir proposé de venir ici. Même s'il comprenait que ce n'était pas évident pour elle. Ce n'était pas son environnement habituel, d'autant plus que depuis leur séparation, Nickolas avait déménagé dans un autre quartier, celui de Mount Victoria où il avait loué un loft de style industriel avec les murs en briques rouges. Il avait eu le coup de cœur pour cet appartement. Il possédait de grandes pièces lumineuses avec de grandes fenêtres exposées plein sud. Une lumière naturelle qui était agréable dès les premières heures du jour. Souvent, il se posait devant l'une des fenêtres afin de lire un peu, de travailler, de prendre quelques notes. C'était reposant et il ne se voyait plus vivre ailleurs. D'ailleurs, il espérait que Rose se sentait aussi chez elle puisqu'elle l'était. Et c'était très important. Ce soir-là, il préparait le repas. Des lasagnes. Il n'était pas un cordon bleu mais il se débrouillait plutôt bien en cuisine. Au moins, cela lui évitait de faire des commandes au traiteur du coin. Et de l'époque où il était encore étudiant et qu'il se faisait trop souvent des sandwichs avec tout ce qui lui tombait sous la main. Et puis bon, c'était aussi un moment de partage avec Rose quand elle venait lui donner un coup de main. Cela lui rappelait des souvenirs, de ces soirs où ils cuisinaient tous les deux. Nick avait travaillé une bonne partie de la journée. Mais il avait bien avancé. Si bien que peu avec dix-neuf heures, il se retrouvait avec sa soirée de libre. Alors il voulait en profiter pour cuisiner un peu. De la musique emplissait le loft via l'enceinte de musique sans fil. De la musique pas trop forte, juste en fond sonore. Mais cela ne l'empêchait pas d'avoir une discussion avec la jeune femme quand elle était à ses côtés. Un fin sourire s'afficha sur les lèvres de Nick quand il posa ses yeux sur Rose. Il se souvenait de la discussion qu'ils avaient eu dans le parc. Quand il lui avait proposé de venir chez lui. Pendant quelques instants, Nickolas avait douté. Il avait bien vu le regard insisté de la mère de la jeune femme. Celle-ci n'était pas convaincu par la proposition de Nick. A vrai dire, elle cherchait surtout à ce que sa fille reste en sécurité. Et pour elle, cela voulait dire qu'elle devait rester interné. Or pour Nickolas c'était quelque chose d'impossible pour lui. Il ne pouvait pas quitter l'hôpital en sachant que Rose y restait. Il avait douté face au regard de la jeune femme. Puis elle avait accepté de le suivre, de lui faire confiance. Nickolas était à responsable de la jeune femme au regard de l'hôpital. Elle était sous sa responsabilité. Et Rose avait signé une décharge pour quitter l'enceinte. Mais c'était la meilleure solution à prendre. Voir Rose à nouveau souriante, c'était quelque chose qui lui avait beaucoup manqué. Chaque jour, il était présent pour elle. Ils parlaient de tout et de rien. Nick portait un jean et un pull basique. Il avait passé la journée à l'appartement. Alors il n'avait pas fait trop d'effort vestimentaire. Après avoir terminé les lasagnes, il avait posé le plan sur le plan de travail avant de se tourner vers Rose qui avait la tâche de faire le dessert. « Tu as trouvé une idée ? » Il jeta un œil alors qu'elle était à ses côtés. Ils se partageaient les taches, sachant très bien que Rose n'apprécierai pas d'être mise de côté dans les habitudes de Nick. Ce qu'il comprenait. Voilà pourquoi il lui proposait toujours de faire les repas ensemble. Sauf quand ils commandaient. Il l'avait déjà fait une fois. Mais la plupart du temps, Nick préférait passer du temps avec la jeune femme de cette façon. C'était aussi ça la thérapie. Faire des choses habituelles, réapprendre plutôt à les faire, à les apprécier. Même si parfois le plat ou le dessert n'était pas toujours à la hauteur. Ce n'était pas le plus important. C'était bien sûr les moments qu'ils partageaient. « Une tarte aux pommes ? » Il aimait les pommes sous toutes les formes. « Sinon il y a aussi du chocolat, de la farine, des œufs, tout le nécessaire pour faire un moelleux. » Ils avaient le choix encore fallait-ils savoir ce qu'ils voulaient manger. Bien que pour Nick, il était plutôt du genre à goûter à tout. Rares étaient les choses qu'ils n'appréciaient pas. Ses mères lui avaient toujours fait goûter un tas de plats, tous plus différents les uns que les autres. Et son road trip avec elle, à travers le globe lui avait appris à apprécier les cuisines du monde.

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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Lun 2 Avr - 11:44

Quiet mind
Nickolas & Rose
Une semaine. Sept petits chatons roulés en boule contre la chaleur de leur mère, sept jours exactement, sept minuscules paquets, comme des paires de chaussettes, rangées les unes contre les autres très soigneusement dans un tiroir, et toutes d’une couleur différente. Je m’intéresse aux couleurs parce qu’il faut bien que j’ancre les jours d’une manière ou d’une autre, que je marque leur passage et analyse leur déroulé. Autrefois, j’aurais tenu un journal plus ou moins intime, mais maintenant je me contente d’un calendrier, et tous les soirs j’hachure le jour passé à petits coups de feutre. Il y a certainement un sens aux teintes que je choisis, un code, mais je ne sais pas lequel, je ne l’ai pas mis en place. Je colorie la case, c’est tout, et ça commence à faire un joli arc-en-ciel au milieu du mois vierge.
Premier soir, bleu nuit, la sensation d’être passée du noir du désespoir sans fond de l’hôpital à un ciel, d’encre sombre certes, mais avec des étoiles pour y luire doucement. Second jour, vert tendre des nouveautés, printemps timide pointant son nez par l’entremise des bourgeons. Ensuite, il y a eu un violet parme, coulée lente dans un commencement d’habitude, car deux répétitions font un début vers une sorte de routine. Rouge virulent, presque agressif mais également, de la caresse des coquelicots, du soir où il y a eu de l’orage et qu’une tempête tonnait en sourdine dans ma poitrine, je suis allée voir mon psychiatre et passer à nouveau dans ses couloirs aseptisés a recouvert mes bras de chair de poule. Quel soulagement de rentrer, ensuite ! Le rouge symbolise un écrin où se nicher et où trouver du réconfort, et j’avais comme de la fièvre à force de l’observer évoluer à mes côtés. Le lendemain, plus calme, bleu clair et rose mêlés, des couleurs des baptêmes, d’un bonheur calme comme les matins, peu après l’aube. Bleu de la mélodie qu’il a joué à la guitare, et rose des notes inattendues qui venaient l’orner. Il m’arrive de la tapoter du bout des doigts sans m’en rendre compte, elle m’est restée en tête.
Rose un peu plus affirmé des bavardages du soir entrecoupés de temps à autre d’éclats de rire. Une pleine semaine comme un tableau impressionniste, et je me demande quelle image est à la clef de toutes les taches de peinture, lorsque la toile sera couverte. Peut-être ne le sera-t-elle pas, jamais ; ça m’irait bien de me laisser aller au fil des journées et des nuits, avec cette seule sensation affirmée d’être bien dans l’âme.

Je me demande quelle couleur je choisirais ce soir pour la case d’aujourd’hui. Je pense à du jaune pour le moment, ou peut-être de l’orange, une teinte entre les deux, hésitante et moelleuse, et gaie. Quelque chose en écho avec l’éclairage de la cuisine, qui tombe en filets doux et enveloppant, tout à fait comme le soleil lorsqu’il transperce une couche épaisse de nuages, et qui forme de petits flaques sur le plan de travail. Je regarde le meuble, le bois, je me pose des questions auxquelles je ne cherche pas à répondre, et j’écoute les bruits que Nickolas fait dans mon dos en préparant le repas. Je ferais mieux de l’imiter, et de me remuer un peu – je suis chargée du dessert. Ce qui est à la fois une très mauvaise idée et me comble de joie.
« Tu as le goût du risque, pour me confier la pâtisserie. »
J’adore cuisiner depuis que je suis toute petite, et c’est un goût curieux, quand on sait que chacune de mes tentatives se solde invariablement par un échec. Je ne suis même pas certaine que mes premiers gâteaux au yaourt réalisés avec l’aide de ma mère n’aient pas raté eux aussi. Ça ne manque jamais, à chaque fois quelque chose se produit, j’ai dû être maudite ou offenser le dieu de la gastronomie sans le vouloir. Et pourtant je m’entête, je tente toujours ma chance, une fois encore, pour le plus grand malheur de mes proches qui ont tous dû jouer les cobayes à un moment ou à un autre. Nick ne peut pas l’avoir oublié. Peut-être qu’il a pensé que c’était le soir idéal pour nous empoisonner.
« Je pensais à une recette espagnole de gâteau aux pommes, il faut juste qu’elle me revienne… je l’avais apprise au cours de mon dernier séjour. Ça te va ? »
Je me retourne et m’adosse au plan de travail et puis, je ne sais pas pourquoi mais quelque chose retombe, comme mes gâteaux lorsque je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir le four et qu’il aurait été trop tôt. Faire la cuisine. Discuter, à la manière des oiseaux qui pépient – mais c’est une comparaison bête, qui sait quels secrets ils peuvent bien se dire. Et retenir des impressions générales pour colorier les jours, avant d’éteindre la lumière. C’est si facile et c’est le bonheur, mais j’ai aussi le sentiment de demeurer à la surface, de m’aveugler volontairement sur quelque chose.
« Je suis allée à la maison aujourd’hui. Je veux dire, pas à l’appartement, chez mes parents. J’ai pris le thé avec ma mère. » Je me fends d’un sourire tout en baissant les yeux. C’est presque cliché pour parler de ma mère, que d’évoquer son habitude de s’asseoir au salon après son travail avec l’un de ses mugs peints à la main. « Mais elle n’était pas encore rentrée quand je suis arrivée, alors, je suis allée à l’étage. J’ai regardé les albums photo. »
On ne voit pas très bien où est-ce que j’essaie d’en venir, avec mes bouts de phrases trop détaillés qui s’éternisent – d’ailleurs, je ne le sais pas non plus. D’ordinaire, je l'assaille plutôt de questions sur ce que lui a fait dans la journée, parce que c’est plus intéressant, il fait des choses, il voit des gens. Il y a une séparation nette entre ses jours et ses soirées, tandis que je me traîne le long des heures, je vais à la maison, je passe de longs moments en compagnie de mon chat à l’appartement, je dois aller à l’hôpital, aussi. Mais surtout, j’attends que le soir vienne et que ce soit à peu près le moment vers lequel il rentre en général.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Lun 2 Avr - 19:22


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il ne pouvait s'empêcher de sourire aux paroles de Rose. Il se souvenait très bien que la jeune femme était loin d'être un cordon bleu. Un peu comme lui. Ils avaient quasiment les mêmes compétences. Et par conséquent, la belle avait raté quelques repas. Mais pour lui, ce n'était pas le plus important. Le plus important, était qu'ils arrivaient à partager un moment ensemble. Et c'était tout ce qui comptait. Il voulait faire un maximum de choses en sa compagnie. Même si pour ça, il devait mettre en péril son estomac et dire bonjour à une éventuelle indigestion. Cela ne lui faisait pas peur. Il avait tout ce qu'il fallait dans l'armoire à pharmacie afin de calmer les maux de ventre. « J'aime le risque et j'aime te voir relever des défis. » Un fin sourire s'était affiché sur son visage alors qu'il posait ses yeux bleus sur la jeune femme. Ce n'était pas grand chose, ce dessert, mais pour Nickolas, c'était important de partager la réalisation de ce repas. Qu'ils puissent le faire ensemble. Il n'avait pas envie que Rose ne se sente pas chez elle. Ou qu'elle soit mal à l'aise dans ce loft. Bien qu'il faisait tout son possible pour que cela ne soit pas le cas. Il faisait tout pour la faire participer à chaque fois que c'était possible. Pour la mettre à l'aise. Même pour son boulot, parfois il lui demander de classer certains comptes rendus dont il avait besoin pour le lendemain. Et puis bon, si c'était vraiment mauvais, il y avait des fruits dans la corbeille. Cela allait suffire pour un dessert. Il jeta un œil à la jeune femme alors qu'elle avait repris la parole. « Peut-être qu'on peut trouver la recette sur internet ? » Il avait attrapé sa tablette tactile qui était sur le plan de travail et il l'avait allumé. « Tu te souviens du nom de cette recette ? » Oui parce qu'ils savaient tous les deux que l'improvisation, ce n'était pas trop leur truc. Ils devaient plutôt rester sur les sentiers cloutés afin de ne pas faire trop de bêtises culinaires. « En tout cas, on a les pommes, c'est déjà ça. Est-ce qu'il faut une pâte ? » Ça il pouvait la faire. Ce n'était pas trop compliqué. Enfin si, s'il s'agissait d'une pâte feuilletée. Il n'arrivait jamais à la faire malgré ses multiples tentatives. Il se demandait quand elle avait été en Espagne. C'était un autre point commun qu'ils partageaient. Ils aimaient les voyages. Ils aimaient bouger. Quand ils étaient encore ensemble, ils partaient souvent en week-end. Dès que leurs emplois du temps leur permettaient. C'était chouette et cela leur permettait de faire une coupure avec le boulot. De s'éloigner de toutes les tensions, de leur routine. Parfois c'était nécessaire. Le jeune homme s'était ensuite lavé les mains. Il avait attrapé un essuie avec lequel il s'était essuyé ces dernières avant de reporter son attention sur Rose. Elle lui parlait de sa visite, chez sa mère ce jour-là. Il ne savait pas trop où les deux femmes en étaient depuis que Nick avait demandé à Rose de le suivre jusqu'ici. Il espérait à ce moment-là, ne pas avoir brouillé la mère et la fille et il semblait que non. Il en était rassuré. Rose avait besoin de sa mère et de toutes les personnes qui l'aimaient. Et elle avait le droit de sortir bien sûr. De plus, il ne lui demandait pas toujours où elle allait. Par respect. Et puis parce qu'il lui faisait confiance. Il savait que si elle voulait lui dire certaines choses, elle le ferait. Il ne voulait pas la brusquer d'une façon ou d'une autre. Savoir qu'elle avait passé un moment seul à regarder de vieilles photographies n'était pas très joyeux. Enfin, pour lui, c'était encore se replonger dans le passé. Un passé dont elle avait un peu de mal à se détacher. Mais il savait aussi que Rose devait y faire face. Et c'était peut-être ce qu'elle faisait. En tout cas, elle semblait aller bien. Et cela était une bonne chose d'après lui. « Comment ça va entre vous ? » Il se posait la question depuis qu'ils avaient quitté l'enceinte de l'hôpital. Il savait que cela avait toujours été plus ou moins tendue entre elles... « Tu sais, tu peux l'inviter ici. Tu es chez toi, je te l'ai dis. Pareil si tu veux voir Apple. » Même si avec ce dernier, l'entente n'était pas très cordiale avec Nick. Mais c'était l'ami de Rose avant tout et si cette dernière voulait le recevoir ici, elle avait tout à fait le droit. « D'ailleurs, je me disais que tu pourrais aussi prendre ton chat, au lieu de le laisser seul chez toi. » Il n'avait jamais eu d'animaux de compagnie. Parce qu'il était trop jeune à l'époque et souvent en voyage avec ses mères. Et ensuite, parce qu'il n'avait pas le temps de s'en occuper avec les cours, la fac, les stages. Cela ne lui avait jamais vraiment manqué. Et puis, un animal, cela restait pour lui une contrainte. Mais un chat, c'était un peu comme un poisson rouge. Ce n'était pas très encombrant. Cela ne réclamait pas grand chose à part de la nourriture. Et cela ferait une présence de plus dans le loft. Alors cela ne le dérangeait pas si Rose voulait le ramener ici. Nickolas reposa ensuite ses yeux bleus sur Rose, prenant une gorgée de son verre de jus d'orange avant d'ajouter : « Je pensais que tu n'aimais pas trop les albums photo. Ta mère n'a rien dit ? » C'était bon aussi de la voir lui parler comme ça. D'ordinaire c'était un peu lui qui était à l'origine de leurs conversations. Là, elle faisait un pas en avant en lui parlant de sa journée. Même s'il ne savait pas trop où elle voulait en venir avec les photographies dont elle lui parlait. Mais ce n'était pas le plus important. Elle se confiait à lui. Et cela n'était pas arrivé depuis un moment. Et même si cela s'agissait de choses anodines pour certain, cela ne l'était pas pour lui. Et il se disait aussi qu'ils pourraient sortir. Aller au cinéma, faire un tour au parc. Ils n'avaient pas envie de s'enfermer. La jeune femme l'avait été assez par le passé. D'ailleurs il se disait que ce soir, ils pouvaient faire un tour en ville, comme ils le faisaient autrefois après dîner. C'était agréable de marcher comme ça, sans but, juste de profiter de la ville un peu plus vide qu'en pleine après-midi. « Ce soir, ça te dirait qu'on aille faire une promenade en ville ? Et on pourrait passer chez toi récupérer ton fauve. » Ajoutait-il avec un sourire aux lèvres. Il aimait bien la taquiner. Enfin surtout, il aimait la voir sourire aux conneries qu'ils pouvaient dire.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mer 4 Avr - 21:29

Quiet mind
Nickolas & Rose
S’incarner dans la matière, s’ancrer, se concentrer seulement et rien que sur ce qui pousse à remuer, à agiter les doigts. C’est lorsqu’on bouge ses mains que la tête est encore la plus tranquille, que les pensées se taisent, du moins, à mon avis, et il est partagé. C’est pour cela qu’on a tenté successivement de m’intéresser à la broderie et au tricot, à l’hôpital, entre autres activités manuelles auxquelles je n’ai, pour ainsi dire, pas tellement accroché… j’aime un peu mieux les coloriages et n’ai jamais l’esprit plus calme que lorsque je fais la vaisselle. Mes colocataires apprécient, en général.
Mais la cuisine, c’est encore mieux, parce qu’il y a une part créative – quoi que quand on est aussi peu doué que moi, on évite de trop jouer les explorateurs de mélanges. Et être comme cela, tous les deux à se partager les tâches pour la préparation du dîner en bavardant innocemment, c’est à l’image de l’adjectif convenant le mieux à la lumière : c’est doux. C’est très, très doux.
« J’aime cet état d’esprit. » dis-je en reprenant sa phrase. Ne pas s’attarder sur son sourire, il vaut mieux que je me focalise sur mes souvenirs de cette recette qui n’avait pas trop mal réussi, il me semble, quand bien même j’avais participé à la réaliser. C’était au cours de mon voyage en Espagne l’année dernière ; j’étais partie presque comme on s’enfuit rendre visite à Apple juste après, tiens notre dispute sur la plage à propos… là n’est pas la question. Ne te perds pas dans les images, sable et dégradés du ciel, cherche les bonnes : un autre plan de travail. Une autre fin de journée, et un saladier barré de rayures rouges telles des coupures épaisses et florissantes. Qu’est-ce qu’on y avait mis ?
« C’était… le cake espagnol, et on avait adapté la recette en rajoutant les pommes… » En hommage à Apple, bien entendu. Je me rappelle de mouchetures de pâte crue autour du moule, du côté transperçant qu’avaient nos éclats de rire, de la levure qu’on avait incorporée au tout dernier moment, on l’avait oubliée… remonte les images, remonte encore plus haut. C’est incroyable tout ce qui peut demeurer d’un évènement anodin, des mois plus tard.
« Attends… je l’ai… Farine, sucre, levure, huile d’olive et lait, c’était à peu près ça. »
Je défronce mes sourcils, je ne me rends jamais compte que je plisse autant le front lorsque je réfléchis, ni que je me mets à parler très vite en agitant les mains ensuite, quand la solution me vient. Maman a pourtant essayé de me passer cette déplorable habitude : petite, je connaissais par cœur sa rengaine du ne fronce pas les sourcils, ça te fera des rides avec ce ton, toujours le même, et le visage qu’elle affichait.

Ne fronce pas les sourcils. Ça fait venir les rides. J’étais enfant, ça m’était parfaitement égal, tandis qu’elle devait avoir cette perspective-ci en tête depuis bien des années. Peut-être que c’est notre plus grand problème, à Maman et à moi, nous avons toujours eu du mal à nous parler – je ne dirais pas à nous comprendre. Je pense que nous avons beaucoup de points communs, en plus de notre indéniable ressemblance physique, mais passer par les mots prononcés cause notre perte. Je ne sais pas, c’est comme si nous étions équipées d’un frein qui s’enclencherait tout seul. Comme s’il y avait une barrière ; je crois que très souvent, nous savons parfaitement quel est le point de vue de l’autre, mais nous n’arrivons pas à le partager à voix haute. On a du mal.
« Oh c’est… comme d’habitude je dirais. Elle m’a demandé de te passer le bonjour d’ailleurs. Tu sais, quelle que soit la façon dont elle a pu réagir à l’hôpital, elle ne t’en veux pas pour quoi que ce soit. Vraiment pas. »
Maman ne m’a jamais chargé d’un message aussi long, mais je fais l’interprète de ses silences. J’ai appris au fil du temps à décoder ses non-dits, surtout lorsque ça touche de près ou de loin à mes problèmes. Et même s’il pourrait sembler naturel qu’il y en ait, je détesterais qu’il existe des tensions entre Nick et ma mère. Encore plus s’il arrivait qu’elle vienne me voir ici, un jour.
« Merci. C’est gentil. » Il me l’avait déjà dit, mais j’apprécie vraiment cette attention de sa part même si, de toute façon, je vois rarement quelqu’un dans la journée. Bizarrement, je me tiens à l’écart, je ne sais pas trop pourquoi : mon existence forme un cercle, une boucle reliant le psychiatre, ma mère, Drake parfois, quand il ne travaille pas, mon chat et Nick bien sûr. Surtout.
Qu’il évoque Apple me rappelle qu’il y a à ce sujet comme un mystère que je n’ai jamais très bien saisi.
« Apple doit être assez occupé en ce moment… j’ai toujours cru que vous vous entendiez bien, lui et toi. Vous aviez l’air, en tous cas. »
Façon détournée de lui poser indirectement la question, je suis sûre qu’il voit clair dans mon jeu, et ce n’est pas parce que je pèse soi-disant avec grande attention la farine dans le saladier que cela me rend plus innocente. Oh, une cuillère de trop.
Je lâche des yeux le cadran de la balance lorsqu’il évoque le sujet de mon chat, ce qui est dangereux étant donné que je suis à présent en train de verser le sucre.
« Je ne pensais pas non plus que tu aimais beaucoup les animaux… mis à part les poissons. » C’est une plaisanterie par rapport à son amour de la mer. Parfois, il m’arrivait pour rire de prétendre être jalouse des algues… « Drake s’occupe de lui, je ne me fais pas trop de souci… et puis, je m’en voudrais s’il devenait subitement fou et faisait des dégâts. »

J’ouvre le robinet d’eau pour me rincer les doigts maculés de blanc d’œuf ; ça fait du vacarme dans l’évier. Je saisis le torchon pour m’essuyer consciencieusement les mains, et là, j’ignore ce qui me prend, je me mets à parler alors que c’est tout sauf passionnant. Ça coule comme le faisait l’eau et le débit s’accroît ; je ne sais pas où j’en viens, mais être dans l’incapacité de refermer les vannes m’effraie presque.
« Elle ne m’a pas vue faire. J’ai regardé l’un de ceux où j’étais petite, lorsque mon père m’apprenait à faire du vélo, et celui de nos vacances sur l’île du sud. Tu… » Tu te rappelles ? Sans doute. C’était étrange que de me voir à quinze ans d’intervalle auprès des deux hommes de ma vie. Tellement étrange. J’avais rangé les albums au fond d’un placard un jour où j’étais calme, il y a longtemps, et ne les en avais jamais ressortis, jusqu’à aujourd’hui. Je secoue brusquement très légèrement la tête – en fait, je n’ai pas envie de parler de ça. « C’était bizarre. Et toi, qu’est-ce que tu as fait d’intéressant ? »
Changer de sujet, couper le fil, fermer très fort et à deux mains le robinet. Je bataille un peu pour ouvrir la bouteille de lait tandis qu’il propose de faire quelque chose qui change, ce soir. Regarde ce que tu fais, regarde ce que tu fais bon sang… je me suis retournée vers lui en un éclair, peut-être des étoiles aux yeux – réaction pathétique, mais depuis combien de temps n’ai-je pas tout simplement flâné dans les rues en humant le parfum de la nuit ?
« J’adorerais. C’est une très bonne idée. » Ne pas trop dévoiler de mon enthousiasme, je me sens tellement ridicule et en même temps, je n’ai pas honte. Et puis, j’ai oublié de répondre à une partie de sa phrase. « Mais tu es sûr pour le chat ? »
Je suis déjà en train de tirer des plans sur la comète à propos des rues plus vides qu’à tout autre heure à celle où les dîners s’éternisent, du parc qui sera peut-être encore ouvert et de mon endroit fétiche, la mare aux canards, combien de temps depuis la dernière fois ? Passer à la maison, voir Pip, sentir sa petite langue râpeuse sur ma joue. Qu’est-ce que je fais de mes journées, au fait, pour que tout à coup, une proposition somme toute banale me semble regorger d’opportunités aussi extraordinaires ?
C’est là que les catastrophes surviennent, parce que je ne fais plus attention à mes gestes.
La bouteille de lait se renverse, mais heureusement mes réflexes fonctionnent encore ; je la relève vite. Seul mon tee-shirt a été largement éclaboussé.
« Mince. Il fallait que ça se produise. » Le désastre inévitable au milieu de la recette. Peut-être que ça suffira et que le gâteau sera réussi, ensuite ? J’éponge à toute vitesse la tache sur le plan de travail. « Je vais me changer, je peux te laisser finir ? »
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Sam 7 Avr - 20:12


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il avait gardé ses yeux bleus sur Rose. Elle souriait et il adorait ça. Cela lui avait manqué. Ce genre de moments lui avait grandement manqué. C'était apaisant de pouvoir la retrouver ainsi. Parce que Rose faisait partie de ses habitudes, de son quotidien. Et qu'il ne s'en était jamais lassé. Bien au contraire. Il retrouvait ces moments de complicité avec ravissement. C'était bon. Et il espérait qu'elle se sentait aussi bien que lui. En tout cas, son sourire lui plaisait et cela lui réchauffait le cœur. Il ne savait pas comment il avait pu s'en passer autour de temps. Il avait eu des aventures. Mais il était incapable de s'attacher à une autre femme parce que son cœur était déjà pris. Avant même qu'il ne puisse vraiment s'en rendre compte lui-même. Il s'était bercé l'illusion. Mais le fait qu'il avait failli la perdre lui avait fait comprendre à quel point, elle était indispensable à sa vie. Et qu'il avait besoin d'elle comme elle avait besoin de lui. Il ne pourrait pas se lasser d'elle. Ce n'était pas possible. Il avait envie qu'elle reste ici aussi longtemps qu'elle le souhaitait. Il avait envie qu'elle retrouve un équilibre et qu'il puisse en être un peu pour quelque chose. Qu'il puisse à nouveau se sentir utile. Il avait envie de lui ouvrir les yeux. De lui faire comprendre que chaque jour méritait d'être vécu. Que la vie pouvait apporter encore de merveilleuses choses et qu'elle y avait droit. Qu'elle méritait d'être heureuse et tout ce qu'elle voulait. Parce que c'était important. Important qu'elle se raccroche à quelque chose. Il la regardait faire, essayant de se souvenir d'une ancienne recette de gâteau. Apparemment, c'était un souvenir qu'elle avait en commun avec Apple. Et il se demandait sur le coup si ce dernier allait finir par franchir la porte de l'appartement. Mais au final ce n'était pas le plus important. Il voulait que Rose fasse ce qui lui plaisait. Et c'était tout ce qu'il souhaitait. « Et c'était bon ? » Question qui avait tout son intérêt s'ils souhaitaient manger ce gâteau en question. Lui, il était assez fruit donc il était du genre à tout aimer, tout goûter. Il n'était pas très difficile. Il n'y avait que les fruits de mer, les poissons qu'ils n'appréciaient pas. Et puis, il n'était pas très viande non plus. Il évitait d'en manger le plus possible. Il avait regardé le plan de travail qui peu à peu s'emplissait des ingrédients dont la jeune femme avait besoin pour la recette. Il voulait lui proposer son aide. Mais en même temps, il voulait aussi lui faire comprendre qu'il lui faisait confiance, même sur ce coup. Tant pis si le gâteau n'était pas très réussi, s'il avait une tronche bizarre, ou s'il était cramé. Il était même capable d'en prendre un morceau juste parce qu'elle avait pris le temps de le faire. Tandis qu'elle poursuivait la progression de la recette, il la questionnait sur sa mère, sur sa visite dans la journée et sur le fait qu'elle avait regardé d'anciens albums photo. Les relations entre la mère et la fille n'avaient pas toujours été faciles mais elles avaient eu le mérite toutes les deux de faire l'effort de continuer le dialogue. Et c'était plutôt une bonne chose. C'était bien mieux que les disputes et les mots de trop. Même si parfois cela n'aidait pas, ni l'une, ni l'autre. Elles restaient chacune sur leur position. Mais cela finissait par se calmer et le dialogue se nouait à nouveau. C'était le principal. Nickolas était un peu surpris par les paroles de Rose. Il imaginait mal sa mère lui dire tout ça. Mais il comprenait où la jeune femme voulait en venir et ça le faisait doucement sourire. Peut-être que la mère de Rose lui en voulait un peu. Après tout c'était normal. Il l'avait emmené loin d'un hopital sécurité où elle était certaine que Rose ne manquerait de rien. Nick avait préféré l'avoir ici et sachant qu'il travaillait, Rose n'était pas entourée toute la journée. Mais il faisait confiance à Rose. Et elle avait besoin de cette confiance en retour afin d'avancer. Afin de reprendre peu à peu des habitudes, que ce soit chez lui, chez elle, ou avec les autres. C'était un chemin nécessaire vers la guérison. Il en était certain. « Si elle ne m'en veut pas alors c'est une raison supplémentaire pour l'inviter ici. » Même quand il était là. Il n'évitait pas son ancienne belle-mère. Nick prit une autre gorgée de son verre alors que Rose s'était mise à la confection du gâteau. Puis le sujet d'Apple était revenu dans la conversation. « On s'entendait bien quand on se voyait tous les trois. Apple est ton ami avant d'être le mien. Alors forcément, ces dernières années je l'ai beaucoup moins vu. » Il n'allait pas mentir à Rose. Il ne l'avait jamais fait. Apple lui en voulait. Parce que Nick avait mis un terme à son histoire avec Rose. Et Nick avait toujours refusé de revenir là dessus avec Apple. Parce que cela ne le regardait pas. Que ce n'était pas ses oignons. Et peut-être que parfois Nick n'avait pas mis des gants pour lui dire. Bref. Il n'avait pas vu Apple depuis un bail. Mais il était l'ami de Rose et il était le bienvenu ici s'il voulait voir la jeune femme. Puis il ne pouvait s'empêcher de rire doucement à la remarque suivante de Rose. « Ce n'est pas de ma faute, mes mères m'ont appelé Ocean. J'étais destiné à les aimer. » Et c'était vrai. L'un de ses noms de baptême faisait référence à ces vastes étendues d'eau entre les océans. Et il avait toujours aimé la mer. Nager, faire de la plonger, du surf. Il était dans son élément dans ces moments-là. Et Rose le savait. Ils étaient souvent partis en week-end et leurs destinations privilégiés, étaient les coins bordés d'eau. « Mais cela ne veut pas dire que je n'aime pas les autres bêtes, comme les chats, les chiens, les chevaux, les lapins, les oiseaux et j'en passe. D'ailleurs depuis quelques semaines, il y a un superbe Tomtit qui vient se poser sur l'arbre juste devant mon bureau. » Et il ne se lassait pas de ce spectacle. Même si son chant lui faisait parfois perdre le fil de ses lectures. Puis quand elle expliqua qu'elle craignait que son chat fasse des bêtises, il haussa les épaules. « Tout se remplace, tu sais que je ne suis pas du genre à m'attacher à tout ce qui est matériel. » Cela n'avait jamais été le cas. Il n'était pas matérialiste pour un sou. Les seules choses qui avaient de la valeur pour lui, c'étaient les personnes qui gravitaient autour de lui et pas le montant de son compte en banque. Il ne pouvait s'empêcher de penser à son meilleur ami qui vivait en colocation avec Rose. Nickolas avait eu un choc en l'apprenant. La vie était pleine de surprises. Et à vrai dire, il était plutôt rassuré que ce soit Drake son colocataire. Parce qu'il avait confiance en lui et qu'il était quelqu'un de bien. Alors que Nick aurait sûrement été un peu ennuyé que la belle partage un appartement avec un type complètement inconnu.

Il l'observait se nettoyer les mains alors qu'elle reprenait la parole. Elle parlait de son père. Nick l'avait connu et il l'avait apprécié tout de suite même si le père de la jeune femme n'avait pas pris des pincettes avec lui. Ce qui le faisait sourire encore aujourd'hui. Elle semblait être plongée dans ses souvenirs. Un peu comme lui... Après un silence, il avait repris la parole. « Tu savais que ton père m'avait parlé la première fois que j'étais venu te chercher ? » Il se souvenait encore très bien de ce soir là. Il était venu, ponctuel comme d'habitude et il avait toqué à la porte. Sauf que c'était le père de Rose qui était venu ouvrir. Et il en avait profité pour lui donner ses recommandations comme tout bon père qui s'inquiétait pour sa fille quand un type issu de nul part, un inconnu, venait lui enlever pour la soirée. « J'étais nerveux et incapable de dire deux phrases à la suite. Il a du me prendre pour un abruti ce soir là. » Et pas qu'un peu. Mais heureusement que tout cela s'était arrangé avec le temps. Il avait vu que Nick était sérieux. Cela avait sauvé ce dernier. Puis rebondissant sur les mots de Rose, il ajouta : « Oh pas grand chose, il y a eu une réunion pour planifier les prochaines sorties. J'ai aussi fait un tout à l'impression. Et j'ai été au service événementiel puisque nous allons participer au salon du livre prochainement. » Un train train qu'il appréciait. En même temps, tant qu'il pouvait lire, cela lui plaisait. Il aimait son boulot et l'équipe avec laquelle il travaillait. Et puis il avait souvent la possibilité de voyager, ce qui lui plaisait encore plus. Bien qu'il avait décalé tous ses déplacements pour les prochains jours, histoire d'être plus souvent à l'appartement. Il acquiesça ensuite à la question de Rose, sur leur sortie nocturne. « Certain. » Elle semblait apprécier l'idée et c'était tant mieux. Il adorait se balader dans les rues, sans réel but, juste pour profiter des rues calmes. « Oui tu peux le ramener ici. J'espère seulement qu'il va m'apprécier et non pas me griffer à chaque occasion. » Il esquissa un sourire amusé. « Il n'est pas jaloux, rassure-moi. » Et même si c'était le cas, il savait que Rose avait besoin de lui ici. Alors elle pouvait très bien l'avoir ici à l'appartement. Il fallait juste qu'il prenne quelques nouvelles habitudes, comme celle d'ouvrir les fenêtres en grand. Avec un chat, cela allait être compliqué. Sinon pour le reste, ils pouvaient tous les deux gérer cette boule de poils. Nickolas avait ensuite relevé les yeux sur Rose quand celle-ci renversa du lait sur son t-shirt. Et forcément ce dernier était devenu transparent. « Bien sûr, vas-y, je vais nettoyer. » Il la laissa filer avant de prendre un torchon et d'essuyer tout le liquide qui s'était répandu par terre et sur le plan de travail. Il esquissa un sourire. Forcément. Il y avait des choses qui ne changeaient pas. Et c'était rassurant.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mar 10 Avr - 10:27

Quiet mind
Nickolas & Rose
S’incarner dans la matière et se plonger dans les souvenirs, c’est dangereux tout en même temps. Les doigts s’enfoncent dans la matière tandis que le cerveau dérive, de souvenir en souvenir, à travers les images comme parmi les étoiles : chacune se relie à une autre pour former un dessin. Dans la constellation de mon voyage en Espagne, il y aurait quelque part, astre plus petit que ses voisins mais tout aussi brillant, un gâteau aux pommes. Une après-midi innocente dont j’essaie de retrouver les sensations.
« On l’avait oublié dans le four je crois… mais ça restait mangeable. C’était même bon, il me semble. »
Il me semble. Puisque j’en ai plus ou moins retenu la recette.
Comment est-ce que fonctionne la mémoire, comment sélectionne-t-elle les images qu’elle conserve, pourquoi certaines, pourquoi pas d’autres qu’on ne peut pas regretter, c’est tout comme si certaines scènes ne s’étaient jamais déroulées. Que me restera-t-il de ce soir ? La teinte de l’éclairage de la cuisine, ou cette façon qu’il a de s’approcher un peu, pas de trop près, l’air perdu dans la contemplation du plan de travail tout en étant bel et bien présent ? Et d’aujourd’hui ? Me rappellerai-je du bruit sourd qu’a fait l’album photo quand je l’ai refermé et des nouvelles boucles d’oreilles que ma mère arborait ?
Avoir vu Maman aujourd’hui et pris le thé face à elle de manière très conventionnelle. J’ai un million de souvenirs qui ressemblent trait pour trait à celui-là, c’est compliqué avec ma mère mais nous n’avons jamais coupé les ponts. Il s’est rarement passé une semaine sans que nous ne nous soyons au minimum croisé, jamais sans s’être parlé au téléphone. De temps à autre – parce que je suis une fille ingrate – je me dis que ça ne nous ferait peut-être pas de mal, de nous éloigner un peu l’une de l’autre.
« Quelles sont les autres raisons ? » J’essaie d’employer un ton amusé qui nierait toute profondeur, tout sens caché à mes paroles, qui leur donnerait une sorte de légèreté insouciante. « Tu sais… ça me va aussi de la voir un peu moins. » Elle venait tous les jours à l’hôpital, absolument tous les jours, et il est arrivé que nous n’ayons rien à nous dire, qu’on soit demeurées face à face dans le plus complet des silences. C’est arrivé dans d’autres endroits aussi, d’ailleurs.
« Si jamais tu veux inviter quelqu’un ici et que tu préfères que je ne sois pas là… Je m’éclipserai discrètement tout le temps que tu voudras, ce n’est pas un problème. N’aie surtout pas de scrupules. »
Mieux vaut le dire, même si c’est une évidence.
Mieux vaut toujours parler, j’imagine, je suis en train d’apprendre.
De toute façon, je ne risque pas de me retrouver à la rue ; si cela doit se produire, je rentrerai peut-être chez moi passer une soirée avec Drake, ça fait longtemps, ou bien j’irai chez ma mère, ça ne fait pas si longtemps mais bon, ou encore chez Apple revenu récemment vivre en ville avec sa cousine. Ça fait encore bien plus de temps.
À propos d’Apple, je l’écoute m’expliquer qu’ils ne se fréquentaient que par mon biais, ce qui paraît logique, alors je hoche la tête avec un genre de hum-hum, n’ayant rien d’autre à ajouter à ce sujet.
Mon expression ne reste pas longtemps neutre ; il me fait rire en évoquant le choix de son deuxième prénom comme d’un déterminisme – pourquoi pas, après tout… j’aime moi-même les fleurs à la folie. « Elles auraient dû t’appeler Épine. Ou Jardin. » Heureusement que je n’ai pas parlé trop fort, la plaisanterie peut presque passer inaperçue, je préférerais car elle est maladroite. Et je me mords la lèvre en m’absorbant dans la pesée du sucre, oh, encore une cuillère de trop. C’est complètement stupide. Mais heureusement, on parle ensuite des animaux, et je trouve ravissante l’histoire du tomtit sous sa fenêtre.
« Est-ce qu’il chante ? Comment es-tu sûr qu’il s’agit du même ? » De grandes questions existencielles.

C’est bête, mais ça me semble toujours curieux de parler de mon père, comme s’il se trouvait dans la pièce d’à côté et pouvait nous entendre, et allait surgir d’un instant à l’autre en faisant les gros yeux : c’est malpoli de parler des gens dans leur dos. Et ce dont on ne parle pas, est-ce qu’on peut l’oublier ? Je ne crois pas, disons seulement que ça s’estompe un peu mieux, comme des photographies exposées à la lumière perdent leurs couleurs, les souvenirs se fanent et les évoquer ravive les braises, fait flamboyer leur contenu, on peut même se créer des images de ce qu’on n’a pas vécu.
« Non. Je ne savais pas. » J’esquisse un minuscule sourire. Je me rappelle de cette première fois-là et c’est si drôle de découvrir maintenant qu’il y avait des choses que j’ignorais, à son propos. J’essaie d’imaginer mon père et Nickolas sur le seuil, dans l’entrée, tandis que j’étais – où ? Probablement dans ma chambre. Ainsi, Papa a fait cela, il a pris mon petit-ami à part et lui a très certainement dit ce qu’ils disent tous dans les films en de telles circonstances. Et c’est resté entre eux. « De vous deux, je suis pratiquement sûre que c’était lui le plus intimidé dans le fond. Je doute qu’il ait pu penser une chose pareille. Il t’aimait bien. » Parce qu’au lycée, j’ai cherché à quelque part m’émanciper, je me suis crée deux vies, deux entourages bien distincts : la famille à la maison et les amis le reste du temps. Je parlais très peu de ces derniers à mes parents. Il est probable qu’au fait, ce ne soit que lors de ce fameux soir qu’ils aient mis un visage sur le prénom de Nick.
Mais ne pas trop songer à ce qui est passé ; tout ce qui est passé a disparu, s’est volatilisé. C’est bête, mais c’est toujours si curieux de parler, de penser à mon père, c’est comme j’étais entrée sur la pointe des pieds dans son bureau quand il n’y était pas et avait découvert quelque chose qu’il y gardait caché ; et maintenant, il y a de la poussière qui y erre librement entre sa table et sa bibliothèque, et je sais que Maman s’y installe quand elle a des papiers à faire. Tout ce qui appartient au passé ne reviendra jamais, ne te perds pas dans ces images fantômes, fais plutôt… fais attention à ce que tu fais, mélanger l’œuf au reste de la pâte, ne pas faire de grumeaux, et j’écoute, j’écoute en tentant encore d’imaginer. Peut-être que c’est tout ce que j’ai jamais. De petits films mentaux brodés à partir des récits des autres.
« J’aime bien quand tu me racontes tes journées. Vous ne devez jamais vous ennuyer, avec tout ça. »
Il avait commencé par dire oh pas grand-chose, sans doute à cause du pli pris de se lever et de voguer d’occupation en occupation, toutes différentes et très prenantes, jusqu’au moment de regagner son lit. Il sait parfaitement se poser également. Il sait prendre son temps, avec un livre ou comme maintenant, alors que nous cuisinons comme si nous ignorerions que les aiguilles de l’horloge pulsent le temps de la même manière qu’un cœur avec du sang. Les mots de réunion, de tour, service et participation me paraissent étrangers. Parce que j’occupe les heures en spectatrice. Je cherche à les combler tout en les regardant – je vis de loin – et cherche à leur trouver une couleur. Honnêtement, j’existe davantage comme un chat qu’un humain. Les chats se laissent aller sans se poser de questions. À ce propos…
« Mais je l’ai bien élevé. Tant que tu ne t’approches pas de sa gamelle, ce que je doute que tu sois tenté de faire, il ne sortira pas ses griffes. » Pip, j’en parle avec une fierté amusée dans la voix, de la tendresse en tous cas, ce que certains pourraient trouver ridicule. Pip est un chat, certes. Il n’empêche. À mes yeux, c’est presque mon bébé, en moins bruyant et plus indépendant. « Jaloux, non, mais un brin possessif. À partir du moment où tu l’autoriseras à rentrer ici, il va considérer que c’est chez lui. » Envahissant ne convient pas pour le décrire étant donné sa petite taille, alors j’utiliserais plutôt… sans-gêne. Ce chat n’a peur de rien et un goût affirmé pour l’exploration des placards.

Désastre culinaire inévitable, j’espère que c’est coché. Sans y prendre garde, j’ai renversé la bouteille de lait, et c’est devenu brusquement froid et mouillé contre ma peau, mon tee-shirt a fait les frais de ma maladresse. Rapidement, trop vite peut-être, j’abandonne Nickolas à la cuisine et file enfiler autre chose.
Je dis trop vite peut-être parce qu’en passant en coup de vent devant un miroir, je m’aperçois que mes joues sont assez rouges – est-ce la chaleur du four en marche ? – et les cheveux quelque peu en bataille. Je m’arrête, fixe un instant mes prunelles brillant dans la demi-pénombre, je n’ai pas pris le temps d’allumer la lumière, et pose mes mains qui sont toujours glacées sur mes pommettes. Ça ne change rien, ça ne changera rien. Il doit être en train de m’attendre là-bas, alors je ne m’attarde pas plus, remettant simplement à leur place quelques mèches, pas sûr que ce soit présentable. Mais je vais vite, trop peut-être. Voici encore, de nouveau la lumière de la cuisine, et j’arrive juste à l’instant où un sourire s’estompe de son visage.
« Ne te moque pas de moi, tu savais que je suis une catastrophe ambulante. »
Le passé est passé mais il y a des choses qui courent d’un jour à l’autre, qui coule pour s’étaler sur le ruban complet de la vie. Dans quarante ans, il est probable que je commette encore des bêtises dans ce genre. Je me demande qui sera là pour en sourire en coin. Et très sûrement, aussi, à supposer que je ne m’assagisse pas ni ne grandisse un peu, je me retournerai encore brusquement, comme ça, sur le coup d’une illumination irréfléchie.
« J’ai une idée. Si ce gâteau finit par être comestible, ça te dirait qu’on… qu’on sorte tout de suite et qu’on se trouve un coin quelque part pour le goûter dehors ? »
J’ai du mal à mettre des mots sur mes pensées, pourtant l’idée, l’image est nette dans mon esprit. Je suis obsédée par le fait que je n’ai pas songé à mettre le nez dehors en soirée plus tôt, et je pare la promesse de ce moment d’un bleu très tendre de nuit.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mer 11 Avr - 20:58


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il ne savait pas s'il devait faire confiance aux souvenirs de la belle. Un gâteau oublié dans un four qui restait mangeable ? Il n'avait jamais tenté l'expérience. Mais pour elle, il était capable de manger n'importe quoi, juste parce qu'elle avait mis le temps de le cuisiner. Et parce que cela faisait parti de cette voie vers des lendemains. Il ferait tout pour que Rose se refasse confiance et cela passait aussi par ce genre de victoires. Toutes les victoires étaient bonnes à prendre, mêmes les plus petites. Et puis, peut-être que cette fois-ci, il n'allait avoir aucun problème avec le gâteau. Il se souvenait des fois où il cuisinait avec ses mères. Que ce soit avec Nickole ou Lorena, il aimait partager ce genre de moment avec elles. C'étaient des moments de complicité et une façon pour lui de retrouver une stabilité alors que l'école et ses camarades le mettaient parfois à dure épreuve. Et cela avait toujours eu effet de l'apaiser, de retrouver ses valeurs et l'équilibre d'un foyer. Et pour lui, c'était le principal et le plus important. C'étaient ces petits instants qui lui redonnaient confiance. Et cela pouvait être la même chose avec Rose. Et puis, il avait souvent été son « cobaye » et il ne s'en était pas trop mal sorti. Il était toujours en bonne santé, même si certaines digestions avaient été plus compliquées que d'autres. « Les autres raisons ? Cela fait longtemps que je ne lui ai pas vraiment parlé. Et je sais qu'elle aimerait savoir qu'elle peut te voir quand elle en a besoin et vice-versa. » En tout cas, c'était ce qu'il pensait. Voilà pourquoi il l'avait invité. Rose pouvait voir qui elle voulait. D'ailleurs, il ne pensait pas qu'il était nécessaire de lui dire pour qu'elle le sache. Mais il l'avait fait afin que les choses soient claires et qu'elle ne se pose pas de question. Puis aux mots de Rose, un fin sourire s'afficha que le visage de Nick. « J'imagine. Elle n'a pas changé. Mais elle s’inquiète pour toi. » Et c'était un peu le cas de tout le monde. Mais il pouvait aussi comprendre que Rose en avait assez de l'avoir sur le dos. Surtout que ce n'était pas forcément ce qu'appréciait la jeune femme. Même si cela partait d'une bonne intention. « Je n'ai pas envie que tu t'éclipses si j'ai de la visite. Je te l'ai dis, tu es ici chez toi. En plus, je reçois rarement ces dernières semaines. Je suis devenu un ermite. » Il fit une grimace amusé. Ces soirées ressemblaient plus à celles d'un vieux de soixante ans, plutôt qu'à un jeune homme d'à peine trente ans. Mais Nick adorait sa tranquillité. Il n'avait jamais été du genre à aimer les soirées en boite, avec la musique qui lui fait saigner les oreilles, à boire plus que de raison. Et puis c'était la saison des salons du livres. Il travaillait beaucoup, encore plus chez lui. Rose avait du le remarquer. Mais il appréciait ça. Planifier des lectures, des séances de dédicaces, choisir des auteurs. Cela lui plaisait. Et malgré le temps, il ne s'en lassait pas. Ce qui était une bonne chose. Et c'était aussi ça qui lui avait permis d'en arriver là où il était, directeur du département jeunesse. Il y a seulement quelques voyages qu'il avait reporté. Mais des voyages qui pouvaient l'être et qui cela ne l'empêchait pas de travailler et de rester en contact avec les gens qu'il suivait. Tout comme il aurait pu le faire pour Rose si elle était venue à leurs rendez-vous. Mais ce n'était que partie remise. Il savait être patient. A la remarque suivante, Nick se contenta de hausser les épaules, réfléchissant à tout ça. « Non, je sais que je porte le bon prénom. » Il s'en amusait souvent. Mais peut-être qu'il aurait pu être l'épine de Rose. Parce que jusque là, il avait eu l'impression de la blesser sans même le vouloir. Il espérait maintenant qu'il allait pouvoir l'aider, comme il le souhaitait depuis le départ. « Il ne fait que ça. Et il y met du cœur. Mais c'est la saison des amours. Il veut impressionner sa belle. » Cela le faisait sourire quand il voyait l'oiseau, chaque jour au même moment de la journée, se mettre à chanter dans l'espoir d'attirer une belle sur sa branche. « Ou en tout cas toutes celles qui pourraient passer près de son arbre. » Cela faisait de l'animation quand le silence était un peu trop présent dans son bureau. Parce que Nick aimait travailler en silence et qu'à son bureau, il mettait rarement une musique d'ambiance. Mais là c'était différent et bien plus agréable aussi. En tout cas pour lui, peut-être que certains de ses collaborateurs ne diraient pas la même chose. Mais c'était vrai pour lui.

Nick jeta ensuite un œil à Rose alors qu'ils abordaient le sujet du père de la jeune femme. Il ne savait pas s'il faisait bien. Mais il se disait que Rose en avait peut-être besoin. Cela ne devait pas être un sujet tabou. Elle devait apprendre à en parler afin de faire son deuil. Parce qu'il était clair que Rose ne l'avait pas fait. Et pour Nick, c'était une bonne chose si elle arrivait à en parler. Même s'il se doutait que cela ne devait pas être très évident. Et que la douleur était encore présente. Il esquissa un sourire aux mots de la belle brune. « S'il était intimidé, alors il le cachait très bien. » Parce qu'il n'avait rien vu. Rien remarqué du tout. Il faut dire, comme il le disait à Rose, il avait été assez impressionné ce soir-là. Un fin sourire s'afficha que ses lèvres quand il repensa à cette soirée. « Je l'appréciais aussi... C'était un homme bien. Et tout ce qu'il voulait, c'était ton bonheur et celui de ta mère. » Lui, il n'avait pas eu de père. Mais il aurait imaginé le sien comme celui de Rose. Et ça, il ne lui avait jamais dit. Par la suite, ils avaient eu de belles conversations. Ce qui manquait aussi à Nick, qui était surtout entouré de femmes. Cela lui avait fait du bien d'avoir une figure masculine dans sa vie. Mais il voyait que cela n'était pas un sujet de conversation à aborder ce soir. Alors il n'insista pas. Rose rebondissait sur ses journées au bureau. Ce qui n'avait rien de transcendant. « Vraiment ? Pourtant, j'arrive à en ennuyer certains quand je m'y mets. » Et pas d'un peu. Lui, il était passionné. Il ne pensait pas que certains sujets pourraient ennuyer les autres. Parfois il s'emportait un peu trop. Mais cela n'avait jamais été le cas avec Rose. Elle l'avait toujours écouté. Elle lui avait toujours demandé de lui parler de bouquins, des sorties qui allaient arriver. Et encore ce soir, elle semblait apprécier ça. Comme quoi, certaines choses ne changeaient pas. Et c'était chouette. Il n'y avait qu'avec elle, qu'il pouvait parler de tout, sans craindre de lasser. Les yeux de Nickolas s'étaient posés sur le plan de travail. Rose semblait à l'aise dans la préparation de son gâteau aux pommes. Mais ils allaient devoir passer un petit temps à tout nettoyer. Déjà à l'époque, Rose en mettait partout. Et ça non plus, ça ne changeait pas. « Sa gamelle n'a rien à craindre avec moi. » Un nouveau sourire se logea sur les lèvres du jeune homme. « Tant mieux alors, puisqu'il sera chez lui. » Comme sa maîtresse allait-il ajouter mais ça, Rose le savait déjà. « En tout cas, il semble avoir un sacré caractère. » Un peu comme Rose finalement.

Quand Rose quitta la cuisine pour se changer, il nettoya et rangea rapidement le plan de travail. Il ne manquait plus que de mettre le gâteau au four. Il croisa à nouveau son regard sur elle quand elle regagna la cuisine. Ses joues étaient rouges. « Je n'ai rien dit. » Répondait Nick avec un léger rire. Oui, il savait qu'elle était une catastrophe ambulante et pourtant, il lui avait confié la cuisine. Ce qui prouvait qu'il avait confiance en elle. « Pourquoi pas. C'est une bonne idée. Mais il faut que j'arrête le four avant ça, sinon on risque de faire brûler l'appartement. » Et comme les lasagnes étaient entrain de cuire, c'était un peu compliqué. Rose semblait impatiente de sortir. Mais il comprenait. Elle avait été enfermée trop longtemps. Forcément il aurait eu la même envie. Et puis se balader comme ça dans la ville endormie, c'était quelque chose qu'ils aimaient faire tous les deux.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Jeu 12 Avr - 19:14

Quiet mind
Nickolas & Rose
Aborder le sujet de ma mère est délicat, est toujours délicat alors qu'elle est sans conteste l'une des personnes à laquelle je pense le plus tous les jours. Et qu'elle est sûrement celle qui a l'impact le plus conséquent sur toute mon existence - penser au pouvoir de sa signature... penser à tout ce que peut faire ce simple gribouillis qu'elle exécute mécaniquement, me faire sortir ou enfermer par exemple, ça ne m'aide pas à me montrer un peu meilleure vis à vis d'elle. Je suis une fille ingrate. Trop rapidement, je deviens sarcastique à propos d'elle ; c'est pourtant Nick qui a raison de bout en bout, qui adopte la bonne attitude, ce que, telle une enfant, je m'obstine à ne pas voir. « Oh, je peux vous arranger une discussion en tête à tête si ça te manque. » Bien sûr que ça la rassure de me voir en chair et en os au moins une fois par jour, de vérifier que j'ai toujours les pieds sur terre, de situer l'abîme par rapport à ma position : elle sait qu'un jour ou l'autre, je retomberai. Fatalement, je crois qu'elle est au courant. Elle veut juste que ce ne soit pas aujourd'hui, ni demain ; je ne sais pas très bien ce qu'elle recherche, en fait, mais ses coups d'œil de biais m'énervent vite. Elle n'était même pas aussi attentive lorsque j'étais enfant et que le monde était rempli de dangers potentiels. « Je sais. Mais c'est lourd à porter. »
Aborder le sujet de ma mère est délicat et mon ressentiment plus ou moins justifié à son égard est une enclume, capable de tout fracasser. Mieux vaudrait en changer, même si je manque cruellement de subtilité en faisant cela. « Et... Nickole et Lorena, comment vont-elles ? Ça fait longtemps aussi. »
Ça fait l'éternité, de cette longueur étirée et sans couleur que le temps sait si bien prendre à certaines heures, qui semblent devenir des siècles. Jamais on épuisera le contenu moelleux de leurs enveloppes ; ce sont des coffres au trésor dans lesquels on ne cesse de puiser, on ne cessera jamais. La montre, l'horloge et le calendrier, les indications numériques ne comptent plus. Les soirées avec Nick, c'est un peu ça. La nuit a l'air de m'accorder le privilège suprême de s'étaler et de durer toujours - elle en a l'air, seulement. Je les adore, les soirs, même si je reste consciente qu'il n'en sera certainement pas toujours ainsi, aussi calme et réglée que soit la vie qu'il mène.
« J'ai remarqué... c'est gentil en tous cas. Enfin, si jamais... bref. »

Je bredouille comme une parfaite idiote. Pourquoi, qu'est-ce que ça a de perturbant et que je ne veux pas approcher, serait-ce l'idée qu'il y a des choses dont il faut me tenir à l'écart ?
Elle n'a rien de nouveau.
Je m'absorbe dans la création de l'image du tomtit sur son arbre pépiant à qui mieux mieux toute la journée. Elle est gaie et sans risque.
Cet oiseau serait donc un aspirant tombeur.
« Il y en a certaines qui ont de la chance, ça doit être un vrai concert... oh, tu sais que j'imitais assez bien le tomtit ? »
À l'imparfait. Parce que ça fait longtemps que je n'ai pas fait cela, remuer des lèvres pour tenter de siffler, et qu'en riant, en plus, la tâche n'est pas rendue plus aisée. C'est mon père qui m'avait appris à faire cela.

Papa, tes torts et tes travers, toutes tes petites manies me sont restées plantées tels des tessons de verre en travers de la gorge, ça a tranché la peau et je saigne maintenant - tout comme tu as saigné, mais au niveau du cœur. J'en avais plein les doigts, j'avais les mains recouvertes de ton sang à tenter de compresser la plaie, le fin tunnel de la balle dans ta chair, comme c'était illusoire, chimérique comme espoir. Et maintenant l'illusion c'est que c'est moi qui saigne de tes faiblesses de caractère, du fait que tu cachais trop bien ce que tu ressentais et te dissimulais derrière ce silence tellement grave, trop imposant pour une enfant. « Il faisait ça très bien. »
Et je ne veux plus en discuter, en fait. Ça fait du bien, pour un moment, d'avoir cette impression de recréer mon père en l'évoquant, d'ouvrir cette porte secrète sur sa vie, mais pas trop loin, pas trop longtemps. Ça fait toujours aussi mal, quelque part.
N'en parlons plus. N'en rajoutons pas encore sur le fait que oui, il a été une personne simple et bonne - mon cœur est désespérément reconnaissant d'entendre Nickolas le dire... je suis la fille de quelqu'un de bien. Dommage que, comme la forme du visage ce ne soit pas héréditaire.
N'en parlons pas encore. Parlons de son travail, c'est sain, c'est bourdonnant et passionnant, j'imagine toujours une maison d'édition comme une riche où l'odeur d'encre fraîche remplace celle du nectar des fleurs. Voilà un bon sujet de conversation. J'aime vivre en quelque sorte par procuration quand il me raconte ce qu'il a fait à son bureau dans la journée, ce qu'il projette pour la suite, ce qui l'enthousiasme ou l'ennuie par avance. Ça a toujours été le cas, mais aujourd'hui encore plus fortement qu'avant. Dans ces moments-là, je pourrais poser mon menton sur mon poing, le regarder et rester immobile durant des siècles.
« Pas moi. On peut en parler toute la nuit, si tu veux. »

Je doute qu'il en ait très envie, cependant, parce que les gens qui mènent une existence active aiment à marquer une coupure entre leur foyer et le reste du monde, à un moment. Je le sais parce que c'était mon cas, avant. L'avantage avec les livres, c'est que la frontière est ténue et aisément franchissable.
Les livres me manquent, j'essaie de passer outre, de l'oublier mais c'est tellement réconfortant que de l'entendre en parler tous les jours. Je rêve de m'enivrer non pas d'alcool mais de papier imprimé, de me farcir les veines de mots - c'est long que de guérir et que de réapprendre, c'est un long... il y a de nombreuses choses d'avant les problèmes pour lesquelles je ressens un manque langoureux, mais j'essaie d'oublier, de passer outre. Par rapport à ce qu'était ma vie il y a tout juste une semaine je n'ai pas de quoi me plaindre. Sauf que parfois, dans la journée quand il est au travail ou bien le soir, quand il tarde à rentrer, je n'y peux rien, le manque revient et comme le font les vagues, il lèche mon cœur en y laissant de l'iode corrosive...
Les livres. Mon chat me manque aussi, même si je passe le voir souvent - arrêtons-là la liste. Ce serait dangereux d'aller plus loin. Le chat, donc, Pip le petit chat au sacré caractère. « Il a été abandonné dans un buisson avant qu'on ne le trouve. C'est un survivant. »
Je ne sais pas si ça joue mais c'est le souvenir d'un beau jour. Je suis contente, vraiment, que Nick ait proposé qu'il vienne avec nous. Les livres et Pip et pas plus loin... pas plus loin.
« Je pense que je prendrai mon violon aussi, au passage. »

Cette virée décidée sur un coup de tête est en train de se transformer en véritable expédition - heureusement que je ne suis plus capable de lire, en fait. Ce serait un camion de déménagement qu'il faudrait autrement pour faire transiter d'un appartement à un autre les essentiels de mon existence.
Comme quoi. À chaque malheur il y a du bon - je hais cette expression...

À chaque malheur il y a du bon. J'ai tâché mon tee-shirt, j'ai filé me changer et maintenant, en revenant à la cuisine, j'entends son rire, léger : on dirait qu'il l'étouffe. Je ne sais quoi y lire, c'est simplement bon de l'entendre, comme à chaque fois. À tout malheur il y a du bon, il y a eu ce mois horrible à l'hôpital à ne plus savoir qu'attendre du jour d'après, et maintenant, je suis là et le bonheur me dévore le ventre.
Ça me prend tout à coup et de façon violente. J'ai envie de rire à mon tour en écho et d'être consumée par ce feu, et je suis une enfant avec ma précipitation et mon air insouciant. « Bien entendu. Je vais faire la vaisselle en attendant. » Essaie de ne pas trop trépigner, de ne pas agiter mes pieds censés être immobiles devant l'évier ; concentre-toi sur la vaisselle, il va y avoir de la casse autrement. Au bout d'un moment, je repose ce que je suis en train de frotter attentivement, me rince les mains et fronce un peu les sourcils - le réflexe, toujours.
« Est-ce que ça te dérangerait qu'on ouvre un peu la fenêtre ? »

Je trouve qu'il fait très chaud, ici, ce doit être le four qui tourne à plein régime. Je m'approche de la vitre, y coulisse un regard : le ciel est clair. C'est une très belle soirée, et des parfums exquis voguent certainement dans l'air. Çà et là, quelques lueurs toutes rondes commencent à poindre, presque avec timidité : je pense, bonjour à vous, étoiles.
Et qu'est-ce que cela ferait si on ne sortait pas, si je restais devant la fenêtre toute la nuit avec mes seules suppositions des odeurs qu'elle charrie ?
« Il m'arrive de me dire que ça n'a pas d'importance de réaliser ou pas ses rêves. En rêver a suffit, quelque part. »

C'est très bizarre de lâcher une réflexion pareille comme ça, et je suis on ne peut plus sobre en plus. Tant que c'est avec Nickolas. Je suppose qu'il ne s'en étonnera pas trop. Je retourne près du four, y jette un œil toujours avec cet air distrait : la cuisson a bien avancé. Mes yeux tombent sur le dessus du gâteau, qui a gonflé et pris une jolie teinte dorée sur laquelle tranchent les morceaux de pommes un peu plus pâles.
« Mais il est magnifique ! »

Serait-ce la bonne surprise du soir ? Attention, on dit souvent que l'habit ne fait pas le moine.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 15 Avr - 10:57


Rose & Nickolas

Quiet mind


Sujet délicat oui. Mais Nick savait bien qu'il fallait en parler. Même si cela ne tenait pas lieu à une entière conversation. Il était important de ne pas se voiler et de parler de tous les sujets qui pourraient l'aider à relever un peu plus la tête. La mère de Rose était une personne importante dans sa vie. Elles avaient besoin l'une de l'autre. C'était leur façon de fonctionner. Alors si elle avait besoin de voir sa mère, il n'y avait pas de problème pour lui. Elle était la bienvenue. Alors il voulait que Rose le sache. Elle pouvait l'inviter quand elle le voulait. La porte n'était pas fermée. Pareil pour les amis de la belle. Ils pouvaient venir quand ils voulaient. Nickolas voulait lui faire comprendre qu'elle n'était pas ici en tant qu'invité, non elle était là chez elle. Alors elle pouvait faire ce qu'elle souhaitait. Ce n'était pas lui qui allait lui mettre des barrières si elle voulait aller vers les autres. Aux mots de Rose, il posa ses yeux bleus sur elle. « Ça ne me dérange pas. » Il n'était pas certain que les sujets de conversation allaient être nombreux. Mais voir son ancienne belle-mère ne l'ennuyait pas. Ils arrivaient à se parler sans devenir désagréable. Parce qu'au fond, ils étaient tous les deux inquiets pour une seule personne : Rose. Alors forcément, cela arrangeait les choses. « Rappelle-lui de temps en temps. Cela ne peut que vous faire du bien. » Voilà le principal. Chacun avait quand même besoin de son espace vital. Et il fallait le respecter. Puis à la question de Rose, un fin sourire s'afficha sur les lèvres de Nick, sachant très bien qu'elle allait lui poser la même question. « Elles vont très bien. D'ailleurs, tu le verras toi-même puisqu'elles doivent passer demain. » Bien sûr, ses mères avaient appris pour Rose et elles voulaient passer à l'appartement. Elles voulaient voir la jeune femme et s'assurer un peu que tout se passait bien. Elles appréciaient Rose même si via les années, elles s'étaient un peu perdues de vue. Disons qu'elles étaient un peu dans une situation délicate vis à vis de Nick et Rose. Elles attendaient juste un peu le feu vert pour un nouveau rapprochement. Elles s'étaient un peu inquiétées à la rupture des deux jeunes gens mais elles ne s'étaient pas permises de faire le moindre commentaire. Elles étaient restées un peu à l'écart afin de ne pas aggraver les choses. C'était déjà assez compliqué à l'époque. Il était inutile qu'elles s'en mêlent à nouveau. Mais là que Rose était chez Nick, la curiosité avait reprit le dessus. Alors forcément, elles avaient demandé si elles pouvaient passer. La conversation vira ensuite sur le Tomtit. Cet oiseau avait élu domicile sur l'arbre juste à côté de son bureau. Et il pouvait le voir chaque jour faire sa danse pour attirer une femelle. Pour l'instant, cela n'avait pas été fructueux. Mais il était jeune, inexpérimenté à voir son indécision quant à la façon dont il devait se mouvoir. Mais il était déterminé. Et bientôt, Nick était persuadé d'avoir un beau nid dans ce même arbre. « Je me souviens de certaines fois où tu voulait chanter comme eux. » Comme quand elle lui racontait certaines après-midi au parc. C'est vrai qu'elle sifflait bien. Son père lui avait appris à imiter certains oiseaux. Mais cela faisait une éternité qu'il ne l'avait pas entendu faire.

Nickolas remarqua rapidement que Rose ne voulait pas aborder le sujet de son père. C'était son droit. Et il n'allait pas passer au dessus. Il était là au cas où elle souhaiter avoir une conversation. Il n'allait pas la brusquer. « Je crois que je tomberai de fatigue avant la nuit, crois-moi. » Non, ses journées n'avaient rien de formidable. A vrai dire, elles se ressemblaient beaucoup. Mais il aimait ça. Cela lui changeait de ses voyages ici et là, à la recherche de nouveaux auteurs. Certaines journées calmes, il savait les apprécier à leur juste valeur. « J'ai récupéré quelques livres aujourd'hui. Si jamais tu veux en lire un ou deux, ils sont sur mon bureau. » Il lui tendait la main, une nouvelle fois. Si elle sentait le besoin de lire quelque chose. Il voulait qu'elle sache qu'elle pouvait aller dans son bureau, dans cette bibliothèque qu'il avait aménagé afin de pouvoir y travailler. Il aimait son ambiance sereine, les grandes fenêtres qui laissaient la luminosité. C'était agréable de s'y poser. « Ils ont été publiés. » Alors elle pouvait lire ce qu'elle souhaitait. Puis Rose reprit la parole. Elle semblait partante pour passer chez elle, prendre ce dont elle avait besoin. Il n'était pas contre cette idée, au contraire. C'était même lui qui lui avait proposé. « Ton violon. C'est vrai que cela fait un bail que je ne t'ai pas entendu en jouer. » Ils pourraient faire un duo, elle au violon, lui à la guitare. Il jouait aussi un peu de piano. Mais cela faisait une éternité qu'il n'avait pas mis ses doigts sur les touches noires et blanches de cet instrument. Il n'en avait pas chez lui. Seules ses mamans en possédaient un. Le même piano sur lequel il avait appris à jouer quand il était enfant. Alors il n'avait pas l’opportunité de jouer très souvent. « Je prendrai le violon et toi, ton petit fauve. » Il doutait que le chat soit très à l'aise avec lui. En tout cas, les premiers jours il savait que cela allait être compliqué. Mais ce n'était qu'une question de temps et de patience.

La préparation du repas touchait à sa fin. Il espérait que le gâteau allait être mangeable. En tout cas, il y avait une bonne odeur dans la cuisine. Il aida la jeune femme à débarrasser un peu la cuisine alors que Rose reprenait la parole pour lui demander d'ouvrir une fenêtre. « Non vas-y. C'est vrai qu'il commence à faire chaud. » D'ailleurs il passe une main sur son front. Il jette un œil au four et au plat qui finit de cuire. « Il faudrait trouver un panier, histoire de mettre ce qu'il faut, à l'intérieur. » Malheureusement, il ne savait pas s'il avait ce genre de chose à l'appartement... Puis à la réflexion de Rose, il reporta son attention sur elle. « Parfois certains rêves méritent d'être réalisés. » Il parlait surtout de ce livre qu'elle avait écris et qui était pour l'instant, en suspens. Il méritait d'être publié. Parce qu'il croyait en lui et il savait que cela allait faire un succès. Seulement, elle était comme bloquée sur le pas de la porte, incapable de tourner la poignée pour entrer. Il ne savait pas encore très bien ce qui pouvait la bloquer. Ce qu'il savait, c'était que pour l'instant, elle n'était pas prête à avancer, à ouvrir cette porte. Elle avait peut-être besoin de temps. En tout cas, il espérait qu'elle n'allait pas abandonner ce très beau projet. Nick la regardait surveiller la cuisson du gâteau. « Je ne sens pas l'odeur de brûlé donc c'est bon signe. » Ajouta ce dernier pour taquiner la jeune femme.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mar 17 Avr - 8:40

Quiet mind
Nickolas & Rose
C’est une chose que de prononcer deux prénoms tout en gardant un air vague, en demandant des nouvelles parce qu’on est loin, parce qu’on a été si loin pendant tellement longtemps, et c’en est une toute autre que d’apprendre qu’on sera confronté aux visages portant lesdits prénoms dans moins de vingt-quatre heures. Nickole et Lorena doivent donc passer. Elles vont venir demain. Ça ne me dérange pas du tout, à vrai dire c’est plutôt même une bonne surprise, parce que ça fait vraiment longtemps et que je les ai toujours beaucoup appréciées toutes les deux – bon sang, ce que j’aurais aimé que mes parents soient comme elles. Mais j’ai aussi toujours été timide. Et là, comme cela j’appréhende un peu. Est-ce que je vais jouer malgré moi la toute jeune fille bien innocente et bien élevée, comme lors de notre première rencontre dont mon principal souvenir est que j’avais l’air d’une oie blanche osant à peine ouvrir la bouche ? Est-ce qu’il y aura un moment de gêne, au début, qui prendra la parole et pour dire quoi ? Mais qu’est-ce qu’elles savent pour commencer, de quoi est-ce que Nickolas a bien pu leur parler ?
« C’est vrai ? Ça me fait plaisir. »
Premier élan, réflexe, toujours le même : s’exclamer c’est vrai, même si je ne doute pas un instant de la sincérité de mon interlocuteur, ça sort tout seul. Je ne suis pas en train de mentir. Vraiment pas ; c’est vrai que ça me fait plaisir, c’est juste que beaucoup de questions émergent, auxquelles je ne trouve pas de réponses, et c’est toujours angoissant. Il faut donc les poser, demander, sauf que je n’assume qu’à moitié, alors je baisse la tête, fixe le sol et mon ton est plus grave.
« Qu’est-ce que tu leur as raconté, au juste ? »
Je ne pourrais jamais être à l’aise devant quelqu’un sans être au clair avec ce qu’il sait ou pas de moi, plus maintenant. Maintenant le monde est divisé en deux, ceux qui sont au courant et tous les autres, j’ai tracé une frontière invisible que je n’apprécie pas tellement voir franchir. Avant c’était plus simple, tout était plus aisé avant : il suffisait de sourire, de dire bonjour aux gens, regarder les oiseaux par la fenêtre et tenter de reproduire leur chant en s’étouffant avec des éclats de rire : j’ai souvent désiré avoir un bec et des ailes, souvent rêvé de lancer quelques notes avant de m’envoler.
Il s’en souvient. Je forme un petit rond avec mes lèvres, cherche à siffler comme Papa m’avait appris à le faire, le secret Rose c’est de… mais les seuls sons qui sortent sont loin d’être convaincants. Ça commence par être affreusement faux, avant d’être un peu moins insupportables, sans présenter la moindre ressemblance avec le chant du tomtit.
« Bon d’accord, je manque d’entraînement… »
Un peu, oui, ça fait une éternité que je n’avais même pas songé à faire cela. J’avais presque oublié que je savais le faire. Il y a tant d’autres choses comme celle-ci que mon esprit a refoulé à l’arrière-plan, faire des albums photos avec un soin infini, et écouter le bruit du thé se coulissant dans les tasses et lire, bon sang, lire, faire des gâteaux sur un coup de tête et déchiffrer des partitions, se mettre à rire sans trop comprendre pourquoi et jeter des sourires sans s’en rendre compte. Mais il y a des pratiques que j’ai gardées et entretenues. Comme celle de trop bien écouter et fouiller tous les mots, par exemple. Je saute sur n’importe quoi. « Si tu te sens fatigué, on n’est pas obligés de sortir. » Je suis consciente que Nickolas se plie en quatre pour me faire oublier le vide que mes yeux voient partout dans l’univers, et surtout dans mon corps. Je suis une petite fille gâtée et cajolée, au chaud derrière de nouveaux murs autrement plus apaisants, mais des murs pour bouclier tout de même. Il se donne tellement de mal. Tenez, rien que pour ce soir, je vais dresser la liste de toutes ses attentions : le gâteau, la sortie et les invitations à ouvrir grand la porte d’entrée, et maintenant les livres… des livres qu’il me déclare avoir ramenés du bureau. Ça me fait quelque chose, comme tout à l’heure avec l’annonce de la visite de ses mères, mais je ne saurais pas mettre le doigt dessus. « Merci. »
C’est un peu court et sec que de se contenter de lui répondre cela, alors comme tout à l’heure, je me tâte et me lance pour partager autre chose avec lui. « Je suis en train de réapprendre. J’ai pu lire un poème ce matin. J’avoue, ça ne comptait pas vraiment parce que je le connais par cœur mais… »
Mais c’est déjà un progrès par rapport à ce vertige abominable que me causait la simple vue du papier imprimé il y a quelques semaines. Et pas à pas, tout petit pas après tout petit pas, peut-être que j’arriverai de nouveau à conserver des volumes entre les mains et à me coulisser entre leurs pages. M’installer dans les mots, goûter les phrases. Perdre contact avec le monde réel.
Je me demande si mes yeux voudront bien fonctionner avec mes partitions de violon ou si les notes se flouteront comme les lettres. Je ne sais pas. Je n’y ai pas touché depuis… avant l’installation définitive du symptôme. Dans le pire des cas, ce n’est pas grave, j’ai des morceaux entiers en mémoire ; tenir l’instrument contre moi me manque tellement, en fait. Je ne l’avais pas réalisé avant et ça paraît complètement fou.
« Ça fait aussi longtemps que je n’ai pas joué. »
Et il y a tout un tas de choses que Nick ne m’a pas vue faire depuis, des années osons le mot, la réciproque étant aussi vraie. Mais ça je ne vais pas le dire. Nous récupérerons donc le chat, ses affaires et mon violon en passant à l’appartement tout à l’heure.
« Bon choix. Le violon a moins de griffes. »
Pip a beau ne pas avoir un tempérament agressif, on n’est jamais à l’abri d’un coup de patte mal maîtrisé. Ou d’un jeu tournant mal.

Depuis que nous avons commencé à cuisiner, je parle et je m’agite, je parle vite et lâche des rires et fais des plaisanteries, et c’est vrai que je ne me suis pas sentie aussi bien depuis peut-être, décidément, faire des estimations est difficile, un bon moment en tous cas. Sauf que je crois que je mens, que ce que j’affiche est un masque. Je me dissimule des choses à moi-même, elles sont là et je préfère ne pas me l’avouer. Alors voilà, c’est plus simple que de regarder l’eau mousseuse dans l’évier ou bien d’aller à la fenêtre, d’aller de l’évier à la fenêtre et de retourner à l’évier, c’est plus simple. Mais je ne pourrai pas toujours fuir.
Certains rêves méritent d’être réalisés.
Lesquels, puisqu’il faut en choisir seulement certains ? Lesquels est-ce qu’on élit et pour lesquels on se donne de la peine ?
Je regarde Nickolas, sans savoir ce que je cherche dans ses yeux, je nage en eaux troubles de toute façon.
« Mais lesquels ? »
C’est lâché. Il aurait mieux valut pas. Pourquoi est-ce que je ne peux pas tout simplement me contenter de regarder par la vitre du four, ou à travers la cuisine pour dégotter ce qu’il faut, un panier, quoi que ce soit pour transporter tout ça ? Je regarde par la vitre du four et pendant deux secondes, l’excitation me submerge de nouveau. C’est le premier gâteau de ma vie qui a l’air réussi.
« Ne fais pas d’ironie, ce moment est historique. »
À marquer d’une croix dorée sur mon calendrier. Oh, mais pourquoi est-ce que j’en fais moi, et pourquoi est-ce que j’ai cette quasi vague de dégoût montant dans ma poitrine, cette phrase tournant en boucle dans mon cerveau, tu mens tu mens tu mens ?
Je ne sais pas ce que je fais et pas non plus ce qu’il se passe. Lentement, je me relève, m’adosse de nouveau au plan de travail. Et regarde Nickolas.
« Qu’est-ce… qu’est-ce que tu veux faire ? » Inspire, et expire juste après, la phrase est trop générale et mon ton, déplaisant à mon sens, trop bas d’un coup. Il faut se raccrocher aux faits, à la matière. « Je pense qu’un torchon propre peut suffire pour l’emballer… ou une grande boîte en fer. Mais… on n’est pas obligés de sortir. »
Puisque certains rêves ne méritent pas d’être réalisés et que la nuit peut être humée rien qu’en ouvrant la fenêtre. Pourquoi se donner la peine de remuer, de faire des gestes, de descendre dans la rue pour affronter les inévitables passants et leurs regards qui jugent ?
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Quiet mind (Roselas)

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