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 Quiet mind (Roselas)

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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 29 Avr - 14:26


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il était bien d'accord avec elle. Les gâteaux étaient fait pour être mangés, surtout quand ils étaient réussis. Et celui-ci l'était. Alors oui, ce serait dommage au final de le mettre sous verre et le voir ainsi dépérir jour après jour. Donc oui, ils allaient le finir. En même temps, ils n'avaient rien emporté d'autres. Les lasagnes étaient toujours sur le plan de travail entrain de refroidir tout doucement. Manger cette part de gâteau permettait à Rose de scruter son minois, ses expressions. Et apparemment la jeune femme le connaissait très bien pour savoir quand quelque chose le tracassait. Et c'était le cas. Enfin pas au point non plus d'en faire une insomnie chaque nuit. Mais disons qu'il avait quand même du mal à occulter ce qu'il avait appris des semaines plus tôt. Il était plutôt du genre à mettre certaines pensées dans un coin et ne plus y toucher. Sauf qu'elles restaient là. Et que les questions étaient elles-aussi, toujours présentes. Donc cela ne servait à rien de faire l'autruche. Et Nickolas le savait très bien. Il avait du mal avec ça d'ailleurs. Quand quelque chose ne lui plaisait pas. Il était plutôt du genre à le dire sans passer par quatre chemins. Même s'il y mettait toujours des formes. Il fallait qu'il extériorise tout ça. Sauf que c'était moins facile quand il s'agissait de lui. Nickolas avait tellement de mal au quotidien à se livrer. Que ce genre d'action n'était pas évidente pour lui. Ça restait là. C'était présent. Et Rose l'avait remarqué. Il aurait très bien pu garder le silence. Il aurait pu lui dire que ce n'était rien, juste la fatigue. Mais ce serait mentir. Et Nick ne l'avait jamais fait. Mentir, ce n'était pas son style. Il n'aimait pas. Il n'aimait pas quand on lui mentait. Alors il ne le faisait pas aux autres. Mais certains sujets étaient plus difficiles à aborder que d'autres. En l’occurrence, parler de son géniteur, ce n'était un sujet aisé. D'autant plus à cause du passif de son ancienne compagne. Et aussi, parce que pour lui, ce sujet était un peu inédit. Et que chaque fois qu'une chose venait troubler sa quiétude, il avait besoin de tout analyser, de tout avoir en tête. Mais là ce n'était pas le cas. Il arrivait un peu dans un univers inconnu alors il n'était pas très à l'aise. Aux mots de Rose, il garda ses yeux bleus sur elle. Elle avait raison. Il esquissa un sourire. « Oui, c'est vrai aussi. Cela fait un bail que tu me supportes. » Des années et des années. Ils n'étaient que deux gamins quand leurs chemins s'étaient croisés. Deux gamins qui s'étaient juste croisés, échangés des banalités. Puis l'affinité s'était montrée. Ils s'étaient trouvés des points communs et surtout, ils s'étaient complétés. Et les choses s'étaient faites tout simplement, jour après jour. Maintenant qu'il y réfléchissait, c'est vrai qu'ils se connaissaient depuis un bail. Et que si quelqu'un le connaissait bien, c'était vraiment Rose. Elle qui avait passé plus de temps avec lui que n'importe qui d'autres. « Je vais faire attention maintenant si je ne peux rien te cacher. » Il plaisantait. Parce qu'il ne lui cachait rien. Il ne pouvait pas. Et comme il lui avait dit, il n'était pas comme ça. Elle le savait très bien. Mais c'était amusant de savoir un peu qu'il était un livre ouvert. Alors que paradoxalement, il ne se livrait pas ou très peu. Mais à croire que son visage faisait passer bien plus de choses que des mots qu'il pouvait prononcer.

Malgré tout, cette conversation était plus que difficile. Parce que c'était un sujet dont il n'aurait pas foncièrement voulu aborder. Cette conversation, il aurait préféré ne pas l'avoir, jamais. Il avait fait le deuil de ce père qui n'avait jamais fait parti de sa vie jusqu'à maintenant. Alors il était un peu ennuyé que cela puisse l'atteindre à présent. A la question de Rose, il haussa un peu les épaules. « Je pourrais. Je pourrais très bien faire comme si je n'avais rien entendu. Mais ce n'est pas mon genre, tu le sais. » Faire semblant, n'avait jamais fait parti de sa personnalité. Pas du tout. Alors voilà pourquoi cela le tracassait ces dernières semaines. Mais encore une fois, Rose avait raison. Qu'est-ce qu'il allait pensé de tout ça dans quelques années ? Il avait gardé ses yeux sur elle. « Je me suis déjà projeté dans le futur et il n'en faisait jamais parti. Pas lui. » Mais toi oui, aurait-il pu ajouter. Même s'il ne le faisait pas. Il espérait que Rose le savait. Il s'était imaginé avoir une vie avec elle, une famille avec un peu de chance. Même si le sujet n'avait jamais été abordé avec la jeune femme. « Mais jusque là, j'étais persuadé qu'il n'était qu'un brin d'adn. Qu'il n'avait pas vraiment d'existence. Alors c'était plus facile. » Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus facile en effet. Il soupira doucement. Puis aux mots suivants de Rose, il esquissa un nouveau sourire. « Ne t'excuse pas pour ça. Et je sais que tu es là. C'est pour ça que tu es bien la seule personne à être au courant. » Il n'en avait parlé à personne d'autre. Il n'avait rien dit à ses mères, encore mois à sa cousine Grace ou encore à Drake ou à Tobias. Les mots n'étaient pas parvenus à sortir jusqu'à ce soir. Et pourtant devant Rose, il l'avait fait avec tellement de facilité. Elle semblait magique ou tout au moins, sans magie. Elle arrivait à le calmer, à l'apaiser et encore maintenant, à le mettre en confiance. « Je crois qu'il va falloir que je lui parle. Même si je n'ai vraiment pas envie que cela complique les choses. Je ne sais pas à quel point, il peut avoir un impact sur elles... » Et jusque là, Nickolas avait toujours fait en sorte de protéger Lorena et Nickole. Il ne voulait pas leur causer de la peine. Mais il savait qu'il ne pouvait pas se taire. Donc, il se doutait que quoiqu'il fasse, il allait peut-être remuer des blessures. Cela le mettait mal à l'aise. Mais c'était sûrement ce qu'il fallait faire. Peut-être qu'au final, cette discussion allait pouvoir aplanir les choses, facilité la vie de ses parents, les choses tout simplement. Et puis, peut-être bien que profondément, il était curieux. Curieux de savoir qui était son géniteur. Curieux oui peut-être bien de pouvoir mettre un visage sur un mot. De trouver peut-être des traits familiers avec son propre reflet. Mais il pouvait également être déçu. Après tout, il ne connaissait rien de lui, rien du tout. De toute façon, il ne pouvait plus faire marche arrière. Cette discussion, il l'avait entendu. Il ne pouvait pas continuer à faire comme si ce n'était pas le cas. Quoiqu'il en soit, cela allait bien sa vie.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 29 Avr - 19:26

Quiet mind
Nickolas & Rose
Je ne sais pas si au terme de ces digressions sur ses types de sourire et le nombre d’années qui nous sépare de l’épisode lointain et vague du jour où on s’est rencontrés – je ne m’en souviens même pas, c’est flou, c’est trouble, je ne me souviens même pas de cela tellement ça semble appartenir à une autre existence – je ne sais pas s’il se taira d’un coup, fuyant l’évocation de ce qui le tracasse, ou bien s’il fera le choix d’aborder le sujet. L’un comme l’autre semble possible. C’est tellement plus confortable de fuir, de se laisser aller, guider par un fil plus facile, allons vers les souvenirs et les propos généraux, voyez comme je divague moi-même rien qu’en pensées. Peut-être que je divague, que je me laisse aller, cependant je n’oublie pas que quelque chose se cache en deçà des sourires.
« La réciproque fonctionne aussi. Ça fait un bail que tu me supportes. »
Je reprends ses mots tout exprès, et je pense même qu’ils marchent mieux dans cet ordre-ci, avec ce renversement des sujets, parce que ça a dû être bien plus pénible que de me supporter moi plutôt que lui. Surtout pendant certaines périodes. Ne pensons pas à ça. Reconcentrons-nous à la place sur ce qui nous occupe actuellement, le sujet qui dérive, qui file entre nos doigts – faut-il le retenir ? Je ne sais pas. J’hésite. Je ne serai jamais certaine de rien.
Si Nickolas préfère que nous outrepassions cela, qu’on parte sur autre chose, c’est possible. Je peux le faire et je ne lui poserai aucune autre question. On pourrait discuter de n’importe quoi, de la journée de demain, la position mouvante des étoiles en fonction des saisons, ou encore de musique, de films, je ne sais pas, d’absolument tout qui serait hors de nous.
« Je peux faire comme si je ne voyais rien, si tu préfères. »
Oh oui je peux. J’en suis capable. Et je détournerai les yeux et ne laisserai jamais la courbe d’un point d’interrogation clore mes phrases, je ne dirai rien, je jouerai à l’aveugle, et on passera à autre chose tandis que je garderai mes inquiétudes prisonnières de la cage de mes os. Le but n’a jamais été de le mettre mal à l’aise, de quelque manière que ce soit. Le but n’est pas non plus de le forcer à parler, s’il préfère qu’on passe outre et passe à autre chose on peut le faire, je me tairai, je ne dirai rien.

Seulement, si pour ma part je me complais dans le déni, je tends presque toujours à adopter cette attitude assez puérile qui consiste à affirmer que si ça ne prend pas une forme verbale, ça peut tout aussi bien ne pas être réel, ce n’est pas le cas de Nickolas qui a toujours fait face à ses difficultés, même les plus compliquées à aborder. C’est vrai que je le reconnais là. Il ne peut pas se contenter de faire un geste comme hausser les épaules, et répéter que ça n’est rien, ça ne l’impacte pas – répéter pour mieux se l’ordonner à soi-même, se le faire rentrer dans le crâne – et là-dessus, il a parfaitement raison. Quand bien même c’est certainement la voie la plus difficile. Il y a des choses qu’on peut tenter de refouler et d’enterrer mais qui rejailliront un jour ou l’autre en blessant d’autant mieux, et qui sait pour le moment quel va être le poids de celle-ci.
« Je sais. Et c’est courageux de ta part. » Je sais, je sais, je sais, je m’accroche à ce laïus minuscule, tout petit, minuscule, pour contrer ce qu’au contraire je ne sais pas, ce qu’il faut dire et faire et comment se mettre à nager au milieu de cette mer glacée d’incertitudes. Je ne sais pas ce qu’on construit pour le futur et je ne sais même pas ce qui arrivera demain, alors lui conseiller de se projeter est une belle blague, franchement, un conseil fabuleux. Je suis tellement mal placée pour recommander quoi que ce soit à n’importe qui, pourtant j’ai ce désir d’être présente et là et d’essayer quand même, qui fait que je m’enfonce davantage en constatant mon impuissance.
C’est normal qu’une entité paternelle n’ait jamais existé dans ce qu’il prévoyait pour l’avenir.
On envisage rarement ce qui semble être en dehors du champs des possibles.
Tenez, pour ma part je n’imaginais pas du tout que mon père n’atteindrait pas l’âge de la retraite, qu’il n’aiderait jamais ma mère au jardin comme il promettait pour plaisanter de le faire, quand il aurait du temps. Je pensais traverser les décennies en restant stable, équilibrée et parfaitement normale, et qu’un jour mes enfants grimperaient sur ses genoux comme il m’a trop rarement permis de le faire.
Assez évoqué tous ces fantômes, ces hypothèses balayées par une rafale sèche et furieuse de la vie. Nous sommes là. Et maintenant. Tels que nous sommes, et face à un futur qui ressemble à un prisme dont les faces se mêleraient et changeraient sans cesse.
Je tends le bras, ma main saisit doucement la sienne, je cherche ses yeux et j’esquisse un sourire. Bien sûr. Il le sait. Bien. Tout va bien.
Tout devra aller bien.
« Je pense que tu prends la bonne décision… même si ça n’est pas facile. Tu as au moins une chance d’être fixé. » Je ne lui propose pas d’être présente parce que c’est entre lui, Nickole et Lorena, c’est une histoire de famille. Mais il sait que je serai à la sortie si besoin est. Pour l’après. Je serai toujours là.
« Peu importe ce qu’il en est… tu es quelqu’un de bien et tu es devenu un adulte équilibré. Il n’y a pas de raison que cela change. »
Dans la vie de tous les jours, à chaque maudite seconde qui passe, qui se coulisse entre ce qui est à venir et tout ce qui est fini sans espoir de retour, toutes les secondes qui passent comme de petits têtards, à chacune d’entre elles sans exception, on improvise, on tente le coup. Peut-être que je ne saurai jamais quoi faire ni ne serai sûre de moi, mais voilà tout, on fait avec l’incertitude mordant au ventre. On improvise.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Lun 30 Avr - 12:32


Rose & Nickolas

Quiet mind


Est-ce qu'il la supportait ? Il ne savait pas vraiment. En tout cas, il ne s'était jamais posé la question. Ils étaient ensemble, c'était tout. Il était là, l'un pour l'autre. Mais c'était tellement naturel. Il était là pour l'aider à avancer. Si elle avait besoin de parler, besoin de conseils, d'une présence tout simplement. Il était là et c'était réciproque. Ce n'était pas une relation à sens unique. C'était ce qu'il avait apprécié dans leur vie de couple. Parce qu'il y avait un équilibre. Ils n'étaient pas égoïstes ou narcissiques, chacun se souciait de l'autre. Et c'était plutôt une bonne chose. Bien sûr, il y avait des points négatifs. Rien ne pouvait être tout blanc, tout rose. Mais comme tous les couples avec des caractères différents. Parfois la fatigue, la journée, les rendaient moins attentifs à l'autre. Mais ces points n'avaient jamais remis en cause leur histoire. Non. S'ils s'étaient séparés au final. C'était parce que Nickolas ne se sentait pas à la hauteur. Parce qu'il pensait, encore maintenant, qu'il ne lui apportait pas grand chose. Il avait été incapable de l'aider à l'époque. Et ça, encore aujourd'hui, il avait du mal à l'accepter. Le temps allait sûrement l'y aider mais pour l'instant, il n'était pas vraiment fier de lui. « Peut-être... » Il lui fit un sourire. Rose était parfois explosive mais c'est aussi sa personnalité qu'il appréciait. Il ne voulait pas qu'elle change pour lui. D'ailleurs, personne ne devrait changer pour personne. Il fallait être accepté pour ce que l'on était et non pour ce que l'on pouvait être aux yeux des autres. Cela ne devrait pas être négociable. Et Rose, elle était Rose. Il ne savait pas s'il referait la même chose s'il pouvait revenir dans le passé... Peut-être qu'il insisterai plus quand elle avait des doutes. Peut-être qu'il lui rappellerai encore et encore, qu'il était là, qu'elle lui pouvait lui parler. Et peut-être qu'elle lui ferait confiance à ce moment-là pour lui dire la vérité. Il ne savait pas à vrai dire si c'était vraiment un manque de confiance. Rose n'était pas ainsi. Mais il ne comprenait toujours pas pourquoi elle ne se confiait pas plus à lui. Malgré tout, elle savait écouter. Et elle le prouvait encore une fois. Elle préférait écouter les autres. Nickolas n'avait jamais été du genre à fermer les yeux quand il y avait un problème. Depuis toujours, il avait fait en sorte d'y faire face. Certes, parfois c'était plus facile que d'autres. Mais il y arrivait toujours. Il se demandait si cela allait être la même chose cette fois-ci. Parce qu'il savait que peu importe la décision qu'il allait prendre, cela allait avoir des répercussions dans sa vie. Et ça, c'était certain. Alors il ne pouvait pas agir à la légère. Il ne pouvait pas dire ou faire un geste de travers au risque que cela puisse avoir des retours. Nick avait toujours été là pour sa famille. Et cela n'allait pas changer.

Il reposa ses yeux sur Rose quand elle reprit la parole. La bonne décision ? « En même temps, je crois que c'est la seule à prendre. » Cela n'allait pas arranger les choses s'il gardait le silence. C'était un peu la même chose pour Rose. Parce qu'elle n'osait pas encore tout dire. Mais il espérait qu'avec le temps, cela allait passer. Elle sera à nouveau en confiance et elle pourra lui parler de tout sans crainte de l'ennuyer ou autre. Parce que ce n'était pas vrai. Il était là aussi pour elle. Il était là pour la soutenir et l'aider à avancer. Il esquissa un autre sourire aux paroles de la brune. Pourquoi était-elle incapable de voir les qualités qu'il voyait lui même, en elle ? « Si c'est le cas, tu pourras toujours me donner un coup sur la tête et me rappeler d'où je viens. » Parce que parfois, se rappeler de certaines choses ne pouvait faire que du bien. Il garda un instant le silence, en essayant de s'imaginer cette conversation à venir. Mais il ne voulait pas gâcher leur soirée alors il se reprit rapidement, posant à nouveau ses yeux bleus sur la demoiselle face à lui. « Dis-moi, si je devais partir en voyage, tu serais prête à me suivre ? » Parce qu'il y avait un voyage à Londres qui était prévu bientôt et il n'avait pas encore donné de réponse à la comptabilité. Il avait envie de ce voyage, mais pas envie de laisser Rose, seule. Et puis, ce voyage loin de Wellington pourrait lui faire du bien. Prendre l'air, voir de nouveaux visages, lieux, paysages. Cela lui faisait toujours du bien. Il aimait ça. Il savait qu'il serait vraiment incapable de cesser ses voyages. C'était impossible. Depuis qu'il était gosse, depuis qu'il avait fait son premier road-trip avec ses parents, il avait attrapé le virus du globe trotter. « Il y a une conférence sur les prix jeunesses en Europe et je suis invité à Londres pour y assister. » Ce n'était rien de très important. Une invitation parmi tant d'autres, comme il en avait souvent l'habitude d'en recevoir. Mais il pensait que ce voyage pourrait plaire à la jeune femme. Cela changerai un peu. Et puis, il imaginait que cela faisait une éternité qu'elle ne s'était pas prise de vacances. De vraies vacances ou elle « J'ai le droit de venir accompagner. Et je me disais que ça nous ferais du bien. » Mais il ne voulait surtout pas la brusquer. Il savait qu'elle avait du mal quand elle n'avait pas de repères. Mais il était là. Et elle pouvait compter sur lui pour ne pas disparaître du jour au lendemain. « Tout est pris en charge et il y a beaucoup de choses à voir à Londres. Et puis c'est à une heure ou deux, de Paris, de Bruxelles et à trois heures ou quatre, de Rome. » Tout ça pour dire que si elle voulait venir, ils n'étaient pas forcés de rester à Londres. Il y avait des tas de possibilités. Mais peut-être que c'était autre chose qui la tracassait, comme ses visites chez le psy ou les contrôles médicaux. « Je ne pense pas qu'on puisse te refuser un voyage. » Et puis, il était là. Il était son garant depuis qu'il l'avait fait quitter l'hôpital. Cela ne lui posait pas de problème. Et il ne pensait pas que les médecins allaient lui refuser. Ce qui pouvait poser problèmes, c'était sa médication. Mais il savait que Rose allait continuer à les prendre si elle en avait besoin. Il lui faisait confiance là dessus. « Mais si tu ne veux pas, si cela ne t'intéresse pas, je peux comprendre. Après tout, c'est juste une conférence. Ça risque d'être ennuyeux pour toi. » Il ne voulait l'obliger à faire quoique ce soit. C'était une invitation qu'il lui proposait, non un ordre.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mar 1 Mai - 17:53

Quiet mind
Nickolas & Rose
Bien sûr, j’ai dit la bonne solution et il répond la seule. C’est là que se situent encore nos divergences, c’est un point parmi d’autres qui peuvent encore nous séparer, tandis qu’on essaie de s’accorder, de s’ouvrir l’un à l’autre comme on le faisait avant, de plus en plus au fil des jours – on réapprend. Mais peut-être qu’on ne peut pas assassiner définitivement ses démons. Que nos travers ne s’effacent pas, l’adage prétend qu’on ne se refait jamais et je sais que c’est faux, on change et se transforme, mais il y a des côtés anguleux de nos personnalités qui ne s’aplanissent pas.
À sa place, j’aurais peut-être été tentée de faire semblant, de prétendre de n’avoir rien entendu et de fermer les yeux, quitte à prendre le risque que tout explose un jour, que tout finisse en tragédie plus grave. Et je suis au courant, on me l’a répété que le déni n’est pas une voie dans laquelle s’engager, même si c’est plus facile à assumer, comme il est plus aisé de vivre lorsqu’on prétend que rien n’est jamais arrivé, les oiseaux chantent et tout se passe sans anicroche, merveilleusement sans obstacles. Ça n’est jamais une solution. Et en toute honnêteté je ne la lui aurai pas recommandée s’il n’était pas de toute manière fondamentalement opposé aux silences et aux secrets gardés pour ne pas faire de drame. Les choses empirent en souterrain en étant conservées. Ça pourrit sous la peau et gangrène le système.
C’est juste que dans un premier temps, ça semble plus facile.
« Un petit coup alors. Promis. »
Je souris non pas parce qu’il y a quoi que ce soit de réjouissant dans tout cela, mais parce que l’issue qu’il s’est trouvé et le chemin ardu qu’il se décide à suivre est plutôt prometteur. C’est le morceau de corde sur lequel il faut tirer pour défaire un paquet de nœuds ; le bon morceau, il y a tant d’autres brins trompeurs.
Et si j’ai dit promis en serrant fort les lèvres, comme une enfant aurait juré, je ne sais pas, d’être sage et de garder un œil sur son tout petit frère, c’est parce qu’au fait, la seule perspective réjouissante de cette histoire est le fait qu’elle me garantit une place, un rôle à jouer dans le futur : j’ai promis d’être là. Je le serai toujours.
Pour le moment du moins ; qui sait ce qui ressortira de sa conversation avec ses mères, si le soleil peut tout à coup s’infiltrer à travers d’épais nuages d’orage, alors n’importe quoi de bon peut survenir, n’importe quoi de positif, et tout n’est pas forcé d’être pénible, même si on l’appréhende comme tel.
Ce sera peut-être une bonne surprise, au final.

J’allais peut-être parler de cela. De ma décision de chercher toujours un bon côté aux choses, de le faire plus systématiquement qu’avant du moins, parce que j’ai toujours eu tendance à facilement verser dans l’angoisse et le pessimisme – sauf que voilà, depuis qu’il a passé le seuil de ma chambre d’hôpital alors que ça n’était jamais censé arriver, ce n’est plus ce que j’ai envie de faire.
Parce que mon existence de tous les jours mérite que je lui souris. Parce que je n’ai plus tellement de raisons de me plaindre, je ne veux plus jamais me plaindre, je veux énumérer tout ce qui est beau et m’en réchauffer l’âme, parce que je suis tout simplement chanceuse que nous soyons là en ce moment, tous les deux assis dans l’herbe.
J’allais peut-être parler de cela. J’allais peut-être broder une phrase un peu idiote, volontairement généraliste mais s’appliquant quand même à lui, quelque chose dans le même genre que les trop connus il y a du bon à tout malheur et cetera… mais sa question me prend de cours. Il change complètement de sujet. Je ne comprends pas pourquoi, mais je réponds quand même du tac au tac, premier réflexe, en le regardant droit dans les yeux tout comme à l’hôpital.
« N’importe où, n’importe quand. »
Phrase rapide, avalée presque ; je fronce un peu les sourcils en attendant la suite, me demandant quel tour va-t-il sortir de son chapeau, pareil à un magicien. Ça vient par petits bouts et ça s’assemble à toute vitesse dans mon esprit en formant un puzzle grandiose ; il y a des pièces encore manquantes, arrivant secondes après secondes, mots après mots, mais il n’empêche que le dessin a l’air sublime.
Le nom d’Europe me fait rêver, le nom de Londres tout autant. Londres en Europe. Il y a des dizaines et des dizaines d’artistes et d’écrivains que je pourrais citer sans réfléchir qui ont laissé leur empreinte là-bas. Londres en Europe. Je m’étais promis de m’y rendre un jour, promesse à elle-même d’adolescente romanesque, date butoir non fixée et lointaine, mais il est vrai que j’ai beaucoup de retard, pour ce qui est des rêves à réaliser.
Il peut suffire de les faire, mais les réaliser, ça peut être bien aussi.
Même si cela fait longtemps qu’il l’exerce, et un bon moment que je l’observe le faire, j’ai toujours du mal à me rendre compte de la réalité de son métier. Ce n’est pas qu’une succession de réunions et de programmes et catalogues à établir ou de rendez-vous à prendre et de manuscrits à lire, même si c’est ce qu’il me raconte la plupart du temps le soir. En-dehors des richesses de la littérature, il y a celles des rencontres. Des évènements culturels. Des voyages.
C’est aussi pour tout cela que c’est un métier qui lui va incroyablement bien.
Je garde le silence pour le laisser finir, pour une fois je me retiens de m’exclamer, je le laisse terminer, et on dirait qu’il voit cela de mauvais augure, en fait, puisqu’il commence à dérouler plusieurs bonnes raisons, à briser d’éventuelles oppositions. Je suis vraiment insouciante parce que je ne me préoccupe pas du tout de tout cela, je refoule – le fait que prendre l’avion peut être très éprouvant pour un trajet pareil, que changer radicalement de décor peut être salutaire comme un véritable choc, que partir impliquerait de ne pas voir mon médecin durant plusieurs jours, et je ne sais pas comment cela pourrait se mettre en place, à distance pour mon traitement.
« Ça ne pourrait pas être ennuyeux. Attends, on parle d’un voyage avec toi à Londres… » Et je bats des paupières, je fais je ne sais pas quoi, peut-être que je remets quelques pièces du puzzle à leur place, car certaines s’encastrent mal. C’est difficile d’appréhender, d’avoir une réaction cohérente dans l’immédiat. « C’est une proposition magnifique que tu me fais là. »
Je prends une brève inspiration, j’essaie d’être plus sérieuse. Réfléchir. Réfléchir, puisque je suis capable de ne pas m’exclamer, je peux aussi être raisonnable. « Mais tu es sûr de vouloir que je vienne ? Tu pourrais inviter ta mère par exemple. Ça pourrait être l’occasion de vous retrouver tous les deux. Elle ou… n’importe qui d’autre, je ne resterai pas seule… si c’est ça qui t’inquiète. »
Je resterai à l’appartement avec Drake, ou bien je passerai plus de temps à la maison avec ma mère, ou encore j’irai voir Apple et mon ancienne colocataire, sa cousine Julia, il y a beaucoup d’alternatives possibles. Voilà. Réfléchir, et rester raisonnable.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mer 2 Mai - 14:18


Rose & Nickolas

Quiet mind


Il ne voulait pas vivre avec des œillères et ne voir que le bon côté des choses à chaque fois. Parce que ce n'était pas ça la vie. La vie était faite de bons et de moins bons moments. Mais tous ces moments faisaient avancer à chaque fois. C'était ce qu'il croyait en tout cas. C'était pour ça que peu importe ce qui se passait, il essayait d'en tirer les leçons. Ce n'était pas toujours facile, loin de là. Mais il tenait, il affrontait ses peurs, faisait face à ces décisions. Même si certaines étaient plus difficiles à prendre que d'autres. Il ne pouvait pas faire autrement. Se voiler la face, ce n'était pas lui. Il ne pouvait pas choisir un chemin en sachant qu'il laissait d'autres personnes sur l'autre. Il ne pouvait pas fermer les yeux. Et même si toute cette histoire lui donnait parfois des sueurs froides. Il se disait que c'était encore la meilleure solution, le meilleur choix qu'il pouvait faire. Et en plus, c'était quelque chose qui lui tenait à cœur. Jusque là, il s'était toujours très bien entendu avec ses mères. Elles étaient là, à chaque fois que les choses n'allaient pas. Qu'il doutait ou qu'il avait besoin de conseils. Elles avaient toutes les deux assurées comme des reines. Et c'était aussi pour ça qu'il voulait se montrer digne d'elles. Digne de l'éducation qu'il avait reçu, de cette amour et de cette tolérance qu'elles lui avaient offert. Quoique les gens puissent dire autour de lui, autrefois maintenant ou dans le futur, il ne regrettait rien. Qu'il change quelque chose dans son passé ? Non. Jamais il ne pourrait changer quoique ce soit. Parce que toutes ses étapes étaient là pour ce moment. Là quand il était assis sur cette pelouse, la main de Rose dans la sienne. Elle était comme une douce caresse. Un petit bonheur qui représentait une pierre sur ce nouveau chemin qu'ils empruntaient tous les deux. Ensemble. Nickolas lui avait dit, chaque action de ce présent était entrain de construire l'avenir. Et c'étaient à eux de décider ce qu'ils voulaient en faire. Ce qui comptait pour elle. Ce qu'elle se voyait faire dans les années à venir, malgré sa peur parfois irrationnelle de l'avenir. C'était aussi ce qu'il voulait lui faire comprendre.

Il esquissa ensuite un sourire amusé quand elle s'exclama au sujet d'une possible escapade à Londres. Il l'observait et elle semblait vraiment emballé par ce voyage. Il était vrai que lorsqu'ils étaient encore ensemble, ils partaient souvent, parfois juste à l'autre bout de la ville pour passer un petit week-end tranquille. Parfois, ils partaient plus loin. Cette passion des voyages, ils l'avaient en commun. Et cela le réjouissait à l'idée que Rose veuille bien venir avec lui. Nickolas avait un planning très rempli et il était difficile parfois pour lui, de reporter certains déplacements. Et il ne voulait pas laisser Rose seule. Donc, il préférait lui proposer de venir avec lui. Et puis, il aimait ça. Il aimait l'avoir à ses côtés. Il aimait passer du temps avec elle. Alors c'était un bon moyen de se retrouver, de passer du temps tous les deux, loin d'ici, loin des choses qui pouvaient être une source de désagrément. « Je suis ravie de voir que tu aimes toujours autant les voyages. » Il se demandait si elle en avait fait ces dernières années, loin de lui. Loin de leurs habitudes et de leurs préférences. Est-ce qu'elle voyageait aussi souvent qu'avant ou est-ce qu'elle préférait rester dans cette ville, synonyme de sécurité pour elle. Mais il était là à présent et elle n'avait rien à craindre quand il était à ses côtés. Jamais il n'avait toléré la moindre remarque malveillante. Et c'était encore le cas aujourd'hui. Comme quand il l'avait vu dans cette chambre d'hôpital. Il ne voulait plus jamais revoir ça. Jamais. Alors avec lui, elle était en sécurité. Et cela n'allait pas changer. Et maintenant plus il parlait de ce voyage et plus il avait hâte d'y être. Il était vrai qu'il avait bien choisi son job. Les livres, l'imagination, l'écriture, les genres, les voyages, tout cela faisait parti de son quotidien. Il appréciait tout ça. Et il ne savait pas ce qu'il pourrait faire d'autre de sa vie. Peut-être journaliste, peut-être écrivain. Mais c'était encore des métiers qui étaient en lien avec les mots. Il avait toujours été doué pour écrire. Il posait sur papier ce qu'il avait souvent du mal à dire plus jeune. C'était agréable. Mais il admettait sans mal et même avec une pointe de fierté, que Rose était tellement plus douée que lui. Il espérait sincèrement qu'elle n'allait pas abandonner son bouquin. Qu'elle allait tenir bon et faire en sorte de le publier, même si cela prenait du temps. Il le voulait, surtout pour elle. Pour lui prouver une nouvelle fois qu'elle en était capable, qu'elle pouvait avancer par elle-même, grâce à ses actions, ses aspirations. C'était ça le plus important.

« Je peux être très ennuyeux si on fait le pari. » Il esquissa un nouveau sourire amusé. Quand parfois, il était dans son monde, il pouvait être très difficile d'en sortir alors, et de faire attention au monde alentour. Même si c'était une très bonne compagnie. Il était parfois dans sa bulle et il fallait la faire éclater pour arriver à le toucher à nouveau. « Mais tu dis ça parce que tu adores cette ville et ce pays, ses écrivains, ses grands monuments, sa bouffe réputée sur tout le globe. » Il ne pouvait s'empêcher de rire aux derniers mots. Il avait déjà été dans plusieurs pays mais Londres et l'Angleterre en général, ne faisaient pas des plats des plus agréables. Loin de là. Les haricots blancs, les saucisses pour un petit dej... il était plutôt du genre à prendre un jus d'orange frais et peut-être quelques toast mais rien de plus lourd sur l'estomac. Puis il redevenait un peu plus sérieux aux mots suivants de la jolie brune. « Je suis ravi que ça te plaise. » Vraiment. Ravie qu'elle soit partante pour prendre l'avion avec lui. Même s'il était certain que c'était un long voyage et qu'il allait être épuisant. Mais cela en valait la peine. C'était un bon voyage. Quelques jours loin de tout, loin de leur quotidien, rien que tous les deux. « Certain. Cela me fera plaisir d'avoir de la compagnie. D'habitude je suis toujours seul. » Il n'emmenait jamais personne. Aucune femme n'était venue avec lui. Aucun collaborateur. En général, il était seul. Et cela lui convenait. Mais partager ça avec Rose, c'était autre chose. « Et il n'y a qu'avec toi que je veux partager ça. » Ses mères bossaient trop pour s'accorder les moindres vacances, surtout pas en pleine saison. Elles étaient plutôt du genre à partir quand tout le monde rentrait, histoire d'être tranquille. « Ce sera chouette. Je te promets de ne pas passer tout mon temps au salon. On pourra visiter la ville, prendre des babioles à l'effigie du prince William et de Kate ? Je suis sûr que tu en as très envie. » Il se mit à sourire à l'idée d'entrer dans ce genre de boutique et acheter ces objets. « Je suis sure que tu aimerai avoir un mug avec sa tête. Est-ce que je me trompe ? » Bon là, il se contenait pour ne pas partir en fou rire. C'était agréable de parler de tout ça. D'oublier le reste, de profiter simplement de ce moment, rien qu'eux, tous les deux, sans personne d'autre.


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Jeu 3 Mai - 18:10

Quiet mind
Nickolas & Rose
« Toujours. J’ai juste eu un peu moins d’occasions que toi. »
Je n’étais pas jalouse, ce serait exagérer qu’utiliser ce terme et d’ailleurs, il n’y avait pas vraiment la place pour quelque chose d’aussi négatif entre nous. Disons plutôt que je lui ai envié la chance d’avoir été élevée par deux globe-trotteuses dans l’âme. Ce devait être incroyable, étant enfant, que de pouvoir découvrir des lieux aussi diversifiés et de s’ouvrir à tout, à tout ce que le monde à d’incroyable à offrir aux sens… Rien d’étonnant à ce qu’il l’ait gardé dans le sang. En comparaison, mes parents étaient plutôt casaniers. Ils aimaient les endroits tranquilles, très peu les heures de route et prendre des plis, construire de petites habitudes au fil des ans. D’où les vacances d’été toujours dans les mêmes coins, les pique-niques rituels, toujours aux même endroits, à chaque changement de saison. Je ne vais pas m’en plaindre. Je partais en vacances, au moins ; mais c’est vrai qu’il est arrivé un moment où j’ai eu l’impression d’exploser ou bien de manquer d’air, peut-être tout à la fois. C’est sans doute pour cela aussi que j’ai tellement adoré chaque week-end où nous partions en escapade tous les deux, sauf que nous étions étudiants et qu’ensuite, ensuite les problèmes sont arrivés, disons-le comme cela, platement, avec sobriété.
Alors c’est vrai. Les occasions m’ont manqué, au cours de ces dernières années.

J’avais dit ça très sérieusement – enfin, autant qu’il est possible de l’être quand on se projette béatement à des milliers de kilomètres de chez soi, dans un endroit dont on a depuis des années paré le nom d’une sorte de mystère de façon très romanesque… J’avais dit ça très sérieusement, c’est sorti droit, d’un coup, du fond du cœur, mais pour le coup je me fend d’un immense sourire. Très ennuyeux si on en fait le pari. Je voudrais bien voir ça. Et même si je ne peux pas m’empêcher ce sourire-ci d’éclore, si la plaisanterie est légère et que je ne m’y attendais pas, je me demande quand même : pourquoi, pourquoi même si cela sert de prétexte pour rire, pourquoi vouloir se dégrader à tout prix ?
Ennuyeux. C’est vraiment l’un des derniers adjectifs dont j’aurais pensé le gratifier. D’accord, je ne suis pas très objective à son sujet mais il n’empêche, je connais des tas de gens qui sont du même avis.
Alors je redeviens sérieuse, mais seulement pour de faux. C’est loin d’être convaincant.
« Je prends le pari si tu tiens à qu’on en arrive là. On parie absolument tout ce que tu veux, je suis sûre de gagner de toute manière. »
On pourrait commencer par me décréter reine du fair-play.
Pour en revenir à Londres, il a raison sur toute la ligne. Il y a la ville et le pays entier, et on en parle beaucoup trop dans les romans, d’ailleurs en parlant de romans je pense à tous ces noms, à tous ces noms immortels dont les mains ont produit ces récits que j’adore… il y a les monuments. Incontournable. En ce qui concerne la nourriture, on repassera. Il paraît que c’est encore pire que lorsque je me mets en tête de préparer un plat bien typique de chez nous – mais bon, c’est aussi le jeu quand on voyage. On fait des découvertes. On essaie de goûter à un peu du climat, quitte à avoir des comptes à régler avec son estomac ensuite.
Ça ne peut pas vraiment être pire que mes tentatives les plus ratées de cuisine maorie.
Ce doit être une légende, au même titre que les fantômes des petits princes à la Tour de Londres.
« Oui mais… ça pourrait aussi bien être n’importe quelle autre ville. Tu remarqueras que j’ai dit avec toi avant Londres. »
Et je bats des paupières, je m’arrête tout à coup. C’est peut-être bizarre ce que je viens de lâcher, je ne suis pas certaine de l’assumer – regarde comme l’herbe est verte. La nuit qui tombe et la pénombre produisent de drôles d’effet sur cette couleur, tout ce qui contient un tant soit peu de chlorophylle paraît un peu clair, presque phosphorescent, à cette heure-ci du soir.
Peu importe. Reprenons. Ça n’a aucune importance, de toute façon, il faut d’abord réfléchir avant de monter n’importe quel plan, avant de se mettre à inventer n’importe quoi, y compris de quelle teinte peuvent bien être la membrane des esprits des petits princes.
Réfléchir. D’abord être certaine, et sûre que ce soit à peu près raisonnable – ça ne l’est pas, assurément. Je ne songe pas trop à la longueur du voyage, au décalage horaire, à ses effets pervers ni aux médicaments ; j’avance plutôt à tâtons pour être sûre, certaine, qu’il l’est lui de son choix.
C’est une très, très belle proposition mais je ne peux pas l’accepter si c’est parce qu’il s’inquiète de ce qui pourrait survenir en me laissant ici quelques jours. Je ne peux pas. Je n’ai pas envie d’être cela, pour commencer.
« Vraiment ? »
Toujours seul. Ça m’étonne. Je ne me suis jamais trop hasardée à imaginer à quoi devait ressembler sa vie quand je n’en faisais plus partie, parce que ça faisait mal, tout bêtement. Peut-être que le cours logique des choses voudrait qu’il me fasse d’autres réponses que celles-ci. Sans doute. Malgré qu’il me l’assure, je continue de prendre des précautions – surtout, continuer, et réfléchir, et rester raisonnable.
« Tu es sûr ? Vraiment, vraiment sûr ? »
Mais la raison est un pays dont les frontières sont resserrées, un tout petit pays comme un carré de peau. Alors une fois que tout est sûr et certain, certain et sûr, sûr et certain, que plus aucun doute ne subsiste, je ne me retiens plus d’arborer un immense sourire, et c’est tout juste si une nouvelle envie de m’exclamer ne sort pas de mon reste de contrôle.
Bien sûr, même s’il y va dans un but purement professionnel, on arrivera peut-être à dégager un peu de temps pour visiter la ville ensemble – je voudrais arpenter toutes les rues et tout voir, et tout humer de l’air de Londres. Et jouer à la parfaite touriste en prenant des milliers de photos, et ramener à toutes mes connaissances des mugs ornés du drapeau anglais, souvenir par excellence s’il en est – j’ai pensé au drapeau. Il a frappé plus fort en songeant au duc et à la duchesse de Cambridge, j’éclate de rire tout à coup.
« Tu n’es pas obligé de transférer tes rêves secrets sur moi. Promis, je t’offrirai tout le service à thé assorti s’il me tombe sous la main. »
Avec le papier cadeau accordé, si cela se fait. Oh bon sang. Je suis complètement enchantée par la perspective de ce nouveau voyage à deux, et en deçà de l’excitation, dans le creux de la vague, plus profond et plus actuel, demeure très bien ancrée l’atmosphère de ce soir. Ce qu’il y a d’évident et de très beau dans le fait d’être là, tout simplement.
« Si tu me prends par les sentiments avec la tasse, je ne peux décemment pas dire non. »
Ne pas pouvoir dire non, même en usant de la première plaisanterie comme faux prétexte, ça se traduit par oui. Je ne doute pas qu’il ait compris, je ne suis même pas sûre que ç’ait été nécessaire de le dire.
« Que de surprises en une seule soirée. »
Je replie mes jambes vers moi, entoure mes genoux de mes bras. L’herbe et ce courant d’air frais qui coure tout le long de mes bras. L’herbe déjà plus si verte, plus sombre, il fait un peu froid et je jette un coup d’œil au ciel, comme ça, pour détendre ma nuque, avant de regarder Nickolas.
« Quand est-ce que tu dois partir ? »
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Sam 5 Mai - 13:55


Rose & Nickolas

Quiet mind


Les occasions manquaient pour que la jeune femme puisse voyager. Ses parents étaient plutôt casaniers, il s'en souvenait. Il se rappelait bien également de toutes les fois où il avait emmené Rose en voyage. Et où il avait du donner le planning de ces voyages de long en large, dans les moindres détails. Cela l'amusait à chaque fois. Mais il n'en montrait rien. Il savait que c'était du à la crainte de l'inconnu. Et il comprenait. C'était pour cette raison qu'il se pliait de bonne foi à tout ça. Il se demandait si c'était encore comme ça avec son ex-belle-mère. Est-ce qu'elle allait à nouveau lui demander un maximum de détails sur leur voyage à Londres ? C'était fort possible. Mais cela ne le dérangeait pas. Ses mères aimaient aussi savoir où il était et ce qu'il faisait. Même s'il allait bientôt avoir trente ans. C'était comme ça quand on aimait ses enfants. En tout cas, c'était ce que se disait le jeune homme quand il se souvenait de toutes ses discussions, avec Lorena ou même Nickole. Même si cette dernière était un peu plus laxiste. C'était avec elle, qu'il avait eu plus de liberté. Il n'empêchait qu'elles s'étaient complétés à merveille toutes les deux. Rose avait été un peu plus couvée par ses parents. Ce qui n'était pas une mauvaise chose. Même si parfois il se demandait si ce n'était pas à cause de ça que Rose avait parfois peur de l'inconnu, peur de la nouveauté. Lui, cela l'excitait. Elle, elle était plus sur la réserve même si elle adorait ça. « Il faudrait remédier à tout ça alors. » Un fin sourire s'afficha sur ses lèvres. Il était peut-être temps pour elle, de vivre ses rêves, de faire tout ce dont elle avait envie. Parce qu'une vie était unique. Et qu'il fallait la remplir correctement pour ne pas avoir de regret dans le futur. Regarder sa vie et se dire qu'elle était bien remplie, ne rien regretter.

Il se mit à sourire de bon cœur aux mots suivant de la belle. « Ah ça, je ne sais pas si j'ai bien envie de te montrer ce spectacle. Après, j'aurais moins de charisme à tes yeux. » Il plaisantait bien sur. Bien qu'en fait, il n'était pas du genre à aimer étandre ses défauts à la vue de tout le monde. Il en avait comme tout le monde. Mais il était plutôt du genre à vouloir compenser par les qualités, même si elles n'étaient pas nombreuses. C'était comme ça. Même si avec Rose, il restait toujours lui même. Il était tel qu'elle le voyait, chaque jour. Il ne changeait pour personne. Il s'adaptait la plupart du temps quand il le fallait. Comme quand il avait des rendez-vous professionnels. Quand ses rendez-vous étaient importants. Quand son boulot était dans l'équation. Alors oui parfois, il ne montrait qu'une partie de lui même. Celle qu'on cherchait à voir. Avec Rose, toute sa personnalité était à nue. Et il ne la montrait qu'à elle. Avec les autres, il était bien plus sur la réserve. Surtout parce que ce n'était pas dans son genre de s'étaler ainsi. La conversation avait ensuite abordée le sujet du voyage. Un voyage tous les deux, dans une ville, un pays étranger. De quoi se reposer un peu et de se détacher de leurs habitudes. Rose était partante pour l'accompagner et il en était ravi. Ils allaient passer un bon moment. Il en était certain. Un nouveau sourire s'affiche sur ses lèvres aux paroles de la brune. « Londres ne pourrait être qu'un point de départ. On pourrait aller en France, à Paris, en Italie, en Espagne. Tout ça, ce n'est qu'à quelques heures de la capitale anglaise. » Alors les choix étaient infinis. Il fallait juste que cela rentre dans leur planning. Parce que forcément, ils ne pouvaient pas rester trop longtemps là-bas. Parce qu'après tout, ce n'était pas des vacances mais un voyage d'affaires. Ce qui changeait un peu la donne. Enfin un tout petit peu. Mais en une bonne semaine, ils allaient pouvoir faire beaucoup de choses. Même s'il savait déjà que Londres était une ville artistiquement très riche. Alors ils allaient avoir beaucoup de choses à voir. « Sûr et certain. » Avait-il ajouté avec entrain pour rassurer la jeune femme. S'il l'invitait c'était de bon cœur et non avec une quelconque arrière pensée. Non pas du tout. Et il voulait qu'elle le sache. C'était important que les choses soient claires entre eux. Comme elles l'avaient toujours été jusque là. « Sauf si tu as autre chose à faire, quelque chose de prévu. Dans ce cas, je pourrais comprendre que tu ne souhaites pas m'accompagner. » Oui, il ne voulait pas l'obliger à quitter ses habitudes et un environnement familier. Si cela la rassurait, elle pouvait rester ici. Dans le cas contraire, il serait ravi de l'avoir à ses côtés pour ce déplacement à l'autre côté du monde.

Ils s'étaient mis à rire tous les deux en parlant des objets souvenirs qu'ils pouvaient trouver à Londres. « Ah mais ce n'est pas secret. J'ai un mug déjà. Un souvenir de mon premier voyage. Mais c'est avec l'effigie de Diana. Je voulais l'offrir à ma mère mais elle ne la jamais repris. » Alors depuis toutes ses années, il dormait dans un de ses placards. Et comme cette tasse avait une valeur sentimentale, il n'avait pas envie de s'en séparer. Même si elle dormait au fond d'un placard. « Je ne sais pas si on pourra tout rapporter jusqu'ici. » Ils ne pouvaient pas trop se charger. Au risque d'être, soit bloqués aux douanes, soit de devoir payer une amende de plusieurs centaines de dollar néo-zélandais. « Je suis certain que tu trouvera autre chose qu'une belle tasse avec un beau gosse dessus. » Il se mit à sourire doucement. Il y avait tellement de choses à voir à Londres. Ils pouvaient aussi faire le parcours jusqu'à l'exposition Harry Potter, visiter Madame Tussauds, le London Eye, la tour de Londres, Big Ben, se promener sur le pont au dessus de la Tamise. « Et puis, il y a encore tellement de choses à visiter, Westminster, Buckingham Palace, la Tour de Londres, marcher sur le Tower Bridge ou encore les studios Warner Bros pour voir Harry Potter et ses amis. » Nicjkolas en avait fait des voyages à Londres et à chaque fois il trouvait une chose différente à visiter. Et ça lui plaisait. Et il était certain qu'il allait se passer la même chose avec Rose. Elle qui était curieuse de tout. Cela allait être un super voyage. « Tu vois... c'est ce que je te disais plus tôt sur les rêves à réaliser au quotidien. » Il fallait faire en sorte que chaque jour comptait. Chaque jour était important. Et c'était en ayant cette logique que la vie prenait son importance. Et qu'on en faisait quelque chose d'intéressant. Vivre sans prendre de risque, sans s'ouvrir aux autres, sans mettre à nu ses craintes et y faire ça, c'était triste. Et ce n'était jamais qu'une demi vie. Voilà ce qu'il voulait faire comprendre à la jeune femme. « D'ici une semaine. Cela va passer vite. Et puis comme ça, tu as le temps de te préparer. » Et voir ce qu'elle prenait dans sa valise. Et puis ses amis allaient surement lui demander des souvenirs. Assez de temps pour qu'elle puisse prendre ses disposition. « Jusque là, je n'avais pas donné de réponse quant à ce voyage. Je pourrais donc m'en occuper dès demain. Parce que les jours vont passer très vite. » Surtout quand il y avait un beau voyage en perspective. Et qu'on avait qu'une hâte : être déjà au jour « j ». Et à voir la réaction de Rose, il était persuadé qu'elle avait hâte d'être déjà à ce jour. « Et puis comme ça, tu pourras faire un petit listing des choses que tu as envie de voir. » Parce qu'il n'allait pas pouvoir être toujours avec elle. Alors quand il ne sera pas là, elle pourra quand même faire quelques visites en attendant qu'il puisse la rejoindre. « Tu as déjà en tête des choses qui te feraient envie ? »


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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Dim 6 Mai - 13:50

Quiet mind
Nickolas & Rose
On ne rattrape jamais le temps perdu, parce que le temps passe sans se faire prier, il court, et on ne parvient jamais à refermer ses mains dessus pour le saisir – c’est ce que je n’ai pas cessé de constater, boucle des ans refermée une à une après quelques centaines de jours qui à chaque fois s’enfuient. Et à chaque fois, les beaux moments j’aimerais les voir durer toujours… mais ce sont des éclipses, des perles glissées entre les maillons simples de cette chaîne continue, et puisque les heures sont trop mobiles, les moments passent, et je retourne à des jours et des jours sans rien de remarquable, entre la pluie et quelques éclaircies, à une grisaille plus franche.
Et je regarde ces jours passés sans que rien n’ait été accompli comme du gâchis pur.
On ne rattrape jamais le temps perdu, parce que le temps ne revient pas, et nous n’aurons plus jamais dix-huit ou vingt-cinq ans, c’est terminé. Il nous reste d’autres boucles d’années à refermer, combien, nul ne le sait, mais ce doit être suffisant, tant qu’on ne se contente pas de prendre les maillons avec indifférence en attendant les perles, tant qu’on ne se contente pas d’attendre les jours d’été. Parce que chaque jour, sans doute, réserve sa part de beau, tant qu’on se donne la peine d’ouvrir les yeux, de regarder, de n’être que dans le jour présent. Et je crois qu’il n’est nullement besoin de rattraper un temps qui serait perdu, parce qu’il nous reste du temps, et que ce temps est là, face à nous, et qu’on peut le remplir davantage qu’on ne l’a fait par le passé.
Alors on regarde droit devant et on dit remédier au lieu de rattraper. Je hoche simplement de la tête en souriant pour marquer mon approbation.

À quoi doit-on trouver remède, toutefois ? À tout ce qu’on n’a pas eu, tout ce que le temps passé n’a pas pu nous offrir – je trouve que c’est du côté des regrets, et je n’ai plus envie qu’ils me dévorent encore, parce que j’en aurais d’autres au fond du cœur jusqu’à la fin de mes jours, cela suffit. Non, peut-être pas remédier à des occasions qui ne se sont jamais présentées, à des sourires qui ne sont pas ébauchés et à des jours, trop de jours qui n’ont pas été beaux ; je crois que cela veut plutôt dire qu’à partir de maintenant, il faut se prendre en main et provoquer les occasions. Arrêter d’accepter la monotonie fade des heures.
Non pas sourire avec outrance, mais prendre chaque sourire avec reconnaissance, parce qu’il y a des raisons pour qu’il soit esquissé – et cette soirée est magnifique.
« Dis plutôt que tu n’as pas envie d’étaler le fait qu’il y a quelque chose que tu es incapable de faire. »
On creuse la plaisanterie, celle-ci se poursuit doucement comme les feuilles tombent avec lenteur, avec de toutes petites dérives de gauche à droite, de droite à gauche, les feuilles voltigent quand l’automne vient. Et chacun reste plus ou moins campé sur ses positions, ce n’est pas grave, rien de sérieux car le ton est léger et ça n’est pas du tout grave, les qualités et les défauts sont des sujets difficiles à appréhender sérieusement en tant que tel. Tant que ça n’est qu’une blague. Tant qu’il entend mon point de vue sur la question.
Je suis peut-être à peine plus perspicace que lui là-dessus – parce qu’il est vraiment difficile de se connaître soi-même, tandis qu’avec les autres, on a davantage de recul, on ne se dénigre pas pour rien – mais s’il y a bien une question sur laquelle il est bien plus calé que moi, et ça n’a rien à voir, c’est celui de l’Europe. Certes, je sais que c’est un continent relativement petit et où toutes les grandes capitales sont à peu près reliées entre elles. Depuis la maison d’Apple, à Barcelone, nous avions pu passer en quelques heures de route à la frontière française, une escapade très brève qui n’a pas fait taire mon envie de découvrir le pays en entier. Toute la France, et l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne… c’est exaltant que d’y penser.
« Mon rythme cardiaque s’accélère rien qu’à t’entendre en parler. » je lui avoue en riant, et par réflexe, je pose une main sur ma poitrine et ce geste révèle le bruit sourd du tambour qui bat-là, qui n’a jamais cessé de battre et m’a fait mal, de temps à autre. C’est drôle qu’on y situe le siège des sentiments. C’est bizarre que ce soit là que naissent les sensations de craquements, de brisures, de déchirures et saignements, ou au contraire, de chaleur douce, parfaite. Le bonheur est un état dans lequel on baigne. Il est plus difficile de trouver des termes pour qualifier ses impacts physiques.
« Laisse-moi réfléchir une seconde… » Je mime bien sûr, je fais semblant, rien qu’une seconde. « Mon planning étant on ne peut plus vide dans les semaines à venir, c’est avec grand plaisir que je t’encombrerai de ma présence. » Plus sérieusement. « Franchement, merci… de me l’avoir proposé. »
Rien ne me retiens en ville, vraiment rien, rien qui soit assez fort pour le faire en tous cas. On trouvera des arrangements. J’en parlerai à mon médecin, et s’il ça la rassérène je suis prête à envoyer à ma mère des nouvelles toutes les demi-heures, il y a toujours moyen de s’arranger. Dans le pire des cas, au diable toutes les barrières, on ne peut pas me reprocher de ne pas saisir les opportunités ni de goûter les jours.
Peut-être qu’il serait plus raisonnable de discuter détails pratiques que de faire des gorges chaudes sur les souvenirs à rapporter de Londres, mais au diable également la raison.
« Je ne savais pas. » Je n’ai pas fouillé ses placards, j’étais au courant pour son premier voyage dans la capitale anglaise, mais pas pour la tasse à l’effigie de Diana qui doit dormir quelques part dans son appartement. « On trouvera le moyen de se raisonner. Pas de mug avec William et Kate, promis alors, seulement des citations d’Oscar Wilde. »
Quelque chose dans le genre, l’espérance d’une joie est presque supérieure à la joie, ce qui n’est pas une phrase de Wilde, en l’occurence, mais convient assez bien au moment présent. Je suis en train de rêver les yeux ouverts en l’entendant citer tout ce qu’il y a à voir et à faire dans la ville, c’est pourtant drôle que mon cœur puisse suivre le même rythme, toujours suivre ce même rythme calme.
« Il faudra que tu me fasses une liste des incontournables. » À défaut de pouvoir jouer sans cesse les guides, et franchement heureusement pour lui, parce que je suis certaine d’être tellement insupportable que j’en donnerais des envies de me jeter dans la Tamise à un ange.
Oh bon sang. Dans une semaine à peine, dans une semaine à peu près, les flots de la Tamise et l’avion et les bus rouges à étage.
« J’ai tellement hâte. » Je ne cherche pas à dissimuler mon enthousiasme. Il est palpable de toute manière, c’est quelque chose se mêlant à l’air et qui s’accorde à merveille avec l’odeur, l’atmosphère de ce soir.
« Énormément. Trop sans doute. Il va falloir que j’organise tout ça pour que ça puisse tenir en moins d’une vingtaine d’années. » Et tout là-haut, quelque part mais à des milliards de kilomètres, et peut-être morte depuis un temps équivalent, la lueur d’une étoile se met à poindre, rondelle blanche de lumière, étincelante, comme un espoir, comme une promesse.
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MessageSujet: Re: Quiet mind (Roselas) Mar 8 Mai - 21:08


Rose & Nickolas

Quiet mind


Voilà pourquoi Nickolas faisait en sorte de vivre chaque jour intensément afin de ne pas avoir de regret. Afin de ne pas se dire qu'il avait passé sa journée à rien faire. Qu'il n'avait pas été en mesure de lui donner la moindre valeur. Non il ne le voulait pas. Il vivait chaque jour comme si c'était le dernier. Il attrapait chaque opportunité qui se présentait à lui. Parce qu'il ne savait pas s'il pouvait s'en saisir le jour suivant. Il ne savait pas ce que l’avenir lui réservait. Il savait que trop bien, qu'une vie pouvait s'interrompre à tout moment. Et il ne voulait pas passer ses dernières secondes de vie à se dire qu'il n'avait pas assez profiter. Qu'il n'avait pas rempli sa vie comme il le fallait. Et puis, il était conscient que sa vie était unique. Il était en bonne santé, il avait l'argent qui lui permettait de voyager, de faire ce qu'il voulait. Il avait une famille qui avait toujours été à ses côtés, des amis qui avaient remplacés les frères et sœurs qu'il n'avait jamais eu. Pour Nickolas s'était important. Important qu'il se montre digne de ce qu'il avait reçu à sa naissance. Voilà pourquoi, contrairement à Rose, il mettait de la valeur dans chaque geste, chaque chose qui pouvait lui donner le sourire, qui pouvait le faire avancer, qui le rendait heureuse tout simplement. Il voudrait tellement que Rose lâche prise. Qu'elle se laisse porter par le moment présent, qu'elle oublie ses craintes, ses doutes, ses peurs pour profiter tout simplement. Mais la jeune femme avait trop l'habitude de baliser chacun de ses gestes, chacune de ses actions. Il ne lui reprochait pas. Après tout, c'était sa façon à elle de se mettre en sécurité. C'était sa façon d'affronter le monde. Nickolas voulait simplement qu'elle apprenne à lâcher prise de temps à autre, juste quelques minutes, juste le temps d'une soirée, d'une après-midi, d'une matinée. C'était important. Parce qu'il était certain que c'était comme ça qu'elle allait pouvoir museler ses peurs, peu à peu. Rien ne servait de se précipiter, au contraire. Elle devait y aller doucement. Comme ce soir-là qu'ils partageaient tous les deux. Un moment simple où ils partageaient un gâteau aux pommes et quelques confidences. Et à vrai dire, Nick n'avait pas vu Rose aussi détendue et souriante depuis une éternité. Cela lui faisait plaisir. Cela lui prouvait qu'il avait bien fait de la pousser à se libérer un peu. De venir avec lui, de manger sur cette pelouse comme n'importe qui. Bien sûr, il savait qu'elle faisait des efforts. Mais ses sourires étaient sincères. Oui. Au fur et à mesure de la conversation, la jeune femme laisser tomber sa carapace. Elle sort la tête pour observer le monde et tout ce qu'il peut lui offrir. Et ça, cela faisait un bien fou. C'était agréable. Au point où les sourires de la belle brune se répercutaient sur son propre visage. Il aimait la voir ainsi plus souvent. Bien plus souvent. En attendant, Nick en savourait chaque minute, chaque seconde. « Peut-être, mais c'est parce que j'aurais beaucoup moins de charme après. » Il fit une légère grimace. Mettre un masque et prétendre qu'il était parfait, qu'il était ce qu'il n'était pas. Ce n'était pas vraiment son truc. Mais il était vrai qu'il aimait cacher ses défauts. Pas qu'il en avait honte, il en avait comme tout le monde. Mais depuis des années, il avait toujours fait en sorte de montrer ses qualités, que ce soit à l'école, l'université ou pour son boulot. Mais il était bien lui même avec qualités et défauts devant la jeune femme qui lui faisait face. Il était là sans aucun artifice.

En tout cas, ce projet d'aller à Londres semblait plaire à la jeune femme. Et il en était ravi . Parce qu'il avait vraiment hésité à y aller. Il ne voulait pas partir sans elle. Et il ne voulait pas que son invitation soit mal interprétée. Il ne l'invitait pas pour garder un œil sur elle. Il l'invitait parce que cela lui faisait vraiment plaisir et qu'il avait très envie de la voir là bas, sur le pont au dessus de la Tamise, les cheveux au vent, les joues rouges, les yeux pétillants. Il s'imaginait bien cette vue, digne d'un futur sujet de peinture. Oui, il voulait voir ça. Le rire de Rose résonnait en lui, comme des milliers de feux d'artifices, de toutes les couleurs, de toutes les formes. Il l'avait accompagné dans son rire. Et cela faisait du bien. « Si ton planning est si vide que ça, il faudrait peut-être y remédier. Il y a tellement d'autres pays à visiter. Le Royaume Uni en est un parmi des centaines et des centaines. » Invitation déguisée pour faire d'autres voyages avec lui. D'autres dizaines, centaines, milliers pourquoi pas. « Enfin si ton cœur peut supporter toutes ses futures émotions. » Il esquissa une petite grimace en réflexion à la remarque précédente de la jeune femme. Puis il était redevenu un peu plus sérieux quand elle l'avait remercié. « Tu n'as pas à le faire. Ça me fait plaisir. Et comme ça je ne serais pas seul. Tu me rends service. » Il était aussi ravi qu'elle pouvait l'être par ce voyage. Sans elle, il ne l'aurait sûrement pas fait. A deux, les choses pouvaient être tellement différentes. Il y a des années, ces voyages, ces escapades, ils les faisaient ensemble. Il leur arrivait de dormir à la belle étoile, à observer le ciel, à donner le nom de chaque constellation. Ou d'observer les nuages, au calme dans un champ quelque part dans le pays et à donner des noms d'animaux à chacun d'eux. Ou encore à courir dans les ruelles des petites villes pittoresques où ils s'arrêtaient. Cela restait de très bons souvenirs pour lui. Des souvenirs qu'il ne voulait pas oublier. Jamais. Puis la conversation s'était dirigée vers les souvenirs. Les objets. Il esquissa un sourire. Si si, il avait bien un mug à l'effigie de Diana chez lui. Mais cela faisait des années qu'il était enfermé dans un placard. « A l'origine, c'était pour Lorena. Mais elle n'a jamais songé à la prendre. Et j'ai toujours oublié de lui rappeler. C'est seulement au grand ménage de printemps que je me souviens qu'il se trouve là. Je me dis qu'il est inutile de le garder. Mais je crois que je lui ai donné une valeur sentimentale. Et je préfère le garder. » Et puis, ce n'était qu'un petit mug. Il ne prenait pas trop de place. « Oscar Wilde est irlandais. » Alors il allait y avoir sûrement d'autres auteurs que ce dernier sur le marché des tasses à messages. Il se mit doucement à sourire. « Mais tu pourras sûrement trouver quelque chose avec Conan Doyle, Brontë, Dickens, Shakespeare, Browning et j'en passe. » Ça, c'était fort possible. Puis à la proposition de Rose, il acquiessa de la tête. « Je n'y manquerai pas. » Il allait lui faire un listing de toutes les visites qu'elle pouvait faire quand il ne sera pas là. « Tu vas adorer toutes ses petites adresses. Tu peux même visiter la maison de Dickens, dans Doughty Street. C'est devenu un musée depuis 1925. Mais il y a encore les peintures, les livres et la décoration telle qu'elle pouvait être quand il était encore vivant. » Nick l'avait visité bien sûr et il avait adoré. Pour un mordu des livres comme lui, c'était un peu le lieu incontournable pour lui. Au lieu de visiter les boites de nuit, les clubs « hype », lui, il préférait faire son touriste dans ce genre de lieux. « Il y a aussi la maison de Wilde dans Tite street. Malheureusement, il n'en reste que l'édifice. Les meubles et autres biens ont été vendus aux enchères quand il a été emprisonné. » Bref, tout ça pour dire qu'elle allait avoir beaucoup de choses à découvrir à Londres. Et c'était tant mieux. C'était son premier voyage à Londres et il voulait qu'elle puisse en avoir plein les yeux. En tout cas, Rose avait hâte et à vrai dire, lui aussi. Ce voyage allait leur faire du bien. C'était certain.


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Quiet mind (Roselas)

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