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 Quiet mind (Roselas)

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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mar 17 Avr - 21:02


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il voyait la surprise sur le visage de la jeune femme quand il aborda le sujet de ses parents. En même temps, il s'en doutait un peu. Nickole et Lorena étaient assez curieuses de nature. Combien de fois avait-il été interrogé par ces dernières quand il revenait de l'école ou d'une sortie avec un air chafouin sur le visage ? Des centaines. Elles étaients très douées pour tirer les vers du nez. C'était certain. Et Rose s'en souvenait très bien. Venant de ses mamans, il savait que ce n'était pas méchant. Mais il comprenait qu'elles pouvaient aussi très facilement, pousser une personne dans un mutisme irréversible. Et à vrai dire, il n'avait pas envie de ça avec Rose, surtout pas. Alors il esquissa un doux sourire en voyant son expression, encore plus à ses propos suivants. « T'en fais pas, je serais là. Si elles sont trop curieuses, je les calmerai. Mais tu sais qu'elles t'adorent. » Les trois femmes s'étaient toujours très bien entendues. Et elles avaient toujours pris soin de Rose. Elles l'avaient prises sous leurs ailes à chaque fois qu'elle était venue à la maison. Nickolas ne se faisait pas de souci là dessus. « Elles ne sont pas là pour te blesser. » Il espérait qu'elle le savait. On disait parfois que les gens changeaient avec le temps. Mais ce n'était pas le cas pour les deux femmes qui l'avaient élevés. Elles étaient toujours égales à elle-même. Et Nick espérait que cela allait rassurer la jeune femme. Et d'ailleurs, il comprenait la question de Rose. Question qu'elle posa rapidement, le visage rivé sur le sol parqueté. Elle s'inquiète encore une fois. Il aimerait tellement la prendre dans ses bras. Il aimerait l'embrasser mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas se permettre ce genre de gestes. Parce que leur relation était encore un peu tendue. Et il marchait encore sur des œufs. Mais rien que la voir ici, chaque matin, chaque soir, cela lui suffisait. Il était heureux comme ça. Et comme il lui avait dit, chaque chose en son temps. Petit à petit, un pas après l'autre. Voilà tout ce qu'il voulait. Et c'était aussi tout ce dont elle avait besoin. « J'ai du mal à leur cacher des choses et tu le sais. Elles m'ont posé des questions parce qu'elles ont remarqué que j'avais l'esprit occupé. » Pour elles, Nickolas était comme un livre ouvert. Il était très difficile de leur cacher quelque chose. Et de plus, il n'était pas non plus du genre à rester silencieux quand il avait quelque chose sur le cœur. C'était comme ça. « Et parce qu'elles s'inquiétaient aussi pour toi. » Voilà ce qui était le plus important. Et comme il lui disait, elle ne devait pas avoir honte de quoique ce soit. Elle ne devait rien cacher. Et puis cela lui permettait de ne pas jouer sur les apparences ou sur les mots. Ici elle ne pouvait pas mettre un masque et jouer la comédie. Cela n'intéressait pas. Cela n'intéressait pas Nick, ni ses mères. Elles voulaient s'assurer que cela allait bien. Qu'elle était bien. C'était le plus important. C'était elle le plus important. Un fins sourire s'afficha sur les lèvres du directeur d'édition. « Elles pensent que je ne m'occupe pas assez de toi. Alors au final, je crois que c'est moi qui devrait avoir peur... trois femmes contre moi. » Il fit une petite grimace afin de rassurer une nouvelle fois la jeune femme. « Mais si vraiment, ça te met mal à l'aise, je leur demande de ne pas passer. » Et là, il était vraiment sérieux. Il ne voulait pas non plus que Rose se sente prise au piège, ou qu'elle manque un peu d'oxygène. Nick savait que la foule lui faisait peur. Et il ne suffisait que d'un mot pour qu'il annule tout ça.

Son imitation du Tomtit était intéressante. Et cela le fit sourire. « Un peu. Mais tu es sur la bonne voix. Peut-être que tu devrais passer à mon bureau et prendre un ou deux cours avec l'amoureux transis sur sa branche. » Le pauvre. Il fallait vraiment que sa parade quotidienne porte ses fruits. Ce serait dommage qu'il reste seul pour le reste de sa vie. « Je suis certain que cela pourrait t'aider . » Et puis en même temps, cela lui permettrait de passer à la maison d'édition, de sortir un peu du quartier et de retrouver le monde extérieur en dehors de ses trajets quotidiens. « Non non, j'ai très envie de sortir. J'adore ces promenades en ville. » Ils étaient pareil sur ce point, ils aimaient déambuler dans les rues calmes, après la cohue journalière, quand le silence reprenait ses droits dans les petites allées pavées. Cela faisait du bien de savoir que Rose partageait ce point commun. Encore plus quand elle lui avouait qu'elle lisait à nouveau. Un poème. C'était déjà un bon début. C'était chouette. Et le sourire qu'il affichait sur son visage prouvait ce qu'il pensait à ce moment-là. « Si ça compte. C'est un pas important. Et puis tu sais que si tu as envie de lire autre chose, tu as le choix dans la bibliothèque. » Dans cette pièce qui lui servait aussi de bureau, il y avait de tout. Des ouvrages littéraires, des essaies scientifiques, des recueils de poésies, des nouvelles, etc. Il y avait le choix. Et elle pouvait lire ce qu'elle voulait, quand elle le voulait. Puis elle lui parla de son violon et du fait qu'elle n'avait pas joué depuis longtemps. « Alors ce sera une bonne occasion pour rejouer. Je t'accompagnerai. » La musique avait toujours eu une place à part dans sa vie. Plus jeune, il avait joué avec ses mères, puis à l'école avant de se produire parfois sur scène, dans certains pubs de la ville. Et même quand il était à l'étranger, il aimait prendre sa guitare et se fondre dans le décor environnant. Grâce à ça, il avait fait de belles rencontres. Il en avait gardé des amis jusqu'à aujourd'hui.

Puis Rose était devenue songeuse. Elle semblait perdue dans ses pensées. Et il avait fallu un instant à Nick pour comprendre ce à quoi elle réflechissait. Les rêves. Oui c'était bien d'en avoir. Bien d'en recherchait et d'en réaliser. Mais ils n'étaient pas tous nécessaire. Enfin c'était ce qu'il pensait. Cela ne l'avait jamais empêché d'avancer. C'était certain. Alors aux mots de la belle, il reposa ses yeux bleus sur elle. « Ceux qui peuvent te faire avancer. Ceux qui construisent ta vie, qui t'offrent des expériences pour te faire bouger.D'autres sont là pour te faire sourire, pour te rappeler que la vie est belle, que la nature est bien faite et que les rapports humains ne sont pas tous à sens unique. » C'était ainsi qu'il prenait la vie. Ainsi qu'il avait tenté de la faire comprendre à la jeune femme lorsqu'il était venu à l'hôpital. Les rêves étaient importants. Mais ils ne devaient pas l'empêcher d'avancer. Et voilà que le gâteau était prêt. Nick siffla, admiratif. « Je veux bien te croire. » Oui c'était historique. Enfin, il fallait encore le goûter ce gâteau aux pommes. A la question de la belle, il fit mine de réfléchir un instant. Dans quoi pouvaient-ils le mettre sans risquer de tacher quoi que ce soit ou de le rendre dur comme du béton ? « J'ai peut-être ce qu'il faut. » S'exclama-t-il en allant dans le salon. Il s'empara du petit carton dans lequel se trouvait un manuscrit qu'on lui avait envoyé. Il regagna la cuisine en montrant son trophée à la jeune femme. « Tu crois que ça peut faire l'affaire ? » Le carton se fermait à la manière d'une boite à chaussures. « On ne va pas remettre cette soirée, ce serait dommage. Qu'en dis-tu ? » Sortir allait leur faire du bien. « Allez file chercher un chandail et je m'occupe du gâteau. »


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mer 18 Avr - 21:17

Quiet mind
Nickolas & Rose
Comme toujours, il essaie de me rassurer. Le pire c’est qu’il y arrive, c’est qu’il y parvient bien. Phrase après phrase, seconde après seconde, je laisse toutes ces phrases m’envahir, seconde après seconde sans remuer, sans rien faire d’autre que l’écouter. Et sa voix me fait surmonter la vague immense que j’ai vu soudainement se dresser devant nous – demain soir – que j’appréhendais d’affronter. Mais c’était bête après tout. Qu’est-ce qui peut bien se passer d’horrible ? Dressons la liste. Dans le pire des cas, je serai ridicule, muette, je casserai un ou deux verres, mais je suis presque sûre que Nickole et Lorena m’ont déjà vue faire ça. Alors tout devra bien aller. Tout ira bien. Le pire consiste toujours en mes angoisses, en fait, je me torture toute seule.
Tout ira bien.
Il suffit de se focaliser sur le plaisir de revoir deux personnes chères perdues de vue.
Ça m’embête ce qu’il souligne, le fait qu’apparemment elles se sont inquiétées et que lui-même s’est montré préoccupé. C’est le genre de chose qu’on a plutôt tendance à occulter, parce que c’est tellement désagréable d’occuper pour de mauvaises raisons l’esprit des autres. J’aurais voulu avoir une gomme magique et effacer de l’univers entier tout ce qui a trait à un quelconque morceau de moi.
J’aurais voulu savoir comment est-ce qu’il s’y prend pour trouver les mots justes et me calmer, à chaque fois, chaque fois. Je cherche la réponse sur son visage, pourtant elle ne s’y trouve pas. Il ne doit pas sentir que je le scrute plus qu’autre chose, il cherche à capter mes iris pour donner plus de poids à ses paroles. Il ne sait pas qu’en l’écoutant, j’écume l’eau tranquille de ses yeux. Sans trouver là non plus rien qu’un début d’explication. Il n’y a rien, rien qui expliquerait tout cela, et j’ai un poids sur la poitrine mais qui n’a rien à voir avec la perspective de la visite de ses mères.
Ça ne part pas avec l’air que j’expire et je comprends que c’est lié à sa façon de lâcher quelque chose de plus léger d’un coup et d’arborer ce sourire.
« Je ne pourrais jamais être contre toi. »
Trop grave face à cette légèreté. Trop étrange, dit comme cela brusquement, presque hors de propos. Détourne les yeux, expire encore. Et reviens au sujet principal, peut-être que la gomme fonctionnera et que certains mots prononcés peuvent s’effacer, qu’ils peuvent filer et fondre sans qu’on leur donne d’importance.
« Non, n’annule surtout pas. Je ne vais pas te cacher le fait que j’appréhende un peu de les revoir… mais ça me fait vraiment plaisir aussi. Vraiment. »
Sourire, un peu trop étiré pour être tout à fait naturel, pourtant ce que je dis je le pense, pourtant tout crie en moi d’être naturelle, mais je n’y parviens pas. Si je me laissais aller, il y a de fortes chances pour que trop de choses sortent. Des choses qui n’ont pas leur place entre nous, pour le moment du moins, et peut-être pour toujours.

Alors je ris. Je m’essaie à siffler, mais mon imitation du tomtit sous sa fenêtre laisse fortement à désirer. Ce n’est pas grave. Ça allège un peu plus l’atmosphère. « Si je le lui demande, tu penses qu’il voudra bien m’apprendre ? » Derrière cette histoire d’oiseau, je suppose que sa proposition de lui rendre visite à son bureau est réelle. Ça pourrait être bien, ça pourrait être une alternative à mes chemins habituels, trois tracés différents d’ici à l’hôpital, d’ici à chez ma mère, d’ici à mon appartement et puis encore ici. Ça pourrait être bien, même s’il me faut peu de temps pour saisir ce que cette idée a d’angoissant aussi.
« Il va falloir que je vienne un jour ou l’autre de toute façon… pour mon livre. »
Mon livre. Cette affaire mise sur pause, en pause encore une fois. Le temps que je sois de nouveau en mesure d’y travailler – quand, je l’ignore, y aller étape par étape, sans précipitation ni stress, d’abord réapprendre à lire. Nickolas a raison quand il dit que ça compte. Tout d’abord un poème en s’appuyant sur la mémoire. Et peu à peu, peut-être qu’un jour ce sera de nouveau des romans.
Sa bibliothèque en est pleine, de romans et d’autres types d’ouvrages. J’ai parcouru les titres, doigt glissant sur les tranches, comme une exploratrice au cœur de contrées tropicales.
« J’avoue que ta collection XIXème est très tentante. » je glisse malicieusement, se donner l’impression que tout redeviendra comme avant et qu’il sera possible de se gorger de pages. Pas après pas. D’abord la lecture, maintenant la musique. Ça m’a manqué aussi.
« Avec plaisir. J’aimais bien quand on jouait ensemble. »
Mais ça fait longtemps comme le reste. Tout a été perdu et tout tend à revenir. Je ne sais pas, je m’emmêle entre le passé et le présent instable, tout en m’interrogeant sur ce qu’il faut faire de l’avenir.
J’aime aussi ses critères de sélection des rêves qui doivent devenir réels – la succession de phrases, encore, sans pause et qui vient m’engloutir, glissement doux dans ce qui l’est plus encore, les rêves, les rêves. Les rêves qui illuminent les jours futurs. Il faut garder ceux qui le feront. C’est tout ce que je retiens de ses paroles rassérénantes, et lui offre un sourire pour toute réponse. Il est temps de s’occuper du gâteau de toute manière. Avant que son aspect parfait ne soit gâché.

« Comme quoi, les miracles existent. » Mots lâchés au hasard, sans trop s’en faire, il est temps de se préoccuper d’un récipient pour le transporter à l’extérieur, on s’agite tous les deux. Nick revient avec un carton plat qui paraît avoir la taille idéale ; je me retourne si vite que nous manquons nous cogner. Ne dis rien. « Oh oui, ça sera très bien. » N’en dis pas plus. Temps de démouler le gâteau, attention, grand moment, suspens : ce doit décidément être mon soir de chance parce que cette étape délicate se déroule sans anicroche. Il parvient entier et pratiquement intact dans la boîte. Parfait.
Sauf que je doute. Ma folle envie de mettre le nez dehors de tout à l’heure est retombée, ne me reste que ce vide, cette impression que rien ne va se produire, jamais. Que toute l’éternité pourrait s’écouler dans les clous : lit-cuisine-visites-et-dodo-de-nouveau. Mais c’est idiot. On ne peut pas se laisser subir sa vie ; il y a des choses qu’on provoque nous-même.
Va chercher une veste. C’est à peu près ce qu’il me dit, et cela suffit à me ragaillardir. Comme une enfant bien sage, je file passer quelque chose et revient à ses côtés avec une petite mine, je suis en rang, bien droite, carrée. Allons-y.
C’est Nick qui garde la boîte, moi j’essaie juste de ne pas voir nos ombres s’étaler sur les murs de la cage d’escalier. Elles sont sombres, et grandes, si sombres… le bruit que font nos pas. Celui des portes qui s’ouvrent. Et tout ceux de la ville, brusquement.
Il faisait chaud à la cuisine, alors l’air plus frais du soir me frappe en pleine figure. Mais c’est vrai que c’est une belle soirée. Nous avons bien fait de finalement sortir. Les petits points de lumière colorée des feux tricolores et des phares des voitures me donnent presque le tournis. Je me retourne vers Nickolas.
« Si on allait au parc ? »
On pourrait qualifier mon ton de plaintif. J’ai besoin d’être dans un endroit familier, un lieu où j’ai tellement passé qu’il s’est vidé de tout souvenir d’une époque en particulier, d’un moment de ma vie. Mais ça peut être le parc comme ça peut être ailleurs. N’importe où. En fait, je pourrais aller sur les boulevards où il y a foule ou dans les pires endroits du monde… si son aura continue de m’effleurer sur le côté, comme cela. Instinctivement, ma main se saisit de celle qu’il a encore de libre.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Sam 21 Avr - 12:16


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il savait combien ses mamans pouvaient être curieuses quand elle s'y mettait. Peut-être que Lorena l'était plus que sa compagne. Il n'empêche que lorsqu'elles étaient à deux, c'était parfois facile d'avoir une conversation à sens unique sans s'en apercevoir. C'était un de leurs talents. Parce que forcément, le fait de parler ainsi, réglait parfois pas mal de problèmes. Certains diraient que c'est un bien pour un mal. Nickolas était un peu d'accord sur ce point. Petit quand cela n'allait pas à l'école et même sans rentrer dans les détails, à chaque fois ses mères arrivaient à le rassurer. Et à lui montrer qu'il y avait bien plus grave dans la vie. Qu'il ne pourra jamais empêcher les gens de parler sur lui. Mais que c'était à lui de savoir quel allait être l'impact sur sa vie. C'était à lui de décider si cela allait le toucher ou non. Et finalement, cela l'avait construit. Il était passé du gosse réservé, introverti et assez secret, à un jeune homme puis à un homme équilibré et bien dans ses baskets. Même s'il était tellement facile de tomber dans ce genre de travers. De vivre à travers le regard des autres, faire comme ils voudraient que l'on fasse. Mais finalement, ce n'était pas vivre. Pas totalement en tout cas, si on arrivait à oublier ses propres traits de caractère, ses propres aspirations au détriment d'autrui. Alors que souvent, ces personnes qui voulaient dicter notre vie, n'en valaient pas la peine. Alors au final, savoir se recentrer sur soi, écouter ses envies et suivre son instinct, ce n'était pas une si mauvaise idée. Que ce soit Nickole ou Lorena, elles savaient très bien le rappeler. Et c'était une bonne chose. D'autant plus que sur ce point, elles adoraient Rose. Et qu'aussi loin qu'il se souvienne, Nick ne les avait jamais entendu dire quelque chose de péjoratif sur la jeune femme. Jamais. Aux paroles de Rose, il esquissa un sourire, rassuré de savoir que même au cœur de la bataille s'il y avait, Rose ne pourrait jamais être contre lui. « Elles vont être ravies de te voir. » Et c'était un euphémisme. Même ces derniers mots, elles avaient attendu un petit mot de leur fils au sujet de la belle. Elles n'avaient jamais directement posé de question. Mais Nick savait que le sujet était là, sous-jacent, prêt à être abordé. Il le savait très bien. Elles n'avaient jamais jugé leur histoire, jamais. Au contraire, le couple avait toujours été soutenu même quand les choses devenaient de plus en plus occupées. Les deux femmes ne s'étaient jamais permises de faire le moindre commentaire au détriment de l'un ou de l'autre. Et Nick avait apprécié ça. Et il espérait que Rose le savait elle aussi. Certaines personnes, certaines relations se déchiraient après des épreuves comme ils avaient traversé. Mais pour eux, les relations ne s'étaient pas brisées, juste distendues. Rien de plus. Même si on ne pouvait pas dire que cela avait été la même chose avec leur bande d'amis. Apple ne lui parlait quasiment plus. Grace lui avait fait un peu la tête au début, mais c'était la vie. Il fallait l'accepter et ne pas juger les gens sur leurs réactions. Il fallait juste apprendre à aller au dessus. Et ne pas s'empêcher d'avancer à cause de ça. « Et puis ne t'en fais pas, si elles posent trop de questions, je serais là. » Il était habitué et savait très bien comment détourner la conversation et aborder un autre sujet. C'était tout un art qu'il avait appris au fil des ans.

« Je ne sais pas. Peut-être. Même si tu risques de lui casser les chances d'avoir une compagne pour la vie. Il paraît que les femelles Tomtit sont très jalouses. » Il esquissa un sourire. A vrai dire, il n'en savait rien. Rien du tout. Mais toutes les femmes étaient jalouses. Donc il imaginait que c'était la même chose avec cette espèce d'oiseaux. Et puis, ils s'accouplaient pour la vie. Un seul compagnon pour l'éternité. Donc forcément, cela exacerbait les ressentis. Mais l'idée que Rose vienne dans son bureau lui plaisait. Cela faisait un moment qu'elle n'était pas venue. Et cela avait été plutôt compliqué quand ils étaient sortis de l'immeuble. Mais c'était aussi une façon pour lui de lui rappeler qu'elle était la bienvenue et que son bébé dormait paisiblement dans l'un des tiroirs fermé à clef de son bureau. Il n'attendait qu'elle. Mais il était patient. Tout comme l'était Nickolas. Parce qu'il savait qu'au final, ce genre de chose, prenait du temps. « Tu peux prendre ton temps tu sais. Il est entre de bonnes mains. » Oui, il la rassurait. Il ne servait à rien de se précipiter, au risque de frapper un mur et d'en avoir des blessures. Il fallait y aller pas à pas. C'était la meilleure façon d'arriver au but sans dommages collatéraux. Puis aux mots de Rose, il reporta ses yeux bleus sur elle. « Je savais qu'elle allait te plaire. » La littérature, ils avaient ça en commun, depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Ils aimaient les mêmes sujets. C'était ça qui les avait rapproché à l'époque. Et peut-être que c'était aussi ça qui allait permettre à Rose d'avancer et de reprendre le cours de sa vie. Nick voulait revoir un sourire franc sur ses lèvres. Il voulait voir ses yeux briller comme autrefois. Il voulait qu'elle soit heureuse tout simplement. « Ça me manque aussi. » Il jouait encore de temps en temps. Mais souvent avec des étrangers, ce n'était donc pas la même chose. Enfin pas tout à fait. Jouer avec Rose, cela avait une saveur bien particulière. Cela faisait partie des petites choses dont il parlait à Rose. La musique était un rêve qui l'aidait à avancer. Le plaisir de jouer, le partage, étaient d'autres rêves. Quand ils étaient mis l'un derrière l'autre, cela faisait avancer les gens. De temps à autre, il était difficile de s'en rendre compte, mais au final, c'était toutes ces petites choses parfois insignifiantes qui construisaient un avenir. Il esquissa un autre sourire aux paroles de la jeune femme. « J'espère bien qu'ils existent. » C'était tout l'intérêt d'avoir la foi. Et puis, il ne voulait pas non plus que la soirée se termine autrement que bien. Il avait envie de rester sur cette lancée et de voir d'autres sourires sur les lèvres de Rose. Même si pour l'instant, ils étaient un peu timides et pas très certains. C'était à force de s’exercer que cela devenait naturel.

Ils avaient ensuite mis le gâteau préalablement enveloppé d'un essuie dans la boite en carton. Il était juste à la bonne dimension. Puis ils étaient sortis de l'appartement. Nick avait glissé les clefs dans l'une des poches arrières de son pantalon. Puis ils s'étaient dirigés vers la ville qui s'endormait doucement. Il faisait bon, même s'il y avait une légère brise. Ce n'était pas désagréable. Loin de là. Les enseignes lumineuses des boutiques ainsi que les lampadaires étaient les seules qui donnaient un peu de couleurs dans le paysages. Même si Nick n'était pas très adepte de ça. Illuminer une boutique en pleine nuit, ce n'était pas ce qu'on appelait un geste écologique et économique. Enfin, il était surtout sorti pour profiter de la jeune femme qui venait de glisser sa main dans la sienne. Il jeta un œil sur elle, voyant qu'elle semblait un peu nerveuse à nouveau. Surtout le fait d'être dans un lieu inconnu avec des passants qui n'étaient pas des visages familiers. Il sentait le stress de Rose et il serra un peu la main qu'il avait dans la sienne. « Bonne idée. J'ai une faim de loup. » Rapidement, ils étaient arrivés jusqu'au parc, désert à cette heure-là. Ils s'étaient installés sur l'herbe et Nick avait posé le carton sur ses genoux. Il ne voulait pas risquer d'attirer les fourmis ou autres insectes friands de sucreries. Il posa ensuite ses yeux bleus sur la jeune femme après un silence. « Comment te sens-tu ? » Et il voulait qu'elle soit franche avec lui, comme ils l'avaient toujours été tous les deux, l'un envers l'autre.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 22 Avr - 12:13

Quiet mind
Nickolas & Rose
Cette soirée est remplie de miracles, petits points lumineux comme des lucioles dans sa noirceur tombante ; en premier lieu il y a la surprise du gâteau réussi, je n’en ai jamais fait d’aussi beau de toute ma vie. Ça peut paraître un peu stupide et enfantin, mais il paraît qu’il n’y a pas de petites joies ou de petites fiertés, on prend tout simplement ce que l’existence donne, diamant après diamant, peu importe le carat.
Alors je prends tous les miracles en tant que tels, et les contemple, les apprécie, et les remercie de survenir.
Il y a le fait de sortir, c’est le soir et il y avait longtemps que je n’avais pas humé son parfum caractéristique par autre chose qu’un entrebâillement de fenêtre. C’est une odeur de frais, d’eau et de terre mêlée à de secondes notes de violette et de ce qui évoque l’encre : c’est indéfinissable. J’aime tout du soir, même s’il m’a bien souvent apporté des angoisses aussi. Ce soir-ci n’est que beau. J’aime sa luminosité faible contrastée par les halos presque violents des lampadaires, les couleurs crues des phares de voiture et des feux tricolores. Il y a du bruit… il y en a toujours en ville, même si ce soir semble assez calme. C’est incroyable de se dire que des tas de gens et de choses s’agitent quand on est pour sa part chez soi, cloîtré derrière la porte fermée de son appartement à se laisser engloutir par le silence.
On pourrait croire qu’après n’avoir eu pour seul horizon que des murs et pour unique promenade, peut-être un kilomètre carré de verdure, pendant un mois complet, ma première réaction aurait été de courir dehors et m’enivrer d’air frais et de visions du ciel à toutes les heures. Mais c’est faux. Ce n’est pas ce que je fais, et je me demande si qui que ce soit en est capable, parce qu’après avoir été renfermé dans sa coquille pendant longtemps en tâchant de ne pas prendre garde aux lieux où l’on se trouve, on reste dans cette coquille. On essaie de faire attention aux lieux, on tente de s’ouvrir aux gens. Mais les gens me font peur. Ils passent, souvent à contre-sens par rapport à nous sur les trottoirs, ils passent et sont emportés par le flot, la distance, la rapidité des mouvements. Ils passent et sont aveugles ; ils nous renvoient à notre insignifiance par rapport à cet infini vertigineux qu’est l’univers, qu’est l’existence. S’ils nous regardent, ils nous jugent, forcément. Et ça ne devrait pas me préoccuper. Je devrais m’en moquer, avancer tout comme eux. Mais je pense que n’importe laquelle de ces personnes peut faire basculer des vies, rien qu’en décidant de pénétrer dans une banque avec une arme.
Les gens me terrifient la plupart du temps, même s’ils passent sans nous frôler ni nous voir.
La liberté c’est un risque que l’on prend.
Il y a sa main que je saisis instinctivement, miracle encore, sans doute. Je m’y agrippe et le fait qu’elle me serre un peu plus fort me fait quelque chose dans la poitrine, ne mettons pas de mot là-dessus. N’échangeons qu’un regard. J’esquisse un sourire timide avant de me remettre à regarder les deux tricolores, rouge et vert de chaque côté selon un axe de symétrie invisible, c’est à notre tour de traverser. Parce que cela évite d’avoir à mettre des mots, quels que ceux-ci peuvent être.

Nous parvenons rapidement au parc, qui, qui dois-je remercier pour cet autre miracle, est fort heureusement à peu près vite. Il n’est pas très difficile de nous trouver un endroit tranquille dans l’herbe où s’asseoir et déposer la boîte en carton. J’aime le fait de marcher dans l’herbe, même sans sentir sa caresse sur ma peau, et je joue machinalement à passer quelques brins entre mes doigts une fois assise. Ça se fait tout seul. Son vert tendre paraît plus éclatant, presque fluorescent quand il y a moins de lumière.
Nous avons de la chance que la soirée soit douce. Le temps devrait bientôt commencer à se rafraîchir – parce que l’automne et l’hiver doivent venir, comme tous les ans. Il ne sera plus possible de se lancer dans des pique-niques improvisés.
Quelle importance ?
« À toi l’honneur de couper le gâteau. Je vais peut-être même te laisser y goûter en premier, simple mesure de précaution. » Je ris. On ne sait jamais, malgré son aspect réussi, j’ai pu confondre le sucre avec n’importe quoi d’autre, ou verser par inattention quelque chose dans la pâte qui ne devrait pas y être – anecdotes véridiques. Autant être averti.
Je redeviens plus sérieuse et plus songeuse ensuite, et vais même jusqu’à fuir son regard dans la contemplation de l’herbe pendant un instant. Vert. Vert et plus sombre de la terre. Bleu éclatant, ses yeux.
« Pour être honnête, ça me fait encore bizarre de sortir dans la rue… mais ça passera. Ça finira par revenir. Je suis contente que tu sois là. »
Bleu, bleu, bleu. Un silence. Une seconde suspendue, éternelle.
« Et toi ? »
Ça ne peut pas fonctionner comme cela, il faut des mots pour s’exprimer, des phrases entières pour faire des ponts entre les pensées. Autrement ça ne marche pas, on se méprend et ça crée du doute, voire des situations pénibles parfois. Mais quand on parle comme moi, c’est-à-dire généralement de façon impulsive, sans vraiment y avoir réfléchi en détail auparavant, il faut souvent se reprendre, souvent se rattraper en catastrophe, pour s’expliquer clairement.
« Je veux dire… tu as beau me raconter des choses, je veux que tu saches que je sais toujours écouter et que je peux tout entendre. Si tu as besoin de parler de quelque chose, je suis là, de la même manière que tu l’es pour moi. »
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 22 Avr - 14:30


Rose & Nickolas

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Pas à pas, ils avançaient. Ils y arrivaient, à leur rythme. Et cela lui faisait du bien. Il aimait voir le changement quand il regardait Rose. Ce n'était pas flagrant. Une personne lambda qui la croise ne pourrait pas s'en apercevoir mais lui, il voyait. Ce regard curieux, cette bouche rieuse, le débit de paroles qui augmente. C'étaient des signes qu'il avait appris à traduire avec le temps. Et il savait à présent qu'ils étaient sur la bonne voie. Et pourtant, il avait eu peur. Il avait eu peur de ne pas lui être utile. De ne pas faire les choses comme il fallait. Il ne savait pas s'il serait à la hauteur. Puis, il avait fini par se dire que la situation ne pouvait que s'arranger. Il ne voulait pas compliquer les choses alors il s'était dit qu'il n'avait qu'à être lui même. Comme il l'avait toujours été. Même si certains jours avaient été plus compliqués que d'autres. Il s'était accroché. Ce n'était pas toujours facile de trouver les bons mots. Rose devait le savoir. Il n'était pas du genre à parler de lui. C'était même plutôt compliqué. Fouiller dans ses sentiments, ce n'était pas un de ses passe-temps préférés. Mais pour Rose, il faisait des efforts. Il parlait, de lui, d'elle, des autres. Ce n'était pas toujours facile. Il avait un peu l'impression de se mettre à nu à chaque fois. Mais ce n'était pas comme si Rose ne l'avait jamais vu dans cet accoutrement. Alors peut-être que cela rendait les choses plus faciles. Et c'était le cas. A son grand étonnement. Il arrivait à parler sans crainte, sans hésitation. Il laissait ses pensées se mettre en forme de mots, de phrases pour finir en conversation. C'était agréable. Parce que cela faisait un bail également qu'il ne s'était pas livré de cette façon. Bien longtemps qu'il s'était concentré sur les autres sans penser à lui. Mais c'était sa nature. Écouter. Avec Rose, ils avaient à présent ses échanges journaliers. C'était assez étrange au départ. Mais Nick s'en était très vite habitué. La voir chaque matin, partager le même déjeuner, passer ses soirées en sa compagnie, lui souhaiter une bonne nuit, c'était agréable. Vraiment. Une routine qu'il appréciait. Et il se disait aussi qu'ils avaient perdu beaucoup de temps. Qu'ils avaient des choses à rattraper. Des moments simples à partager. Comme ils le faisaient à cet instant, sentir sa main chaude dans la sienne, la brise légère du soir sur son visage. Des instants simples mais précieux au final et c'étaient tous ses moments qui mis les uns après les autres, les faisaient tous les deux avancer. Même si parfois même un grain de sable pouvait faire s'effondrer le château construit avec le temps. Comme chacun de ses passants qui les frôlaient, qui marchaient sur ce même trottoir. Chacun d'entre eux pouvait les bousculer, les faire chuter, les détourner de leur objectif. Mais ce n'était qu'une étape supplémentaire à franchir. Nickolas avait resserré son étreinte, sa main ne lâchant pas celle de Rose. Il la guidait jusqu'à un coin tranquille du parc. En journée le parc était animé, mais dès que le soir venait, tout était plus calme. Et c'était pour cela qu'il préférait ce lieu à ce moment de la journée.

Une fois assis sur l'herbe, il avait posé ses yeux bleus sur elle. « Ah non c'est ton œuvre. L'honneur est à toi. Mais je le goûterai en premier si tu veux. Je veux bien être le cobaye. » Il esquissa un sourire. Il était partant pour l'avoir en bouche avant elle. Parce qu'à vrai dire, il lui faisait vraiment envie ce gâteau. Il sentait très bon et il était certain qu'il l'était aussi au goût. Il ne pensait même plus aux lasagnes qui attendaient à présent sur le plan de travail de l'appartement. Nick donna le couteau à la jeune femme. « Tu l'as bien mérité. » et c'était bien vrai. Un gâteau réussi. Ce n'était peut-être pas grand chose pour certains, mais cela comptait pour lui. Chaque victoire était bonne à prendre. Même les plus petites d'entre elles. Il lui avait ensuite demandé comment elle se sentait. Parce que c'était important pour lui. Et parce qu'il voyait qu'elle faisait beaucoup d'effort. Et que cela ne devait pas être simple. Alors encore une fois, il s'inquiétait pour elle. Et il voulait savoir où elle en était, sans façade, sans artifice. Franche, comme elle l'avait été avec lui depuis le début. « C'est parce que tu n'as pas encore l'habitude. Peu à peu ce sera à chaque fois plus facile. » Il gardait ses yeux bleus sur elle. « Et puis, je serais là pour me dévouer à chaque fois que tu veux faire une escapade. » Et puis ce n'était pas comme s'il n'appréciait pas ses balades bien au contraire. Il aimait ça. C'était un point commun qu'ils avaient ensemble. « Dimanche, il y a un vernissage dans le quartier est. Peut-être voudrais-tu être ma cavalière pour cette soirée. Il faudrait sortir le costume mais cela pourrait être sympa. » Il n'avait pas été à un vernissage depuis quelques semaines. Nickolas appréciait l'art sous toutes ses formes. Mais même s'il adorait dessiner, il n'était pas un prodige quand il tenait un pinceau entre les doigts. Puis à la question de Rose, il reporta son attention sur elle alors qu'elle s'occupait du gâteau. Il s'attendait à avoir un retour à ce niveau. Il connaissait assez Rose. Elle était comme lui. Sans cesse entrain de s'inquiéter pour les autres, sans penser réellement à elle. Il resta un instant silencieux avant de reprendre la parole. « Je sais que je peux parler avec toi. » Il n'avait jamais eu peur de l'ennuyer ou de la gêner à chaque fois qu'il prenait la parole. Mais lui aussi, il apprenait à s'ouvrir. Ce n'était pas évident. Et forcément, quand les sujets étaient plus délicats, c'était encore plus le cas. Seulement là, le sujet le tracassait un peu ces dernières semaines, il se disait que ce n'était pas le bon moment pour l'aborder. Chaque chose en son temps. Chaque pas l'un après l'autre. « Je parle même beaucoup ces derniers temps. Bientôt tu vas en avoir marre. » Il esquissa un nouveau sourire avant de reporter son attention sur elle. « On goûte ce gâteau ? » Lui aussi, il était doué pour détourner l'attention sur un autre sujet. Et puis, peut-être que ses pensées qui occupaient son esprit, étaient digne d'avoir une conversation. Tout était encore très embrouillé dans sa tête et avec tout ce qui s'était passé, il n'avait pas eu une seconde pour y songer au calme. Parce qu'il ne savait pas encore quoi penser de tout ça. Alors il fallait qu'il y réfléchisse au calme.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 22 Avr - 18:35

Quiet mind
Nickolas & Rose
Il y a quelques mois je n’aurais jamais cru cela possible ; une chose aussi simple que celle-ci, qui ne demande qu’à se lever de sa chaise, ouvrir les portes, mettre le nez dehors et pour finir, tendre, tendre rien qu’une main impulsivement, sans se poser de questions quant à sa réaction, eh bien ces choses toutes simples, que des tas de gens font probablement sans y penser tous les jours, elles incarnent à mes yeux le bonheur parfait, parce que j’ai cru que je n’y aurais plus jamais droit.
La nuit sent quelque chose de doux et arbore une allure splendide, des airs de gloire. Je voudrais me dissoudre dans le bleu d’encre diluée du ciel. Me fondre dans du bleu, tout court.
Lever les yeux pour observer la lune montante empêche de voir les silhouettes des passants ; on prend le risque d’en heurter un par mégarde, mais ce n’est qu’un risque que l’on prend. Il peut aussi bien ne pas se réaliser – je laisse sa main me guider de toute manière, et me concentre sur son contact et sa chaleur, c’est rassurant, en m’enjoignant de me montrer un peu moins mauviette.
Ce ne sont que des gens qui marchent, qui marchent pour aller quelque part.
Quel mal veux-tu qu’ils puissent te faire ?

Le coin du parc un peu isolé que Nickolas choisit pour nous poser me rappelle un décor pour une pièce de Shakespeare, quelque chose comme, la clairière des fées, de cet ordre d’idée-là. C’est peut-être romanesque et exagéré de ma part, mais on arrive à oublier que les balançoires et le toboggan pour enfants doivent se trouver quelque part par là-bas, c’est plus facile d’imaginer brusquement la cour du Songe d’une nuit d’été surgir brusquement du buisson.
Il paraît que les fées sont gourmandes et que pour éviter d’être pris pour cible de leurs tours, certains villageois en Europe veillaient à toujours leur laisser quelque chose sur le pas de leur porte. Je me demande si elles aimeraient ce gâteau à l’allure prometteuse. Nick veut bien se dévouer pour jouer les cobayes – comme avant, en fait. Je suppose que c’est lui qui a dû le plus donner de sa personne pour mes expériences culinaires. En attendant, c’est à moi que revient d’en couper une première part.
« Marché conclu. » j’acquiesce avec un sourire, me soumettant de bonne grâce à cette répartition des rôles plutôt à mon avantage. « Comme ça ? » De la pointe du couteau, je trace deux traits se rejoignant au centre et s’épanouissant indépendamment l’un de l’autre sur les bords, formant la taille d’une part. C’est là que je dois faire semblant d’être très absorbée dans cette tâche, bien plus qu’il ne faut l’être en vérité pour l’accomplir. Parce que bien que je n’ai pas le moindre désir de lui cacher quelque chose, ni la moindre hésitation à lui parler, c’est toujours difficile d’admettre que cela va un peu moins bien qu’on voudrait l’être.
Ça va un peu un moins bien que je ne le voudrais, c’est un peu plus angoissant que cela ne le devrait. Mais c’est une question de temps. Comme il le dit. Petit à petit, ça ira mieux, je l’espère, ça finit toujours par aller mieux quand on s’y prend pas après pas, étape après étape, en appréciant chaque progrès fait. Ça ira mieux. Je continuerai d’aller dehors, de toute manière, et ce serait vraiment bien s’il était là aussi parfois, ce serait vraiment bien. Parfois, je ne suis pas folle pour en demander trop, j’apprécie chaque nouveau petit pas, et cela me suffit, ce sera bien suffisant, des souvenirs de ce soir et les bonjours échangés le matin, et les bonne nuit à l’autre bout de la journée.
Tout est parfait. Tout va très bien ; je suis heureuse.
« Que de dévotion ce soir. » fais-je en plaisantant sans oser le regarder droit dans les yeux. « Mais je suis une personne trop prenante, tu vas finir par regretter d’avoir dit ça. »
Sa proposition suivante me surprend au point que je relève d’un coup la tête – oh, je parlais de vouloir me fondre dans du bleu. Je voudrais m’y dissoudre.
Il me propose de l’accompagner à un vernissage le dimanche prochain. J’ignore où nous en serons d’ici cette autre fin de semaine, j’ignore où je vivrai, ce que je ferai, si j’aurai lu d’autres poèmes. Je n’y pense pas du tout. Je ne pense pas non que c’est le genre d’évènement auquel il peut y avoir foule, que cela fait longtemps, vraiment longtemps pour moi tout ça, je pense juste…
« Je te laisse le costume… mais ce serait avec plaisir, oui. J’adorerais. »
J’ignore aussi ce que je mettrai mais ça n’est qu’un détail mineur. Seule cette perspective de sortie compte.

Je crains les sens uniques ; j’ai peur aussi qu’on me relègue au rang de fille fragile, d’amie instable, vous comprenez la pauvre, vous savez d’où elle sort, chut chut. Je sais que je n’ai pas du tout été à la hauteur vis à vis de mes proches ces dernières années, que ça commence à faire long et je n’ai plus envie que cela dure. Quelle preuve faudrait-il leur fournir à tous pour le leur signifier, je suis parfaitement au courant qu’Apple, par exemple, n’a pas toujours été très honnête en prétendant qu’il allait bien, tout ça pour m’épargner allez donc savoir quoi, c’était plus intolérable qu’autre chose que de le voir souffrir en gardant les lèvres closes.
C’est pour cela que je tiens à faire cette déclaration quelque peu embrouillée à Nickolas. Pour qu’il ait entendu que même si ça n’a pas toujours été apaisé entre nous, si je n’en n’ai pas toujours l’air comme cela, à première vue, je serai toujours là s’il veut frapper à ma porte et requérir mon attention. Toujours, n’importe quand.
Je crois qu’il a compris, mais il a l’air de chercher à esquiver le sujet.
« Ça m’étonnerait beaucoup. » Les chances que le fait de l’entendre parler me lasse jusqu’à un certain point sont tellement faibles qu’on peut les considérer comme négligeables, carrément improbables. C’est plutôt une bonne chose qu’il le fasse, à mon sens. Même si c’est à propos des oiseaux à sa fenêtre de bureau ou de sa journée de travail, de sa famille, de livres, de musique, de n’importe quel sujet même le plus innocent. C’est important que de prendre la parole et s’exprimer, surtout quand on a toujours eu l’habitude de se montrer réservé.
Il n’a jamais été dans mes principes de forcer les confidences de qui que ce soit, alors j’accepte qu’il digresse soudain à propos du gâteau, y enfonce le couteau selon les lignes tracées au préalable. Coupe coupe. Je lui tends la tranche posée à plat en équilibre sur la lame.
« Je t’en prie. »
J’attends qu’il s’en saisisse et y goûte avant de couper une autre part, tout en étant perdue ailleurs. Je devrais lui demander : alors ? Et on s’exclamerait sur le fait que c’est vraiment un miracle, un gâteau comestible fait par mes soins, ou bien oh là là, quelle catastrophe décidément, mais qu’est-ce qui a bien pu se passer. Sauf que tout en restant très franche, j’ai aussi beaucoup fait semblant ce soir, j’ai beaucoup ravalé, et que je n’en ai plus envie maintenant.
« Tu as oublié que je sais exactement quand est-ce que tu fais ce sourire. » je finis par lâcher, tête baissée, visiblement absorbée encore et toujours par ce fichu gâteau.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 22 Avr - 19:42


Rose & Nickolas

Quiet mind


Ce genre de soirée, il les aimait. Il aimerait qu'elle se reproduise encore un peu plus souvent à vrai dire. Nickolas n'était pas du genre casanier, bien au contraire. Souvent, après le boulot, il s'arrêtait en ville. Il retrouvait quelques amis pour boire une bière ou deux. Parfois, il lui arrivait même de monter sur scène. Soit il jouait simplement de la guitare sur un refrain plus ou moins connu de rock ou de pop rock. Soit il se mettait aussi devant le micro, même si cela arrivait plutôt rarement. Nick n'était pas du genre à se mettre en avant. Il détestait ça. Lui, être en retrait sur un coin de la scène, cela lui convenait. Il aimait ça. Du moment qu'il pouvait jouer quelques notes cela lui suffisait. Plus jeune, il avait songé à entrer dans un groupe. Au début, il pensait à rejoindre quelques amis qui jouaient régulièrement pour des fêtes ou des soirées. Mais très vite, ses études avaient pris un peu plus de place. Et forcément, il avait choisi son futur, la stabilité. Plutôt que de virer vers la musique et la précarité de ce travail. C'était un peu la roulette russe. Alors que ses études de littérature, étaient plutôt du domaine du concrêt. Mais jouer de temps à autre, cela lui plaisait. Et ces dernières semaines, c'était surtout ça qu'il faisait de ses soirées. Ses journées étaient bien trop remplies pour qu'il puisse trouver d'autres passes-temps. C'était impossible. Il cumulait les heures au bureau et au final, quand il rentrait au loft, il n'avait qu'une envie : se reposer sans se prendre la tête. Et puis Rose était revenue dans sa vie. Et cela avait tout changé. Mais en bien, bien évidemment. Il appréciait ses soirées qu'il passait en compagnie de la jeune femme. Même si les premiers jours avaient été compliqué. Parce qu'il n'avait pas envie de la brusquer, de l'ennuyer ou encore pire, la priver d'air. Alors il marchait à ce moment-là sur des œufs. Mais très vite, son naturel chaleureux avait reprit le dessus. Il refusait de se montrer différent. Même s'il pensait toujours qu'il avait encore sa part de responsabilité dans ce qui était arrivé à Rose. Il voulait à nouveau faire de son mieux et faire en sorte qu'elle retrouve le sourire. Qu'elle réapprenne à vivre tout simplement. Même si cela allait prendre du temps. Ce n'était pas grave. Ils avaient toute la vie devant eux. Et puis Nick était du genre patient. Alors il n'allait pas brusquer la jeune femme d'une façon ou d'une autre. Aux mots de Rose, il hocha doucement de la tête. « Ça me paraît parfait. » Il prit délicatement le morceau de gâteau du bout des doigts parce qu'il était encore un peu chaud. Puis il l'inspecta avec un air amusé. « Bon, en tout cas, rien ne dépasse. Pas de bout de papier ou de plastique quelconque... » Il se mit à rire. « Je plaisante. Je suis sur qu'il est délicieux. » D'ailleurs pour joindre le geste à la parole, il croqua dans la part. Il ferma les yeux, espérant intérieurement ne pas perdre un bout de dent ou se faire un trou dans l'estomac. Puis il ouvrit un œil sur les deux, mâchant de façon très théâtral avant de dire, avec un nouveau sourire. « Il est très bon. » Et c'était vrai. Pas trop sucré, pas insipide, bien cuit. Et les morceaux de pommes étaient bien cuits. « Cuit à point. » Il prit d'ailleurs une nouvelle bouchée pour la mettre en bouche. Aux mots suivants de la belle, il haussa un peu les épaules avant d'ajouter : « C'est normal et puis ce n'est pas comme si je n'aimais pas sortir. C'est agréable, au lieu de rester enfermer. » Et puis c'était bon pour elle de prendre l'air, de voir des gens, même si elle ne leur parlait pas forcément. Ce n'était pas le plus important. « Trop prenante ? Je veux voir ça. » Un sourire en coin, il reprit un morceau de gâteau. Et dire que cela venait d'une discussion avec Apple d'après ce qu'il avait compris. En tout cas, il était bon. « Dommage de ne pas avoir pris quelque chose à boire. » Oui, il n'y avait pas songé. Mais peut-être qu'il pourrait l'inviter à la terrasse d'un café si elle était partante. « Mais il y a encore des cafés ouverts, on pourrait ensuite se trouver une petite place en terrasse. » Lui, ça lui plaisait. Même si à chaque fois c'était un peu trop bruyant à son goût, et puis oui, il y avait trop de monde aussi. « Ou acheter une bouteille et la déguster au calme. C'est comme tu veux. » C'était toujours selon ses désirs. Nickolas était toujours là pour lui faire plaisir. Et pour éviter qu'elle ne stresse aussi pour rien. Ils n'étaient pas là pour ça. Bien au contraire. L'idée du vernissage allait dans ce sens. Il lui proposait sans toutefois l'obliger à accepter. Après tout, elle pouvait faire ce qu'elle souhaitait de ses soirées. Si elle voulait voir Apple, Drake ou encore sa mère, cela n'était pas un problème. Bien au contraire. Elle avait besoin de ses amis. Mais finalement, Rose semblait partante. Elle semblait apprécier l'idée. Même si pour cela, ils allaient devoir se mettre sur leurs trente-et-un. « Très bien alors, tu pourras me garder ton dimanche. » C'était un projet pour Rose. Et il savait que d'ordinaire, elle ne les aimait pas. Elle vivait au jour le jour. Un peu comme lui. Sauf qu'il aimait prévoir certaine chose. C'était différent pour la brune. L'avenir lui faisait encore peur. Mais il espérait lui faire oublier cette peur ou tout au moins, l'aider à avancer malgré cette dernière.

Il esquissa un sourire quand elle lui expliqua qu'elle ne risquait pas de s'ennuyer avec lui. Lui... et bien, il ne pensait pas forcément que ce qu'il disait pouvoir toujours être digne d'intérêt. Pour lui, c'était encore des choses banales. Et il ne voulait pas ennuyer la jeune femme avec le récit de ses journées qui se ressemblaient plus ou moins. Mais il savait aussi que Rose ne mentait pas. Enfin, pas foncièrement. Parfois, elle se cachait derrière des généralités, des apparences, mais souvent, très souvent, sa nature reprenait le dessus. Celle d'être tournée vers les autres. Il savait que cela ennuyait la jeune femme de voir ses amis ne pas lui parler de tout, au risque de la blesser ou de remettre une fine couche de contrariété ou de crainte. Mais c'était pareil pour lui aussi, il devait l'admettre. Ils se ressemblaient aussi sur ce point. Ils savaient un peu ce que l'autre ressentait. Justement parce qu'ils étaient pareils et que ses roulades, ils les connaissaient par cœur. Alors les mots de Rose le faisaient doucement sourire. « Vraiment ? » Il reposa ses yeux sur elle alors qu'elle était absorbée dans la contemplation du gâteau. « Je ne savais pas que j'avais un sourire particulier. » Il garda son attention sur elle jusqu'à ce qu'elle repose ses yeux sur lui. Il sait qu'elle ne lui dit pas tout. Alors pourquoi est-ce qu'il lui en voudrait puisqu'il faisait la même chose ? Ce n'était pas vraiment voulu. C'était juste un réflexe spontané à vrai dire. Sûrement comme Rose. Il finit par soupirer doucement alors qu'il s'essuyait les mains l'une contre l'autre, ayant fini sa part de gâteau. Les mots ne venaient jamais facilement, encore moins pour certains sujets. « J'ai entendu une conversation que je n'étais pas censé entendre.... Comme on dit je suis arrivé au mauvais moment... » Il se rappelait de ce soir là. Mais il n'en avait parlé à personne jusqu'à ce soir. Et à vrai dire, il n'avait peu eu le temps d'y songer. Ou disons plutôt qu'il a tout fait au contraire pour ne pas y songer. C'était un peu différent. Et Nickolas savait que Rose connaissait la différence. « Ma mère parlait de mon père. » Il gardait ses yeux bleus sur la belle. Lui aussi ses mots avaient du mal à trouver une répercussion tant cela paraissait contradictoire. « Oui de mon père. Tu y crois toi ? » Il soupira doucement. Ces mots il les avait gardé enfoui depuis des semaines. Et jour à après jour, cela avait un peu plus d'impact, même s'il refusait de l'accepter. C'était quelque chose qui le tracassait vraiment. Même si dans le fond, il ne savait pas s'il voulait tout savoir. Non. Il avait grandi en étant persuadé qu'il était issu d'un échantillon d'adn et rien d'autre. Savoir qu'il y avait vraiment eu un homme dans l'histoire, en chair et en os, un homme dans la vie de sa mère, forcément cela changeait les choses. Et pas qu'un peu.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Lun 23 Avr - 20:01

Quiet mind
Nickolas & Rose
Le grand moment est arrivé – oh, peut-être est-ce trop de cérémonies dès le départ, tout cela pour un gâteau, mais il n’empêche que j’observe avec un certain intérêt Nickolas goûter à sa part. Attention. L’aspect fonctionnait bien, en sera-t-il de même avec le goût ? Je retiens presque mon souffle, avant de me mettre à rire, vraiment c’en était trop. Tout ça pour un morceau de gâteau – il n’empêche, je suis véritablement ravie que celui-ci soit comestible.
Réussir n’importe quoi en pâtisserie un jour. Check.
À sa suite, je prends une bouchée de mon morceau, et nous nous mettons à parler d’hypothétiques sorties futures. Je ne serais vraiment pas contre. Une fois que j’aurais repris l’habitude de la grisaille des trottoirs, des multiples bruits environnants des rues et des allées et venues, mouvements floutés des passants trop pressés, je me connais, je vais vite reprendre goût aux promenades vers nulle-part ou mes endroits préférés. Si je le sollicite pour m’accompagner autant qu’il m’incite à le faire, il est sûr et certain qu’il en aura rapidement marre. C’est juste gentil de sa part de faire comme si je ne m’étais jamais montrée trop, prenante justement.
« Tu tentes le diable là. » L’air malicieux, faussement sérieux, ce serait dommage de l’être, car rien n’a réellement d’importance, n’est-ce pas ? Pas alors que l’air du soir est si doux et que ce sont les meilleures heures que j’ai passé depuis, depuis… oh peu importe aussi les mesures et les comparaisons. Je prends tout ce qui vient avec joie et reconnaissance et vois venir le futur avec sérénité, surtout quand il promet d’être lui aussi rempli de jolies choses.
« Eh bien, l’un ou l’autre, ça me va. On peut décider en fonction de ce qui viendra en premier, ou bien tirer au sort. » Jeu d’enfant. Entre deux possibilités, je suis incapable d’en élire une, je tente une alternative à la prise nette de décision, comme des ciseaux trancheraient irrévocablement un ruban rouge : laissons le hasard faire. Pourquoi pas. C’est un peu ridicule, mais j’ai toujours eu de ce genre-là d’idées bizarres.
Toutefois, quand il s’agit de répondre à sa proposition de me rendre avec lui à ce vernissage, je n’hésite pas une seule seconde. « C’est noté. » conclus-je avec un sourire.

« Plusieurs, en fait, selon ce que tu dit ou ce que tu ressens. » Et je les connais tous, je serais capable de développer ma théorie comme cela, de mémoire, j’aurais pu faire une thèse là-dessus : il y a par exemple ce sourire différent des autres, parce que tu tentes de faire en sorte que ton interlocuteur se focalise là-dessus, rien que ce sourire, et en oublie le reste, et sans doute que tu ne t’en rends même pas compte toi-même, et c’est celui que tu arbores en ce moment.
Je ne dis rien, n’en dis pas plus. Je lui laisse le temps de décider de la suite et laisse flotter le silence, mes iris plantés calmement dans les siens. On peut continuer à faire comme si de rien n’était, partir sur d’autres plaisanteries, un autre sujet sans implications graves. À moins qu’il ne décide, en prenant la parole, à aborder ce que son sourire cache.
Et c’est ce qu’il finit par faire ; il dissout le silence, moi je relève la tête, suspendue à ses lèvres, car vu la façon dont il débute, ça a tout l’air d’être quelque chose de douloureux, de difficile à digérer. J’attends la suite, et le coup finit par partir, le mot est lâché, il tombe pareil à une pierre en produisant un peu d’écho, et je comprends à quel point il peut être compliqué à appréhender.
Son père.
Le père de Nickolas.
Voilà un personnage qui n’entrait pas en ligne de compte, qui ne semblait être nulle part dans l’univers, et certainement pas sur le point de sortir tout à coup des coulisses, jusqu’à il y a quelques semaines apparemment.
Je me retiens tout juste de répéter bêtement ton père ? et demeure un instant sans voix, la bouche à peine entrouverte sur un petit o, un petit cercle d’où aucun son ne peut sortir. C’est lorsqu’il lâche un soupir que je parviens à me reprendre – parce qu’allons, la question n’est pas de mesurer le degré d’inattendu de cette révélation. C’est plutôt comment est-ce qu’il arrive à faire avec, comment est-ce qu’il la prend en premier lieu qui m’intéresse, et c’est tout ce qui compte en vérité.
« Ça a dû te faire un sacré choc. » je parviens enfin à prononcer de façon à peu près claire. « Ça… ça fait longtemps que cette conversation a eu lieu ? »
Son ton donne l’impression qu’il a dû ruminer ces quelques phrases surprises pendant un certain temps – mais combien, combien de temps ? Durant combien de temps est-ce que l’on se laisse ronger par les questions et garde-t-on les yeux ouverts, la nuit, à fixer le plafond en les ruminant encore et encore ?
« Est-ce que ta mère sait que tu l’as entendue ? »
Trop de questions. Elles viennent toujours en foule. Est-il passé devant une porte entrebâillée, a-t-il perçu sa voix, compris une ou deux choses, et puis l’a-t-il poussée, cette porte, ou bien a-t-il passé son chemin avec un peu moins de couleurs aux joues ?
Mes iris sont plongés dans les siens. Je ne le lâche pas du regard, car je m’inquiète de ce que celui-ci est capable de dissimuler, en profondeur. La vérité, la vérité est-ce qu’on a toujours assez de forces pour l’affronter directement comme cela, en la fixant droit dans les yeux ? Il paraît qu’il faut privilégier l’honnêteté, surtout envers soi-même. Il paraît que le mensonge, les dissimulations ne sont pas vivables sur le long terme, mais honnêtement je me demande si c’est vrai, si les choses finissent toujours par réellement exploser en éclaboussant les alentours de sang.
Parfois, la vérité, peut-être qu’on peut l’enfouir sous terre et lui marcher dessus. Si c’est trop compliqué que de la regarder à la lumière.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mar 24 Avr - 14:09


Rose & Nickolas

Quiet mind


Ils étaient confortablement installés. Et à vrai dire, Nickolas n'avait pas envie de bouger. Il était bien ici et ce qui ne gâchait rien, le gâteau aux pommes était très bon. Le jeune homme voyait l'air rassuré de la jeune femme sur son visage. C'était amusant à voir. Surtout qu'elle semblait l'avoir fait un peu au feeling, à moitié capté par la conversation qu'ils étaient alors entrain d'avoir dans la cuisine. Mais c'était bon. Et il était sérieux. D'ordinaire, il était déjà friand des gâteaux aux fruits, pommes, abricots, pèche, cerise etc. Il aimait ça. Bien plus que les simples gâteaux à pâte, parfois un peu trop lourd à digérer. Même s'ils étaient souvent les plus simples à faire, puisqu'ils ne nécessitaient pas de fruits dont la cuisson pouvait varier d'une variété à une autre. Dommage comme il le disait, qu'ils n'avaient pas emporté une boisson pour accompagner le gâteau. Mais ce n'était que partie remise, comme le disait si bien Rose. Ils pouvaient voir plus tard pour s'hydrater. En attendant, il était là pour rassurer la jeune femme sur la qualité de sa création. Il était bon. Elle pouvait elle-même prendre une part sans craindre pour son estomac. C'était réussi. Et cela ne le surprenait pas tellement à vrai dire. A chaque fois Rose était proche de la réussite. Mais elle était à chaque fois trop distraite pour mettre correctement la touche finale. Ce soir-là, ils avaient eu de la chance et cela le faisait sourire. « Il faudrait presque le mettre sous verre ce gâteau. » Ajoutait Nickolas en esquissa un sourire en coin. « Quoique non, ce serait dommage de ne pas le manger. Parce qu'il est trop bon. » Il était même tenté d'en reprendre un morceau mais il ne voulait pas passer pour un gourmand. Ce qu'il n'était pas. Ou presque pas. Il ne voulait pas passer pour un goinfre. Et puis c'était aussi bien de le savourer. Surtout qu'ils étaient bien installés et que le temps était clément alors ils pouvaient rester dans ce parc encore quelque temps.

Il fronça un peu les sourcils aux paroles suivantes de la jolie brune. Il avait plusieurs sourires ? Il ne s'en était jamais rendu compte à vrai dire. Mais peut-être était-elle bien la seule à voir ça. Lui, il ne faisait pas trop attention. Est-ce qu'elle avait mis du temps à voir ça ou est-ce qu'il était si facile pour lire en lui ? Il ne savait pas. Peut-être qu'elle le connaissait un peu trop bien au final. Il garda son attention sur elle alors qu'elle reprenait la parole. « Ah ? Et tu as compris ça très vite ou alors est-ce que ça t'as pris un peu de temps ? » Il souriait. Il se demandait encore une fois si c'était une bonne chose. Mais il était vrai qu'il n'y avait qu'avec Rose, qu'il laissait entrevoir ses sentiments. Il etait assez secret avec les autres, par pudeur plus que par instinct de protection. Il n'avait pas l’habitude de parler de lui. Il était surtout là pour écouter les autres. Et cela lui plaisait dans ce sens. C'était comme ça qu'il se sentait bien. Un peu moins quand il s'agissait de sujets qui le touchaient un peu plus directement. Ce n'était jamais facile pour lui de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Sur ce qui le préoccupait. Même avec Rose. Et c'était même justement parce qu'il s'agissait de Rose. Et parce que certains sujets étaient délicats au regard de ce qui s'était passé dans sa vie. Parler d'un père alors qu'elle avait perdu le sien. Il préférait ne pas aborder ce sujet avec elle. Pour la protéger, pour ne pas lui faire de la peine. Pour ne pas lui rappeler qu'elle avait perdu le sien. Mais il ne voulait pas non plus qu'elle puisse croire qu'il ne lui faisait pas confiance. Et qu'il avait des secrets pour elle. Ce n'était pas le cas. Il avait toujours été d'une limpidité extrème avec la jeune femme. Et ce n'était pas maintenant que cela allait changer. Il ne le voulait pas. Pas quand une certaine stabilité, un certain équilibre étaient entrain de se mettre en place entre eux. Non. Alors il savait qu'il devait parler. Sauf que les mots n'étaient pas faciles à prononcer et encore moins à mettre bout à bout pour en faire une phrase, une conversation aboutie. Il gardait ses yeux bleus sur Rose. Il la voyait un peu étonnée par ce qu'il venait de lui dire. Et il savait que c'était étonnant. Même lui avec un peu de temps, il avait du mal à faire le tri dans toutes ses pensées qui se bousculaient entre elles. C'était pénible. A vrai dire, jusqu'à ce soir-là, il ne s'y était pas trop attardé. Mais plus, il y faisait abstraction, plus il avait du mal à avoir un avis sur ce qu'il avait entendu, malgré lui. Un fin sourire s'afficha sur le visage de Nickolas. « J'ai encore du mal à réaliser ce que j'ai entendu. » Alors oui, c'était encore un choc. Et il ne savait pas trop comment il devait le prendre. Parce que ce n'était pas un sujet facile pour lui. Et Rose devait le savoir. Depuis qu'il était né, il n'avait jamais été question de père. Bien sûr, il en avait un. Mais il se résumait à quelques traces biologiques dans son code génétique. Rien de plus. Rien de moins. Sa mère, ses mères en fait, n'avaient jamais été dans le sens contraire. Alors maintenant qu'il avait entendu cette conversation, il se demandait encore ce qu'on pouvait lui cacher. Parce qu'au final, c'était un peu de ce qu'elles avaient fait pendant toutes ses années. Nickolas avait vécu dans une famille homoparentale. Et jusque là, cela ne lui avait pas posé de souci particulier. Il n'avait jamais manqué de rien. Il avait deux mamans extraordinaire et il n'avait jamais manqué d'affection, d'attention. Alors il était plutôt un gosse puis un adulte équilibré. Il était plongé dans ses souvenirs quand Rose reprit la parole. « Quelques semaines....un peu avant son anniversaire. Je lui avais trouvé un beau coffre en bois que j'avais poncé et reverni. » Il se souvenait bien de ce jour-là. Sa mère lui avait dis qu'elle devrait songer à trouver un endroit pour mettre toutes ses anciennes photographies de famille. Et Nick avait vu ce coffre défraîchi dans un dépôt-vente. Il avait su que c'était le bon cadeau. Alors il l'avait acheté. Il l'avait retapé jusqu'à lui rendre sa beauté d'antan. « J'étais passé à la maison pour lui offrir sauf qu'elle parlait avec Lorena. Enfin, elles se disputaient. » Il soupira doucement en se souvenant de cet épisode. « C'était bien la première fois que je les entendais se disputer comme ça. Tu sais d'habitude, elles se chamaillent plus qu'elles ne mordent... » Et ça, c'était aussi nouveau pour lui. Un peu déroutant. « C'est pour ça que je suis resté en retrait. Je n'étais pas là pour écouter... » Écouter derrière les portes, ce n'était vraiment pas son truc... Mais la surprise de la dispute l'avait clouée sur place. « Et j'ai entendu plus de choses que je n'aurais du. » Il aurait voulu être bloqué à son bureau ou casser une charnière et mettre un temps à la remplacer. « Je me suis éclipsé mais j'en avais déjà trop entendu. » Malgré lui. Puis il soupira à nouveau. « Non. Et je n'ai pas abordé le sujet avec elle. » Il haussa un peu les épaules. Cette histoire prenait un peu trop de place dans sa vie. Trop de place à son goût. Il aurait préféré ne rien entendre. Après tout, il n'avait jamais eu vraiment de manque dans sa vie. S'il en avait eu un au départ, Lorena et Nickole l'avaient comblé avec le temps. « Je ne sais pas si j'en ai vraiment envie... C'était très bien comme ça. » Il avait appris à grandir sans père. Et ça lui convenait. Et puis, il ne savait rien su lui. Il n'avait pas envie d'être déçu. Pas envie d'être la cause de querelles ou de blesser sa mère d'une façon ou d'une autre.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Sam 28 Avr - 20:08

Quiet mind
Nickolas & Rose
Mettre le gâteau sous verre, parce que c’est une réussite mineure pour d’autres, importantes à nos yeux qui en ont vu tellement, des tartes, des cakes, muffins et autres photos de livres de cuisine indéniablement ratés dans la réalité. Nos yeux et nos palais. C’est vrai que celui-ci n’est pas trop mal. Si on commence à faire des comparaisons et que les hyperboles ne nous effraient pas, on peut même dire que c’est le meilleur que j’ai jamais fait de mes mains. Je mettrai un symbole spécial, une croix ou quelque chose dans ce genre, sur la case d’aujourd’hui dans mon calendrier, pour signaler le fait que c’est la première fois, et qu’en dehors de ce fait je suis tout simplement heureuse, assise dans l’herbe tendre et enveloppée par les parfums du soir, en face de Nickolas.
« Les gâteaux sont faits pour être mangés. »
Pas de cloche de verre ou de vitrine pour les faire admirer à l’univers entier, pas plus que de paroi devant nos sentiments, de masque sur nos figures. On cuisine pour se nourrir et l’on se parle pour être compris, peut-être pour se sentir moins seul ou pour se relier un peu aux mystères que forme l’autre. Et les sourires sont faits pour s’effacer petit à petit, comme le soleil se couche doucement, avec lenteur. Décolorant le ciel, passant le firmament à la lessive pour y broder, pour l’orner de milliards de diamants minuscules lorsqu’il devient plus sombre.
C’est aussi tranquillement que l’on apprend à se connaître, à saisir les tics et manies de ceux que l’on fréquente, ça prend du temps, des heures de côte à côte, des kyrielles de minutes amassées, compactées, en bloc épais : une relation se tisse entre les chiffres rassemblées, dans les espaces des lettres, aussi, rond du a, creux du m, et cetera. Je ne prétendrais pas qu’il ne m’en a pas fallut un certain nombre, une vraie masse, avant de capter toutes les nuances de ses sourires. Je ne prétendrais pas non plus que je comprends aujourd’hui tout ; au contraire, c’est plutôt l’inverse, après une longue absence il y a des choses qui doivent être renouées.
« Non, il m’a fallut du temps. Mais d’un autre côté, ça fait pas mal d’années qu’on se connaît. »
Je baisse les yeux, tombent sur mes mains dépliées, dix ans, peut-être bien onze. De cet ordre de grandeur. Je ne sais pas si cela doit me donner le vertige. Je ne sais pas si c’est rare ou d’une certaine manière exceptionnel ; je ne sais pas que faire de ce constat chiffré, dix ans à peu près onze, mais je sais que cela fait bien assez pour parvenir à saisir quand est-ce que quelque chose le tracasse, et maintenant c’est le cas, j’en mettrais ma tête à couper.

Tête, bras, poignet, jambe ou même pour faire dans l’originalité, doigt ou orteil si ça m’amuse, le fait est que je n’y perdrais rien parce que c’est bel et bien le cas.
Et il y a de quoi. Même moi qui ne suis pourtant pas directement concernée, j’ai du mal à appréhender ces mots, le père de Nickolas, parce que c’est la toute première fois – encore une première fois, sous quels augures faut-il placer ce soir – et que c’est pour le moins inattendu. Oh ça oui. Et je n’imagine même pas l’ampleur du choc que ça a dû lui dire. Pour ma part, il me faut bien quelques secondes avant de clore le cercle de mes lèvres, d’avaler ma salive et de réussir à m’ordonner : d’accord, soit. Fais abstraction du fait que tu ne te serais jamais attendue à cela. Fais abstraction et dépasse la surprise, va au-delà. Que faut-il dire ?
C’est un peu long à formuler et c’est très maladroit, je tente de saisir, de comprendre un peu des circonstances afin de trouver quelque chose de meilleur. Quel rôle dois-je endosser ? Est-ce que je dois tout simplement être une oreille, garder les deux que je possède toutes grandes ouvertes, est-ce que cela suffira ou bien que puis-je trouver ou faire de plus ?
Une chose après l’autre, pas après pas.
Nickolas déroule les faits. Il m’explique que tout part d’un cadeau, et continue par le biais d’une porte ouverte et de voix portant trop, dispute oblige presque à chaque fois. Mauvais endroit, mauvais moment, moment qui s’éternise et qui s’attarde, juste ce qu’il faut pour distiller suffisamment d’informations, sans tout dévoiler non plus, bien sûr.
Et maintenant, le doute.
Je comprends qu’il marche sur le fil, et c’est incroyable qu’il ait su si bien le dissimuler durant tous ces jours, il marche sur le fil, sur cette corde tendue, raide, et oscille entre les possibilités qui s’offrent à lui, n’importe qui ferait très certainement de même.
Que faire de cette découverte. Il y a plusieurs chemins, beaucoup même, qui en découlent et partent dans des directions très différentes, et il est fort probable que comme toujours, aucune ne se fera sans compromis ni douleur, dans une certaine mesure. Ce qui est nécessaire, surtout, c’est d’être assez sûr de son choix de route pour être prêt à tout affronter, pour assumer sa décision. Le reste vient après, ça s’appelle les regrets et les élucubrations, c’est presque inévitable même si ça a un goût amer.
Pour le moment il faut juste se poser. Réfléchir.
« Mais tu ne peux plus faire comme si tu ne le savais pas… c’est ça ? »
Fronce pas, ne fronce pas les sourcils disait Maman. Et Papa ajoutait autre chose parfois, des variations autour de comme elle a l’air sérieuse, que de choses graves dans cette si petite tête, pour plaisanter sauf que ça ne me faisait vraiment pas rire. Je réfléchis, et pourtant les mots de mes parents surpassent le bruit de mes pensées. Qu’est-ce que je ferais, si j’étais à la place de Nick ? Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas. On a toujours besoin d’un papa, même lorsqu’on est adulte, et j’appelle le mien de tous mes vœux jusque dans mon sommeil. On a toujours besoin de ses parents, mais peut-être pas d’un parfait inconnu dont on partagerait juste la moitié du génome.
Je relève mon visage vers Nick. Et je ne sais, ne sais, ne sais toujours pas mais j’essaie.
« C’est difficile de se projeter, mais peut-être est-ce qu’il faut que tu penses à où est-ce que tu aimerais en être dans quelques années. Ce que… tu préférerais avoir fait. » C’est complètement nul. Pitoyable. Je me ferais de la peine si mon impuissance ne me mettait pas autant en colère. « Je suis désolée, je voudrais… trouver la chose parfaite à dire, mais au fait… il y a une chose dont tu peux être sûr, c’est que je serai là pour toi quoi que tu décides de faire, ou de ne pas faire. »
© ÉLISSAN.

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